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  • À Istres, un « jeu d’acteurs » au service du bénéficiaire

    À Istres, un « jeu d’acteurs » au service du bénéficiaire

    Attirer, former et recruter. C’est l’objectif poursuivi par la Halle immersive, inaugurée en novembre dernier au sein du Centre de formation des apprentis (CFAI) istréen de l’Union des industries et métiers de la métallurgie. Depuis l’ouverture, plus de 1 000 visiteurs sont passés dans ce lieu. Derrière, les Missions locales et France Travail se mobilisent pour présenter les parcours proposés par les organismes partenaires.

    Dans la région, les enjeux sont grands : 15 milliards d’euros d’investissements publics et privés sont annoncés d’ici 2030-2040, soit, possiblement, 10 000 emplois supplémentaires dans l’industrie. Sans oublier 60 000 recrutements pour remplacer les départs à la retraite.

    Pour relever le défi, le « jeu d’acteurs qu’on a réussi à mettre en place avec l’ensemble d’un collectif qui réunit les branches, l’État, le rectorat, France Travail, les Missions locales » est essentiel, confie le directeur du CFAI d’Istres, Jean-Pierre Dos Santos. « Il faut se focaliser sur ce que veut le demandeur, sinon, on passe à côté. » À propos de la visite de Sabrina Roubache, le directeur affirme : « C’est important d’avoir un relais au plus haut niveau de l’État qui comprend ces mécanismes-là et qui va être capable d’encourager l’ensemble des acteurs à continuer de faire ce travail de concertation, de collaboration au service du bénéficiaire. »

    Du côté des formations en alternance, « l’offre n’est pas un problème », assure-t-il. D’autant que « le secteur, particulièrement la chaudronnerie et la soudure, recrutent énormément » d’après la chargée de mission Céline Longobardi.

    Un point d’interrogation subsiste néanmoins pour la rentrée prochaine : les effets de la baisse des aides à l’apprentissage allouées aux entreprises. La ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la formation professionnels précise : « Les aides à l’apprentissage ont été diminuées pour les entreprises de plus de 250 employés, passant de 6 000 à 2 000 euros. (…) On a réajusté. Je pense que les grandes entreprises qui ont besoin de recruter sont capables de le faire et n’ont pas besoin de l’aide de l’état pour investir dans les compétences. » Pour les entreprises de moins de 250 salariés, l’aide est maintenue à 5 000 euros pour la première année, contre 6 000 auparavant.

  • [Incendies] À Digne, une feuille de route pour faire face aux risques

    [Incendies] À Digne, une feuille de route pour faire face aux risques

    « On sait qu’à la fin du siècle, les bois de Vincennes et de Boulogne à Paris brûleront aussi bien que nos forêts dans le département. On est vraiment tous concernés », a insisté le pompier Carlo Zaglia à l’ouverture de la table ronde organisée mercredi en préfecture. « L’objectif de cette feuille de route, c’est de placer au cœur les maires, qui sont les directeurs des opérations de secours, les patrons sur la commune », a avancé Sylvain Besson, le directeur du Sdis 04.

    « 1% de la population engagée comme pompier »

    Mathias Borsu, directeur adjoint à la DDT (direction départementale des territoires), a lui insisté sur l’importance de « faire en sorte que l’urbanisation se fasse dans des zones qui ne sont pas exposées aux risques ». Enzo Fontani, jeune adolescent sapeur-pompier originaire de Vinon-sur-Verdon, a également témoigné lors de cette table ronde. « Dès petit, je rêvais des camions rouges. En devenant plus grand, je me suis rendu compte que les pompiers, ce n’est pas seulement le camion rouge, c’est un engagement, c’est une famille », a-t-il expliqué.

    « On est un territoire de la résilience, parce qu’on est un territoire où des crises sont susceptibles d’intervenir. Sur l’ensemble des risques qui ont été listés, vous voyez que beaucoup pèsent sur ce département », a rappelé la préfète, Isabelle Tomatis. « Ce territoire est assez extraordinaire, parce que c’est un territoire de risque, de résilience et d’engagement. C’est un territoire dans lequel 1% de la population est engagée comme sapeur-pompier volontaire. Ça n’existe nulle part ailleurs », a-t-elle affirmé. La feuille de route résilience comprend quatre axes : connaître les risques, former, planifier et garantir une réponse opérationnelle.

  • Grand Avignon : indemnités des élus et garde rapprochée en débat

    Grand Avignon : indemnités des élus et garde rapprochée en débat

    Outre la désignation de certains élus dans les commissions et organismes satellites (notre édition du 30 avril), deux autres points ont animé la séance du conseil communautaire de mercredi, au Grand Avignon. Comme à chaque nouvelle mandature, les indemnités des élus sont fixées. Contrairement au conseil municipal d’Avignon, ce n’est pas leur montant qui a fait réagir, mais l’absence de transparence.

    « Pour plus de clarté, il aurait été intéressant de donner des chiffres et pas des indices de la fonction publique, les personnes extérieures ne comprennent pas », regrette Mouloud Rezouali (Les Écologistes). « Les sommes sont dans les annexes, à isopérimètre de ce qu’il se faisait avant », réplique le président Olivier Galzi (DVD), sans donner le montant. Des annexes qui accordent 5 960 euros bruts au président, 300 euros de moins que maire d’Avignon, un cumul qui ne peut toutefois pas dépasser 8 897,93 euros nets. Les vice-présidents perçoivent 2 170 euros bruts, les autres conseillers 220 euros.

    Second point qui a fait réagir la gauche, la constitution du cabinet d’Olivier Galzi avec 4 collaborateurs contre 3 précédemment. Annick Dubois (PS) s’en est émue, interrogeant sur « le coût pour la collectivité » alors qu’en interne les compétences des agents sont déjà « précieuses ». « La loi nous autorise 5 collaborateurs, ce n’est pas un choix de défiance, mais des sujets structurants méritent un pilotage politique comme la LEO », justifie Olivier Galzi. Si Romain Lautier, son directeur de campagne, a été nommé chef de cabinet, le recrutement d’un directeur de cabinet est en cours. Tout comme en mairie où Christophe Madalle, venu pour ce poste, a depuis été nommé directeur général des services. F.C.

  • À Briançon, les associations d’usagers du rail pas convaincues

    À Briançon, les associations d’usagers du rail pas convaincues

    À Briançon ce mardi, Jean Castex présentera les grandes lignes du chantier à 367 M d’euros€ pensé pour préparer le territoire pour les JO d’hiver 2030, tout en régénérant des lignes vieillissantes.

    Le projet inclut le renouvellement de 120 km de voie ferrée, la rénovation de 85 ouvrages d’art et de six gares et la création d’un pôle multimodal en gare de Briançon, le tout avec la promesse d’un temps de trajet Briançon-Marseille, de 4h30 actuellement, réduit à 3h40.

    « La seule régénération de la voie laisse entier le problème de la signalisation. Les trains ne peuvent être plus rapides sans signalisation performante », questionne Bertrand Collignon, vice-président de l’association rail Dauphiné Savoie Léman. Il appelle à une automatisation et une réouverture de plusieurs points de croisement avec du personnel SNCF dédié, sans quoi le gain de temps promis lui paraît difficilement envisageable.

    Sylvain Liotard, président de l’association Mobilités Alpines déplore lui la non-réouverture de la ligne Digne-Saint Aubain, sans laquelle « le désenclavement réel des Alpes du Sud ne sera pas fait. »

    Les rénovations de gares verront aussi la mise en place d’ascenseurs et passerelles pour les personnes à mobilité réduite. Là encore, l’intention est insuffisante pour Catherine Duroc, représentante départementale d’Afp France Handicap. « Ce qui améliorerait vraiment les choses pour les personnes en situation de handicap ce serait de remettre une assistance en gare par du personnel », insiste-t-elle.

  • Une nouvelle plongée dans l’épave Camarat 4 pour mieux comprendre son histoire

    Une nouvelle plongée dans l’épave Camarat 4 pour mieux comprendre son histoire

    Découverte par hasard en mars 2025 au large de Ramatuelle, à plus de 2 500 mètres sous le niveau de la mer, l’épave Camarat 4 est le site archéologique le plus profond jamais référencé dans les eaux françaises. Datée du XVIe siècle, elle est considérée comme un témoin clé de l’histoire maritime, dont l’étude permettra de mieux saisir l’époque, notamment grâce à sa mise en perspective avec son contexte et les autres épaves découvertes sur le littoral.

    Les équipes du Centre expert plongée humaine et intervention sous la mer (Cephismer) de la Marine nationale et du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm – ministère de la Culture) y ont ainsi mené une mission conjointe du 6 au 8 avril. Celle-ci avait pour premier objectif de réaliser une photogrammétrie de l’objet, afin d’en produire un modèle numérique à partir de près de 67 000 photos, en collaboration avec le CNRS. L’intérêt : pouvoir étudier avec une grande finesse l’architecture de l’épave et les détails de son matériel (canons, ancres, céramiques, chaudronnerie…), ainsi que questionner la répartition originelle des mobiliers, l’effondrement de ses structures, mais aussi les conditions de son naufrage.

    Un intérêt militaire

    La mission a également permis le prélèvement ponctuel d’objets céramiques (en l’occurrence trois pichets et une assiette), qui ont eux aussi ont été numérisés pour être étudiés sans risquer de les endommager. Ils ont été remontés à l’aide d’un véhicule télé-opéré depuis la surface (ROV), développé par la société Travocean. Cet engin, pouvant intervenir jusqu’à 4 000 mètres de profondeur a été mis en œuvre par l’équipe du Groupe d’intervention sous la mer (Gismer) du Cephismer, avec l’appui scientifique du Drassm et technique de Travocean.

    Bien que l’archéologie ne soit pas son domaine d’action principal, cette opération a permis de faire monter en compétence le personnel du Gismer quant au pilotage du ROV et à l’utilisation des techniques photogrammétriques. Un aspect essentiel pour la Marine nationale, pour qui ces coopérations civilo-militaires permettent de mieux maîtriser l’usage de ces technologies.

  • Une grande amicale du hip-hop à Marseille

    Une grande amicale du hip-hop à Marseille

    Réunissant 38 figures du hip-hop marseillais ainsi que quelques-uns de leurs acolytes internationaux, Marseille & friends répand ses effluves hip-hop à l’ancienne dans les bacs de disquaires et sur les plateformes de streaming depuis fin 2025. Pilotée par la galaxie Galette Records, une grande amicale boom bap qui se donne rendez-vous vendredi 8 mai dans la salle de concerts du Dodu, à la Belle de Mai. « Back to the old school hip-hop », aguiche le disquaire de la rue des trois frères Barthélémy (6e), à propos de cette soirée qui convie sur scène interprètes, producteurs et Dj’s du projet.

    Faf Larage, Napoleon Da Legend, Inoki, Imhotep…

    Cette « release party » de Mars & friends, opus au cours duquel les Mc’s livrent leurs visions de Marseille, invite une trentaine d’artistes parmi lesquels les internationaux Napoleon Da Legend, Mc américain installé dans la ville, et Inoki, « équivalent d’AKH en Italie », cadre Olivier Gilles, taulier de Galette Records. Beaucoup de rappeurs locaux sont aussi évidemment annoncés comme Gino 1313 qui clame sur l’album avoir « grandi entre le Panier et l’Opéra, et traîné jusqu’à l’heure où les requins côtoient les rats », Faf Larage et son Ronin de Mars, ou encore Imhotep, K-Meleon, Maze, Jo Popo, Muge Knight, Costello et bien d’autres.

    Vendredi 8 mai à partir de 20h30 au Dodu. 22, rue Jobin (3e). 25 euros sur www.shotgun.live/fr

  • [Entretien] Nadjib Touaibia : « J’ai voulu mettre en exergue les actes des soldats israéliens »

    [Entretien] Nadjib Touaibia : « J’ai voulu mettre en exergue les actes des soldats israéliens »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir décidé d’écrire une fiction du point de vue d’un médecin-soldat franco-israélien ?

    Nadjib Touaibia : Avant d’adopter ce point de vue, il y a un fait central : un crime particulièrement épouvantable qui est le bombardement par l’armée israélienne d’une maison où se trouvaient neuf enfants [le 23 mai 2025 à Khan Younès, Ndlr.]. J’ai écrit plusieurs articles sur cet événement [sur le site mediaterranee.com]. Puis, je me suis dit qu’un tel crime n’était pas possible. Hormis L’Humanité, beaucoup de médias ont banalisé ce crime. L’idée m’est alors venue d’écrire une fiction. Je me suis dit que dans ce camp de tueurs, il y avait bien quelqu’un qui avait réagi comme un être humain. Et comme on est à Marseille, j’ai imaginé qu’il serait Marseillais. Je suis convaincu que ce type de personnage existe. Je reviens sur son enfance jusqu’à son attitude devant ce crime. À travers cela, j’ai voulu mettre en exergue le comportement des soldats israéliens. Il y a des soldats qui ont désobéi sans le dire, certains ont pris conscience de l’horreur une fois revenus, d’autres sont restés mutiques… et il y a aussi ce que j’appelle « l’uniforme sans tremblement », c’est-à-dire ceux qui ont participé à ces crimes passibles de justice. Moi je suis en rapport avec Efraim Davidi, un militant communiste en Israël. Il dit que la grande majorité de l’opinion israélienne approuve aveuglément ce que dit Netanyahou. Ça le rend dingue car il a l’impression que l’opinion est sous emprise de l’extrême droite. Mais selon lui, quelque chose couve dans l’armée. Il me parle d’un possible effondrement car l’armée est excessivement sollicitée.

    Le sujet principal du livre, c’est l’engrenage dans lequel un soldat peut être pris, malgré ses contradictions intérieures ?

    N.T. : Oui. Et il faut souligner que lorsqu’on est médecin-soldat en Israël, il n’y a pas d’ordre écrit mais des non-dits. Ils n’ont par exemple pas le droit de soigner des blessés palestiniens.

    La question du dilemme est aussi très présente dans votre récit.
    Le personnage principal est ainsi tiraillé entre la chimère du sionisme transmise par sa mère et ses réelles origines marocaines, par son père, prof d’histoire…

    N.T. : Et lui se trouve au milieu : entre sa mère qui veut absolument que son fils choisisse Israël, et son père qui est communiste. J’ai fait exprès d’en faire un descendant d’Abraham Serfaty [militant communiste mort en 2010 considéré comme le « Mandela marocain », emprisonné et torturé par le régime d’Hassan II dont il était un opposant, et aussi farouchement antisioniste, Ndlr.]. Je conseille d’ailleurs ses Écrits sur la Palestine qui témoignent d’une vision remarquable [réédités fin 2025 par son petit-fils Théo, Ndlr.]. Pour revenir à mon récit, le père du médecin-soldat est détaché de la religion et regarde la trajectoire de son fils. Paradoxalement, c’est le personnage central du récit. C’est lui qui a la subtilité d’observer son fils et de le laisser cheminer, avant d’entrer en contact avec lui au moment où il sent qu’il est mûr dans sa conscience. La façon qu’il a d’emmener son fils vers le concept de génocide est fine.

    Vous écrivez que le médecin-soldat franco-israélien est « étranglé entre deux fidélités »…

    N.T. : Il revient avec un poids sur la conscience mais a des remords vis-à-vis de ses grands-parents, de sa mère. Il n’a pas tout rompu mais revient sur Marseille, dans un univers où il retrouve sa famille et vit le fait d’être juif de façon sereine. En fait, il a fui un environnement épouvantable.

    Outre l’arrêt de la guerre et du génocide, quelles solutions politiques voyez-vous au conflit ?

    N.T. : L’horizon immédiat est d’abord l’arrêt de la souffrance des Palestiniens. À l’heure où nous parlons, leur situation humanitaire est épouvantable. La question palestinienne est noyée entre l’Iran et les États-Unis. À terme, l’idéal serait que les deux États vivent côte à côte et en paix. Mais aujourd’hui, cela paraît hélas tellement utopique. Sans compter la situation de la Cisjordanie où les colons vandalisent, tuent et violent sous l’œil complice de l’armée.

    « L’heure et la poussière » est notamment disponible dans la librairie marseillaise L’île aux mots ainsi que sur commande.heureetlapoussiere@yahoo.com

  • [Entretien] Emmanuel Maurel : « Une volonté de détruire l’audiovisuel public »

    [Entretien] Emmanuel Maurel : « Une volonté de détruire l’audiovisuel public »

    L’Assemblée nationale publie ce mardi matin le rapport du député ciottiste Charles Alloncle rédigé à l’issue des six mois d’une commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public décriée. Le document de 400 pages a été adopté la semaine dernière de justesse, par 12 voix contre dix, et huit abstentions. Il contient les 80 recommandations de l’élu d’extrême droite qui relayent les obsessions de son clan d’une cure d’austérité de France Télévisions, la soumission des journalistes à une prétendue « neutralité ». Démanteler pour mieux privatiser, résume le député GRS Emmanuel Maurel.

    La Marseillaise : Le rapport sur l’audiovisuel public de Charles Alloncle est rendu public ce lundi. Vous étiez contre sa publication ?

    Emmanuel Maurel : J’étais surtout opposé au rapport sur le fond. C’est un rapport assez médiocre, avec beaucoup d’approximations, d’insinuations et des préconisations que je conteste absolument. Le fait qu’il soit publié, il n’y a pas de problème à ce niveau-là, de toute façon les auditions menées étaient publiques. Je ne suis pas un censeur dans l’âme. C’est le fond que je conteste.

    Sur les 80 préconisations du député ciottiste laquelle vous alerte particulièrement ?

    E.M. : Mon désaccord principal, c’est la volonté du rapporteur d’économiser 1 milliard d’euros sur le budget de l’audiovisuel public notamment par une série de fusions ou de suppressions qui aboutissent à ce résultat. C’est clairement une volonté d’affaiblir, de démanteler, voire de détruire l’audiovisuel public. Je suis en désaccord total avec ça. C’est un rapport qui n’a pas beaucoup de hauteur de vue parce que l’audiovisuel public participe largement à la création audiovisuelle et cinématographique en France. C’est un secteur qui, en réalité, est bénéfique économiquement pour le pays.

    Jordan Bardella a annoncé que s’il arrivait au pouvoir, il privatiserait l’audiovisuel public. Si ce n’est pas écrit dans le rapport, c’est l’objectif à terme de l’extrême droite ?

    E.M. : Je crois surtout que Charles Alloncle a mis en place une entreprise de dénigrement de l’audiovisuel public, en inventant des histoires, en montant en épingle des faits qui sont complètement dérisoires pour préparer le terrain. Et ce, dans le but de mettre en place ce que veut Bardella et sûrement ses amis, y compris économiques. Il est évident que le groupe Bolloré a eu une influence dans cette affaire. L’idée à terme est de démanteler et de vendre l’audiovisuel public à la découpe, c’est ce qu’ont démontré ces six mois d’auditions. Des questions légitimes se posent sur l’audiovisuel public, ce qui est normal après tout. Ces vrais enjeux qui sont de savoir comment on adapte la télévision au tout numérique, comment on fait face à l’intelligence artificielle, comment l’audiovisuel public se défend face à l’hégémonie des Gafam, des plateformes américaines, ont été passés sous silence au profit de ragots.

    Que contient la contribution que vous avez apportée à ce document ?

    E.M. : Dans la première partie de ma contribution, j’expose les intentions de Charles Alloncle qui voulait démontrer que l’audiovisuel public n’était pas impartial, n’était pas neutre. En réalité, sa démonstration est très faible voire inexistante. Il y a des pages et des pages de ragots qui n’aboutissent à pas grand-chose. La deuxième partie est une démonstration assez rigoureuse sur pourquoi couper un milliard d’euros dans l’audiovisuel public, c’est une folie aussi bien en matière d’exception culturelle que de conséquences économiques et industrielles. Puis, la troisième partie contient un certain nombre de préconisations qui posent notamment la question importante du recours croissant à l’externalisation, c’est-à-dire faire appel à des sociétés privées pour réaliser des émissions de débat. Il y a aussi quelques mesures pour essayer de faire en sorte que France Télévisions, notamment, soit à la hauteur des enjeux du numérique.

    L’association AC !! Anticorruption a déposé samedi plainte contre X pour prise illégale d’intérêts et trafic d’influence, visant Charles Alloncle et la direction de Lagardère News.

    E.M. : Il est évident que M. Alloncle a un agenda politique qui coïncide avec celui du groupe Bolloré. Ça, tout le monde le sait, il suffisait de regarder les auditions pour s’en rendre compte. C’était, d’une certaine façon, transparent. On verra ce que donnera cette plainte.

    Cette commission d’enquête parlementaire instaure un précédent ?

    E.M. : C’était une tonalité très inquisitoriale et en même temps une stratégie de victimisation permanence. M. Alloncle, après avoir posé des questions très agressives, se plaint d’être malmené, critiqué. C’est pour ça que j’avais eu cette formule qui ne lui avait pas plu, en lui disant : « Vous commencez en Torquemada et vous finissez systématiquement en Calimero. » Je suis surtout déçu. Le rapport n’est vraiment pas bon. C’est vraiment une occasion manquée. On verra ce que ça donnera après sa publication mais ça en dit long sur les intentions de l’extrême droite.

  • Une exposition pour ne pas oublier l’horreur des camps

    Une exposition pour ne pas oublier l’horreur des camps

    L’espace des Rotatives de La Marseillaise a accueilli le vernissage de cette exposition portée par l’Amicale de Mauthausen, association qui œuvre à la mémoire de ce terrible patrimoine historique. Cette exposition, qui rappelle les horreurs du camp de Mauthausen, est à découvrir jusqu’au 8 mai. Les photos présentées témoignent des atrocités de Mauthausen, camp de concentration situé en Autriche qui aura vu passer plus de 198 000 détenus de vingt nationalités différentes, entre 1938 et 1945. L’exposition investit l’espace des Rotatives à l’initiative d’Antoine de Gennaro, membre de l’Amicale et du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943.

    Transmettre

    étaient également présents lors de ce vernissage Léo Purguette, président de La Marseillaise, Lisette Narducci, conseillère municipale déléguée à la mémoire et aux anciens combattants à la Ville de Marseille, Antoine Mignemi, rescapé de la rafle de Marseille en 1943 et Anne-Marie Thomazeau, fille de Marcel Thomazeau, dirigeant historiuqe de La Marseillaise qui a survécu au camp de Mauthausen. L’avocat Pascal Luongo, qui a déposé une plainte en 2019 visant à inscrire la rafle du Vieux-Port comme « crimes contre l’humanité », s’est aussi déplacé.

    Parmi les prises de parole, Léo Purguette a indiqué soutenir la démarche pour inscrire le camp des Milles, à Aix, au patrimoine mondial de l’Unesco. « Il est déterminant de faire comprendre aux jeunes générations que les engranges qui mènent au pire sont les toujours les mêmes », a-t-il souligné. Antoine Mignemi a aussi pris la parole : « Ce témoignage est pour moi un devoir de transmettre la mémoire et, en même temps, prononcer un message de paix et d’espoir, en particulier pour toutes les jeunes générations. Je déclare que le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs. Soyons vigilants, aujourd’hui et pour l’avenir. » Une conférence-débat avec le collectif Saint-Jean a conclu le soirée.

    17, cours d’Estienne-d’Orves, entrée libre de lundi à vendredi, entre 10h et 18h. Jusqu’au 8 mai.

  • [Entretien] Dimitri Payet : « Le sport doit avant tout être un jeu »

    [Entretien] Dimitri Payet : « Le sport doit avant tout être un jeu »

    La Marseillaise : Vous avez lancé au mois d’avril un stage de perfectionnement pour les jeunes à Salon-de-Provence et à Gémenos. Quel bilan en tirez-vous ?

    Dimitri Payet : C’était le premier stage que nous mettions en place avec mon équipe. L’objectif était de leur transmettre quelques conseils et de les faire progresser sur une semaine. Nous avons aussi tenu à les accompagner sur tout ce qui se joue en dehors du terrain : la récupération, la nutrition, les réseaux sociaux, ou encore la question du harcèlement scolaire. L’idée était vraiment de les faire évoluer à la fois comme footballeurs et comme adolescents.

    Quel est le conseil le plus important que vous puissiez donner à un jeune joueur ?

    D.P. : Prendre du plaisir. Le sport doit avant tout être un jeu. Il ne faut pas se mettre trop de pression : on ne peut pas savoir à cet âge qui deviendra professionnel et qui ne le deviendra pas. L’essentiel, c’est d’être heureux sur le terrain, d’avoir envie d’aller à l’entraînement, de créer des liens. Jouer avec ses amis, gagner et perdre ensemble : à cet âge-là, c’est déjà beaucoup.

    Ce stage s’inscrit davantage dans une démarche sociale que sportive. À quel point cet engagement vous tient-il à cœur ?

    D.P. : Le sport est un formidable moyen de s’exprimer et de s’ouvrir au monde. Il permet aux jeunes de découvrir des choses et de se construire. C’est une force que l’on doit exploiter. J’ai grandi sur une île, avec peu d’opportunités, mais j’ai su en saisir une. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes en manquent, et c’est à nous de leur en offrir.