Blog

  • Son cancer du sein reconnu comme lié au travail de nuit

    Son cancer du sein reconnu comme lié au travail de nuit

    C’est une grande victoire », jubile Sylvie Pioli, après avoir bataillé pour faire reconnaître que son cancer du sein, détecté en 2014, avait été causé par son travail de nuit en tant qu’infirmière. Après vingt-cinq ans passés à l’hôpital de Martigues, l’institution avait refusé d’admettre le lien entre sa maladie et ses conditions de travail. Depuis mardi, le tribunal administratif de Marseille considère au contraire que ce lien est avéré.

    Une décision de justice qui fera date, selon l’ancienne infirmière. « Je suis la première à être allée au tribunal et à gagner. Mais ce n’est pas pour moi que je l’ai fait. C’est pour toutes les autres femmes, qu’elles ne subissent pas ce que j’ai vécu. C’était horrible : les experts, ces hommes qui ne vous croient pas, qui disent qu’on raconte n’importe quoi… On aurait dit qu’ils pensaient que j’étais folle il y a dix ans », se remémore Sylvie Pioli.

    L’autre obstacle majeur a été l’absence du cancer du sein dans le tableau des maladies professionnelles reconnues par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). « Il n’y a pas beaucoup de maladies de femmes dans le tableau », remarque-t-elle, s’agissant du premier cancer chez la femme avec 12 000 morts par an. L’INRS indiquait pourtant, en 2018, que travailler plus de deux nuits par semaine pendant plus de dix ans multipliait le risque par trois. Comme souvent, les souffrances des femmes demeurent invisibilisées ou minimisées, à l’instar de l’endométriose.

    « On nous a jamais parlé des risques »

    Le tribunal administratif a mis en évidence le lien entre le cancer du sein et le travail de nuit. « Alors que la plupart des causes à l’origine de la maladie restent ignorées, les études scientifiques dès 2007 révèlent les effets du travail de nuit sur les fonctions hormonales de la femme, entraînant une majoration du risque de cancer. » Le tribunal insiste également sur « les autres facteurs de risques connus tels que génétiques, hormonaux, environnementaux et hygiénodiététiques faibles, voire absents », chez Sylvie Pioli. « J’ai toujours essayé d’avoir une bonne hygiène de vie, d’être sportive. Mon seul problème est que je n’arrivais pas à dormir », fait-elle remarquer.

    L’absence de prévention est pointée par l’ancienne infirmière. « Je ne savais pas qu’il fallait avoir une hygiène de vie stricte, jamais on nous a parlé des risques », qu’ils soient psychosociaux ou pathologiques, hormis « une formation sur le mal de dos », indique Sylvie Pioli.

    Aujourd’hui, Sylvie Pioli est « en rémission et non guérie ». Reconnaissante envers la CFDT et Pierre Dharréville, qui avait obtenu « une audience à Bruxelles » en 2017 pour exposer son cas, l’ancienne infirmière compte bien continuer à arpenter les routes de France et d’Europe, à vélo, pour sensibiliser la population et les pouvoirs publics à l’augmentation du risque de cancer du sein chez les travailleuses de nuit.

  • À Avignon, l’Après pense au présent et au coup d’après

    À Avignon, l’Après pense au présent et au coup d’après

    C’est au théâtre du Rouge-Gorge que Raquel Garrido et Alexis Corbière ont conclu, ce jeudi, leur après-midi avignonnais sur une note culturelle. La porte-parole nationale de l’Après (Alliance pour la République écologique et sociale) et le député de Seine-Saint-Denis sont venus soutenir la « liste d’union » de David Fournier (PS). Mais dans une culture précédente, ils auraient certainement été en appui de Mathilde Louvain (LFI). Oui mais voilà, ces deux anciennes figures de la France insoumise ont pris leurs distances avec le parti fondé par Jean-Luc Mélenchon.

    « Je ne connaissais pas David, je fonctionne à l’intuition, c’est une belle personne, cela s’est vu dans sa capacité à fédérer », flatte Raquel Garrido à destination du candidat, qui a investi trois militants de l’Après sur sa liste (Marie-Anne Bertrand, Jean-Luc Fauche et Méliades Bey). « Le courant est très rapidement passé entre nous, c’était évident de travailler ensemble », salue David Fournier. L’un des fondements de l’Après réside dans l’union à gauche et met en place une primaire en vue de la présidentielle.

    Mettre LFI « à moins de 10% »

    L’heure est d’abord aux municipales. « Il faut encourager l’union et décourager les esprits solitaires que LFI a mis en œuvre. Les électeurs de gauche, et particulier ceux qui croient au programme de l’avenir en commun, doivent sanctionner cette stratégie et mettre les listes LFI à moins de 10% de façon à envoyer un message à la direction insoumise vers l’union, que la conduite récente de Jean-Luc Mélenchon rend difficile », estime Raquel Garrido. Et laisse ensuite à l’appréciation locale de jauger un éventuel rapprochement au second tour.

    Alexis Corbière se pose en défenseur de l’esprit « joyeux et efficace » du Nouveau front populaire, qui lors des législatives de 2024, avait permis de placer la gauche en tête et damner le pion au RN. « Si David gagne, c’est l’union et pas que le PS », insiste le parlementaire. Qui voit dans les municipales, le coup d’après de la présidentielle. « C’est le moment d’arrêter la division, la lecture des municipales doit être éclairante pour la suite. Dans beaucoup de villes, les listes d’unions seront devant et cela fera passer un message pour la présidentielle », prédit Alexis Corbière.

  • Pierre Huguet veut désenclaver les quartiers Sud marseillais

    Pierre Huguet veut désenclaver les quartiers Sud marseillais

    Transports, services publics, équipements culturels et sportifs, propreté… Le candidat du Printemps marseillais dans les 9e et 10e arrondissements et adjoint à l’Éducation, Pierre Huguet (G.s), a présenté ce jeudi 5 mars un programme étoffé pour le secteur. L’idée générale : faire de ces quartiers éloignés du centre-ville des lieux de vie à part entière. D’abord en les desservant avec des transports en commun dignes de ce nom.

    En poussant notamment le tram plus au sud et à l’est. « C’est plus facile qu’un métro dont la Métropole n’a pas les moyens » estime Nicolas Hue (G.s), président du comité des usagers des transports marseillais et colistier. « Cela permet aussi de requalifier l’espace, quand c’est bien pensé », ajoute Pierre Huguet, qui imagine un parking relais à l’entrée de Saint-Loup. L’extension réalisée à La Gaye « n’a pas de sens, personne n’habite là, alors qu’au départ, la ligne devait desservir Dromel et la Rouvière, là, on a 7 300 personnes », analyse Sophie Guérard (DVG), adjointe au maire déléguée à la place de l’enfant dans la ville et colistière. Le réseau de bus serait revu. « Dans le 10e, c’est une catastrophe avec une seule ligne, le 18 », déplore Pierre Huguet. Pour mieux partager l’espace public, de vraies pistes cyclables, étanches au reste de la circulation, seraient construites.

    Des projets pour créer du lien social

    Côté équipements, dans le prolongement du travail mené lors de la première mandature sur la petite enfance, le Printemps veut ouvrir une grande médiathèque à Vallon-Régny, une bibliothèque à la Cayolle et une à Pont-de-Vivaux, dans un secteur totalement dépourvu. L’église Saint-Maurice pourrait devenir aussi un espace culturel. « On a réussi à la sauver, on veut en faire un projet en faveur du quartier », assure la tête de liste.

    Il entend accélérer sur le volet sportif en réhabilitant la piscine de Luminy, dossier déjà voté au conseil municipal. Sujet sur lequel la majorité sortante se sait attendue. « On a mis le paquet sur le savoir nager, pour les CP et CE1, mais on ne peut pas tout faire en un mandat », argue-t-il.

    Enfin, pour mieux vivre la ville et la préparer aux effets accrus du changement climatique, l’Huveaune serait aménagée de Saint-Marcel à la mer. Bref, tout pour créer du lien quand les citoyens peuvent se sentir relégués, un sentiment sur lequel s’appuie l’extrême droite, rappelle Nicolas Hue. « On ne demande pas aux habitants des 9-10 de voter contre le RN, mais pour un projet qui protège, rassemble et prépare l’avenir », conclut Pierre Huguet, paraphrasant volontiers Benoît Payan.

  • [Entretien] Philippe Pujol : « Le narcotrafic est le symptôme d’un problème de société »

    [Entretien] Philippe Pujol : « Le narcotrafic est le symptôme d’un problème de société »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur la situation nîmoise ?

    Philippe Pujol : Je ne suis pas un spécialiste de Nîmes, mais on observe ici ce qui s’est passé à Marseille il y a quinze ans. Le narcotrafic n’est jamais un phénomène isolé : c’est le symptôme d’un problème de société. On vit dans des sociétés de performance qui poussent vers la cocaïne et, en parallèle, dans des sociétés du mal-être qui favorisent la consommation de cannabis. Ensuite, quand les institutions n’arrivent pas à réduire les inégalités sociales, économiques ou culturelles, les trafiquants exploitent ces failles. Quand un trafic apparaît quelque part, c’est le signe qu’il y a eu pendant des décennies une faiblesse des politiques publiques.

    La guerre entre réseaux a marqué l’actualité nîmoise…

    P.P. : Le conflit a opposé des réseaux locaux, qui ont ponctuellement sollicité un appui logistique à Marseille. Mais à Nîmes, les trafics restent essentiellement gérés par des acteurs locaux. Les réseaux naissent localement : ce sont souvent des enfants du quartier qui se retrouvent là parce que les conditions sociales et politiques l’ont permis. On parle souvent d’abandon des quartiers, mais je dirais qu’il y a aussi une exploitation politique de la misère. Quand les quartiers populaires votent peu, ils sont délaissés, voire utilisés par des systèmes clientélistes. C’est un terreau pour la délinquance.

    Qui sont réellement les acteurs du trafic de drogue ?

    P.P. : Les gens imaginent des armées de trafiquants qui gagnent énormément d’argent. En réalité, les vrais chefs sont très peu nombreux. À Marseille, j’en compte environ 150. À Nîmes, il y en a peut-être une dizaine. Les autres sont des jeunes exploités : guetteurs, revendeurs, petits bras du réseau. On leur fait croire qu’ils vont gagner de l’argent, mais ils finissent souvent endettés, en prison ou blessés. Le trafic fonctionne comme un système d’exploitation. Les plus puissants sont peu visibles, tandis que ceux qu’on voit dans la rue sont les plus vulnérables.

    Comment lutter efficacement contre ces phénomènes ?

    P.P. : La répression seule ne peut suffire. Bien sûr, il faut une police judiciaire forte pour viser les têtes de réseau, et ça relève de l’État. Au niveau municipal, la priorité est la tranquillité et la prévention. Recréer du lien entre la police et les habitants, repérer très tôt les situations de vulnérabilité et agir socialement. Aujourd’hui, on attend que les problèmes arrivent pour les dénoncer politiquement ou médiatiquement. Il faudrait au contraire intervenir très tôt, parfois dès l’enfance, pour éviter que certains jeunes basculent.

    Que pensez-vous des propositions portées par Nîmes en commun ?

    P.P. : Ce que j’ai entendu va plutôt dans le sens d’une police de proximité et d’un travail de terrain, donc oui. Une police municipale doit d’abord être une police de tranquillité publique : gérer les conflits de voisinage, recueillir de l’information. La lutte contre le narcotrafic relève de la police nationale et de la justice. Si on donne trop de pouvoir sécuritaire aux polices municipales, on prend aussi un risque politique, parce qu’elles dépendent directement des maires. Mais une police de proximité formée, qui circule dans les quartiers et dialogue avec les habitants, est utile.

    Quelles priorités pour Nîmes ?

    P.P. : La santé mentale, puis la réduction des inégalités. Cela passe par l’équité : donner davantage à ceux qui ont le moins de chances. Il faut identifier les jeunes vulnérables et agir très tôt. Le maire a des leviers importants, notamment à travers les politiques sociales, le soutien aux associations et l’urbanisme. Les choix en matière de logement ou de permis de construire influencent directement la mixité sociale et la formation de ghettos. Si on veut une ville plus sûre, il faut d’abord une ville plus juste.

  • Cette année, la grève féministe sera antifasciste et solidaire dans l’Hérault et le Gard

    Cette année, la grève féministe sera antifasciste et solidaire dans l’Hérault et le Gard

    « Cette année, les questions de l’antifascisme et du contexte international vont être saillantes dans les mobilisations du 8 mars », affirme Marie, membre de l’Interorga féministe de Montpellier. Comme chaque année, cette organisation qui rassemble différents collectifs, syndicats et associations, a préparé la manifestation féministe du 8 mars, à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

    Le cortège partira dimanche 8 mars de la place Albert Ier, à 14h. Il remontera ensuite le boulevard Henri IV et passera par la place de la Préfecture, avant de terminer sur la place de la Comédie. Plusieurs collectifs seront alors invités à prendre la parole, notamment Montpellier contre l’extrême droite, des collectifs en soutien aux peuples palestiniens, kurdes et iraniens, ou encore l’intersyndicale.

    « En plus de réaffirmer notre antifascisme et notre opposition aux guerres impérialistes, la question de l’égalité au travail sera également centrale, précise Marie. Il faut bien rappeler que la journée du 8 mars est une journée d’appel à la grève internationale féministe, issue de différents mouvements révolutionnaires. La question de la grève est d’autant plus importante depuis la période du Covid, qui a montré à quel point les femmes sont surreprésentées dans les métiers essentiels. Et nous savons que ces grèves peuvent être très massives, grâce aux exemples de l’Espagne ou de l’Argentine. »

    10h30 à Alès, 11h à Sète, 14h30 à Nîmes

    Dans la deuxième ville de l’Hérault, à Béziers, une manifestation organisée par l’intersyndicale (CGT, FSU, Unsa, Solidaires et CFDT) aura également lieu ce dimanche, pour la quatrième année consécutive. Elle partira du parvis du Théâtre à 10h30, avant de rejoindre la Bourse du travail, puis la place David-d’Anger, où se tiendront des prises de paroles et quelques stands, dont celui du Planning familial. Le cortège sera aussi accompagné de différentes animations du collectif féministe Les rosies de Béziers, et la mobilisation s’achèvera par un concert du groupe La tible. Ici aussi, le contexte politique sera au cœur des revendications : « La lutte contre l’extrême droite va de pair avec la lutte féministe, il y aura donc des prises de parole à ce sujet. Et bien sûr, la question des guerres et de leur impact sur les femmes sera aussi abordée », assure Julien Rader, secrétaire CGT de l’Union locale de Béziers.

    Ailleurs dans le département, la manifestation de Sète se tiendra à 11h au départ de la place de la mairie et celle de Ganges partira de la mairie à la même heure.

    Dans le Gard, le cortège féministe d’Alès est prévu au départ de la sous-préfecture à 10h30, le dimanche 8 mars. De son côté, le cortège féministe de Nîmes est prévu le samedi 7 mars, à 14h30 au Carré d’art. Il se dirigera vers le tribunal et sera constitué, entre autres, des syndicats Solidaires, FSU et CGT, et de l’association Femmes Solidaires. « De notre côté, en tant que syndicat, nous voulons faire entendre nos revendications liées à l’égalité au travail, précise Christine Boularasse, membre de Solidaires 30. La première loi sur l’égalité salariale en France date de 1972 et pourtant, les femmes gagnent toujours 28% de moins que les hommes, notamment à cause des temps partiels imposés. Nous revendiquons aussi la revalorisation salariale des métiers féminisés, comme tous les métiers liés aux soins. » La militante rappelle également qu’il reste de nouveaux droits à conquérir concernant les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) ou encore la prise en charge des « congés hormonaux ». Par ailleurs, Solidaires est également signataire de l’appel national à la grève lancé par le collectif Grève Féministe, appelant à la grève du travail, des tâches domestiques et de la consommation, résumée par le slogan « Sans les femmes, tout s’arrête ».

  • [Campagne électorale] Les réseaux sociaux : outils essentiels, miroirs déformants

    [Campagne électorale] Les réseaux sociaux : outils essentiels, miroirs déformants

    Un maire sortant (Michaël Delafosse) qui multiplie les selfies. Un milliardaire (Mohed Altrad) qui se fait filmer façon Trump à manger des frites dans un fast-food. Un humoriste (Rémi Gaillard) qui empile les projets délirants (stade-parc, zoologramme…) générés à base d’intelligence artificielle. Un ancien édile (Philippe Saurel) qui se met en scène en boxant dans un clip pour déclarer sa candidature… Six ans après avoir hérité du titre « plus folle de France », la campagne 2026 à Montpellier illustre le virage pris par la politique. « Les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans la communication politique », résume le politiste montpelliérain Romain Fargier. « En être absent aujourd’hui, c’est quasiment une faute professionnelle quand on est un politique », insiste l’enseignant-chercheur en sciences politiques à l’Université Paul Valéry.

    Selon lui, le phénomène n’épargne pas les petites communes et tend à se professionnaliser dans les grandes villes. « Jusqu’en 2020, il y avait une forme d’amateurisme. Les élus locaux avaient une réticence vis-à-vis des réseaux sociaux, ne les prenaient pas au sérieux », se souvient ce membre du Centre d’études politiques et sociales (Cepel). Leur institutionnalisation lors de la Présidentielle 2017 avec J.-L. Mélenchon qui « investit YouTube » a fait son œuvre. « On observe une forme de diplomatie sur les réseaux sociaux des chefs d’État comme Trump, Poutine et même Macron », illustre Romain Fargier. À l’échelle locale, il parle d’une « professionnalisation ». « Ce n’est plus le stagiaire ou le chargé de com’ qui s’occupe des publications. Ce sont des community managers, des communicants dans des staffs dédiés dans les grandes villes ». Chartes, vidéos montées, esthétique numérique, infographie, ajout de musique… les contenus postés sont parfois soigneusement retravaillés.

    Terriers de lapin

    Une façon pour les candidats de mieux maîtriser leur propagande plutôt que de s’en remettre aux médias vis-à-vis desquels la défiance grandit en raison du manque d’indépendance des grands groupes. « Le système médiatico-politique est devenu hybride : il n’y a plus les réseaux sociaux d’un côté et les médias de l’autre ». Au-delà de Facebook, Instagram ou X, cela conduit aussi les candidats à privilégier les « rabbit holes » [terriers de lapin] via des canaux de communication interne type Telegram, Signal, WhatsApp. « Ces réseaux sociaux à usage de commentaire sont l’héritage des forums des années 90-2000. Le volume d’informations partagées qui amplifie l’effet de bulle, dépasse les contenus partagés publiquement », assure Jacqueline Markovic, consultante et formatrice en communication numérique. « Pour les gens, c’est un moyen de se préserver face au déferlement de l’info, de se créer un environnement moins toxique avec moins de trolls, de cyberharcèlement », ajoute l’ancienne déléguée aux contenus numériques auprès de Yannick Jadot.

    IA et fake news

    Aujourd’hui colistière de Michaël Delafosse, elle met en garde contre la reproduction des biais cognitifs sur certaines plateformes. « Les algorithmes de Meta (Facebook, Instagram) discriminent les femmes. Il y a un manque de transparence, de la pub et des comptes recommandés alors qu’on ne les suit pas ». Jacqueline Markovic ajoute que l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) est susceptible de fausser des campagnes électorales. « Cela peut générer des fake news, il faut avoir l’œil pour les repérer. Certaines formations politiques sont plus avancées dans l’utilisation des RS comme la fachosphère qui utilise des fermes à trolls russes comme lors de la campagne d’Éric Zemmour ». Elle estime néanmoins que les réseaux sociaux dans leur ensemble sont un outil de long terme. « Il faut du temps pour créer une audience, une communauté ». Romain Fargier ajoute qu’à ce jour, « il n’existe pas de corrélation directe entre le nombre de likes sur les réseaux sociaux et le résultat des élections car le vote est plurifactoriel, il répond à des logiques complexes propres à chacun ».

    C’est sans doute pourquoi peu de candidats abandonnent les recettes qui ont fait leurs preuves. « Il y a un vrai impact sur les réseaux, une de mes vidéos d’une minute sur les bus a fait 20 000 vues. Mais cela ne remplace pas le contact humain sur les marchés, les porte-à-porte, les réunions, cafés débat… », insiste Thierry Antoine, candidat du Printemps de Béziers. L’écologiste est en revanche « moins fan » des meetings qui « prennent du temps et ont un coût ». C’est là un autre atout des réseaux sociaux. « Ils sont gratuits alors que même les tracts coûtent cher ! », s’exclame l’écologiste Lise Florès. Un argument de poids lorsqu’on n’a pas beaucoup d’argent pour faire campagne comme la tête de liste de Lunel Collectif. « Cela pose une question démocratique : il faut de l’argent pour se présenter aux élections ». Un autre sujet à débattre…

  • Sylvie Fleury au Mrac de Sérignan, le glamour comme regard sur le monde

    Sylvie Fleury au Mrac de Sérignan, le glamour comme regard sur le monde

    Cette artiste suisse, figure majeure de la scène contemporaine, a exposé dans des institutions internationales comme le musée Guggenheim de Bilbao ou le Kunsthal de Rotterdam, et est présente dans de grandes collections publiques comme celle du MoMA de New York. Elle brouille, depuis plus de trente ans, les frontières entre art et consommation, luxe et critique sociétale. L’Occitanie a encore quelques semaines pour plonger dans son univers.

    Trente ans de création sont aujourd’hui revisités dans un parcours immersif avec « Thunderb ». Son célèbre vaisseau spatial donne le ton. Une fusée, symbole traditionnel de puissance masculine, est ici bleu et rose, nacrée, glossy. Le détournement et l’ironie étant pleinement assumés. Tout autour, des comptoirs épurés sur lesquels reposent des objets du quotidien : un rouge à lèvres, de la poudre… comme posés là par inadvertance. L’ensemble se veut minimaliste, presque discret, avant que certaines pièces ne vous frappent de plein fouet. Des néons multicolores aux slogans hypnotiques des marques de cosmétiques éclairent le parcours. Ses œuvres fascinent parce que l’artiste croise le féminin et le masculin, l’art et la mode, la puissance et la frivolité supposée. Elle met en scène les codes pour mieux révéler leur artificialité. Son travail agit comme un diagnostic visuel de notre société de consommation. Ceci sans qu’elle ne se revendique moraliste.

    « Mon travail est souvent perçu comme une critique, et il l’est en partie. Mais c’est avant tout une observation de ce qui m’entoure, de ce qui me fascine. Je suis attirée par la perfection des surfaces laquées, par l’éclat d’un chrome, par la promesse contenue dans un emballage. Je ne porte pas de jugement, je présente des faits. Le spectateur est libre de ressentir la séduction, l’agacement, ou les deux à la fois. C’est dans cette tension que l’art opère », déclarait Sylvie Fleury lors du vernissage de l’exposition.

    * 146, avenue de la Plage, à Sérignan.
    Ouvert du mardi au vendredi
     10-18h et le week-end 13-18h.

  • À Bessèges, Jacques Molle insiste sur le travail avec l’intercommunalité

    À Bessèges, Jacques Molle insiste sur le travail avec l’intercommunalité

    Pour Jacques Molle, candidat sur la liste « Agir pour Bessèges » aux côtés de Christine Roux, la commune a de nombreux atouts « d’un point de vue économique, environnemental. Nous sommes dans le Parc national des Cévennes, à une heure et quart de Nîmes. On a un potentiel touristique important mais mal exploité. Il y a une vie économique, sociale et politique à prendre à bras-le-corps », explique le militant communiste. Il estime qu’il faut avoir « cette volonté politique de transformer cette cité avec ses habitants, ce qui n’a pas été fait. » regrette l’élu qui fut pourtant membre de l’équipe du maire Bernard Portalès (qui ne se représente pas). Jacques Molle insiste sur la vitalité de la communauté de communes de Cèze-Cévennes et son travail en matière d’accès aux soins. « Nous avons une maison de santé avec une patientèle de 5 000 personnes », soit plus que le nombre d’habitants de la commune. Outre l’accès aux soins, « Agir pour Bessèges » veut intégrer le dispositif Petites villes de demain. « Je sais que nous serons accueillis à bras ouverts par le président de la Communauté de communes, Olivier Martin ».

    La réouverture de la liaison ferroviaire Alès-Bessèges, prévue dans quelques années (2030) permettrait de donner vie à la gare. « La SNCF pourrait décider de céder le site à la communauté de communes ». pour le transformer en un lieu de rencontres et de services publics, propose Jacques Molle.

  • Provence rugby en quête de confiance avant une mini-trêve et un choc

    Provence rugby en quête de confiance avant une mini-trêve et un choc

    Après avoir engrangé cinq succès consécutifs, Provence rugby a subitement changé de dynamique : deux défaites face à Dax et Brive qui ont vu les Aixois perdre du terrain sur Colomiers, dans la course à la deuxième place. « Ce sont les aléas d’une saison qui n’est pas linéaire », soupire Sébastien Fouassier. L’adjoint de Philippe Saint-André n’est pas inquiet pour autant. Même si le prochain match, à Biarritz, va se faire avec encore de très nombreux éléments clés indisponibles.

    Stage à Porto

    « C’est une opportunité pour certains de nous aider à sortir de la spirale. De montrer qu’ils sont prêts », insiste-t-il. Provence rugby traverse une période compliquée. Mais ce dernier match avant une trêve qui verra l’équipe se rendre à Porto, pour un stage de trois jours (17 au 19 mars), est l’occasion de reprendre la main. D’engranger de la confiance en reprenant une série vertueuse interrompue à Bayonne, face à Dax. « Nous allons en mode commando, en espérant que la météo ne vienne pas se mêler au jeu, sinon, cela nous compliquera la tâche », estime Sébastien Fouassier.

    La remettre en route à Biarritz serait un beau clin d’œil. Et permettrait de préparer la reprise face à Colomiers avec un moral gonflé à bloc.

    Biarritz – Provence

    23e journée de Pro D2.

    19h, parc des sports d’Aguilera.

    Arbitre : Ludovic Carrillo.

    BIARRITZ : Jaminet – Bonneval, Mignot, Tapie, Acébès – Rétière (o , Lesgourgues (m) – Backhouse, Dupreez, Hébert – Fa’asalélé, Fortun – Takuafu, Martinez, Mur.

    PROVENCE : Colombet – Tui, Bituniyata, Lucas, Drouet – Salles (o), Cazenave (m) – Pihiero-Ruiz, Suta, Tuisue – Rodda, van Eerten – Vernet, Sauveterre, Nostadt.

  • Jeux paralympiques : une cérémonie d’ouverture rattrapée par les conflits

    Jeux paralympiques : une cérémonie d’ouverture rattrapée par les conflits

    Neuf nations ont dit non, et la France y sera sans représentant officiel. La cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Milan-Cortina est rattrapée par le contexte géopolitique. Principal problème, la réintégration des athlètes russes et biélorusses, qui pourront concourir sous leur drapeau respectif.

    Outre l’Ukraine, huit autres nations ne défileront pas dans l’amphithéâtre de Vérone, où aura lieu la cérémonie d’ouverture, en début de soirée. Cela concerne les équipes de République tchèque, Estonie, Lettonie, Lituanie, Finlande, Pologne, Pays-Bas et Allemagne.

    À ces pays, qui ont décidé de boycotter la cérémonie, mais dont les athlètes participeront aux épreuves, s’ajoute la décision de la France « de ne pas envoyer de représentation politique à la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Milan-Cortina », a indiqué Marina Ferrari. La ministre des Sports apporte des précisions : « Pour autant, je serai bien évidemment présente dès le lendemain en Italie. Car c’est important que je sois sur place aux côtés des parathlètes et de nos amis italiens qui organisent ces Jeux paralympiques. » Un entre-deux qu’elle qualifie de « décision mesurée et mûrement réfléchie ».

    Dix Russes et Biélorusses

    Pour ces Jeux paralympiques, dix athlètes représenteront la Russie et la Biélorussie. Depuis le début de la guerre en Ukraine, les sportifs de ces deux nations ont été exclus de toutes compétitions. Néanmoins, ils pouvaient participer, à titre individuel, en concourant sous bannière neutre.

    D’autres délégations pourraient être absentes du rendez-vous de Vérone. Car, en plus de la guerre en Ukraine, celle déclenchée par les États-Unis et Israël au Moyen-Orient a totalement paralysé le trafic aérien de la région, mais aussi de l’Asie et du sud de l’Europe. Cela concerne une cinquantaine de délégations prévues sur les diverses épreuves. Notamment celles d’Israël ou de l’Iran, qui devait envoyer un skieur de fond. Le président du Comité paralympique italien a montré son inquiétude. « La situation est vraiment préoccupante et regrettable. Les répercussions de cette guerre pourraient être multiples », a déclaré Marco Giunio De Sanctis.

    Ce dernier déplorant que l’escalade du conflit impliquant l’Iran puisse éclipser le message des Jeux. « C’est vraiment dommage, car aucun des athlètes ne mérite cela après avoir fait tant de sacrifices pour arriver jusqu’ici. »

    Du 6 au 15 mars.