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  • À Marseille, leur carte de séjour a expiré, des salariés sont suspendus

    À Marseille, leur carte de séjour a expiré, des salariés sont suspendus

    Émoi chez les salariés de Kalhyge, la blanchisserie industrielle située chemin de Saint-Jean-du-désert (5e) à l’annonce par la direction de la suspension des contrats de travail de salariés dont le titre de séjour n’a pu être renouvelé. Trois salariés plongent dans l’inconnu. Parmi eux une mère de quatre enfants.

    « Vendredi après-midi, deux salariés en CDI et un autre en CDD ont reçu un coup de téléphone de la direction leur annonçant que leur contrat de travail était suspendu suite au non-renouvellement de leur titre de séjour », alerte Kamel Bouanani, délégué syndical CGT de l’établissement qui emploie 134 salariés dont environ 80% sont de nationalité étrangère. « C’est très inquiétant. Ces salariés résident légalement en France depuis de nombreuses années. D’autres entreprises sont confrontées à des situations similaires, liées aux délais et décisions des préfectures. Nous constatons également que certaines entreprises profitent de ce contexte pour ne pas remplacer les salariés concernés, ce qui engendre une forte précarisation des salariés, des difficultés organisationnelles sur les sites, et surtout un véritable vide juridique, les salariés comme les employeurs se retrouvant sans recours immédiat, la décision relevant exclusivement de la préfecture. Cette situation crée une impasse sociale et humaine inacceptable », alerte le syndicaliste.

    « Ça sera trop dur sans salaire »

    Mariama, 43 ans, mère de quatre enfants, est agent de production en CDI depuis 2023. « Le travail m’a appelé pour me dire de ne pas venir lundi car mon récépissé avait expiré. » Ressortissante comorienne, elle vit en France depuis 1998. « C’était ma 2e carte de séjour après celle de 2015. J’ai fait les démarches de renouvellement en juin avant son expiration le 23 septembre. On m’a dit que tout était ok. Puis j’ai eu une prolongation de 3 mois qui a fini le 23 décembre. » Depuis juillet 2024, les démarches sont dématérialisées sur le site Anef (Administration numérique pour les étrangers en France). « Sur mon dossier en ligne, ils me marquent que ma carte est “en construction” », ne comprend pas Mariama qui s’est rapprochée de la Cimade pour interpeller la Préfecture. « Ça sera trop dur sans salaire. J’ai quatre enfants de 9, 12, 15 et 16 ans, un loyer de 935 euros et des factures à payer. » Elle a perçu son dernier salaire de 1 700 euros et se raccroche à la promesse faite par son employeur de la reprendre dès qu’elle obtiendra la carte.

    L’UL CGT des quartiers nord avait alerté la semaine dernière du refus de délivrance par la préfecture d’une carte de séjour à un salarié de Primark.

  • Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    « Je suis prêt à dormir là », Mohammed Benmeddour, éducateur au sein de l’association Apis, a entamé, comme annoncé, sa grève de la faim ce mercredi 21 janvier. Il campe devant la préfecture avec Kaïs, 19 ans, tout juste sorti de prison et qui n’a nulle part où aller. Mohammed l’a récupéré à proximité d’un point de deal. « Je m’étais fait mon squat dans un bâtiment abandonné, un lit avec des couvertures, mais l’eau elle sort orange des tuyaux et il n’y a pas d’électricité », raconte Kaïs. Il est allé à France Travail affirme-t-il mais on ne l’a pas rappelé.

    Après avoir interpellé Emmanuel Macron lors de sa venue à Marseille le 16 décembre puis le ministre du logement la semaine dernière sur le manque de moyens mis dans la prévention pour éviter que les jeunes ne tombent dans le narcotrafic, sans succès, Mohammed réclame un dispositif d’urgence pour « ces jeunes qui veulent s’en sortir ».

    La préfète à l’écoute

    Interrogée, la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, assure avoir fait le nécessaire. « M. Benmeddour a contacté la préfecture de police la semaine dernière, on a regardé ce que l’on pouvait faire. Ce jeune homme est suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation. Aucun retard n’a été pris dans la prise en charge », précise-t-elle ajoutant qu’une place a été trouvée en centre d’hébergement. Et d’ajouter que la préfecture a « fait le lien » entre France Travail et la mission locale. Mais pour Mohammed, la place trouvée ne correspond pas au profil du jeune homme…

  • [Entretien] Pierre Villard : « C’est le reflet d’un monde anxiogène »

    [Entretien] Pierre Villard : « C’est le reflet d’un monde anxiogène »

    La Marseillaise : Quels sont pour vous les principaux enseignements de cette enquête d’opinion ?

    Pierre Villard : Elle révèle des aspirations assez contradictoires des Français. Ce qui ressort fortement, c’est l’inquiétude vis-à-vis de l’armée nucléaire dans le monde tel qu’il est aujourd’hui. La France dit toujours qu’il ne faut pas s’en inquiéter qu’on ne va pas s’en servir mais près de 80% des Français se disent inquiets de cette utilisation et ils la jugent probable à deux tiers.

    Pour autant une majorité de sondés soutiennent la modernisation des armes atomiques françaises.

    P.V. : Oui c’est l’aspect contradictoire dont je parlais. Cela nous inquiète et nous interroge. C’est un résultat à corréler avec un monde anxiogène et instable. En même temps, il n’y a pas plus de personnes opposées à la réduction des dépenses militaires aujourd’hui qu’il y a huit ans.

    L’enquête montre aussi un attachement fort au cadre multilatéral offert par les Nations unies. Comment l’analysez-vous ?

    P.V. : C’est positif, c’est même en progression. Dans ce contexte mondial fait d’inquiétudes, le soutien au multilatéralisme et l’attente d’une France qui prenne sa place dans le concert mondial pour la paix sont forts. Par ailleurs, deux tiers des Français – même si c’est en baisse par rapport aux études précédentes – sont favorables à une participation de la France au traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Pour les pacifistes c’est un point d’appui parce qu’on a un immense travail d’éducation populaire à faire sur ce traité.

    Avez-vous été surpris par les chiffres déclinés selon les tendances politiques ?

    P.V. : Oui, par exemple, l’électorat macroniste est très en faveur du cadre multilatéral des Nations unies alors même que le président de la République n’est pas franchement, dans sa pratique, sur cette orientation. On peut même s’inquiéter que sur certains items, l’électorat de gauche soit le plus frileux. C’est une invitation au mouvement pacifiste à s’adresser à l’intégralité de la population française. La France n’est pas signataire du traité sur l’interdiction des armes nucléaires mais nous souhaitons faire grandir l’idée qu’elle puisse être observatrice.

    N’est-ce pas naïf dans un contexte où de nombreux acteurs estiment que les menaces grandissantes doivent conduire à un « réarmement » de notre pays ?

    P.V. : C’est une hérésie de penser que des armes amènent à la paix. « Si tu veux la paix prépare la guerre », ça n’a jamais fonctionné. À force de préparer les guerres, on finit par les faire. C’est le développement de la culture de paix qui éloignera les guerres. Les Hommes sont voués à construire demain avec leurs ennemis d’aujourd’hui. Ils font se mettre autour de la table et faire taire les armes.

    Pierre Villard est l’auteur de
    «
     Pour en finir avec l’arme nucléaire ». Éditions La Dispute.

  • La préfète à l’égalité des chances veut maintenir l’effort

    La préfète à l’égalité des chances veut maintenir l’effort

    Avec la campagne des municipales, des financements pas encore votés et un invraisemblable maquis de dispositifs, difficile pour Isabelle Épaillard de rentrer dans les détails de ses actions. Alors que dans les quartiers, les acteurs de terrain ne cesse de dénoncer le manque de moyen, elle affiche sa volonté de poursuivre l’action de l’État.

    Champions

    de la rénovation urbaine

    Avec 19 projets de rénovation urbaine dans les Bouches-du-Rhône, le département est particulièrement avancé en la matière se félicite Isabelle Épaillard. « Ce sont 850 millions d’euros investis par l’État », détaille-t-elle. Avec 80% des budgets engagés, « on a pratiquement réalisé ce qu’on doit faire d’ici le 30 juin 2026 », ajoute-t-elle, « on va enclencher les marchés, on va voir les grues ».

    Les co-propriétés dégradées dans le viseur

    Les quatre opérations de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national (ORCOD-IN) au Mail, à la Maurelette, à Consolat et aux Rosiers, sont aussi une de ses fiertés. Même si le stade de la signature des conventions n’a pas encore été franchi. La tâche est immense en la matière avec 60 000 logements concernés dans le département dont la moitié à Marseille. « 71% des logements communaux sont en copropriétés, 80 dans une situation difficile, 30 particulièrement dégradées sur la métropole dont 28 sur Marseille », enchaîne la préfète qui disposera d’un diagnostic affiné à la fin du premier trimestre 2026 avec le concours de la Ville et de la Métropole dans le cadre de la SPLAIN. Quand à Frais-Vallon ou Bel Ombre, les collectifs se montent pour dénoncer la mauvaise gestion de leurs résidences, Isabelle Épaillard promet de mieux accompagner les propriétaires concernés par les ORCOD-IN avec un plan de formation spécifique confié à l’Adil (Agence départementale d’information sur le logement).

    Des avancées

    sur le logement social

    Avec 116 000 demandes de logement social dans le département par an, le besoin reste important insiste Isabelle Épaillard. Au 19 janvier sur l’ensemble du département, 3 974 logements sociaux ont été agréés, sans compter 857 autres dossiers devant se concrétiser. À comparer au 3 346 en 2024, 2 523 pour 2020, « on se rapproche des objectifs » estime la préfète alors que dans le cadre Programme local de l’habitat (PLH) la métropole devait atteindre les 4 500 logements sociaux par an.

    Aller plus loin

    sur la prévention

    La préfète veut « aller plus loin » sur la prévention après avoir investi 6 millions d’euros l’an dernier sur les 20 millions alloués à la politique de la ville. Concrètement 300 contrats adultes relais ont été mis en place avec le financement de 5 associations et la contribution des bailleurs sociaux. Un contrat de travail aidé de deux fois 3 ans maximum. Elle mise aussi sur les 11 cités éducatives installées dans le département, 8 sur Marseille, pour 3 millions d’euros d’investissement. L’idée : faire se rencontrer habitants et acteurs d’un quartier. « Par exemple, dans le 3e arrondissement on a mis en place l’école ouverte où une fois par trimestre, les parents peuvent venir voir comment ça fonctionne », illustre Isabelle Épaillard. Pour le reste, elle assure travailler avec la préfète de police à des actions. Il faudra aussi « travailler mieux sur la protection de l’enfance », estime-t-elle. Une compétence du conseil départemental…

  • [Entretien] Audrey Garino : « La lutte contre l’exclusion est le fil rouge de notre politique »

    [Entretien] Audrey Garino : « La lutte contre l’exclusion est le fil rouge de notre politique »

    La Marseillaise : Un homme est mort dans la rue. Comment éviter ces drames ?

    Audrey Garino : Chaque année entre 35 et 50 personnes isolées meurent dans la rue. C’est une réalité dans le pays qui est insupportable. D’où la démarche d’aller vers, dans l’espace public, pour porter des solutions. Les équipes du Samu social maraudent 365 jours par an de 7h à 1h du matin sur les 16 arrondissements. L’idée c’est de rencontrer toutes les personnes dans la rue. C’est pour continuer ce travail que la Ville a financé des travailleurs sociaux et trouvé des solutions d’hébergement variées. Nous avons créé 525 places ces 5 dernières années au sein de 13 lieux municipaux mis à disposition. Une cinquantaine va être créée, sur un site dans le 6e pour les femmes et les nouveaux-nés et un entre le 2e et le 15e pour les publics réfractaires et où les chiens seront acceptés.

    À quoi a servi la Nuit de la Solidarité depuis cinq ans ?

    A.G. : C’est un triple objet. Faire un point à l’instant T sur le nombre de défaut de prise en charge. L’année dernière c’était 411 personnes, une augmentation de 24% depuis 2 ans. Ce sont des chiffres a minima. C’est aussi un socle aux discussions avec l’État, on pose un diagnostic pour que nous agissions sur les mêmes problématiques. Mais c’est encore un recensement des besoins qui sont multiples. L’accès à l’alimentation, à l’eau, aux soins, à des travailleurs sociaux, à un lieu de répit… Mieux on qualifie la problématique, mieux on est en mesure de mettre en place une politique publique qui y répond. Et le troisième point, c’est de changer de regard sur la grande exclusion. Le fait que des bénévoles aillent à la rencontre des plus exclus, ça casse la barrière. On se rend compte qu’après un accident de la vie, celui qui est dehors, ça peut être nous demain.

    Hors le logement, quels sont les besoins identifiés ?

    A.G. : Le plus percutant, c’est l’accès aux droits. Une personne interrogée sur deux n’a plus de revenu. Donc le premier travail engagé par nos équipes c’est de prolonger l’aller vers par de l’accompagnement social. On travaille sur de la domiciliation, le premier acte pour l’accès aux droits. On en a 8 000 dans nos CCAS. Il y avait un gros problème d’accès à l’eau depuis longtemps dénoncé par la Fondation Abbé Pierre. On a fait un gros travail avec un lieu phare que sont les douches municipales et d’autres dans des associations pour mailler le territoire. L’implantation de fontaines. On est passé de 15 à 45 toilettes publiques. L’offre en bagagerie était extrêmement limitée en 2020. On en a 6 aujourd’hui, soit 200 casiers.

    Le bâtiment à l’abandon entre la rue Guibal et la rue Cavaignac héberge depuis juin 38 familles. Le choix d’un travail partenarial est-il une nouvelle approche ?

    A.G. : C’est le symbole de la façon dont on travaille depuis 6 ans. On a fait le choix de s’appuyer sur l’expertise du très riche tissu associatif. Tout en ayant la volonté de remettre le service public à sa place, pas à la place, mais là où il doit être. C’est-à-dire trouver les moyens nécessaires pour qu’il réponde aux besoins des habitants de toute la ville. L’exclusion, la grande pauvreté, abîment la cohésion sociale. Pour nous la politique sociale, c’est la politique du vivre ensemble. C’est le grand fil rouge de notre action. Quand on améliore les conditions de vie des plus vulnérables, automatiquement, ça va mieux pour tous. La Grande Maison en est un symbole. Plutôt que d’avoir un seul opérateur associatif financé pour gérer le lieu, il y a le CCAS et les associations HAS, Just et la Régie de quartier Noailles Belsunce qui le font ensemble, avec leurs compétences propres. Chacun apprend de l’autre.

    Le village d’insertion pour les familles roms était un engagement au début du mandat de la Ville avec l’État. C’est aussi un renoncement ?

    A.G. : C’est effectivement un immense regret d’avoir reculé. L’État nous a lâchés. Et on a lâché. On a 800 à 900 personnes roms sur Marseille et pour résoudre la question de l’intégration des populations, il faut un très haut niveau d’engagement politique. Il faudrait étudier la question des terrains familiaux, par exemple, mais pas seulement.

    La solidarité est le premier sujet sur lequel s’est engagé Benoît Payan dans la campagne pour les municipales. Pourquoi ?

    A.G. : Parce que c’est une priorité de la politique municipale de Benoît Payan depuis 6 ans et que c’est le fil rouge de son engagement pour toutes et tous dans une ville qui compte 26% d’habitants sous le seuil de pauvreté.

  • À Davos, Trump rage contre l’Europe

    À Davos, Trump rage contre l’Europe

    « J’aime l’Europe, et je veux que l’Europe aille bien, mais elle ne va pas dans la bonne direction », a-t-il asséné dans son discours à la tribune du Forum économique mondial, qui tient sa réunion annuelle dans la station huppée des Alpes suisses. Le président américain vient éprouver la résistance des Européens face à son projet d’acquisition du Groenland, un territoire autonome appartenant au Danemark, a exigé des « négociations immédiates » sur le sujet. « Les gens pensaient que j’utiliserai la force. Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force », a-t-il poursuivi.

    « Le fait est qu’aucune nation ni groupe de nation n’est en position de pouvoir assurer la sécurité du Groenland en dehors des États-Unis. Nous sommes une grande puissance, beaucoup plus grande que ce que les gens comprennent. Je pense qu’ils l’ont découvert il y a deux semaines au Venezuela », a-t-il affirmé, reprochant aussi au Danemark de faire preuve d’« ingratitude ». « Les États-Unis sont le moteur économique de la planète », a-t-il aussi vanté, alors que les sondages révèlent un profond mécontentement des Américains sur le coût de la vie, ce qui menace le Parti républicain à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. « Quand l’Amérique prospère, le monde prospère. Quand elle va mal, ça va mal pour tout le monde », a-t-il lancé.

    « Un morceau de glace pour protéger le monde »

    L’ancien promoteur immobilier, qui depuis son retour au pouvoir il y a un an a complètement bouleversé l’ordre mondial, participe au Forum pour la première fois depuis 2020. Jeudi, il fera la promotion de son « Conseil de la paix », considéré par beaucoup comme un rival de l’ONU. Donald Trump a déjà dit ne pas s’attendre à beaucoup de résistance des Européens et d’autres alliés, malgré leurs déclarations plus ou moins vigoureuses. « Nous voulons un morceau de glace pour protéger le monde, et ils refusent de nous le donner », a encore commenté Donald Trump. « Ils ont donc le choix », a-t-il poursuivi. « Ils peuvent dire “oui”, et nous leur en serons très reconnaissants. Ou ils peuvent dire “non”, et nous nous en souviendrons », a-t-il poursuivi sur un ton peu amène.

    « Le Royaume-Uni ne cédera pas sur ses principes et valeurs et sur l’avenir du Groenland », a déclaré mercredi son Premier ministre Keir Starmer. Le président américain insiste sur le fait que le Groenland est vital pour la sécurité des États-Unis et de l’Otan face à la Russie et à la Chine. Il a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu’à 25% à huit pays européens pour leur soutien au Danemark, ce qui a incité l’Europe à menacer les États-Unis de représailles. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a appelé l’Europe à rompre avec sa « prudence traditionnelle » face aux défis d’un monde « de plus en plus anarchique » et défini par la « puissance brute ».

    Au Forum mardi, Emmanuel Macron a mis en garde contre les tentatives américaines « inacceptables » de « subordonner l’Europe ». « Nous préférons le respect aux brutes », a-t-il déclaré. Des propos qui n’ont visiblement pas plu au milliardaire américain, qui, comme à son habitude, joue la carte de l’humiliation. « Je l’ai regardé hier avec ces belles lunettes de soleil (…) jouer le dur à cuire », s’est moqué le président américain.

  • Nuit de la solidarité : un couteau suisse pour répondre à tous les besoins

    Nuit de la solidarité : un couteau suisse pour répondre à tous les besoins

    « Petite structure, mixité, c’est très symbolique de ce que l’on veut développer ! », s’enthousiasme Audrey Garino devant l’entrée d’un immeuble en copropriété à la Capelette. Dans le cadre d’un partenariat de la Ville avec l’État, en rez-de-chaussée et au 1er étage, le centre de vacances du boulevard Saint-Jean a cédé la place à une unité d’hébergement. La Digue, gérée par Saralogisol, accueille 46 personnes, en famille, depuis 2021.

    « On nous avait annoncé qu’en copropriété ce serait complexe », se souvient l’élue. Pari gagné. Le bail de 7 ans vient d’être renouvelé. « Il y a eu quelques ajustements à faire, sur le bruit, car il y a une cour intérieure et on a 20 enfants de moins de 6 ans. Mais on est dans une relation de voisinage apaisé », témoigne Julie Jaffro, directrice du pôle social. Si l’accueil est inconditionnel, « il y a une vigilance sur la question de la parentalité ou sur le cadre à respecter dans le contrat de séjour », précise Aurélien Sibba, chef de service. Dans la grande cuisine, la vie des 14 familles, dont dix monoparentales, orientées sur La Digue par le 115, tourne autour d’un rythme collectif. Les repas du midi et du soir sont portés par l’Armée du Salut. « On y fait aussi des ateliers cuisine, les anniversaires, Noël… », ajoute Marie, éducatrice spécialisée.

    De quoi créer du lien entre des personnes venues d’horizons différents. On y partage les fêtes et les corvées. Dans le couloir, un planning affiche les tours de ménage pour les communs. Avec dix nationalités différentes, le français est la langue partagée. « Pour l’apprentissage, on oriente sur les associations. Il y a aussi une formation FLE via France Travail, mais avec de moins en moins de financement », regrette Marie. Sonia bénéficie de l’accompagnement social de Sarlogisol depuis 5 ans. « J’étais à l’hôtel, mais on ne peut rien faire. Ici c’est comme une petite maison, avec une grande famille », explique la jeune mère Albanaise en ouvrant la porte de la chambre familiale dont un pan de mur a été tapissé de photos de Jul par sa fille de 13 ans et son fils de 4 ans, tous les deux scolarisés dans le quartier. Réorganiser sa vie pour Sonia, passe par la commission Dalo. Elle avoue : « J’ai hâte d’avoir mon propre logement, de trouver un travail. » Chacune des familles restera à La Digue le temps nécessaire. « On a déjà quatre sorties positives, une sur du privé, les autres dans des logements sociaux », peut s’enorgueillir l’association, qui ne connaît aucune vacance sur cette structure tant la demande est forte.

    Décloisonner

    La Nuit de la Solidarité a fait apparaître d’autres besoins que le logement. Rue Saint-Basile, La Bonne adresse s’évertue à y répondre. Dans ce deuxième lieu appuyé par la Ville, sur 200m2, une équipe de 6 salariés propose aux sans-abri et aux personnes hébergées en hôtel, en plus de l’accès aux droits, un service courrier pour 585 domiciliations, une bagagerie de 23 grands casiers, une laverie, deux douches, une cuisine partagée, des colis alimentaires et des produits d’hygiène, un vestiaire et du soutien scolaire. « C’est l’originalité de ce tiers lieu, lance dans un large sourire Mourad Fennas, directeur de l’Arme du Salut. C’est la ligne qu’on s’est donné, de décloisonner les activités. »

    Derrière l’ordinateur, à l’accueil, Shaïma, 24 ans, hébergée en hôtel avec sa fille de deux ans, est « usagère et bénévole ». Elle indique la prise électrique à Salem, 47 ans, les cheveux encore humides après sa douche et lui propose un café en attendant que son téléphone portable soit rechargé. « Je suis dehors depuis trois mois. Quand il a fait très froid je suis resté une semaine au stade Vallier. On m’a fait une proposition d’hébergement, à Arles. J’ai refusé. Je suis inscrit à France Travail et j’ai mes rendez-vous à l’hôpital ici », justifie-t-il.

    Des rires parviennent du centre névralgique de la structure. Quatre femmes sont aux fourneaux. Taguée sur le mur au-dessus d’elles, la formule « des choses magiques se produisent dans cette cuisine », annonce la couleur. « Je viens chaque mardi, explique Ibitissam, et je repars en chantant. Mon linge est propre, mon mari et ma fille sont contents de me voir rentrer à l’hôtel avec des plats cuisinés pour la semaine. Et ils sont tellement gentils ici ! » Faïza, tout aussi radieuse, remonte de la buanderie par l’escalier décoré d’une guirlande de photos, scènes joyeuses de la vie du site. « On a aussi accès à des produits d’hygiène. Il y a un gros congélateur pour tuer les punaises de lit dans les textiles. C’est une vraie bonne adresse ! » Elle participe à l’animation du lieu, « avec les enfants », indique-t-elle en passant devant la salle de jeu.

    Là encore, le planning cuisine affiche complet. « On est à 40 places, avec une liste d’attente de 2 mois », regrette Anaïs Beringer, coordinatrice. Pour ceux qui ont la possibilité de cuisiner, « le vendredi matin est consacré à la distribution de denrées alimentaires pour une trentaine de familles ». Le soir de la Nuit de la Solidarité, « on sera ouvert, avec une grande soupe à partager », annonce Mourad Fennas.

    La préfecture récupère mille logements

    Pour Léopold Carbonnel, directeur adjoint de la DDETS (direction départementale de l’Emploi, du Travail et des Solidarités), « un tiers des personnes en centre d’hébergement sont en attente d’un logement. Les bailleurs sociaux ont des obligations réglementaires pour attribuer 25% des logements aux ménages qui ont les plus bas revenus. Et 30% au contingent préfectoral. En 2024-2025, on a demandé à 20 d’entre eux de rendre des logements parce qu’ils n’avaient pas respecté ces critères. On a récupéré presque mille logements ».

  • Marine Tondelier à Marseille pour une nouvelle victoire

    Marine Tondelier à Marseille pour une nouvelle victoire

    C’est la première visite d’envergure depuis l’entrée en campagne de Benoît Payan. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, était mercredi à Marseille pour soutenir le maire (DVG) sortant et le Printemps marseillais. Arrivée en fin d’après-midi en gare Saint‑Charles, la patronne des Verts a déambulé en centre‑ville avant de rejoindre le QG de campagne sur la Canebière.

    « Les électeurs ne leur pardonneront pas »

    À ses côtés, l’état‑major écologiste local et des figures de la majorité. Au premier rang, Michèle Rubirola qui a conduit la gauche à la victoire en 2020, le sénateur Guy Benarroche, le maire des 4-5, Didier Jau, les adjoints Christine Juste et Hervé Menchon, la maire (Mad Mars) des 6-8, Olivia Fortin, ou l’adjointe (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. « Nous sommes là pour la victoire de l’OM et celle du Printemps marseillais les 15 et 22 mars », s’amuse la patronne des Écologistes. Mais avant de filer au Vél’, Marine Tondelier est vite redevenue sérieuse.

    Insistant sur « l’accord historique » noué autour de Benoît Payan et accusant Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole de « régler ses comptes sur le dos des Marseillais », Marine Tondelier souligne la nécessité d’un second mandat « pour concrétiser ». « On a commencé à rendre cette ville vivable, cette transformation écologique et sociale doit continuer », abonde Michèle Rubirola quand le maire défend l’union construite depuis 2020. « On devait se rassembler, c’était notre responsabilité après avoir travaillé six ans ensemble. On nous a dit qu’on ne tiendrait pas six mois… nous voilà, rassemblés pour six ans encore, avec la conscience profonde que l’union des écologistes, des progressistes, des humanistes, est une nécessité absolue ».

    « Les Écologistes ont l’antifascisme au cœur et nous ne tremblons pas sur ce sujet », poursuit sa secrétaire nationale, en écho aux sondages dessinant une poussée de l’extrême droite sur la ville. Une pique surtout adressée à la France insoumise et à son candidat, Sébastien Delogu : « Quand on voit un RN aussi haut, on ne peut pas entendre un candidat de gauche dire : Mon but, c’est que M. Payan ne soit plus maire. Là, on a un problème… Je pense que les électeurs ne leur pardonneront pas ».

    Benoît Payan, lui, prend de la hauteur : « Pour la première fois le destin de cette ville, la plus vieille de France peut basculer vers un parti dont le fonds de commerce est la division, la haine des autres, le repli sur soi, la communautarisation des gens, l’exclusion de celles et ceux qui ne seraient pas dans un standard. Ce serait un déni de son histoire. »

    Sans céder aux promesses irréalistes, il revendique un cap : « Protéger les Marseillaises et les Marseillais, changer le destin de cette ville sur un chemin exigeant mais sain ». Et de conclure : « Le seul risque ici, c’est le RN. Nous ne le permettrons pas. »

  • Ariane Lombardi veut un centre social pour Marignane

    Ariane Lombardi veut un centre social pour Marignane

    « On va se battre pour monter un centre social, indispensable pour recoudre la ville », lance Ariane Lombardi mercredi soir. La tête de liste communiste de l’union de la gauche pour les municipales marignanaise a développé cette idée à l’occasion d’une réunion publique au local de campagne du parc Camoin, centrée sur la jeunesse, le lien social et la solidarité.

    Le constat de départ est simple. « Chaque âge de la vie est traité indépendamment par la Ville, mais il y a un grand vide notamment pour la jeunesse des 14 à 25 ans », estime la candidate. « Il faut un lieu de rencontre et d’échanges municipal pour eux, mais aussi pour recréer un lien intergénérationnel. Pour organiser le temps commun et combattre l’isolement de la jeunesse comme des seniors », souhaite la communiste.

    Un lieu de rencontre, et de médiation sociale. « Les jeunes doivent y trouver des facilités pour chercher des stages, des formations, ou un 1er emploi » poursuit Ariane Lombardi, « il faut doter ce centre social d’éducateurs, de médiateurs professionnels de l’orientation qui peuvent aiguiller nos jeunes, en bonne intelligence avec le tissu associatif et économique », argumente la candidate.

    « On peut le budgétiser »

    Ce projet de centre social n’est pas un vœu pieux. « Nous sommes en capacité de le budgétiser », considère Ariane Lombardi, qui estime « entre 600 000 et 700 000 euros le budget de fonctionnement annuel d’un centre social pour une ville de 35 000 habitants ». Au niveau immobilier, « nous avons des bâtiments publics disponibles : l’ancienne école Parc Méditerranée vient d’être mise en vente et nous pourrions la récupérer, comme l’ancien musée Raimu », remarque la candidate, qui estime le budget d’investissement « entre 1,2 et 2 millions d’euros pour la réhabilitation et l’accessibilité. C’est peanuts pour une mairie comme la nôtre », juge-t-elle.

    Un participant réagit. « On va nous dire qu’il existe déjà des choses. Mais il faut sortir de l’événement ! Toute action doit être suivie », estime Michel, retraité, rappelant que « beaucoup de jeunes vivent chez leurs parents ». Dans la même veine, une participante souligne le rôle d’un conseil municipal des jeunes, « un moyen de faire échanger et participer les jeunes dans une démarche citoyenne ». « C’est à la Ville de fournir ces moyens à la jeunesse », insiste Ariane Lombardi, en approuvant la proposition.

    Le prochain rendez-vous de la candidate est le 10 février à 19h avec le maire PCF du Rove Paul Sabatino pour aborder le communisme municipal au local de campagne.

  • [Entretien] Sabrina Bourgerois : à Mimet, « la liste est constituée, mais reste toujours ouverte »

    [Entretien] Sabrina Bourgerois : à Mimet, « la liste est constituée, mais reste toujours ouverte »

    La Marseillaise : C’est votre première réunion publique dans le cadre de votre campagne. À quoi faut-il s’attendre au cours de cette rencontre ?

    Sabrina Bourgeois : Cette réunion permettra d’exposer le programme qu’on envisage pour la commune et pour les élections. On l’a monté pour pouvoir le proposer aux habitants. Je garderais les éléments principaux pour la réunion, mais nous allons présenter les grandes orientations. Ça génère pas mal de thèmes, dont l’intergénérationnel, l’urbanisme et l’aménagement du territoire, l’environnement et les énergies… Mais aussi la démocratie participative, la vie associative sportive et culturelle qui est un thème qui me tient particulièrement à cœur, mais aussi la sécurité publique ou le budget municipal… Tout sera intrinsèquement lié dans ce programme.

    Sur le reste de votre campagne (liste, rencontres…) où en est-on ?

    S.B : La liste est constituée mais elle reste toujours ouverte aux citoyens qui souhaitent nous rejoindre pour participer à ce programme. Samedi, je pars dans l’idée d’exposer les premières lignes du programme pour toucher un maximum de personnes qui puissent s’y sentir investies. Pour qu’elles viennent nous rejoindre. Sinon, la majorité de nos colistiers est déjà investie et mise en place. Mais la liste totale des noms de l’équipe sera dévoilée une fois l’ensemble du programme annoncé. Puis à partir du 31 janvier, nous allons chaque samedi, dès 15h, partir à la rencontre des Mimétains. Soit sur le terrain dans les quartiers de la commune, soit dans une salle communale. On commencera sur la place du village pour discuter, continuer à exposer le programme, et interagir pour démontrer dans quelle optique et quelle vision on veut amener les choses pour Mimet.

    Il est aussi question de « clarifier » une situation à la suite d’un tract litigieux de l’équipe majoritaire sortante. Que pouvez-vous nous dire sur cette situation à ce moment ?

    S.B. : Je compte d’abord faire ma réunion avant d’en parler dans les détails, le sujet est tout frais. Il y a eu édition et publication d’un tract tout à fait diffamatoire, dans lequel des informations personnelles sont dévoilées. Pour le moment, on cherche simplement à débattre sur des idées, apporter un programme… Malheureusement, l’équipe sortante n’a pas trouvé d’autres moyens que d’être dans l’attaque des individus et de se mettre dans une position qui est hors-cadre d’une campagne électorale en divulguant des informations personnelles sur les colistiers. J’aurais plus d’informations à donner à ce sujet [après la réunion, Ndlr.].

    Propos recueillis par Eva Bonnet-Gonnet

    La réunion se déroulera ce samedi 24 janvier, salle des Moulières (mairie annexe ). Un « rafraîchissement convivial » est prévu ensuite.