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  • [Étoile de Bessèges] Une arrivée en côte dès le premier jour

    [Étoile de Bessèges] Une arrivée en côte dès le premier jour

    Un doux apéritif avant de s’attaquer à l’entrée, au plat de résistance, à l’assiette de fromages et au dessert. Ce mercredi, l’Étoile de Bessèges se lance avec une première étape sans trop de relief entre Bellegarde et Bellegarde (150 km). Le peloton réalisera une quarantaine de kilomètres sur un parcours légèrement bosselé. Les coureurs traverseront d’abord les communes de Redessan et Aramon. Ensuite, les 17 équipes au départ entreront dans un circuit puisque trois passages par la ligne d’arrivée sont prévus. Les villages de Beaucaire et Fourques accueilleront la course avant un premier retour vers Bellegarde.

    Si la majeure partie de cette étape est donc plate, le final semble vouloir offrir du spectacle. 700 mètres à 7,9% de moyenne, c’est ce qui attend les coureurs dans le dernier kilomètre. Cette côte de la Méditerranée, classée en troisième catégorie par les organisateurs, sera à franchir deux fois. Des points seront donc attribués au classement de la montagne avant que les principaux intéressés ne se disputent pas le premier maillot de leader de l’Étoile de Bessèges 2026.

    Un sprinteur ou un puncheur pour la victoire

    L’avenue de la Méditerranée sera donc l’hôte des derniers hectomètres de la première journée. Elle est située au sud-ouest de Bellegarde, à la sortie de la ville, dans un quartier plutôt pavillonnaire. Il y a de l’incertitude autour de cette arrivée car 700 mètres, c’est court, mais 7,9%, c’est raide. Est-ce que les sprinteurs pourront être amenés dans un fauteuil par leurs équipiers ? La victoire se jouera-t-elle entre puncheurs ? Plusieurs questions se posent sur le profil du potentiel vainqueur. Est-ce qu’un Dylan Groenewegen peut s’imposer ou alors, dans les derniers mètres, nous retrouverons plus des Paul Lapeira, Ewen Costiou, Dylan Teuns ou encore Sandy Dujardin ?

    Ce mercredi soir, nous saurons quelle équipe a le mieux géré ce final particulier et qui sera donc le premier leader de l’Étoile de Bessèges. Le classement général ne se jouera sans doute pas ici, mais certains peuvent perdre gros d’entrée de jeu en cas d’incidents ou de méforme immédiate.

    1ère étape entre Bellegarde et Bellegarde (150 km). Départ à 12h30, arrivée prévue à 16h

  • Ce que cachent ces listes dites « sans étiquette, apolitiques »

    Ce que cachent ces listes dites « sans étiquette, apolitiques »

    « Apartisanes, apolitiques, transpartisanes, citoyennes ». À deux mois des municipales, on ne compte plus les listes qui se prétendent « sans étiquette ». À première vue, c’est un non-sens. Pourquoi se présenter au suffrage universel si l’on n’a pas d’idées politiques à défendre ? Autant ouvrir une boucherie vegan.

    En creusant un peu le sujet, on vous répond qu’il s’agit de « défendre de l’intérêt général des habitants ». Encore une lapalissade. Qui oserait candidater en expliquant vouloir défendre des intérêts personnels ? Se servir plutôt que servir. « C’est une façon de ne rien dire, de n’effaroucher personne », explique Michel Crespy. Le politologue montpelliérain confirme la multiplication de ces dénominations fourre-tout. Il explique essentiellement le phénomène par la défiance grandissante des citoyens vis-à-vis des partis politiques, quelle que soit leur tendance. « Ce sont les institutions dans lesquelles les Français ont le moins confiance, à peine 15%. S’afficher, c’est se couper d’emblée d’une partie de l’électorat ». Michel Crespy ajoute que « plus la commune est petite, moins les listes sont étiquetées ». Au contraire des villes, on y vote moins pour des logos que pour des personnalités locales connues.

    En apparence vide de sens, ces absences d’étiquette sont donc calculées. Une stratégie de « faux nez » le plus souvent utilisée par la droite et de plus en plus l’extrême droite jusque dans des petites villes. Si la gauche n’y échappe pas complètement c’est parce que « souvent les partis ne présentent plus de candidats », observe Michel Crespy. Néanmoins l’étiquette divers gauche ou union de la gauche reste plus assumée que divers droite ou extrême droite. Quoi qu’il en soit, toutes les listes déposées (avant le 26 février) seront a priori catégorisées, comme en 2020, dans les communes de plus de 3 500 habitants. Pour des besoins de statistiques nationales, les préfectures apportent une « nuance » : écologiste, divers centre, divers droite, extrême droite… Laquelle « diffère de l’étiquette déclarée librement par le candidat sur le Cerfa »… Et la préfecture de l’Hérault de préciser : « La nuance est attribuée unilatéralement par l’administration, en fonction de critères objectifs. » Aux électeurs d’être attentifs pour savoir pour qui ils votent vraiment.

  • Crise sanitaire : la filière conchylicole de Thau en apnée

    Crise sanitaire : la filière conchylicole de Thau en apnée

    L’annonce est tombée le 22 janvier, au terme d’une nouvelle réunion entre conchyliculteurs et représentants publics : la fermeture sanitaire de l’étang de Thau est prolongée d’au moins un mois à compter du 20 janvier. Les analyses demeurent défavorables après les pluies du week-end précédent, et aucune date de reprise n’est avancée. La préfecture le rappelle : la levée de l’interdiction dépendra uniquement de résultats sanitaires. Or derrière cette décision administrative se cache une question plus lourde : celle de la protection réelle de la population face à une contamination. Depuis fin décembre, les autorités évoquent la détection de norovirus dans les coquillages, responsable de gastro-entérites, particulièrement dangereux pour les personnes fragiles, âgées ou immunodéprimées. L’interdiction de vente n’est donc pas un simple outil de gestion économique : c’est un acte de protection sanitaire, qui vise à éviter des intoxications alimentaires à grande échelle. Sur ce point, même les professionnels le reconnaissent. Fabrice Grillon, directeur du Comité régional de conchyliculture de Méditerranée, le rappelle : « Oui, c’est une catastrophe économique », mais la priorité reste de « protéger les consommateurs. »

    C’est précisément là que le débat s’intensifie. Pour les acteurs du territoire, la crise – la troisième depuis 2022 – ne peut pas être analysée uniquement comme une succession d’aléas naturels. Henri Loison, président du Comité des usagers du bassin de Thau du cycle de l’eau, parle clairement d’une crise sanitaire structurelle. Il insiste : « Le traitement des eaux usées est une obligation de santé publique » et cette protection « n’est pas assurée régulièrement. » Autrement dit, si les coquillages deviennent impropres à la consommation, ce n’est pas d’abord parce que le milieu naturel serait « malade », mais parce qu’il reçoit des pollutions d’origine humaine.

    Ce point est central : le norovirus n’apparaît pas spontanément dans une lagune. Sa présence est le marqueur d’une contamination fécale, liée aux rejets d’eaux usées dans le milieu. Les épisodes pluvieux jouent un rôle d’accélérateur : lorsque les réseaux d’assainissement débordent ou fonctionnent mal, ils entraînent vers l’étang des eaux chargées de bactéries. La conséquence est directe : les coquillages, organismes filtreurs, concentrent ces agents pathogènes et deviennent alors un risque pour la santé des consommateurs. La fermeture administrative n’est donc que la dernière barrière d’un système qui a déjà failli en amont.

    La crise de trop ?

    Sur le terrain, cette situation nourrit la colère. Dans les reportages de France 3 Régions diffusés les 21 et 22 janvier, des ostréiculteurs décrivent des exploitations à bout de souffle : « Ça sera la plus grosse crise que j’ai connue en 50 ans de métier », ou encore « 56 jours de fermeture, je n’ai jamais connu ça. » Mais derrière l’urgence économique, leurs propos traduisent aussi une angoisse plus profonde : celle d’être perçus comme responsables d’un risque sanitaire qu’ils subissent, pris en étau par un système d’assainissement qu’ils ne maîtrisent pas.

    Face à la crise, les collectivités annoncent des aides financières : 1,5 million d’euros d’aide directe, exonérations, reports de charges… Un total chiffré à plus de 20 millions d’euros en 2026, incluant des investissements sur les réseaux. Ces mesures apportent un soulagement immédiat, mais elles ne répondent qu’indirectement à la question centrale : comment garantir durablement la sécurité sanitaire des productions et de l’ensemble de la population ?

    Loïc Linarès, président de Sète Agglopôle Méditerranée, a lui-même reconnu la gravité de la situation lors de ses vœux à la presse le 28 janvier, évoquant une crise « dramatique qui pourrait être celle de trop ». Sa proposition de créer un « comité de lagune », réunissant collectivités, État, professionnels et usagers, vise précisément à traiter le problème à la racine : suivre l’état du milieu, planifier les travaux d’assainissement, repenser l’équilibre entre urbanisation et capacité des infrastructures.

    Car l’enjeu dépasse désormais la seule conchyliculture. Si des rejets d’eaux usées peuvent, à chaque épisode pluvieux, rendre impropres à la consommation des produits alimentaires, alors c’est toute la chaîne de protection sanitaire qui est interrogée. La crise de l’étang de Thau agit comme un révélateur : elle montre les limites d’un système d’assainissement sous tension, l’impact direct de ces défaillances sur la santé publique, et la fragilité d’un territoire où l’environnement, l’économie et la santé sont intimement liés. Pour les conchyliculteurs comme pour les habitants du bassin, l’attente est désormais la même : que les annonces se traduisent enfin par des actes structurels, capables d’empêcher que la prochaine pluie ne rouvre, une fois de plus, la même plaie.

  • Deux nouvelles œuvres intègrent les collections du musée Fabre

    Deux nouvelles œuvres intègrent les collections du musée Fabre

    Deux œuvres qui illustrent la nouvelle orientation voulue par Juliette Trey, directrice de l’institution.

    « L’acquisition d’une œuvre d’Élisabeth Vigée-Lebrun traduit notre volonté de mieux représenter les artistes féminines, quasi absentes de nos collections », explique la directrice. « Les musées doivent être pleinement acteurs de la société contemporaine ». L’Allégorie de la Poésie est une œuvre qui s’inscrit dans le genre de la peinture d’histoire, extrêmement ambitieuse pour une artiste qui, par la suite, a surtout travaillé dans le portrait. Élisabeth Vigée-Lebrun est aujourd’hui reconnue comme l’une des plus grandes portraitistes du XVIIe siècle : admise à l’Académie royale de peinture et de sculpture, elle a notamment peint à de nombreuses reprises Marie-Antoinette.

    La seconde œuvre, Le Petit Chat de Paul Gauguin, est prêtée pour quelques mois par les descendants de Gustave Fayet,
    son premier propriétaire. Visible jusqu’en septembre en salle 41, ce tableau a une particularité intrigante : les analyses radiographiques révèlent que l’œuvre provient d’un fragment de toile plus vaste. Pour une raison encore inconnue, il semble que Gauguin ait découpé un tableau, peut être une nature morte de grande taille comme le suggère l’échelle des fruits représentés, avant d’y ajouter le chat. Le tableau date de 1888, année de la seconde visite de Paul Gauguin au musée Fabre, aux côtés de Vincent Van Gogh. Cette œuvre raconte un duo majeur de l’histoire de l’art, au cœur d’un moment fondateur que l’institution montpelliéraine choisira de mettre en lumière dans une exposition prévue en 2028.

  • [Entretien] David Gehant : « Les territoires alpins incarnent l’avenir »

    [Entretien] David Gehant : « Les territoires alpins incarnent l’avenir »

    La Marseillaise : « La Marseillaise » arrive dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes à partir de ce samedi 7 février. Quelle est votre réaction ?

    David Gehant : C’est une très bonne chose ! Je vois d’un très bon œil qu’on puisse valoriser et s’intéresser aux territoires alpins et ruraux. La recherche d’une forme d’équité territoriale est à la base de mon engagement. Je m’y retrouve forcément. Les territoires ruraux ont beaucoup de choses à faire valoir et sortir de l’image qu’on peut en avoir. Les territoires alpins, par beaucoup d’aspects, incarnent l’avenir. Plus il y a d’acteurs médiatiques, mieux c’est d’un point de vue du pluralisme et de la diffusion des informations fiables. À l’heure des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle, on a besoin de vecteurs d’informations vérifiées et donc l’arrivée dans les Alpes de La Marseillaise, avec une histoire aussi riche que la sienne, y participe. C’est un signe de l’attrait de nos territoires.

    Notre journal n’est pas de la même sensibilité politique que vous, c’est sain pour le débat démocratique ?

    D.G. : Je pense que les questions de sensibilités sont secondaires pour les élus locaux. Pour les journalistes de terrain, ce qui importe c’est avant tout le professionnalisme. Je suis persuadé que ce sera le cas de La Marseillaise. La pluralité des médias est une bonne chose. Plus il y a d’acteurs, plus de voix peuvent s’exprimer, mieux c’est. À l’heure où la vérité est devenue un « point de vue » comme les autres, c’est le cas malheureusement de plus en plus sur les réseaux sociaux, il est nécessaire de pouvoir compter sur des professionnels de l’information. Quand on voit ce que l’IA peut faire, je crains que nous soyons submergés par des fake news, des vidéos, images, voix manipulées. Quelles que soient les sensibilités, cette exigence de vérification des faits est essentielle et doit être largement partagée.

    Quelles sont, selon vous, les préoccupations des habitants de votre département, les sujets prégnants du territoire ?

    D.G. : Je crois que les préoccupations des habitants des Alpes rejoignent celles de l’ensemble de la population. On me parle beaucoup de santé, de sécurité, de logement et de mobilité. La particularité d’ici, c’est les initiatives qui relèvent du système D. Je pense par exemple au centre de soins non-programmés qu’on a mis en place à Forcalquier, qui apporte une solution de santé 7 jours/7 et qui est assez unique en son genre. Ce qui pourrait être intéressant pour un journal comme le vôtre, ce serait de se fonder sur les innovations qui émanent des territoires ruraux dans lesquels on a plus qu’ailleurs le sens de la débrouille et la dimension concrète des choses. On dit souvent que le maire est un élu à portée d’engueulade. C’est encore plus vrai à Forcalquier qu’à Nice ou Marseille. Ici, on ne peut pas ne pas répondre aux attentes de la population. On n’est pas des réserves d’Indiens où on vient en vacances, nous sommes des territoires vivants, novateurs et qui incarnent l’avenir notamment sur la qualité de vie.

    Quel regard portez-vous sur les JO ? Le 05 en bénéficiera plus que le 04 ?

    D.G. : Une personne qui regardera depuis les États-Unis ou la Chine ne va pas se poser la question de quel département accueille les épreuves. Ce sont toutes les Alpes françaises qui deviendront attractives. Et puis la question de l’héritage sera centrale avec la structuration de l’activité ski, du développement de la pratique sportive qui est un sujet de santé publique mais aussi de cohésion sociale. La solidarité, le dépassement de soi, le goût de l’effort sont des valeurs auxquelles je suis très attaché. On a bien vu les retombées des Jeux de Paris dans tous les clubs sportifs. Et le dernier élément de l’héritage, c’est la desserte ferroviaire avec notamment l’axe Marseille-Briançon. Cela va permettre de désenclaver la vallée durancienne.

  • [Entretien] Alain Soultanian : « Je souffre parce que je vois mon club, notre club, en souffrance »

    [Entretien] Alain Soultanian : « Je souffre parce que je vois mon club, notre club, en souffrance »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur l’Olympique de Marseille, cinq ans après avoir quitté le club ?

    Alain Soultanian : Les temps ont changé. Aujourd’hui c’est une autre époque à laquelle je ne me suis pas adapté. Pourquoi ? Parce que mon travail je l’ai toujours fait de la même façon, mais j’ai toujours travaillé dans une certaine forme d’affect. Aujourd’hui tout est scindé. Il y a l’administratif, la direction, les joueurs, l’entraîneur, et une institution qui s’appelle le médical, mais qui est totalement à part et qui n’est pas mélangée à tout le reste. Alors qu’avant, nous étions une grande famille, où tout le monde se connaissait, tout le monde se côtoyait, on faisait des grands repas ensemble, pour que ceux qui ne se connaissent pas fassent connaissance, et ça facilitait les rapports, ce qui fait que le bateau allait toujours dans la même direction. Aujourd’hui c’est quelque chose que je ne reconnais plus, qui existe peut-être encore, mais que moi je ne reconnais plus. Et je répète, ce n’est pas péjoratif, c’est un constat personnel. Mais aujourd’hui avec l’OM j’ai mal et je souffre. Je souffre parce que je vois mon club, notre club, en souffrance, parce que c’est le club de tout Marseille. Je regarde beaucoup de matches à la télé, et sur deux heures de match, je passe la dernière demi-heure debout, et je fais le tour du canapé, les yeux fixés sur la télé, parce que je ne tiens pas en place, parce que j’ai peur, parce que je sais qu’on a l’habitude de prendre des buts en fin de match, et qu’un match n’est jamais terminé. On n’a pas de tranquillité.

    Même si vous ne faites plus partie de la maison olympienne désormais, comment analysez-vous la gestion des joueurs du point de vue médical ? Est-ce que les entraîneurs sont vigilants sur le côté prévention ?

    A.S. : S’il n’y a pas une étroite collaboration entre le chef d’un service médical et le chef d’un service technique, c’est compliqué d’arriver à un résultat positif. Il faut se parler, il faut expliquer et il faut argumenter pourquoi je pense que tel joueur ne devrait pas jouer ce match-là parce que nous, on sait peut-être qu’il a des problèmes familiaux qu’on ne va pas dévoiler, mais on va faire comprendre que ça serait bien qu’il ne joue pas parce qu’il n’est pas bien dans sa tête. Je prends le cas de Rulli. Tout le monde voit que Rulli qu’aujourd’hui n’est pas le même qu’avant la trêve. Ce garçon, il a peut-être des problèmes internes qu’on ne connaît pas. Il se confie certainement à certaines personnes qui savent. Mais ces personnes-là ont peut-être peur de dire à l’entraîneur ou au directeur sportif qu’il a des problèmes et qu’il faudrait peut-être le mettre sur la touche pendant deux ou trois matches pour qu’il se refasse une santé, mentale surtout. Parce que je pense que son problème est plutôt mental qu’autre chose. Je sais qu’il y a des joueurs qui vous disent je ne suis pas bien, ça ne va pas avec ma femme, ou j’ai le bébé qui est malade, il doit rentrer à l’hôpital. Ce joueur-là ne va pas forcément s’étaler devant tout le monde. Je ne suis ni entraîneur, ni préparateur physique, mais mon expérience me fait dire que nous sommes des confidents. C’est-à-dire qu’on enregistre certains messages que les joueurs nous font passer, on essaie de les récupérer mentalement comme on peut, mais il faudrait pouvoir avoir aussi la possibilité d’avoir un dialogue direct avec l’entraîneur. Et non pas simplement bonjour, au revoir, alors son genou, comment il va ? Son dos, comment va-t-il ? Son épaule, ça en est où ? Il faut une cohésion. Je ne sais pas comment ça se passe aujourd’hui. Moi, ce que je sais, c’est que quand il y a la cohésion, il y a un dialogue, il y a des échanges, et de ça ressort quelque chose de positif. Vous constaterez que dans tous les sports, que ce soit la natation, le cyclisme ou le tennis, ils ont tous un suivi psychologique. Demandez à Djokovic s’il n’a pas un préparateur mental.

    Tout le monde n’a donc pas le bagage mental nécessaire pour s’imposer à l’OM, selon vous ?

    A.S. : Il y a des joueurs qui dans leur tête peuvent jouer à Marseille, peuvent jouer à Naples, peuvent jouer à Liverpool, peuvent jouer à Manchester, peuvent jouer au Bayern Munich. Dans leur tête, ils sont prêts. Il y a des joueurs qui sont faits pour jouer à Toulouse, qui sont faits pour jouer à Nantes, qui sont faits pour jouer à Bordeaux ou à Lille, mais pas pour Marseille. Quand vous avez les Carlos Mozer, quand vous avez des Basile Boli, Eric Di Méco, Manuel Amoros, Franck Sauzée, Bernard Pardo, Jean-Pierre Papin, Klaus Aloffs, Karl-Heinz Forster dans l’équipe, mais vous craignez quoi ? Ils ne vont rien lâcher les mecs. Ils ne vont rien lâcher.

    Vous citez principalement des joueurs qui ont connu les grandes années olympiennes. L’un des grands moments reste cette malheureuse finale européenne perdue à Bari face à Belgrade…

    A.S. : Dans le vestiaire, tout le monde est en pleurs, moi y compris, parce que moi je suis une pleureuse, je suis très émotif, et la déception l’emporte, mais tout le monde était en pleurs. Et je vais voir Franz Beckenbauer, qui était un peu à l’écart avec son adjoint, Holger Osieck, et je lui dis, mais Franz, comment on fait pour perdre ce match ? Et la réponse c’est, on perd ce match, parce qu’on ne joue pas pour le gagner, on joue pour ne pas le perdre, justement. On a joué petit bras. On était tellement sûr de la gagner, que je pense que les joueurs se sont dit, la veille déjà, ils se voyaient en train de soulever la coupe, et au moment du match, ils ont dû avoir quelque part une réflexion, en se disant, pourvu qu’on ne prenne pas un but, ça va tout foutre en l’air. Donc, ça les a inhibés quelque part. Et on est allé jusqu’aux tirs au but, et on connaît la suite, on perd ce final aux tirs au but. Mais, cette défaite nous rend plus forts. Chaque défaite rend plus forts. L’année d’après, 92, c’est l’année où on digère la déception de l’année précédente, et puis arrive 93. Et là, en 93, les joueurs n’ont plus la même attitude. Ils n’ont plus du tout la même attitude. Ce sont des monstres qui ont déjà l’expérience de la défaite, et ils se disent, là, on n’a plus rien à perdre, on va tout donner. Et on va jouer. Et on a gagné. Contre l’équipe la plus forte, peut-être, du monde à cette époque-là. Comme quoi, le football, c’est aussi dans la tête.

    Cette époque est notamment marquée par la présidence de Bernard Tapie. Quel homme était-il à vos yeux ?

    A.S. : Je me félicite d’avoir connu un tel personnage. C’est quelque chose qu’on rencontre une fois dans sa vie. Le charisme, ce n’est même pas la peine d’en parler, parce que c’est reconnu de partout. Mais c’était quelqu’un, je pense, qui savait y faire. Et pour ce qui est, je parle de mon cas, j’ai toujours gardé mes distances avec lui. Je ne l’ai jamais tutoyé, contrairement à d’autres qui l’appelaient Bernard. Moi c’était bonjour Président, au revoir Président. Et quand il arrivait souvent, comme je me souviens d’une fois à Moscou, je suis en train de fumer ma clope sur le parvis de l’hôtel où nous étions à Moscou, et on venait de finir le repas, et il monte les escaliers, il me voit, il vient, il me donne un coup d’épaule, il me dit ça va ma poule, comment ils sont ? Et je le regarde et je lui fais la moue. Il me dit tu crois qu’il faut que je leur parle ? Je le regarde et je lui fais la moue. Il me dit ça va j’ai compris. Il a fait ce qu’il fallait, il les a ouverts en deux. Et après il savait aussi les remercier. Mais c’était un patron, un vrai patron. Quelqu’un à qui on ne peut pas manquer de respect. Pendant toute cette période où il était à l’OM, il nous a régalés à tous, les supporters, le staff, on était tous heureux de travailler. C’est quelqu’un d’unique, j’en ai pas connu deux comme lui. Quelquefois, dans une discussion, vous sentez qu’il est en train de vous mener en bateau. Et vous dites toi tu es en train de me mener en bateau, mais surtout continue parce que tu es en train de me régaler.

  • Médina, le soldat fidèle (re)devenu incontournable

    Médina, le soldat fidèle (re)devenu incontournable

    Avec Facundo Médina, c’est blanc ou noir. Soit on adore sa grinta, soit on déplore son excès d’engagement parfois agaçant. Mais peu importe dans quel camp on se trouve, on ne peut que reconnaître sa très bonne prestation face au Stade Rennais. Présent au rendez-vous comme dernier rempart défensif, en réalisant un marquage très efficace sur l’avant-centre breton Esteban Lepaul – soit dit en passant le troisième meilleur buteur de Ligue 1 cette saison avec neuf buts – le défenseur central international argentin a également apporté sa pierre à l’édifice offensivement en relançant proprement et sans trembler.

    Lieutenant de choix du capitaine Balerdi

    Pour sa sixième titularisation de suite, lui qui a longtemps été blessé à la cheville dans la première partie de saison, « Facu » trouve enfin de la régularité dans ses performances. Avant d’être indisponible pendant un peu plus de deux mois, l’ancien lensois affichait une réelle volonté de s’imposer dans cette charnière centrale olympienne, avec des matches plus que cohérents lors des victoires à Strasbourg (1-2) et face à l’Ajax (4-0).

  • Le rapport sur le bloc opératoire contesté par la direction à Avignon

    Le rapport sur le bloc opératoire contesté par la direction à Avignon

    Dans les locaux de l’administration du centre hospitalier d’Avignon, une douzaine de membres de la direction et du corps médical de l’établissement se sont présentés à la presse au lendemain de la communication d’un rapport d’un cabinet d’expertise agréé qui mettait en avant des « indicateurs alarmants » sur les conditions de travail. « Il a eu un effet de résurgence plutôt négatif car le travail mis en place a été un peu pris à défaut », regrette le docteur Jean-Pierre Meunier, chirurgien et chef de pôle de chirurgie et du bloc opératoire.

    Certains chiffres présentés dans ce même document comme des éléments inquiétants sont notamment contestés, tels que le taux d’absentéisme de 15,10%, qui serait en réalité de 10,81%, « soit, selon le barème du cabinet, un taux normal », assure Pierre Pinzelli, directeur de l’hôpital. Mais aussi le taux de turnover de 43% chez les infirmiers en soins généraux (IDE), de 25% chez les aides-soignants ou de 11% chez les infirmiers anesthésistes, qui serait en réalité respectivement de 10%, de 13% et de 7,5%. Tout en concédant un taux de 50% chez les encadrants d’unité de soins, « qui peut paraître élevé », mais qui serait « sur trois personnes dont l’une part à la retraite », et qu’il y a « une réelle difficulté à recruter des cadres de proximité dans les hôpitaux », précise le centre hospitalier dans sa présentation.

    Une divergence sur les données que l’hôpital explique en remettant en doute la neutralité du rapport d’expertise, en évoquant notamment l’appartenance de l’expert à la CGT. « Un article du règlement sur la déontologie rappelle que l’indépendance du cabinet doit être totale vis-à-vis de l’employeur mais aussi vis-à-vis des représentants du personnel. On ne peut pas passer au-dessus du sujet de la neutralité. La conduite de l’audit est menée par un monsieur impliqué dans diverses mobilisations sociales. Ce n’est pas une critique de la personne car on a bien travaillé ensemble. Mais sur le point idéologique, permettez-moi de faire part d’une petite interrogation », tout en confiant qu’il « ne balaie pas d’un revers de main » tout ce qui y figure.

    Travail en cours

    En amont, une longue présentation du fonctionnement du bloc opératoire, avec les nombreux changements récents, a été donnée par l’équipe de direction, notamment la mise en place depuis plus d’un an d’un « pilotage médico-soignant » du service. « On sort d’un état de crise, donc c’est sûr que tout n’est pas blanc. Mais il faut avancer dans un climat serein et cette situation ternit l’image du bloc. On souhaite ici insister sur la qualité du bloc opératoire car ce qui est décrit blesse ceux qui y travaillent », avance le docteur Vincent Pestre, président de la commission médicale d’établissement (CME).

    Un plan d’action pour « travailler avec l’ensemble des partenaires sociaux » va être présenté lors de la prochaine formation spécialisée santé, sécurité et conditions de travail (F3SCT), programmée en février. Il comporte sept propositions de la gouvernance du service, dont certaines convergent avec celles du rapport, telles que la poursuite des recrutements, l’engagement « rapide » de l’analyse du travail, ou la mise en œuvre « rapide » d’un suivi des risques psychosociaux par des professionnels rompus à l’exercice et indépendants. « On ne dit pas que tout va bien. On est sur le chemin pour essayer de régler les problèmes. On pense que l’organisation mise en place est un socle pour sortir de la crise. Plusieurs indicateurs nous le font penser. Nous ne sommes pas dans un état de chaos comme il est décrit par la CGT. Nous sommes toujours face à des difficultés et nous essayons de nous en défaire », ajoute le docteur Vincent Pestre.

  • Une nouvelle mobilisation qui sent la poudre à Eurenco

    Une nouvelle mobilisation qui sent la poudre à Eurenco

    Une semaine après le premier rassemblement devant la poudrerie Eurenco de Sorgues, il y avait à nouveau un peu moins de 150 personnes sur le piquet de grève. La CGT et FO demandent depuis plusieurs semaines de meilleures conditions de travail après avoir refusé de signer les négociations annuelles obligatoires avec la direction.

    Ils revendiquent une revalorisation générale des salaires de 130 euros bruts pour chaque employé, la revalorisation de la prime d’ancienneté, une prise en charge plus importante de la mutuelle et de la prévoyance par l’entreprise ainsi que la transformation des contrats d’intérim en CDI. Les discussions sont actuellement au point mort.

    Jouer au dur

    Jérémy Durou, secrétaire général central FO Eurenco, évoque notamment le fait que la direction n’aurait pas du tout l’intention de revenir vers les organisations syndicales pour négocier… Face aux employés mobilisés à Sorgues, il évoque même une « intimidation de salariés grévistes », assurant que le directeur général adjoint de l’opérationnel a « ouvertement dit à un salarié de Bergerac [l’autre site de production du groupe en Dordogne, Ndlr] que s’il n’était pas content, il pouvait aller ramasser des pommes ». Des agissements qui seront portés devant l’inspection du travail par FO et la CGT.

    « On va durcir le mouvement avec des actions plus fortes, par des grèves plus longues ou des actions coup de poing, plus visibles », confie de son côté Jérémy Caillé, secrétaire général central CGT à Eurenco. « Certains se croient supérieurs aux autres. S’ils veulent jouer les durs, on va durcir aussi », ajoute Jérémy Durou.

  • [Étoile de Bessèges] À Bellegarde, l’amour du vélo toute l’année

    [Étoile de Bessèges] À Bellegarde, l’amour du vélo toute l’année

    À l’extrémité du plateau des Costières, au sud-est du Gard, la commune de Bellegarde, un peu plus de 8 000 habitants au compteur, n’est pas seulement une terre de bons vins et de randonnées pour les amateurs de marche. On y cultive aussi depuis longtemps l’amour du sport et celui du cyclisme en particulier. Signe de cet attachement profond à la petite reine, Bellegarde accueille ce mercredi la première étape de l’Etoile de Bessèges-Tour du Gard, Créée en 1971, la course par étapes est inscrite au calendrier UCI Europe Tour. Un monument du cyclisme sur une terre de cyclistes !

    Plus de 40km de pistes cyclables

    En effet, sous l’impulsion du maire de Bellegarde, Juan Martinez, depuis 2018, la Communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence* (CCBTA), qu’il préside, a investi « fortement pour développer la pratique du vélo sur son territoire. Plus de 8,1 millions d’euros ont été mobilisés pour aménager plus de 40 km de pistes cyclables, notamment dans le cadre du tracé de la ViaRhôna », explique-t-on à la CCBTA qui a su mobiliser collectivités et autres acteurs publics. Les résultats sont là : la ViaRhôna en Terre d’Argence a été dotée de trois tronçons structurants dédiés au cyclisme. Le premier relie Beaucaire à Bellegarde sur 11,4 km. Réalisé en 2022, le tronçon longe du canal du Rhône à Sète et a été inauguré le 22 juin 2022. En 2023, sa fréquentation a été de 55 610 passages au port de Bellegarde. Une réussite.

    Le 2e tronçon relie Beaucaire à Fourques sur14,6 km et a été réalisé en 2023, en partie en crête de digue. Inauguré le 21 juin 2023, sa fréquentation s’est établie en 2024 à 26 379 passages à la chapelle de Saujan.

    Quant aux travaux de Bellegarde à Saint-Gilles du troisième tronçon, sur 15,6 km ils se sont déroulés en 2025, en bordure du canal du Rhône à Sète. Ces trois tronçons ont bénéficié des subventions du fonds européen Feder géré par la Région Auvergne Rhône Alpes pour un million d’euros. L’État a financé 939 644 euros dans le cadre du contrat de plan et 300 000 euros grâce au Fonds national d’aménagement et de développement du territoire (FNADT). La Région Occitanie a accordé une subvention de 500 000 euros et le Conseil départemental du Gard, un financement de 861 507 euros. Autres financeurs, la Compagnie nationale du Rhône, dans le cadre du Plan Rhône Saône, a apporté 616 000 euros de subventions et les Voies navigables de France, 53 756,64 euros tandis que la mairie de Saint-Gilles a financé 498 182 euros. Et parce qu’on ne s’arrête pas en si bon chemin, la CCBTA a lancé en 2024 son Plan Vélo « pour construire un territoire cyclable cohérent et durable ».