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  • Bessèges, l’origine d’une étoile qui continue de scintiller

    Bessèges, l’origine d’une étoile qui continue de scintiller

    En 1971, un cycliste amateur, débarqué de Moselle depuis peu pour rejoindre un de ses amis rencontré à l’armée, a l’idée folle de créer une course à Bessèges. Le dénommé Roland Fangille, 32 ans, lance, avec l’appui de son beau-père René Rambaud, alors président de l’Union cycliste bességeoise, une course d’un jour : le Grand Prix de Bessèges est né. Deux ans après, la course s’enrichit de deux étapes supplémentaires, puis de deux autres en 1974. Toutes partent alors de Bessèges, formant une étoile, comme le conçoit son président et fondateur.

    55 ans après, l’Étoile arpente désormais plus en profondeur le département du Gard, avec de nombreuses villes étapes (Alès, Saint-Gilles, Bellegarde…). Mais Bessèges reste le cœur de la course. Et chaque année, la 3e étape lui fait la part belle avec le Grand Prix de Bessèges, dont l’arrivée et le départ se font dans la commune.

    Ancienne ville minière au cœur des Cévennes

    Particulièrement animée lors du passage de la petite reine et célèbre pour cette spécificité, Bessèges n’a pas toujours été connue pour cela. À l’origine, « Béou-Cèze » était un hameau de la paroisse de Saint-Andéol-de-Robiac. La commune naît par décret impérial en 1858. Autrefois cité minière et industrielle, elle est postée sur les bords de la Cèze, qui favorisait son activité économique. Elle connut à ce titre un drame, lorsque le ruisseau du Long, autre cours d’eau de la commune, s’engouffra dans les galeries minières, tuant 110 des 139 mineurs présents. Quatre furent retrouvés plusieurs jours après. Cet événement important de la mémoire communale est connu sous le nom de « Catastrophe des Mines de Lalle ».

    Aujourd’hui, la commune continue d’exister au-delà de son passé. 2 600 âmes vivent dans ce paisible bourg rural niché dans le parc national des Cévennes, à 30 km au nord d’Alès. Elle propose ainsi de nombreux parcours de randonnée sur ses hauteurs, offrant des points de vue exceptionnels. Son patrimoine n’est pas en reste, avec, notamment, la tour du guet de Castillon, l’église de Foussignargues, l’ancien couvent des sœurs Clarisses, le château de la Marchande… Enfin, depuis quelques années, Bessèges développe le MI.A.O.U., un circuit d’art urbain à ciel ouvert, classé « sentier découverte du Parc national des Cévennes ».

  • Une ancienne friche laisse place à une nouvelle résidence pavillonnaire

    Une ancienne friche laisse place à une nouvelle résidence pavillonnaire

    Fini la friche, l’ancienne entreprise de BTP laisse place au logement neuf. Un nouveau lotissement a vu le jour le long de la nationale 569, en face du domaine de la Mériquette. Le Clos des Carabins, porté par Bouygues immobilier, a été inauguré mercredi 4 février par son promoteur, ses partenaires, la Ville et le sous-préfet d’Istres Christophe Borgus.

    La résidence se compose de 28 logements pavillonnaires, dont neuf en location sociale portés par le bailleur Erilia et 19 en location intermédiaire gérés par Inli’Paca. D’après le promoteur Bouygues immobilier, la résidence a été conçue autour de trois enjeux : « contribuer à la réindustrialisation par une offre de logement répondant aux besoins des bassins d’emploi », « réaliser des logements accessibles au plus grand nombre en zone tendue » par le panachage de locatif social et intermédiaire, et insérer le projet sur un site déjà existant.

    Valoriser le foncier sans artificialiser les sols

    Le programme s’insère dans le paysage urbain du nord de Fos-sur-Mer, dans la zone pavillonnaire des Carabins. L’emprise du programme remplace celle d’une ancienne entreprise du BTP. « La résidence a permis une requalification complète du site, transformant une emprise industrielle en un nouveau lieu de vie apaisé, végétalisé et ouvert sur son environnement » illustre le promoteur, qui parle de « valoriser le foncier existant tout en limitant l’artificialisation des sols et en contribuant ainsi à un urbanisme plus durable ».

    Le directeur régional de Bouygues immobilier Olivier Ferroni estime que « cette opération illustre la collaboration entre acteurs privés et publics », constituant « un modèle économique exemplaire permettant de proposer une offre variée de logements en phase avec les besoins des familles ».

    Son supérieur Olivier Durix développe : « Bouygues Immobilier développe des solutions résidentielles indispensables à l’accueil des entreprises et de leurs salariés, en tant qu’acteur des territoires », considérant que « la réussite de la politique nationale de réindustrialisation repose aussi sur le logement » alors que des dizaines de milliers d’emplois nouveaux sont annoncées d’ici à 2030 sur la zone, déjà tendue sur le plan de l’habitat.

  • Un documentaire retrace l’exploitation minière en Provence

    Un documentaire retrace l’exploitation minière en Provence

    « On ignore souvent que les mines de charbon des Bouches-du-Rhône ont fortement contribué à l’essor économique de la Provence, depuis la Révolution industrielle jusqu’au XXe siècle. Pendant plus de deux cents ans, elles ont rythmé la vie quotidienne de nombreux Provençaux. Qui étaient-ils ? Comment vivaient-ils ? Et que reste-t-il de ces deux siècles d’exploitation ? », peut-on lire dans la présentation du documentaire Les mineurs de Provence, l’histoire oubliée.

    Réalisé par Lorenzo Consolazione, le film, diffusé ce soir, à 21h à la salle de l’Ensoleïado, avenue du Gaillardet (entrée libre et gratuite) revient sur cette période méconnue à partir d’archives sonores inédites, mises en scène avec des animations 2D en noir et blanc, des photos d’archives et des prises de vues actuelles dans les lieux de mémoire à Gréasque, Saint-Savournin, Gardanne, La Bouilladisse, Peypin, Mimet, Trets, Fuveau… D’anciens mineurs de Gréasque, commune où existe d’ailleurs un musée de la mine, viendront témoigner de leur vie dans les mines.

    En 1948, renseigne un article intitulé Les mines en Provence-Alpes-Côte d’Azur : rencontres avec les mineurs de Gréasque, les « gueules noires » du Bassin minier de Provence sont 6 505, la production de charbon atteint 970 000 tonnes et se place au 3e rang de la production nationale. Le 31 janvier 2003, un point final est mis à cette histoire minière, avec la fermeture du puits Yvon-Morandat, à Gardanne.

  • Aix : à gauche, la sécurité comme cheval de bataille

    Aix : à gauche, la sécurité comme cheval de bataille

    Dans la salle du château de l’Horloge, les drapeaux des composantes de l’union sont dressés, parmi la foule. C’est dans ce quartier dit populaire de la ville que Marc Pena (PS), à la tête d’une union née des forces écologistes et de gauche, a choisi de tenir son premier meeting de campagne. Sur la centaine de sièges, occupés au complet, des invités locaux, incluant Jean-David Ciot (PS), maire du Puy-Sainte-Réparade, ou Paul Sabatino, maire (PCF) du Rove. Avant les discours officiels, les engagements de campagne, une ronde d’applaudissements et une standing ovation pour Amine Kessaci, absent lors du meeting. Ce soir-là, à Aix, le militant acharné dans la lutte contre le narcotrafic, candidat aux côtés de Benoît Payan était venu soutenir la campagne. Avant de quitter les lieux (lire ci-contre). Amine Kessaci aura eu le temps d’étayer les deux raisons de sa venue lors d’une conférence de presse en amont : « la première est que partout le narcotrafic doit être combattu, partout où je pourrais aller porter cette parole, de dire que la réponse face au narcotrafic doit être à 360 degrés, cela doit être une réponse transversale. » Ensuite, « on travaille à la création d’une association nationale des maires. Et si Marc [Pena], est élu, il siégera dans cette association et portera la voix d’Aix », a-t-il lancé aux côtés du candidat.

    Protéger, sous tous angles

    Autre raison de la venue du militant : « J’ai confiance en Marc pour ramener une vague d’espoir, de renouveau, une vague où l’entre-soi, le règne familial n’a pas sa place dans une République ou tout le monde a sa voix à porter. »

    Lors du meeting, au tour des chefs de file, forces de gauche et écologistes, de réitérer leur soutien au candidat, leur vision d’Aix. « Le combat d’Amine est notre combat. C’est celui que nous allons porter ensemble pendant toute la campagne », promet David Tessier (PCF). Marc Pena, annonce ce soir porter une liste qui « protège. Ce n’est pas un slogan, c’est une ligne de conduite », estime le candidat. Protéger socialement, écologiquement, pour une « tranquillité publique ». Promesse donc, de rétablir des brigades anti-stups, un renforcement de coopération entre police nationale, municipale et services de l’état. « Nous allons recruter des médiateurs de rue, nous rétablirons une police de proximité, nous recréerons des points d’accueil, des commissariats décentralisés, visibles, accessibles dans les quartiers… » comme autant d’engagements. « À ceux qui se servent de la sécurité comme un terreau fertile pour leurs idées nauséabondes, je le redis, la sécurité est un sujet de gauche ! », pose-t-il.

    Amine Kessaci, exfiltré par la police

    Venu soutenir la campagne de Marc Pena, venu parler de lutte contre le narcotrafic et de sécurité Amine Kessaci a dû précipitamment quitter les lieux escorté par les forces de l’ordre alors qu’il tenait une conférence de presse… Engagé dans la lutte contre le narcotrafic, cause de la mort d’un premier frère, fondateur de l’association Conscience pour venir en aide aux familles victimes de narchomicide, le jeune militant vit sous haute protection policière depuis l’été 2025, quelques mois après la sortie de son livre Marseille, Essuie tes larmes, et des menaces répétées. Une protection renforcée, depuis l’assassinat de son jeune frère Mehdi Kessaci, 20 ans, abattu le 13 novembre dernier par un commando à moto à Marseille. « Il ne faut pas se taire », réitérait Amine Kessaci, ce jeudi soir.

  • Des solutions financières pour fuir les violences conjugales

    Des solutions financières pour fuir les violences conjugales

    « L’emprise économique est un vrai sujet dans les cas de violences conjugales », rappelle Clara Agnello, coordinatrice de projet chez Une voix pour elles. Face à cette problématique, le Crédit municipal de Marseille a décidé de s’emparer du sujet en rencontrant, ce jeudi à Marseille, de nombreuses associations d’accompagnement d’aide aux victimes de violences conjugales.

    Avec 90% de clients qui sont des clientes, « cette démarche est en cohérence avec notre public, explique Christelle Gerlier, directrice générale déléguée du Crédit municipal de Marseille. Et on sait qu’avec notre structure on peut répondre aux problèmes financiers que connaissent certaines femmes victimes de violences ». En effet, 20% des femmes victimes de violence ayant appelé le 3919 sont en situation de dépendance économique.

    Le Crédit municipal de Marseille, créé il y a plus de 300 ans, permet aux personnes exclues du système bancaire, d’avoir accès aux crédits. Les outils de l’établissement bancaire, comme les microcrédits accompagnés, le prêt sur gages ou encore le placement de petites sommes, peuvent donc être des solutions face à cette violence économique.

    « Une aide dans l’urgence »

    Le prêt sur gage a particulièrement interpellé Nada Baher, directrice adjointe du planning familial 13. Autorisé seulement dans les crédits municipaux en France, ce type de prêt permet à n’importe qui, sous réserve d’avoir une pièce d’identité et un justificatif de domicile, d’échanger un objet contre une somme d’argent. « C’est vrai que beaucoup de personnes peuvent avoir un objet de valeur. C’est donc quelque chose qui peut débloquer de l’argent rapidement et être une aide dans l’urgence. » Pour l’association Les Louves d’accompagnement de victimes, c’est plutôt le microcrédit accompagné qui a intéressé. Ils pourraient couvrir les frais juridiques que ces femmes doivent engager lors de divorce ou de dépôt de plainte.

    Des outils qui restent toutefois à affiner selon les besoins des associations. « Le but, ce n’est pas de réfléchir seuls à des solutions, mais avec les professionnels de terrain pour répondre au mieux aux différentes problématiques de ces femmes », explique Christelle Gerlier. Pour la directrice du centre d’information sur le droit des femmes et de la famille, Marielle Vallon, il reste par exemple « des interrogations sur la façon de sécuriser les demandes de papiers administratifs, pour que le conjoint ne soit pas au courant. Nous avons des choses réciproques à s’apprendre ». Des projets à coconstruire, entre réalité du terrain et moyens du Crédit municipal.

  • La préfète de police lance des assises de la prévention

    La préfète de police lance des assises de la prévention

    « La lutte contre les stupéfiants ne fonctionne que si on a deux jambes, le répressif et la prévention » pose la préfète de police déléguée, Corinne Simon, à la veille du lancement d’assises sur le sujet. « Il se passe plein de choses mais chacun fait ça dans son silo », poursuit-elle. L’idée : « mettre en place un plan départemental de lutte contre l’entrée des jeunes dans la délinquance et le trafic de stupéfiants » en favorisant « l’échange d’informations avec les acteurs qui se trouvent autour de l’enfant, pour anticiper et agir ».

    « On a besoin d’avoir des signaux faibles » détaille la préfète, « un jeune qui a un taux d’absentéisme à l’école, ne va plus à son club de sport, change de copains, en rupture avec ses parents… Tout ça mis bout à bout, ce sont des alertes ». Pas de « grand raout » mais du « pratico-pratique », promet-elle avec une première réunion pour faire « un état des lieux ». Les objectifs seront définis « ensemble ».

    Autour de la table ce vendredi 6 février, 25 coordinateurs des CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), obligatoire pour toutes les villes de plus de 5 000 habitants, soit 51 dans le département, des représentants de l’Éducation nationale, de la PJJ, de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), les trois procureurs de la zone, le responsable du centre loisirs jeunes de la police nationale 13 (CLJ), des délégués du préfet pour la politique de la Ville. Dans le cadre d’un appel à projets de la Mildeca, « Limits », deux communes des Bouches-du-Rhône sur les 30 retenues en France, viendront aussi partager leur expérience. Pas d’élus pour cause de municipales, ni d’associations, en période de subventions.

    Une cellule d’appui

    Quand on objecte que ces assises arrivent bien tard, au regard des appels à l’aide des acteurs de terrain, la réponse tombe. « On n’a pas attendu pour faire des actions » balance Jean-Christophe Roux, chef du bureau de la prévention de la délinquance, à la manœuvre avec Pierre Gilardeau, directeur de cabinet adjoint de la préfète. « Chaque année, au Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, je présente ce que l’on fait avec le CLJ. On est passé de modules de lutte contre l’addiction à un module basé sur la notion de dette [qui fait que] le jeune ne peut plus sortir du réseau, basé aussi sur l’expérience des jeunes ciblés sur des collèges », précise-t-il.

    En « lien avec la Mildeca », précise Pierre Gilardeau, la préfète et son équipe réfléchissent aussi à la création d’une cellule administrative départementale « qui pourrait apporter un appui au travail fait par les communes qui a peut-être ses limites » explique Jean-Christophe Roux, à l’image de la Cepraf, cellule de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles. Prochaine étape avec une seconde réunion à l’été.

  • Reçus, insatisfaits, les marins restent en grève

    Reçus, insatisfaits, les marins restent en grève

    Ni l’État, ni les directions des deux compagnies maritimes n’auront apporté de solutions permettant de pérenniser l’emploi maritime sous pavillon français, a considéré la CGT des Marins de Marseille à la sortie de la préfecture. Une réunion de conciliation s’y est tenue jeudi 5 février au matin à la demande de la CGT en présence des organisations syndicales Sammm, STC La Méridionale et des directions de La Méridionale et de Corsica Linea et un représentant du cabinet du ministère des Transports.

    Dans l’attente « d’engagements écrits pour défendre l’emploi maritime français, a expliqué Frédéric Alpozzo, secrétaire général du syndicat CGT des marins de Marseille, on n’est pas satisfait des propositions faites par l’État et les compagnies ». Pour sortir de la crise, la CGT souhaite un plan commun sur la desserte en Algérie entre la Corsica Linea et La Méridionale depuis Sète et Marseille et une exonération de la taxe carbone pour les déplacements insulaires.

    En Corse jeudi, deux navires de la Corsica Ferries ont été déroutés vers Propriano et L’Île Rousse après avoir été empêchés d’accoster à Ajaccio et Bastia par des marins grévistes de la Corsica Linea qui dénoncent « le dumping social » de la compagnie a indiqué à l’AFP Antoine Sisco, porte-parole des marins du Syndicat autonome des marins de la marine marchande (Sammm) de la Corsica Linea. Les organisations syndicales revendiquent « l’arrêt des autorisations d’escale de Corsica Ferries sous pavillon international italien entre Sète et les ports de Corse », « l’interdiction du pavillon italien international sur les lignes territoriales françaises à passagers » et « l’engagement écrit de l’État garantissant le financement des DSP jusqu’en 2030 ».

  • Un appel à projets pour décarboner le maritime

    Un appel à projets pour décarboner le maritime

    Deux ministres qui jettent l’ancre ce jeudi à Marseille mais pour des annonces aux airs de goutte d’eau dans l’océan. Au salon Euromaritime qui se déroule au parc Chanot depuis mardi dernier, Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche et Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie étaient particulièrement attendus pour officialiser un soutien au secteur. « Ça y est, on a un budget ! Et on a inscrit la décarbonation du secteur maritime dans celui-ci via la déclinaison nationale d’un appel à projets », lance Catherine Chabaud, avec un grand sourire devant le gratin des acteurs et industriels locaux (lire notre article du 05/02). Un soutien ou une redistribution ? « Il va y avoir un fléchage de la taxe carbone pour le maritime, qu’on appelle les ETS [système d’échange de quotas d’émission carbone auquel est soumis le secteur depuis 2024, Ndlr] pour soutenir la filière industrielle dans sa décarbonation. »

    Cet appel à projets sur l’ensemble du territoire sera lancé « d’ici fin mars avec le ministère des Transports » et « opéré par l’Ademe [Agence de la transition écologique, Ndlr] ». Il porte sur « trois thématiques : le déploiement de technologies de décarbonation à bord des navires, le soutien aux chantiers navals pour les flottes et le financement d’infrastructures portuaires ». Un sujet qui pourrait paraître technique pour les marins d’eau douce mais qui va avoir une forme très terre à terre. « C’est 70 millions pour financer des projets très concrets : acquisition de navires à propulsion décarbonée, développement de la filière vélique ou décarbonation des infrastructures portuaires », résume le ministre délégué à l’Industrie. « On ne fait pas de cadeau au secteur, on soutient une dynamique. Il y a une concurrence internationale », précise la ministre. Le tout, avec le traditionnel arrivage d’aides et crédits divers et variés puisque Catherine Chabaud annonce aussi « la mobilisation de garanties de projets stratégiques jusqu’à 20 millions d’euros et le renforcement des financements mobilisables via un dispositif de certificats d’économie d’énergie ».

    « Les meilleurs gagneront »

    De quoi mettre du vent dans les voiles des acteurs du maritime ? « C’est une très bonne nouvelle pour la filière, on travaille depuis un an avec l’administration pour mettre en place ce dispositif. Union des ports français, le Gican [Groupement des Activités Navales, Ndlr] et armateurs sont ensemble sur le sujet », se réjouit Laurent Martens, délégué général d’Armateur de France, organisation professionnelle regroupant les entreprises armatrices. Avant de nuancer : « Mais c’est un peu normal : on paie une taxe pour décarboner, on doit t’aider à décarboner… Et il était prévu initialement qu’une partie des ETS reviennent au secteur. »

    La mesure est amenée à être reconduite sur les années selon la ministre de la Mer. « 70 millions, c’est pas beaucoup. On est sur 90 millions au total avec le reste et ça va augmenter avec les années », espère-t-il. Détail d’importance : qui dit appel à projets dit candidats, lauréats mais aussi projets non retenus… « Les meilleurs gagneront », conclut Laurent Martens, par ailleurs ancien de la CMA CGM, premier armateur français et employeur privé de Marseille. Reste que l’idée du gouvernement est « d’irriguer toute la filière ». Jakob Sidenius, directeur général de Seayard Terminal Fos se disait justement « demandeur d’une feuille de route » notamment sur la question de l’électricité dans les ports. « Les besoins sont énormes, il y a une nécessité d’investir dans les infrastructures », plaide-t-il, en faisant référence à la ligne Très Haute Tension en projet, qui doit arriver à Fos. Et in fine du coût de l’électricité. « Il y a des pistes de financements : les ETS et l’Europe. Si on veut que notre produit soit attractif, mais qu’on a pas les aides ni les ETS, on aura beau se regarder avec les autorités portuaires… », laisse-t-il en suspend. Et de prévenir : « L’électricité sera un élément décisionnel pour faire venir les navires. »

  • Des récits de femmes se mêlent à Carmen sur les planches du forum de Berre-l’Étang

    Des récits de femmes se mêlent à Carmen sur les planches du forum de Berre-l’Étang

    « Faire cette pièce, c’est une manière de reconnaître ce qui est arrivé à ces femmes. » Ce vendredi, sur les planches du forum de Berre, l’histoire de Carmen résonne avec les histoires d’autres femmes victimes de violences conjugales dans la pièce de théâtre Prends garde à toi.

    Une création artistique qui voit le jour avec la rencontre de Jeanne Béziers, metteuse en scène et comédienne, et des femmes du Relais des possibles, un hébergement d’urgence aixois. « La porte d’entrée a été l’opéra de Carmen, explique la dramaturge. Au fur et à mesure, ce personnage est devenu une voisine à qui ces femmes racontaient des parties de leur vie très difficiles. » De ces échanges est donc née cette pièce de théâtre, où deux voisines racontent l’histoire de Carmen, tout en dévoilant les violences conjugales qu’elles ont subies.

    Le spectacle raconte également la résilience de ces femmes. « Car elles s’en sortent, explique la metteuse en scène. Elles ne veulent pas être définies comme des victimes. […] La pièce ne s’arrête donc pas sur le féminicide de Carmen. » Une façon pour le directeur de la salle, Mickhaël Piconne de « délier les langues grâce à la culture ».

    Une représentation qui donne donc la parole à ces femmes, en dialogue et en chanson, pour retracer des parcours de vie parfois difficiles à raconter. « Une manière d’inviter les gens à penser par un geste artistique », précise Jeanne Béziers.

  • [Entretien] Manon Julian : « Valréas à gauche veut redonner vie à la ville »

    [Entretien] Manon Julian : « Valréas à gauche veut redonner vie à la ville »

    La Marseillaise : Quel est le sens de votre candidature, la gauche ayant été hors course en 2020 ?

    Manon Julian : Je suis née à Valréas il y a presque 40 ans et j’ai grandi à Rousset-les-Vignes. Après des études de littérature, je suis revenue à Valréas il y a 4 ans où j’enseigne le français depuis la rentrée au collège public Vallis Aeria. Je n’avais jamais fait de politique jusque-là. J’ai rencontré un groupe d’habitants, réuni dans un comité citoyen fondé en 2018. Par le passé, ils ont été force de propositions auprès de la mairie [de Patrick Adrien, DVD], sur des thèmes que l’on reprend dans notre campagne, notamment la végétalisation et les mobilités douces. Mais cette expérience a été malheureuse pour le comité citoyen, écouté mais pas entendu par la mairie. C’est cela qui a lancé le mouvement de la liste avec l’envie aussi de montrer que la gauche est force de propositions locales et permettre aux électeurs d’avoir d’autres choix que la droite et l’extrême droite [pour l’heure, le RN n’a pas investi de candidat face au maire sortant et Jean-Marie Roussin, autre candidat venu de la majorité]. Avec Valréas à gauche, on travaille collectivement, je n’avais pas l’ambition première de conduire la liste. C’est quelque chose qui nous démarque des autres candidats qui ont créé leurs listes autour d’eux.

    Comment présentez-vous votre liste aux habitants ?

    M.J. : Comme celle de l’union à gauche dans toutes ses diversités, même si nous n’avons pas l’appui officiel des partis. On est très fiers d’avoir réussi localement, ce qui paraît impossible nationalement.

    Quels sont vos priorités et projets ?

    M.J. : Notre programme s’appelle Valréas en vie, car la ville souffre d’une image négative. S’il y a une mesure phare à retenir, ce serait la création d’un espace de baignade, avec un lac artificiel et aire de pique-nique. Cela résume notre philosophie de vouloir récréer du lien avec les habitants, rendre l’espace public plus accueillant et chaleureux. Cette volonté de vivre ensemble se décline aussi sur le projet d’une médiathèque ou d’un espace, type MJC, pour les jeunes. Il manque aussi d’activités sportives : il n’y a plus de club de foot par exemple alors que nous sommes une ville de 10 000 habitants. Qui plus est, avec 30% de la population vivant sous le seuil de pauvreté. On souhaite réhabiliter un CCAS digne de ce nom. Nous voulons développer les mobilités douces. Avec des pistes cyclables, garage à vélo… La question de mettre en sens unique le tour de ville reste à débattre. Enfin, il faut réinjecter de la vitalité démocratique car beaucoup de décisions sont prises dans l’opacité.