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  • Lucien Molino. Un bilan d’action sociale conséquent

    Lucien Molino. Un bilan d’action sociale conséquent

    Un bilan substantiel fut donc présenté aux 400 000 syndiqués enregistrés au congrès de l’UD en 1946 : contournement du blocage des salaires, action contre la hausse des prix, défense de la Sécurité sociale, réquisitions des entreprises dont les patrons avaient collaboré, sans oublier l’aide apportée par notre UD aux nationalisations, en particulier des Charbonnages de France et de l’Électricité et Gaz de France. De nombreux stages de formation syndicale avaient été organisés à Gémenos où nous avions acheté une colonie de vacances et un moulin. Un restaurant y était aussi ouvert au public avec un chef cuisinier, notre camarade Veran du Rouet, qui administrait aussi le moulin. Quel regret d’avoir perdu ce que nous considérions comme un facteur humain au service des travailleurs et de leurs familles ! Tels étaient les points essentiels que nous présentions aux congrès de 1946.

    Le bilan nous permit de combattre les diviseurs avec succès. Les minoritaires évincés de postes de direction supportaient mal leur affaiblissement et la rancœur qui en résultait dans notre département se transformait en machine de guerre contre les majoritaires et l’unité. À Marseille, les élus minoritaires (Dumonceau, du syndicat du livre déjà cité, mais aussi Arthur des marins, Bastellica des employés de commerce) continuaient leur bataille contre l’Union départementale, aidés par le veto de la CFTC qui prônait les vertus de la « pluralité syndicale ». Comme les minoritaires, celle-ci développait le thème de l’indépendance syndicale sur deux tendances, la première jouant le jeu du Parti socialiste et la seconde liée à l’Église, fondamentalement anticommunistes. La contre-offensive unitaire dans le pays n’eut pas le succès obtenu à Marseille. Il est vrai que la nôtre prit une vigueur exceptionnelle appuyée par la confiance ouvrière que l’attitude adoptée dans la clandestinité et la libération de Marseille avait renforcée.

    1947, nouvelles tensions

    Le gouvernement homogène socialiste annonça, le 31 décembre 1946, une baisse des prix en deux étapes.

    De fait, la manœuvre préparée par le CNPF permettait de « rattraper » les hausses différées, ce qui correspondait parfaitement à une demande toute récente de Washington et n’avait pour but que de s’opposer aux augmentations de salaires demandées par les ministres communistes. La presse de droite et Le Provençal s’exaltaient et approuvaient l’attitude du gouvernement. La CGT se trouva divisée nettement sur les augmentations de salaires.

    Mais, tout comme 1946 avait débuté avec la démission du général de Gaulle, 1947 commença avec celle de Léon Blum, éphémère président du Conseil de la 4e République. Au comité confédéral national du 15 janvier 1947, les minoritaires avec leur revue Force ouvrière portèrent aux nues l’initiative de Léon Blum : s’opposant à la hausse des salaires en argumentant sur la baisse des prix. Tout semblait alors concourir à l’affaiblissement du mouvement syndical et favoriser un rigoureux blocage des salaires.

    à suivre la semaine prochaine…

  • À Arles, De Carolis présente une liste renouvelée à 60%

    À Arles, De Carolis présente une liste renouvelée à 60%

    La mise en scène était soignée. Après une arrivée triomphante sur la chanson de Van Halen Jump et des propos liminaires sur fond de battements cardiaques, le maire sortant Patrick de Carolis (Horizons) a présenté les visages de sa liste « Arles au
    cœur ».

    Une liste renouvelée à 60%. « J’ai choisi de garder le noyau dur », explique le candidat. De l’ancienne majorité, marquée par des défections en pagaille – 12 départs au total, le dernier en date étant celui de Sandrine Cochet -, reste Mandy Graillon, adjointe en charge de la sécurité, en seconde place ; Sylvie Petetin, adjointe aux finances ; Claire de Causans, adjointe à la culture ; Antoine Parra ou encore Sylvère Bastien.

    Les mondes de l’agriculture, des traditions et du patrimoine sont bien représentés, avec la présence du président du syndicat des riziculteurs Bertrand Mazel, du directeur administratif et financier du Centre français du riz Sébastien Abonneau ou encore de la 14e Reine d’Arles Camille Hoteman.

    Un programme dense

    Entre l’édification d’un centre social à Griffeuil, la construction d’une salle multi-activités à Raphèle, la promesse de générer un millier d’emplois en six ans, la création d’un port de plaisance sur le canal d’Arles à Bouc, d’un observatoire municipal du foncier rural « pour que le foncier agricole reste aux agriculteurs » ou encore l’accueil de nouvelles entreprises sur le site des Papeteries Étienne, Patrick de Carolis a également évoqué les grands projets de son programme, appelant ses sympathisants à aller voter en masse pour « prolonger le redressement de la ville ». Ou plutôt contre « la domination communiste ». Car le maire sortant ne cache pas son rival : le « candidat communiste », qu’il ne nomme jamais. Mais dont il parle beaucoup.

  • Bras de fer autour de la CDIsation d’un surveillant

    Bras de fer autour de la CDIsation d’un surveillant

    Au terme d’une mobilisation de longue haleine, les assistants d’éducation (AED), souvent appelés surveillants, ont obtenu, en septembre 2022, la publication par le ministère de l’Éducation nationale d’un décret autorisant leur CDIsation. Ces personnels précaires « qui travaillent 41 heures par semaine pour 1 400 euros par mois avec des contrats d’un an faits au bon vouloir des chefs d’établissement pour les maintenir sous pression, étaient les seuls personnels non-titulaires de la fonction publique qui ne se voyaient pas proposer de CDI après 6 ans de service dans les établissements scolaires », explique Karine Abauzit, enseignante en lycée professionnelle dans l’Aude et militante Sud Éducation.

    Depuis, nombre d’entre eux tentent de faire valoir ce droit fraîchement obtenu dans leurs académies respectives. « La plupart essuient des refus. On se bat poste par poste pour obtenir des CDI », confie Karine Abauzit. « Esteban avait reçu un avis favorable de son chef d’établissement, il y avait des besoins dans son lycée de Lézignan », poursuit-elle. Le Rectorat a néanmoins refusé sa CDIsation, ce qui a débouché, entre 2023 et 2025, sur deux années de procédures juridiques qui se sont soldées par une décision victorieuse pour l’AED, le tribunal administratif ayant ordonné sa CDIsation. « La première décision de ce type à ma connaissance », souligne l’avocate montpelliéraine Sophie Mazas, qui assure la défense d’Esteban Jimenez.

    « Le rectorat a modifié les conditions de son contrat »

    L’histoire aurait pu s’arrêter là. Sauf qu’à la réception du contrat début janvier, « le Rectorat lui impose de travailler à plus de 100 km de chez lui, sans proposition préalable pour les transports, sur un poste comportant deux nuits par semaine, sachant qu’il a ses deux enfants en garde alternée », énumère l’avocate. Le tout « avec 8 jours pour signer ». Mission impossible pour Esteban, dans l’impossibilité de réorganiser sa vie en si peu de temps. « Le Rectorat, ce faisant, a modifié les conditions de son contrat en opérant une mutation de sa résidence administrative, qui correspond normalement à son établissement d’origine, à Lézignan  », souligne Me Mazas.

    Un argument qu’a fait valoir la délégation reçue ce jour-là au Rectorat dans l’espoir de trouver une solution. « Le Rectorat ayant été enjoint de proposer un CDI avant le 5 février, ses représentants disent qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu, à savoir proposer le seul poste qu’ils avaient. Nous leur avons signifié que la règle étant de respecter la résidence administrative, ils auraient dû lui proposer un poste à Lézignan », rapporte Karine Abauzit. Les deux parties se sont quittées sur l’engagement, pris par le Rectorat, que « des efforts seraient faits pour trouver un poste plus près. M. Jimenez devrait être contacté d’ici le 20 février. De notre côté nous avons maintenu que si le poste n’était pas sur le lieu de la résidence administrative, nous saisirions une nouvelle fois le tribunal. »

  • À La Ciotat, les candidats sondés sur le sort des piétons

    À La Ciotat, les candidats sondés sur le sort des piétons

    Les piétons, on n’en parle que lorsqu’il y a un fait divers… Il y a eu 25 morts de piétons en 2025 dans les Bouches-du-Rhône. Selon le ministère de l’Intérieur, ces accidents sont en hausse, même lorsque les piétons traversent sur les passages cloutés », pointe Caroline Bombois. Si la ville de Marseille arrive bonne dernière en France dans le Baromètre des villes où l’on peut marcher, selon la dernière enquête réalisée par le Comité « place aux piétons », La Ciotat décroche 6,2 sur 20, « alors que la moyenne des villes en France est 9 sur 20 », indique la jeune femme. À La Ciotat, « il y a des conflits d’usages forts, avec des gens qui ont peur de se faire percuter ou se font percuter. 40 personnes ont eu des accidents avec ou sans hospitalisation ces dernières années », mentionne-t-elle. Avec l’asso, une appli, dénommée « La Ciotat – Faux pas » a été mise en service en 2022. Les piétons peuvent y signaler les endroits dangereux, les prendre en photo…

    Boulevard sans trottoir

    Pour Caroline Bombois, « les mauvais aménagements de voirie sont facteurs d’accidents : passages piétons peu visibles, trottoirs absents, comme sur le boulevard de Lavaux ou le chemin de Fardeloup, ou discontinus, non-sacralisation des espaces piétons, notamment vis-à-vis des cyclistes », énumère-t-elle. Les incivilités, comme le stationnement de véhicules sur les trottoirs, le non-respect des passages cloutés, fragilisent encore ceux qui n’ont souvent que ce moyen pour se déplacer… Relayant une démarche lancée par l’asso à l’occasion des municipales, Caroline Bombois est allée porter la voix de cette « majorité silencieuse » dit-elle que sont les piétons. « Tous les candidats sont d’accord sur nos constats », livre-t-elle. Le maire (DVD) et candidat Alexandre Doriol « va faire une concertation boulevard de Lavaux pour une mise en sens unique ». Karim Ghendouf (La Ciotat nous rassemble) et Bernard Ougourlou-Oglou (Pour les Ciotadens) sont aussi par exemple pour cette solution. L’asso 60 millions de piétons a listé « 10 mesures pour que ça marche ! » aux candidats aux municipales.

  • Gros temps à Saint-Mandrier sur l’offre de santé

    Gros temps à Saint-Mandrier sur l’offre de santé

    À Saint-Mandrier, nous disposons encore de médecins. Mais pour combien de temps ? », interroge la Vague mandréenne, en pointant que plusieurs praticiens installés sur la commune partiront très prochainement à la retraite. Et de donner l’exemple du quartier voisin de Mar Vivo, à La Seyne, où des centaines de patients peinent à avoir des rendez-vous dans des délais acceptables. Quant aux visites à domicile des personnes âgées, elles deviennent quasiment impossibles.

    La liste d’opposition rappelant également que dès 2021, afin de prévenir une telle situation sur la presqu’île des professionnels de santé ont élaboré un projet validé par l’ARS en 2023 leur permettant de créer une Maison de santé pluriprofessionnelle.

    Et que, s’ils sont parvenus depuis le début de l’année à organiser la prise en charge des patients du lundi au samedi midi par un logiciel commun, des locaux adaptés sont toujours manquants.

    « Depuis quatre ans, la municipalité n’a pas investi, considérant ce projet comme privé, alors qu’il relève clairement de l’intérêt général et de la santé publique », dénonce les opposants.

    Depuis, même si ça a un peu bougé, avec la proposition de la ville de mise à disposition d’un local provisoire de 70m2 au tarif de 1 700 euros par mois, dans l’attente de locaux définitifs, ces derniers sont jugés inadaptés.

    Et de conclure, à l’intention des électeurs : « En 2021, la municipalité affirmait que Saint-Mandrier n’était pas en Lozère et qu’il n’existait aucun problème d’accès aux soins sur la commune. Cinq ans plus tard, les faits sont là : aucune solution pérenne n’a été mise en œuvre en termes de locaux, et les propositions avancées ne sont pas à la hauteur de la situation. »

    Un signe pour la Vague mandréenne qu’il faut changer de cap.

  • Mathilde Louvain : « À Avignon, cela ressoude les rangs »

    Mathilde Louvain : « À Avignon, cela ressoude les rangs »

    On a connu meilleur contexte de dernière ligne droite pour une première campagne. Mais à Avignon, Mathilde Louvain préfère regarder devant. « Les Avignonnais ont besoin de savoir ce qu’on leur propose, on répondra toujours à toutes leurs questions pour clarifier », assure la tête de liste insoumise. « Quand on porte un projet pour l’humain, on ne peut pas être pour la violence », redit-elle. À l’heure d’entamer une tournée populaire en cinq dates, dont la première ce samedi (15h, à Montfavet parvis de l’école Sainte-Catherine), Mathilde Louvain ne craint pas de voir le drame de Lyon lui coller comme le sparadrap du capitaine Haddock : « Cela ne menace pas notre campagne, même si nous recevons des intimidations qui ne nous feront pas baisser les yeux ni les bras. » Selon elle, « la cabale médiatique ressoude les rangs et crée de la solidarité ». Saluant le soutien des partenaires (PCF, G.s, Avignon collectif), la candidate dément « toute défection ou désertion ».

    Jusque-là, Raphaël Arnault montrait son « envie de s’investir » dans la campagne, sollicitant si besoin une place symbolique sur la liste. « Il ne sera pas candidat, la décision avait été prise avant la semaine dernière », précise Mathilde Louvain, qui continue à échanger avec le député, contraint de rester en retrait car « il est menacé de mort ». Sa présence aurait-elle eu de toute façon un effet repoussoir ? « Non, c’est un soutien, pas un fardeau. Il reste un élu de la République qui a toute sa place dans la vie politique avignonnaise », défend Mathilde Louvain, prenant ses distances avec les collaborateurs parlementaires, mis en cause par la justice. « Ils étaient là aux côtés de Raphaël mais en aucun cas, lui ou ses collaborateurs ne participent au programme, à la liste », expose la candidate.

    Un message qu’elle s’évertuera à faire passer lors de sa tournée programmatique, sous haute sécurité. « On est la seule alternative de gauche à l’extrême droite, dans le sens où notre projet est social, tourné vers les habitants et que la rupture que l’on prône, c’est instaurer un rapport de force avec les collectivités, l’État, pour aller chercher les moyens dont on a besoin », fait valoir Mathilde Louvain. Le terme de « rupture » agace la liste concurrente de gauche de David Fournier (PS). « Par rupture, ce n’est pas un rejet complet du bilan mais c’est revoir la gouvernance de la mairie ou revenir aux régies publiques comme celle du camping par exemple », illustre la candidate qui estime se singulariser « par un projet transversal et pas un catalogue de mesures ».

  • Marseille dévoile une rareté lyrique

    Marseille dévoile une rareté lyrique

    Dimanche 22 et mardi 24 février, l’Opéra de Marseille fera découvrir Ermione, œuvre rarement jouée de Rossini. Après I Masnadieri, autre rareté de Verdi brillamment présenté in loco il y a peu, c’est aussi en version concert que cette adaptation de l’Andromaque de Racine sera présentée au public marseillais. Crée au Teatro San Carlo de Naples en 1819, l’œuvre déroute les dilettanti napolitains et tombe vite dans le purgatoire pour n’en sortir qu’en 1988. Une résurrection très attendue surtout que Maurice Xiberras a dû, pour l’occasion, réunir pas moins de trois ténors d’envergure pour entourer la mezzo bien connue des marseillais Karine Deshayes dans le rôle-titre. Marseille peut donc s’enorgueillir de cette « création ». D’autant que Michele Spotti, le directeur musical de la maison est la baguette avec sa rigueur et son enthousiasme. Primus inter pares de ce plateau prometteur qui compte la soprano Teresa Iervolino (Andromaque), le Sud-africain Levy Sekgapane (Oreste) et l’italien Matteo Macchioni (Pilade), on peut compter sur le ténor italien Enea Scala. Cet habitué de nos scènes régionales (Il était Titus de Mozart à Nice récemment), donnera à Pyrrhus son timbre solaire et sa présence magnétique. Il connaît bien le rôle pour l’avoir défendu au Festival Rossini à Pesaro en 2024. Il relève la modernité de la partition de Rossini qui mêle l’hubris et la némésis, propre à la tragédie grecque (Euripide et Racine ne sont pas loin). « Ermione est sans doute l’opéra le plus moderne de Rossini, qui en avait conscience, et c’est sans doute la raison de son échec à Naples. Il faudra attendre 1988 pour que le public comprenne. Il y a dans la partition des changements d’harmonie très rapides. Dans une forme très classique on entend des nouveautés qui ont pu dérouter. » La partie dévolue à Pyrrhus exige un large ambitus vocal (l’écart entre les graves et aigus). « C’est un rôle de baryténor, c’est-à-dire fait pour un ténor doté de graves, alors qu’au temps de Rossini on avait affaire à des barytons qui s’essayaient à des aigus en voix de tête. On doit maîtriser deux octaves. Il faut chanter élégant tout ayant une rudesse dans l’expression. »

    Le public pourra donc découvrir à Marseille une œuvre passionnante qui, par ses audaces, louche déjà vers Donizetti et les premiers Verdi. De grands ensembles, des airs pyrotechniques au service d’un discours dramatique toujours tenu, des scènes de furie très romantiques… de quoi ouvrir l’appétit du mélomane le plus exigeant.

  • Face à la crise, une sécu du logement comme solution

    Face à la crise, une sécu du logement comme solution

    La Confédération nationale du logement (CNL) de Vaucluse tenait ce vendredi un forum en Cité des Papes, au cours duquel a été abordée une proposition qu’elle porte fièrement : la sécurité sociale du logement.

    Devant quelques élus de la ville et du Département, tous de gauche, ainsi que des habitants, le président national de l’organisation, Eddie Jacquemart, présentait cette proposition comme une solution alors que « tous les voyants sont au rouge », expose-t-il. Il évoque 3 millions de personnes qui attendent un logement social et 10 millions de personnes « mal logées », pour « seulement » 80 000 logements sociaux construits en 2025.

    Face à cette situation, la CNL présente depuis l’an dernier une proposition de « sécurité sociale du logement » pour « donner espoir aux habitants car cela ne doit pas continuer comme ça », explique Eddie Jacquemart. Une mesure qui permettrait à toute personne « qui a eu un accident de la vie, comme le décès d’un proche, un divorce ou la perte d’un travail » de bénéficier d’une « indemnité de sécurité locative jusqu’à 24 mois, de façon dégressive », ainsi que « du droit au maintien dans les lieux inconditionnel pour tous les ménages et de loyers accessibles, encadrés et ajustés aux revenus ». Le tout serait suivi d’un accompagnement social. « Il y a plus de 80 ans, on a réussi à mettre en place la sécurité sociale alors que le pays était en ruine. On doit pouvoir y arriver aussi. On est le 7e pays le plus riche au monde et on continue de jeter des gens dans la rue, comme au Moyen Âge. Il faut que ça cesse ! », appuie-t-il. Pour assurer une autonomie financière du système, la CNL imagine plusieurs possibilités, comme une réaffectation de fonds existants, tels que la garantie Visale, le Fonds de solidarité pour le logement ou l’impôt sur la fortune immobilière ; la mutualisation des dépôts de garantie ; ou encore une cotisation des bailleurs sur les loyers perçus, entre 1% et 2%. Le tout est décrit dans « Le manifeste pour la sécurité sociale du logement », à retrouver sur le site de la CNL.

    Criminalisation

    C’était également l’occasion d’interpeller les municipalités, ainsi que les candidats aux élections, sur les leviers qu’ils peuvent actionner. L’organisation a ainsi proposé ses « 25 orientations » à l’attention des listes en lice, comme par exemple encourager la construction de logements sociaux sur leur territoire, imposer des standards de qualité, encadrer les loyers et maîtriser les prix du foncier. Ou encore rendre obligatoire la mise à disposition de locaux collectifs résidentiels, favoriser l’information pour prévenir les expulsions locatives ou garantir la sécurité publique dans un cadre apaisé, par exemple en favorisant la présence de la police municipale et de travailleurs sociaux.

    « Chaque jour, la crise est plus aiguë, avec une extrême saturation des logements sociaux et la criminalisation des locataires les plus fragiles », insiste Michel Mus, président de la CNL de Vaucluse. Dans le public, Claude Nahoum, actuel 1er adjoint (Place publique) au maire d’Avignon, s’exprime, lui, sur « la difficulté de l’entretien du logement social », tout en insistant sur « l’exemplarité d’Avignon avec 35% de logements sociaux ».

  • Une nuit en garde à vue pour un post Facebook

    Une nuit en garde à vue pour un post Facebook

    Les plaintes contre Guillaume Meurice et Pierre-Emmanuel Barré, donnent-elles des ailes aux élus locaux ? Car à l’instar des humoristes de Nova, de nombreux caricaturistes et auteurs engagés aiment à dépeindre la vie politique locale avec un humour quelque peu corrosif. Christian Martin, qui écrit sous le pseudonyme Guy Masavi, est de ceux-là. Ce médecin à la retraite qui se décrit comme « anarchiste refoulé, mais en analyse » est bien connu en Camargue gardoise et notamment à Mus, où il réside. Il a notamment écrit deux ouvrages et poste régulièrement des textes satiriques sur la politique nationale, internationale et locale sur ses réseaux sociaux.

    C’est pour ses propos tenus dans un post daté du 5 février que Vivette Lopez (LR) a décidé de porter plainte. Pour critiquer l’alliance de la sénatrice avec Jean-Louis Blanc pour les élections municipales à Mus (petite bourgade de 1 600 âmes à côté de Vergèze), il écrit : « Une liste apolitique pleine de droites, qui unit une sénatrice blanche anti-avortement avec un chasseur blanc plus blanc que blanc. Une union naturelle : Utérus, fusil et tradition ! À faire pâlir Zemmour […] Une liste dite apolitique, ce qui veut dire bourrée de droites jusqu’à l’os, où se roule une pelle sans rougir une sénatrice LR proche du RN avec le chasseur du coin, celui qui confond tradition et calibre douze, ou biodiversité et civet ».

    Campagne municipale

    Vivette Lopez a qualifié ce texte de « misogyne et raciste » et le candidat Jean-Louis Blanc a également porté plainte pour diffamation. L’auteur a été convoqué à la gendarmerie de Vauvert le 7 février où il a été placé en garde à vue et n’en est ressorti que le lendemain, après 20 heures d’audition.

    Christian Martin s’est par la suite expliqué, qualifiant son texte de « satirique » où il décrit non pas « une scène de chambre mais un accouplement idéologique », une sorte de « métaphore un peu appuyée ». Il explique également qu’il n’a jamais écrit le nom de Vivette Lopez et assume « ce post comme tous ceux qui y sont publiés ». Pour lui cette plainte s’inscrit en réalité dans la campagne municipale où la liste de Jean-Louis Blanc défie le maire sortant Patrick Bénézech (DVG). Celui-ci est soutenu par Christian Martin et son fils figure aussi sur la liste.

    « C’est une atteinte grave et inacceptable à la liberté de pensée et d’expression inscrites dans notre constitution. Alors que le devoir d’un sénateur est de garantir l’exercice des principes républicains de Liberté, Égalité et Fraternité, Madame Lopez bafoue ce droit inaliénable de notre peuple. Elle s’inscrit dans l’obscurantisme et la censure que veut imposer l’extrême droite  », a réagi La France insoumise de Petite Camargue dans un communiqué.

  • [Tribune] Il s’appelait Ibrahim Ali, il était Marseille : Pour Ibrahim Ali !

    [Tribune] Il s’appelait Ibrahim Ali, il était Marseille : Pour Ibrahim Ali !

    C’est une soirée d’hiver. Un mardi 21 février en 1995.

    Une soirée où un artiste marseillais sort d’une répétition avec son groupe.

    Il court. Il court comme on court à 17 ans, insouciant, léger, libre, sans imaginer qu’à Marseille on puisse mourir d’exister. Il court pour attraper son bus et retrouver sa famille.

    Ce soir-là, sur son chemin, il rencontre la haine. Un colleur d’affiches du Front National lui tire une balle dans le dos. Il tombe.

    Dans un dernier souffle, il murmure : « J’ai mal, ils m’ont eu ». Le Marseillais est mort. Son seul crime pour le meurtrier était sa couleur de peau. Il était noir. Un Français, un Marseillais. Un enfant de la République qui était vu comme un ennemi, par ceux qui veulent nous diviser, aujourd’hui encore.

    Il s’appelait Ibrahim Ali, il est mort une fois, ne le tuons pas une deuxième fois !

    Aujourd’hui, 31 ans plus tard, la même haine qui a frappé Ibrahim Ali dans le dos, frappe aux portes de Marseille. Elle peut bien se parer de respectabilité, se faire passer pour républicaine, changer la couleur des affiches, le nom des partis, c’est la même haine.

    La haine se déguise, mais ne disparaît pas : elle cible celui qui n’a pas la « bonne » couleur, la « bonne » religion, la « bonne » origine… Elle pointe du doigt et divise. Et elle tue.

    Il faut prendre la mesure du moment que nous vivons. Ici à Marseille, l’extrême droite est aux portes du pouvoir. Nous ne pouvons regarder ailleurs, subir sans résister, sans nous mobiliser pour lui faire obstacle. Et nous ne devons pas nous tromper de combat.

    Les élections municipales du 15 et 22 mars seront déterminantes pour l’avenir de notre ville.

    Face à ceux qui veulent nous diviser, relevons la tête et faisons le choix de nous rassembler. Et parce qu’il est le candidat qui rassemble, le seul à avoir tenu parole et à avoir donné le nom d’Ibrahim Ali à une avenue de Marseille, le seul capable de nous protéger, le seul rempart à l’extrême droite, nous soutenons Benoît Payan.

    Pour que la mémoire d’Ibrahim Ali ne soit pas souillée.

    Pour que Marseille reste debout, fière et fraternelle.

    Pour que Marseille ne cesse jamais d’être une terre de vivre-ensemble.

    Par Mbaé Tahamida Soly, Collectif Ibrahim Ali, Fatima, cousine d’Ibrahim
    et Hanifa Taguelmint, militante anti-raciste