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  • Une colistière de Lionel Royer-Perreaut avec Pierre Huguet

    Une colistière de Lionel Royer-Perreaut avec Pierre Huguet

    Mardi soir devant l’église de Mazargues (9e), à l’occasion du lancement de sa campagne, la tête de liste du Printemps marseillais pour les 9e et 10e arrondissements Pierre Huguet (G.s) insistait, avec le maire (DVG) sortant Benoît Payan, sur l’importance de dépasser les clivages partisans. Un message désormais concrétisé. L’actuelle adjointe chargée du développement économique Sophia Mabrouk, élue en 2020 avec l’ex-maire (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut, figurera en effet sur la liste du président du groupe Printemps marseillais « en bonne position », confirme celui-ci.

    « Aujourd’hui, les valeurs de la droite ne sont pas mes valeurs, et celles du RN encore moins », justifie la cheffe d’entreprise native de la Cayolle (9e), désormais en reconversion pour devenir infirmière. Développeuse économique, elle avait lancé une plateforme solidaire pour les entreprises au moment de la pandémie de Covid. C’est à cette occasion qu’elle avait fait la rencontre de Lionel Royer-Perreaut et était entrée en politique. « Ce qu’il incarnait en termes de proximité transcendait la politique, c’est ce que j’ai retrouvé avec Pierre Huguet », assure celle qui regrette la « fracture » laissée dans la majorité de secteur avec le départ de son ancien maire élu à l’Assemblée nationale en 2022. Elle déplore, aussi l’absence des élus de la majorité de droite dans les 9-10 au moment de la mort de Socayna le 10 septembre 2023, à Saint-Thys (10e). « C’est un choix personnel, je n’ai pas de parti mais des valeurs, avec lesquelles je ne transige pas », précise encore l’adjointe de secteur qui explique avoir échangé avec Pierre Huguet « il y a quelques semaines ».

    Face à l’extrême droite

    « Sophia Mabrouk incarne cette ouverture à la société civile qui est dans l’ADN même du Printemps marseillais », vante de son côté la tête de liste de l’union de gauche dans les 9-10. Et d’appuyer : « La raison pour laquelle on a échangé, c’est pour savoir comment faire barrage au RN dans le secteur. Martine Vassal et son équipe, Laure-Agnès Caradec [tête de liste LR dans les 9-10, Ndlr.] n’incarnent pas cette résistance à l’extrême droite, ils sont dans l’ambiguïté. »

    Historiquement acquis à la droite marseillaise, le secteur avait basculé à l’extrême droite lors des dernières législatives anticipées en élisant un député ciottiste, à la faveur des divisions entre LR et Renaissance. De quoi donner des ambitions à la tête de liste du RN Eléonore Bez, tandis qu’à la faveur des changements de vent quatre élus de la majorité avaient viré à l’extrême droite. Leurs délégations avaient été aussitôt retirées par la maire (DVD) Anne-Marie d’Estiennes d’Orves. « Le seul rassemblement capable de croire l’extrême droite est le Printemps marseillais », veut désormais croire Pierre Huguet.

  • XV Bleus prêts pour la passe de trois

    XV Bleus prêts pour la passe de trois

    On prend (presque) les mêmes et on recommence. C’est ce que l’on peut retenir des choix de Fabien Galthié pour affronter l’Italie, dimanche, à l’occasion de la troisième journée du Tournoi des VI Nations.

    Dans son quinze de départ, le sélectionneur tricolore n’a changé que deux joueurs par rapport à son équipe victorieuse au Pays de galles. Il relance les deuxièmes lignes toulousains Thibaud Flament et Emmanuel Méafou.

    Le premier, non disponible lors de la victoire contre l’Irlande (36-14), était revenu sur le banc lors de la démonstration contre le pays de Galles (54-12), qui a placé la France seule en tête du classement. Son compère Emmanuel Méafou avait été sur le banc à chaque fois, Fabien Galthié ayant préféré une paire plus mobile avec Charles Ollivon et Mickaël Guillard, qui basculent cette fois sur le banc.

    Les deux changements sont les seuls dans le quinze de départ, le sélectionneur faisant confiance à son équipe qui a parfaitement entamé le Tournoi. Le choix de cette deuxième ligne peut s’expliquer par la forte impression laissée par la mêlée italienne depuis deux matches, qui nécessite d’avoir plus de puissance dès le début de la rencontre côté français.

    « Il y a, dans ce paquet d’avant, des joueurs qui jouent ensemble dans leurs clubs, des habitudes, (…) la mêlée, c’est subtil. Ce sont des sensations, des ressentis, des liaisons. C’est une affaire de précision, la mêlée », a défendu Fabien Galthié en conférence de presse.

    Onzième levée en vue

    Seule sélection à avoir gagné ses deux premiers matches, la France est aussi la dernière à pouvoir prétendre au Grand Chelem dans l’édition 2026 du Tournoi. Quatre autres nations (Italie, Écosse, Angleterre, Irlande) ont déjà connu au moins une fois la défaite. Alors que les Gallois sont distancés.

    Le XV de France, lui, sait ce qu’il doit faire pour réussir le onzième Grand Chelem de son histoire, distinction après laquelle ils courent depuis 2022 : écarter l’Italie qui, d’après Fabien Galthié, « a le potentiel pour gagner le Tournoi ». Et, ensuite, s’imposer en écosse. Ce qui lui donnerait le droit de disputer une finale pour le titre et le Grand Chelem contre l’Angleterre, le 14 mars, au Stade de France.

    Le manager des Bleus comptera sur la paire palloise Emilien Gailleton et Fabien Brau-Boirie, testée victorieusement à l’Arms Park de Cardiff, pour dynamiser ses lignes arrières. Et sur un pack galvanisé par les retours de ses deuxièmes lignes toulousains pour contenir la puissance transalpine, qui a eu raison de l’écosse en ouverture du Tournoi.

    Des Bleus qui suivront les prestations de l’Angleterre face à l’Irlande (15h10) et de l’Écosse au Pays de galles (17h40), samedi.

    3e journée du Tournoi des VI Nations

    Dimanche, 16h10, stade Pierre-Mauroy, à Lille.

    Arbitre : Andrew Brace.

    FRANCE : Ramos – Attissogbe, Gailleton, Brau-Borie, Bielle-Biarrey – Jalibert (o), Dupont (m) – Jégou, Jelonch, Cros – Méafou, Flament – Aldegheri, Marchand, Gros.

    ITALIE : Pani – Lynagh, Menoncello, Marin, Ioane – Garbisi (o), Fusco (m) – Zuliani, L. Cannone, Lamaro – Zamboni, N. Cannone – Ferrari, Nicoterra, Fischetti.

  • À Marseille, une pétition contre une halte soins addictions

    À Marseille, une pétition contre une halte soins addictions

    Près de trois ans après le sénateur d’extrême droite Stéphane Ravier, c’est cette fois la droite marseillaise qui lance, dès ce samedi, une pétition contre l’implantation d’une Halte soins addictions dans le centre-ville de Marseille. « C’est un combat politique, qu’importe ce qui a été fait par le passé », balaie d’emblée la tête de liste (Ren.) de la droite dans les 1-7 et porte-parole de la campagne, Romain Simmarano qui préfère souligner le travail de l’ex-maire (Hor.) des 4-5 Bruno Gilles pour faire échouer l’implantation prévue boulevard de la Libération. « Je suis surprise d’apprendre que Mme Camard [tête de liste du Printemps marseillais dans les 1-7, Ndlr.] souhaite faire une salle de shoot à Saint-Charles, nous y sommes complètement opposés », attaque de son côté la candidate de la droite, Martine Vassal.

    « Cette annonce est inacceptable au regard de l’état dans lequel ils ont laissé le centre-ville de Marseille », embraye son porte-parole. À son côté, le docteur Stéphane Pichon, président du conseil régional de l’ordre des pharmaciens, défend une implantation en milieu hospitalier. « Toutes les problématiques annexes vont pouvoir être prises en charge », argumente-t-il. Chacun rejette les arguments des associations qui plaident pour une implantation au plus près des lieux de consommation de drogue, qui serait quoi qu’il en soit accompagnée d’un suivi médical et social. Une solution défendue aujourd’hui par le maire (DVG) sortant Benoît Payan. « Ça s’est propagé partout », répond Romain Simmarano. « Marseille, ça devient crack cité bientôt », lance Martine Vassal. Mais ils s’engagent malgré tout à augmenter le soutien aux associations en première ligne face aux addictions.

  • Après avoir repris Pétain, Martine Vassal « comprend l’émoi »

    Après avoir repris Pétain, Martine Vassal « comprend l’émoi »

    Sur le plateau comme en coulisses, c’est la sidération. Alors que se termine ce jeudi soir le débat des municipales organisé par BFMTV au palais de la Bourse, la candidate de la droite à Marseille, Martine Vasal, a cité, à deux reprises, la devise du régime pétainiste. Provocant une indignation nationale.

    interpellée par le candidat LFI sur des valeurs partagées avec l’extrême droite, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département rétorquait : « Moi mes valeurs n’ont jamais changé. C’est le mérite, le travail, la famille, la patrie. » À côté d’elle, le maire (DVG) sortant Benoît Payan tique : « Vous savez qui a dit ça ? Vous vous rendez compte de ce que vous venez de dire-là ? (…) C’est le slogan de M. Pétain ça. » Sans que Martine Vassal ne se reprenne. « Oui d’accord. Mais moi c’est mon slogan et ce sont mes valeurs. » Interrogée pour savoir si elle assume, elle répète : « J’assume que mes valeurs ce soit ça. Elles sont passées de mode, mais moi j’assume mes valeurs, travail, mérite, patrie et humanité. »

    Avec les premières reprises dans la presse, le tollé est immédiat. Et national. « C’est une faute morale gravissime », pointe le maire (DVG) Benoît Payan dans un entretien à La Provence. Et d’exiger : « Aujourd’hui, elle ne peut pas se justifier, elle doit s’excuser. » « Quand l’extrême droite progresse partout dans le pays, reprendre ses codes n’est pas une simple erreur de communication. C’est un signal politique ! », s’indigne aussi la fédération PCF des Bouches-du-Rhône.

    Le Modem 13 demande qu’elle laisse sa place

    Jusqu’aux rangs centristes l’indignation est palpable. « J’en appelle solennellement à M. Romain Simmarano, porte-parole de la liste et numéro deux, pour qu’il prenne ses responsabilités et reprenne le flambeau », écrit pour sa part le vice-président du Modem 13, Mohamed Laqhila, qui avait refusé de soutenir la candidate. Pour lui, les exigences « de la responsabilité, de clarté républicaine, du refus des ambiguïtés et des arrangements de circonstances (…) ne sont pas réunies ».

    La candidate de la droite pourtant a bien reçu le soutien de son camp. Le président (Ren.) de Région Renaud Muselier rappelle l’adoption d’une charte de valeurs par sa collectivité, « contre le racisme, l’antisémitisme et le pétainisme ». « Sur ces bases, je soutiens pleinement Martine Vassal, car je sais qu’elle partage ces valeurs politiques et républicaines », affirme le responsable de Renaissance dans la région. « Ces mots ne devraient pas être confisqués par une des pages les plus sombres d l’Histoire », défend aussi la présidente d’honneur du Crif Fabienne Bendayan, colistière de Martine Vassal.

    « Je comprends que l’énumération que j’ai faite a créé de l’émoi », répond quant à elle la candidate, interrogée par La Marseillaise. « Mais il ne faut pas déformer mes propos, poursuit la présidente (DVD) de la Métropole et du Département. Parce qu’on a déformé mes propos, notamment M. Payan, en faisant allusion à cette devise, je reçois des menaces de mort depuis ce matin. »

    Elle assure qu’on a « sorti trois mots de leur contexte » et dénonce une « manipulation politique ». « J’ai commencé mon propos par le mérite et j’ai terminé mes propos par l’humanité et la solidarité, insiste la candidate. Ce sont des valeurs qui sont morales, sociales, auxquelles je suis très attachée. » En d’appuyer : « Je ne suis pas pétainiste, je suis gaulliste. J’ai une seule devise : Liberté, Égalité, Fraternité. »

  • Créer une culture nîmoise vivante…

    Créer une culture nîmoise vivante…

    Fondateur du Triptyk Théâtre, metteur en scène et figure reconnue du paysage culturel nîmois, Denis Lanoy ne conçoit pas la culture comme un supplément d’âme ni comme une variable d’ajustement budgétaire. Elle est le socle même de l’action politique. Engagé de longue date aux côtés de Vincent Bouget, Leader de la liste municipale Nîmes en commun rassemblant la gauche sociale et écologiste, communiste convaincuil défend au sein de Nîmes en commun une ambition culturelle claire et assumée : « Il n’y a pas de réflexion politique sans réflexion culturelle ».

    Dans un contexte de désengagement massif de l’État et de fragilisation du monde artistique, la situation nîmoise apparaît, à ses yeux, préoccupante. « La culture est souvent le premier domaine, avec le sport, où les aides publiques sont retirées », constate-t-il. À Nîmes, le diagnostic est sans appel : l’absence de politique culturelle clairement définie par la municipalité actuelle. « Il n’y a pas aujourd’hui de politique publique de la culture à Nîmes. C’est cela qu’il faut remettre en question. » Cette carence a des conséquences concrètes : précarisation des associations, fragilité des artistes, manque de lisibilité pour les pratiques amateurs comme professionnelles, et une politique éducative artistique jugée trop timide. Pour Denis Lanoy, une politique culturelle digne de ce nom doit embrasser l’ensemble de ces dimensions : soutien à la création, éducation artistique, accès aux savoirs, reconnaissance du patrimoine dans toutes ses strates.

    Doubler la capacité d’accueil du conservatoire

    Car c’est aussi là que se joue une autre critique majeure : la réduction de Nîmes à une « ville-musée », tournée presque exclusivement vers sa romanité et son attractivité touristique. « On ne peut pas réduire Nîmes à une carte postale », insiste-t-il, rappelant la richesse de l’histoire médiévale, moderne et contemporaine de la ville, trop souvent reléguée au second plan. Du menhir de Courbessac aux fresques du XIXe siècle de l’église Saint-Paul, en passant par le patrimoine du XXe siècle, c’est toute une mémoire urbaine que Nîmes en commun souhaite réinvestir avec et pour les habitants.

    Le metteur en scène va plus loin : « Nîmes est un carrefour méditerranéen. Elle reçoit des influences venues du sud, de l’est, de l’ouest, et les transforme. Ce n’est pas une identité figée, c’est une richesse faite de circulations, de croisements et de métissages ». Une vision en rupture avec les discours identitaires, qu’il associe aux logiques de repli et aux offensives de l’extrême droite contre le savoir, la recherche et la liberté d’expression. Défendre une culture ouverte, plurielle, traversée par les contradictions, devient alors un véritable rempart démocratique. « La culture, ce n’est pas pour me sentir seulement Nîmois, c’est pour me sentir un être humain », résume-t-il.

    Cette ambition culturelle repose sur une méthode claire : la concertation. Avec la création d’un office culturel municipal, Nîmes en commun entend bâtir une politique coconstruite avec les acteurs et les habitants, afin de « mettre les expériences, les envies et les projets en commun ». Fondée sur la confiance accordée aux artistes, cette vision se cristallise dans un dossier emblématique, celui du conservatoire : face à un projet municipal qui organise le rétrécissement, le collectif défend un nouvel équipement capable de doubler sa capacité d’accueil et de viser un conservatoire à rayonnement régional. Une « cité de la musique » pensée pour le long terme, qui tranche avec la logique de vitrine et d’austérité, et affirme un choix politique clair : faire de la culture un service public essentiel, au cœur du projet démocratique nîmois.

  • L’État propose 150 millions pour sauver Fibre Excellence

    L’État propose 150 millions pour sauver Fibre Excellence

    Une nouvelle qui tombe à pic ? Alors que l’entreprise Fibre Excellence et ses deux usines, dont celle de Tarascon, était au bord d’un gouffre financier et menacée de fermeture, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, annonce la possible arrivée de 150 millions d’euros pour renflouer les caisses. Une annonce faite chez nos confrères de La Dépêche, qui se découperait en deux parties de 75 millions d’euros chacune. La première serait composée notamment d’un « abandon des dettes publiques et sociales » et d’intégration aux quotas carbone. La seconde porterait sur « une garantie de l’État sur la moitié des investissements du plan industriel ».

    Le conditionnel reste de mise car le ministère demande à l’actionnaire de l’entreprise des contreparties et qu’il apporte « des fonds ». « Les propositions apportées par l’État sont un premier pas dans la bonne direction », réagit l’entreprise, par communiqué de presse ce vendredi. « Nous allons étudier, dans les jours à venir, avec le plus grand soin ces propositions, avec leurs effets immédiats et ceux à moyen-long terme », développe son PDG, Jean-François Guillot.

    Un sursis mais…

    En bref, rien d’acté pour l’heure. Dans cette lignée, la CGT du site tarasconnais accueille la nouvelle positivement mais l’analyse comme « un sursis ». « Ce qui est présenté est très bien. C’est un beau geste. On est satisfaits mais pas rassuré », explique Laurent Quinto, pour la Filpac-CGT. « Ce sont des soins palliatifs. Même avec cette injection, le problème structurel n’est pas réglé. D’autres mesures sont nécessaires pour qu’on soit dans le positif financièrement », développe-t-il. Il a dans le viseur le prix du bois, nécessaire au site pour sa production de pâte à papier et une « revalorisation du prix de revente de l’électricité ». Cette dernière revendication est jugée par l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT) comme essentielle à « la pérennité du site ». « Sans travail avec la filière du bois, sans renégociation du prix du Mégawattheure, la pérennité des sites n’est pas assuré », martèle Laurent Quinto. D’autant que ces points étaient l’objet de discussion au Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) depuis plusieurs mois. « Au Ciri, on nous a pas du tout discuté des mesures annoncées. À part cette annonce dans la presse, nous n’avons pas de détails », conclut la CGT. Suite au prochain épisode donc.

  • À Avignon, la Ville se défend de tout « passe-droit » sur le logement social

    À Avignon, la Ville se défend de tout « passe-droit » sur le logement social

    C’est officiellement avec sa casquette d’adjoint au maire en charge du logement que Jean-Marc Bluy (DVG) a reçu la presse, ce vendredi matin, pour répondre « à un candidat » qu’il ne nommera jamais. En l’occurrence, Olivier Galzi (DVD) qui dans son programme promet la « transparence totale dans l’attribution des logements sociaux, sur la base de critères clairs par le centre communal d’action sociale (CCAS), qui deviendra le guichet unique et le seul décisionnaire, garantissant ainsi l’équité et la fin du clientélisme. »

    « La campagne ne permet pas tout », tient à rectifier Jean-Marc Bluy, soutien de son côté de David Fournier (PS). L’élu est accompagné de Sandrine Cros, assistante de direction au sein du service logement, en charge des dossiers de demandes de logements sociaux. « Je ne suis pas du tout dans la politique mais on ne peut pas se laisser salir, je suis très intègre et il y a aucun passe-droit, revendique-t-elle. Avant d’accuser, il aurait mieux valu venir s’informer et voir comment ça se passe. Le CCAS a un rôle d’accompagnement social mais n’est pas du tout dans la gestion des logements sociaux, qui est très encadrée juridiquement. »

    N’étant plus elle-même bailleur depuis une dizaine d’années, la Ville dispose tout de même d’un contingent de 150 logements pour lesquels elle pousse des candidats. « On doit proposer trois dossiers par logement, c’est ensuite la commission d’attribution du bailleur social qui se réunit et décide, expose Jean-Marc Bluy. Tout est encadré, tracé et évalué avec équité. » Chaque mois, la municipalité organise une dizaine de permanences dans les mairies annexes pour recevoir les demandeurs de logements. « 70 % de la population est y éligible », chiffre l’élu. Malgré tout, 200 demandes restent en souffrance au sein du service logement.

  • Benoît Guillaume : pour les arts de la rue, un très agile dessinateur

    Benoît Guillaume : pour les arts de la rue, un très agile dessinateur

    Cet artiste déjoue rapidement les attentes les plus convenues. Avec sa taille à lui -1m 67-, sa manière de se faufiler et de rebondir parmi les joies et les embûches de la vie, Benoit Guillaume pourrait passer inaperçu. Son regard drôle et malicieux, sa mince silhouette quelquefois curieusement austère n’incarnent pas immédiatement la diversité des angles d’attaque de ses dessins.

    Cette âme est voyageuse. Au 16 du boulevard National dans la galerie de Pierric Paulian, captées dans plusieurs sites et territoires, ses saisies du vif de l’existence se succèdent. Souvent seul, tout en côtoyant des amis et complices, Benoît Guillaume s’embarque loin des routines franco-françaises : il aime traverser les centralités et les périphéries, les mouvements permanents, de jour comme de nuit, de mégalopoles et de cités comme New York, Brooklyn, Naples, Alger, Alexandrie, Le Caire, Montréal, Paris, Tokyo, Saïgon et Bangkok.

    Agripper les postures et les voix

    À propos de Marseille, il invite à « rester curieux ». Les légendes qu’il griffonne évoquent des arrivées par l’A7 et la Porte d’Aix, une pétanque nocturne place Carli, « les collines cramées de l’été », le carrefour de la rue Estelle et de la rue d’Aubagne, une cour intérieure ensoleillée de Belsunce, le bar du Peuple ou bien la Plaine « rhabillée par les couleurs de MPT ».

    Sur Instagram, Benoît Guillaume évoque les gestes et les mots d’ordre des manifestations de soutien pour la Birmanie et Gaza, l’occupation du kiosque Canebière par de jeunes migrants, le procès de la rue d’Aubagne. Il signale l’exposition à l’Alcazar d’une proche amie Émilie Seto et puis témoigne de l’énorme explosion de gaz et de l’ambiance d’apocalypse qui s’étaient déchaînées en avril 2023, dans la proximité de la fenêtre de son appartement rue de Tivoli. Avec ses couleurs et son vocabulaire de plasticien, au plus près des émotions de chacun, il invente une sténographie simple et juste. Il en va de même quand il retranscrit pour le Bureau des Guides le merveilleux cheminement des découvertes urbaines menées par Nicolas Memain.

    Les couleurs de l’ordinaire
    et de la marge

    Ce n’est pas compulsif, c’est manière de respirer : depuis toujours il dessine. Il est né à Brest en 1976. Ingénieur agronome, le père voyage souvent, ramène au bercail des objets « exotiques ». Son grand frère est de 13 ans plus âgé : Benoît est le cinquième parmi sept enfants, il apprend comment prendre ses distances quand l’agitation monte dans la maison. Grâce aux aînés, lectures précoces de Spirou, Moebius et Bilal, intérêt très vif pour les Amérindiens. Plus tard, son parcours d’autodidacte hypercurieux et cosmopolite s’affirmera davantage : il réalisera des adaptations d’Henri Michaux et de Marie NDiaye. Un frère et une sœur ont travaillé pour des ONG au Burkina-Faso et au Cambodge, il vient les visiter. Auparavant DJ alternatif, son plus jeune frangin Loïc, grand connaisseur du jazz et des musiques africaines, tient vaillamment la boutique de vinyles Bazar-Musiques, 5, boulevard Chave.

    Une année à Quimper, ensuite trois ans dans une école de graphisme de Paris provoquèrent une chance inattendue : 1998-1999, une Bourse et un concours dont il est lauréat lui permettent d’approfondir sa formation dans le contexte d’une école supérieure de design à New York. Après quoi, tout en continuant de voyager aussi souvent que possible, il quitte progressivement Paris et cesse de travailler en tant que graphiste pour la communication et la publicité. Il habite Valence avant de s’établir définitivement à Marseille voici 13 ans.

    L’atelier collectif qu’il partageait dans Belsunce avec cinq autres plasticiens, s’est agrandi et transplanté rue Saint Suffren près de Castellane : onze artistes profitent des ressources de cet espace autogéré. Depuis quatre ans, au Mucem, Clémence Levassor et Béatrice Goudard lui demandent d’accompagner avec humour, liberté et concision les affiches, les brochures et les podcasts des Procès du Siècle.

    Parmi les publications de Benoît Guillaume, on recommandera cinq recueils d’images et textes imaginés par Le Port a jauni. Responsable des innovations de ces éditions, Mathilde Chèvre a poussé très loin la fraîcheur de ces livres qui évoquent finement le Maroc, l’Égypte et le Bus 83 de la Corniche de Marseille. En contrepoint aux cadrages des choses vues par Benoît, on découvre ellipses et consonances, la justesse des écrits de Ramona Badescu.

    Jusqu’au 14 mars, après-midi mardi / samedi, 16, boulevard National, exposition « Les villes sont
    toutes les mêmes
     ».

  • « Ce qui nous manque vraiment, c’est notre liberté »

    « Ce qui nous manque vraiment, c’est notre liberté »

    Il faut un talent hors du commun pour être italien. De la patience (à profusion), de la soumission, de la résilience et une bonne dose de résignation.
    Il y a deux jours, j’ai quitté Naples pour Rome. Il s’agit d’un trajet d’une heure en TGV, ce qui a un certain coût. Mon retour était prévu à 18h15. Malheureusement, les horaires de la gare Termini ont commencé à clignoter, annonçant des retards.

    On ne parle pas de minutes, mais d’heures. Et cela se produit régulièrement depuis que le vice-Premier ministre Matteo Salvini est devenu ministre des Transports. J’ai moi-même été victime de ces retards inexplicables à maintes reprises. Mais, comme l’autre jour, mon sentiment de droit acquis finit par l’emporter sur ce « talent » italien que le nouveau fascisme du gouvernement Meloni apprécie tant.

    Ça m’arrive. Je l’admets. Et je considère comme une insulte à l’intelligence d’expliquer les retards de train par des actes de sabotage, comme le prétend le ministre Salvini. Ainsi, nous avons des gares, et pas seulement celle de Rome, lourdement gardées par les forces de l’ordre, et des trains qui n’arrivent pas à destination. La propagande de l’état d’urgence, comparée par les responsables gouvernementaux aux années du terrorisme, est appliquée à la moindre perturbation. Dans les écoles, avec des détecteurs de métaux ; dans les lieux publics et dans les hôpitaux, avec une présence policière accrue pour intervenir au cas où un citoyen s’emporterait après une nouvelle violation de ses droits.

    Le décret de sécurité est clair. Toute personne manifestant s’expose à une détention policière et à des poursuites pour de nouveaux délits violant les droits constitutionnels. Dans ce contexte, un train en retard ne peut être qu’un sabotage, ou simplement… un clou, comme l’expliquait le vice-Premier ministre en octobre dernier, lorsque la paralysie du trafic ferroviaire dans la capitale s’expliquait ainsi : un employé d’une entreprise privée avait… planté un clou dans le mauvais câble.

    « Écoutez, expliquait Matteo Salvini à l’époque, je veux le nom, le prénom et le numéro d’identification fiscale de la personne qui a gâché la journée de milliers d’Italiens bloqués du nord au sud. Et comme on paie pour ses erreurs, je veux savoir s’il y a une responsabilité et qui est responsable. » Pendant quelques jours, l’ouvrier qui plantait des clous la nuit était ainsi devenu l’homme le plus recherché d’Italie.

    Vous pensez peut-être, chers lecteurs, que je plaisante. Pourtant, c’est la réalité. Environ 14 millions d’euros ont été investis dans la construction du pont reliant Messine, en Sicile, au continent. Ce projet inutile, à l’impact environnemental discutable, remplacera un ferry qui transportait traditionnellement les wagons de train directement vers le continent, un trajet de quinze minutes entre l’île et le continent. En Italie, la liberté est sacrifiée au profit de la sécurité, la propagande au profit d’une information exacte.

    Vous vous demandez peut-être à quelle heure je suis finalement rentrée rentré. 23h ! Épuisée par l’attente, incapable de protester en entraînant les autres voyageurs dont la patience, il faut bien le reconnaître était manifestement une vertu plus développée que la mienne. Et puis, manifester est risqué sous l’œil vigilant des forces de l’ordre, qui ont le droit de détenir les contrevenants jusqu’à douze heures.

    Et ceux d’entre nous qui, comme moi, croient en certaines valeurs, n’ont d’autre choix que la « résistance constitutionnelle ». En s’appuyant sur ce texte fondamental que nos gouvernants tentent de modifier par le biais du référendum sur les pouvoirs judiciaires, prévu en mars. Un référendum qui, au-delà de la question extrêmement sensible qu’il soulève, vise à saper l’état de droit. Un vote qui marquera une ligne de partage entre ceux qui veulent de cette extrême droite qui montre les muscles et les Italiens qui ne cèdent pas.

    Journaliste et romancière, Stefania Nardini vit entre Naples et Rome

  • Protoxyde d’azote : le préfet du Gard durcit le ton

    Protoxyde d’azote : le préfet du Gard durcit le ton

    Le département du Gard reste meurtri par le tragique accident survenu début décembre à Alès. Trois jeunes de 14, 15 et 19 ans avaient perdu la vie après que leur véhicule a percuté un mur et s’est retrouvé dans une piscine. Après analyse, il s’avère que le conducteur avait consommé de l’alcool, du cannabis mais aussi du protoxyde d’azote. Cet accident avait ainsi remis sous les projecteurs l’utilisation du protoxyde d’azote aussi appelé « gaz hilarant », qui n’est pas considéré comme une drogue.

    Utilisé dans la santé en tant qu’analgésique ou en pâtisserie, il est stocké dans des cartouches pour siphon à chantilly ou dans des aérosols. Depuis plusieurs années, il est aussi utilisé dans un contexte récréatif car il provoque une ivresse légère et des fous rires incontrôlables dont les effets peuvent durer quelques dizaines de secondes. Si, comme à Alès, plusieurs auteurs d’accidents mortels avaient consommé du protoxyde d’azote en France ces derniers mois, son usage répété peut aussi avoir de lourdes conséquences comme des asphyxies, des pertes de connaissance et des atteintes neurologiques irréversibles. La multiplication des bonbonnes jetées dans la nature crée également des problèmes environnementaux car leur traitement coûte extrêmement cher. La mairie de Nîmes a ainsi évalué à « 18 euros le coût du traitement par bouteille ».

    Nouvel arrêté dans le Gard

    Face à cette situation, la préfecture du Gard avait interdit depuis le 28 novembre 2025 la vente de protoxyde d’azote aux mineurs, la détention dans l’espace public par des mineurs de cette substance, le dépôt des contenants dans les lieux publics et sa vente dans les débits de boissons et les débits de tabac. L’utilisation « de manière détournée du protoxyde d’azote à des fins récréatives dans l’espace public » était aussi devenue illégale.

    Le 2 février, le préfet du Gard a renouvelé cet arrêté et est même allé encore plus loin en signant un nouvel arrêté interdisant le transport du protoxyde d’azote sans motif légitime dans un véhicule. Cet arrêté limite aussi la vente à de petites cartouches de 8,6 grammes maximum, avec un plafond de dix unités par achat.

    « La consommation détournée de protoxyde d’azote est un problème de santé publique en pleine expansion, touchant particulièrement les mineurs et entraînant des effets dévastateurs, voire mortels », a justifié Jérôme Bonet.