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  • L’Angleterre, un géant aux pieds d’argile défensifs face au Congo

    L’Angleterre, un géant aux pieds d’argile défensifs face au Congo

    Deux buts inscrits pour trois encaissés : le bilan des trois premiers matches de poule des internationaux anglais, pourtant considérés parmi les grands favoris avant le Mondial, est loin d’être convaincant. « Nous n’avons pas encore vu le meilleur de cette équipe d’Angleterre offensivement, mais ce qui m’inquiète le plus jusqu’ici, c’est le nombre de fois où nous avons été mis en difficulté défensivement », a pointé Alan Shearer. L’ancien international anglais, désormais consultant pour la BBC, regrette une équipe trop friable dans son organisation : « Nous avons été mauvais défensivement en première mi-temps contre la Croatie, en encaissant deux buts. Et même si nous nous en sommes sortis face au Ghana et au Panama, nous avons concédé beaucoup trop d’occasions. »

    Au-delà d’un secteur offensif encore en rodage, où Harry Kane n’a pas toujours été suffisamment alimenté, le principal point faible de cette Angleterre reste la stabilité de sa ligne défensive. Et plus particulièrement le couloir droit, devenu un véritable casse-tête pour Thomas Tuchel. Le sélectionneur allemand dispose de plusieurs options, mais aucune ne s’impose naturellement dans ce rôle, la plupart des joueurs concernés n’évoluant pas habituellement dans un poste de latéral droit.

    Le retour du bâton

    Selon plusieurs observateurs, le technicien pourrait être contraint d’aligner une nouvelle ligne arrière remaniée, avec Djed Spence repositionné dans le couloir droit, Ezri Konsa décalé depuis l’axe, ou encore une charnière associant John Stones et Marc Guéhi, si ce dernier est pleinement opérationnel. Comment expliquer cette instabilité ? Elle s’explique d’abord par une accumulation de blessures et par le manque de spécialistes du poste.

    L’Angleterre doit composer sans Kyle Walker, longtemps indéboulonnable et désormais retraité de la sélection, mais aussi sans Ben White, blessé en mai et forfait pour la compétition. Plus récemment, le pépin musculaire de Reece James, touché aux ischio-jambiers, est venu fragiliser encore un peu plus un secteur déjà sous tension. Dans ce contexte, Thomas Tuchel apparaît sous pression, d’autant qu’il a fait le choix de ne pas rappeler Trent Alexander-Arnold, pourtant disponible et capable d’évoluer dans ce rôle, lui préférant Trevoh Chalobah, un profil davantage défensif et central. Un pari qui interroge, tant le poste de latéral droit semble aujourd’hui être le talon d’Achille de cette sélection anglaise.

    Conséquence directe : avoir écarté cet expérimenté défenseur, malgré des qualités défensives parfois discutées, revient aujourd’hui comme un choix lourd de conséquences, avec la blessure de Reece James qui prive le sélectionneur d’une option majeure face à la RDC.

    Car Thomas Tuchel ne dispose pas de véritable solution de repli crédible. Djed Spence évolue surtout à gauche à Tottenham et manque d’expérience internationale, Ezri Konsa est installé dans l’axe à Aston Villa, tout comme Jarrell Quansah au Bayer Leverkusen.

    ET AUSSI

    Un duel endiablé avec des Lions affamés

    Le Sénégalais Sadio Mané et le Belge Jérémy Doku, deux armes fatales de leur sélection, n’ont pas vraiment été létales au Mondial-2026 et doivent recharger rapidement avant de s’affronter en 16e de finale, ce mercredi (22h) à Seattle. À 24 ans, l’attaquant de Manchester City (45 sélections 7 buts) était très attendu par les Diables Rouges après une belle saison en Premier League. De dix ans son aîné, Sadio Mané dispute son dernier grand tournoi international avec les Lions de la Terranga, après avoir remporté sur le terrain le titre de champion d’Afrique en janvier, puis en avoir été dépossédé au profit du Maroc. L’ancien attaquant de Liverpool, parti à Al-Nassr où il a été couronné champion d’Arabie saoudite cette saison avec Cristiano Ronaldo, a été titulaire mais n’a pas marqué lors des trois matches de groupes contre la France (défaite 3-1), la Norvège (défaite 3-2) et l’Irak (victoire 5-0).

    Vagues de chaleur aux États-Unis

    Dans les prochains jours, les États-Unis vont à leur tour être frappés par une intense vague de chaleur. Cette dernière pourrait battre des records de températures localement et donc affecter la Coupe du Monde tout comme les célébrations du 250e anniversaire du pays. « Une vague de chaleur record et dangereuse va s’étendre cette semaine sur les deux tiers est du pays », ont prévenu les services météorologiques américains (NWS) sur X. Selon leur site, des températures largement supérieures à 30°C sont attendues dans la plupart des États « du centre et de l’est des États-Unis ». Combinée à un taux d’humidité élevé, la chaleur ressentie pourrait atteindre entre 40 et 46 °C. Environ 142 millions de personnes se trouvaient dimanche sous alerte canicule, selon NBC.

  • Bruno Genesio doit s’engager pour deux saisons à l’OM

    Bruno Genesio doit s’engager pour deux saisons à l’OM

    Attendu depuis près de deux mois sur la Canebière, Bruno Genesio aurait donné son accord pour s’engager avec l’OM pour les deux prochaines saisons. L’entraîneur lyonnais est attendu le lundi 6 juillet pour la reprise de l’entraînement des Olympiens.

    Une page se tourne à Marseille. Désormais débarrassé des incertitudes qui entouraient sa situation financière, après son passage devant l’UEFA et la DNCG, le club peut pleinement préparer la saison 2026-2027. Si les joueurs retrouvent progressivement le chemin de la Commanderie, un seul dossier restait en suspens : celui de l’entraîneur.

    Mardi, l’OM a officiellement annoncé la fin de sa collaboration avec Habib Beye. Arrivé sur le banc olympien dans un contexte délicat, l’ancien défenseur quitte donc ses fonctions après plusieurs semaines de discussions avec sa direction. Cette décision était attendue depuis de longues semaines, les dirigeants marseillais ayant fait de Bruno Genesio leur priorité pour prendre les commandes de l’équipe.

    Pour autant, le club n’a toujours pas officialisé l’arrivée de l’ancien entraîneur de l’Olympique Lyonnais et du Stade Rennais. Selon L’Équipe, les derniers détails contractuels ont été réglés ces derniers jours, avec un accord trouvé sur un contrat de deux ans.

    Bruno Genesio devrait arriver à Marseille accompagné d’un staff composé de Jérémie Bréchet et Dimitri Farbos comme adjoints, de Nicolas Dehon pour entraîner les gardiens, ainsi que de Thomas Choinard, responsable de la performance, qu’il avait déjà côtoyé à Rennes. Une équipe technique préparée depuis plusieurs semaines, alors même que sa nomination officielle se faisait toujours attendre.

    Un avenir à reconstruire pour Beye

    Arrivé sur le banc olympien dans un contexte particulièrement délicat, Habib Beye quitte le club après avoir échoué dans sa mission de qualifier l’OM en Ligue des Champions.

    Pour le technicien franco-sénégalais, l’heure est désormais à la recherche d’un nouveau défi. Au cours des dernières semaines, son profil a été évoqué auprès de plusieurs clubs de Ligue 1, parmi lesquels l’AJ Auxerre, le RC Lens, le Stade Brestois, l’OGC Nice ou encore l’AS Monaco, sans qu’aucune de ces pistes ne débouche sur des discussions avancées.

    Plus récemment, le Paris FC s’était également renseigné sur sa situation. Mais le club francilien, promu en Ligue 1, a finalement décidé de miser sur l’ancien entraîneur de Strasbourg, Liam Rosenior, attendu pour signer un contrat de deux saisons assorti d’une année supplémentaire en option. Une nouvelle option qui s’envole donc pour Habib Beye, lequel devrait désormais prendre le temps d’étudier les opportunités qui se présenteront au cours de l’été.

    Salaire mirobolant attendu pour Mason Greenwood

    Le dossier Mason Greenwood continue de faire couler beaucoup d’encre. Courtisé par l’AS Rome, qui envisagerait de s’attacher ses services pour environ 40 millions d’euros – une somme jugée insuffisante par la direction de l’OM – l’ailier britannique susciterait désormais également l’intérêt prononcé de Fenerbahçe et de son président aux moyens importants. Afin de séduire le joueur et de mettre une pression supplémentaire sur le club romain, la formation turque aurait formulé une offre salariale comprise entre 7 et 8 millions d’euros nets par saison. Pour rappel, l’écurie italienne aurait déjà trouvé un accord contractuel autour d’un salaire estimé à 4,5 millions d’euros nets annuels.

  • La Norvège d’Haaland trompe les Éléphants

    La Norvège d’Haaland trompe les Éléphants

    En mettant au repos ses cadres lors du troisième et dernier match de poule face à l’équipe de France, le sacrifice de Stale Solbakken, le sélectionneur de la Norvège, a porté ses fruits. Sans être transcendants, les Vikings sont allés chercher la qualification pour les 8e de finale du Mondial 2026 grâce à sa victoire face à la Côte d’Ivoire (2-1).

    Malgré une possession de balle très équilibrée entre les deux formations, les Norvégiens ont trouvé en premier le chemin des filets par l’intermédiaire de l’ailier du RB Leipzig, Antonio Nusa (39’, 1-0). Avec trois tirs cadrés seulement à l’heure de jeu, les Éléphants ont cruellement manqué de précision dans le dernier geste. Mais leurs efforts ont finalement été récompensés à un quart d’heure du terme grâce à la réalisation d’Amad Diallo (74’, 1-1).

    Ce diable d’Erling Haaland

    Alors que ce 16e de finale se dirigeait vers les prolongations, une brillante action collective des Norvégiens a permis à leur serial-buteur Erling Haaland (86’, 2-1) d’inscrire son cinquième but du Mondial. En gérant leur courte avance jusqu’au bout, les Vikings ont validé leur billet pour le troisième 8e de finale de leur histoire, où ils affronteront dimanche (22h) le Brésil de Vinicius Junior. Un défi de taille pour les Lions Nordiques.

  • Le tireur d’élite Damien Hureau vise son premier sacre à Borély

    Le tireur d’élite Damien Hureau vise son premier sacre à Borély

    Son balancier, à la fois élégant et d’une fluidité remarquable, fait de lui l’un des tireurs les plus redoutés du circuit. Damien Hureau, canonnier au palmarès parmi les plus riches de la planète pétanque, tentera de décrocher, dès dimanche, sa première victoire à la Marseillaise à l’occasion de la 65e édition du Mondial.

    « Compte tenu du nombre d’équipes engagées, du fait que le concours se dispute à Marseille et de l’histoire même de la pétanque, née ici, cette épreuve revêt forcément une dimension particulière », souligne-t-il.

    L’Angevin de 48 ans avait atteint les demi-finales dès sa première participation, en 2001, aux côtés de Jean-Luc Robert et d’un certain Philippe Quintais. « Pour tout le monde, c’est une évidence : c’est un monsieur dans tous les sens du terme », confie celui qui compte parmi les plus fidèles partenaires du « roi ». « Par son jeu, son parcours et tout ce qu’il a apporté à la pétanque. Je l’ai souvent comparé à Roger Federer dans le tennis : un joueur d’une immense classe, fluide, intelligent dans sa façon de jouer, doté d’une mentalité irréprochable et toujours respectueux, aussi bien de ses partenaires que de ses adversaires. En un mot : la classe. Et ce qualificatif lui correspond parfaitement. »

    Vingt-cinq ans après ses premiers pas au Parc Borély, le licencié du club d’Hanches (Eure-et-Loir) s’apprête à retrouver les allées marseillaises aux côtés de l’un de ses partenaires de toujours, Julien Lamour, et d’un coéquipier inattendu : l’Américain Mark Greenberg.

    « J’ai partagé tellement de choses avec Julien. Nous avons remporté quasiment toutes les grandes compétitions ensemble, à l’exception du championnat de France. Pour moi, c’est comme un petit frère », glisse Damien Hureau.

    Trio pas comme les autres

    Le troisième larron de l’équipe est bien moins connu du grand public. « Mark est originaire de Santa Monica, près de Los Angeles, où il vit toujours. Il a environ 75 ans et c’est un véritable passionné de pétanque. Nous nous sommes rencontrés lors d’un concours en Floride, il y a une quinzaine d’années. Le courant est tout de suite passé, nous avons commencé à jouer ensemble et une véritable amitié est née », raconte celui qui participe régulièrement à des compétitions en Amérique du Nord depuis plusieurs années.

    « C’est quelqu’un de très attachant, animé par une passion rare. Malgré son âge, il est complètement habité par la pétanque. Il n’avait encore jamais participé à La Marseillaise, alors que c’était un rêve pour lui. Je lui ai expliqué que ce ne serait pas facile : il y a beaucoup de marche, la chaleur, l’intensité du concours… Mais il m’a répondu que s’il ne la faisait pas cette année, il ne la ferait jamais. Avec Julien, nous avons donc décidé de l’accompagner dans cette aventure. L’objectif est simple : prendre du plaisir, aller le plus loin possible, le préserver au maximum et, surtout, lui permettre de vivre enfin cette Marseillaise dont il rêve depuis tant d’années », confie le cofondateur de la marque Valtop.

    Selon Damien Hureau, le charme du Mondial réside en partie dans la diversité des conditions de jeu selon les lieux et la proximité avec le public. « C’est toujours plaisant. On sent que les gens vivent les parties avec nous, ce qui rend l’expérience unique. On ne retrouve cela nulle part ailleurs. Dans les compétitions plus classiques, tout est beaucoup plus encadré et les spectateurs sont éloignés. À La Marseillaise, c’est différent : il faut aussi s’adapter à cette atmosphère », souligne le tireur au calme légendaire.

  • La situation chaotique des finances met presque KO la Ville d’Avignon

    La situation chaotique des finances met presque KO la Ville d’Avignon

    Le Festival d’Avignon ne commence que dans trois jours, mais une sacrée pièce théâtrale s’est jouée, ce mardi soir, au cours d’un conseil municipal fleuve. S’il y a eu plusieurs actes (administratifs), le point culminant a été atteint d’entrée sur la partie financière. « Vous êtes habitués du théâtre politique, moi non », lance, goguenard, Olivier Galzi à son opposition, alors que sous les fenêtres de l’hôtel de Ville, la colère gronde. Mais le maire (DVD) n’avait pas vraiment le sourire en évoquant, en préambule, le contenu de l’audit financier, commandé par ses soins et présenté vendredi à la presse.

    « Il y a 20 millions d’euros à trouver, chaque année, pour éviter le mur budgétaire en 2028 ou bien on éteint la lumière », martèle-t-il en redisant vouloir éviter « le levier fiscal » ou « les coupes dans les services publics ». Et alors qu’Anne-Sophie Rigault (RN) se délecte de la situation, rappelant que « depuis des années, je disais que les caisses étaient vides », elle redemande la mise sous tutelle, comme l’avait fait Marie-Josée Roig il y a 30 ans [ex-maire 95-2014]. « La tutelle n’est pas une fatalité, mais une possibilité qu’on essaye d’éviter », assure Olivier Galzi. Le couperet n’est pourtant pas passé loin, ce mardi soir, à l’issue des votes des comptes de gestion et administratifs 2025.

    Le sujet est très technique : le compte de gestion est rédigé par le comptable public, quand le compte administratif (CA) est lui établi par l’ordonnateur public, en l’occurrence le maire. N’acceptant pas « l’héritage », Olivier Galzi a annoncé s’abstenir sur le CA, laissant « libre choix » de vote à sa majorité. Le CA a été rejeté par 22 voix, et seulement 7 pour et 22 abstentions. Ce vote négatif entraîne de fait une saisie de la Chambre régionale des comptes par le préfet. Ce qui, bien souvent, entraîne la mise sous tutelle. Or, le compte de gestion ayant été approuvé et faisant foi, la Ville reste donc maîtresse de ses finances. Un point ayant tout de même entraîné un certain flottement dans l’assistance, Olivier Galzi retirant les délibérations suivantes ayant trait au budget 2026.

    « Il n’y a ni mensonge,

    ni maquillage »

    Avant ce vote, l’ex-majorité de gauche, sous la férule de David Fournier (PS), s’est escrimée à décrédibiliser les conclusions de l’audit. « Le trésorier public, qui a la compétence de l’État pour validation des finances d’une collectivité, a repris et validé toutes les opérations constatées au cours de l’exercice clos, il n’y a donc aucun mensonge, ni maquillage », affirme l’ex-adjoint à l’administration municipale, assurant qu’« en 2014, lorsque nous sommes arrivés aux responsabilités, nous avons trouvé une situation très complexe alors qu’aujourd’hui, elle est saine ». Olivier Galzi ne peut retenir un ricanement, le rebaptisant « David Copperfield », avant de s’agacer et citant plusieurs contre-exemples, sur le montant des dettes cumulées notamment. « Vous êtes absolument nul en gestion ! », accuse le maire.

    Le ton monte aussi avec un autre ex-adjoint (PS), Fabrice Tocabens, sans cesse interrompu dans son intervention. « Vous construisez votre discours dans une logique du chaos, alors que les services de l’État et la Chambre régionale des comptes disent des choses pas trop mal qui ne vous conviennent pas », relève-t-il. « Vous allumez un contre-feu de dramaturgie au lieu d’assumer vos choix politiques avec des postes sur la communication ou la police municipale », embraye Rémy Blanc (PCF), seul du groupe de Mathilde Louvain à avoir voté le compte administratif.

    Le vote du budget supplémentaire, retiré, et qui pourrait revenir au prochain conseil municipal, devrait en dire davantage sur les marges de manœuvre et orientations politiques.

  • Forte mobilisation contre la refonte du plan de circulation d’Avignon

    Forte mobilisation contre la refonte du plan de circulation d’Avignon

    À l’appel de l’association des Quatre-boulevards, de l’association Bien vivre à Saint-Ruf ou de parents d’élèves de l’école Marcel-Perrin, les manifestants ont bruyamment fait savoir leur opposition à la refonte du plan de circulation dans les Faubourgs. Une promesse de campagne du maire, Olivier Galzi (DVD), vite mise en œuvre. Pancartes ironiques sur le « non-sens » ou « Galzi à vélo » scandés par les présents, qui se sont largement fait entendre sous les fenêtres de la salle du conseil. « Nous sommes là pour demander un moratoire sur le démantèlement du plan Faubourgs et une véritable concertation », interpelle Valérie Vilette, présidente de l’association des Quatre-boulevards.

  • Conseil muncipal d’Avignon : pour LFI, « la vraie ruine est sociale »

    Conseil muncipal d’Avignon : pour LFI, « la vraie ruine est sociale »

    « Nous refusons que les arguments financiers servent à légitimer des coupes dans les services publics, il faut politiser les chiffres et les choix de la majorité ne vont pas vers les besoins sociaux », estime Mathilde Louvain au sujet de la « synthèse financière » présentée vendredi par Olivier Galzi (DVD). « Dans une mise en scène ridicule destinée à faire peur et justifier l’austérité, le maire découvre qu’Avignon est une ville pauvre », ironise Khalid El Yousoufi. Quand Olivier Galzi parle de « champ de ruines », l’élu LFI réplique que « la vraie ruine est sociale et écologique ». Le groupe reproche au maire d’être en partie responsable de la situation, sur la foi du rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC). « M. Galzi a fait le contraire des préconisations en embauchant des cadres, en gonflant la masse salariale avec des policiers municipaux, alors que la CRC dit que ce n’est pas un problème d’effectifs, mais de gestion interne », tance Oukacha Rtili.

  • Le maire d’Aubagne annonce le retrait de ses élus de la société publique L’Eau des Collines

    Le maire d’Aubagne annonce le retrait de ses élus de la société publique L’Eau des Collines

    « Un passage en force » validé par le « silence assourdissant de la Métropole », discréditant « la promesse d’une Métropole des maires [ laquelle devait, selon son président Nicolas Isnard (LR), laisser les compétences de proximité aux communes] ». C’est l’accablante analyse que fait la Ville d’Aubagne de l’élection de Serge Perottino, maire (DVD) de Cadolive et vice-président de la Métropole Aix-Marseille, à la tête de la Société publique locale (SPL) L’Eau des collines.

    Cette structure publique est responsable de la gestion du service de collecte et de transport des eaux usées de l’ensemble des communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, ainsi que de la production et de la distribution de l’eau potable dans les communes d’Aubagne, La-Penne-sur-Huveaune, Cuges-les-Pins et Saint-Zacharie. La Métropole et les communes en sont actionnaires. La SPL est depuis sa création présidée par un élu aubagnais. Mais, lundi soir, lors du conseil d’administration de la SPL, c’est la candidature du maire de Cadolive qui a remporté les suffrages.

    La Ville veut quitter la SPL

    « Comment un élu, dont la commune n’est même pas desservie par le réseau, peut-il justifier de présider un outil dont les habitants de Cadolive ne sont même pas usagers ? C’est un mépris total de l’histoire et du travail des communes fondatrices », s’est indigné Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne.

    En réaction, il annonce le retrait de ses élus du conseil d’administration de la SPL, l’engagement immédiat de « démarches pour préparer la sortie de la Ville d’Aubagne de la SPL » et l’ouverture d’une « réflexion approfondie, avec l’ensemble de la majorité municipale, pour définir un nouveau chemin et une nouvelle stratégie en matière d’intercommunalité. » « Cette structure est-elle encore un outil au service des habitants, ou est-elle devenue un obstacle à notre autonomie et à notre action ? Nous attendons des actes, pas des promesses. Aubagne sera respectée », conclut-il.

    La mairie indique n’avoir pour l’instant pas obtenu de réponse officielle de Nicolas Isnard, président (DVD) de la Métropole.

  • Meublés touristiques : une amende record infligée !

    Meublés touristiques : une amende record infligée !

    Le couperet est doublement tombé sur un multipropriétaire parisien qui faisait passer son vaste appartement de 150 m2 au 118 rue Dragon (6e), à Marseille, pour sa résidence principale afin de le louer en meublé touristique, en contournant les règles.

    Le tribunal judiciaire a entendu les arguments développés par Me Jorge Mendes Constante, à l’audience du 6 mai dernier, et a infligé lundi, pour la première fois en France à l’encontre d’un propriétaire, l’amende civile maximale de 100 000 euros. Somme qui sera versée au budget de la Ville. Il a écarté la demande d’un retour à l’habitation, le propriétaire ayant depuis signé des baux de colocation à des étudiants.

    Le conseil de la Ville, avec la brigade de contrôle, a démontré sans équivoque que ce propriétaire, un cadre « en accompagnement au management de transition à l’international », avait loué son appartement dans son intégralité sur les plateformes AirBnB et Booking, soit un chiffre d’affaires de 207 600 euros, hors nuitées louées en direct. Ce grand appartement, qui dispose de 12 couchages et 2 supplémentaires dans la chambre de bonne, était loué selon le voisinage « en permanence » à des groupes de plus de dix personnes, occasionnant de nombreuses nuisances. « Le nombre de nuitées facturées démontre l’absence de Paul C. sur de longues périodes, peu compatibles avec la réalité d’une résidence principale », retient le tribunal.

    « Une fable grossière pour maximiser les profits »

    « Le fait que l’appartement soit proposé à la location de manière permanente démontre que [le propriétaire] ne se réservait aucune disponibilité de son appartement ». Par ailleurs, l’annonce ne présente pas l’appartement comme étant occupé par son propriétaire, « mais totalement vide à la disposition des voyageurs ». « Force est de constater que Paul C. se présente sur ses réseaux comme un entrepreneur de Paris et qu’il domicilie l’une de ses entreprises à Paris », ajoute le tribunal.

    Si la qualification de résidence principale suppose une occupation effective du logement pendant au moins huit mois par an, « il n’en demeure pas moins que la personne qui déclare sa résidence principale doit démontrer y vivre effectivement, démonstration à laquelle échoue Paul C., pas même pour quelques jours par an », retient encore le tribunal, qui regarde les éléments narrés pour établir l’effectivité de sa résidence à Marseille comme « le récit d’une fable grossière ». « Paul C. s’est enferré dans un mensonge flagrant » et « a sciemment détourné les règles imposées pour la location de meublés touristiques de courte durée afin de maximiser les profits et ce sans aucun égard pour le voisinage. »

    Mais ce n’est pas tout, le juge considère que « les revenus générés par la location de cet appartement sont particulièrement importants et qu’ils ont été dissimulés ». Fait remarquable, le tribunal indique adresser copie du présent jugement aux services fiscaux, estimant que « le caractère vraisemblablement supérieur de ses revenus réel, tant fonciers qu’en qualité de consultant, à ceux ainsi déclarés et la personnalité de Paul C. donnent à penser qu’une infraction pénale (fiscale) est susceptible d’avoir été commise. »

    La Ville estime que la moitié des 12 937 meublés touristiques identifiés, en 2024, sont dans l’illégalité. Le jugement retient la légitimité de son combat : « Ainsi que l’a rappelé le Conseil Constitutionnel, la lutte contre la pénurie de logements revêt un caractère d’intérêt général ».

  • [Entretien] Fadwa Barghouti : « Marwan Barghouti est une figure fédératrice »

    [Entretien] Fadwa Barghouti : « Marwan Barghouti est une figure fédératrice »

    La Marseillaise : Quel est l’objet de votre déplacement en France ?

    Fadwa Barghouti : Depuis plus de vingt ans, la France est l’un des pays les plus actifs dans la campagne internationale pour la libération de mon époux, où elle recueille un large soutien. Plusieurs dizaines de communes lui ont décerné la citoyenneté d’honneur. Depuis le 7 octobre et l’attention croissante autour de la cause palestinienne, il est très important de veiller à poursuivre cette campagne, car Marwan incarne l’espoir pour le peuple palestinien.

    Vous avez prévu de nombreuses rencontres avec des personnalités politiques de gauche. Sont-elles les seules à soutenir votre combat ?

    F.B. : À chaque fois que je me rends en France ou dans n’importe quel autre pays, je veille à rencontrer différents partis, qu’ils soient de centre-droit ou de gauche. C’est très important de parler à tout le monde car nous ne voulons pas que ce soit un sujet de division, au contraire. Il y a quelques mois, le gouvernement français annonçait la reconnaissance de l’État de Palestine. Pour qu’elle ne soit pas purement symbolique, il faut prendre des mesures concrètes sur le terrain en faveur de la création d’un État palestinien vivant côte à côte avec Israël, conformément au droit international. La seule façon d’y parvenir est de soutenir les acteurs et les initiatives qui y contribueront. La libération de mon époux est en tête de liste, car c’est une figure fédératrice. C’est le dirigeant palestinien le plus populaire, qui a clairement affirmé partager les convictions du gouvernement français, à savoir la solution à deux États et le respect du droit international.

    Que savez-vous des conditions de détention de votre époux ?

    F.B. : Depuis le 7 octobre, une politique de punition collective est menée contre l’ensemble du peuple palestinien. Personne n’est à l’abri des attaques israéliennes. À Gaza, c’est la dévastation et le génocide. En Cisjordanie, on assiste au pillage des terres et au terrorisme des colons. Au sein d’Israël, les Palestiniens sont confrontés à une discrimination et à un racisme extrêmes. Dans ce contexte, ce que subissent les prisonniers politiques palestiniens est ce que j’appelle « l’arrière-cour du génocide ». Plus de 100 Palestiniens ont été tués en prison. Ce ne sont pas des combattants ni des personnes représentant une quelconque menace mais des détenus, tués à l’intérieur même de la prison. Nous disposons des rapports de l’ONU et du New York Times concernant les viols de prisonniers palestiniens et les mauvais traitements infligés aux prisonniers politiques palestiniens. Mon époux fait partie de ces victimes. Ils l’ont pris pour cible dès le 7 octobre, date à laquelle ils l’ont transféré en isolement cellulaire. Il s’y trouve depuis lors, et il est transféré de prison en prison. D’après les documents dont nous disposons, il a été agressé au moins dix fois. On lui refuse toute visite familiale. Je suis la dernière de ses proches à l’avoir vu et c’était il y a trois ans et demi. Il est donc très important que les gens comprennent que cette situation dure depuis longtemps, bien avant le 7 octobre. Son état de santé nous inquiète, il a perdu beaucoup de poids et a été blessé à plusieurs reprises. On craint réellement pour sa sécurité au sein d’un système pénitentiaire en pleine dérive dirigé par nul autre que Ben-Gvir [ministre israélien d’extrême droite, en charge de la Sécurité nationale, Ndlr], connu pour être un partisan du génocide et du nettoyage ethnique du peuple palestinien.

    Justement, en août 2025, Itamar Ben-Gvir a diffusé, sur les réseaux sociaux, une vidéo dans laquelle il menace votre époux dans sa cellule. Le gouvernement israélien craint-il votre époux ?

    F.B. : C’est une honte pour Israël de violer ouvertement le droit international. Mais la communauté internationale a aussi sa part de responsabilité pour ne pas avoir clairement dénoncé le fait qu’un député élu au Parlement palestinien, quelqu’un qui est, comme je l’ai dit, une figure qui rassemble, un militant pacifiste, soit humilié aux yeux du monde entier. C’est tout simplement révoltant. Cette scène entre Itamar Ben-Gvir et mon époux illustre parfaitement la lutte. Car on voit ici un dirigeant palestinien qui a été agressé et humilié, comme l’est son peuple. Il incarne en cela la lutte palestinienne. Et vous avez, en la personne d’Itamar Ben-Gvir, le visage du gouvernement israélien actuel et de sa politique. Connaissant mon époux, je pense qu’il a croisé des dizaines de Ben-Gvir au cours de sa vie et il reste résilient. Nous n’avons aucune crainte quant à son état mental, ses capacités intellectuelles et sa force d’esprit. Nous sommes en revanche vraiment inquiets pour sa santé.

    Marwan Barghouti est souvent comparé à Nelson Mandela. Quelles sont les similitudes entre les deux ?

    F.B. : Nelson Mandela et mon époux ont tous deux lutté contre le régime d’apartheid. En Palestine, malheureusement, cela s’ajoute au nettoyage ethnique, au génocide, à l’occupation et à de nombreux crimes de guerre. Marwan Barghouti se bat contre cela depuis plus de 50 ans. Ce qui les rapproche, c’est qu’ils sont tous deux des figures fédératrices pour leur peuple. Tous deux ont incarné l’espoir dans une période de désespoir. Si vous aviez dit à un Sud-Africain au début des années 1980 que dans dix ans, l’apartheid prendrait fin dans son pays, je ne pense pas qu’il vous aurait cru. C’est cet espoir que Nelson Mandela a insufflé au peuple. Ces figures historiques sont essentielles pour que les mouvements de libération gardent espoir. C’est précisément pour cette raison que le gouvernement israélien actuel tente de réduire mon époux au silence car il ne veut pas de quelqu’un qui incarne cet espoir. Le fait que Nelson Mandela ait été qualifié de terroriste par l’Occident et par le régime d’apartheid en Afrique du Sud constitue une autre similitude car le terrorisme est un terme colonial qui a toujours été utilisé pour désigner les opprimés qui tentent de lutter contre leur oppresseur.

    Mahmoud Abbas a annoncé la tenue d’élections législatives en novembre prochain et une présidentielle en début d’année 2027. Marwan Barghouti sera-t-il candidat ?

    F.B. : Il est encore trop tôt pour se prononcer là-dessus. C’est à lui de prendre cette décision, pas à nous. Néanmoins, nous saluons la décision d’organiser des élections car nous n’en avions pas eu depuis plus de vingt ans. Nous n’avons pas de conseil législatif opérationnel ce qui pose de nombreux obstacles à tout système politique. Nous saluons donc cette initiative et nous regardons vers l’avenir, pas seulement pour l’élection présidentielle mais pour l’ensemble du système politique qui a besoin d’un renouveau et qui va se renouveler. La vision politique de mon époux a toujours été axée sur la lutte contre la corruption ainsi que sur une plus grande participation des femmes et des jeunes au pouvoir. Cela ne peut se produire que si nous nous engageons dans un processus démocratique. Marwan croit en la démocratie et il est fier de n’avoir jamais occupé de poste sans avoir été élu. Je pense qu’il se réjouit de cette décision, de même que nous tous, en tant que peuple palestinien. Nous en avons désespérément besoin. Ainsi, l’Autorité palestinienne pourra se renforcer face aux défis et aux tentatives du gouvernement israélien visant à faire disparaître les institutions palestiniennes.

    Qu’a concrètement changé sur le terrain la reconnaissance de l’État de Palestine par la France ?

    F.B. : Honnêtement, sur le terrain, on ne perçoit aucun changement. La situation empire car, malheureusement, Israël agit en dehors du cadre de la loi. C’est ainsi qu’il fonctionne depuis des décennies. Notre rôle en tant que Palestiniens est d’essayer de trouver et de tisser des liens avec la communauté internationale pour nous assurer qu’elle comprenne qu’il existe un partenaire pour la paix du côté palestinien mais qu’il n’y en a pas côté israélien. Pour y parvenir, des mesures doivent être prises. Les élections constituent un grand pas en avant. Depuis le cessez-le-feu et jusqu’aujourd’hui, plus d’un millier de personnes y ont été tuées. Les souffrances n’ont malheureusement pas pris fin. Il faut veiller à ce qu’un véritable cessez-le-feu soit en place, à ce qu’il y ait un retrait total des forces israéliennes de Gaza et des territoires occupés en Palestine, et bien sûr, à ce que la reconstruction commence. C’est une priorité absolue pour les Palestiniens. Nous devons aller de l’avant, en réclamant la libération de mon époux et en faisant appel aux personnalités qui peuvent réellement contribuer à apporter la paix et la stabilité dans la région. Telles sont les mesures par lesquelles la communauté internationale, y compris la France, peuvent véritablement aider.

    L’ambassadeur de Palestine auprès de l’ONU a alerté, lundi, sur l’accélération de l’annexion de terres palestiniennes par Israël. Comment la stopper ?

    F.B. : Si l’expérience sud-africaine nous enseigne quelque chose, ce n’est pas que le régime de l’apartheid s’est réveillé un beau matin en décidant de traiter équitablement les populations autochtones, c’est la pression de la communauté internationale qui a permis de concrétiser cela. La seule façon pour qu’Israël cesse ses agissements et comprenne qu’un changement s’impose, c’est qu’il constate qu’il y a un prix à payer pour avoir violé le droit international. Nous ne demandons pas à la communauté internationale de prendre parti pour nous mais de prendre des mesures à l’encontre de tout pays et de tout État qui viole le droit international. Et Israël enfreint manifestement ce droit.

    Comment votre famille garde espoir ?

    F.B. : Nous puisons notre force dans mon époux et dans la résilience dont il a fait preuve au fil des années. Un jour, il a dit à notre fils Arab, que le désespoir est un privilège que nous, Palestiniens, ne pouvons pas nous permettre, et qu’il fallait rayer ce mot de notre vocabulaire. J’aimerais vraiment que notre famille soit la seule à traverser ce que nous vivons. Mais il y a des milliers de familles palestiniennes qui vivent la même souffrance. C’est ce qui nous rend plus forts ensemble, car nous savons que ce combat vise un grand objectif : la liberté des Palestiniens, pour que nos enfants puissent vivre en paix et en sécurité. L’ampleur des sacrifices que nous endurons ne signifie pas que nous devrions abandonner à un moment donné. D’un point de vue historique, ce n’est pas de cette façon que les peuples obtiennent leur libération et leur liberté.

    Son programme à Marseille

    Un comité d’accueil viendra saluer Fadwa Barghouti à la gare, à 14h30 jeudi. Une réception sera tenue en son honneur à l’espace Mistral de l’Estaque dès 18h30. Elle participera vendredi à 19h30, au Gyptis, à la diffusion du film Tomorrow’s Freedom. Elle sera présente samedi à 14h à un débat, sur le Vieux-Port, dans le cadre du festival Palestine United 2. Durant sa visite, elle rencontrera des responsables politiques dont le communiste Jérémy Bacchi et des syndicats, dont l’UD CGT 13.