Dans le groupe B samedi, le Japon est venu difficilement à bout du Canada et remonte ainsi à la troisième place. De leurs côtés, le Portugal et la Côte d’Ivoire, en tête de leur poule, se sont quittés sur un score nul et vierge. La journée de dimanche était consacrée au groupe A, où le duel entre République démocratique du Congo et Colombie n’a pas trouvé de vainqueur (2-2). Après une lourde défaite contre l’Arabie Saoudite, la Tunisie s’est bien rattrapée en s’imposant face à la Chine (3-0).
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Provence meurtri mais toujours en quête de Top 14
Les détails font souvent la différence au rugby. En 80 minutes de jeu, les péripéties sont nombreuses, le scénario évolue et chaque fragment de match a son importance. Cette saison, Provence Rugby a eu son lot de détails, en sa faveur ou en sa défaveur. La courte défaite à domicile contre le VRDR, les victoires au forceps face à Grenoble, Oyonnax et plus récemment à Béziers. Parfois, la balance tombe du mauvais côté. Les Aixois sont tombés armes à la main face au grand favori, Vannes, samedi (14-18). Quatre petits points, moins d’un essai, et une montée directe passant entre les doigts des hommes en doré.
Philippe Saint-André a réalisé une longue tirade de 5 minutes pour analyser cette partie rude, en appuyant sur ces minuscules détails. « Je suis très fier de mes joueurs. C’était une première finale pour 95% de l’effectif du club. Après, ça se joue à des petits détails. Ce dont je suis content, c’est qu’on a été dans le bras de fer. Les 15 premières minutes, sur les duels aériens, au lieu de n’avoir qu’un joueur qui allait sur les duels, on en avait trois. Après, il y a une situation, il y a un 2 contre 1 juste avant la pause. Une touche aussi pas droite à la 78e, alors que, si on fait un ballon porté, on a peut-être une balle de match. »
Entré en cours de jeu et auteur du dernier essai de la partie, Joris Cazenave était forcément déçu à l’issue de cette rencontre. Le demi de mêlée notait que son équipe a su rester dans le match. « C’est compliqué de parler, mais je pense qu’ils ont fait une grosse entente de match. Ils tournent à 10-0 et on revient à 10-7. Je pense qu’on a un petit tournant en première mi-temps, à la 35e, et on ne marque pas. On leur fait un mal à la tête avant la pause. Après, en seconde mi-temps, on savait très bien que le premier qui marquait des points allait un peu partir en tête sur la fin du match. Forcément, il y a de la frustration ce soir. »
Une atmosphère digne d’une finaleVannetais comme Aixois ont également mis en avant l’ambiance hors normes qui a régné autour de la finale. « PSA » a souligné « un moment exceptionnel pour le rugby, une fête fantastique ». Du cœur de l’après-midi à la tombée de la nuit, les supporters ont fêté la présence des leurs en finale. « On aurait pu remplir un stade de 30 000 ou 35 000 places », a ajouté le manager provençal.
Provence Rugby se projette désormais vers dimanche prochain (18h), car la saison n’est pas encore terminée. Après cette défaite, un autre immense défi se tient face à eux : accueillir Perpignan, 13e de Top 14, pour l’access match. « Tu n’es pas préparé à ça. C’est sûr, quand tu viens dans une finale, tu viens pour gagner. Donc tu ne réfléchis pas à la semaine après. Là, on a perdu, on reprendra mardi. Et mardi, on se lancera dans le match de Perpignan et essayer de faire tomber cette équipe qui est préparée depuis six mois, je pense, à faire ce barrage », décrivait, tête basse, Joris Cazenave. « Je pense qu’on a quand même pris un coup dans la tête. C’est normal, c’est logique », poursuit-il. Aix doit maintenant se vider la tête pour bien aborder le choc face à l’USAP.
Federico Wegrzyn gravement blessé lors de la finale
Le pilier gauche argentin Federico Wegrzyn ne disputera pas l’access match, dimanche prochain à Aix, face à Perpignan. Le numéro 1 de Provence Rugby a subi une rupture du tendon d’Achille à la 33e minute de cette finale. L’Argentin s’est effondré sur une mêlée et n’a pas réussi à se relever. Il est sorti du terrain, aidé par son collègue sud-américain Andres Zafra.
« Je n’ai jamais vu ça, disait Philippe Saint-André à la suite de la rencontre. Il y a une grosse suspicion de rupture du tendon d’Achille. Je peux vous dire qu’il ne jouera pas l’access match. » Une blessure supplémentaire pour Provence Rugby, qui avait vu son infirmerie se vider récemment. Vareiro a aussi été touché à l’épaule, mais le mal est moins important.
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Grosse affluence matinale au Défi Monte-Cristo
La tension était palpable sur le ponton du château d’If, dimanche matin, au moment du départ des deux plus longues distances de cette 27e édition du Défi Monte-Cristo. Les quelque 1 000 participants engagés sur les parcours de 5 et 6 km affichaient des visages fermés, concentrés sur l’effort qui les attendait.
« On va devoir prendre notre courage à deux mains pour rejoindre le rivage », souffle Ingrid. Cette Martégale s’attaque pour la première fois à l’épreuve inspirée de l’évasion d’Edmond Dantès dans Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas. Quelques instants avant le coup d’envoi, le traditionnel discours de l’organisateur, Dominique Léna, et la présence du parrain Philippe Lucas, généreux en conseils à l’égard des participants, ont contribué à rassurer les plus anxieux.
Des histoires de vie« C’est impressionnant d’avoir un tel monsieur devant nous », confie Nicolas, passionné de natation qui s’était fixé comme objectif de rejoindre la plage du Petit Roucas-Blanc en moins de deux heures. Un défi relevé par près de la moitié des participants engagés sur le 6 km. Si le chronomètre reste un repère, de nombreux nageurs viennent surtout au Défi Monte-Cristo pour se mesurer à eux-mêmes et à leur propre parcours de vie.
Sylvain, un Arlésien d’une soixantaine d’années, a été victime d’un cancer du côlon en 2019. Sur les conseils de son oncologue, il s’est mis à fréquenter régulièrement les bassins avant de se tourner vers la nage en eau libre. « Au début, c’était difficile car je ressentais beaucoup de fatigue. Mais plus mon traitement avançait, mieux je me sentais », raconte celui qui s’élançait pour la première fois sur une distance de 5 km. « Je n’avais pas peur de ne pas finir la course, parce que c’était déjà une victoire pour moi d’être au départ », souligne l’Arlésien. Doucement mais sûrement, Sylvain a finalement bouclé le parcours, les deux poings levés vers le ciel. Comme un signe du destin.
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Greenwood convoité, Balerdi forfait pour le Mondial
Le dossier Mason Greenwood est officiellement lancé. Auteur de deux saisons remarquées sous les couleurs de l’OM, avec 48 buts et 16 passes décisives en 81 matches toutes compétitions confondues, l’ailier anglais attire de nombreuses convoitises sur le marché des transferts.
Arrivé à Marseille à l’été 2024 en provenance de Manchester United, où il était devenu indésirable après ses démêlés avec la justice britannique, le numéro 10 olympien s’est rapidement imposé comme la principale arme offensive du club.
Confrontée à des impératifs financiers et contrainte de générer des liquidités cet été, la direction marseillaise pourrait être amenée à se séparer de certains de ses actifs les plus valorisés, à commencer par Greenwood. Une perspective qui ne laisse pas insensibles plusieurs formations européennes. L’AS Rome multiplie les approches en coulisses depuis plusieurs semaines et une offre estimée à 40 millions d’euros, hors bonus, serait à l’étude, selon la presse italienne. Plus récemment, Fenerbahçe s’est également invité dans la course.
Pour autant, l’OM ne compte pas brader sa star qui dispose encore d’un contrat de trois ans. D’après Sky Sports, le club phocéen réclamerait au minimum 55 millions d’euros, bonus compris, pour envisager un départ de son attaquant cet été. Une somme dont une partie reviendra à Manchester United, qui bénéficierait de 40% de la plus-value réalisée.
Multiples infortunesParmi les nouvelles moins réjouissantes du week-end, Leonardo Balerdi a vu son rêve de Coupe du monde s’envoler. Le défenseur central de l’OM a été contraint de déclarer forfait en raison d’une blessure musculaire au mollet droit contractée à l’entraînement. Face à cette absence de dernière minute, le sélectionneur argentin Lionel Scaloni a choisi de se passer du Marseillais et s’est mis en quête d’une solution de remplacement.
Cette situation a notamment profité à Facundo Medina, qui a participé, samedi, au match amical opposant l’Argentine au Honduras (2-0). Autre Olympien concerné par les derniers réglages avant le Mondial, Timothy Weah est entré en jeu lors de la défaite des États-Unis face à l’Allemagne (1-2).
Le mois de juin marque également le retour de joueurs prêtés. C’est notamment le cas d’Angel Gomes. Le milieu de terrain anglais n’a pas été conservé par Wolverhampton, lanterne rouge de Premier League et relégué en Championship au terme d’une saison particulièrement difficile. Son avenir reste désormais à définir du côté de Marseille.
L’avenir de Nasser Larguet demeure également incertain. L’ancien directeur du centre de formation de l’OM a officialisé son départ de la Fédération saoudienne, où il occupait le poste de directeur technique national depuis quatre ans. Dans un message publié sur Instagram, le technicien marocain a annoncé sa décision tout en dressant un bilan positif de son mandat. Il a également mis en avant les progrès réalisés sous sa direction, soulignant les qualifications de plusieurs catégories pour les Coupes du monde, ainsi que les nombreux titres remportés depuis son arrivée.
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Bordeaux hors de la course au titre, le RCT 9e du Top 14
Un dernier multiplex dingue et une immense surprise. La saison régulière de Top 14 a rendu son verdict et, si le Stade Toulousain disputait paisiblement cette dernière journée, ce n’était pas le cas pour la plupart des équipes. Finalement, Montpellier a décroché sa qualification pour les demi-finales du Top 14 en dominant Lyon, samedi, lors de la dernière journée de la saison régulière, alors que Pau et le Racing 92 s’affronteront lors des barrages tout comme le Stade Français et La Rochelle. Pour rappel, les demi-finales se joueront au Vélodrome de Marseille les 19 et 20 juin.
Les Montpelliérains ont validé leur deuxième place grâce à un succès étriqué à Lyon
(28-25) et joueront en demi-finale contre le vainqueur du barrage entre le Stade Français (3e) et La Rochelle (6e) alors que l’équipe qui sortira victorieuse du duel entre Pau (4e) et le Racing 92 (5e) défiera le triple champion en titre toulousain.L’autre sensation de cette 26e journée vient de Bordeaux, où le double champion d’Europe en titre s’est incliné 34-31 contre Clermont et doit faire une croix sur une qualification en phases finales. Devant de dix longueurs à la pause (24-14), les Girondins se sont rapidement effondrés au retour des vestiaires. Plummer a inscrit la pénalité de la gagne à la 77e minute, ce qui a donc condamné l’UBB. Les Bordelo-Béglais, finalistes du Top 14 lors des deux dernières saisons, terminent à la huitième place. Un tremblement de terre au niveau national.
Le Stade Français s’est incliné à La Rochelle 27-22 mais le point de bonus défensif glané lui permet de conserver la troisième place. Les Parisiens retrouveront les Maritimes mais cette fois-ci sur leur pelouse, cette victoire permettant aux Rochelais de se hisser à la sixième place.
Pau, facile vainqueur de la lanterne rouge Montauban
(71-35), aura aussi l’avantage du terrain en barrage puisque les Béarnais recevront le Racing 92, victorieux lors de cette dernière levée face à Toulouse. En bas du classement, la 13e place de barragiste était d’ores et déjà destinée à Perpignan, qui connaît depuis la fin d’après-midi de samedi son adversaire en barrage dimanche prochain (18h). L’Usap se déplacera sur la pelouse de Provence Rugby, pour tenter de conserver sa place dans l’élite du rugby français.Toulon termine par
une défaite à l’extérieurLe Rugby Club Toulonnais n’avait plus rien à jouer lors de cette dernière journée de Top 14, tout comme son adversaire, Castres. En déplacement dans le sud-ouest, les Varois se sont inclinés sur le score de 38 à 21. Toulon a été malmené au cœur de la première période avec trois essais concédés. Le CO a compté jusqu’à 17 points d’avance avant l’heure de jeu, puis son 2e ligne Guillaume Ducat a reçu un carton rouge direct pour jeu dangereux. Avant la sirène, les deux formations se sont répondu avec chacune un passage dans l’en-but adverse. Le Castres Olympique a donc finalement conservé ses 17 longueurs de marge pour obtenir une dernière victoire à domicile cette saison. Au classement, le RCT se classe 9e à 13 points des phases finales. Les Castrais les suivent avec 55 points au compteur.
Toulon a donc réalisé un exercice 2025-2026 particulier. Longtemps à la traîne en championnat, les Varois n’ont jamais réussi à accrocher le wagon des playoffs. 3e la saison dernière et seulement battu par l’UBB en demi-finale, le RCT a dégringolé au classement en un an. Une année à deux visages, finalement, avec des prestations en Top 14 loin des espérances mais un dernier carré de Coupe d’Europe atteint. En Champions Cup, les hommes de Pierre Mignoni ont failli battre le grand Leinster et rejoindre Bordeaux en finale. Cette épopée a marqué le groupe, mais cette saison aura un goût d’inachevé. Place au changement avec Franck Azéma, futur entraîneur principal à Mayol.
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Le Cercle des nageurs de Marseille triomphe
Il n’est pas si fréquent d’être sacré champion d’Europe après une défaite lors du match retour. C’est pourtant le scénario vécu par les pensionnaires du Cercle des nageurs de Marseille, vainqueurs de l’Euro Cup, samedi 6 juin, malgré leur revers face aux Croates de Jadran Split (16-14).
Forts de leur succès acquis à l’aller au bassin Pierre-Garsau (19-16), les poloïstes marseillais ont fait la différence sur l’ensemble des deux rencontres pour s’adjuger le deuxième trophée européen de leur histoire, après celui décroché en 2019.
« On a vécu ce match retour de manière assez difficile, parce qu’on ne s’est pas rendu la tâche facile. En plus de ça, on savait qu’on allait évoluer dans un environnement très hostile. Donc c’était vraiment très compliqué. On a gagné le titre, mais je ne pense pas qu’on ait joué à la fin du match comme on aurait dû la jouer », souligne Thomas Vernoux.
Avec ses coéquipiers, l’étudiant à Polytechnique Marseille a vécu une expérience hors-norme. « Ils ont tout fait pour nous faire déjouer et nous faire perdre notre sang-froid. Cette finale a pris de telles proportions que nos familles ont été protégées par les forces de l’ordre avant et pendant le match », ajoute l’international français de 23 ans, hué toute la soirée par le public croate.
Consécration avant
un 43e titre nationalDans un contexte tendu, le Marseillais a pourtant répondu présent. Auteur de cinq buts, dont trois inscrits dès le premier quart-temps, il a permis au CNM de rester au contact au tableau d’affichage.
Jusqu’au dernier acte, où les Croates ont brièvement pris deux longueurs d’avance à cinq minutes du terme. Mais le collectif phocéen a tenu bon jusqu’au bout, fidèle à sa réputation. « Je faisais déjà partie de l’aventure en 2019, mais j’étais très jeune. Aujourd’hui, je mesure vraiment ce que représente le fait de gagner une Coupe d’Europe avec Marseille », confie le serial-buteur, conscient d’inscrire son club dans une trajectoire historique, avec deux titres européens glanés en moins de dix ans.
De quoi susciter la reconnaissance du peuple marseillais. « Félicitations à nos poloïstes du CN Marseille, champions d’Europe à Split sept ans après leur dernier titre ! Marseille est fière de vous », a publié le maire de Marseille, Benoît Payan, sur ses réseaux sociaux.
Au-delà de la dimension symbolique, cette consécration permet aux joueurs du Cercle d’atténuer l’amertume de l’élimination prématurée en Ligue des champions.
« C’est sûr que l’on veut tous être sur la plus haute marche européenne. Après notre défaite contre Sabadell, on s’est dit que si on gagnait l’Eurocup, ce serait quand même une belle saison. Je ne pense pas qu’on soit très loin d’un sacre en Ligue des champions, mais il y a encore du travail », estime Thomas Vernoux, compétiteur dans l’âme. La saison des poloïstes phocéens n’est toutefois pas terminée. Ils sont toujours en course pour un 43e titre de champion de France.
Après avoir largement battu Nice, le week-end dernier, les Marseillais recevront ce samedi (18h) les Maralpins en demi-finale retour. « La dernière fois que l’on a remporté l’Euro Cup, on avait perdu le championnat national », rappelle le cousin de Romain Marion-Vernoux.
« On est tous contents et remotivés à l’idée de retourner s’entraîner dans quelques jours, après le repos, pour continuer à jouer ensemble tous les matches qui nous restent et profiter ensemble », lance-t-il avec sa volonté de fer légendaire.
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Le cancer, révélateur des inégalités sociales
Les études se succèdent et se ressemblent : les maladies chroniques frappent davantage les personnes aux revenus modestes. C’est le cas du diabète, des maladies du foie ou du pancréas, ainsi que des maladies psychiatriques et respiratoires chroniques. Le cancer, première cause de mortalité en France avec plus de 160 000 décès chaque année, faisait jusqu’à présent figure d’exception, touchant pauvres et riches de manière indifférente. Une étude menée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée en février, a toutefois révélé « un lien extrêmement fort avec la situation des individus, notamment sociodémographique », expose Thomas Wanecq, directeur général de l’institution.
Ces inégalités se manifestent notamment dans la localisation des cancers, c’est-à-dire au niveau des organes touchés par la tumeur cancéreuse. La Drees s’est basée sur les quatre cancers les plus répandus dans le pays : ceux du sein, de la prostate, du poumon et le cancer colorectal.
Le cancer du poumon est l’un des exemples les plus frappants. Entre 2013 et 2020, les hommes appartenant aux 10% les plus modestes avaient un risque 2,2 fois d’en développer un que ceux des 10% les plus aisés. C’est l’un des cancers associé à certains facteurs connus et considérés comme évitables, comme le tabagisme, l’exposition à l’amiante, ou encore l’alimentation et l’exposition au soleil.
À l’inverse, les femmes les plus aisées sont davantage atteintes de cancer du sein. Les chercheurs l’expliquent par des facteurs dits « protecteurs » chez les femmes les plus modestes, « notamment le fait d’avoir des enfants plus tôt, et probablement un accès historiquement plus tardif et moindre aux premières contraceptions hormonales orales, dont on sait qu’elles avaient été un peu surdosées et ont pu constituer un facteur de risque », détaille Hadrien Le Mer, chef de projet EDP-Santé*, l’un des coauteurs de l’étude.
Limiter les risques
par la préventionLes inégalités se retrouvent également dans la gravité du cancer. Selon les auteurs, les plus modestes développent plus souvent des cancers associés à de moindres chances de survie et subissent des formes plus agressives. « À structure par âge et sexe comparables, les 10% les plus modestes présentent un risque 1,7 fois plus élevé de développer un cancer de mauvais pronostic que les 10% les plus aisés », notent-ils.
Les chercheurs mettent aussi en avant un recours au dépistage plus élevé chez les catégories les plus aisées. « Les plus modestes ont moins souvent recours que les plus favorisés » aux trois dépistages nationaux, en raison de freins financiers, mais aussi informationnels et liés au rapport aux soins, avance une précédente étude de la Drees, citée plus haut.
Dès lors, « le risque de développer un cancer déjà métastasé au moment du diagnostic est 2,3 fois plus important chez les plus modestes que chez les plus aisés lorsque la localisation est dépistable ». Lorsque ce n’est pas le cas « les inégalités d’incidence de cancers déjà métastasés disparaissent quasi intégralement ».
« Ces résultats mettent en évidence que les inégalités sociales face au cancer se construisent à plusieurs étapes : l’exposition aux facteurs de risque, le recours au dépistage et la précocité du diagnostic. Ils suggèrent que les populations les plus défavorisées bénéficient moins des avancées en matière de prévention, ce qui pourrait contribuer ainsi au maintien des inégalités sociales de santé », conclut l’étude.
* Échantillon démographique permanent (EDP), géré par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), avec des informations issues du Système national des données de santé (SNDS), géré par la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam)
REPÈRES
L’association Sept à la rencontre des publics les plus éloignés du soin à Marseille
À Marseille, l’association Sept (Santé et environnement pour tous) se déplace à la rencontre des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) pour leur proposer des dépistages du cancer du sein, du cancer du col de l’utérus et du cancer colorectal, ainsi que des actions de sensibilisation et de rattrapage vaccinal. Les médiateurs interviennent lors de distributions alimentaires, devant les locaux de la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) ou encore à des arrêts de bus, au plus près des personnes « qui n’ont pas du tout recours aux soins, des travailleurs pauvres ou des sans-papiers », explique Yazid Atallah, président de l’association, qui lutte contre les inégalités d’accès aux soins. Sept dispose également d’une antenne à Avignon, où se tiennent des permanences de dépistage tous les vendredis de 9h à 12h.
Un centre de dépistage du cancer du sein à Cavaillon
Le centre hospitalier de Cavaillon s’est doté, en octobre dernier, d’un échographe « dédié » à l’échographie mammaire. Cette acquisition intervient dans un contexte de recul du dépistage du cancer du sein dans le département. « Avec 39%, le taux de participation à la campagne de dépistage 2023 est en net recul. Le Vaucluse se positionne parmi les dix départements les moins participatifs au programme national », regrette le centre hospitalier, dans un communiqué.
Toulon participe au programme « Impulsion »
L’hôpital Sainte-Musse de Toulon fait partie des établissements sélectionnés pour participer au programme pilote de dépistage du cancer du poumon « Impulsion », auquel participe la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce programme de recherche vise à préparer la mise en place d’un futur dépistage organisé à l’échelle nationale, explique l’Agence régionale de santé (ARS) Paca. Un test est proposé sur un site dédié afin de déterminer si un dépistage est nécessaire.
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À peine installée, l’extrême droite affiche clairement ses idées
Au soir du 22 mars, le député Hervé de Lépinau (RN) levait triomphalement les bras après sa large victoire aux élections municipales à Carpentras, faisant de lui le premier maire d’extrême droite de la capitale du Comtat Venaissin. Un peu plus de deux mois plus tard, les premières mesures et communications de la municipalité laissent entrevoir la politique qu’elle souhaite mener.
Ce vendredi 5 juin, lors du conseil municipal de Carpentras, a été votée la baisse des subventions à plusieurs structures. « Cela représente, par exemple, -31% pour la culture et -21% pour le social et la santé », pointe l’élu d’opposition et ex-maire, Francis Adolphe (DVG), dont l’arrêt total des aides au Planning familial. « C’est une association d’utilité publique, sans idéologie et apartisane. Remettre en cause son financement, c’est fragiliser un service de proximité essentiel alors que les besoins sont bien réels », regrette Patrick Botella Mondet, élu du groupe d’opposition « Ensemble, fiers de Carpentras ». Il s’interroge notamment sur la motivation de cette décision, se demandant si elle est « est idéologique ou relève d’une vision morale » et appelle « à ce que les décisions soient motivées par l’intérêt général et non pas par des convictions ».
Ce à quoi Hervé de Lépinau rétorque que « la loi indique que les collectivités ne peuvent subventionner que les associations apolitiques » et que le « Planning familial n’arrête pas de taper sur le Rassemblement national à chaque élection ». Avant de se lancer dans une tirade d’un autre temps, estimant que la structure « n’est pas là pour pourrir davantage le cerveau » des adolescents « pour aggraver cette question de l’identification de leur identité ». Une référence à une affiche du Planning familial, datant de 2022, présentant un couple au sein duquel un homme transgenre attend un enfant.
Tags de la discordeL’une des premières décisions de l’édile a notamment été de supprimer la régie agricole de la ville, dès le 1er juin. Celle-ci permettait de cultiver des fruits et légumes bios sur un terrain situé à Monteux, ensuite utilisés pour les cantines scolaires. « Une décision désastreuse » pour Olivier Ceyte, adjoint à l’agriculture sous la mandature de Serge Andrieu (DVG), battu dans les urnes en mars dernier. « Cette régie n’est pas un gadget, c’est un outil concret au service de l’alimentation des enfants. C’est une décision purement politique, guidée par la seule volonté de dynamiter tout ce que l’ancienne municipalité avait mis en place », poursuit l’ex-élu.
Si la polémique liée au chant pétainiste diffusé lors des commémorations du 8-Mai a marqué les esprits, ces dernières semaines, cette affaire relevait finalement d’une erreur de la radio locale RTV FM, qui avait diffusé une playlist dont elle n’avait pas correctement vérifié le contenu.
En attendant, d’autres décisions transpirent l’idéologie du parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Par exemple, le drapeau européen a été retiré du rond-point de l’Amitié, à Carpentras, « afin de préserver ce lieu symbolique dédié aux jumelages de la ville », assure la mairie. En lieu et place, un drapeau du Comtat Venaissin et l’emblème du Saint Mors, relique religieuse conservée dans la cathédrale Saint-Siffrein.
Ou encore certaines communications du maire-député lui-même. Comme lorsqu’il assure, le 15 mai dernier sur Facebook, que « l’extrême gauche s’amuse à salir Carpentras » en postant un mur recouvert d’affiches de résistants et du message « zone antifa ». Ce que le maire ne précise pas, c’est que ces affiches en papier recouvrent un tag de l’Active Club, une mouvance violente, masculiniste et suprémaciste, avec l’inscription « Zone faf » (acronyme de « France aux Français ») accompagnée d’une croix celtique, symbole de l’ultra-droite. D’autres tags de cette organisation sont visibles à travers la ville.
Sans oublier ceux retrouvés, le 21 avril sur les locaux du PCF. « Doit-on voir dans cette soudaine libération de la parole fasciste à Carpentras, alors que jusqu’ici notre local n’avait jamais subi aucune dégradation ni agression de ce type, un lien avec l’élection d’une municipalité à la tête du RN ? », s’interrogeait la section locale après ces dégradations.
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Fracture sociale
Le cancer n’est pas seulement une affaire de santé, c’est aussi une question sociale. Longtemps perçue comme une maladie frappant sans distinction, la pathologie la plus meurtrière dans le pays révèle au contraire des fractures sociales profondes. L’étude de la Drees en apporte une démonstration implacable. Les plus modestes sont davantage exposés aux facteurs de risque, recourent moins au dépistage et sont plus souvent diagnostiqués à un stade avancé. Résultat : des formes plus graves, et des chances de survie plus faibles.
Ce constat, les médecins le connaissent déjà. Sur le terrain, le cancérologue et élu (PCF) marseillais Anthony Gonçalves le confirme. Ce que les chiffres mettent aujourd’hui en évidence, les praticiens l’observent chaque jour : le cancer n’échappe pas aux déterminants sociaux. Il en est même l’un des révélateurs les plus douloureux.
Enjeu politique
Car ces inégalités ne relèvent pas du hasard. Elles sont le produit d’un accès inégal à l’information, à la prévention, et plus largement au système de soins. Lorsque certains se dépistent plus tôt et plus souvent, d’autres arrivent trop tard. Lorsque certains bénéficient d’un suivi régulier, d’autres renoncent, faute de moyens ou de repères.
Derrière la maladie, c’est donc un enjeu politique majeur qui se dessine. Réduire les inégalités face au cancer suppose de sortir d’une approche strictement médicale pour investir pleinement le champ social : aller vers les publics les plus éloignés, renforcer les politiques de prévention et garantir un accès effectif aux soins. À défaut, la fracture ne pourra que se creuser davantage.

![[Entretien] Romain Pitelet, CGT cheminots : « Nous sommes à la SNCF dans un état d’urgence sanitaire »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/4e5b01f1c5d151c77917410f6ee27a1f.jpg)