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  • Chez Orange, l’intelligence artificielle inquiète les salariés

    Chez Orange, l’intelligence artificielle inquiète les salariés

    « Rien ne nous confirme que l’IA ne va pas nous remplacer. » À Avignon, l’inquiétude grandit chez les conseillers clients d’Orange. Depuis décembre 2025, deux outils d’intelligence artificielle (IA) y ont été testés, avant d’être généralisés partout en France. Or, d’après le syndicat FO Com, les résultats de cette expérimentation n’ont jamais été communiqués aux salariés.

    Pour Sandra Dubois, déléguée syndicale FO Com Orange Grand Sud-Est, ces nouveaux dispositifs marquent un tournant : « L’IA s’alimente du discours des conseillers, ce qui n’était pas le cas avant. » L’un des outils juge la manière de conduire un appel, tandis que l’autre assiste en temps réel le conseiller dans ses échanges avec les clients. Les salariés redoutent les conséquences de ces dispositifs sur l’emploi. « On doit alimenter l’IA qui peut nous remplacer. On scie la branche sur laquelle on est assis », fustige Sandra Dubois.

    FO Com alerte aussi sur la dégradation des conditions de travail. Selon le syndicat, la moitié des appels sont enregistrés et analysés par l’IA, sans que les conseillers sachent à quel moment ils le sont. Les résultats, matérialisés par des croix rouges ou vertes, seraient ensuite repris pour évaluer le travail des salariés. « Les conseillers se disent fatigués, stressés et ont l’impression d’être surveillés en permanence », dénonce la syndicaliste.

    Pas d’impact sur l’emploi selon la direction

    Cette situation intervient dans un contexte de réduction des effectifs. « À Gap, on était 200 en 2014, contre 50 aujourd’hui, précise Sandra Dubois. Avec l’IA, ça va s’intensifier et des services, comme à Avignon, Aix, Toulon ou Nice, vont disparaître. »

    FO Com réclame à l’entreprise un accord pour encadrer l’usage de l’IA. Une demande restée sans réponse jusqu’à présent. Contactée par La Marseillaise, la direction d’Orange assure, de son côté, que ces outils n’ont « pas d’impact sur l’emploi ». Elle indique utiliser l’intelligence artificielle « dans le respect du dialogue social et de l’utilisation des données personnelles, conformément à la réglementation de la CNIL ».

    FO Com conteste cette lecture et indique avoir saisi la CNIL, il y a deux mois. « On veut obliger Orange à se justifier et à poser un cadre pour éviter les pratiques abusives, notamment sur l’enregistrement d’appel », insiste Sandra Dubois. L’instance ne s’est pas encore prononcée. « Le dialogue avec Orange sera possible si, grâce à la CNIL, on arrive à avoir un vrai rapport de force », conclut Sandra Dubois.

  • Des soldats du feu en alerte maximale dans les massifs

    Des soldats du feu en alerte maximale dans les massifs

    En cette nouvelle journée d’alerte maximale, ce jeudi 23 juillet, ils sont un peu moins de 1 000 hommes et femmes prêts à intervenir au moindre départ de feu dans le département, nous explique Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 (Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône), depuis le centre opérationnel. Dans les casernes, mais aussi sur le terrain. « On va prépositionner des troupes et des camions sur des zones où on va pouvoir gagner en délai d’intervention », explique-t-il, devant une grande carte où sont représentées toutes les unités.

    On y voit notamment le groupe d’intervention feu de forêt du capitaine Gabriel Setti, venu de Martigues. Là, sur un parking en terre battue, aux Pennes-Mirabeau, non loin de la zone de Plan-de-Campagne, il veille avec 17 autres collègues et 4 camions, dont un équipé d’une citerne de 6 000 litres. « C’est un emplacement stratégique. On a la sortie de l’autoroute pas loin, on peut basculer sur l’A7, l’A55 », précise-t-il, la zone commerciale toute proche étant considéré comme « à risque » avec « un massif juste à côté et beaucoup de passages ».

    Le plus dur : savoir attendre l’intervention. Patience et concentration sont essentielles. « On ne sait jamais ce qui peut se passer, cela peut vite dégénérer. D’un côté, il ne faut pas se laisser emballer, de l’autre, il ne faut pas s’engager dans un faux rythme, s’endormir », analyse le pompier. Partir en renfort dans d’autres départements reste aussi une sérieuse option, à l’heure tout l’arc méditerranéen s’embrase.

    Un camion refuge

    La question de la sécurité de tous est également au cœur des préoccupations. « Bien sûr que s’il y a des gens ou de la forêt à sauver, on ira. Mais le but principal, c’est que ce soir ou demain matin, les 18 personnes du groupe rentrent chez elles », nous confie-t-il, marqué par la perte « des collègues en Gironde et d’un autre en Savoie ». Et s’il y a bien un endroit où se réfugier, quand le feu chauffe fort, faisant fondre jusqu’au joint des casques, c’est dans les camions.

    « Ils sont tous normés avec plusieurs dispositifs, à l’intérieur ou à l’extérieur », indique-t-il, montrant du doigt les petites buses qui entourent la cabine. Actionnables par un bouton, alimentées indépendamment du réservoir, elles permettent de faire une bulle d’eau « pour protéger les personnels, mais aussi les roues pour qu’on puisse potentiellement sortir d’une zone dangereuse. Et également la pompe sans laquelle on ne peut pas approcher du feu ». Dans la cabine, en surpression, renforcée avec des barres ignifugées, les pompiers disposent aussi de masques avec des bouteilles d’air, si la fumée rentre dans l’habitacle. « On a des procédures de repli. Chacun a une action bien précise à faire, que ce soit le chef, le chef du camion, le conducteur, les équipiers, etc. », ajoute le capitaine Gabriel Setti. Histoire de se sortir de situation critique en laissant passer les flammes. S’il n’a jamais eu à déclencher la bulle d’eau, il sait d’expérience que « la zone la plus virulente, c’est le front de l’incendie. En cas de danger, il faut alors en sortir ».

    Il y a aussi les détails qui font froid dans le dos. Comme ce carré blanc peint autour des poignées. « Cela permet de les repérer quand on est dans la fumée et de monter dans le camion », complète le pompier. Autant d’aménagements issus « malheureusement » des retours d’expériences après accident. En 50 ans, 21 sapeurs-pompiers ont perdu la vie, décompte-t-on au centre opérationnel, les interventions pour incendie représentant 5 à 6% d’entre elles.

  • Deux incendies dantesques dévorent le sud

    Deux incendies dantesques dévorent le sud

    Les pompiers mènent toujours un combat dantesque contre deux mégafeux en Gironde et dans les Landes, tandis que dans le Var, l’incendie de Pontevès continue sous le coup de mauvaises conditions météo (lire ci-contre). 2 000 pompiers au total sont mobilisés (1 000 en Gironde, 500 dans les Landes et autant dans le Var) pour circonscrire ces feux, dont l’origine n’est pas encore déterminée. Mais on sait que neuf fois sur dix, l’origine est humaine : imprudence, comportement dangereux.

    Un climat d’apocalypse règne dans le Sud-Ouest, dans une région, la Nouvelle-Aquitaine, très touristique. Vendredi soir, l’incendie avait déjà parcouru 20 000 hectares en Gironde, quelque 2 600 hectares dans les Landes et 2 500 dans le Var. Pour les services de secours, la priorité absolue est la mise à l’abri des vies humaines, car les deux monstres de flammes et leurs multiples brasiers sont pour l’instant incontrôlables. Au total, vendredi, et selon un bilan provisoire, 110 000 personnes, habitants et visiteurs, ont été évacuées en Gironde, 31 000 dans les Landes et 300 dans le Var.

    Le feu « se dirige vers

    la métropole bordelaise »

    Selon le lieutenant-colonel Éric Pitault, des pompiers de Gironde, « l’arrière du feu, vers Le Porge et au-dessus, a connu un ravivement avec des reprises de feu importantes. Ce qui complique l’action de nos collègues, c’est l’intensité du foyer et le vent qui a forci et changé de direction ». « L’odeur du feu se sentait jusqu’à Bordeaux dont le ciel prenait une couleur jaunâtre. »

    Après une nuit marquée par une vitesse de propagation des flammes très rapide, malgré une « lutte acharnée » du millier de sapeurs-pompiers engagés, l’ordre a été donné, vendredi matin, d’évacuer en totalité la très touristique presqu’île du Cap-Ferret et ses 40 000 habitants estivaux. Cela se fait par l’unique route et par une noria de bateaux, selon un scénario prévu et répété l’an passé par les autorités. Vendredi soir, Sophie Brocas, la préfète de Nouvelle-Aquitaine, a annoncé que l’incendie de Lège-Cap-Ferret est « poussé par un vent d’ouest soutenu et qu’il se dirige vers la métropole bordelaise ».

    Quarante-deux sapeurs-pompiers blessés ont été pris en charge, dont neuf évacués, « tous en urgence relative », selon la préfecture. Les pompiers sont appuyés dans les airs par 4 Canadairs, 2 Dash, 3 Air Tractor et 2 hélicoptères bombardiers d’eau.

    Selon le ministre de l’Intérieur, « actuellement, on a 32 feux en cours, qui n’ont évidemment pas tous la même importance ». « On a dépassé le seuil des 50 000 hectares qui ont été brûlés depuis le 1er janvier de cette année. Par rapport à l’an passé, c’est quasiment fois trois. » Laurent Nuñez a annoncé un transfert d’une partie des moyens déployés jusqu’à présent dans le Sud-Est vers la Gironde et les Landes. Face à une situation « sous très forte tension », le président de la République a demandé vendredi aux armées « de se mobiliser pour venir en renfort maximal de la sécurité civile ». Emmanuel Macron a aussi annoncé, dans la nuit de jeudi à vendredi, avoir demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne (UE) : « Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais, ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque ». Une cellule interministérielle de crise était convoquée à 22h, vendredi, par le premier ministre.

    Après la France, l’Espagne a annoncé avoir activé le « Mécanisme européen » et demandé « quatre moyens aériens de lutte contre les incendies », indiquant que la Grèce avait « accepté la demande, offrant deux avions Canadair ». En Espagne, au moins 63 000 personnes ont déjà été évacuées ou sont confinées dans la région de Madrid en raison du « pire incendie de l’histoire » de la région, qui a déjà ravagé 6 000 hectares, selon la présidente régionale, Isabel Díaz Ayuso.

  • « Qui aurait pu prédire? »

    « Qui aurait pu prédire? »

    Sécheresse maximale, températures records, fréquentation humaine décuplée : les ingrédients propres au risque incendie dans les régions touristiques du sud de la France faisaient redouter le pire. Nous y sommes. Des méga feux rapides, violents et pour l’heure incontrôlables ravagent les Landes et la Gironde et obligent à l’évacuation de dizaines de milliers d’habitants et de visiteurs. Celui qui martyrise le Var depuis le début de la semaine continue et, dans les Hautes-Alpes, le feu dit du Bois Noir, au nom prémonitoire, a quasiment doublé de volume. Des milliers de pompiers sont à pied d’œuvre et risquent leur vie. 42 sont déjà blessés.

    Il n’y a aucune fatalité à ces catastrophes, qui n’ont rien de naturelles.
    Un véhicule en feu aurait provoqué l’incendie des landes, des travaux celui en Gironde… Neuf feux sur dix sont d’origine humaine.

    Absence d’anticipation

    L’absence d’anticipation des moyens matériels et humains pour combattre ces fléaux est le fait des gouvernements successifs d’Emmanuel Macron.

    Vendredi soir, sur TF1, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a balayé les critiques. Un déni qui ne tient pas la route. Car les différents rapports sur le dérèglement climatique, connus depuis des années, précisent que la surface des forêts de plus en plus sensibles aux incendies augmente. Les moyens doivent suivre ! La sécurité civile, au sol et dans les airs, doit être une priorité. Le coût humain, matériel, environnemental, culturel et économique des feux de plus en plus fréquents est autrement plus lourd que les nécessaires investissements pour la sécurité de tous.

  • Art Explora, un rendez-vous culturel au parc Chanot à Marseille

    Art Explora, un rendez-vous culturel au parc Chanot à Marseille

    Après deux ans d’absence, la fondation Art Explora est de retour à Marseille pour deux journées placées sous le signe de la culture. Une culture que la fondation souhaite accessible au plus grand nombre, c’est pourquoi ces samedi et dimanche ils investissent le parc Chanot à Marseille autour de trois grands rendez-vous immersifs à destination des familles et gratuits. « L’objectif de la fondation est de lever les barrières qui peuvent exister sur différents plan en ce qui concerne l’accès à la culture et aux musées », explique Lucie Avril, responsable des MuMo de la fondation Art Explora. « Il y a la barrière sociale, la barrière financière mais aussi une barrière symbolique autour des thématiques des expositions, c’est pourquoi nous en avons choisi une qui peut plaire et attirer le plus grand nombre. »

    Les arts du cirque à l’honneur cette année

    Ainsi, avec son musée mobile (MuMo) – Centre Pompidou, ce n’est pas le public qui va à l’art mais l’art qui vient au public et ce week-end, petits et grands pourront découvrir l’exposition « Pompidou Circus ». « Chaque année, le Centre Pompidou, musée national d’art moderne à carte blanche pour trouver une thématique. Cette année c’est Anne Lemonnierqui est attachée de conservation aux collections modernes qui a imaginé l’exposition », continue-t-elle. « On pourra donc découvrir des peintures, des photographies, des vidéos mais aussi des affiches, aquarelles et papiers découpés de grands artistes comme Matisse, Chagall, Dufy ou encore Bombois tous représentant les athlètes ou arts du cirque. »

    En parallèle de l’exposition deux ateliers seront proposés au sein du Palais des Arts du parc Chanot, le premier est une expérience immersive en réalité virtuelle pour plonger au cœur des cultures méditerranéennes intitulé « Merveilles de Méditerranée » et accessible dès 10 ans. Autre activité, un atelier de papier découpé autour de la série « Jazz » d’Henri Matisse en écho aux œuvres présentées dans le camion musée.

    Samedi et dimanche de 10h à 12h30 et de 17h à 21h. Le MuMo ouvrira ses portes à 11h30. Gratuit.

  • 35e édition du Festival du rythme en Cévennes

    35e édition du Festival du rythme en Cévennes

    Depuis 35 ans, le Festival du Rythme en Cévennes propose chaque année un week-end entier de concerts gratuits, dans la commune de Saint-Jean-du-Pin, dans le Gard. « Le principe est d’offrir trois concerts par soir de musiques variées, mais qui donnent toujours le sourire », affirme Karine Lopez, présidente de l’Office municipal de la culture de Saint-Jean-du-Pin, qui organise la manifestation. Environ 3 000 personnes sont attendues, dans un village qui compte seulement 1 500 habitants. « Depuis le départ, nous réunissons une équipe d’une centaine de bénévoles du village, de 18 à 80 ans. »

    Une variété de genres

    Cette année encore, la programmation est éclectique. Le vendredi 24 juillet, à partir de 19h, c’est le groupe de rock Sham’Rock Music qui inaugurera le week-end, avant de laisser place à un concert de blues Mississippi par le trio Joharpo. Le groupe Guilty Delight clôturera la soirée, avec des morceaux de blues et de soul des années 1960. Le lendemain, la soirée du samedi mettra à l’honneur les groupes The Garlic Heads (reprises pop-rock), Chicharron (cumbia afro­t-ropicale et rock psychédélique) et enfin Zarhzä (chansons urbaines balkano-latines).

    Comme chaque année, le festival proposera de quoi se restaurer ainsi qu’une buvette. « La priorité pour nous est que ce festival reste gratuit et pour cela, il faut rassembler le plus de personnes possible pour continuer de faire vivre la culture », conclut Karine Lopez.

  • [Occitanie] Au mois de juin, la chaleur a refroidi les visiteurs

    [Occitanie] Au mois de juin, la chaleur a refroidi les visiteurs

    Annulations, réservations tardives, reports de séjours… La canicule historique et précoce du mois de juin a bien affecté le secteur touristique en Occitanie. C’est ce que démontre la note de conjoncture touristique publiée le 10 juillet par l’Agence d’attractivité et de développement d’Occitanie (AD’OCC). Le document met en lumière plusieurs tendances qui peuvent se résumer par un chiffre marquant : 55% des professionnels de la région ont eu la perception d’une activité touristique « dégradée » au mois de juin. Seuls 45% l’ont jugée « satisfaisante », soit un net retrait de 16 points par rapport à juin 2025. Il s’agit d’un des plus bas niveaux enregistrés depuis deux ans.

    Il faut dire que juin 2026 a été touché par un épisode caniculaire d’exception, le hissant au rang de mois le plus chaud jamais enregistré en France (+3,8 °C par rapport à la normale), avec une canicule précoce, durable et particulièrement intense, du 17 au 30 juin. À cette période, l’Occitanie figurait alors parmi les régions les plus exposées, avec des anomalies atteignant +6 à +8 °C sur l’intérieur des terres, et 8 nuits tropicales consécutives relevées à Toulouse à partir du 20 juin. Difficilement supportables, ces températures extrêmes ont impacté l’ensemble du secteur touristique avec trois conséquences principales : des annulations de séjours, une baisse de la fréquentation (notamment sur les activités et la restauration) et même quelques fermetures partielles pour les établissements non adaptés.

    « La canicule a impacté fortement l’activité de ce mois de juin et l’annonce d’une nouvelle vague de chaleur à la suite a entraîné des annulations de séjours pour le mois de juillet », rapporte ainsi un exploitant de camping en zone rurale, interrogé par l’Agence AD’OCC. Un avis partagé également du côté du littoral, où un professionnel des activités de loisirs constate lui aussi une conjoncture très difficile, « avec pas mal d’annulations de groupes dues au prix du carburant et à la canicule ».

    Un contexte particulier

    La modification des comportements au mois de juin en Occitanie ne s’explique toutefois pas uniquement par les fortes chaleurs. Les professionnels du secteur identifient deux autres facteurs complémentaires, à savoir la hausse des prix du carburant et la baisse du pouvoir d’achat des Français. « Les réservations avaient bien démarré en début d’année, et ça s’est complètement effondré à la suite du conflit [au Moyen Orient, Ndlr.] et de l’augmentation exponentielle des carburants », constatait ainsi le propriétaire d’un gîte rural au mois de juin.

    Il faut aussi noter que le calendrier était également moins favorable que celui de 2025, puisque le week-end de Pentecôte, qui s’était déroulé les 8 et 9 juin l’année dernière, a basculé cette année au mois de mai. C’est ce qui explique qu’en juin 2026, toutes clientèles et tous modes d’hébergement confondus, la fréquentation touristique en Occitanie a légèrement reculé par rapport à juin 2025 en termes de nuitées touristiques. Cependant, à l’échelle de la période mai-juin, la fréquentation touristique de la région demeurerait globalement stable.

    Dans le détail, après un mois de mai positif pour le secteur des hébergements locatifs en plateforme, avec une progression des nuits réservées de 6% par rapport à 2025, la fréquentation enregistrée en juin a nettement fléchi, avec des réservations en baisse de 10% par rapport à l’an dernier. L’activité des hôteliers semble avoir mieux résisté que les autres, avec un taux de satisfaction de 57%, tandis que les campings affichent le niveau le plus bas du secteur (seuls 39% de satisfaits). Les perspectives de réservation pour les mois suivants restent également orientées à la baisse. Ainsi, la part des professionnels qui jugent leur niveau des réservations « encourageant » est en net retrait par rapport à 2025 pour les mois de juillet (44% ;
    -11 points), d’août (48% ;
    -12 points) et septembre (36% ; -10 points). La part des avis les plus inquiets, soit « pas du tout encourageant », s’approche quant à elle des 20%.

    Si le bilan AD’OCC de l’activité touristique du mois de juillet ne sera publié qu’au début du mois d’août, tout porte à croire que les craintes des professionnels étaient fondées et que ces tendances pourraient être confirmées par les vagues de chaleur successives du mois de juillet. En attendant, au-delà de l’inquiétude, ces tendances rendent l’activité des professionnels plus difficile à organiser et à anticiper.

  • Tourisme et canicules : ce n’est que le début !

    Tourisme et canicules : ce n’est que le début !

    « Mesurer pour comprendre. » Telle est la mission de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). En ces temps de canicules à répétition, il est temps de remettre en lumière une étude choc* de l’Insee Occitanie. Rendue publique le 19 novembre 2024, elle porte un titre brûlant d’actualité : « En Occitanie, les trois-quarts de l’offre touristique seront exposés à de fortes chaleurs en 2050 », c’est-à-dire à partir de 30°C et au-delà. Autrement dit, « 72% des lits des hébergements collectifs de la région sont situés dans des zones où les températures élevées seront les plus fréquentes à l’horizon 2050 avec plus de 35 journées où les températures dépasseront 30° C ou plus de 50 nuits tropicales par an » ; une nuit tropicale étant « une nuit où la température ne descend pas en dessous de 20°C ». L’étude de l’Insee parue il y a près de 4 ans, doit permettre aux professionnels du tourisme, aux services de l’État et aux collectivités locales de s’engager fortement sur le chemin de l’adaptation et l’atténuation d’un phénomène structurel : le réchauffement climatique. Sinon, le risque est de voir s’effriter un des piliers de l’économie régionale qui, au plus fort de l’été, génère jusqu’à 180 000 emplois, soit 7% de l’emploi marchand régional.

    L’autrice et l’auteur de l’analyse de l’Insee, Séverine Bertrand et François Hild, rappellent qu’en Occitanie « les étés 2022 et 2023 ont été marqués par des températures dépassant régulièrement les 35° C (voire 40° C) dans plusieurs départements, des niveaux rarement atteints autrefois » ; ajoutant que « les simulations climatiques les plus récentes confirment que ces phénomènes s’accentueront au cours des 25 prochaines années ». Résultat, l’Occitanie « est une des régions de France métropolitaine qui seront les plus exposées à des épisodes fréquents de fortes chaleurs, à la fois diurnes et nocturne ». L’étude de l’Insee a suivi l’évolution de la fréquence des journées de fortes chaleurs et des nuits tropicales pour la période 1976-2025 et aux horizons 2030 et 2050. L’accélération est impressionnante : sur la période 1976-2005, 2% seulement du territoire régional était concerné par les fortes chaleurs fréquentes, notamment dans l’Hérault et le Gard. Dans 4 ans, en 2030, ce sera 12% de l’Occitanie et dans 24 ans, en 2050, 50% de la surface régionale sera concernée ! Les touristes optent déjà pour des destinations au climat plus clément, notamment le littoral atlantique et du nord. Au printemps 2026, l’Insee a publié une analyse** montrant l’évolution des habitudes des vacanciers entre 2012 et 2024, sous l’impact du dérèglement climatique. « Dans ce contexte, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques augmente moins fortement en Occitanie qu’au niveau national. En Occitanie, la concentration de la fréquentation touristique en juillet et en août tend à s’atténuer au profit d’un développement du tourisme au printemps, notamment en mai. » Une évolution portée par l’hôtellerie de plein air, « majoritairement sur le littoral méditerranéen ». Un bouleversement de la saisonnalité qui va exiger des adaptations structurelles de l’économie du tourisme.

    *Insee Analyses Occitanie, n°157, novembre 2024. **Insee Analyses Occitanie n° 168, mars 2026.

    CHIFFRES

    17,5

    millions de touristes ont été accueillis en 2023 dans les hébergements collectifs marchands d’Occitanie (hôtels, campings, résidences de tourisme, villages vacances) totalisant 55,2 millions de nuitées, soit 12% des nuitées de France métropolitaine.

    2e

    région de France pour la fréquentation des campings, l’Occitanie s’est hissée en 2025 au 3e rang des régions pour la fréquentation touristique, derrière l’Île de France et la Nouvelle-Aquitaine et devant Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    125 000

    emplois en moyenne par an sont générés par le tourisme en Occitanie. Cela représente 7% de l’emploi marchand de la région. Au cœur de l’été, le secteur emploie jusqu’à 180 000 travailleurs.

  • Le Vaucluse labellisé par le Tour de France

    Le Vaucluse labellisé par le Tour de France

    En lien avec ce double événement, mais pas que, Amaury sport organisation [organisateur du Tour de France] a labellisé « deux vélos » le Département. Ce prix, jusque-là réservé aux Villes, a été ouvert aux Départements cette année. « Cette distinction vient récompenser l’ensemble des politiques publiques vauclusiennes en matière de vélo menées de longue date », se félicite le Conseil départemental. Les 165 km cumulés des 3 vélos-routes ont ainsi été salués.

  • La Girolata pour apprendre la mer en toute confiance

    La Girolata pour apprendre la mer en toute confiance

    Marseillais de cœur, Emmanuel Witvœt a grandi sur le pont d’un bateau.

    Il a fait ses classes aux Glénan, avant que la voile devienne son métier. Et venir dans le Sud, sur les pas de l’un de ses arrière-grands-pères qui était marin à Marseille. Si naviguer est sa passion, transmettre son savoir est devenu une vocation. « Le côté partage et défi, ça me botte, je sentais que la mer m’appelait » confie-t-il.

    En petit comité

    Diplôme en poche, Marseille est donc devenue son port d’attache. Et s’il propose des formations classiques, avec mise en pratique dans la rade de Marseille sur son Grand Soleil 34.1, Emmanuel accueille à son bord d’autres apprentis marins.

    Il organise régulièrement des sorties en mer pour les minots du centre social de la Belle de Mai. « Ce sont de petits groupes de quatre, ce qui nous permet de bien appréhender les gestes et de progresser rapidement. Que ces jeunes deviennent des acteurs du port sur les rives duquel ils vivent » indique-t-il.

    C’est son passage aux Glénan qui a inspiré cette initiative, « car cette école est avant tout une école basée sur la solidarité, qui accueille des blessés de guerre et des personnes victimes de violences conjugales afin de les aider à se reconstruire ».

    Sur son Grand Soleil, Emmanuel Witvœt accueille également des migrants. « Le but est de leur montrer qu’un bateau peut aussi être un élément de plaisir. Généralement ils surmontent rapidement l’appréhension de revenir sur l’eau, qui pour eux est synonyme de danger absolu, pour qu’ils la voient comme un espace ludique. »