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  • Les choses sérieuses vont commencer pour le Rouet

    Les choses sérieuses vont commencer pour le Rouet

    Après un ultime match de préparation face à la sélection des Bouches du Rhône (4 – 4), les Rouegasques ont pris la direction de Verano Brianza.

    C’est au cœur de la Lombardie, à quelques kilomètres de Milan, que les hommes au maillot jaune s’apprêtent à vivre leur premier grand rendez-vous international. Une participation à l’Euro 2026 de la Conifa, la fédération des micro-nations du football.

    « Un vieux baron a dit, au XIXe siècle, que l’important était de participer. Je lui réponds que non. L’important, c’est gagner. Et c’est ce que nos gars vont faire ! » Pierre Ie, prince du Rouet, résume la confiance qui anime le groupe de Lucien Jaselme.

    Celui qui, dans sa jeunesse, a évolué en Ligue 2 à l’AS Aixoise, et connu quelques sélections en équipe de France juniors, sous les ordres d’un certain Georges Boulogne, a su trouver les ingrédients pour construire un groupe solide et solidaire. Un groupe capable de se qualifier pour une phase finale d’un tournoi majeur après moins d’un an d’existence.

    Pour déterminer le groupe qui ira en Lombardie, il a testé une centaine de joueurs. « Notre inscription à la Conifa a été acceptée, grâce à notre dossier qui était en béton », souligne-t-il. Alors que l’Alsace et l’Occitanie ont été recalée, le Rouet a pu se lancer dans les éliminatoires. Terminer invaincu et décrocher la timbale.

    «C’est un plaisir de travailler avec un tel groupe. Les gars sont sérieux, ils se sont préparés comme des pros, et c’est un véritable plaisir que de les retrouver pour lancer l’aventure de l’Euro» poursuit le sélectionneur national.

    Le Tessin en ouverture

    C’est au Beach café de la plage du Rouet qu’a eu lieu la dernière réunion, avant le grand départ. C’était l’occasion de présenter aux partenaires les 20 joueurs qui composent la sélection nationale. Et d’évoquer l’objectif sportif.

    «Sur ce que j’ai vu lors des derniers matches de préparation, mes joueurs sont très affûtés. Je peux donc dire que nous y allons pour rapporter le titre» insiste Lucien Jaselme. Pour lui, «tout va se jouer sur le premier match. Le gagner nous lancerait idéalement dans la compétition».

    Un premier match, mardi à 14 heures, face au Tessin. Une équipe qui fut leur premier adversaire lors des éliminatoires et que les Rouegasques avaient nettement dominé. «C’est Chypre du nord qui sera déterminant», poursuit le sélectionneur. «Ce sont les favoris, ils ont quelques joueurs évoluant en D1 turque». Réponse jeudi, à partir de 17h30. L’autre groupe se compose du Groenland, la Padanie et la Rhétie. Le premier de chaque groupe sera en finale. Pour les autres, suivront des matches de classement, le samedi.

    Trente accompagnateurs vont faire le voyage avec les joueurs. Pour les autres supporters rouegasques, une fan zone sera mise en place au Beach café sur la plage du Rouet. Quant aux rencontres, elles seront diffusées sur le site Conifatv.com

    Après l’Euro, la Principauté du Rouet songe au Mondial

    Pour les dirigeants de la sélection nationale du Rouet, participer à l’Euro des micro-nations n’est qu’une étape.

    Ils souhaitent ancrer leur formation, et leur nation, dans le paysage sportif et la géographie mondiale. Ainsi, après l’aventure en Padanie, d’autres projets sont sur le grill. Une tournée au Groenland est ainsi dans les cartons, ainsi que l’accueil de l’équipe du Penjab.

    Jérôme Baboulet et ses collègues travaillent également à organiser un match amical face à une sélection nationale Fifa, ce qui serait une première dans l’histoire de la Conifa. Enfin, la Principauté souhaiterait organiser la Coupe du Monde sur la Côte Bleue. Peut-être dès 2028.

  • Tomili Moirabou, de la Mars Cup à l’équipe fanion de Istres FC

    Tomili Moirabou, de la Mars Cup à l’équipe fanion de Istres FC

    Dans le football, certains parcours suivent une trajectoire toute tracée, tandis que d’autres empruntent des chemins plus sinueux. Celui de Tomili Moirabou, surnommé « Faïz » par ses proches, appartient incontestablement à la seconde catégorie. Formé à l’US Cheminots Grande Bastide dès l’âge de 10 ans, le Marseillais de 22 ans, originaire de la cité Maison Blanche dans le 14e arrondissement, a dû surmonter plusieurs obstacles avant de voir son talent reconnu. « Après les Cheminots, j’ai joué pendant sept saisons au SO Caillolais. Lorsque je suis arrivé en U19, je souhaitais rester au club pour évoluer au niveau national, mais il n’a pas souhaité me conserver », raconte le joueur d’origine mahoraise, arrivé en métropole à l’âge d’un an. Confronté à ce premier revers, Faïz décide alors de prendre du recul.

    Durant une saison blanche, il rejoint l’académie Garrincha, une structure spécialisée dans les stages de perfectionnement située à proximité de son quartier d’origine. « Cette expérience m’a permis de me préparer au monde senior », explique-t-il. Ses progrès lui ouvrent ensuite les portes de l’équipe réserve d’Aubagne FC. « J’ai eu l’occasion de m’entraîner à plusieurs reprises avec l’équipe première. Mais le club n’a finalement pas donné suite pour m’intégrer durablement au groupe », poursuit l’ailier gauche.

    Le tournant l’été dernier

    À l’issue de la saison 2024-2025, Tomili Moirabou participe à l’aventure de la Mars Cup, le prestigieux tournoi des quartiers marseillais. Aligné sous les couleurs de Saint-Just, il contribue au beau parcours de son équipe, qui atteint les demi-finales de la compétition. « Je savais que ce tournoi pouvait offrir de véritables opportunités aux joueurs qui y participent », confie celui qui décroche dans la foulée une place au sein du Carnoux FC, en National 3.

    Au fil des éditions, la Mars Cup s’est imposée comme une formidable vitrine pour les talents locaux. Plusieurs joueurs aujourd’hui reconnus y ont fait leurs premiers pas sous les projecteurs, à l’image de Yacine Benhattab, dit « Zino », ancien joueur d’Aubagne qui a évolué cette saison avec le Stade de Reims en Ligue 1 (prêté par le FC Nantes). Autre exemple, le Marocain Gessime Yassine, vainqueur de l’épreuve avec La Viste en 2024 avant de participer à l’épopée du RC Strasbourg jusqu’aux demi-finales de la Coupe de France 2026. À son tour, Tomili Moirabou espère transformer l’essai. Ses qualités de percussion, sa vitesse, son explosivité et sa capacité à évoluer sur plusieurs postes offensifs ont convaincu l’Istres FC, pensionnaire de National 2, de lui offrir sa chance dès la saison prochaine. À lui désormais d’écrire la suite de son histoire.

    Début de la 7e édition

    L’édition 2026 de la Mars Cup, célèbre tournoi des quartiers marseillais, a débuté dimanche 31 mai avec les premières rencontres des phases de poule au stade La Martine. Les huit équipes en lice vont s’affronter lors de chaque dimanche du mois de juin. Les deux meilleures formations de chaque poule seront qualifiées pour les demi-finales, qui se tiendront le 24 juin. La grande finale aura lieu le 28 juin. Entre-temps, la compétition féminine et le tournoi juniors se produiront le week-end du 13 et 14 juin au stade Pierre-Delort.

    Billetterie disponible via la plateforme Shotgun

  • « Foot 2 Meufs » encourage l’émancipation féminine

    « Foot 2 Meufs » encourage l’émancipation féminine

    Utiliser le football comme outil de lien social, d’expression et de réappropriation de l’espace public. Telle est l’ambition portée par Archipel 13, association marseillaise d’éducation populaire, sportive et artistique, à travers son événement « Foot 2 Meufs ». Organisée en partenariat avec l’US Endoume Catalans, cette deuxième édition, mêlant football féminin, culture, pratiques artistiques et initiatives associatives, s’est tenue dimanche au stade Francis Di Giovanni.

    Sortir des préjugés

    « Le projet est parti du besoin d’un groupe de filles qui expliquaient qu’il leur était compliqué de pratiquer le football, que ce soit à l’école ou en club », raconte Léna Jimenez, cofondatrice de l’association. Elle souligne notamment que certaines jeunes filles se heurtaient à des difficultés financières pour assumer le coût de la licence et de l’équipement nécessaire. Mais l’obstacle principal résidait surtout dans le regard porté sur elles. « Elles recevaient sans cesse des jugements, y compris de la part de leur entourage. Nous avons donc voulu apporter une réponse à ce problème », insiste l’ancienne présidente. Dans l’imaginaire collectif, le football reste encore trop souvent considéré, à tort, comme un sport masculin. Au fil de ces temps de partage autour du ballon rond, l’association a également ouvert la réflexion à d’autres thématiques. Des ateliers culturels, comme la photographie, mais aussi des échanges autour de questions sociétales, notamment sur la place des femmes et des personnes minorisées dans le football, ont ainsi trouvé leur place au sein du projet.

  • Le PSG a doublé la mise en finale de la Ligue des Champions

    Le PSG a doublé la mise en finale de la Ligue des Champions

    En manquant le cadre sur le cinquième tir au but de son équipe, Gabriel a offert au PSG sa seconde Ligue des Champions.

    Ironie de l’histoire, les Parisiens vont pouvoir broder une seconde étoile sur le maillot grâce au coup de pouce d’un ancien de Ligue 1. En effet, avant de rejoindre Arsenal en 2021, Gabriel a porté le maillot de Lille durant deux saisons. Une seconde étoile qui a été plus dure à décrocher que la première.

    Car la finale à Budapest face aux Gunners anglais a été plus indécise que celle de Munich, où le PSG avait surclassé l’Inter (5-0). Il aura fallu l’habituel penalty providentiel, transformé par Ousmane Dembélé peu après l’heure de jeu, pour que les Parisiens reviennent dans le match.

    La suite est connue. Arsenal a joué la montre, misant sur les tirs au but. Et c’est le PSG qui s’est montré plus efficace dans cet exercice. « Le secret, ça a été de ne rien changer. Nous avons fait ce que nous devions faire… Nous avons un entraîneur qui nous pousse vers l’avant, depuis le premier jour du retour de vacances, il nous a parlé de ce deuxième titre. Il nous a montré le chemin… Le Paris Saint-Germain mérite d’être tout en haut », a confié Marquinhos, le capitaine parisien.

    Passage à l’Élysée

    Après une première nuit de célébrations dans la capitale hongroise, mais aussi à Paris et un peu partout en France, avec leurs cortèges d’exactions (lire ci-contre), la délégation parisienne est rentrée au pays.

    L’avion a quitté la Hongrie en début d’après-midi. Mais dès le petit matin, ils étaient près de 100 000 à se masser sur le Champ de Mars, à Paris, où était prévu un défilé des désormais doubles champions d’Europe.

    Malgré la chaleur et la très longue attente, le vol des Parisiens ayant pris du retard, la foule est restée. Ainsi que celle massée aux abords du Parc des Princes, point d’orgue annoncé de commémorations qui sont passées par un stop dans les jardins de l’Élysée, où Emmanuel Macron a reçu la délégation parisienne.

    Pour faire monter l’ambiance, des écrans géants diffusaient le voyage des deux bus des joueurs, partis de Roissy à 17h30. Des animations musicales, avec des concerts en direct, avec la Tour Eiffel en toile de fond, accompagnaient les acclamations de fans prenant leur mal en patience. Ainsi, des « Ousmane ballon d’or » ont fusé à plusieurs reprises pour saluer la performance du
    buteur parisien Ousmane Dembélé, tenant du trophée et désormais favori à sa succession. « La Marseillaise » a même été entonnée.

    C’est à 18h09 exactement que le cortège a débuté son défilé sur le Champ de Mars. En sortant par le grand portail de l’École militaire les coéquipiers de Marquinhos ont fait leur triomphale apparition devant le peuple de la capitale. Le capitaine brésilien du PSG portant la coupe aux grandes oreilles en tête du cortège remontant vers la Tour Eiffel.

    La fête gâchée

    Laurent Nuñez a annoncé dimanche que 780 personnes avaient été interpellées dans 71 villes de France lors des festivités consécutives à la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions.

    Le ministre de l’Intérieur a précisé que ces interpellations avaient donné lieu à 457 gardes à vue. Il a souligné qu’il y avait eu en France « 219 participants blessés dont huit graves, ainsi que 57 représentants des forces de l’ordre ».

    Avant que le parquet de Paris ne confirme le décès d’une personne, victime d’un accident sur le boulevard périphérique, obstrué par des blocs de béton.

  • Yannick Noah en animateur à Château-Gombert

    Yannick Noah en animateur à Château-Gombert

    Dimitri n’en revient toujours pas. Lui qui participait à sa première séance de tennis-fauteuil a échangé quelques balles avec Yannick Noah.

    « Franchement, je suis tout bizarre. C’est un énorme champion, mais il est très gentil et m’a donné de très bons conseils », a confié le jeune Aubagnais, fan d’AC/DC. Eva, qui découvrait le céci-tennis, savoure, elle aussi, son bonheur. « C’est exceptionnel de vivre un tel événement. Je vais pouvoir raconter ça à mes amis. En plus, il est sympa, génial et avenant. »

    Celui qui était l’entraîneur de l’équipe de France de tennis aux Jeux paralympiques de Paris n’a pas hésité une seconde quand il lui a été demandé de prolonger l’expérience en devenant le parrain du Para-tennis tour, mis en place par la Fédération française de tennis. « J’ai adoré ce que j’ai vécu aux Jeux et continuer à promouvoir le tennis inclusif est un grand plaisir pour moi », a confié le champion, après avoir échangé quelques balles et donné des conseils à plusieurs joueurs, venus découvrir les quatre disciplines du jour.

    « Ce tour de France, c’est l’occasion de faire connaître les passerelles qu’offrent les diverses pratiques du para-tennis. À chaque fois, je partage de très bons moments, chargés en émotions », poursuit-il. Outre de découvrir qu’il est possible, malgré un handicap, de pratiquer un sport, les séances sont autant de rendez-vous thérapeutiques qui aident à la reconstruction.

    Au sein du Tennis Club de Château-Gombert, il y a les structures pour accompagner ceux que cela peut intéresser. Le club est une référence nationale et prête les fauteuils adaptés pour les débutants.

  • Les rugbymen aixois ont rendez-vous avec leur histoire face au RC Vannes

    Les rugbymen aixois ont rendez-vous avec leur histoire face au RC Vannes

    Le rêve est désormais à portée de main. Grâce à leur succès vendredi à Colomiers, en demi-finale du championnat de Pro D2, les rugbymen aixois n’ont plus qu’une seule rencontre à remporter afin d’obtenir leur billet pour le Top 14. Mais si la voie vers la montée semble courte, le plus dur reste à faire : battre Vannes, leader incontesté tout au long de la saison, sur la pelouse emblématique du Stade Toulousain. « Je suis donc content de la victoire, content pour le club -car c’est la première finale de son histoire-, content pour les joueurs aussi, parce que c’est la septième victoire d’affilée. Mais il ne faut surtout pas s’emballer : ce n’est qu’une demi-finale, il reste un match. Et c’est un match à gagner », a précisé Philippe Saint-André, le manager de la formation aixoise. Pour le futur déplacement au stade Ernest-Wallon, Provence Rugby ne pourra pas compter sur l’ailier Adrien Lapègue, exclu pour un deuxième carton jaune contre Colomiers.

    Solutions au poste de 3/4

    « C’est quelqu’un d’important dans l’équipe qui a gagné sa place de titulaire en fin de saison. Mais je me souviens aussi que nous étions allés gagner à Valence-Romans sans lui. J’ai beaucoup fait tourner toute la saison. Donc oui, nous avons des solutions, pas de rechange, mais d’autres solutions au poste de trois-quarts », a indiqué l’ancien sélectionneur du XV de France, qui disputera la huitième finale de sa carrière. Mais ce sera avant tout la grande première pour le club aixois au bout de la troisième tentative.

  • [Entretien] Rima Abdul-Malak : « Ce n’est pas ChatGPT qui va faire des reportages dans le Sud-Liban »

    [Entretien] Rima Abdul-Malak : « Ce n’est pas ChatGPT qui va faire des reportages dans le Sud-Liban »

    La Marseillaise : Les défis liés
    à l’intelligence artificielle
    seront abordés lors de ce congrès. Comment appréhender ce que certains qualifient de «révolution» ?

    Rima Abdul-Malak : Ce n’est pas le cas en France grâce à notre législation sur les droits voisins mais ailleurs, quand on effectue une recherche sur Google, l’IA en fait le résumé. Ce qui signifie qu’on n’a plus la liste des articles sur lesquels on peut cliquer. Ces AI Overview [fonctionnalités intégrées au moteur de recherche Google Ndlr], drainent tout une part de trafic qui avant allait vers les articles de presse. Le New York Times a, par exemple, perdu 40% de son trafic en quelques mois. Ce phénomène touche l’ensemble des médias. Mais l’IA peut aussi être un outil, notamment sur les traductions qui nous prennent beaucoup de temps. Nous avons des projets de développement vers l’Amérique du Sud avec des produits spécifiques comme des newsletters, par exemple. L’IA sera un outil pour nous aider à aller plus vite, même s’il faudra toujours de la relecture et de vrais journalistes pour éditer. On essaie de voir les opportunités de l’IA et de se prémunir face aux menaces. Face à cette ère de l’intelligence artificielle, notre capital principal, c’est l’humain. Ce n’est pas ChatGPT qui va faire des reportages dans les villages du Sud-Liban pour décrire ce qui s’y passe.

    « L’Orient-Le Jour » est un média indépendant, ce qui est rare
    dans la région. Comment vous
    tenez financièrement et réussissez
    à vous développer
     ?

    R.A.-M. : On tient par le soutien de nos actionnaires qui compensent notre déficit même s’il n’est pas aussi énorme que d’autres médias ainsi que par quelques dons et mécènes. Mais les abonnements restent le pilier de notre modèle économique donc on ne peut pas se permettre de les perdre et on doit aller en chercher des nouveaux. Ce n’est pas pour autant qu’on va renoncer à nos projets de développement. Le pire face à l’IA, c’est d’être tétanisé, sidéré et de se recroqueviller sur un modèle ancien. Il faut au contraire innover, expérimenter, tester des nouvelles choses, quitte à se tromper mais en tout cas essayer.

    Votre journal est-il ciblé
    par des prédateurs ?

    R.A.-M. : Des prédateurs, non, mais on vit des pressions multiples parce qu’il y a toujours des articles qui ne plaisent pas à certains : partis politiques, chefs d’entreprise, etc. On peut avoir des procès, des intimidations, des menaces. On n’est pas très bien vu par le Hezbollah puisqu’on est très critique de son idéologie et de sa stratégie. Au début de la guerre, une cyberattaque menée par un groupe, les Fatimides, se revendiquant de la mouvance du Hezbollah, a ciblé la MTV (Murr Television), une grande télé libanaise. On s’est dit que ça pouvait nous arriver donc on a dû renforcer notre sécurité informatique. La situation de polarisation et de guerre qu’on vit nous oblige à être extrêmement vigilants et à redoubler tous les efforts de sécurité. Quand on a des journalistes qui se déplacent, par exemple dans le Sud-Liban, là, c’est la crainte, plutôt, d’être ciblés par Israël. Vingt et un professionnels de la presse locale ont été tués depuis deux ans et demi. On a toutes ces menaces et pressions cumulées mais on n’a pas eu de tentative de rachat ou d’OPA sur notre journal. Depuis 101 ans, on a un actionnariat divisé en quatre familles, ce qui donne à la fois une certaine diversité et une solidité. Leurs descendants, continuent, pour l’instant, à tenir très précieusement à ce média, espérons que ça dure. Ce qui fait notre différence, c’est qu’on n’est financé ni par des partis politiques ni par des monarchies du Golfe contrairement à tous les grands quotidiens autour de nous. La rédaction a une totale liberté.

    Comment informer dans un théâtre de guerre comme c’est le cas actuellement au Liban ?

    R.A.-M. : C’est aussi une guerre de l’information donc il y a énormément de manipulations, de désinformation, de récits alternatifs. Là aussi, l’IA est utilisée pour produire des fausses informations, de vidéos et de photos. On a dû renforcer dans la rédaction tout ce qui est fact-checking, vérification des sources, recouper toutes les informations, vérifier et analyser les vidéos amateurs qu’on reçoit avant de les publier. C’est l’intérêt de chaque protagoniste du conflit de produire des informations qui servent sa propagande.

    Ministre de la Culture, vous étiez l’une des rares à exprimer vos inquiétudes face à la montée de l’extrême droite notamment lors
    de la reprise du «
     JDD » par Vincent Bolloré. Quel est votre regard
    sur le paysage médiatique français
     ?

    R.A.-M. : Mes inquiétudes exprimées en 2022-2023 se confirment. Il n’y avait pas beaucoup de voix qui s’élevaient à l’époque, malheureusement. Est-ce que c’est trop tard ? Il n’est jamais trop tard mais il est un peu tard quand même. Ces médias, maisons d’édition, réseaux de distribution sont déjà aux mains de Vincent Bolloré et de ses entreprises. Mais il y a d’autres acteurs dans le paysage, littéraire, médiatique, audiovisuel, cinématographique, qui permettent de préserver un minimum de diversité. À cela s’ajoutent les aides du ministère de la Culture destinées à la presse, au cinéma, à l’édition. À un an de l’élection présidentielle, il faut faire de la pédagogie, expliquer à quoi servent ces aides, pourquoi il y a un audiovisuel public en France et que sa privatisation serait une énorme erreur économique, sociétale et culturelle. Ce n’est pas un sujet de droite ou de gauche mais de service public et de diversité de l’écosystème. Si jamais l’extrême droite arrive au pouvoir en France -ce que personnellement, je ne souhaite pas- le risque, c’est que tout cela soit coupé.

  • La CGT appelle à venir soutenir Galéoté et Cristalli

    La CGT appelle à venir soutenir Galéoté et Cristalli

    Accusés d’« abus de confiance » dans le cadre de la gestion des comptes du Comité social et économique (CSE) du Grand port maritime de Marseille, Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du GPMM, et Bernard Cristalli, ancien trésorier du Comité d’entreprise, seront fixé sur le sort que la justice leur réserve, lundi 1er juin.

    « Criminalisation

    de l’action syndicale »

    « Cette date doit être un moment fort de la solidarité et de la mobilisation pour toutes celles et ceux attachés aux libertés syndicales », lance l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, qui appelle à un rassemblement devant le Tribunal judiciaire à 8h, en soutien à leurs deux camarades contre lesquels ont notamment été requis, le 28 avril dernier, 18 mois de prison avec sursis et une peine d’inéligibilité de 5 ans.

    Aux yeux de la CGT, pas de doute. Cette pression judiciaire participe à la « criminalisation de l’action syndicale. En plus d’essayer d’affaiblir le syndicat CGT du GPMM et de Fluxel, cette attaque illustre la volonté du gouvernement et du patronat d’accélérer le démantèlement des activités industrielles, portuaires, et plus largement, le remodelage de notre département », alerte l’UD CGT 13. Comme le soulignait la semaine dernière Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional de la CGT Paca, « on a plus que l’impression que c’est l’activité de la CGT, ultra-majoritaire sur le port, qui est visée […]. En remettant en cause les fonctionnements des CSE, on remet en cause la démocratie sociale ».

  • Toulon finit sa saison à Mayol par une victoire de marque

    Toulon finit sa saison à Mayol par une victoire de marque

    Une victoire pour l’honneur. Les rugbymen toulonnais se sont offert les doubles champions d’Europe de l’Union Bordeaux-Bègles, dimanche après-midi au stade Félix-Mayol, lors de la 25e et avant-dernière journée de Top 14 (27-22). Ce douzième succès de la saison ne change rien au destin des Varois : ils pointent toujours à la neuvième place du championnat et ont trop de points de retard sur le top 6 qualificatif pour les phases finales afin de rattraper leur retard lors de la dernière journée.

    Jaminet en héros

    Face à une équipe bordelaise largement remaniée, après la longue campagne européenne concluante, les Rouge et Noir ont rapidement pris les devants grâce à la réactivité du demi d’ouverture argentin Tomas Albornoz. Dominants en première période, les protégés de Pierre Mignoni ont profité des nombreuses erreurs girondines pour inscrire un troisième essai avant la mi-temps, par l’intermédiaire d’un essai inscrit par l’ailier fidjien Setariki Tuicuvu. « On arrive à trouver de l’avancée, on arrive à produire du jeu. C’est un peu le maître mot qu’on s’est dit sur les deux dernières semaines qui nous restent : prendre du plaisir et rendre hommage aux mecs qui vont faire leur dernière à Mayol », souligne au micro du diffuseur l’arrière tricolore Melvyn Jaminet, comme à son habitude impérial au pied et héros de l’après-midi toulonnaise. Au-delà d’avoir transformé chaque essai varois, l’ancien pensionnaire du Stade Toulousain a inscrit les deux pénalités décisives en fin de match pour offrir la victoire aux siens. Ce succès de marque n’efface pas la saison ratée des Rouge et Noir, mais elle fait beaucoup de bien à leur moral.

    TOULON 27 (21) BORDEAUX 22 (7)

    25e journée de Top 14

    Stade Félix-Mayol, à Toulon

    Arbitre : Adrien Marbot

    Essais : Albornoz (14’, 34’), Tuicuvu (40+2’) pour Toulon ; Falatea (24’), Tameifuna (43’), Buros (66’) pour Bordeaux

    Transformations : Jaminet (14’, 34’, 40+2’) pour Toulon ; Reus (24’, 43’) pour Bordeaux

    Pénalités : Jaminet (69’, 80’) pour Toulon ; Reus (51’) pour Bordeaux

    Carton jaune : Uberti (18’) pour Bordeaux

    TOULON : Jaminet – Tuicuvu, Brex, Frisch, Ferté – Albornoz (Garcia, 73’), Serin (cap.) (White, 61’) – Coulon, Mercer, Quere-Karaba (Shioshvili, 61’) – Alainu’uese (Javakhia, 61’), Mézou (Kpoku, 51’) – Sinckler (Gigashvili, 51’), Baubigny (Damond, 51’), Gros (Ametlla, 51’).

    Manager : Pierre Mignoni

    BORDEAUX : Buros – Uberti, Mousquès (Retière, 56’), Moefana, Tambwe (Rayasi, 56’) – Reus, Page-Relo (Lucu, 27’) – Palu, Matiu, Swinton – Jacobs, Zapedowski (Bochaton, 49’) – Falatea (Tameifuna, 41’), Sa (Lamothe, 41’), Poirot (cap.) (Boniface, 41’).

    Manager : Yannick Bru

  • La stratégie de la CGT en débat lors de son 54e congrès

    La stratégie de la CGT en débat lors de son 54e congrès

    De notre envoyé spécial Amaury Baqué

    Pendant une semaine, Tours devient la capitale du syndicalisme à l’occasion du 54e congrès de la CGT.

    Du 1er au 5 juin, l’organisation syndicale va débattre de son bilan et définir sa stratégie pour les trois années à venir. « C’est un grand moment démocratique. On se réunit pour faire le point sur l’activité du mandat écoulé mais aussi pour discuter des orientations qu’on mettra en application », résume, ce dimanche au parc des expositions de Tours, Fabienne Rouchy, secrétaire confédérale. La CGT doit aussi élire sa future direction confédérale, incarnée actuellement par Sophie Binet, secrétaire générale qui a pris le relais de Philippe Martinez lors précédent congrès à Clermont-Ferrand en mars 2023. Si ce dernier avait été pour le moins houleux, ce nouveau temps crucial pour l’organisation s’annonce plus calme. « Il va être apaisé. Mais heureusement, la CGT avec 600 000 adhérents, n’est pas monolithique. L’objectif c’est de se renforcer et de se rassembler, de s’écouter et de dépasser les divergences », poursuit Fabienne Rouchy.

    Mais ce congrès n’en sera pas moins intense puisque l’objectif affiché est de faire face à plusieurs enjeux majeurs. « On porte des orientations fortes et on travaille sur ce qu’on va cibler comme combat. Je pense à la lutte contre les idées d’extrême droite, on a l’élection présidentielle qui se profile », développe Fabienne Rouchy, également membre de la commission chargée du document d’orientation. De plus de 80 pages, c’est ce dernier qui va être en débat lors de ce marathon syndical. Concrètement, les congressistes doivent se prononcer, amender et travailler sur 3 thèmes du document : « renforcer notre organisation », « peser syndicalement sur les transformations du travail » et « stratégie des luttes ». Au sein de ces thèmes, on retrouve des résolutions qui traitent d’organisation interne comme « doubler la tournée confédérale des saisonniers sur le mandat », jusqu’à la mise en place d’une « planification CGT pour poursuivre le travail sur l’interdépendance des filières […] comme cela a pu être fait jusqu’à la victoire pour la centrale de Gardanne ». Mais aussi des propositions sur le rôle politique et social de l’organisation.

    L’international au cœur

    de la démarche

    In fine, c’est la manière dont la CGT entend se développer et lutter contre la régression sociale qui va être déterminée lors du congrès. Par exemple, les congressistes doivent se positionner sur plusieurs revendications offensives : « campagne sur les 32 heures hebdomadaires sans perte de salaire » ou encore « travailler les moyens de coordonner des actions bloquantes sur l’économie ». Les sujets épineux qui avaient agité les débats lors du congrès précédent, comme le rapprochement avec la FSU, sont aussi au programme puisqu’il est proposé de « développer le lien avec la FSU à travers la “maison commune” ».

    De même que les questions internationalistes et le lien de la CGT avec les organisations CSI et CES (Confédération syndicale internationale et de la Confédération européenne des syndicats) plutôt que la FSM (Fédération syndicale mondiale) est aussi au menu. Car une large part des débats est dédiée à l’international, entre montée mondiale de l’extrême droite et « guerre commerciale ». Dès dimanche, l’organisation a mis les petits plats dans les grands avec un « meeting international pour la paix » qui a rassemblé des syndicalistes du monde entier : Palestine, Burkina Faso, Japon, Ukraine… Plus tôt, c’est l’économiste Gabriel Zucman qui était à la tribune pour évoquer sa taxe éponyme. De même que deux tables rondes se sont déroulées dimanche avec la participation de syndicalistes népalais, indiens, marocains, cubains ou encore égyptiens… De quoi mettre en jambes les congressistes avant le gros du morceau. Et notamment le vote du rapport d’activité, le mardi, qui permet de juger l’appréciation du bilan de la direction sortante.

    AU PROGRAMME

    Lundi. Accueil des délégués puis début du 54e congrès, avec un discours d’ouverture de Sophie Binet.

    Mardi. Débats et vote du rapport d’activité, puis temps fort sur la Palestine. Conclusion avec un « grand meeting international contre l’extrême droite ».

    Mercredi. Travail sur le document d’orientation avec débats et vote du thème 1 « renforcer notre organisation ». Puis vote du thème 2 « peser syndicalement sur les transformations du travail » avec un « temps fort féministe » entre les deux.

    Jeudi. Poursuite du travail avec le vote du thème 3 « stratégie des luttes ». Puis vote global du document et présentation et vote de la direction confédéral.

    Vendredi. Présentation de la nouvelle direction, avec discours du, ou de la, secrétaire général(e).