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  • Dans le Var, une lutte toujours plus intense contre le feu

    Dans le Var, une lutte toujours plus intense contre le feu

    Selon la préfecture du Var, « les reprises de feu se sont renforcées du côté de Barjols, Correns et Châteauvert », ce lundi. Mais ces réactivations, à Barjols et à Correns, « ont pu être circonscrites grâce à l’action des moyens aériens et des équipes au sol », précisait le point de situation des services de l’état, lundi à 22h. Les autorités soulignent que le feu « n’est toujours pas fixé » et que les sapeurs-pompiers « luttent toujours d’arrache-pied » pour contenir le feu « dans son périmètre ». Cette journée était signalée comme « à risque » par les autorités avec la reprise du mistral et des températures élevées. 4 500 hectares ont brûlé et des milliers de personnes évacuées.

    Les moyens aériens, jusque-là composés de trois hélicoptères bombardiers d’eau dont un lourd, ont été renforcés, avec « trois Canadair arrivés sur zone ». La nuit « devrait être plus calme avec la tombée du vent et un taux d’humidité de l’air plus important », espérait la préfecture, lundi soir. Avant d’ajouter : « Les 1 000 sapeurs-pompiers et leurs 270 engins au sol vont profiter de cette accalmie pour poursuivre le travail sur les lisières qui représentent un linéaire de 160 km en tout, afin de contenir le feu, alors qu’une brise de sud-est est attendue pour mardi après-midi ».

    Le bilan matériel s’est alourdi. Les services de l’état recensaient, lundi soir, 60 habitations touchées, dont 33 entièrement détruites. Dans des périmètres toujours sous consignes d’évacuations, les forces de l’ordre ont signalé, lundi, des personnes qui regagnaient leurs habitations. « Ces comportements les mettent en danger et entravent l’action des services engagés sur le terrain », condamne la préfecture.

    Une centaine de militaires est mobilisée de « en arrière du front, pour aider les sapeurs-pompiers à traiter les lisières », précise la préfecture. Les massifs ont également été mis sous surveillance avec 500 personnes sur le terrain et 50 patrouilles ont été déployées.

    Lundi, en fin de journée, un camion-citerne « s’est retourné et est tombé en contrebas de la route alors qu’il se rendait sur un feu », précise la préfecture. Elle ajoute : « Les quatre sapeurs-pompiers du Var présents à l’intérieur ont été transportés vers les hôpitaux de Toulon et de Brignoles. Les premiers examens ont confirmé le caractère léger de leurs blessures. »

  • La solidarité, mais pas que

    La solidarité, mais pas que

    Une nouvelle canicule est annoncée pour ce mardi par Météo-France avec un pic d’intensité le mercredi 29 juillet. Encore une. Avec des pointes à 40 °C sur le Sud-Ouest. Bref, des températures qui ne vont pas aider à la lutte contre les incendies. Face à la tourmente, des actes de solidarité émergent. Ainsi la cagnotte lancée dans tout le pays par le Secours populaire qui, fidèle à ses valeurs, appelle aux dons financiers pour répondre aux besoins immédiats et accompagner les familles sinistrées dans la durée. Ou encore les agriculteurs qui dans le Var comme en Gironde, avec leurs tracteurs ou de simples utilitaires, prêtent main-forte aux pompiers, remplissant cuves et autres citernes ou piscines qui fournissent de précieuses réserves aux soldats du feu.

    L’heure des comptes viendra

    Si la solidarité est fondamentale, tout ne peut pas reposer sur ses épaules et la lutte terminée viendra l’heure des comptes. Déjà la colère gronde face au manque d’équipement. Nul ne se satisfait des cris d’orfraie des proches de Gabriel Attal accusé d’avoir empêché l’achat de deux canadairs. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a beau crier à la manipulation politique, les faits sont là. En 21 février 2024, un décret signé par celui qui a alors la casquette de ministre des Comptes publics a annulé « près de 53 millions d’euros du programme 161 » destinés à l’acquisition d’appareils supplémentaires. Résultat : si en 2024 l’achat de 4 canadairs avait été annoncé, seulement deux ont été contractualisés.

    La colère est telle qu’Emmanuel Macron est monté au front hier, se rendant en Gironde pour appeler à « rester unis » pour « gagner » cette longue bataille. mais l’heure des comptes viendra.

  • L’été des Petits Frères des Pauvres contre l’isolement des aînés à Marseille

    L’été des Petits Frères des Pauvres contre l’isolement des aînés à Marseille

    Pour que les personnes âgées ne soient pas seules pendant les vacances, qu’elles aient encore des projets », s’enthousiasme Anne Salvador, bénévole depuis 20 ans au sein de l’association les Petits frères des pauvres et responsable de la campagne Le Marnier. Bastide avec un grand jardin, la maison d’accueil à la journée et siège de la branche marseillaise de la structure, se remplit de bénévoles et de personnes âgées pour les journées estivales. « Toute l’année on accompagne des personnes de plus de 50 ans souffrant de solitude, qu’elles habitent à domicile, en maison de retraite ou à la rue. L’été, on organise 20 journées estivales de rencontre et d’activité », explique Anne Salvador.

    Les journées se partagent entre petit-déjeuner, apéritif, déjeuner et activité du jour. Ce mardi 21 juillet, c’est chanson et coiffure. « C’est un moment de bonheur, très festif et c’est très bien cuisiné », applaudit Claudine, accompagnée par les Petits Frères des Pauvres depuis 2 ans. Dans le jardin, sous la tonnelle, tous partagent un moment de convivialité autour du déjeuner. Ils profitent de la fraîcheur des arbres, de la brise et du chant des cigales, particulièrement bruyant en ce milieu de journée. « Qui veut un autre yaourt glacé ? », « Qui veut des pêches ? ». Autour des grandes tables, les bénévoles servent dans la bonne humeur les personnes âgées autour de la table. Aujourd’hui, le plus jeune des convives a 65 ans, le plus vieux 95 ans.

    « Je viens pour me changer les idées »

    Les conversations fusent, Jean-Marc évoque sa jeunesse aux South-Winners, les ultras du virage sud du Vélodrome, Frederic raconte les années qu’il a passées au Brésil et Robert raconte son passé de syndicaliste à la CGT. Si l’activité du jour tourne autour de la chanson et de la coiffure, certains ne sont intéressés ni par l’une, ni par l’autre, mais viennent quand même pour vivre ce moment privilégié. « Je viens pour profiter de l’après-midi et pour me changer les idées », témoigne Jean-Marc. C’est son premier été avec l’association et il vient souvent aux journées estivales : « Il y a une bonne ambiance ! » félicite-t-il. Bébert est bénévole ici depuis 52 ans, « ce qui me plait, c’est la fraternité », déclare-t-il.

    « Il n’y a que les Petits frères des pauvres qui m’ont tendu la main, vous savez, la rue c’est dur. » Pascal, sans domicile fixe accompagné depuis un an, exprime sa gratitude.

    L’atelier chanson débute et un artiste, engagé par l’association, entame les plus grands titres « de votre jeunesse au siècle dernier » lance-t-il gentiment aux spectateurs. Tous reprennent en chœur Charles Aznavour, Jean Ferrat ou encore Luis Mariano.

    « T’es super Dominique ! Ça te va bien ! » , complimente André, responsable des bénévoles. Dominique vient de se faire couper les cheveux par la coiffeuse présente pour l’après-midi. « Prendre soin de soi ça reste important. Les personnes ici ne le font plus, surtout pour des raisons financières, alors on leur amène gratuitement un coiffeur », commente André.

    Des activités tout l’été

    « Aujourd’hui c’est un chanteur, demain ça sera peut-être un magicien, on essaie de varier les propositions, on se doit de les faire profiter au maximum », ajoute André.

    Tout l’été, les Petits frères des pauvres organisent des journées comme celle-ci, musique brésilienne, loto, accordéon, il y en a pour tous les goûts. Sophie, bénévole depuis 2 mois, a rejoint l’association pour s’occuper des aînés isolés : « C’est super important, ils ne voient personne d’autre de la journée. Ça permet de les sortir et de créer du lien social. »

    Les bénévoles aussi s’enrichissent de ces journées de partage. « C’est mon petit bonheur de venir ici, et eux ils sont trop contents », termine-t-elle.

  • Marseille, avec les Terre-neuve sauveteurs aquatiques

    Marseille, avec les Terre-neuve sauveteurs aquatiques

    Comme chaque dimanche matin, dix chiens sauveteurs aquatiques de l’association Terre-neuve 13 s’entraînent avec leur maître dans la base nautique de Corbières. « Ils nagent la brasse avec leurs quatre pattes palmées comme des canards. Leur musculature est puissante, leur poil est huilé de sebum, c’est leur combinaison. »

    Etrangement, ce chien qui a un instinct de sauvetage très développé n’est intégré à aucune équipe de secours en France, alors que les noyades explosent. On est à l’opposé du Saint-Bernard en montagne. « On aimerait aider les maîtres-nageurs à surveiller les plages. En Italie, ils le font depuis 40 ans, c’est très efficace et en plus on est des bénévoles, mais en France, ça ne semble pas intéresser. On fait des démonstrations, de la surveillance de course de natation à l’occasion de la fête de la mer. Tout le monde nous félicite, dit que ce sont des chiens extraordinaires, mais ça s’arrête là », s’étonne avec regret Michelle Salel, la présidente de cette association qui forme au secourisme canin.

    Un nageur déjà palmé

    Équipés d’un harnais de sauvetage, Cara, Enjoy, Mikki, Ronan, Alba, Vick, Agathe et les autres aboient gaiement, impatients de bondir dans l’eau. Mais avant, Patrick, éducateur canin, les sociabilise, les fait s’exercer avec leur maître pour reproduire dans l’eau les ordres appris à terre. « Assis, pas bouger, suite au pied. »

    « Le Terre-neuve est un chien très têtu qu’il faut canaliser, lui apprendre des codes de sauvetage. C’est une éducation ferme mais douce qui commence à partir de trois mois », explique-t-il en tenant Ronan, un mâle de 6 ans qui pèse déjà 70 kilos. Dans le groupe, une chienne semble jouir d’un statut particulier. « C’est Cara la mamie, elle a 9 ans, elle est à la retraite. »

    En mer, le chien apprend à saisir un manchon, tirer une bouée. Il paraît lourd mais flotte sur l’eau. Sa nage ne consiste pas à battre frénétiquement des pattes avant mais à équilibrer sa brasse. « On fait toujours attention qu’avec ses griffes, il ne blesse pas la victime en s’approchant. » Avec une forte capacité pulmonaire, il peut tenir deux heures dans l’eau sans se fatiguer. Leurs pattes ont des membranes très développées qui relient les doigts jusqu’à la base des griffes. Le Terre-neuve est comme un nageur déjà palmé.

    La récompense pour un exercice réussi, ce sont toujours des félicitations du maître, beaucoup de câlins et parfois des friandises pour ces ours de mer totalement affectueux. « Ce sont des chiens puissants qui fonctionnent toujours en binôme de soutien avec leur maître. Le sauveteur va sécuriser la personne en détresse qui peut avoir des gestes de panique. Le chien lui s’occupe du paddle puis quand la victime est sécurisée, qu’elle tient bien le “rescue tube” ou les sangles de prise du harnais, le chien remorque tout le monde jusqu’au bord. Ils peuvent tracter une tonne en mer. » En plus du harnais de sauvetage, certains chiens sont équipés autour du cou d’un airbag. « C’est une sécurité ultime pour nos chiens qu’on déclencherait en cas d’urgence. C’est arrivé une fois pour un chien qui comme un humain a fait un malaise. Il a eu une hydrocution. L’airbag gonfle une bouée qui tient émerger la tête du chien hors de l’eau », explique Martine, la coordinatrice.

  • « Avant le soir » une édition théâtrale et familiale à Marseille

    « Avant le soir » une édition théâtrale et familiale à Marseille

    Lancé depuis le début du mois de juillet, le festival « Avant le soir » est de retour jusqu’au 28 août dans les parcs et jardins des 1er et 7e arrondissements de Marseille. La programmation, confiée à l’association Didascalies & Co. est cette année consacrée entièrement aux pièces de théâtre et ce pour tous les âges.

    Et, parmi les nouveautés, des pièces sont prévues au jardin Saint-Nicolas. Ce lundi, c’est du théâtre jeunesse qui vous est proposé aux jardins Benedetti (7e) avec la pièce Jack et le haricot magique proposée par la compagnie Les Sauces.

    Rendez-vous gratuit à 18h30.

  • A Port-de-Bouc, la Maison des projets ouvre ses portes aux centres sociaux

    A Port-de-Bouc, la Maison des projets ouvre ses portes aux centres sociaux

    Vous savez où vous êtes ? » demande Fabienne Sanchez. « Au PAJ ! », lui répond Malek. La réponse, si évidente pour cette jeune Port-de-Boucaine, fait sourire la responsable de la Maison des projets. Car si le point accueil jeunes (PAJ) a investi l’aile sud du bâtiment de l’ancienne criée aux poissons, c’est avant tout la Maison des projets qui y est installée.

    La visite des jeunes du centre social Fabien Menot vendredi matin leur permet de découvrir le travail des différents services de la Ville qui y sont, comme la Gestion urbaine et sociale de proximité ou le Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) dont Fabienne Sanchez est la responsable.

    Dans la salle de réunion qui accueille les jeunes, pour la plupart issus des quartiers des Aigues-douces et de la Lèque, les différents plans de situation exposés permettent de se projeter dans le futur de la grande rénovation urbaine que connaît la Ville. En montrant la carte de la Presqu’île, Fabienne Sanchez explique les grandes lignes de la démarche. « On souhaite raccrocher le port et le centre-ville, notamment par des cheminements piétons », explique-t-elle, notamment par l’axe de la rue de Turenne. Cela passe par la démolition de la barre de la Lèque. « Il y aura de nouvelles constructions, avec reprise des rues », qui passeront par-dessus l’ancien emplacement de la Barre, comme le montre la responsable sur le plan, « et on va réaménager le terrain pour les boulistes et le city stade qui existe déjà ».

    « On va planter des arbres partout »

    Actualité oblige, le programme chasse les îlots de chaleur. « On va planter des arbres partout, pour se protéger de la chaleur, comme c’est le cas devant le centre Fabien Menot », détaille-t-elle, « on va aussi retirer l’enrobé de la place Lazzarino pour que ça absorbe moins la chaleur. On pense au changement climatique car on sait qu’autrement, c’est invivable comme en ce moment ». Les nombreux petits pois verts sur le plan en attestent.

    Déjà introduits à la rénovation urbaine par leur travail dans le journal de quartier avec le centre social, les questions viennent facilement. « Quand on va démolir, y’aura pas de morceaux qui vont tomber sur les maisons à côté », demande Zakaria. « C’est une très bonne question qui ressort souvent » lui répond Fabienne Sanchez, « tous les gens autour s’inquiètent de tremblements ou de fissures dans leurs maisons. Mais les entreprises de démolition sont habituées à ne pas créer trop de nuisance », assure-t-elle.

    De quoi inquiéter au vu du programme de démolition aux Aigues douces. « Les bâtiments H, J, et F vont être démolis et tous les espaces du centre social et du théâtre vont être refaits en concertation avec les habitants », détaille Fabienne Sanchez, avant la rénovation des bâtiments. Amine se demande : « Pourquoi on ne démolit pas plus ? » « Car il faut reloger tous les gens », lui répond la responsable, ce qui n’est pas encore terminé pour le bâtiment F.

    Amine embraye sur le calendrier. « Le désamiantage et la démolition de H9 et J10 doivent se faire d’ici la fin de l’année, la barre de la Lèque en début 2027 comme pour la place Lazzarino, puis on passera à la rénovation des bâtiments », lui expose l’urbaniste. La concertation est un maître-mot à toutes les étapes, des réunions publiques sont prévues en septembre pour présenter les travaux de rénovation des logements aux habitants.

    En attendant, la Maison des projets reste ouverte pour accueillir tous les publics. « Ici c’est un lieu où vous et vos parents pouvez venir poser des questions », affirme Fabienne Sanchez. Et bientôt plus encore : « On construit une exposition avec des maquettes virtuelles où vous pourrez vous balader dans les quartiers pour voir les aménagements. » À découvrir d’ici la fin d’année.

  • Fibre Excellence : l’offre de reprise de Matthieu Pigasse rejetée par le tribunal

    Fibre Excellence : l’offre de reprise de Matthieu Pigasse rejetée par le tribunal

    Le tribunal de commerce de Toulouse a rejeté ce lundi matin l’offre de reprise des deux usine de pâte à papier Fibre Excellence portée par le financier Matthieu Pigasse, dont « les conditions suspensives ne sont pas levées » d’après une source syndicale. Une offre de reprise du site de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, a été déposée, tandis que le site de Tarascon et ses 270 emplois directs reste à ce stade menacé de liquidation judiciaire. Rassemblés devant la sous-préfecture d’Arles au même moment lundi matin, l’intersyndicale FO-CGT du site de Tarascon a renouvelé sa volonté de défendre les emplois et les outils industriels, notamment par l’occupation de l’usine depuis jeudi dernier.

  • Une audience cruciale pour Fibre Excellence à Tarascon

    Une audience cruciale pour Fibre Excellence à Tarascon

    Après l’espoir, tout semble vaciller pour les salariés de l’usine Fibre Excellence de Tarascon. Les syndicats ont annoncé ce vendredi 24 juillet au matin que, sauf revirement, le tribunal de commerce de Toulouse pourrait prononcer la liquidation judiciaire de l’entreprise dans le courant de la semaine, suite à l’audience de ce lundi 27 juillet.

    Trois semaines plus tôt, le 7 juillet, le tribunal avait reporté l’audience après l’annonce d’une offre de reprise par l’homme d’affaires français Matthieu Pigasse. Objectif : laisser un temps aux négociations autour de plusieurs points : une revalorisation du prix de l’électricité produite par l’usine, un meilleur accès au bois qui sert à fabriquer la pâte à papier et la réintégration des quotas carbone. Mais rien n’a évolué depuis, le gouvernement refusant de recevoir les porteurs de l’offre.

    « Le tribunal doit trancher si on continue ou pas. Mais en réalité, la finalité, on la connaît. En gros, c’est mal barré », avoue à la trentaine d’employés présents vendredi Frédéric Sanchez, secrétaire général CFDT de Fibre Excellence Tarascon, alors que les employés occupent l’usine depuis le jeudi 23 juillet. « L’offre n’a pas évolué. Il y a une forte probabilité qu’elle ne soit pas étudiée », confirme Jean-Michel Bulinge, secrétaire CGT du site.

    Le gouvernement laisse entendre que l’offre de reprise « manque de crédibilité ». Ce que conteste Mathieu Pigasse. Dans La Dépêche du Midi, samedi, il précise qu’« elle représente un tour de table de 91 millions d’euros ». Jean-Marc Bulinge abonde : « Si on prend en compte tout le groupement réuni, il y a plus de 100 millions d’euros. D’autre part, une partie de la somme est sous forme d’un prêt garanti, donc cet argent va revenir à l’État », poursuit le responsable CGT. Il regrette que le dossier soit « politisé » par le gouvernement et le ministre de l’Industrie Roland Lescure (Ensemble). « Alors qu’au final, on va être obligé d’importer du papier alors qu’il aurait pu être fabriqué en France », insiste-t-il.

    Devant les deux responsables syndicaux, les salariés affichent des mines déconfites. D’autant qu’une lettre d’intention a été communiquée par un groupe qui fabrique des isolants à base de bois, mais seulement pour récupérer l’activité de l’usine de Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Si elle risque d’être aussi refusée car hors délai, d’après les syndicats, « eux ont une petite lueur d’espoir au moins », lâche, dépité, un travailleur en pantalon de travail jaune fluo. « On est dans une impasse et on voit la fin arriver. C’est un coup de massue. Il faut rester motivés pour espérer un revirement du gouvernement », ajoute Frédéric Fernandez. « Ils ont toujours les cartes en main. Mais peut-être qu’ils s’en foutent », lâche le responsable syndical FO, Florian Berthon, dont le syndicat plaide pour une nationalisation, au moins temporaire, de l’entreprise, sans avoir été suivi par les autres organisations.

    « On espère quelque chose d’inattendu »

    D’autres salariés de l’entreprise, qui est implantée dans le nord des Bouches-du-Rhône depuis 1951 et emploie presque 300 personnes, sont désarmés. Nicolas est employé depuis 24 ans. « Ça sent mauvais depuis quelques jours. On espère quelque chose d’inattendu parce que ça fait mal à tout le monde. On voit nos collègues plus que nos familles, c’est vraiment une grande seconde famille », souffle-t-il.

    À deux pas, Muriel, assistante de direction avec plus de 30 ans de boîte, abonde. « Je devais partir bientôt en retraite donc ce n’est pas pour moi que je m’inquiète mais pour mes collègues. Ça va rendre malheureuses tellement de familles. J’ai ici plusieurs cousins, mon père a travaillé ici, mon compagnon et ses deux enfants aussi. C’est une histoire de famille », confie-t-elle. Nicolas sait qu’il doit bien candidater ailleurs, « mais pour envoyer des lettres de motivation, il faut bien être motivé », ironise-t-il. Tout en concédant qu’il y a des possibilités dans son secteur d’activité. Mais sur 300 personnes, « pas tout le monde ne va y arriver ». Sans oublier les 10 000 emplois indirects qui gravitent autour des activités des deux sites, notamment dans l’industrie du bois et chez les sous-traitants.

    Si rien n’est encore décidé, il faut bien anticiper. « Il y a encore des fonds. Il faut rester mobilisés car il vaut mieux que cet argent aille aux salariés qu’aux financiers », pointe Jean-Michel Bulinge devant les salariés. Et de « mettre à l’arrêt correctement l’usine, sinon c’est sûr qu’elle ne redémarrera jamais ». « On va faire tout ce que l’on peut comme tracter dans les marchés et être visibles », ajoute Frédéric Fernandez.

  • [C’est l’été] Olivier Rolland, vigneron : « Je suis un homme de projet »

    [C’est l’été] Olivier Rolland, vigneron : « Je suis un homme de projet »

    Au pied du château des Baux-de-Provence, c’est moi. Ce sont mes vignes », lance taquin Olivier Rolland. Poursuivant « le mas Sainte-Berthe appartenait à mes grands-parents arlésiens qui l’avaient acheté en 1951. Un peu de vigne, beaucoup d’abricotiers et quelques oliviers, et la volonté d’agrandir la partie viticole ». Dès 1955, c’est chose faite, l’aïeul plante sur 25 hectares principalement du grenache et carignan et construit sa cave. « Il réalise son premier millésime, 21 ans plus tard. Cette année en 2026, on va fêter le 50e millésime. » Une longue histoire de passation de flambeau en famille pour atteindre les 41 hectares de vignes et 10 hectares d’oliviers. Le grand-père passe la main en 1980, la grand-mère en 2000, la mère en 2020, et Olivier reprend les choses en main en 2021.

    « Mes enfants ayant grandi, mon rêve s’est transformé en projet. J’avais 50 ans, je retourne à l’école à l’université du vin à Suze-la-Rousse dans la Drome. Sur place aux Baux, j’avais une équipe qui était là pour certains depuis 30 ans, je me suis beaucoup appuyé sur eux au début. Aujourd’hui ça fonctionne, je suis animé par le plaisir que ça me procure. Le partage est mon moteur. » Depuis 2025, élu président de l’AOP Baux-de-Provence, cet ancien directeur de système d’information bancaire reconnaît volontiers que ses revenus n’ont rien à voir. « Aujourd’hui je vis plus simplement. J’ai bien gagné ma vie avant, ça m’a donné les moyens de faire ce que je voulais. Avant je fabriquais du capital pour pouvoir investir dans mon rêve d’enfant. »

    Faire un beau produit accessible

    Cette ancienne vie, lui a donné le luxe de pouvoir cultiver ses 45 parcelles au cas par cas s’ouvrant ainsi un éventail des possibles. « Je fais un beau produit avec une vigne de cépage carignan qui a 60 ans dans laquelle il manque un pied sur deux. Je ne vais pas l’arracher, je la renouvelle tranquillement. » Une démarche qui prend beaucoup de temps et d’argent, ce qu’Olivier reconnaît volontiers : « Il faut le faire sur quelques parcelles, des petits îlots. »

    Vigneron est un métier solitaire, Olivier essaie de le faire autrement. Au caveau par exemple, pour aller à la rencontre des clients, ou bien organiser des dégustations. Plus rare, il fait ses assemblages avec le caviste et l’œnologue conseil. Et l’avoue : « Même si un mélange me plaît beaucoup, si je ne suis pas suivi, je renonce. »

    Le mas Sainte-Berthe propose à la vente 13 vins différents en bouteille soit 4 rouges, 2 rosés et 3 blancs. « 80% de mon vin se vend en bouteille et 60% à la propriété. Pas de vrac mais quelques bag in box, pour ne pas frustrer les fidèles. » Avec un caveau ouvert, 7 jours sur 7, pas de mystère, le retour client est quotidien. « C’est très gratifiant », avoue le passionné sourire aux lèvres.

    Si la majorité des clients sont Français, les étrangers qui se baladent dans les Alpilles sont aussi présents… Belges, Allemands. Face à la baisse de la consommation nationale, Olivier n’est pas très inquiet. « Notre appellation n’a fait que progresser depuis 30 ans. Nous avons l’appellation Bio depuis 2023. Les prix sont raisonnables soit entre 10 et 20 euros pour 80% de la cave. Les clients se font plaisir. »

    Un homme de projet

    « Je suis un homme de projet permanent. La nuit, le jour… », avoue Olivier en riant. Il complète : « Reprendre un domaine à 50 ans, ce n’est pas rien. Surtout quand ce n’est pas la formation initiale. J’aime pas la routine. » Quand on évoque le meilleur souvenir de cette nouvelle vie, spontanément Olivier répond : « Ma troisième vendange parce que je l’ai faite quasiment tout seul. Au début, j’étais assisté. Là j’ai fait mes premiers pas comme un enfant et j’ai réussi à gagner la confiance de mon équipe. » Pourtant son regard s’assombrit rapidement : « J’aurai dû le faire 10 ans avant. J’ai rencontré un professionnel qui m’a confié avoir mis 10 ans à comprendre le vin. J’ai eu un flash, j’aurai alors 60 ans. Combien de récoltes me restera-t-il à faire ? » En viticulture, on fait une récolte par an, si on se manque quelle que soit la raison, le rendez-vous c’est l’année d’après. À l’échelle d’une vie, on parle de 40 vendanges, et le passionné déduis qu’il lui en reste 15 ou 20. « C’est là, où les années d’expérience valent 10. En même temps ça fabrique un autre rapport au temps. Je réfléchis quatre fois avant d’agir. » Un ange passe. Il reprend : « Mais à la fin, moi je me régale. »

    Mas Sainte-Berthe

  • [Passerelle interculturelle] Jingdezhen et Gien : deux villes façonnées par la céramique

    [Passerelle interculturelle] Jingdezhen et Gien : deux villes façonnées par la céramique

    Lorsque je suis arrivée à Gien, petite ville du Loiret située au bord de la Loire, une ville chinoise m’est immédiatement venue à l’esprit : Jingdezhen.

    Les deux villes sont très différentes par leur taille et leur histoire. Pourtant, toutes deux ont construit une part essentielle de leur identité autour de la terre, du feu, de la couleur et du savoir-faire des artisans.

    Située dans la province chinoise du Jiangxi, Jingdezhen est souvent appelée la « capitale de la porcelaine ». Son histoire de la céramique remonte à plus de 1 700 ans. Pendant des siècles, ses porcelaines ont voyagé à travers l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe.

    Elles ont fait connaître dans le monde les techniques, les formes et les motifs de la culture chinoise. Les porcelaines bleu et blanc ont largement contribué à sa renommée. Mais Jingdezhen ne se résume pas à son passé.

    Aujourd’hui, la ville attire des artistes, des étudiants, des designers et de jeunes artisans venus de Chine et de l’étranger.

    D’anciennes fabriques ont été transformées en ateliers, en galeries et en espaces culturels. La tradition y devient ainsi une source de création contemporaine.

    Un geste qui semble presque universel

    À Gien, la faïence occupe elle aussi une place importante dans l’identité locale. Dans les collections et les boutiques, les assiettes, les services de table et les objets décoratifs racontent l’évolution des goûts français. Leurs motifs s’inspirent souvent de la nature, des animaux et de la vie quotidienne.

    Jingdezhen possède une histoire beaucoup plus ancienne et Gien permet de comprendre comment une ville peut être durablement façonnée par un savoir-faire artisanal. Entre la Loire et le Jiangxi, la distance est grande. Pourtant, lorsqu’un artisan pose son pinceau sur une pièce encore blanche, le geste semble presque universel.

    L’été est la saison des voyages. Depuis mon arrivée en France il y a un peu plus d’un an, j’ai moi aussi beaucoup voyagé, de Paris à Marseille, de Lyon à Gien, en passant par plusieurs villes grandes ou petites. Au fil de ces découvertes, j’ai souvent été frappée par les ressemblances qui existent entre certaines villes françaises et chinoises, malgré la distance, la différence d’échelle et des histoires parfois très éloignées. Ces correspondances permettent peut-être de comprendre pourquoi tant de Français qui se rendent en Chine s’attachent à certaines villes chinoises. Cet été, je vous propose donc une série de cinq voyages croisés entre la France et la Chine. Chaque étape rapprochera deux villes autour d’une histoire, d’un paysage ou d’une identité commune, tout en vous invitant à mieux découvrir une ville chinoise.

    Dong Qiao, correspondante de China Media Group à Paris

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.