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  • La campagne des intercommunalités a débuté dans le Gard

    La campagne des intercommunalités a débuté dans le Gard

    À peine les élections municipales terminées que les maires repartent en campagne. Les téléphones chauffent et les jeux de poker menteur se multiplient entre ces professionnels de la politique. Car beaucoup tentent désormais de s’imposer comme président de Communauté de communes qui ont gagné en compétence ces derniers mois.

    Pour Nîmes Métropole, Vincent Bouget a déjà fait acte de candidature. Depuis la création de l’intercommunalité en 2002, le poste est en effet toujours revenu à un Nîmois (Jean-Paul Fournier, Yvan Lachaud, Franck Proust). Mais il est aussi toujours revenu à un élu de droite. Rémi Nicolas, maire de gauche de Marguerittes qui était déjà vice-président sous Franck Proust est à la manœuvre pour tenter de construire une majorité à Vincent Bouget.

    Pour Alès Agglomération, le président sortant et maire d’Alès Christophe Rivenq (LR) part grandissime favori. Mais la gauche, absente de l’opposition au conseil municipal, compte bien décrocher plus de pouvoir à l’Agglo. Si elle n’y parvient pas, une opposition pourrait alors naître. Avec le poids des élus alésiens, Rivenq a peu de chance d’être renversé mais si une majorité de communes s’oppose à lui, ce serait un très mauvais signal pour débuter ce nouveau mandat.

    Trois présidents RN ?

    L’inquiétude réside surtout dans la capacité des maires RN de Beaucaire, Vauvert et Bagnols-sur-Cèze, tous candidats à la présidence de leur intercommunalité, de l’emporter. Pour Beaucaire Terre d’Argence, Julien Sanchez était tout proche de s’imposer il y a six ans. Si une alternative au président sortant et maire de Bellegarde Juan Martinez est évoquée du côté de Beaucaire pour installer un contre-pouvoir dans la ville centre, ce sont les deux élus de Fourques qui pourront faire basculer la balance du côté du maire RN de Beaucaire, Nelson Chaudon.

    Dans la Communauté de communes du Gard rhodanien, l’heure est aussi au barrage à Pascale Bordes (RN), nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze. Si le président sortant, Jean-Christian Rey a affirmé qu’il ne serait pas candidat (bien trop affaibli après la défaite de Jean-Yves Chapelet), deux maires auraient des velléités : celui de droite de Pont-Saint-Esprit réélu avec autorité Valère Segal et celui de gauche de Saint-Paulet-de-Caisson et vice-président départemental, Christophe Serre. Au vu du très grand nombre de maires réélus sur la zone, Christophe Serre semble favori.

    C’est le même constat du côté de la Petite Camargue après la prise de Vauvert par le RN. Comme les élus étaient parvenus à barrer la route à Jean Denat il y a six ans car ils ne voulaient pas un socialiste à la tête de l’intercommunalité, ils vont tenter de poursuivre la même stratégie avec Nicolas Meizonnet, nouveau maire (RN) de Vauvert.

    Les discussions et tractations vont se poursuivre au plus tard jusqu’à fin avril, date butoir à laquelle les élus des communautés de communes doivent être désignés.

  • Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    Pour Michaël Delafosse à Montpellier, les quartiers plutôt que les grands chantiers ?

    En 2020, il s’était imposé face à Philippe Saurel en tant qu’outsider. Six ans plus tard, Michaël Delafosse a brillamment transformé l’essai dans le costume du favori. En remportant haut la main (50,13%) la triangulaire, dimanche 22 mars, face à Nathalie Oziol (25,06%) et Mohed Altrad (24,81%), le sortant socialiste n’a pas seulement multiplié par 1,6 le nombre de ses voix (38 668 contre 24 046) lors de ce scrutin à la participation certes un peu moins faible. Michaël Delafosse a d’abord écarté, sans doute définitivement, deux adversaires politiques coriaces. Philippe Saurel éjecté du conseil municipal où il siégeait depuis 1995. Et Mohed Altrad, 78 ans, qui, s’il annonce créer l’association « Montpellier, notre fierté », va sans doute s’éclipser rapidement de la scène politique. Reste la députée insoumise Nathalie Oziol qui prépare clairement la suite et ne fera pas de cadeau à la majorité avec ses sept colistiers de l’opposition.

    Qu’importe. À bientôt 49 ans, le professeur d’histoire géographie dont le profil fait écho à son homologue nîmois Vincent Bouget, 46 ans, a désormais du temps (sans doute sept ans) et le champ libre (sans crise Covid à gérer en début de mandat). Premier maire de Montpellier à être réélu depuis Georges Frêche en 2001 (élue en 2008, Hélène Mandroux, maire depuis 2004, n’avait pas été élue sur son nom la première fois), Michaël Delafosse va pouvoir suivre le fameux « cap » qu’il a en tête pour la septième ville de France et sa Métropole.

    La première étape, samedi 28 mars (10h), ne sera qu’une formalité. Avec 53 élus acquis sur 69, le conseil municipal le réélira maire sans encombre. Quelques jours plus tard, la seconde étape pour la présidence de la Métropole ne devrait pas être un énorme casse-tête. Cependant, avec l’élection de 13 nouveaux édiles sur 30 autour de Montpellier, le socialiste va devoir ménager les susceptibilités, trouver le savant équilibre et donc travailler avec la droite, dans une Métropole qui pourrait se politiser davantage si des groupes venaient à se former. Plus que les postes d’adjoints au maire, l’attribution des vice-présidences sera scrutée à la loupe. À voir par exemple qui récupérera le dossier compliqué des déchets dont s’occupait René Revol, battu.

    Le pouvoir d’achat aidé

    Si l’alchimie prend, M. Delafosse pourra alors dérouler. Son premier mandat visait à réveiller Montpellier l’endormie. Ce fut chose faite avec la plupart des promesses tenues (gratuité des transports, 5e ligne de tramway, mutuelle communale…) au prix de nombreux chantiers qui riment forcément avec perturbations. La carte de « l’apaisement » jouée par le maire avec les territoires voisins, vaudra-t-elle aussi pour Montpellier ? C’est ce que M. Delafosse a promis durant la campagne. Après le tramway ou l’Esplanade, le maire a l’intention de réparer et d’équiper les quartiers, les uns après les autres. En prenant soin « des parcs, des écoles, des rues, des places, des trottoirs ». Ainsi l’avenue de Toulouse, la place des Beaux-Arts ou le chemin de l’Aqueduc vont être repensés après concertation. À terme, l’esplanade de Gaulle sera reliée à Antigone. Parmi les premières mesures pour faire faire des économies, la gratuité des médiathèques fera son apparition, un office pour le pouvoir d’achat et une agence du logement seront aussi créés.

    Mais attention, plus de proximité dans les quartiers ne signifie pas la fin des grands chantiers. Le Contournement routier ouest (COM) et le Service express régional métropolitain (Serm) sont sur les rails. Mené avec l’État, l’indispensable projet de rénovation urbaine (Anru) va, durant ce mandat, transformer des quartiers populaires comme la Paillade. De nouveaux quartiers vont naître à l’instar de Montpellier Sud entre Saint-Martin et les Prés d’arènes. Pour M. Delafosse, le nouveau challenge ne fait que débuter.

  • Bilan contrasté pour la gauche dans le Gard

    Bilan contrasté pour la gauche dans le Gard

    Verre à moitié vide ou à moitié plein ? Chacun jugera. Car d’un côté, la victoire à Nîmes est historique. La gauche engrange dans le département l’une de ses plus belles victoires à l’échelle nationale. Unie sans LFI, elle remporte la préfecture nîmoise dirigée depuis plus d’un quart de siècle par la droite. Avec ce succès, communistes, socialistes et écologistes engrangent de nombreux élus.

    Toujours du côté des victoires, la gauche est parvenue à conserver la plupart de ses fiefs au Vigan, à Barjac, Bessèges ou encore à Saint-Martin-de-Valgalgues. « Nous avons quinze maires communistes élus dans le département, auxquels il faut ajouter des sympathisants. On a perdu une petite commune mais on progresse de trois communes au total », se réjouit le vice-président du Département (PCF) Christian Bastid. Les socialistes se félicitent aussi d’avoir conquis Saint-Maximin près d’Uzès. Il est aussi à noter que de nombreux maires à la sensibilité de gauche mais non encartés ont conservé leur fauteuil, notamment dans les Cévennes, malgré une poussée de la droite et de l’extrême droite.

    Recul face au RN

    Mais la victoire à Nîmes ne peut faire oublier plusieurs reculs inquiétants. Hormis Nîmes, les Écologistes n’ont par exemple plus aucun élu communal dans le département. La maire d’Anduze, ancienne membre des écologistes, est aussi tombée au premier tour. Les socialistes perdent également Vauvert, où Jean Denat s’est incliné face au député RN Nicolas Meizonnet.

    Engagée sur une liste citoyenne à Beaucaire, la gauche progresse en nombre de voix mais pas en nombre de sièges dans la quatrième ville du département. Mais c’est surtout à Alès où, désunie, elle n’aura aucun élu municipal après son désistement pour barrer la route à un RN qui culmine à 45% au second tour. À Bagnols, communistes et socialistes disparaissent aussi du conseil municipal où la seule opposition de gauche à la maire Pascale Bordes (RN) sera Jérôme Jackel (membre de Debout ! le petit parti de François Ruffin).

    Ces reculs, notamment dans la ruralité, sont pris au sérieux par les états-majors des partis à deux ans des élections départementales où la gauche devra indéniablement faire face à la montée du RN. « L’enjeu des Départementales sera d’avoir des candidats qui parlent vrai, proche des territoires, comme ça s’est fait à Bessèges », se projette déjà Christian Bastid. La gauche espère surtout s’appuyer sur le travail à Nîmes pour rayonner sur le département. « Nous mesurons à Nîmes la très grande responsabilité à réussir qui nous incombe pour démontrer aux Gardois qu’une équipe de gauche est capable de changer leur vie », résume ainsi Pierre Jaumain, le premier secrétaire du PS dans le Gard.

  • Les grands voiliers débarquent à Sète

    Les grands voiliers débarquent à Sète

    Regroupant plus de 2 000 participants du monde maritime, 15 pays différents défileront pour cette Escale à Sète 2026. En 2024, lors de sa dernière édition, plus de 300 000 personnes s’étaient rendues au cœur de l’île Singulière pour assister au spectacle. Au programme cette année, des animations, des expositions et des jeux. En ouverture, dès le 31 mars, la parade navigante avec l’arrivée des grands voiliers et des flottilles dans le port débutera cette nouvelle édition. En tête d’affiche de cette neuvième édition côté voiliers, il sera possible de retrouver l’Étoile, Nave Italia, Sudarshini, Belem, Vera Cruz, Florette, Phœnix, El Galeón, Pascual Flores, Nao Victoria et le dernier bateau bœuf de Méditerranée « Espérance ». Toujours le mardi 31 mars à 15h30 sur le quai d’Alger, « L’Escale assiette » prendra place. Mêlant talent et cuisine traditionnelle, des équipes composées d’un pêcheur, d’un chef et d’un vigneron présenteront les spécialités locales. Pendant toute la durée du festival, les différentes délégations animeront aussi l’événement (mardi 31 mars présentation délégation Japon et Roumanie, mercredi 1er avril présentation Catalans, Inde, Croatie et Italie, jeudi 2 avril Slovénie, vendredi 3 avril présentation Tunisie, Mauritanie et Corse). Une visite guidée gratuite est aussi organisée pour découvrir le Port de Commerce de Sète tout au long de l’événement. Pour terminer cette Escale à Sète 2026, la parade de clôture des navires en mer devant le port aura lieu le 6 avril à partir de 17 heures.

  • Football : la France s’impose face au Brésil

    Football : la France s’impose face au Brésil

    Pour les Bleus, cette rencontre constituait un révélateur idéal.

    Les hommes de Didier Deschamps se sont imposés 2 à 1. Le capitaine Kylian Mbappé a ouvert le score, lancé par Dembélé, à la 32e minute. Mais le défenseur français Dayot Upamecano a été exclu à la 55e.

    Ce qui n’a pas empêché Hugo Ekitike d’inscrire un nouveau but à la 65e (0-2). Bremer a réduit l’écart à la 78e pour le Brésil.

    Un second match de préparation est programmé, ce dimanche à Washington, face à la Colombie.

  • États-Unis, Algérie… l’OM présent à l’international

    États-Unis, Algérie… l’OM présent à l’international

    Gerónimo Rulli

    Comme de nombreuses nations qualifiées pour la Coupe du monde, l’Argentine dispute deux matches amicaux lors de cette fenêtre internationale. L’Albiceleste de Gerónimo Rulli s’apprête à affronter pour la première fois la Mauritanie puis la Zambie. Les deux rencontres auront lieu à Buenos Aires.

    Le premier match, face aux Mauritaniens, se déroulera dans la nuit de vendredi à samedi (0h15, heure française). Les champions du monde en titre accueilleront ensuite la Zambie, dans la nuit de mardi à mercredi (1h15). Le gardien marseillais pourrait fêter sa 8e sélection s’il est titularisé par Lionel Scaloni.

    D’abord convoqué, le défenseur Leonardo Balerdi a finalement déclaré forfait en raison d’« une lésion au mollet droit », selon un communiqué médical de l’OM.

    Quinten Timber

    Comme son frère jumeau, Jurrien, joueur d’Arsenal, Quinten Timber est sélectionné pour les deux matches amicaux des Pays-Bas lors en cette fin de mois de mars. Deux rencontres sur le sol néerlandais pour les « Oranje ». Ce vendredi, ils reçoivent la Norvège d’Erling Haaland pour une affiche très attendue avant la grande échéance mondiale de l’été. Timber aura peut-être l’occasion de faire face à une autre nation montante de la planète football. Mardi 31 mars, l’Équateur des Pacho, Caicedo, Hincapié ou encore Ordonez débarque à Eindhoven, pour un autre match amical.

    Pierre-Emile Højbjerg

    Pierre-Emile Højbjerg est le seul Marseillais à participer aux barrages de la zone Europe. Le Danois jouait, ce jeudi, une demi-finale face à la Macédoine du Nord, à Copenhague. Une première étape qui doit mener le Danemark à la Coupe du monde.

    Le vainqueur de l’Euro 1992 a réussi à franchir ce cap (victoire 4-0, Højbjerg a joué tout le match) et affrontera l’Irlande ou la République Tchèque, mardi soir. En cas de qualification, les Danois seront placés dans le groupe A, très ouvert, en compagnie du Mexique, de la Corée du Sud et de l’Afrique du Sud.

    Timothy Weah

    Alors que l’équipe de France est actuellement aux États-Unis pour affronter le Brésil et la Colombie, les Américains se testent eux aussi sur leurs terres. à quelques mois de leur Coupe du monde, Timothy Weah et ses coéquipiers accueillent deux nations européennes, à Atlanta. Samedi à 20h30 heure française, la Belgique fera face aux Américains dans le très moderne Mercedes-Benz Stadium (71 000 places).

    Dans la nuit de mardi à mercredi, c’est cette fois le Portugal, sans Cristiano Ronaldo, blessé, qui se déplacera dans cette grande enceinte. Timothy Weah pourrait obtenir ses 48e et 49e sélections, s’il participe aux deux rencontres de son pays.

    Amine Gouiri

    Amine Gouiri retrouve les Fennecs pour la première fois depuis sa blessure à l’épaule. Le 14 octobre dernier, le buteur olympien était percuté de plein fouet par le gardien de l’Ouganda. Une sortie kamikaze qui avait envoyé à l’hôpital l’Algérien, formé à Lyon. Opéré de cette épaule droite, il avait manqué la Coupe d’Afrique des Nations et de nombreux matches avec l’OM. De retour en forme, l’attaquant jouera deux rencontres amicales en Italie, durant cette trêve internationale.

    Tout d’abord, l’Algérie affrontera le Guatemala pour la première fois de son histoire. Un face-à-face prévu ce vendredi à 20h45, au stade Luigi Ferraris de Gênes. Mardi soir, dans l’antre de la Juventus, les Algériens remettent le couvert, qui plus est face à une nation forte d’Amérique du Sud. L’Uruguay, menée par Marcelo Bielsa, affrontera donc les champions d’Afrique 2019, à Turin. Deux tests de calibres différents avant de faire face à l’Argentine, l’Autriche et la Jordanie lors de la Coupe du monde.

  • COLOMIERS SC (mt)

    COLOMIERS SC (mt)

    Texte

    La rencontre n’a pas idéalement démarré pour les Provençaux. Cette première période s’est déroulée en deux temps, avec vingt premières minutes clairement à l’avantage des visiteurs. Durant ce laps de temps, Plateret, Timu et Dulon vont aplatir dans le même coin d’en-but pour gonfler directement le score. Aix-en-Provence a été glacé par ce vent qu’ils ont eu de face lors de ce premier acte (3-22). La réaction ne s’est pas faite attendre avec un essai dingue conclu par Arthur Coville. Une formidable action collective, lancée depuis leurs propres 22 mètres. Romain Latterrade viendra également marquer pour recoller un peu avant la pause (15-22). D’abord absents de la bataille, les Aixois ont correctement réagi pour ne pas être largués.

    Intertitre

    Texte_suite.

    24e journée de Pro D2

    Stade Maurice-David (8 000 spectateurs)

    Arbitre : Ludovic Cayre

    Essais : Coville (25e) et Latterrade (33e) pour Provence ; Plataret (7e), Timu (12e), Dulon (17e) pour Colomiers

    Carton jaune : XXX

    Provence : Portela – Lapegue, Bituniyata, Colombet, Bouhedjeur – Muntz, Coville – Jalagonia, Zinzen, Tuisue – Rodda, Van Eerten – Hawkes, Latterrade, Nostadt

    Entraîneur : Philippe Saint-André

    Colomiers : Giral – Pinto, Dulon, Nuu, Tuitavuki – Delpy, Seguela – Timu, Bazin, Plataret – Adelaide, Thomas – Bellemand, Larrieu, Tartas

    Entraîneur : Florian Nicot

  • [Opéra] Émotions pour un grand dialogue lyrique

    [Opéra] Émotions pour un grand dialogue lyrique

    La première, mercredi soir, à l’Opéra de Marseille, de la nouvelle production de Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc emporte l’adhésion. Louis Désiré joue l’épure pour se concentrer sur la direction d’acteurs. Le décor est effacé au profit d’un espace neutre. Les costumes accentuent l’aspect intemporel du texte de Bernanos. Désiré place le drame dans un univers en noir et blanc, accentué de lumières rasantes. On pense au peintre Philippe de Champaigne.

    La distribution est homogène. Hélène Carpentier (Blanche) fait ressortir sa force de caractère, avec un très beau soprano. On oubliera difficilement l’agonie de la prieure, moment saisissant de théâtre et de musique où le puissant mezzo de Lucie Roche prend aux tripes. On retient Mère Marie de Eugénie Joneau, tourmentée par son vœu du martyre inaccompli, ni les voix d’Angélique Boudeville, Madame Lidoine tout en bienveillance ou Ana Escudero qui offre sa jolie voix à son personnage de Sœur Constance, oasis de joie de vivre dans ce monde mortifère. Laurence Janot (Mère Jeanne) et Esma Mehdaoui (Sœur Mathilde) ainsi que les voix féminines du Chœur de l’opéra soutiennent avec luxe cette distribution heureusement choisie. Léo Vermot-Desroches chante avec un ténor clair et distingué le jeune Marquis de la Force et le père noble a la silhouette et le talent de Marc Barrard. La direction musicale Debora Waldman mène l’Orchestre de Marseille, toujours impeccable avec des tempi ralentis qui laisse respirer le texte. Le message délivré par les voix souvent dans le medium et le grave avec quelques fulgurances dans l’aigu doit passer une masse orchestrale imposante. La cheffe sait parfaitement jouer de ce délicat équilibre.

    Dialogues des Carmélites est une œuvre exigeante mais toujours passionnante. Sans doute l’une des plus importantes de notre répertoire national.

  • [Cinéma] L’itinéraire de Shoaib et Chandan dans l’Inde contemporaine

    [Cinéma] L’itinéraire de Shoaib et Chandan dans l’Inde contemporaine

    Pour son deuxième film, Ghaywan signe un drame en hindi sur l’amitié quasi fraternelle de deux jeunes originaires d’un village du nord de l’Inde. Un pays dirigé par le nationaliste hindou Narendra Modi depuis 2014, qui a façonné la démocratie ethnique. Car si, dans l’Inde contemporaine, le système de caste est aboli, les divisions perdurent. Jouant sur la différence entre légitimité et légalité, l’État autorise les violences et humiliations quotidiennes sur les citoyens de seconde classe.

    Au-delà des clichés

    Shoaib est musulman et Chandan est un dalit (appelé autrefois intouchable). Ils rêvent tous deux d’intégrer la police car dira l’un : « Avec l’uniforme, on ne regarde pas tes origines sociales. » Passer le concours est une sacrée bataille : 2,5 millions de candidats pour 3 500 postes. Comme tous les jeunes sans emploi ou cumulant petits boulots, une lutte âpre les attend : se rendre au centre d’examen (quais bondés, trains surchargés), attendre les résultats du concours (serveur vocal saturé, évaluations suspendues), sans parler du report du recrutement à une date indéfinie. Chandan est reçu, Shoaib est recalé. Une fracture se déclare entre eux. Chandan essuie les remarques désobligeantes du prétendu privilège des dalits grâce au système de quotas. Shoaib dans une rage contenue, démissionne de son poste de commercial suite aux propos racistes et hilares de sa hiérarchie. S’en prenant au passage à l’un d’eux, complice par son silence : « Des gens instruits comme toi n’osent rien dire. » Une des scènes les plus abouties du film.

    Ayant grandi dans une famille dalit, le cinéaste explore la difficulté de trouver sa place dans l’ordre social. Lui-même a longtemps éprouvé le syndrome de l’imposteur après le succès international de son premier film Masaan (prix Fipresci à Cannes en 2015). Dix ans plus tard, il dit avoir effectué un travail cathartique, avec Une jeunesse indienne.

    Homebound (confiné à domicile) est le titre international du film. La seconde partie aborde le calvaire de travailleurs indiens jetés sur les routes pendant l’épidémie de Covid. Ghaywan explique s’être inspiré d’une photo d’article paru dans le New York Times en 2020 montrant un homme effondré, assis en bordure d’autoroute tenant dans ses bras son ami frappé d’insolation. Partis loin de chez eux, dans la cité industrielle de Surat, Chandan et Shoaib travaillent dans une usine de textile en attendant de trouver mieux. Un espoir contrarié par sa fermeture administrative et le confinement où les lits se partagent entre équipes de jour et équipes de nuit.

    Subsistance

    Comment aider leur famille, comment payer les mensualités d’un prêt, comment finir la construction de la maison familiale ? Le film nous plonge dans une réalité oubliée : le sort de millions d’ouvriers migrants désemparés, privés de salaires, ne pouvant pas rentrer chez eux suite à un confinement brutal.

    Le cinéaste dit avoir « voulu explorer les luttes silencieuses de personnes invisibilisées et trop souvent réduites à des statistiques ». C’est bien l’intérêt du film. La colère est intérieure, la honte dévastatrice, le sectarisme est banalisé, le harcèlement légitimé. Mais le scénario peine à sortir d’une lecture excessivement émotive et des dialogues trop explicatifs. Et si la jeune génération se heurte à des murs, leurs familles démunies financièrement restent humainement riches. Une fin douce-amère en guise de fin heureuse.

    Une jeunesse indienne, de Neeraj Ghaywan, Inde, 2h, sortie le 25 mars.

  • [Théâtre] Une amitié à l’épreuve du racisme à Martigues

    [Théâtre] Une amitié à l’épreuve du racisme à Martigues

    C’est l’histoire de deux copains, Arthur et Ibrahim, dont les seuls prénoms renvoient à des cultures différentes. Deux collégiens qui aiment faire de la trottinette et s’éclater ensemble. Une amitié banale et paisible, jusqu’au jour où le père d’Ibrahim lui demande de prendre ses distances avec son pote « sous prétexte que son ami n’est pas arabe », indique le programme du Théâtre des Salins, qui abrite, samedi 28 mars, cette pièce écrite et mise en scène par Amine Adjina.

    « Contre le repli »

    « Pourquoi le garçon en vient-il à ne plus vouloir jouer avec un autre parce qu’il n’est pas arabe ? Pourquoi se définit-il arabe plutôt que français ? » Autant de questions, énumère Amine Adjina, qui témoigne qu’« on ne peut pas faire l’économie de l’expérience », fut-elle aussi en amitié. Or, selon cet auteur, « tous les discours de stigmatisation tentent d’empêcher qu’une expérience soit faite, pour creuser les divisions ».

    Récit initiatique semé d’embûches et de cicatrices qui viennent souvent de loin, Arthur et Ibrahim aborde, en toile de fond, « l’héritage de l’histoire entre la France et l’Algérie et notamment la guerre d’Algérie. Une histoire dont on parle si peu et qui est pourtant inscrite dans les corps », observe-t-il en se référant aux « corps aliénés qui transmettent leurs aliénations » analysés par Frantz Fanon, à propos de cette « comédie qui tente de contrer la période obscure et de repli dans laquelle nous sommes ».