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  • Le chassé-croisé estival sous haute surveillance à La Ciotat

    Le chassé-croisé estival sous haute surveillance à La Ciotat

    Bonjour, mettez-vous sur le côté s’il vous plaît, on va procéder à un rapide contrôle. » Comme tous les ans, la période des chassés-croisés est particulièrement accidentogène. en cause notamment, la forte densité du trafic et les bouchons qu’elle peut créer, ou la fatigue liée aux longues distances parcourues.

    C’est pourquoi sous le soleil de La Ciotat, ce vendredi 31 juillet, une opération de contrôle des véhicules et de leurs usagers a eu lieu. celle-ci a commencé aux alentours de 10h. C’est la deuxième de ce type depuis le début de l’été. Sur place, les agents ont fermé plusieurs voies de péage pour filtrer les véhicules, et créer un couloir dans lequel ces derniers peuvent être arrêtés.

    Une vingtaine de CRS sont sur place. Commencent ensuite les contrôles. Carte rose, carte grise, assurance, contrôle technique. en quelques minutes, les premières infractions sont repérées. C’est la fin du voyage pour cette jeune femme partie à la plage. Arrêtée dans sa citadine grise sans assurance ni permis, elle a vu sa voiture emmenée par la dépanneuse. « On va la présenter à un officier de police judiciaire qui va regarder en fonction de ses antécédents, du défaut d’assurance et du défaut de permis, si on va l’amener chez nous pour une audition, ou peut-être un placement en garde à vue », explique un agent de police. D’autres contrevenants ont eux aussi été interpellés pour des motifs similaires.

    « Voir du bleu »

    Arrivés en renfort à la fin de l’opération, les motards de la police ont de leur côté intercepté plusieurs chauffards en excès de vitesse.

    Pierre Gilardeau, sous-préfet, s’est rendu sur les lieux : « Le mot d’ordre qu’on a pour toutes les forces de police, c’est de multiplier partout les contrôles pour faire respecter les principes de base qui permettent à tout le monde de partir et d’arriver sur leur lieu de vacances en toute sécurité », affirme ce dernier sans omettre que « la vitesse est la première cause de mortalité. Associée à des comportements à risques, elle tue. » Alors que l’aiguille tourne, les voitures immobilisées se multiplient, mais le brigadier-chef présent rappelle que l’objectif n’est pas de sanctionner à tout prix. « Si on est là, c’est aussi pour faire de la prévention, pour expliquer aux gens que la ceinture, c’est important, les pneus gonflés aussi… Ça peut être sur plein de choses. De plus, c’est important de montrer qu’on est présents, sinon les gens en profitent... » Les forces de l’ordre sont aussi présentes sur les axes secondaires complète le sous-préfet, « là où les accidents sont les plus graves et les plus mortels ».

    Levé à 12h30, le dispositif aura été encore une fois très efficace. De par les interpellations effectuées, mais aussi la simple mobilisation des autorités, qui ont pu montrer leur assiduité au travers de ce dispositif. « L’important, c’est de voir du bleu sur les autoroutes, sur la route en général », indique le brigadier-chef sur les lieux. Des opérations similaires seront réitérées régulièrement pendant l’été.

  • Le ministre des Affaires étrangères soutient la démarche du Camp des Milles à l’Unesco

    Le ministre des Affaires étrangères soutient la démarche du Camp des Milles à l’Unesco

    Le Camp des Milles connaît deux actualités majeures : une présidence renouvelée et des démarches lancées pour l’inscription du dernier site d’internement et de déportation français au patrimoine mondial de l’Unesco. En avril, Alain Chouraqui, alors à la tête de la Fondation du Camp des Milles, lançait les procédures, quelques semaines avant de passer la main à Claude Kupfer, ancien préfet, frère et fils de déporté, qui occupait jusqu’ici des fonctions de trésorier.

    C’est dans ce contexte que Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a fait étape au Camp des Milles, vendredi, avant de se rendre sur le site du Grand port maritime. À ses côtés, Isabelle Rome, ambassadrice de la France pour les droits de l’Homme et pour la mémoire internationale de la Shoah.

    Sa visite répondait à un double enjeu : la signature d’une convention pluriannuelle d’objectifs entre l’état et le site mémoriel, mais aussi réitérer le soutien du ministère et de l’État au travail mené par la fondation, notamment dans le cadre de sa candidature au patrimoine mondial de l’Unesco. Début juillet, Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, s’était également rendue sur place pour apporter son soutien à cette démarche.

    « Équipes déterminées »

    « Notre soutien ne faiblira pas pour ce lieu de mémoire majeur de notre histoire et de transmission », a martelé, en début de visite, Jean-Noël Barrot. En rappelant que l’an passé, à Jérusalem, « nous avons été élus à l’unanimité (à la présidence) de l’Alliance internationale pour la Mémoire de l’Holocauste (IHRA) pour 2027, qui tiendra, comme vous l’avez rappelé, sa réunion plénière ici ». Moment d’autant plus « important », pour le ministre, à l’heure ou les actes antisémites se multiplient en France comme à l’international. Pour le Camp des Milles, le congrès de l’IHRA, prévu en mars prochain, serait idéal pour annoncer « l’inscription du Camp des Milles sur la liste indicative. C’est une première étape nécessaire pour ensuite aller au-delà », glisse Claude Kupfer.

    Cette candidature représente un enjeu majeur. « C’est pour nous un dossier de toute première importance. On sait que c’est un dossier lourd, long, qui nécessitera le franchissement d’un certain nombre d’étapes, mais nos équipes sont totalement déterminées à les franchir. Ce serait une reconnaissance pour ce lieu. à l’égard de son patrimoine matériel, le lieu qu’il représente, mais aussi pour son patrimoine immatériel (…), rappelle Claude Kupfer. On a commencé à nouer un certain nombre de contacts avec l’organisme chargé de la mise en œuvre de la convention pour le Patrimoine de l’humanité. Un premier contact encourageant. On va le poursuivre avec un entretien à la rentrée au ministère de la Culture et nous allons en attendant poursuivre notre travail. » Le ministre a qualifié la démarche « d’ambitieuse » : « C’est un chemin long et exigeant et en ce qui concerne le ministère des Affaires étrangères, nous serons évidemment à vos côtés ».

  • Le sésame de la reconnaissance par l’Unesco

    Le sésame de la reconnaissance par l’Unesco

    Jusqu’en 1692, il n’y avait rien ici. C’était un plateau aride qu’on appelait plateau des Mille vents », explique Isabelle Fouilloy-Julien, administratrice du Fort de Mont-Dauphin depuis 2017. La forteresse, qui abrite également un village, a été érigée en 1693, comme fortification défensive à une époque où « Louis XIV était alors en guerre contre à peu près toute l’Europe », résume Isabelle Fouilloy-Julien. Le roi affronte notamment le Duc de Savoie qui, durant l’été 1692, remonte depuis la vallée de l’Ubaye, pille Guillestre, Embrun et Gap, avant de reculer avec l’arrivée de l’hiver. Le site trône sur un promontoire rocheux, à 1 050 m d’altitude, au croisement des vallées du Guil et de la Durance. Il offre une vue spectaculaire à 360° sur le cirque montagneux formé par les sommets des Écrins et du Queyras.

    Venu la même année pour inspecter et renforcer les défenses du secteur afin d’éviter de nouvelles incursions, Vauban découvre l’emplacement. « Et il se dit : c’est la meilleure place du monde », raconte Isabelle Fouilloy-Julien. Le projet d’établir un fort convainc le roi et le premier coup de pioche est donné dès mars 1693. Vauban, ingénieur et architecte militaire, ne se contente pas d’ériger une citadelle : il décide également d’y intégrer un village, qui compte aujourd’hui 154 habitants. « Il veut concevoir une place forte mêlant civils et militaires, en se disant “On est loin de tout, dans une région rude, les militaires vont s’ennuyer et déserter”. Il conçoit donc un îlot de village au centre. »

    Les militaires y installent leurs familles ou épousent des jeunes femmes du pays. Malgré tout, il reste difficile de convaincre des habitants de venir s’y établir. « Les premiers à s’installer sont des marchands et des artisans qui souhaitent faire commerce avec l’armée. On leur donne un terrain et on les exempte un temps d’impôts », retrace Isabelle Fouilloy-Julien, elle-même descendante d’une de ces familles venues s’installer.

    Le fort perd son intérêt militaire avec le temps et rejoint le réseau des monuments nationaux en 1966, avant d’être transféré au ministère de la Culture en 1980. Plusieurs villes possédant des fortifications de Vauban se regroupent alors au sein du « Réseau des sites majeurs de Vauban », créé en 2005 pour porter une candidature commune à l’Unesco. « On voulait que le dossier soit déposé en 2007 parce que c’était l’année anniversaire de la mort de Vauban, décédé en 1707, se rappelle Isabelle. On nous a dit “Vous êtes fous, un dossier, ça prend dix ans !” On l’a fait et en 2008, on a été inscrits. »

    Une étape, mais pas une fin

    Aujourd’hui, les fortifications de Vauban constituent un bien inscrit en série au patrimoine mondial. Mont-Dauphin et Briançon, dans les Hautes-Alpes, figurent aux côtés de dix autres sites majeurs comme des citadelles d’Arras et de Neuf-Brisach, en Alsace.

    Selon Isabelle Fouilloy-Julien, cette inscription a renforcé la visibilité de Mont-Dauphin. Le site accueille en moyenne 120 000 visiteurs par an. Elle a aussi favorisé le travail en réseau entre les différents sites Vauban, permettant la création d’expositions communes ou itinérantes.

    Pour autant, alors que les forteresses royales du Languedoc viennent à leur tour d’être inscrites au patrimoine mondial, l’administratrice souligne que cette reconnaissance ne garantit pas automatiquement des retombées positives : « Je ne sais pas comment ça se passera pour le Languedoc, mais ici, on a la chance d’avoir un patrimoine unique, deux sites Unesco et on ne s’en empare pas ! La preuve, les premiers panneaux “Unesco“, sont au pied du fort, pas 50 km à la ronde ! On ne voit pas le patrimoine comme un levier économique à l’année. » Malgré cette consécration internationale, Isabelle Fouilloy-Julien estime que le patrimoine reste insuffisamment valorisé : « Des études socio-économiques démontrent qu’un euro dépensé dans le patrimoine, c’est 19 euros de retombées. On est ouvert toute l’année, le ski, c’est quatre mois par an ! J’aimerais qu’on comprenne qu’on est complémentaires et pas concurrents ».

  • Mémoire de nos aînés

    Mémoire de nos aînés

    Le Camp des Milles, dans les Bouches-du-Rhône, un des derniers sites d’internement et de déportation français (avec le camp de Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales), sera-t-il inscrit, dans quelques années, au patrimoine mondial de l’humanité ?
    Il faut le souhaiter et s’engager dans cette démarche d’utilité publique aux côtés de la Fondation du Camp
    des Milles.

    Un signe très récent est de bon augure : le 26 août, l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (l’Unesco)
    a classé les plages du Débarquement en Normandie, du 6 juin 1944, au patrimoine mondial de l’humanité.

    Plus qu’un label, une démarche

    Pour l’Unesco, ces plages (Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword, mais aussi la Pointe du Hoc, la batterie d’artillerie allemande de Longues-sur-Mer, et le port artificiel d’Arromanches-les-Bains, dit Port Mulberry) « sont directement et matériellement associées au débarquement (…) qui a joué un rôle décisif dans la libération de l’Europe occidentale de l’occupation nazie ». Cet ensemble de sites « commémore symboliquement l’immense sacrifice humain qui a été fait pour renverser une occupation autoritaire bien ancrée en Europe », insiste l’organisation de l’ONU.

    Le classement au sein de ce Panthéon mondial de l’humanité n’est pas un label. C’est une démarche qui oblige à déplier l’histoire des lieux et de la mettre à portée des citoyens pour comprendre le passé et éclairer notre présent. Qu’ils soient très anciens ou plus contemporains, les sites culturels, naturels et historiques sont en danger. Œuvrer pour leur protection, c’est entretenir la mémoire de nos aînés.

  • Nouvelle audience pour El Mahdi Lyoubi

    Nouvelle audience pour El Mahdi Lyoubi

    Résident à Marseille, l’artiste avait été arrêté par les autorités marocaines, mi-juillet, à l’occasion d’une visite dans son pays natal, avant d’être placé en détention à la prison d’Oukacha. Son arrestation est liée, d’après ses soutiens, à ses prises de position en faveur du mouvement Gen Z 212. Un rassemblement est prévu à Casablanca, devant le tribunal.

  • Marseille : une arme sur le plancher de la voiture

    Marseille : une arme sur le plancher de la voiture

    Un équipage décide de contrôler un véhicule après avoir constaté plusieurs infractions au Code de la route. Lors de la vérification, les agents repèrent une arme de poing au niveau du plancher arrière droit, visible depuis l’extérieur du véhicule. Les trois occupants ont été immédiatement interpellés. L’arme a été saisie puis remise à l’officier de police judiciaire, qui a pris la suite de la procédure.

  • La Métropole en soutien à l’IRD

    La Métropole en soutien à l’IRD

    C’est par un courrier adressé à Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace et à Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères qui est d’ailleurs attendu à Aix-en-Provence et Marseille ce vendredi 31 juillet, que Nicolas Isnard, président de la Métropole Aix-Marseille Provence a plaidé en faveur du maintien des « missions et fonctions de l’IRD sur Marseille ».

    Le gouvernement envisage en effet une fusion entre l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), dont le siège est à Marseille, et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), basé à Paris. L’option inquiète chercheurs, agents et syndicats de ce fleuron (voir nos éditions du 23 et du 29 juillet).

    Une inquiétude partagée par la Métropole qui rappelle notamment que le travail de l’IRD « trouve sa logique dans une relation scientifique entretenue depuis les années 1980 avec des laboratoires marseillais, mais aussi dans la volonté du gouvernement de faire de Marseille son hub vers les pays de la Méditerranée et de l’Afrique ».

    Aussi le président de la Métropole demande-t-il explicitement au gouvernement « d’infléchir sa copie, afin que ce rapprochement ne se fasse pas au détriment du travail des équipes de l’IRD, qui ont besoin de la proximité avec leurs partenaires marseillais, ni de ses objectifs qui s’inscrivent dans l’accompagnement au développement des pays du Sud, notamment ceux de la Méditerranée et de l’Afrique, dont la Métropole est le hub naturel pour la France et l’Europe ».

  • La droite veut que l’Été marseillais programme un concert d’Amir

    La droite veut que l’Été marseillais programme un concert d’Amir

    La prestation du chanteur aux Terrasses du port a été annulée le 26 juillet après que des collectifs pro-palestiniens ont appelé au boycott. « Nous mesurons ce qu’une telle décision demande », souligne le conseiller municipal associé à Lionel Modrzyk, membre du bureau politique d’une Génération pour Marseille, « Nous mesurons surtout ce qu’elle dirait de Marseille », un symbole résumé par « Marseille, ville fraternelle qui répond à l’intimidation par la fête et le rassemblement ».

  • Soprano-Aznavour : 1000 voix pour un double hommage

    Soprano-Aznavour : 1000 voix pour un double hommage

    Le chant choral est en fête à Alès à l’occasion du traditionnel festival des Fous chantants qui célèbre, depuis bientôt 30 ans, un auteur-compositeur francophone auquel 1 000 choristes rendent hommage durant deux concerts dans les arènes.

    Après trois mois de répétitions, ils sont prêts. Depuis le 25 juillet, chaque soir, les Fous font monter l’ambiance dans les rues de la capitale cévenole, entre déambulation pour interpréter en avant-première quelques extraits des concerts, grand bal folk et projection en plein air des grands moments de l’édition 2025 dédiée à Zazie.

    Le temps fort du festival se déroulera vendredi 31 juillet et samedi 1er août : 1 000 choristes, 8 chefs de chœur et un orchestre en live prendront place dans les arènes pour un double hommage inédit à Charles Aznavour et Soprano, qui sera présent pour interpréter plusieurs de ses plus grands succès.

    « Ce projet favorise la transmission »

    Un rappeur marseillais à la popularité exceptionnelle et l’un des plus grands interprètes de la chanson française, décédé il y a 8 ans : deux générations, deux univers musicaux pour une rencontre pleine d’audace. « C’est un challenge. Le concept ce n’est pas de traiter d’un coté Aznavour, de l’autre Soprano, mais de faire fusionner ces deux répertoires exceptionnels », détaille Fabrice Schwingrouber, directeur artistique des Fous chantants qui a pris, il y a près de 10 ans, les rennes de la manifestation créée par son père en 1998. « On connaît surtout Soprano comme rappeur, mais c’est avant tout un chanteur doté d’une voix phénoménale, qui a une grande estime pour le travail d’Aznavour. Je trouvais intéressant de rassembler ces deux répertoires très différents en apparence », poursuit-il. « Ce projet favorise la transmission : il fait découvrir des répertoires classiques aux plus jeunes et des univers plus contemporains aux aînés. »

    À en juger par l’état des réservations (il reste encore quelques places, mais l’essentiel a été vendu*), le succès sera au rendez-vous. « Ça va être un des plus beaux shows de l’histoire du festival », promet Fabrice Schwingrouber, heureux de « faire un peu bouger les choses » et « de mettre en avant le chant choral en réunissant plusieurs publics ».

    * Billetterie ouvrira sur www.fouschantants.org,

  • Le PCF sétois célèbre les 90 ans du Front populaire

    Le PCF sétois célèbre les 90 ans du Front populaire

    « Un anniversaire qui résonne avec les combats sociaux et démocratiques d’hier comme d’aujourd’hui », soulignent les organisateurs de cette fête annuelle de la section sétoise du PCF.

    Le débat politique ouvrira la soirée autour de l’héritage du Front populaire et de son actualité. Parmi les invités figurent Vincent Bouget, maire PCF de Nîmes, et Raphaëlle Primet, coprésidente du groupe communiste au Conseil de Paris, qui témoignera notamment de sa participation à la Flottille pour Gaza.

    Pour Vincent Bouget, cet anniversaire intervient dans un contexte qui appelle à regarder l’Histoire sans céder aux raccourcis. « Il faut faire attention avec les comparaisons entre les moments de l’Histoire, parce que forcément tout change. On n’est jamais sur les mêmes choses. Pour autant, effectivement, on peut se dire que les années 30, par un certain nombre d’aspects, notamment les crises qui peuvent exister, les impérialismes à l’échelle de la planète et la montée de courants d’extrême droite qui prônent la recherche d’une identité renfermée sur elle-même, les divisions, une forme d’autoritarisme, qui tournent le dos à l’esprit des Lumières, tout ça fait écho à la situation qu’on a actuellement. Et sans doute que l’anniversaire du Front populaire, les 90 ans, vient rappeler le danger, mais aussi les opportunités, et ce que le Front populaire a marqué dans la mémoire collective. »

    Au-delà de son contexte historique, Vincent Bouget souligne l’héritage social laissé par le gouvernement de 1936, des avancées qui, près d’un siècle plus tard, demeurent des références dans les combats sociaux. « Le fait même de poser la reconnaissance des droits syndicaux, la réduction du temps de travail, je pense aussi à la possibilité pour tous d’avoir un temps hors du travail pour vivre, ça, ce sont évidemment des acquis fondamentaux qui marquent une rupture avec ce qui se faisait avant. » Des conquêtes qui, selon lui, continuent de structurer notre modèle social.

    Une fête fidèle

    à l’esprit populaire

    La soirée entend aussi renouer avec l’esprit des fêtes populaires qui jalonnent l’histoire du mouvement communiste. « Je pense que c’est peut-être l’esprit du Parti communiste, où il y a à la fois des repas partagés, du débat politique et de la culture. Oui, c’est généralement ce qu’on aime bien mélanger. C’est le modèle de la Fête de l’Humanité d’ailleurs, évidemment toutes proportions gardées. »

    Une dimension historique qui, selon Vincent Bouget, dépasse les seules mesures sociales adoptées en 1936. « C’est aussi la considération qui a été donnée à tous, et notamment aux ouvriers, à ceux qui ne l’avaient pas et qui étaient considérés comme des gens avec moins de droits, moins de considération », estime-t-il. Une mémoire qui reste, selon lui, particulièrement actuelle alors que les débats sur le travail, les droits sociaux et la place de chacun dans la société demeurent au cœur des préoccupations.

    À Sète, cette célébration prendra donc la forme d’un rendez-vous à la fois politique et festif, dans la continuité d’une tradition qui dure depuis 57 ans. Des rassemblements qui permettent de faire vivre une certaine conception de la politique, où la réflexion collective côtoie la convivialité et la culture. Une manière également de rappeler, à travers l’histoire du Front populaire, que les conquêtes sociales sont le fruit de mobilisations collectives.

    Après le débat, les participants pourront partager un apéro-tapas, une sardinade et une brasucade avant de se retrouver autour d’un bal populaire. La section sétoise du PCF invite les habitants à venir partager « une soirée festive, populaire et engagée, fidèle à l’esprit de fraternité qui anime cette fête depuis cinquante-sept ans ».