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  • Mobilisés contre un spectacle lié à Pierre-Édouard Stérin

    Mobilisés contre un spectacle lié à Pierre-Édouard Stérin

    Une « tentative de récupération de l’Histoire au service d’un récit nauséabond et dangereux », selon le Collectif aixois contre les idées et violences de l’extrême droite. Un spectacle « qui distille une idéologie nauséabonde et des pratiques problématiques quant au respect du droit des salariés, comme souvent avec ces shows portés par des militants d’extrême droite », pour la CGT Spectacles. Les deux organisations, ainsi que Visa 13 et le Syndicat français des artistes (SFA), rejoints par d’autres associations, seront mobilisés devant l’Aréna du Pays d’Aix, ce dimanche 11 octobre, dès 16h.

    En cause : La Dame de Pierre, présentée sur le site de l’Aréna comme un « récit légendaire du plus célèbre monument du monde », actuellement en tournée et programmée à 18h. Comme un air de déjà-vu, puisque le 16 novembre dernier, date de programmation de ce même spectacle, une mobilisation s’était déjà tenue. Ils étaient à cette époque, plusieurs dizaines à manifester.

    Pour cause, le spectacle, mis en scène par Corentin Stemler, est en partie financé par le Fonds du Bien commun, fondé à l’initiative de Pierre-Édouard Stérin, milliardaire d’extrême droite. « Dans le contexte de remise en cause du financement du service public de la culture que nous connaissons aujourd’hui, les milliardaires de l’extrême droite française ne cachent plus leurs ambitions d’investir massivement dans le secteur culturel (…). Pierre-Édouard Stérin lui, avance tous les jours les pions de son projet Périclès, acronyme pour “Patriotes enracinés résistants identitaires chrétiens libéraux européens souverainistes”. Son projet a pour objectif d’assurer une victoire idéologique et politique à une alliance entre l’extrême droite et la droite libérale conservatrice de France », résume la CGT des Spectacles.

    Des tracts seront distribués aux spectateurs, pour « alerter » à propos d’un spectacle qui, selon les organisateurs de la manifestation, distille une « idéologie réactionnaire ».

  • « Sans donner de leçons, nous voulons aider à la bataille politique »

    « Sans donner de leçons, nous voulons aider à la bataille politique »

    La Marseillaise : En quoi consiste ce rendez-vous annuel ?

    Frédéric Rays : C’est déjà l’occasion de nous retrouver. Cette amicale réunit les camarades qui ont 35 ans d’adhésion au parti. Nous sommes environ 700 dans notre fédération. Surtout on aide toujours à la bataille politique. Et cette année on a choisi le thème de 36 car ce sont les 80 ans du Front populaire. En invitant l’historien Guillaume Roubaud-Quashie à faire le lien et voir les enseignements que nous pouvons en tirer aujourd’hui.

    Mireille Chessa : Cela nous semblait compliqué de faire l’impasse sur 36, compte tenu de la nature de notre amicale. Ce qu’on souhaite aussi c’est de voir comment on peut s’en emparer pour faire quelque chose de plus contemporain.

    Quel parallèle faites-vous entre cette période et aujourd’hui ?

    F.R. : Les choses sont certes plus compliquées qu’elles ne l’étaient en 36. Notamment sur le rassemblement de la gauche qui s’est un peu éloignée du peuple. Même si rappelons-le, en 1934, les socialistes et les communistes défilaient à part. Il y a eu aussi un mouvement ouvrier important, c’est un petit peu ce qui manque aujourd’hui, enfin, jusqu’à présent… On note aussi que le désarroi mène au Rassemblement national, à l’époque c’étaient les croix de feu.

    M.C. : Ce qu’on souhaite c’est que cette matinée de réflexion et de débat vienne aussi nourrir les décisions du 40e congrès du Parti communiste, avec en toile de fond notre réalité bien actuelle comme la présidentielle et un mouvement social dynamique.

    Justement, comment s’inscrire dans la réalité du mouvement lycéen, la perspective d’élection présidentielle ?

    F.R. : Loin de nous l’idée de vouloir donner des leçons. Mais nous pouvons transporter ce qu’a été notre histoire, comment nous avons milité même si nous avons conscience que ce n’est plus du tout la même façon de faire. Nous voulons apporter notre expérience et perpétuer notre mémoire militante qui ne doit pas se perdre. Par exemple en 2025, nous avons édité un livret sur le CNR.

    M.C. : Lors de la fête de l’Humanité en septembre, le discours du PCF était clair, ne pas attendre la présidentielle pour agir mais aller dans l’actualité par exemple contre le racket au niveau des carburants, pour la nationalisation de l’énergie. Au-delà des jeunes, la dynamique du mouvement social s’est aussi accélérée depuis le 29 septembre, avec la manifestation pour la défense du service public.

    À 9h, à la Maison des communistes, 280 rue de Lyon (16e)

  • [Rue de la République] Marc Pietrosino : « Les jeunes mobilisés ont un discours très proche de celui de la CGT »

    [Rue de la République] Marc Pietrosino : « Les jeunes mobilisés ont un discours très proche de celui de la CGT »

    Le climat social

    Didier Gesualdi : Comment jugez-vous la situation sociale ? Elle est très inflammable ?
    Oui, il y a un bouillonnement de colères que l’on sent arriver. Plusieurs sujets viennent se mêler : d’abord c’est la vie chère. Tout le monde le voit en faisant le plein. Le carburant pèse vraiment sur la vie des ménages, mais il n’y a pas que ça, il y a le prix de la nourriture, des loyers… Et dans le même temps, tout ce qui est pensions, salaires ou traitements a stagné. Dans les entreprises privées, les négociations salariales sont catastrophiques et dans la fonction publique, il faudrait faire des fouilles archéologiques pour retrouver le moment où le point d’indice n’était pas gelé. Un calcul montre que pour les catégories C, avec les augmentations « normales » dont ils ont été privés, les fonctionnaires auraient 700 euros en plus sur la feuille de paie. Ce n’est pas négligeable. Vous imaginez la perte de pouvoir d’achat ?

    Léo Purguette : Pour faire baisser les prix des carburants, on entend parler de nationaliser Total. Quels leviers faut-il actionner selon vous ?
    Le levier des nationalisations peut être actionné, c’est sûr. On peut envisager le blocage des prix également. Pour défendre le pouvoir d’achat, il faut aussi rattraper les salaires, qu’ils soient vraiment indexés sur l’inflation. Bien entendu, il faut aussi se pencher sur notre dépendance aux énergies fossiles.

    Léo Purguette : Il y a une autre catégorie de la population qui exprime son mécontentement : ce sont les lycéens qui veulent plus de professeurs, de moyens, des locaux en bon état et la suppression de Parcoursup. Aviez-vous vu venir ce mouvement ?
    Pas de cette ampleur, mais les revendications que vous évoquez sont aussi celles de la CGT. Quant à Parcoursup, il n’y a pas que la CGT. Je pense que n’importe quel parent qui a un enfant qui passe le bac, il a des sueurs dès qu’il faut entrer sur Parcoursup. Il y a des tas d’exemples qui montrent que c’est un système très aléatoire. Ce que nous disons, nous, à la CGT, c’est que Parcoursup, c’est une machine à inégalités. Des étudiants se retrouvent sans leurs choix. Ceux qui ont les moyens pourront finalement payer une école et faire les études qu’ils veulent, les autres resteront sur le bord du chemin. Ça, c’est condamnable. Sur l’état des locaux dénoncé par les lycéens, force est de constater que beaucoup de locaux sont des passoires thermiques, qu’il y a encore beaucoup d’amiante. Il faut un plan de rénovation très important. S’agissant du manque d’effectifs, l’Éducation nationale, comme les autres services publics, a perdu des postes année après année. On est vraiment à un point critique.

    Léo Purguette : On parle d’une génération dont beaucoup d’observateurs avaient dit qu’elle était rongée par l’individualisme, lobotomisée par les écrans.

    Est-elle en train de faire la démonstration du contraire ?

    Voir des jeunes qui s’investissent, qui ont un discours très proche du nôtre et qui veulent changer la société, c’est rassurant. Pour moi, c’est la démonstration qu’il faut toujours faire confiance à la jeunesse, à l’intelligence. Ces jeunes ont la possibilité de s’exprimer, ils le font très bien. Effectivement, c’est une génération qui a sans doute des problèmes, mais à vrai dire comme toutes les générations. Moi, ce que je vois, ce sont des jeunes avec des cerveaux et qui savent s’en servir.
    Didier Gesualdi : Le gouvernement dit que la dette va justement impacter cette génération qui manifeste.

    Quel est votre avis ?

    L’économie n’est pas une science exacte. On est sur un paradigme libéral qui dit qu’il ne faut pas s’endetter ou alors sur des marchés privés avec des gros taux d’intérêt. Il y a d’autres choses qui sont possibles en économie. Le tournant libéral initié par Thatcher, pris dans les années 1980 et pris par tous les pays européens, a fait des ravages. Cela a commencé par détruire les services publics. Avec quelles conséquences ? Faire monter la misère. C’est tellement le cas, qu’aujourd’hui, dans un pays comme l’Allemagne, marqué par le nazisme, on se retrouve avec un parti néofasciste qui gagne des positions de pouvoir.
    Le rôle de la CGT

    Léo Purguette : Vous appelez les militants CGT à descendre dans la rue aux côtés des lycéens. N’y a-t-il pas un risque d’instrumentalisation ?
    En tout cas, nous à la CGT, on fait très attention à descendre dans la rue pour protéger ces jeunes en étant à leurs côtés. On est logoté CGT puisqu’on a un service d’ordre. On n’a pas de banderoles, pas de slogans, on les laisse avoir les leurs. On est là pour les protéger, faire en sorte que ça se passe bien en faisant tampon entre eux et les forces de l’ordre et éventuellement pour dégager les intrusions abusives.

    Didier Gesualdi : La CGT défend beaucoup l’industrie, l’emploi…
    Et l’environnement ?
    Aussi, d’abord parce qu’on est très inquiets de la santé des salariés qui sont employés dans ces industries. Une industrie plus noble, plus vertueuse sur le plan écologique protégera la santé des salariés. Nous faisons très attention à tous ces aspects. Pour la CGT, il faut que l’industrie coche les cases de l’emploi, de la santé et de l’écologie. On est conscient aussi que toute production industrielle polluera toujours un petit peu, mais il faut restreindre au maximum cet impact et le mettre en rapport avec la satisfaction des besoins humains.

    Le RN

    Didier Gesualdi : Dans les entreprises, ça dit quoi de l’extrême droite ? On est dans une période idéologique très troublée. Il y a une explosion de colères, certains peuvent être séduits par ses discours, ça peut-être très confus. La ligne pseudo-sociale de Marine Le Pen peut faire dire à certains que ce parti a changé. Nous, par l’histoire et par nos pratiques, on sait que ce parti sera toujours l’ennemi des salariés.

    Léo Purguette : Avez-vous été surpris parvles propos antisémites attribués à Jordan Bardella ?
    Non ! Quand on connaît l’histoire du Rassemblement national… C’est un petit peu leur fonds de commerce. Aucune surprise à ce niveau-là. On se souvient tous des propos de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz, mais aussi avec qui il a fondé ce parti : des antisémites et des nostalgiques d’un certain régime qui a déclenché la Seconde Guerre mondiale. Le vernis s’est juste craquelé.

    Les dossiers chauds

    Léo Purguette : L’UD CGT s’est beaucoup tenue aux côtés des salariés de Fibre excellence, à Tarascon, qui ont des difficultés à obtenir des réponses. Est-ce que Fibre excellence, c’est fini ?
    Non, ce n’est pas fini ! Il y a des projets. Nous avons eu une réunion avec la Région, vendredi dernier, avec des industriels qui étaient là pour évaluer la possibilité de reprendre Fibre excellence. C’est le leader de la pâte à papier et ça fait vivre toute la filière bois, toute une filière la logistique aussi. Fibre excellence, c’est 260-270 emplois directs, mais c’est 5 000 emplois induits donc il y a beaucoup d’acteurs qui ne veulent pas que Fibre excellence ferme. On a un outil de travail qui a déjà été modernisé. Il suffit de pas grand-chose. Ce qui nous manque, c’est un papetier. En France, il n’y en a plus, donc on est en train de chercher à l’étranger. La difficulté, c’est de conserver les locaux en état. Le liquidateur ne nous a pas aidés dans cette démarche !

    Léo Purguette : La CGT est favorable à la ligne très haute tension (THT) pour décarboner le golfe de Fos. Quels sont vos arguments ? Car elle suscite beaucoup d’opposition de la part de riverains.
    Il y a des oppositions. Ce n’est pas tellement sur la THT, mais sur la question : faut-il enterrer la ligne ou la mettre en aérien. Nous, on n’a pas de préférence, on veut qu’elle arrive. Si on veut décarboner l’industrie, on est obligé d’avoir la THT, mais aussi ce qui produit l’électricité. On a besoin que cette ligne arrive sur le Port pour l’électrifier aussi et, plus largement, alimenter toute notre région tout en rénovant notre réseau électrique qui en a bien besoin.

    Léo Purguette : Il y a eu un conflit social récent sur la liaison avec la Corse. On sent d’importantes tensions à l’intérieur du consortium qui dirige Corsica Linea. Êtes-vous inquiet pour son avenir ?
    Cela fait des années que la CGT se bat pour le pavillon français afin d’embaucher des marins au droit français. Je constate qu’on a laissé des compagnies faire autrement. Aucune nouvelle occasion ne doit être saisie pour contourner le pavillon français.

    Didier Gesualdi : Comment allez-vous mener la campagne pour les élections professionnelles dans la fonction publique ?
    D’abord, je voudrais souligner qu’il y a eu une grève suivie en intersyndicale dans la fonction publique avant les élections professionnelles, ce qui est très rare. Cela montre que les problèmes sont profonds et que tout le monde a su faire preuve de responsabilité. Notre objectif est de conserver notre première place dans la fonction publique. Nous menons campagne au plus près des agents pour entendre et faire gagner au mieux leurs revendications.

    L’industrie

    Léo Purguette : L’UD CGT s’est beaucoup tenue aux côtés des salariés de Fibre excellence, à Tarascon, qui ont des difficultés à obtenir des réponses. Est-ce que Fibre excellence, c’est fini ?

    Non, ce n’est pas fini ! Il y a des projets. Nous avons eu une réunion avec la Région, vendredi dernier, avec des industriels qui étaient là pour évaluer la possibilité de reprendre Fibre excellence. C’est le leader de la pâte à papier et ça fait vivre toute la filière bois, toute une filière la logistique aussi. Fibre excellence, c’est 260-270 emplois directs, mais c’est 5 000 emplois induits donc il y a beaucoup d’acteurs qui ne veulent pas que Fibre excellence ferme. On a un outil de travail qui a déjà été modernisé. Il suffit de pas grand-chose. Ce qui nous manque, c’est un papetier. En France, il n’y en a plus, donc on est en train de chercher à l’étranger. La difficulté, c’est de conserver les locaux en état. Le liquidateur ne nous a pas aidés dans cette démarche !

    Léo Purguette : La CGT est favorable à la ligne très haute tension (THT) pour décarboner le golfe de Fos. Quels sont vos arguments ? Car elle suscite beaucoup d’opposition de la part de riverains.

    Il y a des oppositions. Ce n’est pas tellement sur la THT, mais sur la question : faut-il enterrer la ligne ou la mettre en aérien. Nous, on n’a pas de préférence, on veut qu’elle arrive. Si on veut décarboner l’industrie, on est obligé d’avoir la THT, mais aussi ce qui produit l’électricité. On a besoin que cette ligne arrive sur le Port pour l’électrifier aussi et, plus largement, alimenter toute notre région tout en rénovant notre réseau électrique qui en a bien besoin.

    Léo Purguette : Il y a eu un conflit social récent sur la liaison avec la Corse.On sent d’importantes tensions à l’intérieur du consortium qui dirige Corsica Linea. Êtes-vous inquiet pour son avenir ?
    Cela fait des années que la CGT se bat pour le pavillon français afin d’embaucher des marins au droit français. Je constate qu’on a laissé des compagnies faire autrement. Aucune nouvelle occasion ne doit être saisie pour contourner le pavillon français.

    Didier Gesualdi : Comment allez-vous mener la campagne pour les élections professionnelles dans la fonction publique ?
    D’abord, je voudrais souligner qu’il y a eu une grève suivie en intersyndicale dans la fonction publique avant les élections professionnelles, ce qui est très rare. Cela montre que les problèmes sont profonds et que tout le monde a su faire preuve de responsabilité. Notre objectif est de conserver notre première place dans la fonction publique. Nous menons campagne au plus près des agents pour entendre et faire gagner au mieux leurs revendications.

    Les gilets jaunes

    Didier Gesualdi : On parle d’une résurgence des Gilets jaunes, le 17 octobre. Vous parlez avec eux ?
    Oui, on a quelques contacts avec des mouvements citoyens qui s’appellent parfois sur leurs tracts « ex-Gilets jaunes ». Cela ne nous surprend pas, ce qui était dénoncé est toujours là… en pire. Pour nous, la porte est ouverte à des actions communes.

    Didier Gesualdi : Vous n’êtes pas un peu concurrents ? Ça avait été compliqué en son temps ?
    À une époque oui, sans doute parce que c’était un mouvement très divers avec un éventail politique large et varié. Aujourd’hui, ça a l’air d’être plus compact. Concurrents, non. Plus on sera nombreux sur les mêmes revendications, mieux ce sera.

    La question des lecteurs

    Catherine : J’ai fait partie de la génération qui s’est mobilisée contre la loi Devaquet, je pense qu’il faut protéger les jeunes d’aujourd’hui contre la violence policière.
    Catherine, vous vous êtes mobilisée contre le projet de loi Devaquet, moi j’étais de la génération des grandes grèves de 1995. Je commençais à être étudiant. Il y avait de la répression, mais effectivement, quand on manifestait, on n’avait pas cette peur de se faire matraquer ou gazer. Parallèlement, si je fais un comparatif, quand les agriculteurs, avec la FNSEA, manifestent avec les tracteurs, on ne leur balance pas des grenades dessus. Nous, on a pris nos responsabilités. Il faut protéger les jeunes. On ne nie pas qu’il y a eu des débordements, il y a eu du personnel enseignant blessé, mais globalement, il y a eu une disproportion de la réponse policière et de la répression, donc on va continuer à encadrer les jeunes du mieux qu’on pourra pour qu’ils puissent porter leurs revendications de manière sereine et que ce soit ça qui soit entendu. Les débordements détournent l’attention des causes du mouvement. Nous nous impliquons parce que nous voulons que les jeunes puissent s’exprimer et rentrer chez eux en un seul morceau.

  • Les retraités se dressent contre la casse des services publics

    Les retraités se dressent contre la casse des services publics

    Un rassemblement de neuf associations et syndicats de retraités différents est annoncé, mercredi, à 11h, place du Général-De-Gaulle à Marseille, devant le siège du Medef et celui de l’Agirc-Arrco, retraite complémentaire des salariés du privé. L’objectif est de contester le budget de l’État et exiger une revalorisation de toutes les pensions.

    « Avec une baisse de la retraite complémentaire en plus de celle au niveau de la Sécurité sociale, c’est la double peine », déplore Josette Biancheri, secrétaire générale adjointe de l’USR-CGT 13, avant de poursuivre : « Donc on entame un processus de lutte pour pouvoir vivre dignement. Le 14 octobre, c’est le point de départ d’un mouvement qui va s’amplifier jusqu’au 19 novembre avec une grande action nationale à Paris. Les retraités sont très en colère et personne ne nous fera taire ».

    Les syndicats de retraités dénoncent la dévalorisation des pensions par points et leur désindexation sur l’inflation, qui impliquent, pour eux, une perte importante de pouvoir d’achat. « Dans les Bouches-du-Rhône, la moyenne des retraites est en dessous de 1 000 euros, alors que l’argent, on sait où il se trouve. L’Agirc-Arrco a les moyens, mais préfère le placer en bourse plutôt que de le redistribuer. Pourquoi on est obligés de se battre pour réclamer notre dû ? Il s’agit de nos cotisations », s’indigne Josette Biancheri.

    Roselyne Garcia, porte-parole de l’Union nationale interprofessionnelle des retraités solidaires, demande « une autre répartition des richesses pour sauver les services publics, qui sont le dernier rempart face à l’extrême droite ». Elle se dit par ailleurs frustrée de devoir lutter pour préserver les principes fondamentaux du système de retraite solidaire : « La retraite est un droit et non un privilège accordé par l’État ».

    Solidarité avec

    les mouvements lycéens

    Les retraités souhaitent accompagner les mouvements lycéens dont ils soulignent la justesse et la maturité. « Ce n’est pas simplement de la solidarité, il y a une convergence d’intérêts. On ne peut pas dissocier une famille. On se retrouve tous dans la rue pour une meilleure répartition des richesses », explique Josette Biancheri. Josiane Dragoni de la section des Bouches-du-Rhône de la FSU, ajoute : « Il n’y a pas de division, malgré tous les efforts des forces dominantes pour inventer une guerre des générations. On voit bien que la réalité sociale est différente ». Elle résume : « On s’engage ensemble pour conserver un État social digne de ce nom, alors que les principes de solidarité sociale sont mis en danger au profit du chacun pour soi, de l’individualisme. On ne veut pas d’une société déshumanisée. Des tas de solutions sont possibles, à condition de changer de politique ».

  • Valentin Porte : « J’ai besoin de me sentir bien pour performer »

    Valentin Porte : « J’ai besoin de me sentir bien pour performer »

    Valentin Porte (36 ans) a prolongé son contrat à Montpellier, qui se déplace dimanche 11 octobre (16h) à Tremblay, pour deux ans. Capitaine, leader dans l’âme, fidèle au MHB depuis 2016, l’ancien international (198 sélections) est un joueur à part. Et une parole à part.

    La Marseillaise : Quel est votre état d’esprit après votre prolongation de contrat ?

    Valentin Porte : Je suis heureux et un peu fier de pouvoir durer, de me sentir bien physiquement et bien dans ce club. J’ai pris un peu de temps pour réfléchir. Ma première question, posée à Julien [Deljarry, Ndlr.] : est-ce que j’ai encore le niveau pour jouer au handball ? Et, à Montpellier ? La réponse a été positive. La prolongation de Zvonimir [Srna, Ndlr.] m’a conforté de rester. Mon boulot, c’est de rester le plus en forme possible. J’espère que le dernier jour de mon contrat, je serai aussi en forme qu’aujourd’hui. Je ferai tout pour.

    Avez-vous songé à la retraite ou à un départ ?

    V.P. : Je n’y ai pas pensé une seconde. Je regretterais de prendre ma retraite si tôt. Cela serait du gâchis. J’ai la chance de faire un métier passion. J’ai toujours dit tant que je peux jouer, je jouerai. Voir ailleurs, ça fait partie des réflexions de fin de contrat. Je suis dans un club où j’ai beaucoup évolué depuis 10 ans, que j’aide à faire évoluer aussi. Je ne me voyais pas tout quitter pour un an ou deux. J’ai besoin de me sentir bien, comme à Montpellier, pour performer.

    Quel est votre objectif pour la suite ?

    V.P. : Je suis un compétiteur. Tout ce que je peux essayer de gagner, je vais essayer de le gagner. Quand je retrace mon parcours, il me manque une ligne qui me fait un peu mal, c’est le championnat de France. On retrouve la Ligue des champions cette saison. C’est du bonheur. Quand on voit les deux premiers matchs, c’est quelque chose de différent. Ça m’avait manqué. C’est là qu’on voit à quel point on est capable de se sublimer sur ce genre de rendez-vous.

    Existe-t-il un sentiment d’usure physique et mentale ?

    V.P. : C’est plus dur aujourd’hui qu’il y a dix ans mais je me sens très bien. J’ai changé beaucoup de choses depuis la fin de ma carrière internationale. Aujourd’hui, je me sens peut-être mieux physiquement qu’il y a 4-5 ans. Je récupère mieux. Mentalement, ça va avec les résultats. L’année où on est 9e à la mi-saison, c’était dur. Le nerf de la guerre, pour moi, c’est le niveau physique.

    L’échec au JO de Paris, et l’élimination en quart de finale, a-t-il été dur à digérer ?

    V.P. : Oui et non, dans le sens où ça correspond aussi à la fin de ma carrière internationale. Que j’avais déjà actée. Ce qui a été dur à digérer, c’est de se dire, quel gâchis de finir sur ça. Cela aurait été magique de finir avec une médaille autour du cou à Paris. Ça m’a pris moins de temps de digérer ça que 2016 (médaille d’argent au JO de Rio). J’ai réussi de suite à zapper sur le fait que ça y est, c’est fini.

    À 36 ans, pensez-vous déjà à l’après ?

    V.P. : Oui, bien sûr. J’essaie de m’ouvrir le maximum de portes possibles, de voir ce qui pourrait me plaire. J’y réfléchis sans y passer toutes mes journées, parce que j’ai toujours dit qu’à trop y réfléchir, c’est peut-être le début de la fin de ma carrière de joueur.

    L’échéance de fin de carrière fait-elle peur ?

    V.P. : Aujourd’hui, on a beaucoup de clés pour s’y préparer, avec notamment l’association des joueurs pros. On a beaucoup d’exemples de sportifs qui arrêtent et peuvent finir en dépression. Ça fait peur, évidemment, parce qu’on vit dans un rêve depuis qu’on est professionnel. C’est magnifique avant la bascule dans la vraie vie. Passer de tout à rien, ça fait un peu peur.

    Vous avez justement connu un moment difficile. Y a-t-il eu un avant et un après votre dépression ?

    V.P. : Il y a clairement un avant et un après. Je suis un homme complètement différent de celui d’avant. Et c’est ça qui me permet aujourd’hui d’être plus épanoui. Sans ça, je ne pense pas que j’aurais prolongé. J’étais trop dans tout. Dans un surinvestissement permanent. Je prenais trop à cœur les choses. J’occultais tout ce qu’il y avait autour de moi. Je ramenais le travail à la maison. Je n’étais pas de bonne compagnie. Et, je ne le voyais pas forcément. C’était un gros travail à faire pour s’en rendre compte et évoluer. Avec plus de recul, j’essaie de moins mettre sur un piédestal ce métier. J’y accorde de l’importance mais quand c’est fini, c’est fini. Il y a une vie autour. C’est ça qui a changé.

  • L’eau, le feu et la rue : la préfète sur tous les fronts

    L’eau, le feu et la rue : la préfète sur tous les fronts

    À peine les établissements rouverts après l’épisode méditerranéen de la veille, les lycées montpelliérains se retrouvaient jeudi 1er octobre devant des barrages. Un télescopage qui résume la rentrée de Chantal Mauchet : dans l’Hérault, les crises s’enchaînent.

    Sur les blocages lycéens, « le phénomène est inquiétant et prend de l’ampleur », a-t-elle reconnu. Elle insiste sur des jeunes « assez déterminés », parfois cagoulés, des jets de pierre et la nécessité de débloquer les établissements « fermement », mais « avec tact, méthode et proportionnalité ». Une prudence dans les mots qui résiste mal aux images et aux chiffres de la répression en cours.

    La « rationalisation »

    qui interroge

    Le climat, lui, ne laisse guère de répit. La veille encore, certains cours d’eau avaient pris deux mètres en une heure, sans faire de blessé. Après des mois de sécheresse et de chaleur, l’été a laissé 1 700 hectares brûlés. Le 4 juillet, trente départs de feu avaient été recensés dans la même journée. « Ce type de canicule va être la norme, nous en prenons acte », résume-t-elle. L’État promet un retour d’expérience sur les incendies, et, pour les écoles, pas seulement de la climatisation, mais « un vrai plan d’adaptation ».

    Sur le front social, le ton change. Le jour même où fermait le centre de nuit Coallia de Montpellier, la préfète a mis en avant 2 600 places d’hébergement d’urgence, dont 900 à l’hôtel. « C’est certainement insuffisant », a-t-elle concédé. Mais la réponse tient en un mot : « Rationalisation. » L’hébergement « ne peut pas être inconditionnel », il faut éviter les « sorties sèches ». Dans le même temps, quelque 180 places vont fermer à l’approche de l’hiver.

    Sur le reste, la représentante de l’État veut se poser en facilitatrice. « L’action ne doit pas se conduire seulement depuis Montpellier », insiste-t-elle, promettant de travailler avec les élus locaux.

  • Étudiants solidaires : 5 campus bloqués à Montpellier

    Étudiants solidaires : 5 campus bloqués à Montpellier

    La mobilisation s’étend du côté des étudiants en soutien à la mobilisation lycéenne », assure Théo, étudiant en licence de géographie à l’université Paul Valéry et membre du Scum (syndicat de combat universitaire de Montpellier). Outre le campus principal de la fac Paul Valéry, situé route de Mende et bloqué depuis le 1er octobre par le Scum, les blocages se sont étendus, mardi 6 octobre, à quatre autres campus montpelliérains : la faculté de droit et sciences politiques, la faculté des sciences (campus Triolet), la faculté d’éducation et le site Saint-Charles (Albert 1er) de l’université Paul Valéry. « Les revendications des lycéens sont absolument légitimes. Ils dénoncent des choses qu’on dénonçait déjà quand j’étais lycéen. Et on constate qu’après 10 ans de macronisme, la situation n’a fait que s’aggraver », déplore Théo.

    « Beaucoup d’adultes pensent que ce n’est qu’une bande de gamins qui ont envie de tout casser, mais non. Ce sont des enfants qui ne sont plus en capacité d’étudier, et ça, depuis très longtemps. Ce n’est que maintenant qu’ils ont le courage d’enfin bouger, et c’est super. C’est maintenant qu’il faut essayer de changer les choses », estime de son côté Léa, étudiante en licence d’anthropologie à Paul Valéry. « Le fait qu’on tourne en dérision leurs revendications, c’est le mépris classique qu’on a à l’encontre de la jeunesse. Qu’on soit lycéen ou étudiant, on subit une forme d’infantilisation », renchérit Théo.

    Lycéens, étudiants : même galère

    Une jeunesse, qui, « ces dernières années, a subi énormément d’attaques, que ce soit la suppression des APL pour les étudiants internationaux, l’application de frais différenciés pour ces mêmes étudiants, mais aussi une potentielle augmentation drastique des frais d’inscription pour tous prescrite par un récent rapport du Sénat ou la suppression pure et simple des APL pour plus de 200 000 jeunes dès 2027 en calculant l’aide en fonction des revenus des parents », liste l’étudiant montpelliérain.

    « Dénoncer Parcoursup et la sélection sociale et raciste dans l’enseignement supérieur, qui broie tout le monde, nous laisse sans avenir, qui conduit à une précarité à court ou long terme et nous promet des boulots pourris payés une misère est une revendication commune aux lycéens et aux étudiants. Car c’est un continuum : on a été lycéens, on est actuellement étudiants et on sera travailleurs avant d’être retraités. C’est pour ça que nos revendications dépassent le strict milieu étudiant », insiste le représentant du Scum.

    Le syndicat annonce d’ores et déjà qu’il « continuera la mobilisation dès la semaine prochaine, y compris à l’occasion du retour des Gilets Jaunes le 17 octobre ».

  • Le cri de rage de la jeunesse à Montpellier

    Le cri de rage de la jeunesse à Montpellier

    Comme un air de CPE. Mardi 6 octobre, on se serait crus revenus au printemps 2006, lorsque la jeunesse s’était soulevée contre le scélérat Contrat première embauche (CPE) que le patronat rêvait d’imposer pour précariser la jeune main-d’œuvre.

    Vingt ans plus tard, la droite est toujours au pouvoir, la police réprime encore, l’extrême droite menace pour de bon et la jeunesse s’inquiète plus que jamais pour son avenir. C’est ce ras-le-bol et la quête d’un meilleur futur que sont venues défendre dans les rues de Montpellier quelque 10 000 personnes, essentiellement des jeunes.

    Un défilé particulièrement enjoué et sans incident majeur (quelques tags) – si ce n’est la charge disproportionnée des CRS sur la Comédie pour disperser manu militari les derniers manifestants à 16h – au cours duquel les revendications sont légion. « Le peuple manifeste, le gouvernement fait la sieste. » « Tu nous la mets à l’envers, on te la met 68. » Les nombreuses pancartes en disent déjà beaucoup sur l’exaspération face à un pouvoir qui fait la sourde oreille. En tête du cortège, les lycéens révoltés racontent le reste au sujet des deux principales revendications. Des moyens pour l’éducation nationale et stop à la répression. « En travaux pratiques, on n’a pas assez de bureaux pour que les élèves puissent s’asseoir. Mon prof d’histoire est à l’hôpital depuis un mois et n’a pas été remplacé », s’agace Tidiane du lycée Agropolis. « L’an passé, mon prof de français a été absent 6 mois », se souvient Émilie, passée du lycée Clemenceau à Monet. « Avec Parcoursup, on a peur de ne pas pouvoir continuer nos études », confie la future étudiante qui se plaint aussi des « 35 degrés dans les classes ».

    L’État aux abonnés absents

    Ces manques élémentaires relatifs aux conditions de travail, les syndicats enseignants les dénoncent depuis des années. « On avait obtenu des engagements de la Région pour des travaux énergétiques dans les lycées. Mais avec le désengagement financier de l’État, les promesses risquent de ne pas être tenues », redoute Philippe Hattais. Co-secrétaire du Snes-FSU, ce prof d’anglais réclame « des places à l’université pour tous les bacheliers ». Ce qui passe à ses yeux par « l’abrogation de Parcoursup » mais aussi du « Bac Blanquer ».

    Quant au fait que les lycées soient débloqués par la force, Titouan, lycéen à F. Bazille qui se démarque des poignées de casseurs, ne l’accepte pas. « La répression contre les jeunes est abusive. Certains ont perdu un œil, une main. Ils envoient les matraques et les lacrymos sur des enfants. »

    Dans le cortège parti à 13h15 du Peyrou pour y revenir via la gare, la Comédie et la préfecture, on lit et on entend des messages anti-flic. « Acab ! » « Tout le monde déteste la police. »

    L’extrême droite rejetée

    Non loin d’un jeune qui brandit un carton. « On veut des bonnes notes, pas des menottes », une mère solidaire de deux lycéens est venue veiller sur eux. « Mon fils a passé son Bac en juin sous 40 degrés. Il n’y a pas un ventilateur dans les lycées de Montpellier ! », s’emporte Virginie qui dénonce des « conditions d’apprentissage indignes » en amuse-bouche d’une « sélection épouvantable » vers le supérieur. « Le service public de l’éducation est laissé à l’abandon depuis des années et sous Macron c’est la dégringolade. »

    Jugeant la colère de ces jeunes « tout à fait légitime », elle se méfie de la « répression policière démesurée ». « Ce sont des Robocop en roue libre soutenus par le ministère et sans aucune retenue. » Face aux images des casseurs qui font les choux gras des chaînes d’info, elle ajoute. « Le phénomène des casseurs infiltrés, ça fait 30 ans qu’on le connaît. Ils viennent pour décrédibiliser le mouvement qui, a la base, est pacifique. On se demande bien qui les envoie… »

    Perdus de la manif, quelques petits groupes issus de l’ultra droite étaient ici ou là identifiables. Mais l’immensité du cortège qui entonnait régulièrement « Siamo tutti antifascisti » ne laissait pas la moindre place au doute concernant son allergie à l’extrême droite.

  • Avant la réception du Racing 92, le RC Toulon doit apprendre à vivre sans Pierre Mignoni

    Avant la réception du Racing 92, le RC Toulon doit apprendre à vivre sans Pierre Mignoni

    Le séisme provoqué par la démission de Pierre Mignoni mardi a fait trembler le sol du campus RCT toute la semaine durant. « Pour tout le monde, c’est dur. C’est une surprise, un choc », avoue David Ribbans, l’un des capitaines et hommes de base du désormais ex-homme fort du RCT, qui a « signé ici aussi pour lui » au moment de quitter Northampton en 2023. Et c’est visiblement ce qu’a tenté de provoquer l’ancien demi-de-mêlée toulonnais avec ce départ que le président Bernard Lemaître, et le désormais seul entraîneur Franck Azéma, ont tenté d’empêcher, en vain. « Ce n’est pas ce que je souhaitais, mais je peux comprendre ce qu’il veut faire », commente ce dernier. « Quand tu es chez toi, que tu as démarré le rugby ici, joué ton premier match en première à Mayol, entraîner ce club, c’est particulier. Plus qu’à l’équipe, tu as envie de donner à ta région, à ta ville. Je pense que c’est une façon pour Pierre de secouer tout le monde. J’espère que ça va avoir cet effet. »

    Malgré le presque prophétique burn-out de Mignoni en février dernier, cette décision était donc inattendue. Mais les joueurs, Baptiste Serin en tête, en assument la responsabilité, après la rouste reçue à Montpellier dimanche, épilogue d’un début de saison raté (4 défaites en 5 matches) et de huit derniers mois compliqués : « Je pense que ça nous pendait au nez. On n’a pas fait assez pour garder Pierre, mais c’est à la hauteur de la personne que c’est, il ne faut pas qu’on oublie qu’il se sacrifie pour nous. »

    « Se concentrer sur nous »

    S’il est trop tôt pour observer les effets de ce bouleversement, Franck Azéma voit déjà « des attitudes chez certains joueurs sur l’engagement, sur la prise de conscience. Mais ce sont les performances qui vont donner une indication sur ce qu’on est capable de réaliser. » Celle-ci arrive rapidement, avec la réception du Racing 92 ce samedi, que l’entraîneur toulonnais aborde avec l’objectif de revenir à l’essentiel : « En se concentrant sur nous, notre jeu, sur ce qu’on va être capable de maîtriser, les fondamentaux, la construction du match. En essayant d’avoir un socle solide pour bâtir dessus ». Car en face, le club francilien, qui se remet tout juste d’un début de saison guerre plus brillant que celui des Rouge et Noir, arrive avec l’envie de profiter de la situation : « C’est une belle équipe qui a beaucoup de qualités physiques. Dans leurs têtes, ils se disent certainement “ils ont un genou à terre, il faut les finir“. On en est conscients », analyse l’entraîneur varois. Un appel à faire preuve de fierté pour relever l’étendard. Car une chose est sûre : « On ne peut pas se satisfaire de voir Toulon comme il est en ce moment », appuie Baptiste Serin. Ses coéquipiers et lui ont les cartes en main.

    Décrié depuis le début de saison, notamment pour son manque d’efficacité au pied, encore visible face à Montpellier, Melvyn Jaminet, l’arrière du RCT, n’est pas dans le groupe convoqué par Franck Azéma ce samedi. Ce dernier s’en justifie : « Sur son début de saison, il n’est pas au rendez-vous. Il a besoin d’aller chercher au plus profond de lui pour trouver d’autres ressources. Il y a des choses qu’il peut mieux maîtriser. Il fait partie de ces garçons qui ont un niveau, un standard international. Il est largement capable d’aller chercher ce niveau-là. Encore faut-il qu’il fasse l’effort de le faire. Il y a la concurrence. Nous, on a besoin de performance le week-end. »

    RC Toulon –Racing 92 – 6e journée de Top 14

    Samedi 10 octobre, 16h35

    Stade Félix-Mayol, Toulon

    Arbitre : M. Marbot

    RCT : Gros, Baubigny, Sinckler ; Kpoku, Ribbans ; Ludlam (Cap.), Ollivon, Mercer ; Serin, Albornoz ; Ferté, Fickou, Brex, Tuicuvu ; R. Rebbadj.Entraîneur : Franck Azéma

    Racing : Njocke, Escobar, Bamba ; Lainault, Taofifenua ; Diallo, Manyarara, Baudonne ; Gibert, Seunes ; Ravutaumada, Tuisova, Habosi, Naituvi, Spring (cap.). Entraîneur : Patrice Collazo

  • Un évêque dénonce les violences sexuelles dans l’Église

    Un évêque dénonce les violences sexuelles dans l’Église

    L’Église a mis en place les structures qui ont permis d’agresser, et il en reste des réminiscences » : l’évêque de Digne, Riez et Sisteron, Mgr Emmanuel Gobilliard, a appelé vendredi à cesser de protéger l’Église coûte que coûte face aux témoignages de victimes de violences sexuelles. Il prenait la parole devant les 150 membres du personnel de l’enseignement catholique des Alpes-de-Haute-Provence, réunis pour une formation obligatoire à la prévention des violences sexuelles, une « première en France » selon l’évêque.

    Mgr Emmanuel Gobilliard a regretté le fait que le premier réflexe de beaucoup de religieux soit de défendre l’institution, plutôt que d’écouter la parole des victimes. « La personne victime doit passer avant tout, avant la réputation d’une institution », a-t-il lancé au micro à l’ouverture de la journée de formation, pendant laquelle le procureur de Digne-les-Bains, Antoine Pesme, intervenait notamment. Le prélat a comparé ce « réflexe de protection » à celui « d’un animal qui se sent oppressé et qui attaque les autres ». « Lorsqu’une institution est attaquée, elle attaque la presse, les victimes et l’institution judiciaire, alors que c’est justement les trois qui nous sauvent », a-t-il argumenté, malgré le fait que « cette défense de l’institution est destructrice de l’institution elle-même ».

    « Je suis chrétienne, et, quand je dénonçais les choses, on me disait que je voulais démolir l’Église », a abondé Isabelle Chartier Siben, médecin psychothérapeute, victimologue et cofondatrice d’une association d’aide aux victimes, qui intervenait également pour former le personnel de l’enseignement catholique.

    Face à ce silence destructeur, Mgr Emmanuel Gobilliard a appelé à développer une « culture du signalement, dès qu’on a un doute » puisque « les abus prospèrent dans le secret, l’isolement et les relations d’emprise ».

    « Sans la presse, les choses ne bougent pas »

    « Sans médiatisation, on se protège entre nous », a regretté l’évêque. « Sans la presse, les choses ne bougent pas », a abondé Isabelle Chartier Siben, qui affirme faire partie des « lanceurs d’alerte » sur le sujet des violences sexuelles dans l’Église. Les religieux ont appelé à faire cesser le « terreau mortifère » qui permet aux auteurs de commettre des violences sur des enfants.

    « Les faits prescrits, c’est un drame. Je suis à 1 000% pour l’imprescriptibilité. Je crois qu’on va bientôt l’avoir grâce à la loi intégrale », a par ailleurs avancé Isabelle Chartier Siben. L’Église reconnaît les faits de violences sexuelles « même si l’auteur est décédé », a affirmé Pascale Poch, médecin et responsable pour le diocèse des cellules d’écoute et de veille. Cette dernière « a fait partie de la première cellule d’écoute » et a « vu les ravages dans la vie des personnes victimes d’abus ».

    Emmanuel Gobilliard a créé avec le diocèse de Paris le premier protocole d’accord avec le parquet de Lyon, parce qu’il a vu « à quel point on partait de très loin ». Il a alors demandé « à ce que des formations soient entreprises, et on a mis en place une plateforme de sensibilisation à la prévention des abus. On a entrepris de former les personnels de l’enseignement catholique, avec quelques récalcitrants ».

    Ce dispositif de formation existe depuis 2020 et le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase).

    Dès qu’une personne est mise en examen, elle a « interdiction d’exercer » dans l’Église, a affirmé Mgr Emmanuel Gobilliard, ce qui permet le bon déroulement de l’enquête. « Toute une partie du Code pénal de l’Église concernant les peines a été réécrite à la suite de l’émergence des affaires de pédocriminalité. Il a été complètement refait », a expliqué Pascale Poch. « 100% » des signalements reçus font l’objet d’un signalement à la justice, selon Mgr Emmanuel Gobilliard.