Blog

  • Vingt-trois policiers municipaux marseillais menacés de sanctions

    Vingt-trois policiers municipaux marseillais menacés de sanctions

    Un nouveau coup de froid sur la police municipale à Marseille. Depuis vendredi, plusieurs policiers municipaux ayant participé à l’envahissement de la mairie centrale le 21 novembre dernier se sont vu remettre des courriers les informant qu’une procédure disciplinaire était envisagée contre eux. « Vous avez été formellement identifié parmi les agents s’étant introduit dans l’hôtel de ville, expliquent les missives signées par le directeur des ressources humaines et datées du 13 août. Ce comportement inapproprié constitue un manquement au devoir de réserve et à l’obligation d’exemplarité qui s’imposent à tout agent public. »

    Au total, vingt-trois d’entre eux sont menacés de sanctions selon nos informations, confirmées par la Ville. Ils ont quinze jours pour accéder à leur dossier et adresser leurs observations, avant que les procédures ne soient engagées. « Vous avez le droit de garder le silence pendant la procédure disciplinaire engagée à votre encontre car tout ce que vous pourriez dire pourra être retenu contre vous », se conclut maladroitement le courrier. Suscitant une vive émotion dans les rangs.

    Fin novembre, une partie des agents s’étaient mis en grève à l’appel de la CFE-CFTC et de la FSU, protestant contre des augmentations différenciées du régime indemnitaires entre ceux qui travaillent de jour ou de nuit. Jusqu’à envahir l’hôtel de ville, avec des intimidations contre l’agent de sécurité, qui a déposé plainte, les fils du standard téléphonique arrachés, pendant que les agents chantaient « on est chez nous ». La Ville avait déposé plainte contre X, trois premiers courriers étaient partis au mois de janvier, ciblant selon nos informations l’agent ayant usé de son badge pour faire entrer les manifestants, celui qui a intimidé la sécurité privée à l’entrée et un autre filmé alors qu’il ciblait la directrice de la police municipale avec des propos peu amènes. Seul problème : tous trois sont délégués syndicaux, l’un à la FSU, deux à la CFE-CFTC. Alors à la mi-juillet, la CFE-CFTC interpelle le directeur général des services. Et explique qu’ils accepteraient des sanctions si elles touchaient tous les agents concernés, et pas seulement les trois responsables syndicaux. Des rumeurs, proteste la secrétaire générale de la CFE-CGC, Pascale Longhi Nous avons seulement fait remarquer que ce n’était pas normal que ce soit les nôtres, et nous avons demandé qu’il y ait de sanctions pour personnes », réfute-t-elle. « Nous lui avons fait remarquer que nous pouvions les attaquer pour discrimination syndicale et entrave syndicale », précise Philippe Angelelli, le secrétaire général de la CFTC Marseille.

    Pas d’excuses

    Si les sanctions contre les trois responsables syndicaux ne sont pas encore tombées, ils ne sont plus les seuls à être concernés par les procédures en cours. Alors même que les relations s’étaient apaisées, surtout depuis que les agents, au début de l’année, ont constaté qu’ils étaient tous bien augmentés, loin de certains discours instrumentalisés. « Les agents nous appellent, on ne comprend pas cet acharnement », soupire Pascale Longhi. « On bafoue le droit de grève en sanctionnant des gens qui ont exprimé quelque chose dans ce cadre-là », reproche Philippe Angelelli. Tous deux refusent cependant de s’excuser pour l’envahissement de la mairie. Mais même au-delà de leurs rangs, ces procédures suscitent un tollé. « Certains avaient juste suivi le mouvement, d’autres qui ont fait des actes plus répréhensibles passent au travers des mailles », grince un militant syndical. Beaucoup regrettant une décision administrative plus que politique. Qui risque de remettre le feu aux poudres.

  • Répondre à la question sociale

    Répondre à la question sociale

    La justice sociale et la dignité des travailleurs sont la grande réponse progressiste, celle de la gauche, à la grande question sociale et son lot d’inégalités. Elle doit irriguer plus encore les propositions du camp du progrès. Elles doivent aussi représenter, aux yeux des citoyens, une alternative solide face au rouleau compresseur des politiques antisociales mises en œuvre depuis 2017. Jean Jaurès fit de cet enjeu la priorité et l’élargissait à la défense de la démocratie, de la République et des droits humains. Il fut, à ce titre, l’incarnation de
    la défense du Capitaine Dreyfus. Assassiné par un nationaliste en 1914, Jaurès n’a eu de cesse de combattre la réaction.

    Banalisation
    du mal

    Les héritiers des ultranationalistes de son époque ont, en 2025, pignon sur rue. La banalisation de l’extrême droite lui a permis de faire infuser ses idées de haine dans la société. Ainsi, le projet de l’irresponsable François Bayrou de supprimer deux jours fériés, dont le 8 mai, illustre cette banalisation du mal.
    À quoi bon commémorer la victoire sur le nazisme ? Cet effacement de l’histoire se produit au moment où nous devrions puiser dans les conquêtes sociales de l’après-guerre pour faire grandir notre modèle social né du programme du conseil national de la Résistance.

    Bayrou, Macron et consorts marginalisent
    la question sociale.
    Ils l’ignorent ou, quand ils y répondent, c’est par la répression. Quant à l’extrême droite, sa réponse est le racisme euphémisé : « la préférence nationale », machine infernale pour exclure. Aucune de ces réponses n’est acceptable. La responsabilité des gauches est immense pour porter haut et remettre au mitan
    la justice sociale et
    le combat contre
    les inégalités.

  • Un cinéaste artisan de notre époque

    Un cinéaste artisan de notre époque

    Les œuvres de Robert Guédiguian ne sont jamais anecdotiques même celles qui semblent les plus légères. Elles nous accompagnent et nous nourrissent, elles nous heurtent et nous saisissent. De Marius et Jeannette, – au succès populaire qui a permis au cinéaste de construire un parcours artistique solide, en amitié et en fraternité avec le public – on retient souvent l’histoire d’amour formidable, ce miracle de la vie. Mais aussi, en filigrane, en sachant saisir un regard ou des mains qui économisent le reste d’un tube de sauce tomate, l’âpreté de la condition des femmes ouvrières, leur pugnacité aussi. D’autres figures féminines seront au cœur de son prochain film intitulé Une femme aujourd’hui. Un titre simple pour nous raconter une réalité complexe.

    Guédiguian élargit la question sociale

    En se saisissant toujours de la question sociale, Robert Guédiguian l’élargit à nos enjeux contemporains. Ici, les questions d’identité, de féminisme, d’immigration. Il entend les révéler au grand jour, avec les outils qui sont les siens, ceux du cinéaste, de l’artiste : un scénario, des actrices, des acteurs, des costumes, des décors, de la lumière et des couleurs. Georges Simenon écrivait des « romans durs » au sens où il était le conteur de son époque et de sa réalité crue, invisible à ses contemporains. C’est la fonction de la culture : être révélatrice de notre vie et nous offrir des clés pour s’émanciper.

    Impossible de dire si Une femme aujourd’hui va s’inscrire dans les films « durs » de Robert Guédiguian. Une chose est sûre : ce film, son 25e, est attendu avec impatience.

  • Des incendies toujours hors de contrôle en Espagne

    Des incendies toujours hors de contrôle en Espagne

    L’Espagne vit une vague d’incendies inédite qui aura d’importantes conséquences, humaines, environnementales et économiques

    Le Nord-Ouest de l’Espagne et l’Estrémadure vivent l’enfer depuis début août. Le feu règne en maître sur plusieurs régions. Dès qu’un incendie est contrôlé, un ou plusieurs autres démarrent et rendent de plus en plus difficile la tâche des pompiers et des renforts arrivés de plusieurs pays de l’Union européenne.

    Le dernier bilan actualisé mercredi par le Système Européen d’Information sur les Incendies Forestiers (Effis) chiffrait à 391 581 hectares (dont la majorité depuis début août) brûlés depuis le début de l’année correspondant à 230 incendies. Quatre décès sont à déplorer ainsi que de nombreux blessés. Une vingtaine d’incendies au total est encore hors de contrôle. À Ourense en Galice, sept incendies sont actifs et huit en Castille-et-León.

    Au-delà de la catastrophe humaine et écologique, il y a aussi les conséquences économiques dont on ne mesure pas encore l’ampleur. On estime à 600 millions d’euros le préjudice sur les secteurs les plus touchés tels que l’élevage intensif et l’apiculture. Des aides des régions sont prévues : 500 euros par personne évacuée et 18 500 euros pour une maison détruite par le feu. Seul point positif mercredi, la liaison ferroviaire grande vitesse entre Madrid et la Galice a été rétablie après sept jours d’interruption. Le gouvernement a déclaré mardi « zone de catastrophe naturelle » toutes les régions impactées, ce qui permettra de mettre en marche les indemnisations.

    Actions de solidarité

    Cependant, le premier ministre socialiste Pedro Sanchez, qui était venu sur place pour annoncer un pacte contre le changement climatique, associant le gouvernement et les régions, n’a pas trouvé un écho favorable de la part des exécutifs de droite dans les régions impactées. Des positions guidées par une opposition systématique à tout ce qui vient du gouvernement de gauche. Mais côté population, il n’y a pas d’arrière-pensées politiciennes, les habitants affrontent ensemble cette catastrophe et mettent en place des actions de solidarité.

    C’est le cas à Valverde de la Sierra village, de vingt habitants (province de Léon) où 200 personnes, villageois, vacanciers et bénévoles, venues de toute la région ont travaillé sans relâche pour isoler le village du feu. Parmi ces volontaires, il y a José Manuel, un berger d’Estrémadure qui chaque été traverse la moitié de l’Espagne avec ses 2 000 moutons pour aller les faire paître à Valverde. Cette année, ses animaux sont devenus un outil inattendu contre le feu : « Les moutons mangent tout petit à petit et, avec leurs sabots, ils foulent le sol » explique Jose Manuel « vous verrez comment ils défrichent ! » le berger a donc mis ses moutons au service de la protection du village avec efficacité. Deux mille brebis et deux cents personnes ont travaillé jour et nuit pour construire une muraille invisible : un pare-feu qui protège la vie et les souvenirs d’un village qui refuse de brûler. La solidarité sur le terrain fait chaud au cœur.

    L’heure n’est pas encore à étudier avec précision les causes profondes de cette catastrophe. Cependant, il apparaît que les zones affectées sont les régions où le dépeuplement est le plus important. Selon certains experts, près de 90 % de la centaine de villages affectés par les incendies ont perdu pour certains plus de 50% de leurs habitants depuis une vingtaine d’années. La désertification et l’abandon rural favorisant le déclenchement et l’extension des incendies tout cela s’ajoutant aux facteurs climatiques.

    Mercredi, l’annonce d’orages et de pluies donnait quelques espoirs, mais rien n’est gagné et les jours qui viennent risquent d’alourdir un bilan déjà catastrophique.

  • L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    Le protocole signé avec EDF porte ses fruits. En septembre 2024, le Gipreb, syndicat mixte chargé de la surveillance de l’état écologique de l’étang de Berre, et l’électricien passaient un accord visant à restreindre les rejets d’eau douce de la centrale de Saint-Chamas durant l’été. Après une première saison, le directeur de l’instance scientifique Raphaël Grisel l’affirme : « Ce protocole donne raison à l’ensemble des parties : on a une centrale qui produit, essentiellement en hiver, et un étang qui profite de ces nouvelles conditions et semble moins fragile sur la période estivale. »

    « Actuellement, la salinité est la même de la surface au fond, dans les zones profondes, poursuit-il. On n’a plus de stratification depuis le mois de juin grâce à la limitation des rejets d’eau douce. » En 2018, l’eutrophisation et la stratification des eaux avaient mené à une crise d’anoxie, c’est-à-dire une pénurie d’oxygène dans l’eau conduisant à une mortalité massive des organismes vivants de l’étang.

    La recolonisation des zostères

    Même les deux périodes de canicule, en juin et en août, n’ont pas eu raison de l’équilibre de l’écosystème. « Les chaleurs n’ont pas eu d’incidence trop négative », assure Raphaël Grisel, qui pointe « de toutes petites situations dans des zones très confinées comme des ports », mais aucun épisode de malaïgue grâce au vent qui a fait baisser les températures. Pour garder une eau claire et équilibrer l’écosystème lagunaire, le Gipreb mène des campagnes de plantation d’herbiers de zostères qui limitent la remise en suspension des sédiments grâce à leurs racines, stockent la matière organique et permettent la production d’oxygène dans l’eau avec leur photosynthèse.

    « L’intérêt c’est d’accélérer leur recolonisation dans les zones où il devrait y en avoir, détaille Raphaël Grisel. Ces sites ont été ciblés en fonction de leur capacité à essaimer vers d’autres sites grâce à la circulation de l’eau. L’année dernière on en a planté 8m2, ce qui est très peu mais c’était un test opérationnel. Au bout de trois mois, ces 8m2 étaient devenus 400m2, donc on a une multiplication par cinquante des surfaces. Cette année, on a planté 30m2. »

    Autre avancée notable : cet automne, la réouverture des communications hydrauliques entre l’étang de Bolmont et l’étang de Berre permettra à la lagune située entre les communes de Marignane et de Châteauneuf-les-Martigues de sortir d’une « situation de confinement qui ne lui est pas favorable ».

  • Rentrée sur les chapeaux de roues pour les syndicats de taxis

    Rentrée sur les chapeaux de roues pour les syndicats de taxis

    Embouteillages en vue dès le 5 septembre notamment autour des gares et des aéroports. Après une mobilisation en mai et en juin, les fédérations de taxis appellent à de nouvelles actions dans le cadre d’un mouvement national.

    Les syndicats de taxis se réunissent mercredi 20 août à 17h pour discuter des modalités de la mobilisation prévue à partir du 5 septembre contre les tarifs du transport médical. Une nouvelle convention publiée au Journal officiel début août a modifié la donne : les règles de prise en charge par l’Assurance maladie des transports de patients par les taxis réduisent les coûts. Elles doivent s’appliquer dès le mois d’octobre.

    En juin, les fédérations de taxis étaient sorties déçues d’une réunion avec les ministres de la Santé et des Comptes publics. Rien n’a changé.

    « 30 à 40% de pertes »

    Au cœur des revendications, la quasi-suppression de la prise en charge des retours à vide quand ils repartent, par exemple, d’un hôpital sans client. « Une hérésie totale » pour le secrétaire général de la FNDT (Fédération nationale du taxi) Dominique Buisson, qui assure que « les retours à vide sont obligatoires dans beaucoup de cas, surtout quand il y a des grandes distances qui sont opérées ». Le gouvernement entend réaliser 150 millions d’euros d’économies. Les professionnels craignent quant à eux une chute brutale de « 30 à 40% de pertes de rémunération », voire « des licenciements de personnels pour ceux qui emploient des salariés ».

  • Que vive notre patrimoine commun !

    Que vive notre patrimoine commun !

    Gageons qu’il n’est jamais trop tard pour rattraper le temps perdu. Gageons aussi que cet adage s’applique à la protection du patrimoine bâti. Car aujourd’hui il y a urgence, notamment à Marseille, pour agir et préserver les monuments historiques des outrages du temps, du vandalisme de toute sorte ou, pire encore, de l’indifférence.

    La cité phocéenne, plus ancienne cité de France avec ses vingt-six siècles d’existence, a longtemps subi la mauvaise réputation d’être une ville sans témoins solides de sa longue histoire, les édifices. Rien de plus faux. Encore fallait-il une volonté politique pour mettre au rang des priorités la protection des bâtiments, souligner leur portée et leur valeur historique. C’est la mission des fonctionnaires du ministère de la culture qui, avec peu de moyens, font preuve d’une énergie à saluer.

    L’expression
    de notre vie

    À Marseille, comme dans les autres communes des Bouches-du-Rhône et des départements du Var et du Vaucluse, de plus en plus de sites sont désormais inscrits grâce à l’action conjuguée des fonctionnaires et des associations, au premier rang desquelles Sites et Monuments.

    L’inscription aux monuments historiques permet aux habitants, aux visiteurs, de découvrir, via ces bâtiments, leur propre histoire. Car il s’agit ici de « biens communs », le patrimoine de tous. Une idée issue de la Révolution française et des principes de
    la République. Aussi, chaque atteinte à un édifice est une blessure, l’amputation d’une mémoire. A contrario, chaque geste de protection permet de ne pas effacer le passé. Les monuments historiques sont plus que des pierres. Ils sont l’expression de notre vie sociale.

  • Vitrolles : la CGT craint la fin du tri courrier à la plateforme de La Poste

    Vitrolles : la CGT craint la fin du tri courrier à la plateforme de La Poste

    Le courrier des Marseillais ira à Montpellier avant de revenir à Marseille ! », s’insurge Sabrina Manca, élue CGT et salariée de La Poste qui travaille à la plateforme industrielle de courrier Marseille Provence, à Vitrolles (PIC). Son organisation tire, ce mardi, la sonnette d’alarme sur un projet de transformation présenté durant l’été aux salariés du site. La plateforme, qui gère le courrier de l’ensemble des Bouches-du-Rhône et au-delà, devrait devenir une plateforme multi-flux, et donc accueillir des colis.

    Mais cette transformation est en réalité vue comme une « fermeture de la PIC qui ne dit pas son nom » selon la CGT. « Le tri du courrier des Bouches-du-Rhône ira sur la PIC de Montpellier, et le tri du courrier des Alpes, qu’on fait depuis 10 ans, ira à Toulon », déplore Sabrina Manca. Avant de développer : « La direction va vider le centre des machines de tri courrier ». Si le conditionnel reste de mise puisqu’on ne parle encore que d’un « projet », reste que c’est très concret pour les plusieurs dizaines de salariés potentiellement impactés par cette transformation. « On nous a présenté, en juillet, une étude sur le sujet mais sans plus de précisions. La seule chose qu’on sait, c’est qu’on va faire beaucoup de colis, chose qu’on fait très peu actuellement », développe l’élue syndicale. Et forcément, le transfert du flux de courrier bucco-rhodanien de Vitrolles à Montpellier ne passe pas pour son organisation syndicale. « On va récupérer le courrier de Marseille, il passera en transit par la PIC de Vitrolles, puis ira à Montpellier avant de revenir ! », abonde Karim Bouzana, délégué CGT. Un « non-sens logistique, industriel et écologique » pour les représentants syndicaux, qui pointent également l’afflux de camions à venir. « La Poste pourrait tout à fait cumuler colis et courrier. Mais elle décide plutôt de fermer le seul site de tri de courrier des Bouches-du-Rhône », martèle-t-il.

    « Réaffirmer l’importance du site »

    La CGT soulève aussi des conséquences pour l’emploi des salariés de la PIC Vitrolles et des changements drastiques à venir. Le tout, sur fond de contrat avec Amazon et des travaux d’ampleur. « On va virer le courrier et mettre des machines pour les colis ! Le contrat avec Amazon stipulerait qu’on devra garantir une livraison à J+1, c’est-à-dire le lendemain de la commande », poursuit Karim Bouzana. En clair, « une réorganisation totale, avec de nouvelles contraintes ». Selon lui, la nouvelle plateforme de La Poste devrait être opérationnelle « en 2028 » et estime à plusieurs dizaines de salariés concernés par « de la mobilité forcée ».

    Contactée, La Poste ne confirme évidemment pas une « fermeture », ni un contrat avec Amazon, mais évoque bien le lancement « d’une étude technique pour définir les évolutions possibles de sa plateforme industrielle courrier de Vitrolles ». Une étude qui « s’inscrit dans une volonté de s’adapter à la baisse des volumes de courrier, à l’augmentation de l’activité colis et au développement des services de logistique ». Avant de conclure : « Cette étude, qui démarrera dès la rentrée de septembre 2025 et s’étalera sur plusieurs mois, réaffirme l’importance du site de Vitrolles, stratégique pour La Poste en région Paca ».

  • Provence : une dizaine de rassemblements prévus par les travailleurs de l’énergie CGT

    Provence : une dizaine de rassemblements prévus par les travailleurs de l’énergie CGT

    Si les organisations syndicales se réunissent le 1er septembre pour organiser la riposte face au budget du Premier Ministre, François Bayrou, et que des appels au blocage du pays sont au programme pour le 10 septembre, ce sont bien les énergéticiens CGT qui vont officiellement lancer la rentrée sociale de cette année. En effet, la FNME-CGT (Fédération nationale des mines et de l’énergie), qui regroupe les travailleurs des entreprises du secteur de l’énergie, a déposé un préavis de grève pour le 2 septembre.

    Et pour l’occasion, les énergéticiens prévoient de mettre les petits plats dans les grands. À titre d’exemple, plus d’une dizaine de rassemblements sont d’ores et déjà prévus dans les Bouches-du-Rhône, avec 3 seulement à Marseille mais aussi 3 autres sur le pourtour de l’étang de Berre. On en dénombre également à Aix, Cabriès, Aubagne, Salon-de-Provence ou encore Avignon pour le Vaucluse… En bref, le mouvement social dans l’énergie s’annonce suivi selon les prévisions de la CGT. Et pour cause, les agents du secteur mettent au cœur de leurs revendications deux points principaux : Celui des factures des usagers et leurs salaires. « Le gouvernement impose une TVA à 20% sur l’abonnement électricité et gaz depuis le 1er août », pointe la CGT alors qu’elle revendique une taxe à 5,5%. Côté salaires, les agents espèrent arracher une revalorisation au niveau du secteur de 9%.

  • En six ans, l’incroyable success story de l’Été marseillais

    En six ans, l’incroyable success story de l’Été marseillais

    Un tourbillon de concerts, d’activités sportives, de projections en plein air, de repas partagés, le tout toujours gratuit. Désormais affichée à travers toute la ville avec ses nouvelles décorations, cette sixième édition de l’Été marseillais bat tous les records. En dix dates, la scène sur l’eau a attiré jusqu’à 300 000 spectateurs, auxquels s’ajoutent 50 000 participants pour le karaoké géant et le feu d’artifice du 15 août, tandis que les nocturnes au musée et cartes blanches aux artistes affichent complet chaque jeudi.

    Par rapport à l’année précédente, le nombre de spectacles a été multiplié par trois, avec de nouvelles scènes installées à l’Estaque et au stade nautique. Résultat : dans un classement réalisé par la société de paiement SumUp, Marseille arrive cet été largement en tête des « meilleures villes pour une escapade culturelle », dopée par ses 1 600 rendez-vous gratuits.

    Pourtant, ce rendez-vous n’était pas prévu dans la campagne du Printemps marseillais en 2020. « L’idée est venue du collectif culture qui avait travaillé sur le programme », rembobine l’adjoint (PCF) à la culture, Jean-Marc Coppola. « Quand nous avons été élus le 4 juillet, nous avons demandé aux services concernés de réfléchir à des activités tout au long de l’été pour les Marseillais qui ne peuvent pas partir en vacances, qu’ils puissent profiter de la ville », raconte-t-il. Au sortir du Covid, les musées sont alors rendus gratuits, l’opéra et le conservatoire proposent visites et concerts au palais Carli. « Rapidement, on s’est dit qu’il fallait que ça irrigue plus de secteurs, et c’est monté en quantité, en qualité », témoigne l’élu communiste. Il n’y a pas de place sur les quais du Vieux-Port ? En 2023, pour la première fois, une scène flottante est installée face à l’hôtel de ville, qui attire 75 000 spectateurs en quatre dates, avec le ballet national de Marseille en ouverture. « On était trois jours après les violences, et là nous avons vu cet autre visage de Marseille, c’était fantastique », sourit Jean-Marc Coppola. Qui résume : « C’est populaire parce que c’est gratuit, et c’est de qualité. »

    Succès inspirant

    Certes, cela ne va pas sans orage. En février 2024, certains acteurs locaux protestent dans les colonnes du Monde en voyant la programmation confiée à la société lyonnaise B-PM, qui a de nouveau remporté la mise cette année malgré une première candidature commune des structures marseillaises. « Il y a un marché public, ils connaissent la règle du jeu », répond Jean-Marc Coppola, confiant néanmoins en leur capacité à le remporter à l’avenir. À droite, le succès fait grincer des dents. La présidente (LR) de l’opposition Catherine Pila s’interrogeait en juillet « sur le coût réel de ces festivités », et jugeait le choix de programmer des artistes algériens « maladroit et provocateur ». « Ils n’osent pas trop le remettre en cause, cela montre surtout qu’ils ne sont pas ouverts à la diversité de la ville », réplique l’adjoint PCF. Se félicitant de voir ce succès nourrir des projets locaux associatifs.