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  • Climat social électrique pour la rentrée

    Climat social électrique pour la rentrée

    La banderole est visible depuis la rocade L2 à Marseille et donne le ton de la mobilisation : « Électricité et gaz augmentés, actionnaires gavés, salaires bloqués, personnel énervé ! ». Depuis ce mardi 2 septembre, des dizaines de milliers d’agents des industries électriques et gazières (IEG) sont en grève à l’appel de la CGT. Le premier mouvement de cette rentrée sociale trouve évidemment écho en Provence avec une myriade de piquets de grève de Fos à Avignon en passant par Marseille. C’est le cas sur le site d’Enedis situé dans le 13e arrondissement de la ville et tenu par une quinzaine d’agents. Ce mercredi, sur le piquet, les grévistes entretiennent une ambiance bon enfant, à grand renfort d’enceintes pour la musique et de provisions pour tenir la distance. De quoi contraster avec les sujets lourds portés dans leurs revendications. « Depuis une vingtaine d’années, nos employeurs n’ont pas indexé nos salaires sur l’inflation. Avant, on était 20% au-dessus du Smic à l’entrée de notre grille, aujourd’hui on est à 9% en dessous du Smic », campe Serge Casari, délégué syndical CGT à Enedis.

    Pour rappel, une grille des salaires est une classification qui régit les rémunérations par secteur. Et celle des IEG fait visiblement partie des 25 branches professionnelles qui ont leurs minima en dessous du Smic en France. Une situation intenable pour la CGT. « Nos entreprises respectives font des bénéfices indécents. Enedis a fait 1,2 milliard d’euros de bénéfices nets l’année dernière, Engie c’est environ 800 millions de bénéfice net… Au lieu de réinvestir dans les entreprises, ils préfèrent les faire remonter aux actionnaires », analyse Serge Casari. Avant de tempêter : « C’est un argent qui n’est pas investi dans le réseau, qui ne profite pas aux usagers. Il ne bénéficie en rien aux citoyens ni aux salariés ». S’il mentionne les usagers, c’est parce que la deuxième revendication des grévistes concerne justement l’ensemble de la population française puisqu’ils demandent une baisse des factures. Et pour cause : La TVA sur l’abonnement d’électricité et de gaz, est passée de 5,5% à 20%, au 1er août dernier.

    « Dans un mouvement plus global »

    « Avec le contexte actuel, cette hausse n’est tout simplement pas justifiée », tonne Serge Casari, citant « un grand nombre d’artisans, de PME en difficulté » suite à l’explosion des tarifs. Un comble à l’heure où la précarité énergétique est au plus haut dans le pays. Et de quoi poser la question de la redistribution des richesses dans un secteur où l’argent ne manque pas. « Aujourd’hui, ce n’est pas la réponse aux besoins qui prime », déplore Michel Pruvost, militant CGT et salarié d’EDF. Avec plus de 35 ans de boîte, il est proche de la retraite et connaît bien l’historique qui a amené à cette situation : « Avant, avec EDF-GDF nationalisé, on avait l’électricité la moins chère d’Europe. On transportait et distribuait au moindre coût, le prix était fixé en fonction des coûts de production. Depuis la mise sur le marché de l’énergie, les factures augmentent. On est sur un marché avec de l’offre et de la demande ». Pendant que le militant fait son analyse, ses collègues reçoivent une visite de leurs homologues de la CGT du port de Marseille, qui vient à grand renfort de palettes de bois. Manière d’alimenter la solidarité interprofessionnelle. Et les énergéticiens en auront besoin : la grève est reconductible et ils espèrent tenir jusqu’au 10 septembre, voire le 18. Deux dates centrales pour la riposte sociale. « On s’inscrit dans un mouvement plus général contre les mesures austéritaires, celles de Bayrou ou de son successeur », conclut Michel Pruvost. Ils devraient d’ailleurs recevoir la visite du sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, ce jeudi.

    « Avant, on avait l’électricité
    la moins chère d’Europe.
    On transportait et distribuait au moindre coût, le prix était fixé
    en fonction des coûts
    de production. »

  • « La vraie arnaque, c’est la facture des usagers »

    « La vraie arnaque, c’est la facture des usagers »

    La Marseillaise : Pourquoi menez-vous cette grève reconductible ?

    Nicolas Davan : On se mobilise pour des revendications multiples. La première porte sur les factures des usagers pour laquelle on demande une TVA à 5,5%, comme les produits de première nécessité, contre 20% aujourd’hui. Elle était déjà à 20% sur les kilowatts d’énergie et elle est passée à 20% aussi pour les abonnements, cet été. On considère que l’énergie c’est un bien de première nécessité, donc cette TVA est anormale. La seconde porte sur notre grille des salaires. Nos employeurs ne respectent pas la loi car le minima de notre grille est à 9% en dessous du Smic. On demande donc que le bas de notre grille soit au Smic, avec tout ce que ça implique sur la suite de la carrière.

    Être payé en dessous du Smic est illégal, comment est-ce possible pour votre grille ?

    N.D : Une grille est échelonnée sur l’intégralité de la carrière. Quand un travailleur rentre dans les IEG, il a son salaire de base, le Smic, puis une évolution au fur et à mesure des années. Aujourd’hui, les salariés sont embauchés au Smic mais les premiers niveaux de notre grille n’amènent plus d’évolution salariale. Au lieu de prendre 3% d’augmentation, les trois premières années, le salarié n’aura rien. Pareil pour les trois années suivantes… À la fin, le salarié perd 9%… Dans un pays qui est le 3e où il y a le plus de millionnaires, 6e puissance mondiale… En toute logique, un travailleur devrait vivre bien et améliorer son niveau de vie progressivement. C’est vrai pour les agents des IEG mais aussi pour beaucoup d’autres professions. Il faut avoir en tête que les travailleurs de notre secteur ont été pionniers. Nous avons inventé le Smic avant le Smic, qu’on appelait le salaire national de base. Avant l’invention de notre système de retraite, nous avions un régime au sein des IEG. Tout cela avait servi de modèle. Maintenant, on sert de modèle mais dans le sens inverse.

    C’est d’autant plus incompréhensible dans un secteur qui fait globalement des bénéfices ?

    N.D. : Prenons l’exemple d’Enedis, là où travaillent les agents qui dépannent les réseaux de nuit comme de jour. Les dividendes versés aux actionnaires l’an dernier représentent 30 000 euros par agent. C’est fabuleux ! Les agents auront plus travaillé pour les actionnaires que pour eux-mêmes. Encore mieux : Prenons Elengy. Si l’on fait le ratio entre les salariés au statut des IEG et les dividendes dans l’entreprise, on arrive à 3 millions d’euros par agent. D’où notre raisonnement : Que ce soit pour baisser les factures, pour augmenter nos salaires, on sait où se trouve l’argent.

    Vous posez donc la question de la redistribution des richesses…

    N.D : Tout à fait. Et la vraie arnaque, c’est la facture des clients. Si les actionnaires se gavent autant, c’est aussi et surtout parce que les factures sont ultra-chères. Et sur le sujet, il suffit d’une loi pour les baisser. 100 euros de facture pour le gaz, c’est 10 euros pour les salaires et 40 pour les actionnaires !

    Et vous allez suivre le mouvement du 10 septembre ?

    N.D : Sur le fond, nous partageons les revendications exprimées. Nous dénonçons les mêmes mécanismes. Ce sont les mêmes personnes qui arnaquent les factures de nos clients et nos salaires, ce sont les mêmes qui veulent récupérer les deux jours fériés, qui veulent taper dans les cotisations… Donc la convergence avec le 10 nous va à merveille.

  • La réindustralisation du golfe de Fos en marche

    La réindustralisation du golfe de Fos en marche

    C’est la rentrée pour tout le monde. Ce mercredi, ce sont la centaine de patrons engagés dans le projet de Provence Fabrique des possibles pour la réindustrialisation du golfe qui ont fait la leur. Dans la tour de la Marseillaise, ils étaient une centaine pour faire l’état des lieux des chantiers qu’il reste à mener.

    Le rendez-vous a d’abord été l’occasion de rappeler les avancées du projet de réindustrialisation du golfe de Fos. Les chefs d’entreprise se sont notamment félicités de la signature en février 2025, de la feuille de route pour le développement de ce projet industriel décarboné. Un document qui « donne 40 actions pour décarboner l’industrie », affirme Pascal Kuhn, président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie d’Alpes-Méditerranée.

    Charlotte Gabarrot, directrice régionale Provence de l’entreprise de relation publique et de communication territoriale Stan, est ensuite revenue sur les consultations publiques qui se sont déroulées d’avril à juillet dernier et dont les conclusions seront publiées le 18 septembre. Elle a réaffirmé la nécessité de « poursuivre la co-construction des projets avec l’écosystème local ».

    L’enjeu de la compensation environnementale a également été évoqué. « On est en train de construire des partenariats pour identifier de nouvelles mesures compensatoires et pouvoir les proposer aux industriels lorsqu’ils porteront leurs dossiers d’autorisation auprès des services de l’État », développe Hervé Martel, président du directoire du Grand Port maritime de Marseille. Celui-ci a notamment rappelé que l’État a « un haut niveau d’exigence en matière de mesures compensatoires ». Et d’insister auprès de son auditoire sur la nécessité de bien choisir son cabinet d’analyse pour proposer une solution de compensation solide, pour l’environnement mais aussi pour assurer la solidité du projet et sa validation par l’administration.

    La question électrique

    Mais le sujet qui a occupé tous les esprits est la question de la ligne à haute tension afin d’alimenter les futures industries de la zone. « Cette ligne à haute tension (THT), est indispensable pour la décarbonation de l’industrie », a martelé Caroline Ritzenthaler, directrice transition écologique & grands projets pour EDF. Et d’ajouter : « Certains projets ont été retardés par manque de visibilité par rapport à cette ligne. »

    Selon l’ingénieure, cette nouvelle ligne devra permettre l’alimentation à court terme des projets du golfe de Berre mais sera aussi une sécurité de transport électrique dans un contexte ou les incendies dans la région s’intensifient, obligeant parfois des coupures de lignes. « Cette ligne sera un élément structurel pour le réseau de transports électriques, et grâce à sa grande capacité servira pour le réseau d’éoliennes en mer », s’est-elle enthousiasmée. C’est pourquoi il ne faudra pas « se contenter d’un projet dégradé pour répondre au besoin de court terme, mais construire un projet solide ». Un projet soutenu par une large majorité d’acteurs locaux, mais où sa mise place fait débat entre les promoteurs d’une ligne aérienne, moins coûteuse mais avec un potentiel impact sur la biodiversité, et ceux d’une ligne enterrée.

  • La Ville lance un appel à projets pour réhabiliter le Comptoir de la Victorine

    La Ville lance un appel à projets pour réhabiliter le Comptoir de la Victorine

    Il était temps. Inscrit depuis le printemps 2022 dans le plan de rénovation urbaine conclu entre la Ville de Marseille et l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), le Comptoir de la Victorine (3e) passe une nouvelle étape dans son chemin vers la réhabilitation avec l’ouverture d’un appel à projets par la mairie.

    Racheté par la Ville en 2008 puis abandonné par la municipalité Gaudin, le site attend une rénovation de grande ampleur depuis 2018 au moins, année où il est gravement endommagé par un incendie. Si 1 500 mètres carrés sont déjà investis par le tissu associatif, 6 000, répartis sur trois bâtiments, restent à aménager. « Notre ambition est d’exploiter au mieux cet espace pour que les locaux puissent pleinement en profiter, détaille Audrey Gatian, adjointe (PS) au maire en charge de la politique de la ville. Le programmiste devra appuyer cette réflexion, sur l’optimisation des mètres carrés en fonction de toutes les envies et besoins du territoire, avec la volonté par exemple de créer un lieu d’accueil et d’insertion par l’emploi pour les jeunes. »

    Un site déjà partiellement exploité

    Cofinancée par l’Anru – qui conditionne sa contribution à la création de « services aux habitants » – la réhabilitation comprend plusieurs phases, intégrant des missions de programmation, de faisabilité, puis d’assistance à la consultation de maîtrise d’œuvre. C’est pour accomplir ses tâches que la Ville lance cet appel d’offres.

    Ancienne usine d’allumettes, le Comptoir de la Victorine abrite dès le début des années 2000 des activités socioculturelles. Racheté par la Ville en 2008 après avoir souffert d’un déficit d’entretien, le site continue aujourd’hui son activité associative et accueille plusieurs structures sociales, artistiques et culturelles – les Têtes d’ails, centrée sur la culture et l’éducation populaire, l’Art de vivre, qui propose des spectacles vivants, et de la création sonore, Appel d’aire, porteuse d’une formation aux métiers du bois et du métal pour les jeunes déscolarisés et Boulègue, un média participatif – toutes regroupées au sein de l’association du Grand Comptoir. Le lieu, animé par ses résidents, est reconnu comme un centre d’éducation populaire, de création participative et d’insertion. Lancé la semaine dernière, l’appel à projets se clôture à la fin du mois.

  • « Je m’engage pour un parc naturel des étangs »

    « Je m’engage pour un parc naturel des étangs »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui motive votre investissement dans les municipales ?

    Jean-Louis Sanial : Le collectif Sauvons nos étangs que je préside depuis deux ans a permis de faire reculer le projet HyVence de Géosel, qui consistait en la couverture sur cinq cents hectares de panneaux solaires flottants sur les étangs de Lavalduc et d’Engrenier. Ce qui équivaut presque à la surface habitée de la ville. Une usine d’hydrogène devait prendre place entre les étangs et une ligne électrique haute tension (souterraine, Ndlr) devait être tirée jusqu’à la zone industrialo-portuaire. Ce projet a provoqué un fort mécontentement dans la population face à cette nouvelle usine Seveso sur un terrain inondable, aux grands besoins d’eau douce, sans parler des dégradations paysagères et de la biodiversité. Le projet a été retiré suite à la mobilisation, mais maintenant, il faut passer à une nouvelle étape dans la défense de ce site naturel.

    En vous présentant d’emblée comme futur maire ?

    J.L.S. : Non, même si je l’ai déjà fait par le passé, lorsque j’étais dans la liste citoyenne du Front de gauche en 2014. Aujourd’hui, je suis engagé comme citoyen dans un collectif transpartisan, qui donne la parole à tous et dont les soutiens vont de LFI au RN. Mon but est avant tout de mettre en œuvre le projet de parc naturel des étangs de Fos-sur-Mer que nous avons développé avec le collectif, qui a été présenté aux élus et institutions de la région ainsi que lors du débat public Fos-Berre. Alors, je précise que nous sommes favorables au développement économique de la zone ainsi qu’aux projets industriels au sein de la zone industrialo-portuaire. Nous ne sommes pas contre l’industrie, mais nous voulons laisser libre accès à la population à cette zone humide, ce poumon vert de biodiversité, car nous avons déjà assez donné.

    Vous ne vous présentez pas comme tête de liste alors ?

    J.L.S. : Mon objectif est d’accéder à un statut d’élu dans une équipe qui me confie la mise en œuvre de ce projet de parc naturel. J’ai intégré Génération écologie car je n’étais membre d’aucun parti jusqu’à présent, et dont je partage un certain nombre de valeurs dont l’approche transpartisane. Par contre je réfléchis à mon implication, mais je ne serai pas tête de liste. J’intégrerai l’équipe qui aura le plus d’affinités avec le projet de parc naturel. Je crois que la problématique environnementale va être au cœur de la campagne, alors que 20% des émissions de carbone du pays se font à Fos.

  • Qui est vraiment la députée d’extrême droite Laure Lavalette

    Qui est vraiment la députée d’extrême droite Laure Lavalette

    À Toulon, le ripolinage de façade du parti créé par d’anciens Waffen SS ne s’embarrasse pas de finitions. Les lézardes se font d’ailleurs voir presque à chaque prise de parole, toutes décomplexées. Ainsi la candidate déclarée au poste de maire de Toulon, Laure Lavalette, ne prend guère de gants pour s’exprimer sur la politique sociale ou culturelle de la Ville.

    Pour l’illustrer nous reprenons donc ici certaines déclarations faites en séance du conseil municipal de Toulon lorsqu’elle y siégeait encore avant d’être élue députée dans la 2e circonscription en 2022. Histoire de donner un aperçu de la politique qu’elle mènerait si d’aventure les Toulonnais cédaient une fois de plus aux sirènes de l’extrême droite, oubliant le fiasco des années quatre-vingt-dix.

    Avec des attaques gratuites pour dérouler, coûte que coûte, le fil de son idéologie. Comme lorsqu’elle lance : « On s’est élevés contre l’aide à l’association Les Robin des bancs […] C’est stupide ! On ferait mieux de régler le problème des mineurs non accompagnés… » On sait comment. Le maire lui répondant alors : « Je suis partisan de la cohésion sociale, moi. Pas d’un jugement sélectif des personnes ».

    Une drôle de conception de la culture

    Dans le cadre d’une délibération sur l’organisation de l’exposition « Picasso et les paysages en Méditerranée » au Musée d’art de Toulon, Laure Lavalette saisit l’occasion pour dénoncer la programmation du Théâtre Liberté sur la thématique du genre. Et déclare : « Nous voterons favorablement cette délibération… Mais le programme du Théâtre Liberté annonce aborder la question du genre… Non, nous ne sommes pas tous concernés par ces théories nauséabondes… propagande LGBTQI avec l’argent du contribuable. » Elle ajoute, après avoir déploré la « perte du modèle masculin/féminin » : « Honte à Berling ! » – le directeur du Théâtre Liberté.

    Difficile également de brosser le portrait de la députée RN en faisant l’impasse sur les personnes dont elle s’entoure. En premier lieu, son ancien assistant parlementaire Nicolas Koutseff dont elle n’a pas pu faire autrement que de se débarrasser. Cela se passe en octobre 2024 au moment où la presse révèle les tweets haineux dont il se rendait coupable depuis très longtemps. Difficile de croire que, comme elle l’affirme, Laure Lavalette n’ait pas été alertée des contenus racistes, homophobes, antisémites ou misogynes diffusés. Parmi les propos rapportés étaient épinglés « les Arabes [qui] n’aiment pas l’eau », une « féministe de merde », ou encore en apostrophant Ali Rabeh, maire de Trappes par un insultant commentaire.

    Comment ne pas rappeler également l’enregistrement clandestin d’une enseignante, en février 2025, que la candidate RN a jeté en pâture à la vindicte de la fachosphère. Cela se passe dans les murs de l’Université de Toulon lors d’un cours de droit dirigé par Hélène Hurpy, dans le contexte d’un débat sur un tract émanant d’un syndicat étudiant d’extrême droite vilipendant les étudiants étrangers. L’enseignante-chercheuse expliquant notamment que ces propos allaient à l’encontre de la Convention européenne des droits de l’homme et de la Constitution française. Cette divulgation provoque une vague de cyberharcèlement ciblant l’universitaire, assortie de menaces. Face à la mobilisation de soutien pointant l’irresponsabilité dont elle a fait preuve, l’enregistrement est finalement retiré de X.

    Sur son « passé », enfin, il est bon de se souvenir aussi que l’élue Laure Lavalette a milité pendant de longues années contre le droit à l’avortement. Elle a ainsi signé en 2014 la charte de l’association Choisir la Vie – un mouvement catholique traditionnel – qui demandait explicitement aux élus de soutenir ou parrainer des candidats prêts à « abroger, à terme, le droit à l’avortement » . Interrogée aujourd’hui sur ce combat d’arrière-garde, elle minimise en affirmant qu’il ne s’agissait que de « causes locales autour de la famille ».

    En revanche, elle votera contre la proposition d’inscrire l’IVG dans la Constitution, et milite pour la suppression des subventions au planning familial. On peut lui reconnaître une certaine constance. Elle trimbale également dans sa besace, une « belle idée » de la justice et de son indépendance.

    Ainsi lorsque le Tribunal correctionnel de Paris reconnaît Marine Le Pen coupable de détournement de fonds publics le 31 mars, elle dénonce une justice ciblée, et déclare à l’Assemblée nationale : « Marine Le Pen est condamnée parce qu’elle est Marine Le Pen. » Pendant que son collègue député RN de la 8e circonscription du Var, Philippe Schreck, dénonce, lui, une « dictature des juges ». Voilà qui sont ces gens.

  • La Préfecture répond et évacue tout risque

    La Préfecture répond et évacue tout risque

    En Vaucluse, quasiment l’ensemble du territoire (109 communes sur 118) est exposé à un risque inondation. « 92% des communes sont couvertes », assure la préfecture, contactée par nos soins. Elle indique que les secteurs non couverts par un PPRI ne sont pas pour autant dépourvus de politique de prévention inondations : « L’urbanisation est actuellement régie par des “porter à connaissance” (PAC). Ces documents, notifiés aux communes et intégrés dans les plans locaux d’urbanisme (PLU), ont une valeur réglementaire. Les PAC comportent une cartographie des aléas d’inondation permettant d’informer la population et les collectivités. Au travers des PAC, le risque d’inondation est pris en compte dans les procédures d’aménagement du territoire ainsi que dans l’instruction des demandes d’autorisation d’urbanisme par les communes ».

    La Préfecture assure qu’il « est donc inexact d’affirmer que l’absence de PPRI “fait courir” un risque à la population, dès lors que les dispositifs en place assurent une gestion réglementée et maîtrisée du risque d’inondation ». Au sujet du PPRI Calavon-Coulon, l’aval fait l’objet « d’échanges soutenus avec les collectivités depuis 2 ans, qui doivent se finaliser fin d’année 2025 ». À cette issue, une « phase de concertation avec le public » doit démarrer en 2026. Enfin, sur la Durance côté Avignon, « un PAC a été notifié en novembre 2017, assorti de cartes des aléas, d’un zonage et d’une liasse de prescriptions précises ». La Préfecture se fixe 2027 comme « objectif » d’approbation du PPRI.

  • Inondations : l’absence de plans est un « scandale »

    Inondations : l’absence de plans est un « scandale »

    L’anecdote est particulièrement criante. La semaine dernière, place Saint-Didier à Avignon, au moment de sortir prendre une photo suite au point presse de l’association Actions Coulon, impossible d’apercevoir le témoin d’une violente crue du Rhône à la fin du XIXe siècle. Caché derrière un coffre électrique apposé sur le mur de l’église, il faut se contorsionner pour se rendre compte que l’eau est montée à plus d’1,70m. « Cela semble tellement loin pour les gens, qui ne sont pas vraiment inquiets tant qu’ils n’ont pas connu de grosses inondations », soupire Edith Bouchet, administratrice d’Actions Coulon.

    L’association veille, depuis plus de 10 ans, par des alertes et propositions sur les risques d’inondations, en particulier du Coulon-Calavon, qui coule à Apt et Cavaillon. L’an passé lors d’un point presse à la même période, elle dénonçait le projet de ré-indiguement (11km) porté par le syndicat intercommunautaire rivière Calavon-Coulon qui surinonderait volontairement certains secteurs pour en épargner d’autres. Un dossier toujours d’actualité qui fera l’objet d’une réunion publique ce mardi 9 septembre (18h30) à Caumont (salle des fêtes Roger-Orlando).

    Mais cette année, Actions Coulon a dans son viseur les PPRI (Plan de prévention du risque inondation) du Coulon aval et de la Durance, rive avignonnaise. Ou plutôt l’absence de ces documents réglementaires sur lesquels doivent s’appuyer les communes pour régir la constructibilité. « Cela fait plus de 20 ans qu’aucun préfet n’a osé engager sa responsabilité, fustige Pierre Leclerc, président d’Actions Coulon. Ces graves dysfonctionnements administratifs sont un scandale alors qu’avec le dérèglement climatique, le risque d’inondation ne fait que croître, alimenté par d’autres facteurs tels que l’urbanisation et l’artificialisation des sols. »

    « Il n’y a eu aucune consultation publique »

    Pourtant en liens réguliers avec la direction départementale des territoires, l’association a mis en demeure, début juillet, la Préfecture d’agir au plus vite sur le PPRI du Coulon aval. Sollicitée, la Préfecture (lire aussi ci-dessous) confirme avoir reçu, « le 8 juillet », le courrier et dispose de deux mois pour donner suite : « Une réponse est en cours de préparation, elle répondra à l’ensemble des points évoqués par l’association ». Fin septembre, Actions Coulon prévoit aussi de s’adresser à l’ensemble des élus et collectivités concernés car il en va « de la sécurité des Vauclusiens ».

    Côté Durance-Avignon, le PPRI a été enclenché il y a bientôt 14 ans. Si celui du Rhône date d’il y a 2 ans, « les quartiers de Courtine (hôpital, gare TGV), Monclar, Cap sud, Montfavet sont concernés [par la Durance] », rappelle Pierre Leclerc. Le Grand Avignon vient d’ailleurs de lancer une étude sur le risque inondation du futur quartier Confluences (notre édition du 27/08). « Il n’y a eu aucune consultation, réunion ou enquête publique, au fil du temps, la mémoire vivante de ceux qui ont connu de grosses crues comme en 1951 sur le Coulon-Calavon s’érode et s’éteint, or ce sont des précieuses données », fait valoir le président de l’association.

  • Ateliers, débats et concerts au So Good festival

    Ateliers, débats et concerts au So Good festival

    « Un événement pour celles et ceux qui ont envie d’agir, sans toujours savoir par où commencer. » C’est la promesse du So Good Maif Festival qui revient pour sa 3e édition à Friche la Belle de Mai à Marseille (3e) les 11 et 12 septembre. Imaginé à Marseille par le journal indépendant So Good et la mutuelle Maif, il avait déjà rassemblé 8 000 personnes l’année dernière.

    Podcast, jeux, spectacles et concerts… Le festival veut allier engagements et festivités. Après la journée du jeudi dédiée aux professionnels, le festival ouvre ses portes au grand public vendredi à partir de 14h. Entre gestion des mégots de cigarettes, bénéfices de la réparation et roue pour déconstruire les clichés, les sujets abordés seront divers. Un parcours pour les jeunes a aussi été mis en place. Surnommé « Passe-Muraille », il a été créé avec des associations des quartiers prioritaires de la ville pour offrir l’accès au festival à 300 jeunes et leur proposer des ateliers. Un moyen de « permettre à ces jeunes-là, de se sentir inclus dans le projet que sont la Friche et ce festival », explique le président du festival Hamid Hassani.

    Une journée de réflexion et de débat qui continue sur le rooftop de la Friche avec un one man show de l’humoriste Hakim Jemili, pour redonner l’envie d’agir avec le rire. Le spectacle sera suivi d’une soirée de concerts, avec notamment Terrenoire, Noga Erez, Nous étions une armée ou encore le rappeur marseillais Missan, « des artistes engagés avec une visibilité sur le territoire », précise le président.

    Le succès du festival, né à Marseille il y a trois ans, lui a permis de s’exporter à Lyon et à Nantes pour la première fois cette année. Les dernières places pour participer à la journée ou à la soirée du vendredi sont encore disponibles sur le site du festival.

  • Fin de partie pour le gouvernement Bayrou

    Fin de partie pour le gouvernement Bayrou

    Les ministres et le premier d’entre eux, François Bayrou, se sont retrouvés mercredi à l’Élysée autour du président Emmanuel Macron pour un dernier tour de piste, un Conseil des ministres crépusculaire, cinq jours avant le vote de confiance à l’Assemblée nationale qui devrait signer sa chute. Une ambiance glaciale selon des participants tant la décision de François Bayrou déplaît aux membres du gouvernement, obligés de se faire hara-kiri avec lui.

    « Le président de la République a demandé de faire acte de mobilisation, de pédagogie », a pour sa part rapporté la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, à l’issue de ce Conseil. Un président de la République de plus en plus inaudible. Le chef de l’État a prévenu que, « quel que soit le vote (…) la situation de la France ne sera pas résolue », ajoutant que « s’affranchir du réel n’était pas responsable pour la suite », a affirmé Mme Primas.

    Tentant de conjurer le sort qui lui est promis, François Bayrou reçoit les forces politiques une à une cette semaine et multiplie les passages dans les médias, comme sur BFMTV et RMC mercredi.

    Le PS reçu ce jeudi

    Il a néanmoins semblé se préparer à son départ, concédant que le scénario de sa chute était « peut-être réaliste » mais que lui se refusait à être « défaitiste », jugeant encore « possible » que les députés ne votent pas contre lui. Pour autant le chef du gouvernement n’a fait aucune concession en direction des socialistes, qu’il doit recevoir ce jeudi matin, pour tenter d’inverser leur décision de faire tomber le gouvernement, notamment sur la suppression de deux jours fériés. Il a également balayé les propositions du PS, qui veut diviser par deux l’année prochaine l’effort voulu par le Premier ministre de 44 milliards d’euros.

    Le Premier ministre élude surtout la question sociale et la colère des Français. Et ce alors que les services de renseignements relèvent que la mobilisation du 10 septembre passe désormais « par des réunions et des assemblées générales où les gens se voient et échangent concrètement ». Il y a des réunions « partout, dans des villages et pas seulement dans les grandes villes ». Même si l’hypothèse d’une chute du gouvernement de François Bayrou le 8 septembre est la plus probable, les services considèrent que le 10 septembre sera « une journée qui comptera » car il y a « de la grogne et de la colère ». Elle s’inscrit en outre dans « une séquence, une journée d’action syndicale étant prévue le 18 septembre ».