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  • Isabelle Campagnola-Savon prend la tête d’Euromed

    Isabelle Campagnola-Savon prend la tête d’Euromed

    Après dix ans à la tête de l’établissement public Euroméditerranée, la conseillère métropolitaine (LR) Laure-Agnès Caradec passe la main. Ce jeudi, le conseil d’administration a élu, à l’unanimité de six voix parmi ses 19 membres, la conseillère régionale (Hor.) Isabelle Campagnola-Savon à sa présidence. « Je m’attacherai à m’inscrire dans l’esprit collectif qui fait la force de l’établissement depuis sa création, et à porter haut les ambitions de développement de ce projet d’intérêt national », promet celle qui doit prendre ses fonctions à l’occasion d’un prochain conseil d’administration, le 22 octobre. Une façon de répondre aux protestations de la Municipalité.

    La veille du conseil d’administration en effet, ses trois représentants ont adressé un courrier commun au Préfet. Pointant « un accord entre l’État et la Région », la missive s’inquiète des positions de l’élue régionale, qui assumait en préfecture qu’Euromed devait « rester un outil de développement économique ». Là où beaucoup poussent pour qu’il prenne plus de place dans la lutte contre l’habitat dégradé. Surtout, la Municipalité assurait que c’était son tour de prendre la tête de l’institution selon le principe d’une présidence tournante entre collectivités et proposait de repousser l’élection après les municipales. Peine perdue. « Les membres votent dans une présidence tournante, mais en fonction de ceux qui ont la majorité », balayait en matinée le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier, tandis que sa collectivité se réjouit de l’abstention des dix représentants de l’État « conformément aux usages et à la tradition républicaine ».

    « Il y a une logique de la droite locale d’accaparer cette présidence, cible l’adjointe (PS) marseillaise Audrey Gatian. Peut-être ont-ils peur des prochaines élections », où cinq administrateurs seront renouvelés. Et de jeter un froid dans le CA en citant Jean-Claude Gaudin : « La Ville de Marseille a approuvé bien entendu que la présidence soit tournante », disait-il en 2013 avant l’élection du socialiste Michel Vauzelle. Une autre époque.

  • Le préfet fait un premier bilan, obnubilé par la « lutte contre l’immigration »

    Le préfet fait un premier bilan, obnubilé par la « lutte contre l’immigration »

    « On ne peut pas penser séparément la lutte contre l’immigration clandestine et celle contre la délinquance. » Les mots du nouveau préfet de Paca et des Bouches-du-Rhône, Georges-François Leclerc, lors du bilan de ces huit premiers mois marque bien sa nouvelle stratégie. Malgré des actes de délinquances en baisse, continuant la dynamique entamée en 2024, et des chiffres de la lutte contre le narcotrafic encourageants, le haut fonctionnaire a martelé l’importance de la lutte contre les personnes en situation irrégulière.

    L’occasion pour Georges- François Leclerc de faire le bilan sur la réforme administrative de mars 2025 qui « permet une unité de commandement ». Une transformation qui a permis « de concentrer davantage les moyens et les techniques sur la lutte contre l’immigration clandestine », selon le haut fonctionnaire.

    Cette stratégie répressive des personnes en situation irrégulière s’aligne avec celle du ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau incitant à plus de contrôles et plus de délivrance d’obligation à quitter le territoire (OQTF). Le préfet s’est donc félicité d’une hausse de 72% d’interpellations de personne en situation irrégulière entre janvier et août 2025, par rapport à la même période en 2024.

    Intensification des contrôles

    Une augmentation liée à une intensification des contrôles. Le commandant de gendarmerie Pierre Baillargeat affirme d’ailleurs que sur les zones rurales : « Plus de 300 gares et trains sont quotidiennement contrôlés par les gendarmes pour assurer la tranquillité des voyageurs et pour nous inscrire dans cette dynamique voulue par monsieur le préfet de contrôle des individus et de lutte contre l’immigration irrégulière », explique-t-il.

    Une hausse des contrôles qui entraîne selon le commandant « des résultats significatifs, puisque trois fois plus de personnes en séjour irrégulier ont été contrôlées cette année ». Sur les 7 111 personnes sans papiers interpellés sur les Bouches-du-Rhône, aucune information n’indique s’ils ont été appréhendés lors d’un contrôle d’identité ou d’un autre délit.

    Le préfet met d’ailleurs en avant l’augmentation des émissions d’OQTF. « À chaque fois qu’un dossier est transmis à la préfecture des Bouches-du-Rhône, il y a l’émission d’une OQTF », affirme-t-il. Cette sanction administrative oblige la personne visée à quitter le territoire sous 30 jours. Elle peut être délivrée à toutes personnes n’étant plus en régularité sur le territoire ou ayant commis des troubles à l’ordre public.

    Lutte contre le narcotrafic

    La préfète de police, Corinne Simon, est ensuite revenue sur les réussites des forces de police dans la lutte contre le narcotrafic, avec notamment la présence constante de trois unités de CRS en résidence à Marseille. La création d’une brigade de CRS « nouvelle génération », déployable sur tout le territoire répond « à cette volonté d’être omniprésent sur toute la zone », affirme-t-elle. Le préfet se félicite également du déploiement de la stratégie utilisée dans les quartiers nord sur la zone entre Belsunce, Noailles, les Réformés et la Canebière. « Il n’y a pas un jour où il n’y a pas de patrouille », précise le fonctionnaire. Une stratégie qui permet notamment le contrôle des 9 points de deal du centre-ville identifiés. Le haut fonctionnaire a également insisté sur la baisse des chiffres des actes de délinquances sur le territoire (lire ci-contre). Pas un mot en revanche sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, pourtant « grande cause nationale » d’Emmanuel Macron.

    Malgré les bons chiffres, la lutte contre le narcotrafic et la délinquance semblent être détrônée dans l’ordre des priorités par « lutte contre l’immigration clandestine », l’alpha et l’oméga de la politique de Bruno Retailleau, de l’État, de ses représentants… Comme de l’extrême droite.

  • Une centième édition de la foire « made in Marseille »

    Une centième édition de la foire « made in Marseille »

    Du neuf, c’est sûr il y en aura, parce que d’abord, la Ville en est pour la première année propriétaire avec un nouveau prestataire organisateur, adieu la Safim pendant 40 ans aux manettes, et place à GL Events et la CCI Aix-Marseille-Provence. L’affiche résolument locale, expose un gabian qui tient dans son bec un message « Marseillais, le jour de foire est arrivé ! », sur fond de Bonne Mère. Ça sonne, c’est engageant. Cette année, le coup de projecteur est sur les talents marseillais d’hier et d’aujourd’hui. Sportifs, musiciens, acteurs, créateurs, artisans, entreprises, anonymes… Du label « Fabriqué à Marseille » à la rencontre des meilleures équipes sportives du territoire, les Marseillais sont le fil conducteur de cette année particulière.

    Les nouveautés

    Du 26 au 28 septembre, sur l’Esplanade du Palais des Congrès, un espace appelé Innova Marseille accueille une dizaine de start-up régionales pré-selectionnées qui présente leur produit ou service auprès des visiteurs, pour tenter de remporter un prix (prix de la presse ou du public). Les critères sont le savoir-faire, la créativité et le dynamisme des entreprises.

    Pour ce week-end toujours, le 1er étage du Palais des Congrès se transforme en Palais des Jeux, un espace immersif retraçant 100 ans d’histoire. Il accueille quatre grands espaces thématiques avec des jeux de plateaux, jeux de société, jeux de figurines, jeux de cartes, Jeu de cartes à jouer et à collectionner (TCG), retrogaming, jeux vidéo, e-sport, réalité virtuelle et jeux de rôle.

    Jusqu’au samedi 27 septembre, un espace Plantes addicts, en Marseillais, un espace pour les passionnés de plantes. Une vente exclusive au cœur de la foire, avec plus d’une centaine de variétés différentes, à des prix raisonnables de 1 à 12 euros pour les petites et moyennes plantes et de 5 à 150 euros pour les grandes.

    Tous les jours, Provence Studios prend ses quartiers à la foire avec une exposition cinéma dans le Hall 3. Cet espace est une traversée du cinéma marseillais et provençal, entre tradition et modernité, patrimoine et innovation. Soyez curieux, venez découvrir l’envers du décor et l’étendue des métiers du cinéma.

    Sur l’esplanade 1, la Ville met à l’honneur celles et ceux qui façonnent l’identité du territoire soit les artisans, créateurs et entreprises labellisés « Fabriqué à Marseille ». Une exposition inédite de plus de 100 objets emblématiques « Fabriqué à Marseille », des ateliers participatifs, et une quinzaine de stands de producteurs et artisans prêts à échanger.

    Tous les jours encore, au Hall 8, l’espace Boho Market. Sur 200m2, avec une scénographie années 70, il reprend les codes de l’époque, imagerie pop, tissus en velours, sols en lino, matières et couleurs donnent le ton. Flower power pour tous ! Artisanat vintage, tapis tissés, macramés, fauteuils en rotin, fleurs séchées, mode de l’époque et dressing de seconde main.

  • La dernière visite de Moscovici à Marseille

    La dernière visite de Moscovici à Marseille

    Parallélisme des formes, Pierre Moscovici, le premier président de la Cour des comptes, a tenu à installer « son » nouveau président de la chambre régionale des comptes Paca, Xavier Lefort, l’ancien préfet de Guadeloupe qu’il a convaincu d’accepter ce poste, après s’être déplacé personnellement le 26 juin dernier pour débarquer la présidente Nathalie Gervais, officiellement démissionnaire.

    Le nom de cette dernière n’a pas été prononcé dans les discours officiels. Une damnation mémorielle qui en dit long sur le sérieux de ce qui a pu lui être reproché en interne mais qui demeure secret. Ce qui a obligé de nouveau Pierre Moscovici à réfuter tout lien avec la publication du rapport sur « Marseille en grand ». « L’épisode qui m’a amené ici en juin est derrière nous », a voulu rassurer M. Moscovici à l’issue de l’audience solennelle à laquelle ont participé le président de région Renaud Muselier (Ren.), la présidente de la métropole et du département, Martine Vassal (DVD), le maire de Marseille Benoît Payan (DVG) ou encore le maire de Nice Christian Estrosi (Hor.).

    Tout juste a-t-il consenti à lâcher que « des difficultés managériales internes étaient intervenues qui ont entraîné le départ à l’amiable de la présidente qui n’a jamais été destituée. Je n’étais pas venu la débrancher mais rassurer le personnel à un moment de flottement après une crise de gouvernance », la situation ayant fait l’objet d’une « enquête administrative indépendante ».

    L’ancien ministre socialiste de l’économie qui a par ailleurs annoncé la semaine dernière son départ anticipé au 1er janvier prochain pour la Cour des comptes européenne, a réfuté tout motif politique : « Le départ de Madame Gervais n’a absolument rien à voir avec Marseille en grand. Il n’a rien de politique. » D’assurer n’être jamais intervenu dans les travaux d’une chambre. « Je n’ai jamais demandé à un président de me faire remonter un rapport. Je ne l’ai jamais censuré, jamais caviardé. Il en va de même pour ce rapport “Marseille en grand”. Que cela ait pu indisposer certains, la chambre régionale des comptes n’est pas là pour plaire ou déplaire, mais pour dire ce que l’on trouve et faire des recommandations. »

    Une « nouvelle feuille de route » s’ouvre pour le président Xavier Lefort qui a fait le vœu d’« être collectivement encore plus efficace dans le rétablissement des comptes et dans la répression des atteintes à la gestion publique ». « Il n’y a pas l’ombre d’un doute, pour chaque contrôlé, qu’il sera traité avec le seul souci de rendre compte le plus fidèlement possible de son action. Aucune pression, aucune complaisance ne viendra orienter le sens de nos travaux. »

    Xavier Lefort s’est dit très conscient de « l’impérieuse attente de nos concitoyens qui demandent avant tout l’efficacité et la transparence de l’action publique. Parce que le citoyen est un contribuable, que l’euro que nous manions est le sien, que l’argent public n’a pas de propriétaire mais que des gérants. Il n’y a pas de consentement à l’impôt si son bon usage n’est pas garanti ». L’explication pédagogique est une nécessité car, citant Mark Twain, « le mensonge a le temps de faire trois fois le tour de la terre avant que la vérité ne mette ses chaussures ». « Notre indépendance est sacrée, a-t-il insisté devant la presse. Sinon c’est le crédit même de notre institution qui s’effondre. »

    L’ambition est affichée d’être au plus près des préoccupations de la gestion publique et « c’est ce que nous continuerons à faire ici avec le Plan “Marseille en grand” animé du souci du dialogue et de la compréhension des enjeux », a-t-il dit. Quant au rapport en cours de finalisation sur la Ville de Marseille, à entendre le président Lefort, il ne faut pas espérer une publication prochaine : « Il ne s’agit pas en période électorale de perturber la réflexion du citoyen en intervenant dans le débat. Trois mois avant le premier tour des élections, les chambres ne publient plus leurs observations. » « Nous ne devons pas interférer dans une élection », résume Pierre Moscovici.

    « Il n’y a pas de consentement à l’impôt si son bon usage n’est pas garanti. »

  • Cultures du Cœur fête ses 25 ans d’engagement solidaire

    Cultures du Cœur fête ses 25 ans d’engagement solidaire

    Un quart de siècle. L’association Cultures du Cœur 13, engagée dans la lutte contre l’exclusion sociale par la culture, a fêté jeudi soir son 25e anniversaire à la Cité de la musique (1er). Le temps d’une soirée, bénévoles et partenaires de l’association ont pu se retrouver pour célébrer le travail accompli depuis sa création et découvrir l’exposition photographique « 25 portraits : 25 ans de solidarité culturelle », installée spécialement pour cet anniversaire.

    La culture comme vecteur d’inclusion

    À travers une série de portraits accrochés sur les murs de la Cité de la musique, le photographe vénézuélien Emilio Guzman met en avant les personnes qui font vivre l’association au quotidien. « Cultures du Cœur m’a apporté de la confiance en moi, de la solidarité », « ça m’a donné envie de m’ouvrir aux autres », « sans cette association, nous n’aurions jamais osé franchir les portes de l’Opéra, qui nous paraissait inaccessible », lit-on sur les cartels placés sous les différents portraits des bénéficiaires. Les bénévoles et professionnels de la culture et de l’accompagnement social, de leur côté, soulignent la « profonde humanité » qui émane de ce projet.

    « Pour moi, l’accès à la culture est aussi important que l’éducation », déclare Béatrice Bertrand, présidente de Cultures du Cœur 13, en rappelant que, selon la loi de 1998 relative à la lutte contre les exclusions, l’accès à la culture est un droit fondamental pour tout citoyen. Depuis sa création à Marseille en 2000, l’association met en relation des structures sociales et des organismes culturels, pour proposer chaque année près de 30 000 invitations à des personnes et des familles en situation d’exclusion.

    Un travail collectif

    Les accompagnants, qui connaissent bien les barrières d’ordre économique, social, de mobilité, ou encore de santé, pouvant s’opposer à l’accès à la culture, cherchent avant tout à créer une certaine « autonomie » chez les personnes accompagnées, précise Béatrice Bertrand.

    À travers ses nombreux partenariats, l’association œuvre pour adapter au mieux son programme d’offres à la demande des publics. Spectacles, visites, ateliers d’écriture, cours de danse ou encore pratique de la photographie : il y en a pour tous les profils. « Ce qui nous intéresse, c’est de toucher l’individu, de l’aider à développer un esprit critique », précise la présidente, qui conclut en soulignant que « ce projet, est le résultat d’un travail collectif et de convictions communes ».

    Pour découvrir les portraits réalisés par Emilio Guzman, rendez-vous jusqu’au 30 septembre à la Cité de la musique.

  • À Mazargues, rentrée dans un IRTS bien rénové

    À Mazargues, rentrée dans un IRTS bien rénové

    Le temps du chantier, l’IRTS avait migré dans l’antenne des Flamants (14e) et quelques salles louées. Aux Salyens (8e), niché dans un parc arboré, c’est désormais dans un bâtiment administratif, des salles de cours, un centre de ressources documentaires, un espace détente entièrement réhabilités et repensés que les futurs travailleurs sociaux bénéficieront de leur formation.

    Ce sont des étudiants souriants qui inaugurent le site. Et un président « fier » de les accueillir « dans un cadre qui offre des conditions optimales de travail, un cadre à la hauteur de leurs missions ». Conscient des enjeux du secteur, Romain Baumstark a en effet marqué son arrivée aux rennes de l’institut il y a quatre ans, par cette modernisation du bâti comme des contenus pédagogiques. « Dans les 5 ans à venir, nous allons avoir besoin de 80 000 travailleurs sociaux, pour répondre à de nouveaux besoins avec de nouveaux métiers dans lesquels le numérique prend une part très importante », estime-t-il.

    À ses côtés, Renaud Muselier, président (Renaissance) de la Région Paca, fait le tour du proprio, avec une mine enchantée. La collectivité, qui accompagne depuis 2016 l’IRTS avec un financement annuel de 4,6 millions d’euros pour le fonctionnement a investi 660 000 euros dans les équipements et le mobilier. « Avant de venir, j’ai demandé à France Travail combien il y avait de demandes sur la région. Il y a 11 000 postes à pourvoir cette rentrée ! » indique-t-il. Prenant la mesure du rôle de l’institut dans une ville où 17% de la population vit sous le seuil de pauvreté, il soulignait avoir dégagé un budget « de 144 millions d’euros pour le fonctionnement des 91 sites de formation de la région ».

    Cette volonté d’offrir un bon cadre d’apprentissage à des métiers essentiels à la société ne cache pas leur réalité. Notamment dans le secteur de l’aide sociale à l’enfance, les éducateurs souffrent trop souvent d’un manque de reconnaissance et de mauvaises conditions de travail, dont les enfants pâtissent également.

  • Échanges et ambiance tendus au conseil municipal de rentrée

    Échanges et ambiance tendus au conseil municipal de rentrée

    Le conseil municipal de rentrée promettait d’être musclé, ça n’a pas loupé. Quelques jours après l’assignation de Jean-Luc Di Maria, conseiller municipal (LR) officiellement candidat aux prochaines élections, de Thierry Boissin, élu d’opposition, de la nouvelle conseillère RN Gisèle Gonzales et du militant d’extrême droite Anthony Romagnoli pour leurs propos tenus sur les réseaux sociaux concernant sa mise en examen dans l’affaire la Semivim qu’il juge diffamatoires, le maire de Martigues (PCF) Gaby Charroux a profité de sa tribune pour exprimer sa position.

    « Mes adversaires m’accusent de ne pas avoir communiqué, d’avoir tenté de passer sous silence cette mise en examen. Ceci est totalement faux. » L’édile assure avoir « toujours été à la disposition de la justice ». « J’ai toujours respecté les consignes de discrétion qui m’étaient imposées », poursuit-il, arguant une demande expresse de la juge en charge du dossier. Gaby Charroux a tenu à clarifier la qualification de sa mise en examen dans le cadre de l’instruction ouverte en 2021 : favoritisme. « Et uniquement pour cela, il n’y a pas de corruption, pas d’enrichissement personnel, pas de détournement de fonds, pas d’abus de biens sociaux », et a ajouté contester fermement ce qui lui est reproché. C’est dans ce contexte que le maire s’est vu accorder une demande de protection fonctionnelle.

    Toute la séance de ce conseil fleuve de rentrée (59 délibérations à l’ordre du jour) s’est déroulée dans un climat tendu de défiance. Après un examen des rapports des sociétés d’économie mixte de la commune, opposition et majorité se sont écharpées sur le remboursement des frais des élus. « En 2024, ils sont inférieurs à 2 000 euros pour l’ensemble des déplacements », remarque Gaby Charroux. Une affirmation remise en cause par Joëlle Coulomb (DVD) : « Les 2 000 euros que vous nous annoncez, je les vois sur une page », faisant référence à un déplacement de Florian Salazar-Martin, adjoint au maire (PCF) délégué à la culture, à Paris. Et Jean-Luc Di Maria d’abonder : « Vous avez dormi où ? Dans un caniveau ? » Une remarque très peu appréciée par l’adjoint aux finances Henri Cambessedes (PCF) : « Si on vous dit que c’est 2 000 euros, c’est 2 000 euros, c’est des écrits. Tu le votes le compte administratif. (…) Que tu mettes en doute le travail des fonctionnaires, je ne l’admets pas. » Ambiance.

  • La mobilisation des agriculteurs annoncée à Avignon et Tarascon

    La mobilisation des agriculteurs annoncée à Avignon et Tarascon

    En cette veille de mobilisation agricole, difficile d’obtenir quelques infos, même de la part des syndicats agricoles qui y appellent… Le président de la Fédération du syndicat des exploitants agricoles (FDSEA) des Bouches-du-Rhône, Romain Blanchard annonce simplement dans une vidéo qu’il ira manifester « chez lui, à Tarascon, vendredi 26 septembre ». Secrétaire général des Jeunes agriculteurs (Vaucluse), Guillaume Bonino, viticulteur à Roaix, près de Vaison-la-Romaine, consent à dire le lieu et l’heure de rendez-vous à Avignon (voir ci-contre), mais pas le détail des actions. « On donnera les consignes demain vendredi sur place, pour éviter comme l’autre fois que les infos fuitent », dit-il. Selon l’appel au national, les actions devraient par exemple se concentrer devant les services de l’État, les grandes et moyennes surfaces (GMS).

    La censure de la loi Duplomb contestée

    « On va se focaliser sur les problématiques de l’agriculture en Vaucluse », indique pour sa part Guillaume Bonino. « On veut que les GMS et la grande distribution jouent le jeu avec les producteurs français et nous achètent nos produits à des prix rémunérateurs pour les producteurs locaux », appuie-t-il. Il prend l’exemple de la « fraise de Carpentras, un des premiers fruits de la saison. Chaque année, notre production, vendue à 18 euros le kilo, est concurrencée par les fraises espagnoles et marocaines, vendues à 6 euros le kilo, et achetées par 90% des consommateurs. Or la fraise marocaine est cultivée avec des produits interdits en France. Les fraises de Vaucluse, qui ne se vendent pas, sont conservées dans des frigos et l’acheteur finit par nous les acheter à prix cassé, à 4 euros le kilo, mais il les vend toujours à 18 euros le kilo », dénonce Guillaume Bonino. Ce problème est loin d’être nouveau… « Nos parents ont connu les mêmes problèmes, mais avant le coût de la vie était moins cher… », pointe-t-il.

    Dans ce département où se côtoient beaucoup de productions agricoles, le viticulteur remet sur le tapis la loi Duplomb, dont le Conseil constitutionnel cet été a censuré l’article 2. Celui-ci prévoyait le retour, sous certaines conditions, de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes, jugé dangereux pour la santé et l’environnement. L’acétamipride est également accusé d’être un « tueur d’abeilles ». Guillaume Bonino déclare : « On ne veut pas d’interdiction sans solution. Car toutes les semaines, on nous retire des matières actives, ce qui met en péril nos cultures. » Quant aux taxes Trump, +15% de droits de douane annoncés sur le vin, cela risque de porter un mauvais coup aux Côtes-du-Rhône, « 1ère des appellations importées aux États-Unis » selon lui. Dans l’Union européenne, la France et l’Italie surtout se battent pour obtenir une exemption de ces droits de douane.

  • L’avenir du centre François Billoux revient sur le tapis

    L’avenir du centre François Billoux revient sur le tapis

    De la question de Samia Gamèche, élue d’opposition municipale, membre du Collectif citoyen Gardanne Biver a découlé un long débat, sur l’avenir de la santé à Gardanne. En 2024, le centre de santé François Billoux, construit en 1981 sous Roger Meï (PCF) ferme ses portes. Alors qu’en conseil municipal de ce jeudi 25 septembre, l’une des délibérations à l’ordre du jour propose la « résiliation du bail emphytéotique » signé en octobre 1988 avec l’union des mutuelles des travailleurs, Samia Gamèche pointe une « fermeture sans mobilisation » et questionne le devenir des locaux. Doublée d’une demande d’engagement de la municipalité, à laquelle elle propose de saisir l’Agence régionale de santé et le Département pour « demander la réouverture d’un centre mutualiste » et l’engagement de concertations.

    Le tout, dans un contexte, selon l’élu, de « floraison des structures privées ». « Il n’y a qu’une seule santé, celle de tous les habitants. Ce que vous appelez privé représente toute la santé libérale et conventionnée », répond Jean-François Garcia, élu au sport et à la santé, qui déroulera ensuite longuement l’historique des locaux, dont le bail était géré, jusqu’en 2018, par le Grand conseil de la mutualité, avant d’être repris en 2019, par le groupement mutualiste Oxance. « Entre 2014 et 2018, pendant cinq ans, vous avez accompagné, Monsieur Jorda et La Piana, le Grand conseil de la mutualité qui gérait le centre, dans son marasme financier et dans sa carence d’offre de soins », accuse Jean-François Garcia.

    « Pas de visibilité »

    Des travaux seront demandés par la société dès la reprise, selon le déroulé de Jean-François Garcia, demande des rénovations de bâtiments à hauteur de 900 000 euros tandis que, parallèlement, un autre centre mutualiste, Filieris, qui s’ouvre au régime général, propose de regrouper les offres médicales dans ses locaux. Et de mettre à l’index la « mauvaise volonté et l’inaction d’Oxance », qui doublera le prix pour les rénovations des locaux, pointe Jean-François Garcia. À ce jour, le bâtiment est en très mauvais état selon l’adjoint au sport. Réponse pas satisfaisante, pour Samia Gamèche : « À ressasser le passé, on avance à rien. »

    « La réponse est dans ce que je vous ai dit. Nous n’avons pas de visibilité sur ce bâtiment. (…) Le bâtiment est destiné à la santé et le restera (…) il faut l’imprimer », enchaîne l’élu aux sports. « Vous êtes un grossier personnage, vous vous adressez à une élue ! », intervient à son tour Claude Jorda (CCGB). « Vous dites qu’il y a des projets, mais lesquels ? (…) La question est quelles propositions à une population qui va être de plus en plus en difficulté pour accéder aux soins ? », pointe Jean-Marc La Piana, à la tête du second groupe d’opposition de gauche. « Monsieur La Piana vous êtes à côté de la santé, vous avez été radié de la CPTS depuis quatre ans et vous ne vous en êtes même pas rendu compte, vous n’êtes même pas dans nos échanges, vous ne payez pas vos cotisations ! », lancera Jean-François Garcia. « Malhonnête », lance Jean-Marc La Piana. Pas de réponse concrète de la part de la majorité, et beaucoup d’invectives… « On va passer à autre chose », tranche finalement le maire.

  • La démocratie, cheval de bataille de « Renouveau pour Sanary »

    La démocratie, cheval de bataille de « Renouveau pour Sanary »

    Seul représentant de la gauche au conseil municipal depuis 2020, Jean-Pierre Meyer repart pour un tour. L’élu communiste de 70 ans, tête de liste de « Renouveau pour Sanary », compte poursuivre son projet progressiste d’union, dans la continuité du précédent, avec des bases solides : « Nous avions une liste de citoyens pas forcément engagés, mais qui avaient le cœur à gauche, et l’engagement des Écologistes, du PS et du PCF. Nous avions la ferme volonté de ne pas partir masqués, car c’est un élément d’efficacité et de démocratie. Nous avons besoin des partis, de lieux où les gens peuvent réfléchir ensemble. Nous avons en partage un projet humaniste », soutient-il.

    Projet participatif

    Un projet dont chaque composante se veut marquée du même sceau : celui de la démocratie, qui a montré ses défaillances au niveau local, notamment sur la question de l’eau et la cession polémique de la compétence par la communauté de communes Sud-Sainte-Baume à deux Délégations de service public (DSP) tenues par Veolia et Suez : « Les gens ont découvert le passage en DSP à la lecture de leur facture. Il aurait été si simple de les prévenir. Il faut que les citoyens puissent s’exprimer à tout moment. C’est pour cela que nous sommes attachés au référendum d’initiative citoyenne », annonce Jean-Pierre Meyer.

    Cette question de l’eau sera l’un des enjeux centraux de la future mandature, alors que les DSP courent jusqu’en 2031 : « Les profits de ces entreprises leur permettent de donner des dividendes aux actionnaires. Et c’est vous qui payez des services qui sont plus chers », fustige-t-il, remettant en cause les raisons invoquées par les responsables politiques : « On a justifié cela par le manque de compétences et de moyens. 28% de l’eau est distribuée par des régies publiques en France. De nombreuses collectivités y reviennent. Avec ce format, il n’y a pas à payer d’actionnaires. En 2026, on va élire des conseillers communautaires qui auront à se prononcer sur l’avenir de la DSP. Veut-on continuer à payer des actionnaires ou prendre nos responsabilités d’élus, pour le meilleur au meilleur prix, sur un produit qui va devenir de plus en plus rare ? »

    La question du logement a également été abordée, dans une commune où « plus de la moitié de la population a 60 ans et plus. Le marché immobilier est très élevé, la jeunesse ne peut pas rester. Ça nous pousse à mettre l’accent sur le locatif et le logement social, où on n’est qu’à 7%. Il faut retrouver un équilibre générationnel », avance le communiste, mettant également en avant le concept « d’accession sociale à la propriété, sur des terrains qui appartiennent à la municipalité, ce qui permet de vendre des appartements 30 à 40% moins chers. Nous avons permis de faire voter cela en 2024, avec un élu sur 33. Il faut que cela soit mis en œuvre désormais. »

    Attirer la jeunesse

    Mais aussi, toujours dans l’optique d’attirer la jeunesse, « une offre de mobilité plus importante, en réfléchissant à la gratuité comme le fait Toulon en commun » et « une crèche municipale. On n’a que des crèches associatives tenues par des bénévoles, qui passent leur temps à courir après les subventions. »

    Enfin, l’écologie n’est pas en reste, « ne serait-ce que par rapport aux inondations. Il ne suffira pas de rehausser les quais. Et de lister : l’isolation, des dispositifs prenant en compte les changements de conditions climatiques, l’utilisation de certains matériaux, la création d’espaces pour produire de l’énergie renouvelable… Tout une somme de petites mesures mises bout à bout qui peuvent changer les choses », conclut Jean-Pierre Meyer. Et d’inviter les personnes partageant son projet à le rejoindre, il reste des places sur la liste !