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  • [Comment préparez-vous les fêtes ?] Jouer du bon d’achat pour ses courses de Noël à Marseille

    [Comment préparez-vous les fêtes ?] Jouer du bon d’achat pour ses courses de Noël à Marseille

    « Rien que le mot budget fait mal », soupirent Marie et Noëline dans l’une des allées du centre Bourse. dès le mois de novembre dans l’hypercentre de Marseille, la course aux cadeaux se prépare lentement. « J’ai seulement commencé à trouver des idées, j’achète les cadeaux à partir de décembre », explique France gérante d’une chambre d’hôte, en sortant d’une boutique rue de la République. L’heure est donc davantage à la liste au papa Noël, mais aussi et surtout à l’achat des décorations, calendriers de l’Avent et du sapin.

    Le magasin Gifi dédie justement son entrée aux traditionnelles décorations vertes, rouges et dorées. Au milieu des boules de Noël, des conversations spontanées se nouent. « Il n’y a pas de petites économies », affirme Marie-line, retraitée. Souad, accompagnée de ses deux filles et tenant dans ses mains un panier étincelant de bleu et d’argenté, abonde : « Les temps sont durs. » « Notre niveau de vie baisse mais les salaires ne bougent pas », explique-t-elle. Si sa fille a pu choisir de nouvelles décorations, c’est grâce à un bon d’achat obtenu à Halloween dans le magasin.

    Quelques rayons plus loin Nesrine tient dans ses mains un petit sapin en plastique multicolore, « je me suis laissée tenter par la promotion, il est à 60 centimes ». Comme Souad, Nesrine bénéficie du même bon d’achat et peut ainsi s’offrir ce petit plaisir.

    « Les prix se sont envolés »

    « Mon budget pour les fêtes a augmenté. J’achète les mêmes choses pour faire plaisir à mes filles mais les prix se sont envolés », ajoute-t-elle. Parfois, elle s’adonne aux ventes privées à la recherche des jouets commandés en moins cher. « Je préfère acheter moins mais des choses qui durent plus longtemps, je réfléchis davantage avant de dépenser mon argent », résume enfin Souad.

    Marie, juriste, arpente, elle, les étals du Sostrene Green. Cette année, elle se laisse tenter par la tendance des calendriers de l’Avent à personnaliser. « Ça revient plus cher au final » reconnaît-elle, mais elle ne veut « pas que (ses) enfants soient impactés par les problématiques financières ». Et d’expliquer « compenser les gros achats dédiés aux enfants dans les cadeaux des adultes ».

    Isa, vendeuse au petit Souk, à deux pas du Vieux-Port, partage ce constat : « Chaque année, le plus gros budget est dédié aux enfants, ça ne change pas. » Isa, comme Olivier, vendeur à Maison du monde, constatent une tendance de paniers davantage composés « de petits accessoires déclinés pour chaque membre de la famille ». « On vend beaucoup de décorations roses cette année et autres couleurs peu communes, mais surtout des sapins artificiels », souligne encore Olivier, avant de préciser : « Pas pour l’écologie, mais les épines dérangent. » France et Nesrine aussi ont un sapin artificiel. « C’est bien plus rentable à long terme », précisent-elles.

  • LEO, poids lourds, la Ville d’Avignon accuse l’État de « mentir »

    LEO, poids lourds, la Ville d’Avignon accuse l’État de « mentir »

    Habitué ces derniers mois à convier la presse pour communiquer autour de travaux de voirie et d’aménagements dans les quartiers, Fabrice Tocabens, adjoint (PS) aux mobilités, avait le ton plus grave ce lundi matin. « Je suis en colère, tout et n’importe quoi circule en ce moment sur la LEO, l’arrêté anti-poids lourds et le pont de Rognonas, il faut remettre les pendules à l’heure », annonce-t-il. S’il est le seul élu à parler, c’est bien la parole de la Ville qu’il engage et, à travers elle, la maire Cécile Helle (PS). « La véritable histoire, c’est ça », conclura-t-il plus tard au sujet de trois dossiers connexes liés aux mobilités et à la santé : la liaison Est-Ouest (LEO), l’arrêté anti-poids lourds sur la Rocade retoqué par l’État, et l’arrêté pris fin octobre par le Département des Bouches-du-Rhône, interdisant la circulation des plus de 26 tonnes sur le pont de Rognonas qui franchit la Durance pour entrer dans Avignon.

    « Je regarde avec intérêt l’arrêté pris par la présidente des Bouches-du-Rhône [Martine Vassal, DVD] qui n’a pas eu besoin de faire de concertation pour, mais je m’en réjouis car cela va diminuer le trafic sur la Rocade », glissait, fin novembre, Cécile Helle en conseil municipal. Un « arrêté politique en catimini », grince Fabrice Tocabens pris pour raisons de sécurité sur la base d’une étude « que ni les services de la Ville, ni ceux du Département de Vaucluse n’ont eu, un véritable acte de mépris ». Un simple panneau sur le rond-point d’avant a été installé. Depuis ce lundi, la Ville a déployé plusieurs panneaux d’information, « en amont pour se mettre en conformité ». Quelque 700 poids lourds seraient impactés par des détours de 24,5 km au sud et 16 km au nord. « Mme Vassal* et le préfet des Bouches-du-Rhône doivent prendre leurs responsabilités et faire appliquer cet arrêté sinon ils mettraient en danger la population », relève l’adjoint benoîtement.

    Un « mépris de classe » pour la Rocade

    Autre arrêté, cette fois concernant la Rocade et les plus de 38 tonnes que la Ville voulait interdire en journée du carrefour de l’avenue Pierre-Semard à celui de l’avenue de Tarascon. Un projet retoqué par la préfecture. « Même s’il y a un enjeu de santé publique, les enjeux de ferroutage et de desserte locale n’étaient pas résolus, les solutions de contournement et de déviations avancées par la Ville ne fonctionnaient pas », justifiait le préfet Thierry Suquet il y a 10 jours. « On a concerté pendant dix ans, l’État nous a baladés et a enfumé la galerie, à force de mentir je souhaite que la population soit au courant qu’on nous mène en bateau et que l’État ne joue plus son rôle », fulmine Fabrice Tocabens, rappelant que la réduction du nombre de poids lourds sur la Rocade est une mesure qui figure dans le plan de protection de l’atmosphère qui s’apprête à être validé en préfecture.

    Enfin, sur la LEO, l’adjoint accuse l’État de se « défausser sur la Ville ». « Les 300 millions d’euros [coût réévalué de la LEO], personne ne les as, donc si l’État pouvait arrêter de mentir, le débat serait un peu plus serein », accuse Fabrice Tocabens, qui n’exclut pas de saisir la justice pour « mise en danger des populations ». « Si la Rocade passait au pied des Alpilles ou du Luberon, le problème serait réglé depuis longtemps, il y a un mépris de classe, les pauvres on s’en fout », attaque-t-il. LEO reconfigurée le long de la Durance, réalisation du barreau de Rognonas, jonction A7/A9 à Orange ou encore gratuité de l’autoroute entre Avignon nord et sud, « il n’y a pas une solution unique mais une boîte à outils », réitère l’adjoint.

    * Contacté, le Conseil départemental n’a pu donner suite dans l’immédiat.

  • L’hébergement d’urgence sur la corde raide à Avignon

    L’hébergement d’urgence sur la corde raide à Avignon

    En 2025, le Service intégré de l’accueil et de l’orientation (SIAO), gestionnaire du numéro d’appel d’urgence le 115 qui accueille toute personne en situation de précarité et d’exclusion, a reçu 55 000 appels. Un chiffre « révélateur de l’activité que l’on a et de l’importance du problème à résoudre pour les personnes concernées », glisse Michel Portefaix, président de l’association.

    Face au préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, en visite dans les locaux de la structure ce lundi 15 décembre, la directrice du SIAO, Sabine Girardin, affirme que la priorité pour sortir les personnes en grande précarité de la rue dans le département est d’améliorer la « fluidité du parcours ». Car si, en 15 ans, les places d’accueil d’urgence dans le département sont passées d’une quarantaine à 272 aujourd’hui, et même 330 en cas d’activation du plan grand froid, comme du 21 au 25 novembre dernier, et que celles-ci sont « toujours pleines », il faut mettre « de l’huile dans la machine », assure la directrice.

    Entièrement financé par l’État à hauteur d’environ un million d’euros par an, le SIAO travaille sur plusieurs aspects, notamment l’insertion et un accompagnement « plus personnalisé ». « Les structures doivent se réadapter. Par exemple sur les addictions ou les problèmes psy, sur lesquels on est accompagnés, mais ce n’est pas suffisant », appuie la directrice.

    Enquête en cours

    Face aux salariés, le préfet de Vaucluse assure qu’il « partage » les « préoccupations » du SIAO. « Il faut arrêter de raisonner en structures et en disponibilités. Tous les acteurs doivent converger. Se dire comment faire pour avancer sur telle ou telle situation humaine. D’arriver à lier aide immédiate et processus d’insertion », enchaîne-t-il. Une enquête commandée par la Ville d’Avignon et l’État a également été lancée par le SIAO pour en savoir plus sur le public accompagné et ainsi améliorer la prise en charge. Plus de 400 questionnaires ont été remplis et les résultats sont en train d’être étudiés.

  • Face à l’Histoire, résister se conjugue au présent dans le Port du Levant

    Face à l’Histoire, résister se conjugue au présent dans le Port du Levant

    Dans un département qui a envoyé à l’Assemblée nationale 7 députés RN sur 8, et dans un moment où les extrêmes droites parviennent à l’échelle internationale à imposer une lecture révisionniste de l’Histoire, mettre en avant le devoir de mémoire est un impératif politique.

    C’est ce qui en substance a été rappelé ce lundi, à Toulon, à l’occasion du 84e anniversaire de l’assassinat de Gabriel Péri au Mont Valérien par les troupes d’occupation nazies. Un hommage poignant, rendu par le président de l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (Anacr) Gérard Estragon. Et ce aussi bien à l’égard de l’ancien député communiste né à Toulon qu’au capitaine de corvette Honoré d’Estienne d’Orves et à la revendeuse des Halles de Toulon Esther Poggio. Tous trois payant de leur vie le refus de la défaite morale et de la soumission après un engagement sans faille dans la Résistance.

    Le premier, issu de la diaspora corse par son grand-père et Italien par sa grand-mère maternelle, est, rappelle Gérard Estragon, dès l’adolescence saisi par trois passions indissociables : le journalisme, le socialisme et la politique.

    « Le lit des régimes despotiques »

    Il tiendra la rubrique de politique internationale du journal L’Humanité durant quinze ans. Pacifiste lucide, mais farouche antifasciste, il dénonce très tôt la montée en Europe de ces idéologies mortifères. « Et pressent que les lâchetés, les renoncements, les intérêts égoïstes, l’exacerbation des nationalismes et la paupérisation des classes populaires font le lit des régimes despotiques conduisant à la guerre. »

    Un fascisme qui surgit quand les élites économiques préfèrent la dictature à la réforme sociale, analyse-t-il alors.

    Le président de l’Anacr en profite pour rappeler que seuls 80 parlementaires auront le courage de dire « non » à Pétain, et parmi eux six sont alors varois. « C’était un autre temps », lance-t-il. Malheureusement, en effet.

    Pour Honoré d’Estienne d’Orves, « c’est sa foi bouleversante en Dieu, qui lui a permis de toiser la mort sans frémir ».

    Alors que pour Gabriel Péri, c’est son engagement pour des lendemains qui chantent « dans un monde où l’exploitation de l’homme par l’homme ne sera plus la règle ». Une soif d’idéal qui entre le reniement et la mort, leur feront choisir la mort.

    À ces deux parcours s’ajoute celui d’Esther Poggio, « fille d’immigrés italiens dont les Halles restaurées portent fièrement son nom ». « Nombreux sont les enfants issus de l’immigration qui ont donné non seulement leur force du travail, mais également leur vie pour la France », souligne le président de l’Anacr. Ça aussi il est bon de le rappeler.

    Dès la fin 40, la résistante procure des fausses cartes d’identité et approvisionne les maquis des Francs-Tireurs et Partisans (FTP). Arrêtée le 3 juillet 1944, elle sera exécutée le 15 août, le jour du Débarquement de Provence.

    « En 2025, puisons, dans ces vies exemplaires, le courage nécessaire pour résister au populisme racoleur des manipulateurs de l’opinion publique qui fondent leur succès détestable sur la haine, la xénophobie, le racisme, l’antisémitisme, la peur de l’autre et le nationalisme borné. » Gérard Estragon concluant que « résister, à notre modeste niveau, c’est s’opposer à cette xénophobie, à ce racisme dont les manifestations croissantes ne peuvent qu’inquiéter ».

    L’esprit de résistance

    « Cette transmission de la mémoire est absolument vitale, pas pour la connaissance pure et éthérée mais parce qu’elle a des conséquences sur notre vie, sur notre futur, et sur l’avenir de l’humanité », explique le conseiller municipal d’opposition de Toulon en Commun André De Ubeda (PCF).

    Et de poursuivre : « Il y a des menaces terribles qui pèsent sur notre pays. Il faut absolument les combattre avec la même intelligence et le même courage qu’Honoré d’Estienne d’Orves, Esther Poggio et Gabriel Péri. »

    Même son de cloche pour la maire sans étiquette de Toulon Josée Massi : « C’est bon de rappeler ces beaux exemples. Et cet esprit de résistance qui doit continuer à nous animer. »

  • Un programme d’actions pour améliorer la santé à Toulon

    Un programme d’actions pour améliorer la santé à Toulon

    D’une durée de 5 ans et établi autour d’un diagnostic reposant sur des données statistiques et différents entretiens menés avec les habitants et les professionnels de santé, le Contrat local de santé (CLS) signé jeudi a pour objectif de renforcer l’action municipale en matière de santé publique et à la faire connaître à l’ensemble des habitants. L’ambition affichée étant « de ne laisser aucun Toulonnais sur le bord de la route ».

    Ce programme d’actions a été coconstruit avec différents acteurs institutionnels, professionnels de santé, mais aussi des associations travaillant dans les domaines du médical, de la prévention, de l’insertion, de l’inclusion, ou de l’environnement. Et tend à pérenniser et mettre en cohérence les démarches existantes tout en proposant des réponses adaptées et coordonnées aux difficultés identifiées dans le Diagnostic local de santé. En parallèle, un Contrat local de santé mentale a été également mis en place.

    Les politiques locales comportent en effet de nombreux leviers pour l’amélioration et la préservation de la santé de tous, y compris des plus fragiles. « Grâce à ses nombreuses actions et ses infrastructures, Toulon œuvre au quotidien pour permettre à ses habitants de se loger, de travailler, de pratiquer une activité physique ou culturelle, de créer du lien social et de vivre dans une ville où il fait bon vivre », a-t-il été entre autres rappelé. La Ville met également en place chaque année des actions de promotion et de prévention de la santé notamment via la nutrition, l’activité physique adaptée et la vaccination. Avec le CLS l’ensemble des partenaires se retrouvent fédérer pour pousser dans le même sens.

  • Plus de 43 000 visiteurs à la Petite galerie Cezanne

    Plus de 43 000 visiteurs à la Petite galerie Cezanne

    Une dernière fermeture pour clore l’année Cezanne. Au terme de l’été, une majorité des tableaux du Musée Granet sont repartis, les rénovations de la Bastide ont repris. Il ne restait plus que la Petite galerie Cezanne, et l’exposition « À hauteur d’enfant », inaugurée le 4 février dernier, dont l’accueil s’est achevé ce lundi 15 décembre. Une dernière cérémonie en présence des organisateurs, des équipes culturelles de la Ville et du maire mais aussi des mécènes du projet a permis de révéler un premier bilan fructueux autour de la Petite galerie. « Oui, l’exposition de la Petite galerie était un vrai succès, et l’affluence en témoigne. Plus de 43 000 visiteurs, 12 000 élèves : c’est le marqueur essentiel pour tous ceux qui ont œuvré (…) une exposition de cette classe, ludique, éducative avec une immersion complète dans l’univers cezannien a vraiment conquis tout le monde », pointe Rémi Clamens, directeur du site aixois de Technicatome, entreprise mécène de ce musée cezannien dédié aux plus jeunes. Tout comme le groupe Ortec, représenté ce lundi soir, qui a entre autres œuvré à la rencontre entre l’univers Cezannien et plusieurs enfants malades de l’hôpital de la Timone, à Marseille.

    Une année « très réussie »

    « Sur l’année Cezanne, ce sont plus d’un million d’euros qui ont été recueillis de nos entreprises sur les manifestations des événements, précise Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix-en-Provence. La Petite galerie Cezanne, c’est la première en France à avoir ouvert pour les enfants en alliant le talent, la curiosité, l’ingéniosité, une pédagogie fine et légère à la gratuité, c’est-à-dire l’accès pour tous les enfants à cette petite Galerie », poursuit l’édile de la Ville, qui précisera l’accueil de 424 classes, 3 878 participants aux ateliers, 1 700 visiteurs issus du champ social (centre de proximité comme les établissements de santé) accueillis sur le temps de programmation de l’exposition. Ce sont aussi 424 classes qui ont pu bénéficier d’une visite, dont 232 d’Aix-en-Provence et 114 du Pays d’Aix, pour un total de 12 000 élèves, selon les chiffres de la Ville. Victime de son succès, l’ouverture de la Petite galerie Cezanne avait d’ailleurs joué les prolongations : initialement prévue en octobre, la fermeture avait finalement été actée pour le 21 décembre. « Ça a été une année très réussie, puisque 350 000 visiteurs se sont rendus à l’exposition du Musée Granet et dans les lieux – la Bastide, l’Atelier des Lauves – nous avons eu 100 000 visiteurs, poursuit le maire. C’est énorme : les retombées pour la Ville sont de 40 millions d’euros. De même que les retombées médiatiques. Nous avons investi un million sur la communication, et ce sont 50 millions de retombées si nous avions dû commander l’ensemble des articles diffusés. » Il faudra néanmoins attendre le conseil municipal, programmé ce vendredi 19 décembre, pour que des chiffres affinés soient révélés et qu’un bilan d’ensemble soit tiré. Quant au devenir de la Petite galerie Cezanne : « Nous allons reproduire ce type d’événement pour les enfants », conclura Sophie Joissains, qui ajoute : « Ce serait dommage de ne pas le reproduire, c’est encore en cours de réflexion. »

  • À Port-de-Bouc, des déambulations pour prendre le pouls des quartiers

    À Port-de-Bouc, des déambulations pour prendre le pouls des quartiers

    Sous le préau du bâtiment coloré qui accueille l’école maternelle et le centre social Lucia-Tichadou, les représentants de la Régie de quartier, de l’Addap13, d’Erilia, de 13 Habitat et des services municipaux de Port-de-Bouc se rejoignent, bien emmitouflés pour la dernière déambulation de l’année.

    Après être passés à Tassy, à Bellevue, aux Aigues Douces, aux Amarantes et à la Lèque la semaine dernière, les acteurs de proximité partent réaliser le « diagnostic en marchant » des Comtes. « On va à la rencontre des habitants en se baladant dans les rues pour améliorer le cadre de vie », explique Caroline Pisani, chargée de mission au sein du service politique de la Ville de Port-de-Bouc. « C’est le lien entre l’urbain et le social », résume sa collègue Valérie Rambaud.

    Initiatives de terrain

    La fissure et les tags sur le mur devant l’école Tichadou, le remplacement des colonnes d’évacuation d’Ambroise-Croizat, l’entretien de la Banane (du nom de ce bâtiment incurvé aux pare-soleil jaunes)… Aucun détail n’est laissé de côté. « Le fait d’être réunis permet une meilleure coordination des acteurs, on repère et on solutionne plus rapidement les problèmes, c’est de la dentelle », affirme Joëlle Victoria, du service citoyenneté de la Ville.

    Mais ces temps permettent aussi aux habitants d’être porteurs d’initiatives. « Aux Amarantes, on travaille sur un micro-projet avec les jeunes pour faire en sorte que le city-stade soit plus utilisé, confie Caroline Pisani. Pour le moment, on identifie les freins. Ils ont pointé le mauvais éclairage et l’entretien. Ensuite, on va présenter le programme à une commission pour essayer d’obtenir un financement de la Métropole. »

  • Une boutique solidaire au collège Jean-Moulin, à Marseille

    Une boutique solidaire au collège Jean-Moulin, à Marseille

    Bijoux dorés fantaisies, chouchous cousus à la main, vaisselle, ameublement, jeux pour enfants, vêtements ou sacs à main… La toute nouvelle boutique solidaire du collège Jean-Moulin (15e) n’a rien à envier aux vitrines de la rue Saint-Férreol. Entièrement imaginée et construite par les élèves de sections d’enseignement adapté de 4e et 3e, elle était inaugurée lundi dans l’atelier habitat de l’établissement, aménagé pour l’occasion. Devant professeurs, principale du collège, parents d’élèves, élus et presse locale, 5 des 56 élèves impliqués ont résumé l’ambition de leur projet, pensé pour « s’entraider » et « protéger la planète ». « Nous sommes fiers d’être allés jusqu’au bout de notre projet avec peu de moyens, mais avec toute la générosité des élèves et des adultes de l’établissement », se sont-ils timidement enorgueillis. Du sol au plafond, les jeunes ont repensé les lieux : accompagnés de leurs professeurs, ils ont imaginé et conçu la décoration, fabriqués une partie des meubles, étals et produits, mais aussi nettoyé et étiqueté tous les vêtements et objets récoltés grâce à un appel aux dons lancé dans le collège. De quoi créer un lieu « élégant », des mots de la principale, basé sur le concept de troc : chaque don permet d’accéder à un certain nombre de points servant de monnaie dans la boutique.

    « Donner c’est recevoir »

    Partie d’un triste constat des professeurs, notant chaque année les difficultés que rencontraient certains élèves pour se vêtir, l’idée d’une boutique solidaire a émergé en septembre, au sein d’une équipe pédagogique déterminée à transmettre les valeurs de l’esprit d’équipe et de la solidarité. « On avait constaté que les élèves n’étaient pas à l’aise pour récupérer des affaires lorsqu’on organisait des distributions spontanées, détaille Dorra Bourraoui, professeure d’Hygiène Alimentation et service, depuis deux ans enseignante des Segpa à Jean-Moulin. Ce système est beaucoup moins stigmatisant, d’abord parce que la boutique est très belle, mais aussi parce qu’il implique tout le collège. » Et l’intérêt du projet est aussi pédagogique. « On a allié nos forces (…) pour travailler sur un tas de compétences, avec la possibilité de réfléchir sur la citoyenneté, la fraternité, la surconsommation… », a détaillé Anne-Sophie Di Pascuale, professeure spécialisée Segpa, pétillante d’enthousiasme. « L’objectif c’est que nos enfants, enfin nos élèves et que leurs familles en profitent. On espère que le projet se pérennisera », a-t-elle poursuivi.

    Ouverte pour deux jours seulement, la boutique, pour l’instant éphémère, recevra les élèves donateurs mais aussi quelques profils ciblés par les assistants sociaux de l’établissement. Le magasin leur sera réservé pour 15 minutes, de façon qu’ils puissent librement choisir leurs articles. Au gré des débats organisés avec les élèves autour du projet et des concepts de solidarité, d’entraide et de fraternité, est né le slogan de l’opération : « Donner c’est recevoir ».

    « Nous avons donné de nous-même et nous avons reçu, avant tout, satisfaction et fierté », ont conclu les jeunes.

  • Marseille : la Fabrique turbine pour la ville

    Marseille : la Fabrique turbine pour la ville

    C’est une réflexion collective réunissant 80 acteurs : dirigeant d’entreprise, syndicaliste, l’architecte, responsable associatif. Celle-ci débouche sur « La fabrique de la Ville », soit 30 propositions pour Marseille concernant le logement, la mobilité et qualité de vie dans l’espace urbain. Ces travaux se sont basés sur une enquête Odoxa réalisée pour l’Institut Enterritoires, auprès de 600 habitants de la métropole Aix-Marseille- Provence, dont la moitié à Marseille. Le résultat est sans appel, quand dans la ville la lutte contre le logement insalubre est une priorité à 49%, elle est de 38% pour le reste de la Métropole.

    Ainsi, la proposition numéro 7 consiste à « mobiliser les meublés touristiques au service de la rénovation du centre-ville ». En clair, permettre à un propriétaire, qui achète un logement très dégradé et le rénove, d’obtenir « une dérogation pour le mettre pendant plusieurs années à 100% en location touristique puis le remettre dans le marché annuel et attirer un investisseur privé », fait valoir Julien Gonzalez-Lambert, directeur des études d’Enterritoires et coordinateur de la démarche qui se dit transpartisane et apolitique. « On met cela en débat auprès des collectivités locales dans un contexte important, celui des municipales », souligne la présidente exécutive de l’institut Katia Fiorentino.

  • Le cinéma Le César a trouvé son repreneur

    Le cinéma Le César a trouvé son repreneur

    De nouveau, Le César pourra faire son cinéma. Ce jeudi, le conseil municipal de Marseille doit approuver la cession du bail commercial des salles obscures situées place Castellane en faveur du Théâtre des criques et du Lucernaire, pour y installer un nouveau tiers-lieu culturel. De quoi redonner vie à cet espace emblématique créé en 1938 par Marcel Pagnol, et dont le tribunal des affaires économiques de Paris avait prononcé la liquidation le 12 septembre 2023, alors que son gérant se disait étranglé par un loyer « beaucoup trop élevé » (notre édition du 15/09/2023).

    Viabilité économique

    « Ce projet a été sélectionné afin que Le César se réinvente comme un lieu de vie, en affirmant d’abord sa vocation première : le cinéma », explique la délibération soumise au conseil. Celui-ci proposera ainsi des salles de projection de 50 et 90 places pour des films art et essai, ainsi qu’une salle hybride de 200 places qui permettra à la fois des projections de films grand public ou des représentations de théâtre. S’ajouteront un café bar et un carré librairie pour compléter le tout.

    « C’est une excellente nouvelle, se réjouit l’adjoint (PCF) à la culture, Jean-Marc Coppola. Plusieurs projets de qualité ont été déposés, nous avons eu le choix, qui s’est porté sur un projet culturel, viable économiquement, avec une équipe jeune et dynamique. » La municipalité, le 26 janvier 2024, avait en effet décidé de préempter le fond commercial pour éviter que ne se perde la vocation culturelle des lieux, et avait approuvé le cahier des charges de l’appel à candidatures le 20 juin dernier. « Il y a plusieurs mois de travaux et d’investissements à faire avant de rouvrir », explique cependant l’adjoint. Le temps de rafraîchir l’édifice et de le réaménager, avec des subventions demandées par les porteurs du projet au Centre national du cinéma.

    Benoît Payan défend son bilan

    Invité surprise de la conférence de presse de présentation du conseil municipal, le maire (DVG) Benoît Payan a tenu à remercier sa majorité, « pour le travail qu’elle a fait pendant ces six années ». Une action qu’il compare aux douze travaux d’Hercule, « avec des travaux titanesques pour remettre des services publics sur pied ». Il reconnaît ainsi trois premières années compliquées, pointant la responsabilité à « une gestion particulière pendant des décennies ». « Les services ne se parlaient pas entre eux », appuie-t-il. Et d’énumérer les réalisations du mandat, de la réduction de la dette de la collectivité aux rénovations des écoles, les dossiers débloqués de la rénovation urbaine, la cantine gratuite pour 10 000 élèves. « Nous avons commencé à voir des réalisations dont d’aucuns nous disaient qu’elles ne pourraient pas se faire », vante Benoît Payan. En témoigne le doublement de la police municipale, mais aussi l’embauche de 1 000 agents dans les écoles, le passage d’un demi temps plein pour le logement à 120 personnes. De quoi préparer sa campagne.