Category: societe

  • [Entretien] « L’enjeu est maintenant de connecter les populations de loutres en Europe »

    [Entretien] « L’enjeu est maintenant de connecter les populations de loutres en Europe »

    La Marseillaise : La loutre est donc bien revenue sur le pourtour méditerranéen ?

    Simon Lacombe : Oui, tout à fait, en région Paca et en Occitanie. Ce qu’il s’est passé reste hypothétique, mais nous pouvons supposer qu’elle est revenue en Paca depuis le Massif Central via le Rhône et jusqu’à la Camargue et aux rivières de l’Est de la région par la partie italienne de la vallée de la Roya. Quant à l’Occitanie, c’est un carrefour entre plusieurs populations : certaines venues de la Camargue, d’autres du Massif Central et des Pyrénées.

    La loutre peut-elle s’installer partout ?

    S.L. : Il lui faut des milieux humides mais oui, cela semble être le cas. Elle a montré une capacité à s’installer dans des habitats variés. Elle s’adapte et explore. Nous l’avons vue dans des eaux qui n’étaient pas de très bonne qualité et dans des lits de ruisseaux à sec où il y avait peu de poissons. De quoi espérer une installation durable de l’espèce sur le territoire, même s’il y a peu de chance qu’elle s’établisse de manière pérenne dans des milieux dégradés.

    Qu’en est-il ailleurs en Europe ?

    S.L. : La dynamique a été la même : un déclin quasi généralisé au XXe siècle et une recolonisation. Aujourd’hui, il y a une population à l’Ouest de l’Europe (France et Espagne), une autre plutôt à l’Est (de la Finlande à la Grèce) et une au Sud de l’Italie – et une dernière au Royaume-Uni. Au milieu une large bande de l’Allemagne au Nord de l’Italie est vide de loutres. Tout l’enjeu est maintenant de connecter les populations continentales. Cela semble bien parti.

  • [Mouvement Social] À Aubagne, des citoyens prêts à agir « chaque jour »

    [Mouvement Social] À Aubagne, des citoyens prêts à agir « chaque jour »

    Pinceau à la main, accroupie au-dessus d’une banderole déployée au sol, Bahia, 62 ans, en retraite anticipée, qui était « prof spécialisée pour des ados en difficulté », trace des lettres en noir et rouge.

    On peut lire : « Du fric pour nos services publics/éducation, santé, transports, justice. » Une trentaine de personnes, militants, mais pas que, sont venues au rendez-vous lancé sur la page Facebook de quelques-uns. « Hier [le 10 septembre, Ndlr] on était là, 20 à 30 personnes. Pour maintenir le mouvement, on a décidé de faire cet atelier pancartes, à proximité de l’Espace des Libertés où a lieu la réunion publique sur le futur hôpital », explique Maurice Marsiglia (CGT).

    « Mangeons les riches »

    « Essayons d’entretenir la flamme, surtout avec l’échéance du 18 septembre qui arrive », appuie-t-il. « On envisage de mettre ces pancartes on ne sait pas encore où, en ville, pour montrer que des gens se mobilisent, pour éveiller les consciences. On veut fédérer un maximum d’habitants d’Aubagne. Chaque jour, on veut agir », lance Maïté, 34 ans, éducatrice spécialisée. Romain, 28 ans, charpentier au chômage, explique : « Si je suis venu, c’est qu’on constate que, quoi qu’on fasse, ça ne change rien. On veut qu’une vraie démocratie soit mise en place. On veut plus de pouvoir, car ceux qui l’ont, aujourd’hui, s’en servent contre nous. Je pense à la réforme des retraites, aux impôts… »

    Une autre banderole est prête : « Inflation. Précarité. On a faim. Mangeons les riches ». éric, 59 ans, chef de chantier en invalidité, dit éprouver « un gros sentiment d’être méprisé. On est censé être en démocratie, on fait son devoir de citoyen et on se rend compte qu’on est allé voter pour rien ». Il poursuit : « Il y a d’autres choses qui me heurtent. Quand des gens qui bossent chaque jour n’arrivent plus à bouffer à leur faim… Il y a quelque chose qui ne va plus. »

  • Une saison estivale bien maîtrisée selon la Municipalité marseillaise

    Une saison estivale bien maîtrisée selon la Municipalité marseillaise

    Avec la fin de la saison estivale vient l’heure du bilan. Ce vendredi, au centre nautique Florence-Arthaud, élus municipaux, policiers, sapeurs pompiers et médiateurs se sont réunis pour faire un premier point positif sur la gestion du littoral, durant l’été.

    « La saison estivale marseillaise, c’est toujours de nouveaux défis, affirme Yannick Ohanessian, adjoint (PS) au maire de Marseille chargé de la Tranquillité publique, de la prévention et de la sécurité. Il faut notamment maîtriser les flux de visiteurs ». Le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du bataillon de sapeur-pompier de Marseille, précise : « Il y a une augmentation de la fréquentation des plages, notamment en juin et début juillet. »

    Pour assurer la sécurité, la pacification et la propreté du littoral face à cette affluence, la mairie s’est appuyée sur un maillage d’acteurs : police municipale sur terre ou en mer, médiateurs, agents de nettoyage, sapeurs pompiers et agents du Parc national des calanques. Pour l’élu socialiste, « le bilan est plutôt positif. Travailler tous ensemble, c’est la clé du succès ».

    Avec 3 500 procès-verbaux électroniques et 400 actions de prévention, l’élu se félicite d’une meilleure couverture et d’une bonne réactivité de la police municipale et des médiateurs sociaux. Il reconnaît toutefois qu’il reste des efforts à faire contre les nuisances sonores et les excès de vitesse. L’application Safer Plage, qui permet de signaler tout harcèlement ou agression sexuelle sur les plages, a été téléchargée 645 fois durant l’été. Dix interpellations ont été réalisées grâce à ce dispositif.

    Actes de secourisme

    en baisse

    Dans l’eau, les 120 sauveteurs nageurs ont vu une baisse de 50% de leurs actes de secourisme, par rapport à l’an passé. « Ce qui montre probablement une évolution dans les comportements et peut-être une saison plus apaisée », note le vice-amiral. Le nombre de noyades n’a que peu baissé et a été la cause d’un décès, comme l’année passée.

    Christine Juste, adjointe (EELV) au maire chargée de l’Environnement et de la lutte contre les pollutions, a remercié les agents de nettoyages sur le littoral pour leur travail. « Cette année, c’est la première fois qu’il y avait une brigade rochers et 1er mètre dans l’eau, pour ramasser les déchets », ajoute l’élue. Des initiatives saluées par les riverains présents, « mais la brigade rochers ne passe qu’une fois par semaine et il y a aussi beaucoup de déchets dans l’eau », se désole l’un des habitants.

    Un bilan plutôt positif sur lequel va s’appuyer, dès le mois prochain, l’équipe en charge de préparer la saison prochaine.

  • Le collectif Luynois en action réclame une réponse forte face aux bouchons

    Le collectif Luynois en action réclame une réponse forte face aux bouchons

    Pour le collectif Luynois en action, quelques ateliers ne suffiront pas à résoudre une problématique qui perturbe le quotidien des habitants. « On parle de 2 000 véhicules par jour qui bouchent des rues inadaptées », rappelle Rémi Girardin, coprésident du collectif citoyen, alors que le quartier est, aux heures de pointe, saturé de véhicules allant et venant entre Aix, Les Milles, Gardanne et Marseille.

    à la suite d’une réunion publique, en mai dernier, la mairie d’Aix-en-Provence a pris la décision d’organiser des ateliers publics pour débattre la question. Le premier – Dessine moi Luynes – a eu lieu au mois de juillet. Le second – Raconte moi Luynes – se tiendra le samedi 4 octobre, entre 9h et 12h, en salle Ughetti. Les informations sont à retrouver sur le site du collectif Luynois en action, ainsi que sur des affiches, distribuées dans le quartier de Luynes.

    « On aimerait que ces ateliers tapent dans le dur. On attend des discussions concrètes, pas des sujets superficiels. Ce n’est pas le moment de parler de la couleur des géraniums sur le rond-point », martèle Rémi Girardin, qui regrette une communication trop tardive autour de ces ateliers. Dans un communiqué paru ce jeudi, le collectif estime que « les seules actions concrètes évoquées à ce jour (aménagements ponctuels de trottoirs ou mobilité douce) ne peuvent pas constituer l’aboutissement d’un processus de transformation urbaine ambitieux. »

    Après avoir demandé une réunion en mairie pour « un cadrage davantage méthodique sur le déroulé de ces réunions », le rendez-vous a été accordé au collectif, le 24 septembre.

  • Habitants des quartiers prioritaires, ils vont créer leur entreprise

    Habitants des quartiers prioritaires, ils vont créer leur entreprise

    Ils et elles sont 13. Dix femmes et 3 hommes. 8 viennent du quartier du Charrel, 2 de La Tourtelle, 1 d’un autre quartier d’Aubagne, 1 de Cuges-les-Pins, et 1 de La Ciotat. Tous font partie de la première promotion de l’Accélérateur Emergence, un programme d’accompagnement intensif et gratuit, soutenu par le Ministère du travail, la Banque des Territoires et de Bpi France. L’initiative vise à dynamiser l’entrepreneuriat dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. À Aubagne, au Charrel, à La Tourtelle (70% de l’effectif), mais aussi dans d’autres communes (30% de l’effectif).

    Un « accompagnement

    au top »

    Lancé le 5 mai dernier, présente Céline Fourcade, directrice du Paci ; l’Accélérateur Emergence a retenu 13 candidatures. « Les porteurs de projet ont bénéficié de 210 heures d’appui chacun, dont 135 heures en collectif, 54 heures d’appui individuel et 21h de mise en réseau. Notre objectif, c’est de les amener jusqu’à l’immatriculation de leur entreprise», souligne-t-elle.

    « L’accompagnement, je le recommande à 100%. Il est au top », lâche Romain Donadey, 28 ans. Habitant de La Tourtelle, il a l’entrepreneuriat chevillé au corps. Il a d’abord quitté un emploi salarié pour ouvrir son camion à pizza. Avec l’Accélérateur Emergence, « mon but est de créer, d’ici novembre, une application, Proximity. Chaque commerçant pourra s’inscrire sur la plateforme, présenter son activité, et dans un second temps pour un abonnement de près de 10 euros par mois, il pourra vendre sur cette plateforme. » Mathilde, 23 ans, habitante de La Ciotat depuis un an, souhaite ouvrir un centre d’éducation canine à Ceyreste. « L’accompagnement m’a permis de prendre confiance en moi. S’il n’y avait pas eu cela, je ne me serais jamais lancée », dit-elle. Fatima Madani, 38 ans, habitante du Charrel, veut proposer « une gamme de lingerie confortable et esthétique pour femmes actives. » D’abord via le e-commerce, puis dans une boutique. « Cet accompagnement nous fait voir tous les points de vue : l’étude de marché, le statut juridique, la trésorerie (…) de façon à avoir une pérennité dans le projet. » Elle pense pouvoir créer son entreprise « dans les mois à venir ». Si elle a souhaité sauter le pas vers l’entrepreneuriat ? « J’ai toujours travaillé dans la vente et j’ai toujours rêvé de créer ma propre entreprise. » Elle enchaîne : « Entreprendre, c’est avoir des craintes, mais aussi une liberté. On se dépasse. Il ne faut pas écouter cette voix intérieure qui veut nous freiner. » La phase de recrutement pour la 2e promotion de l’Accélérateur Emergence est déjà lancée. Le programme débutera courant 2026. De quoi rendre concret son rêve d’entreprendre. Sur des fondations solides.

  • Élèves et parents du collège Pagnol veulent un remplaçant

    Élèves et parents du collège Pagnol veulent un remplaçant

    J’ai 4h30 de français par semaine. Mais pas de prof », indique Tiago, élève de quatrième au collège Marcel-Pagnol de Martigues à la sortie des cours de 12h30, jeudi 11 septembre. Il est l’un de ces nombreux élèves à être privé d’enseignement de français depuis la rentrée dans ce collège du Réseau d’éducation prioritaire (REP), qui accueillent des élèves des quartiers prioritaires de la politique de la Ville (QPV) de Notre-Dame des Marins, Canto-Perdric et Paradis Saint-Roch.

    En cause : l’arrêt maladie d’une professeure de français, qui n’a pas été remplacée par les services de l’Éducation nationale. « Le rectorat nous dit qu’ils ne peuvent pas remplacer, car les arrêts de travail ont une durée de 15 ou 30 jours et que dans ces conditions, ils ne remplacent pas », indique Samia Query, déléguée des parents d’élèves. Elle poursuit : « On a mis une pétition en ligne sur “On participe” et les réseaux, car nous sommes en colère ». Vendredi matin, la pétition comptait déjà 187 signatures, depuis sa mise en ligne, le 5 septembre.

    Les élèves, eux aussi, expriment leur frustration. « Je voudrais bien avoir un prof parce que soit on va en perm, soit on sort, en général », confie Tiago, avant de partir déjeuner. Alma, autre élève de quatrième, est plus angoissée : « J’ai peur pour mes épreuves communes de fin d’année, mais encore plus pour le brevet l’année prochaine ». Les épreuves communes consistent en un « mini-brevet pendant lequel les élèves tablent tous sur un même sujet », précise le responsable de la cellule CGT Éduc’action du collège Louis-Gilet, présent à la sortie des cours.

    Un « prétexte fallacieux »

    Le syndicaliste est d’ailleurs indirectement à l’origine de la pétition. « J’ai proposé aux parents d’élèves de faire une pétition car cette situation dure depuis décembre dernier. Notre collègue n’est pas remplacée pour un prétexte fallacieux de durée d’arrêt de travail », juge Louis Gilet, qui estime que « la réalité est que le rectorat n’a personne pour remplacer la collègue, les postes de professeurs titulaires sur une zone de remplacement (TZR) ont été supprimés, comme les places au concours ».

    Face à la colère des parents d’élèves et l’inquiétude partagée « avec les minots », le syndicaliste souligne le « travail de la direction en interne, qui a passé plusieurs appels à la hiérarchie pour obtenir ce remplacement ». Car le retour de l’enseignante concernée n’est pas à l’ordre du jour, en raison, selon Louis Gilet, d’un « acte violent subi en classe qui l’a affectée ». Il conclut : « La colère doit être dirigée vers ceux qui ont le pouvoir de changer les choses, en nommant un remplaçant ».

    Contacté, le rectorat de l’académie Aix-Marseille n’a pas répondu à nos sollicitations dans les délais impartis par la publication.

  • L’éco-campus de la Pauliane prend vie pour les étudiants

    L’éco-campus de la Pauliane prend vie pour les étudiants

    Pour la première fois depuis les travaux lancés en décembre 2023, le campus de la Pauliane, auparavant disséminé sur différents sites, est rassemblé en un même lieu. Autour de la Maison Mega (Maison de l’économie et de la gestion d’Aix-en-Provence), inaugurée en 2022 et lieu de rencontre des doctorants et enseignants-chercheurs, un éco-campus de 15 000m² accueille, depuis la rentrée, les étudiants en licence et en master dans cette faculté d’éco-gestion.

    Ce nouveau site regroupe les anciens campus Forbin, dont le bâtiment a été vendu par la Mairie, et Ferry. Ainsi, près de 650 étudiants de première et deuxième années de licence, ainsi que de master, découvrent ensemble ce nouvel environnement. Au total, entre 2 500 et 3 000 étudiants circulent désormais sur ce site livré par l’entreprise Travaux du Midi. « Il fallait permettre à la faculté d’éco-gestion de disposer de bâtiments capables de fédérer l’ensemble de ses activités en un même endroit », indique Bruno Decreuse, doyen de la faculté de gestion, qui travaille aux côtés de Sophie Hutier, vice-doyenne. Bâtiments neufs, baies vitrées, lieux de vies épurés : l’architecture du lieu reflète une volonté de modernité, mais s’engage aussi à réduire son impact environnemental.

    Une « demande sociale »

    D’où son appellation « d’éco-campus », qui repose notamment sur l’absence de climatisation, la préservation du parc entourant l’établissement ou l’exploitation des transports en commun. « C’est aussi un cahier des charges, en accord avec les enjeux sociétaux autour de l’environnement », ajoute Bruno Decreuse.

    La faculté propose trois licences accessibles via un portail commun. « En première année, on est très interdisciplinaires, souligne Bruno Decreuse. Petit à petit, on se spécialise au sein de la faculté (…). Je pense qu’on a répondu à une demande sociale qui est celle d’une éducation plus à la carte et d’abord centrée sur l’expérience étudiante. » S’ajoutent à cela une double licence droit-économie, plus sélective, et une licence internationale dispensée en anglais. Un point d’honneur a été fait sur l’intégration des élèves : un bureau des associations étudiantes est installé dès le hall d’entrée, avec diverses salles, et un dispositif de parrainage entre étudiants.

    Parmi les étudiants rencontrés sur le campus, le constat est quasi unanime : le bâtiment est moderne, agréable, et l’espace extérieur permet des pauses « qualité ». « Dommage qu’on ne soit plus en ville, si on veut manger dehors, il faut prendre la voiture. Les transports pour aller dans le centre, c’est une galère. Mais le parking à côté est plus pratique pour ceux qui ont une voiture. Sinon, l’intérieur et le matériel, c’est génial », observent Maïlys et Sofia, étudiantes en L2. Il ne reste plus que quelques aménagements à finaliser, comme la salle des marchés, pour que le campus soit pleinement opérationnel.

  • Ils veulent interdire les vols de nuit à l’aéroport de Marseille

    Ils veulent interdire les vols de nuit à l’aéroport de Marseille

    Les associations de riverains de l’aéroport Marseille-Provence se mobilisent à nouveau ce samedi 13 septembre contre les nuisances attribuées au trafic aérien, en particulier nocturne. À la manœuvre, l’association marseillaise Cap au nord et l’Association pour la protection de l’environnement des Marignanais (Apem), en partenariat avec quatre comités d’intérêt de quartier de Saint-Victoret, Vitrolles et des Pennes-Mirabeau, ainsi que des colectifs contre les nuisances sonores aériennes du secteur .

    Une opération escargot est organisée le matin à 9h30 à l’entrée de l’aéroport, pendant que l’Apem s’installe dès 10h à la mairie annexe du Jaï, à Marignane, pour proposer deux conférences, buvette et restauration dans le cadre de la Journée mondiale pour l’interdiction des vols de nuit. Pour le président de l’Apem Gilbert Caccioto, « la priorité est de faire respecter notre santé », qui passe par le sommeil. Santé publique France recommande à cet effet 7h de sommeil minimum pour les adultes. C’est pourquoi les associations organisatrices demandent « l’interdiction des vols de nuit entre 22h et 6h » pour le permettre.

    « 60% des vols de nuit se font entre 22h et minuit »

    Les associations, l’État et l’aéroport sont régulièrement réunis pour échanger. Depuis 2023, l’État a d’ailleurs lancé une étude d’impact selon l’approche équilibrée (EIAE) avec la Direction de la sécurité de l’aviation civile sud-est (Dsac-SE) et du bureau d’études To70 afin de proposer des mesures de réduction du bruit. De son côté, l’aéroport Marseille-Provence a d’ores et déjà « échangé avec les compagnies aériennes pour demander de moins programmer de vols nocturnes », la menace d’un couvre-feu planant sur toute de la nuit ou une partie.

    Car comme l’affirme Jalal Samain, coordinateur des associations mobilisées, « plus de la moitié du trafic aérien de nuit est opérée par des compagnies low cost », dont « 60% se font entre 22h et minuit, avec une fréquence à 45 vols en moyenne, et des pics à 65 vols par nuit » indique-t-il. Alors, « nous demandons que soit pris en compte le coût social et de santé publique » exige Jalal Samain. Gilbert Caccioto abonde en demandant « des études épidémiologiques sur les riverains de l’aéroport », demande adressée à l’Agence régionale de santé restée sans réponse d’après le président de l’Apem.

    En attendant la décision de l’État d’ici juillet 2026, l’Apem propose deux conférences ce samedi. L’un à 10h sur les oiseaux de nuit, animée par Henri Pierre Goacoulou, garde cynégétique (garde-chasse). L’après-midi, de 14h30 à 17h30, plusieurs invités débattront de l’impact des vols de nuit avec le Dr Didier Cugy, médecin au CHU de Bordeaux et membre de l’association Santé environnement France.

  • À Pézenas, trois jours pour fêter Molière et son époque

    À Pézenas, trois jours pour fêter Molière et son époque

    « En 1653, la troupe de Dufresne est attendue à Pézenas pour la durée des États du Languedoc. Promu directeur de la troupe, le jeune Jean-Baptiste Poquelin veut profiter de ces journées de liesse populaire pour présenter ses nouvelles farces inspirées des Italiens et de leur commedia dell’arte. Molière recevra-t-il enfin les faveurs du public ? »

    Voilà pour le décor. Trois ans après avoir célébré les 400 ans de la naissance du plus célèbre comédien et dramaturge de la langue française, la Ville de Pézenas sonne le rappel. Durant 3 jours, du 12 au 14 septembre, la « cité de Molière » va se transformer et se replonger au milieu du XVIIe siècle, où les troupes de théâtre font figure de divertissement en temps de misère.

    Reconstitution historique

    Rythmé de cortèges tambourinant, parades costumées, spectacles, concerts, discours et reconstitutions historiques*, sans oublier les tavernes et marchés gourmands, le week-end promet de faire voyager le public familial attendu en nombre. En 2022, 30 000 curieux avaient répondu présent. « On sent une émulation, une énergie populaire jusque dans les écoles qui participent. Les gens viennent chercher des costumes, ils ont envie de se prendre au jeu », se réjouit Armand Rivière.

    Pour le maire socialiste, l’événement qu’il espère reconduire est une « occasion de mettre en lumière le patrimoine dormant mais aussi vivant de Pézenas » qui compte une quarantaine d’artisans. « Pézenas a une offre commerciale et culturelle toute l’année. L’idée c’est aussi que cela donne envie aux gens de revenir, comme un produit d’appel ».

    À quelques jours du rendez-vous, Armand Rivière ne cache pas son enthousiasme partagé. « C’est l’un des rares sujets qui ne fait pas polémique sur les réseaux sociaux alors même qu’on bloque le centre-ville pendant 48 heures. » L’élu socialiste y voit l’occasion pour les gens de « sortir du marasme ambiant » et d’affirmer des valeurs d’ouverture aux autres, « contrairement à ce qui est prôné à 20 km d’ici… »

    * www.ville-pezenas.fr

  • Le Secours populaire marseillais accueille les bonnes volontés

    Le Secours populaire marseillais accueille les bonnes volontés

    Il est 10h ce jeudi, l’antenne d’urgence du Secours populaire n’a ouvert que depuis une trentaine de minutes mais il y a déjà du monde dans les rayons de la braderie solidaire. Ouverte du mardi au jeudi, de 9h30 à 12h, cette antenne est située juste en dessous du siège départemental, sur le chemin de Gibbes (14e) à Marseille. Un lieu qui permet aux personnes du quartier de venir trouver des habits contre une participation solidaire, des colis alimentaires ou un accompagnement juridique.

    Entre les placards remplis de jouets pour les enfants et les portants d’habits, Mustapha, la cinquantaine, est à la recherche de chaussures. Cela ne fait que deux ans que ce père de cinq enfants vient chercher des habits à la braderie. « Depuis le coronavirus, tout a augmenté. Ça fait deux ans qu’on a besoin de venir ici, parce que c’est la crise. Ici je trouve des vestes, des habits et des chaussures pour moi ou pour mes enfants », explique-t-il, gêné. Mais il ne vient pas prendre de colis alimentaires, précise-t-il. Le point de vente solidaire du Secours populaire ne nécessite pas d’être inscrit, chacun peut donc venir y faire ses achats et participer à hauteur de ses moyens.

    Porte d’entrée

    Le lieu est aussi la porte d’entrée des nouveaux aidés, puisque c’est ici que les inscriptions se font pour avoir accès aux colis alimentaires. « On fait une dizaine de nouvelles inscriptions tous les jours [d’ouverture] », explique Samira, en charge des inscriptions ce matin. Bénévole depuis 2018, elle remarque que les personnes qui viennent demander de l’aide ont des profils de plus en plus divers. « Il y a ceux qui n’ont pas de carte de séjour ou qui demandent l’asile, mais il y a aussi de plus en plus d’étudiants, de personnes au chômage, au RSA ou qui travaillent et qui n’arrivent pas à s’en sortir », témoigne-t-elle. Face à la montée de la précarité étudiante, l’association a d’ailleurs développé le Solidar’bus qui fait des distributions de colis à la sortie des cours.

    Ce matin ce sont Zorha, Naima et Samira qui assurent l’accueil et la distribution de la nourriture. Après avoir demandé les papiers d’identité des nouveaux « accueillis », Samira vérifie sur une base de données que les personnes ne sont pas déjà inscrites. Elle s’assure ensuite qu’elle ne touche pas plus de 1 000 euros par mois, ce qui est la condition pour avoir le droit à l’aide.

    Ce matin-là, c’est une bénévole du Secours populaire qui vient demander de l’aide à Samira. Habitant avec son mari et sa fille, avec un revenu de 800 euros par mois, elle a décidé de s’inscrire pour recevoir des colis alimentaires. « Je connaissais le lieu, parce que j’aide à la distribution de nourriture. Mais c’est la première fois que je viens demander de l’aide », explique la mère de famille, d’une voix timide. Comme elle ce jeudi, ils sont cinq à avoir fait leur première inscription pour l’aide alimentaire.

    Dans les Bouches-du-Rhône, de nombreux aidés par le Secours populaire deviennent par la suite bénévoles. Naima a par exemple d’abord été aidée par l’association, avant de passer de l’autre côté du comptoir, il y a trois ans. « Dès que j’ai su qu’ils faisaient des cours d’aide au numérique, j’ai voulu participer parce que je suis informaticienne », affirme fièrement Naima.

    Coupures de droits

    L’antenne offre également un accompagnement juridique. « Cela va de la prise de rendez-vous avec la Sécu, aux demandes d’asile, en passant par le droit à la culture ou aux vacances, explique Djazia, juriste de profession. Tout ce dont la famille peut avoir besoin, on est là pour les accompagner. J’aide aussi beaucoup sur les coupures de droits », précise la bénévole. Selon la juriste, le changement de politique pour toucher le RSA a impacté beaucoup de ses bénéficiaires. « Certains n’ont jamais été inscrits à France Travail et donc ne savent pas faire, ce qui entraîne la fin de leurs droits », se désole-t-elle. Des coupures dans les aides de plus en plus fréquentes qui obligent certains à se tourner vers la distribution alimentaire du Secours populaire en l’absence de tout revenu…

    « Il y a aussi de plus en plus d’étudiants, de personnes au chômage, au RSA ou qui travaillent et qui n’arrivent pas à s’en sortir »