Category: societe

  • À Éguilles, les cadeaux sont vertueux avec Remise en jeux

    À Éguilles, les cadeaux sont vertueux avec Remise en jeux

    En passant le pas de la porte, les couleurs éclatent au visage. Poupées, Legos, vélos, jeux de société et livres pour enfants s’offrent aux clients, rangés par thématique, bien alignés sur des étagères. Prix moyen de ces jouets de seconde main ? 4 euros. Tout ça grâce aux dons des particuliers, qui, en 2024, ont apporté 240 000 objets à l’atelier de la structure, situé dans la zone d’activités d’Éguilles. Mais à Remise en jeux, cette vitrine alléchante n’est, justement, qu’une vitrine.

    « Cette activité est le support de notre chantier d’insertion », révèle Christian Blanc, qui a créé l’association en 2010. Après une première boutique adossée à un atelier de recyclage ouverte à Éguilles, un deuxième lieu de vente a ouvert à Vitrolles, puis un troisième à Salon-de-Provence en 2020. Derrière, il y a 32 salariés encadrés par sept permanents pour « revenir à l’emploi de façon progressive » grâce à des contrats de quatre mois renouvelables jusqu’à 24 mois. « On ne les brusque pas, on fait un travail éducatif d’accompagnement pour lever les freins qui peuvent relever de la mobilité, de la santé, de soucis de logement ou de problèmes financiers. »

    En arrivant à Remise en jeux, les travailleurs peuvent être affectés à différents postes allant de la vente à la menuiserie en passant par le recyclage, qu’il soit simple ou plus complexe (comme pour les objets électriques ou électroniques), ou encore la communication.

    Trouver sa place

    « On n’est pas une entreprise traditionnelle, il n’y a pas un rythme de production ni de pression, au contraire, assure Christian Blanc. Les gens qui arrivent ici ont été cabossés, on est là pour avoir un projet qui est valorisant, qui donne sa place à chacun. »

    Eddy, lui, s’occupe d’écouler les jouets de collection sur internet. Arrivé il y a quatre mois, ce graphiste de formation s’est directement senti à sa place et a pu explorer sa passion « pour les puzzles et les maquettes ». Il souhaite désormais intégrer JouéClub. « On les aide à trouver une voie professionnelle qui tienne la route et qui soit viable en proposant des immersions en entreprise », explique le président de Remise en jeux. C’est ce qu’Eddy compte faire, pour se « faire connaître » et mettre toutes ses chances de son côté.

    D’autres employés, comme Karine, resteront au chantier d’insertion jusqu’à leur retraite. Atteinte de la maladie des os de verre, la vendeuse pourra partir à 55 ans. « C’est son premier job et je la garde, c’est vraiment compliqué pour elle de trouver un poste adapté », glisse Christian Blanc.

    Arrivée il y a tout juste deux mois, Nathalie espère aussi avoir droit à une dérogation pour poursuivre son contrat jusqu’à l’ouverture de ses droits. Grâce à Remise en jeux, cette ancienne agente immobilière est revenue à ses premières amours : « J’ai un diplôme de styliste, et là je m’occupe de coudre les costumes et d’habiller les poupées de seconde main », explique-t-elle. Une mission gratifiante. « La dernière fois, un enfant est venu pour acheter un costume de chevalier. Une fois enfilé, il n’a plus voulu l’enlever et est reparti avec ! »

  • La laïcité comme vecteur de vivre-ensemble au collège

    La laïcité comme vecteur de vivre-ensemble au collège

    Une vraie ruche. Le hall du collège Coutarel d’Istres était rempli d’élèves de toutes les classes jeudi après-midi à l’occasion de la journée de la laïcité organisée par l’établissement. Dès l’entrée, l’exposition du Département sur le sujet se présente avec explications. « Avant l’Église intervenait dans les affaires de l’État », présente un professeur à ses élèves. « Il y a une loi pour séparer l’Église et l’État en 1905. Une loi est une obligation, sinon punition. Mais la laïcité n’est pas une loi, c’est un principe moral qui doit être respecté par tout le monde », nuance-t-il.

    Outre ce principe, on y parle aussi de harcèlement, de culture provençale comme japonaise, de religion aussi. On peut aussi manger un bout de saucisson à la table corse. À cette table, quatre élèves s’activent à distribuer verres d’eau et tranches de lonzo. Mais ce n’est pas seulement de gourmandise dont il s’agit.

    « Ce moment sert surtout à réunir tout le monde, peu importe son origine ou sa religion, pour s’amuser » avance Nikki Jezewski, élève de 3e. « Ça nous oblige à être en groupe, ensemble, à discuter », complète sa sœur Luan. Loredana Rodrigues, amie des deux précédentes, fait remarquer que « certains peuvent envoyer de la haine. Mais nous, on essaie de sympathiser quand même ». Est-ce que c’est ça le vivre-ensemble ? « oui c’est ça en fait », répond directement la jeune fille, « les gens ont leur histoire et la laïcité c’est pas être ami avec tout le monde, c’est respecter les autres et pas les juger ».

    « Réunir les gens »

    Leur réflexion sur la laïcité ne s’arrête pas là. « Ça permet aussi de réunir les gens pour vivre sans problème car il n’y a que ça dans le monde », reprend Nikki Jezewski. « Et sans TikTok » lance Loredana Rodrigues, « y’a des gens ça leur monte à la tête et ils deviennent violents ou harceleurs », estime-t-elle. Luan Jezewski nuance : « Les réseaux peuvent aider certains à s’ouvrir, mais d’autres c’est le contraire et sortent ce qu’il y a de moche en eux.»

    À entendre ces paroles, la principale Isabelle Décoret se dit « touchée que ces élèves dans notre établissement dit violent prouvent qu’il y a des valeurs auxquelles elles croient ». « Cet enseignement quotidien fait partie de leur parcours de futurs citoyens », estime la principale. Son adjointe Nathalie Reiniche parle d’en faire « une expérience tactile, et non un cours frontal ». « La laïcité est souvent abîmée car mal comprise. Avec cette expérience, ils peuvent se l’approprier, et ce dès la sixième », conclut-elle.

    Un travail nécessaire selon Carine Benarous, du stand du centre culturel Edmond-Fleg, présente pour expliquer la fête juive de Hanouka. « Il y a de l’incompréhension et une recrudescence de l’antisémitisme. Mais les enfants sont des éponges, il faut leur en parler », estime l’intervenante, « la laïcité nous permettant d’être ce qu’on est ».

    Et de vivre, échanger, partager ensemble.

  • L’entrepôt solidaire fête sa première année d’activité

    L’entrepôt solidaire fête sa première année d’activité

    Devant l’entrepôt solidaire, les camions vont et viennent sans arrêt ce mercredi matin. Un an après son ouverture officielle en décembre dernier, les associations semblent avoir pris leurs marques entre les racks de la plateforme.

    Ce site de 5 000 m², financé par la fondation CMA CGM est situé au pied de la tour de l’armateur. Il permet d’offrir aux Restos du cœur, la Croix rouge, le Secours populaire, le Secours catholique et Andes un large espace de stockage. « On voulait également leur apporter notre expertise en logistique », explique Marion Dupuy, responsable de la fondation. Un logisticien est en effet, employé à plein temps par l’entreprise afin d’aider les associations à améliorer leur organisation.

    « Tout a changé depuis qu’on est ici, explique Laurent Pappola, directeur de l’action sociale de la Croix rouge Marseille. On est passé de l’amateurisme au professionnalisme. » Depuis un an, le siège de l’association ainsi que tous les dons alimentaires et le matériel de maraude a été regroupé au sein du site. « Avant nos lieux de stockage étaient éclatés sur tout Marseille. Maintenant tout est centralisé ici, ça nous permet d’être plus efficaces. »

    Même constat du côté du Secours populaire. Pour Ange Martinez-Morales, bénévole depuis 2015, « c’est plus facile depuis qu’on est là. Parce que notre ancien entrepôt était plus petit, et pour charger ce n’était pas pratique, raconte-t-il. Et puis on communique avec les autres associations, donc c’est déjà arrivé qu’on se redistribue des dons », explique-t-il.

    La fondation a par ailleurs annoncé son ambition de recréer quatre autres entrepôts solidaires en France. Pour, le moment les lieux pressentis seraient Lyon, la région Nord, Mayotte et la Guadeloupe.

  • « Nos filières sont mises à mal »

    « Nos filières sont mises à mal »

    La Marseillaise : Le vote sur l’accord UE-Mercosur semble aller vers un report. Vous visez l’abandon ?

    Nina Lejeune : On pense encore que c’est possible, c’est pour ça qu’on continue de se mobiliser. On était mercredi à l’aéroport fret de Liège avec d’autres syndicats, notamment belges et allemands. Les intérêts défendus par la FNSEA à Bruxelles sont différents des nôtres. Ils parlent par exemple de la taxe sur les engrais de synthèse, ils sont pro dérégulation sur les OGM et promeuvent les pesticides. Des choses sur lesquelles on n’est pas du tout en accord. On ne demande pas à ce que, par exemple, en France ou en Europe, on puisse, si cet accord de libre-échange se met en place, utiliser les mêmes produits chimiques que dans les pays du Mercosur. On se bat pour que, sur le territoire national, rien ne puisse entrer en dessous de nos coûts de production. C’est à la fois pour protéger nos paysans et paysannes mais aussi pour provoquer un effet boule de neige afin de potentiellement élever les normes sociales et environnementales dans les pays avec lesquels on commerce. Pour nous, les agricultures ne doivent pas se faire concurrence ni à l’intérieur d’un territoire, ni entre territoires, et notamment avec les pays du Mercosur.

    Emmanuel Macron dit « le compte n’y est pas ». L’exécutif reste ambigu ?

    N.L. : Comme dans tous les accords de libre-échange nous sommes les variables d’ajustement. On sacrifie l’agriculture et l’alimentation pour pouvoir vendre des voitures allemandes. Ce qui nous inquiète c’est que les dirigeants de la FNSEA et le gouvernement rejettent une signature de l’accord « en l’état ». On considère qu’elle n’est pas acceptable tout court. Les potentielles clauses miroirs ou clauses de sauvegarde mises en avant sont complètement insuffisantes. Cet accord avec le Mercosur vient encore plus mettre à mal nos filières et tirer vers le bas toutes les normes françaises qui sont protectrices à la fois des citoyens et des paysans.

    Quel peut être son impact en Paca ?

    N.L. : Les principales filières concernées sont l’apiculture, la volaille et le bovin. On risque de voir arriver sur le territoire national des produits qui seront bien en dessous de nos coûts de production. On ne pourra pas rivaliser avec des salaires qui sont à moins d’un euro de l’heure dans les pays du Mercosur. Si l’impact n’est pas direct, il sera au moins indirect, notamment sur le prix des produits. Des patrons de la grande distribution disent qu’ils n’accepteront pas les produits venant de ces pays mais ça ne peut pas être un gage pour nous. L’arrivée de miel des pays du Mercosur viendra fragiliser la filière apicole en Paca. Les premiers menacés ce sont toujours les paysans et les paysannes, qui seront également impactés dans les pays du Mercosur ! Si d’un coup, il y a une porte ouverte pour de l’exportation, notamment de bovins, la déforestation risque d’augmenter dans ces pays-là. Cela viendra aussi saboter des fermes familiales et donc industrialiser une agriculture de l’autre côté du monde.

    Vous rencontrez le Premier ministre à midi, qu’allez-vous lui dire ?

    N.L. : La dermatose nodulaire s’est étendue mais ça fait quand même plus de six mois que le premier cas a été détecté en Savoie. On proposait une stratégie complètement différente, qui reposait sur une étude de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments). Celle-ci démontre qu’à partir du moment où une couverture vaccinale est atteinte, l’abattage partiel est tout aussi efficace pour enrayer la maladie. On demande une vaccination préventive depuis six mois. Là, on nous parle de commande de vaccins, mais à un moment où la maladie s’est déjà propagée. C’est bien trop tard… Malgré ça, on continue de demander une politique plus préventive en matière de crise sanitaire, parce que ce n’est ni la première ni la dernière qu’on risque de voir apparaître. Notre objectif, c’est la fin de l’abattage total pour la dermatose nodulaire contagieuse et une vaccination massive, on ne lâchera pas. La liberté vaccinale, c’est aussi le droit de pouvoir vacciner, pas seulement le droit de ne pas pouvoir le faire.

    La dermatose n’est pas l’unique problématique du monde agricole aujourd’hui, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. On voit bien à quel point les paysans et les paysannes sont parfois un peu méprisés. Notre responsabilité, c’est le soin de nos animaux, c’est le fait de fournir une alimentation de qualité. On est les premiers concernés pour mettre en place des mesures sur nos fermes qui vont dans le sens de la sécurité sanitaire.

    Les actions à venir Avignon.

    La FDSEA Vaucluse appelle à la mobilisation en tracteur au départ de Bonpas et du péage d’Avignon Nord 6h30 ce vendredi. Les deux cortèges devraient ensuite converger vers la préfecture.

    Aubagne. La Confédération paysanne 13 donne rendez-vous samedi à 13h devant le supermarché Auchan des Paluds pour manifester contre la gestion de la dermatose nodulaire.

    La FDSEA Vaucluse à Bruxelles

    Une délégation de la FDSEA Vaucluse a pris part aux manifestations contre le Mercosur ce jeudi à Bruxelles, aux côtés de milliers d’agriculteurs. « Le Vaucluse, du fait de ses productions végétales majoritaires, est concerné par l’ensemble des accords signés (Mercosur, accords franco-marocains, …) et par le mécanisme MACF qui a pour conséquence de doubler le prix des engrais dans un flou total des règles applicables », fait savoir le syndicat agricole dans un communiqué offensif.

  • A Marseille, Amine Kessaci ouvre le conseil municipal

    A Marseille, Amine Kessaci ouvre le conseil municipal

    Debout face à la barbarie. Toujours marqué, Amine Kessaci, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic, dont le petit frère Mehdi a été abattu par un commando le 13 novembre, suscitant une onde de choc dans la ville et tout le pays, se tient droit et digne sous les applaudissements, ce jeudi 18 décembre face à l’hémicycle, aux côtés du maire de Marseille.

    Le conseil municipal doit voter une subvention en faveur de l’association qu’il a fondée en 2020, « Conscience », pour venir en aide aux familles de victimes de narchomicides, après qu’il ait perdu son frère aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture (lire aussi ci-dessous). Les élus le feront à l’unanimité au terme de débats pas toujours reluisants.

    Si Mehdi Kessaci n’est « pas un chiffre mais un fils, un frère, un visage une voix », il se transforme volontiers en argument politique pour Martine Vassal (DVD). La présidente de la Métropole et du Département en profite pour défendre sa vision d’une République qui fasse avant tout « respecter l’ordre, la justice, la sécurité ». Sans vergogne, la candidate à la mairie remet sur la table sa proposition de brigade anticriminalité municipale.

    De quoi agacer la maire adjointe, Samia Ghali (DVG). « Il y a là une phrase que je considère comme un aveu prononcée par la présidente (…) : laisser faire c’est accepter » analyse-t-elle, avant de balancer : « En 2012, ceux qui ont laissé faire, c’est ceux qui ont accepté. » Elle s’indigne : « Arrêtez de jouer ! On laisse des enfants vivre avec la mort », quand elle compte « 350 victimes de narcotrafic en 10 ans à Marseille ».

    La palme de la victimisation en toutes circonstances revient sans conteste à Stéphane Ravier (ex-RN et ex-Reconquête). « J’ai 5 enfants, quoi qu’on en pense j’ai un cœur », ose-t-il. Selon lui, ce n’est pas le retrait des services publics des quartiers qui a laissé le champ libre au trafic de drogue mais l’inverse. « Je ne dis pas qu’à Frais Vallon c’est Saint-Tropez, mais il y a le métro, des commerces et pourtant… » lance-t-il.

    Sortir des « oppositions stériles »

    Une partie de la droite tient-elle, à parler avec ses tripes. Hayat Atia (DVD), émue, se pose en « sœur de combat, de douleur » d’Amine. Pour elle, « la sécurité, s’il en faut, ne réglera pas tout ». « Il faut leur proposer autre chose à ces jeunes » insiste-t-elle, pour qu’ils ne se fassent pas « happer » par le trafic au lieu de « pointer du doigt les parents », ce que « beaucoup font et ont trop fait au sein de cet hémicycle », s’indigne-t-elle. La lutte contre le narcotrafic doit être une « cause nationale » pour l’élue qui appelle à sortir des « oppositions stériles ».

    À l’occasion de son dernier conseil municipal avant de se retirer de la vie politique, Lionel Royer-Perreaut, ex-maire (Ren.) des 9-10, laisse son testament : « Nous avons collectivement le devoir de mener ce combat, je vous demande de la constance. » Trente ans après l’assassinat de la députée Yann Pyat tuée pour avoir défendu ses convictions estime celui qui fut son jeune attaché parlementaire, il fait la boucle avec celui de Mehdi, non sans amertume. « Tout ça pour ça », déplore-t-il, « j’ai vu tomber les quartiers les uns après les autres et en accompagnant la mère de Socayna, nous étions seuls alors ».

    En tribune, Amine Kessaci élève le niveau. Il évoque lui la dignité, la hauteur, seules « réponses politiques face à cette machine qui broie, qui tue » quand « des drames on en compte par centaines ». Le maire de Marseille revient sur le manque de services publics, de policiers, l’action vitale des associations de terrain. Benoît Payan (DVG) insiste sur la notion de République, fondée sur un « contrat social ». Vient une certitude : « La République ne peut pas accepter que ses enfants meurent sous les balles. C’est un combat pour la vie, et la vie n’est ni de droite ni de gauche. »

    « Marseille a été debout et doit continuer à l’être »
    C’est important de rendre la parole aujourd’hui, devant la représentation de la Ville de Marseille dont je suis si fier, parce qu’on s’est tenu debout, parce qu’on a dépassé les clivages politiques, parce que nous nous étions levés pour nous réunir là où mon frère Mehdi, 20 ans, est tombé parce qu’il n’était coupable que d’une seule chose : c’est d’être mon petit frère. Parce qu’il était coupable d’être le petit frère de quelqu’un qui a écrit une lettre à son frère aîné, Brahim, assassiné en décembre 2020, retrouvé calciné dans le coffre d’une voiture. Il était coupable d’avoir été le frère de quelqu’un qui a écrit une lettre d’amour à son frère aîné, pour expliquer que le narcotrafic tue, que la violence tue, que l’abandon des pouvoirs publics, le retrait des politiques sociales dans les quartiers, ont conduit à ces situations où le narcotrafic qui, fut un temps, était [constitué de] petits réseaux de quartier, est devenu [le fait de] cartels internationaux. On a beaucoup voulu comparer Marseille à Palerme, au Mexique ou je ne sais quoi, et à ça je dis stop. Stop parce que Marseille c’est Marseille, parce que la France c’est la France, parce que les situations que nous souhaitons décrire ailleurs sont présentes ici même sur le territoire national, ici même à Marseille et partout. Partout où on a attaqué la liberté d’expression. Car c’est de ça dont il s’agit. Depuis la parution de ce livre, Marseille essuie tes larmes, même si les menaces sont arrivées quelques semaines avant et que depuis je vis sous escorte policière. Aujourd’hui, le fait de vivre, de planifier, de porter quelque chose me fait d’autant plus culpabiliser. Mon petit frère Mehdi n’est plus. Je voulais juste faire passer un message, un seul : expliquer que partout il devra y avoir des liens entre l’action sécuritaire, le retour de la police de proximité, le retour de l’action concrète. Devant le Parlement européen il y a quelques jours, [j’ai expliqué] que la guerre que l’on veut mener contre la drogue est vaine parce qu’on se trompe d’ennemi. Lorsqu’on vient attaquer les jeunes au pied des immeubles, ce n’est pas ça qui va stopper ces trafics internationaux. C’est exiger des [actions] des pays comme l’Arabie saoudite, le Qatar, la Thaïlande où les têtes de réseaux vivent très bien de l’argent de la drogue et font couler le sang ici chez nous, des enfants se retrouvant assassinés chaque jour. Et puis sans l’action concrète, sans la rénovation des écoles, sans l’action des centres sociaux, le développement des transports en commun pour désenclaver les quartiers, de la formation pour apporter une alternative économique au réseau, on ne pourra jamais sortir ces enfants des quartiers. C’est pour ça que c’est important de mener toutes ces actions. Marseille a été debout, doit continuer à l’être face à la guerre de la drogue, à celles et ceux qui veulent faire régner la terreur dans nos rues. Nous sommes là, face à eux, pour dire que partout les Marseillaises et les Marseillais doivent avoir les mêmes chances et vivre en sécurité. »
    Amine Kessaci
  • [Quoi de neuf] « Bernard Lazare a défendu Alfred Dreyfus avant tous »

    [Quoi de neuf] « Bernard Lazare a défendu Alfred Dreyfus avant tous »

    Un événement historique se déroule à Nîmes, capitale du Gard, dimanche 14 décembre*. Un grand intellectuel, écrivain et journaliste, natif de la ville, va être réhabilité. Bernard Lazare (1865-1903), fut le premier à dénoncer, en 1896, l’injustice dont fut victime le capitaine Alfred Dreyfus, désormais élevé au grade de général. Son monument avait été détruit par le régime antisémite de Pétain en 1942. La pugnacité du collectif Histoire et Mémoire, qui a lancé une souscription citoyenne, et le soutien des collectivités permettent aujourd’hui de rendre justice à ce grand républicain et défenseur des droits humains que fut Bernard Lazare.

    Françoise Verna : Pourquoi est-ce important aujourd’hui de redonner toute sa place à Bernard Lazare dans l’espace public ?

    David Storper : Il y a un devoir de mémoire républicain à rétablir la vérité, reconstruire le monument et enfin réparer cette infamie faite au premier défenseur du capitaine devenu cette année général Dreyfus. Bernard Lazare est un homme de combat qui a permis à la République de ne pas fléchir à un moment où c’était difficile. Il faut savoir que la presse était hostile à Dreyfus et que Bernard Lazare a une indépendance d’esprit que je crois aussi propre aux personnes d’Occitanie, il y a de nombreuses figures comme ça, d’engagement. Reconstruire sa statue c’est remettre à sa place cet homme.

    Olivier Nottale : Une presse qui était à plus de 90% contre Dreyfus ?

    David Storper : 117 ans après l’inauguration du premier monument, Bernard Lazare c’est la figure d’une presse libre, indépendante de l’État, des partis et de l’argent et je crois qu’en 2025 cela résonne fortement dans l’actualité.

    Françoise Verna : La conception de la presse de Bernard Lazare c’est exactement ce que l’on va écrire dans le programme du Conseil national de la Résistance (CNR) en 1944. C’était un précurseur ?

    David Storper : Bernard Lazare s’est très tôt intéressé à ces questions, à l’antisémitisme et à son histoire. Il a essayé d’en chercher les causes. Tout au long de sa vie, c’est un critique littéraire, un journaliste et il a souvent eu à critiquer lui-même ses propres écrits antérieurs. Bernard Lazare a écrit la première brochure pour défendre Alfred Dreyfus en 1896 [L’affaire Dreyfus, une erreur judiciaire, deux ans avant le J’accuse d’Émile Zola paru dans L’Aurore début 1898, Ndlr]. C’est un pionnier et il l’a été sur de nombreux combats. Vous avez parlé du CNR il a été pionnier aussi sur ses valeurs qui font la France. Après, la IIIe République a largement mis en valeur Bernard Lazare puisque c’est une commande de l’État, du Sénat qui a commandé sa statue.

    Olivier Nottale : Depuis sa destruction sous le régime de Vichy, il s’est passé beaucoup de temps pour reconstruire ce monument. Comment l’expliquer ?

    David Storper : On a voulu aussi oublier. L’Histoire c’est jamais blanc ou noir, il y a aussi du gris. Ce qu’il y a de passionnant dans la reconstruction de la statue de Bernard Lazare c’est qu’il est fait à l’identique, dans les mêmes matériaux, avec une mobilisation citoyenne. On montre qu’en 2025, les citoyens peuvent prendre part à la République. Je tiens à préciser que c’est une mobilisation citoyenne locale, nationale et internationale. Cela montre que Bernard Lazare est une figure universelle.

    Françoise Verna : Dans la temporalité, il est le premier à dire que Dreyfus est victime d’une erreur judiciaire. Comment expliquer que Zola ou Jaurès ont pris plus la lumière ?

    David Storper : Bernard Lazare ne cherchait pas la visibilité. C’est quelqu’un qui pouvait être clivant, qui pouvait parler vrai et déplaire. Malgré tout, il travaillait pour des journaux qui ne partageaient pas ses idées comme Le Figaro. Il cherchait à défendre la vérité. Il était tellement un Ovni dans la planète France de l’époque qui ont pris la lumière. Ce qui est important sur la statue c’est une femme qui porte un flambeau, c’est une manière de propager la connaissance et un flambeau ça se voit de loin. Aujourd’hui où il y a tant d’obscurité, il ne faut pas se tromper de flambeau.

    Olivier Nottale : Est-ce que l’on peut se procurer facilement les écrits de Bernard Lazare ?

    David Storper : Je vous recommande d’aller sur le site de la BNF [Bibliothèque nationale de France] qui permet à des auteurs qui n’ont pas d’éditeurs qui republient leurs œuvres, d’obtenir des photocopies mises sous plis. Vous pouvez les commander chez votre libraire. C’est la meilleure façon de connaître Bernard Lazare : le lire.

    Françoise Verna : Vous travaillez aussi auprès des collégiens et lycéens ?

    David Storper : Notre volonté est de faire découvrir cette thématique de la disparition du monument. On a un circuit mémoriel dans la ville de Nîmes. Une classe a aussi reconstruit avec l’IA, un Bernard Lazare qui pose des questions sur l’esprit critique et les valeurs qui nous rassemblent.

    Dimanche 14 décembre à 12h, inauguration du monument Bernard Lazare, Jardins de la Fontaine, entrée Bosquet, Nîmes..

  • Une grande fête citoyenne pour inaugurer la ligne 5 de tramway

    Une grande fête citoyenne pour inaugurer la ligne 5 de tramway

    Pierre angulaire de la campagne des élections municipales de Michaël Delafosse en 2020, le chantier de la ligne 5 de tramway est sur le point de s’achever. Le 20 décembre, le nouveau tracé reliant Clapiers aux Grès de Montpellier sera inauguré, connectant l’ouest de la métropole au nord du territoire. Ainsi s’achève le dernier grand chantier du mandat du maire de la capitale héraultaise. « À quelque chose près, les travaux à Montpellier, c’est terminé. Il est temps d’en profiter, que les nouvelles habitudes se prennent et que le calme soit là », sourit le président de la Métropole.

    Une réalisation permise grâce au travail des 500 ouvriers mobilisés quotidiennement depuis le début du mandat. « Pendant cinq ans, des femmes et des hommes ont travaillé d’arrache-pied pour aujourd’hui proposer l’un des meilleurs réseaux de transport d’Europe. Je veux ici remercier toutes les équipes », soutient Renaud Calvat, président de la TAM et vice-président de la Métropole délégué aux finances. « Nous sommes la première ville de France en termes de kilomètres de rails par habitant. Nous venons de dépasser Strasbourg », se félicite Michaël Delafosse.

    Finish sur la Comédie

    Alors pour célébrer cette mise en service, une grande fête populaire est organisée avec plusieurs événements tout au long du parcours. « La ligne 5 dévoile des richesses sur tout le territoire, où nous avons beaucoup de plaisir à révéler les forces vives qui composent notre métropole », souligne Laurie Quersonnier, directrice artistique de Créature.s Créatrice.s, cheffe d’orchestre de cette journée. Deux balades sont ainsi organisées, une concernant l’ouest (Grès de Montpellier-Gambetta), l’autre le nord (Clapiers-Place Albert Ier), avant un finish sur la place de la Comédie. Rendez-vous est donc donné à l’arrêt Grès de Montpellier à 10h pour le départ du voyage inaugural de la nouvelle ligne. Elle rejoindra le Parc Clemenceau, où sera donné le coup d’envoi symbolique de cette journée de festivités (11h). Premier temps fort, la « grande dînette », moment festif prenant la forme d’une « disco-soupe » où tout le monde prépare un repas collectif à base de produits récupérés, le tout en musique (11h45, quartier Clemenceau).

    Au nord, une grande « vélorution » sera organisée par Mamasound, à 14h à Clapiers. Les deux balades convergeront en fin d’après-midi vers le centre avec notamment le spectacle ADN, de la Cie Transe express (20h30, Comédie), un opéra hip-hop joué à 40 mètres de haut. Avant de finir par des DJ set pour célébrer comme il se doit l’arrivée de cette nouvelle ligne.

    Quelques temps forts

    Inauguration en fanfare de la ligne au quartier Clemenceau (11h) ;

    la Grande dînette (disco soupe, 11h45 à Clemenceau) ;

    une vélorution (14h, à Clapiers) ;

    la parade des lucioles (18h30 sur la place des martyrs de la Résistance) ;

    l’appel du large (19h30 sur la Comédie) ;

    le spectacle ADN (20h30 sur la Comédie)

    .L.D.

    Programme complet à retrouver sur tram5-montpellier3m.fr.

    100 000

    Pas moins de 100 000 habitants de la métropole seront desservis par la nouvelle ligne.

    27

    stations seront mises en service pour un total de 16 kilomètres de rails.

    11 000

    Grâce au chantier, ce sont 11 000 emplois directs ou indirects qui ont été créés.

    12

    La fréquence de la ligne 5 sera progressive : un tram toutes les 12 minutes dès le 20 décembre, avant de descendre à 10 minutes en février pour atteindre 7 minutes en septembre.

    10

    parcs et jardins seront desservis.

  • Toulon : la police ouvre le feu et blesse grièvement la passagère d’un véhicule après un refus d’obtempérer

    Toulon : la police ouvre le feu et blesse grièvement la passagère d’un véhicule après un refus d’obtempérer

    Il est 19h30, ce mercredi soir, lorsque des coups de feu se font entendre dans le quartier du Pont du Las, à Toulon, près de l’église Saint-Joseph. Une voiture blanche de type berline vient d’être ciblée par des agents de la police nationale après avoir renversé un policier stagiaire suite à un refus d’obtempérer.

    Le chauffard tentait d’échapper à un contrôle consécutif à une infraction routière, tel qu’on peut le voir sur une vidéo qui circule sur internet.

    Malgré les tirs, il parvient à prendre la fuite. Le véhicule est retrouvé à l’abandon, 500 mètres plus loin, avec à son bord la passagère, grièvement blessée par balle, notamment au niveau de la nuque, tel que le rapporte le procureur de la République de Toulon. Particularité : celle-ci se trouvait à gauche, puisque la voiture était de type anglo-saxon, ce qui pourrait avoir eu une incidence sur la destination des tirs.

    Elle est rapidement transportée en urgence absolue en direction de l’hôpital Sainte-Anne, où elle a subi une intervention chirurgicale pendant la nuit.

    Le conducteur rapidement interpellé, le parquet et l’IGPN ouvrent deux enquêtes.

    Le conducteur du véhicule, en état d’ébriété avancé, est interpellé quelques minutes plus tard, près du domicile de la victime. Il est placé en garde à vue pour « refus d’obtempérer aggravé, non assistance à personne en péril, vol de véhicule (qui appartenait à un membre de sa famille) et tentative d’homicide sur un policier ».

    Le Parquet de Toulon a ouvert une enquête confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) du Var. Comme le prévoit la procédure, les deux policiers ayant fait usage de leurs armes ont également été placés en garde à vue. Ils s’y trouvaient encore ce jeudi matin. Une seconde enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été ouverte pour « violence avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique ».

    Le policier renversé, légèrement blessé mais choqué, a été pris en charge par les secours.

  • Prison, amende et inéligibilité requises contre Yann Bompard

    Prison, amende et inéligibilité requises contre Yann Bompard

    Pour rappel : La députée RN du Vaucluse Marie-France Lorho maintient que Yann Bompard, maire Ligue du Sud d’Orange depuis 2021, a bien travaillé comme assistant parlementaire jusqu’en 2023.

    Dans une écoute accablante, Marie-France Lorho demande à un collaborateur de mentir aux enquêteurs.

    Relire notre article du 18 décembre.

  • La Préfecture veut améliorer la gestion des intempéries

    La Préfecture veut améliorer la gestion des intempéries

    En 2025, le Var n’a pas été épargné par les intempéries. Au total, on recense, au 17 décembre, 61 dispositifs de vigilance jaune pluie-inondation et/ou orages, et 7 de vigilance orange. Un décompte qui s’accentue au rythme du changement climatique, au même titre que l’intensité des événements, « parfois anticipés avec très peu de préavis au vu de l’état de l’art de la météorologie », argumente la Préfecture.

    Car elle en a conscience : les services de l’État n’ont pas été exempts de critiques, notamment concernant la prévention. En premier lieu, pour la gestion de l’épisode pluvieux du 21 septembre, et le maintien du match de rugby entre Toulon et La Rochelle, en dépit de la vigilance orange, ce qui avait mis potentiellement en danger les milliers de spectateurs venus y assister. Dans le même temps, la Préfecture des Bouches-du-Rhône annulait par précaution celui qui devait opposer l’OM au PSG, en Ligue 1 de football. « Les prévisions décrivaient le phénomène comme moins intense que dans les Bouches-du-Rhône et peu stationnaire. Pourtant, des records ont été enregistrés, notamment au Castellet (86,8 mm en une heure) et à Toulon (89,5 mm en une heure) », se justifie la Préfecture du Var, qui indique que « les travaux et les pompages ont été très rapidement engagés », et que 30 communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle.

    La concertation pour apporter des réponses

    Également mentionnés, les deux épisodes des 17 et 22 octobre, qui ont touché Saint-Tropez et Toulon, et qui, « en l’absence de vigilance météo, n’avaient pas pu être signalés à la population ». Afin « d’améliorer la caractérisation des phénomènes (pluviométrie/heure, stationnarité, temporalité) nécessaire à une alerte adaptée et à une prise de décision éclairée », la préfecture a mené des réunions avec les services de l’État (dont Météo-France), les communes, et les représentants du RCT et de la Ligue Nationale de Rugby.

    Ainsi, Météo France veillera désormais à préciser l’intensité des précipitations (notamment en distinguant les cumuls par heure des cumuls globaux) et à signaler les phénomènes stationnaires. Un plan de crise est prévu pour gérer les afflux du stade Mayol, tout comme des exercices impliquant les services de l’État concernés, les forces de l’ordre et les services de sécurité privée. Enfin, « des axes d’amélioration concrets sont d’ores-et-déjà appliqués » concernant les dispositifs d’alerte face à des phénomènes soudains et localisés, comme ceux d’octobre, qui ont mis en lumière les vulnérabilités du territoire en la matière. La question de la bétonisation, notamment mise en cause par certains acteurs dans l’épisode de mai qui avait coûté la vie à deux personnes au Lavandou, n’a en revanche pas été abordée.