Category: societe

  • Bouches-du-Rhône : trois plans de massif à revoir pour mieux prévenir les feux

    Bouches-du-Rhône : trois plans de massif à revoir pour mieux prévenir les feux

    La Métropole Aix-Marseille-Provence programme des études d’actualisation de trois nouveaux plans de protection de la forêt contre les incendies. Ces Plans de Massif pour la Protection des forêts contre l’incendie (PMPFCI) sont la déclinaison opérationnelle d’une stratégie globale définie par le plan départemental de Protection des forêts Contre l’incendie (PDPFCI) pour la décennie 2023-2032.

    Avec 24 massifs forestiers, les Bouches-du-Rhône sont l’un des départements français soumis au plus fort risque d’incendie de forêt sur la région méditerranéenne. Le département compte 185 000 ha de surfaces boisées, soit près de 30% de son territoire. Le mois de juillet 2025 a été particulièrement dévastateur avec le grand incendie des Pennes-Mirabeau qui a ravagé 750 ha et détruit ou endommagé 90 maisons, ou les incendies de Martigues des 17 et 20 juillet qui ont parcouru 240 ha de zones boisées. Les risques ne cessent de croître. On dénombre 250 départs de feux par an pour une surface brûlée de 1 900 ha par an, environ, dans le département. Près de 90% des départs de feu ont une origine humaine, accidentelle ou criminelle. En 2022, 477 feux avaient détruit 1 830 ha.

    Les études programmées par la Métropole porteront sur trois massifs implantés au nord, nord-est et nord-ouest d’Aix-en-Provence : d’abord le plus vaste avec 50 000 ha, le massif du Concors Sainte-Victoire labellisé Grand site de France. Sa dernière étude réalisée par l’Office National des Forêts (ONF) remonte à 2014. Cet ensemble paysager s’étend sur 17 communes et bénéficie d’une inscription Natura 2000 pour ses espèces et son habitat exceptionnels. Le grand incendie de la Sainte-Victoire d’août 1989, qui avait ravagé 5 000 ha, avait suscité une émotion nationale et marqué une prise de conscience sur la nécessité de refonder et de renforcer les moyens de prévention.

    Le massif des Quatre Termes, compris entre les communes de Lambesc, Pélissanne, Coudoux, Éguilles et Saint-Cannat, fait l’objet d’un plan à partir d’études de l’ONF en 2012. C’est l’un des massifs sensibles statistiquement le moins touché par les départs de feu.

    Le plan de massif des Collines de Lançon lié au précédent a été étudié en 2018. Très exposé au mistral, il présente un risque élevé, d’où son compartimentage et son fort maillage en pistes DFCI.

    Prévenir les mégafeux

    Pour ces trois massifs, il s’agit de dresser l’historique des feux et une cartographie sur les trente dernières années, avec l’analyse des départs de feu et les retours d’expérience sur les incendies marquants, l’état de ses ouvrages DFCI (pistes, citernes, vigies) ou encore l’examen des couloirs potentiels de propagation. Un état du milieu naturel comprenant la cartographie des obligations légales de débroussaillement et un inventaire de tous les équipements et travaux de DFCI sont requis.

    Cette actualisation doit permettre d’intégrer l’évolution du risque incendie dans les dix prochaines années au regard du changement climatique et de l’apparition des mégafeux supérieure à 1 000 ha qui ont un impact profond et durable sur les zones urbaines et économiques.

    Les orientations stratégiques devront déboucher sur un programme d’actions DFCI qui fera l’objet d’une concertation la plus large possible avec les acteurs locaux et départementaux : DDTM, conseil départemental, ONF, communes, Métropole, propriétaires forestiers, CCFF, sociétés de chasse, associations locales environnementales et autres usagers de la forêt.

  • Un million de visiteurs pour le Noël phocéen

    Un million de visiteurs pour le Noël phocéen

    Ce lundi matin, les chalets installés sur la Canebière ne se sont pas rouverts. Après plus d’un mois d’ouverture, réunissant un marché de Noël, une foire aux santons, une patinoire et une descente de luge, le Noël marseillais, organisé par la Ville, prend congé. Des animations qui ont attiré un million de visiteurs, selon la municipalité. Pour les commerçants, le bilan est mitigé : si les santonniers ont vu affluer les visiteurs, le marché, lui, a semble-t-il connu un peu moins de monde, malgré une saison tout de même correcte.

    « Depuis le Covid-19, on travaille pas mal, explique Jérôme Truffier-Douzou, qui vend ses santons à la foire depuis 15 ans. Il y a de plus en plus de jeunes qui veulent créer leur crèche. De jeunes couples, dans la trentaine, qui viennent avec leurs enfants. C’est assez nouveau ça. » Les artisans peuvent aussi compter sur les habitués qui reviennent chaque année, à Marseille, pour l’une des plus vieilles foires aux santons. Cependant, le santonnier remarque que, cette année, les dépenses des clients sont un peu plus timides. « On a vendu très peu de grosses pièces. On a travaillé autant que les autres années, mais pour des tickets de caisse plus petits. »

    Même constat du côté des commerçants du marché de Noël. Pour Andora, vendeuse de thé, « les clients ont moins acheté, en tout cas en plus petite quantité que les années précédentes ». Et ce, malgré un million de visiteurs pour la foire aux santons, le marché de Noël et le village des enfants réunis, selon les chiffres de la mairie. Une fréquentation qui serait légèrement en hausse d’après la municipalité. Pour les commerçants, le ressenti serait plutôt celui d’une fréquentation en légère baisse. Selon Mathias, qui tient un stand de vin chaud et bretzels depuis trois ans, « il y a un peu moins de monde que les années passées, mais ça reste une très bonne saison. Le pic de fréquentation, c’était du 10 au 25 décembre, où il y avait vraiment beaucoup de monde ». Une impression partagée par d’autres exposants.

    Une bonne vitrine

    Malgré cette baisse ressentie, le marché de Noël reste pour certains commerçants une belle occasion de se faire connaître. C’est le cas d’Elsa Blanchard, qui expose avec son association Ravage pour la première fois. Sur son stand : illustrations, photos ou vêtements upcyclés réalisés dans leur atelier situé près de la Plaine. « Pour nous, c’est une réussite, car il y a beaucoup de passage sur le marché, des Marseillais comme des touristes. Cela nous a permis d’augmenter nos ventes, mais surtout de nous faire connaître des Marseillais », sourit-elle.

    La patinoire et la descente de luge, situées à proximité de l’ombrière du Vieux-Port entre le marché et la foire, ont accueilli cette année plus de 48 000 visiteurs. Enfants et adultes ont pu profiter de sensations de glisse gratuites jusqu’à ce dimanche. Une animation qui se tient depuis maintenant trois ans. Les animations organisées ont donc su attirer Marseillais et touristes, mais le froid et le pouvoir d’achat ont peut-être rendu ces derniers un peu plus frileux côté dépenses.

  • Jugé pour viols aggravés après avoir drogué ses proies

    Jugé pour viols aggravés après avoir drogué ses proies

    Un procès hors-norme s’ouvre ce lundi et pour trois semaines devant la cour criminelle départementale des Bouches-du-Rhône. Celui de Cyril Zattara, un homme de 47 ans accusé d’avoir violé sous soumission chimique 14 femmes en se faisant souvent passer auprès d’elles pour un hypnothérapeute. Il répond aussi de l’enregistrement des agressions sexuelles de 19 victimes commis de juillet 2010 à mars 2021, date de son placement en détention provisoire. Par la soumission chimique exercée suivant un mode opératoire habituel, ce dossier fait écho à la retentissante affaire des viols sous soumission chimique subis par Gisèle Pélicot, à Mazan, et qui a valu à 51 violeurs dont son ex-mari d’être condamnés.

    Pour Cyril Zattara, professeur de danse, la procédure débute le 14 juin 2019 quand une jeune femme de 24 ans se présente au commissariat d’Aix-en-Provence et dénonce un viol sous administration d’une substance contre celui qui s’était présenté comme hypnothérapeute. Elle l’avait rencontré en 2018 lors d’une soirée, l’avait revu et avait demandé une séance d’hypnose. Angoissée de conduire depuis un accident, la jeune femme lui a demandé cette séance. Elle se souvenait avoir bu un verre de vin qu’il lui avait servi, avoir été prise de bouffées de chaleur et s’être réveillé dans le brouillard. Elle se rappelait que Cyril Zattara lui avait fait un massage crânien, qu’elle avait vomi dans une bassine bleue. L’ADN de l’accusé était retrouvé sur ses ongles et sa culotte. Une seconde plainte survient en septembre 2020. L’homme était enfin interpellé le 24 mars 2021.

    Il était déjà connu de la police pour harcèlement sexuel et des agressions sexuelles sur majeur en 2003 à Gréasque, empoisonnement à Carry-le-Rouet. La plainte pour viol de sa cousine, en 2001, avait été classée sans suite. « Il a détruit ma vie et si on m’avait cru il n’aurait pas détruit celle d’autres filles », dira-t-elle, choquée que son cas et celui de plusieurs autres femmes soient prescrits.

    « Un dossier d’une violence inouïe »

    L’expertise psychiatrique décrit un accusé à la « personnalité plutôt manipulatrice, de nature probablement perverse et une tendance également à se positionner comme une victime ». Il n’avait en réalité aucun diplôme d’hypnothérapeute pour pratiquer l’hypnose sur des personnes rencontrant de préférence des difficultés personnelles dans le cadre de phobies, de douleurs chroniques, de légère dépression.

    L’accusé a reconnu les avoir droguées, notamment avec du LSD, mais surtout du Zolpidem, un somnifère puissant délivré en sollicitant différents médecins, dont une qui le décrit toujours comme « la personne la plus empathique du monde ». Il profitait des 3 à 10 heures de somnolence pour abuser d’elles, souvent dans la villa de ses parents où il vivait à Aix. Le matériel informatique saisi a révélé qu’il filmait certaines de ses victimes à leur insu avec une caméra de vidéosurveillance placée dans la salle de bain. Une victime dira s’être réveillée vaseuse, nue dans le canapé avec l’accusé, nu également. L’ordonnance de mise en accusation la cite : « Je trouvais aberrant d’avoir pu consentir à coucher avec lui alors que je ne suis pas du tout attirée par lui physiquement et que je suis heureuse en couple. J’étais rongée par la culpabilité ».

    « C’est un dossier d’une violence inouïe », a déclaré Me Marylou Diamantara, qui défend cinq des 19 victimes et qui regarde l’accusé comme « un criminel en série qui, pendant vingt ans, a eu le même mécanisme » et « a gardé des preuves et des trophées de ses crimes ». Elle ajoutait : « Ce n’est pas le violeur que l’on rencontre à la sortie d’une boîte de nuit. Il y a tout un mécanisme préparatoire. Il va se faire prescrire des ordonnances, va obtenir les médicaments, va les avoir avec lui. Et à un moment donné, il a toutes ses proies autour de lui, toutes ses amies dont il prend soin et dont il est confident ».

  • L’A69 entre Castres et Toulouse validée

    L’A69 entre Castres et Toulouse validée

    La cour administrative d’appel de Toulouse a autorisé mardi 30 octobre la poursuite du chantier contesté de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, en rétablissant son autorisation environnementale qui avait été annulée en première instance.

    Conformément aux recommandations du rapporteur public, les magistrats d’appel ont estimé que « le projet de liaison autoroutière doit être regardé comme répondant à une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM) ». Selon la cour, c’est donc « à tort » que le tribunal administratif de Toulouse avait, le 27 février, annulé l’autorisation environnementale de ce projet, conduisant à stopper temporairement les travaux de ces 53km de voie rapide. Le tribunal avait alors estimé que les lourdes atteintes à l’environnement n’étaient justifiées par aucune RIIPM.

    Mais, à l’inverse, la cour juge qu’il n’est pas « nécessaire de justifier d’une situation critique ou de tension particulière quant à l’enclavement ou au décrochage démographique et économique du bassin de vie de Castres-Mazamet » pour autoriser le projet. L’autoroute « permettra de relier dans des meilleures conditions le bassin de vie de Castres Mazamet, qui compte plus de 130 000 habitants, à la métropole de Toulouse », explique la cour. Les opposants ont annoncé saisir le conseil d’État. Sur le volet pénal, le 12 janvier, une juge du tribunal de Toulouse, saisie en urgence, doit statuer sur des dépassements non autorisés du chantier, en « violation manifeste de l’ordre public environnemental », selon le parquet de Toulouse. Face à cette expansion illégale de l’emprise des travaux, les préfets de Haute-Garonne et du Tarn ont d’ores et déjà pris des arrêtés pour faire interdire la poursuite des travaux qui s’y déroulent.

  • « La protection des milieux profite d’espèces qui suscitent l’empathie »

    « La protection des milieux profite d’espèces qui suscitent l’empathie »

    Michel Raymond : Cela permet de voir comment se met en place ce que nous avons observé chez l’adulte. D’autant plus qu’il n’y avait pas un âge fixe chez les enfants : nos participants avaient entre 5 et 12 ans. Nous voyons ainsi comment se construit la réponse empathique envers d’autres espèces avec l’âge, avec une accentuation de l’empathie envers celles phylogénétiquement proches de nous.

    Quels enseignements en tirer ?

    M.R. : C’est intéressant pour la préservation des espèces et la sensibilisation à la vie sauvage. Les espèces ne sont pas égales quant à l’empathie que nous éprouvons envers elles, et donc notre envie de les protéger. Le public sera plus touché par une espèce proche, qui nous ressemble, que par une espèce avec qui nous partageons très peu, voire qui a un aspect repoussant.

    Pourtant, d’un point de vue scientifique, il n’y a pas de raison d’en protéger l’une plus que l’autre…

    M.R. : Effectivement, souvent, ce n’est pas une espèce qu’il faut protéger mais un milieu ou un écosystème. En le protégeant, nous protégeons toute une série d’espèces. Et la protection d’un milieu profite des espèces qui suscitent l’empathie : il faut parfois mettre en avant celle, emblématique, qui en suscite le plus. Tout cela est à prendre en compte pour développer des politiques de conservation

  • [Recette] Le carpaccio de Saint-Jacques et truffes melanosporum

    [Recette] Le carpaccio de Saint-Jacques et truffes melanosporum

    Il vous faudra :

    – Cinq noix de Saint-Jacques par personne

    – Une ou deux truffes noires

    – Un quartier de citron jaune

    – Une échalote

    – Du vinaigre de framboise

    – Un bouquet de ciboulette frais

    – Du piment d’Espelette en poudre

    – De l’huile d‘olive truffée

    Des saveurs raffinées

    Pour commencer la recette et si possible 24 heures à l’avance, réalisez une brunoise avec l’échalote et déposez-la dans le vinaigre de framboise pour lui laisser le temps d’infuser et de prendre toutes les saveurs du vinaigre. Réservez.

    Le jour J, ôtez le corail des noix de Saint-Jacques et coupez-les en fines lamelles dans le sens de la longueur. Il est préférable pour plus de facilité d’avoir un couteau bien aiguisé. Le chef vous conseille également, si vous en avez la possibilité de prendre des noix assez grosses pour une coupe plus fluide.

    Faites de fines tranches de quelques millimètres et réservez. Vous pouvez ensuite trancher la truffe à la mandoline pour avoir de fines lamelles. Attention des tranches de truffe trop fines prendraient trop le pas sur la saveur de la coquille dont la chaire est très délicate.

    Une fois que vous avez émincé la totalité de la truffe il vous restera ce que l’on appelle un coude. N’hésitez pas à le plonger dans de l’huile d’olive pour que celle-ci prenne une saveur truffée et ainsi assaisonner le carpaccio.

    Une rosace délicate

    Dans une assiette, alternez une tranche de noix avec une de truffe et ainsi de suite pour former une rosace jusqu’au centre de l’assiette. Une fois que vous avez rempli la totalité, l’astuce du chef pour déposer la dernière tranche de truffe c’est de soulever votre ultime lamelle de Saint-Jacques et d’intercaler les deux pour avoir un rendu harmonieux sur l’ensemble de l’assiette.

    Assaisonnez le tout avec votre mélange au vinaigre de framboise et échalote, Parsemez un peu de jus de citron jaune. ces deux éléments vont permettre de cuire légèrement notre poisson puis un petit filet d’huile d’olive aromatisée, de la fleur de sel de Camargue, le piment d’Espelette et enfin la ciboulette coupée finement pour la fraîcheur. Vous n’avez plus qu’à déguster. Bon appétit !

  • [Science] Les enfants ont plus d’empathie envers les espèces qui nous sont proches

    [Science] Les enfants ont plus d’empathie envers les espèces qui nous sont proches

    Cela rejoint ce qu’il avait déjà observé dans deux précédentes études réalisées avec ses collègues Aurélien Miralles (Muséum national d’histoire naturelle) et Marine Grandgeorge (Université de Rennes) : l’une chez des adultes de la population générale et l’autre chez des adultes diagnostiqués avec un trouble du spectre autistique (TSA). « Une hypothèse veut que plus une espèce est proche de nous, plus nous partageons de similarités avec elle », explique Michel Raymond. Qu’elles soient morphologiques ou comportementales. « Or, plus une espèce nous ressemble, plus cela active facilement les modules de notre cerveau qui nous font reconnaître un humain et déclenchent l’empathie », poursuit le chercheur.

    Construction avec l’âge

    Toutefois, si la tendance est la même chez les adultes et les enfants, il existe quelques différences : quand l’espèce est très éloignée de nous, les enfants éprouvent généralement plus d’empathie envers elle que les adultes. À l’inverse, quand l’espèce est très proche de nous, les adultes éprouvent plus d’empathie envers elle que les enfants. « Cela laisse penser qu’il y a une construction d’un module empathique envers l’humain qui se forge au fil des expériences vécues », indique Michel Raymond. Avec l’âge, l’humain renforce son empathie envers sa propre espèce – et celles qui lui ressemblent.

    Enfin, la comparaison des courbes d’empathie en fonction de la distance phylogénétique chez les enfants et les adultes ayant un TSA est surprenante. « C’est un des résultats les plus frappants », notent les chercheurs. Les deux courbes sont presque identiques, sauf pour l’empathie envers les humains – la faible empathie envers sa propre espèce étant un symptôme du TSA. Dans l’expérience publiée en 2022, les adultes ayant un TSA éprouvaient autant d’empathie envers l’humain qu’envers des espèces de vertébrés à sang froid. Difficile d’expliquer cette similarité des courbes pour l’instant. Il serait intéressant d’établir celle de l’empathie envers d’autres espèces chez des enfants diagnostiqués avec un TSA, et son évolution. « C’est une suite évidente de notre étude », conclut Michel Raymond.

  • La Bastide Marin de La Ciotat restaure sa beauté intérieure

    La Bastide Marin de La Ciotat restaure sa beauté intérieure

    Maintenant, la bastide est close et couverte. Elle a rajeuni de deux cents ans », rappelle Mireille Benedetti. Même si, en ce début d’année, « des finitions restent à faire, essentiellement sur les façades », précise-t-elle, la bastide hospitalière, située 1943, avenue Guillaume-Dulac est, depuis l’important chantier à 500 000 euros sur les façades et menuiseries mené de décembre 2024 à octobre dernier, « hors d’eau » comme on dit dans le jargon du bâtiment. « Maintenant, on va lancer les appels d’offres pour la suite de la restauration d’intérieur, notamment les gypseries et les sols », annonce la présidente de l’association « La Ciotat il était une fois », qui s’est lancée dans cette « aventure extraordinaire » de sauver la bastide de la ruine, il y a vingt-deux ans. Son association a signé avec la Ville, propriétaire des lieux depuis 1992, une convention d’occupation.

    Décors de gypserie

    Tous les sondages des sols, carreaux au rez-de-chaussée, plâtre à l’étage, ont déjà été réalisés « pour savoir quelle restauration doit être entreprise », indique Mireille Benedetti. De même « qu’une étude de diagnostic de toutes les gypseries ». Issu de pierre à plâtre, le gypse doit être broyé mécaniquement, puis chauffé de 120 à 400 degrés Celsius. Il est ensuite réduit en poudre fine dans un moulin. La gypserie consiste à exécuter un revêtement décoratif architectural, mouluré, moulé, souvent ciselé. À la Bastide Marin, on peut admirer des médaillons, des statues ou encore des croix en gypserie. Mais l’élément le plus remarquable, souligne Mireille Benedetti, est « l’escalier à double révolution, en gypse ». Ce type d’ouvrage permet à deux personnes de monter ou descendre sans jamais se croiser, chacune empruntant une volée différente.

    Le chantier est estimé à 400 000 euros. L’association a prévu d’attribuer 120 000 euros, issus du Loto du patrimoine de Stéphane Bern, à cette restauration, et a relancé une souscription. « On attend toujours la subvention de 62 000 euros promise par le Département des Bouches-du-Rhône », observe la présidente de l’association.

  • La Ville poursuit la restauration des sites emblématiques de Cezanne

    La Ville poursuit la restauration des sites emblématiques de Cezanne

    L’héritage de Paul Cezanne se lit autant dans les musées que dans les lieux où il a vécu et travaillé. Depuis 2019, la bastide du Jas-de-Bouffan fait l’objet d’une campagne de restauration de grande ampleur conduite par la mairie d’Aix-en-Provence. Après une réouverture au public pendant l’été, le site a de nouveau fermé ses portes, le 2 novembre dernier, afin de permettre la poursuite du chantier.

    Ancien domaine agricole, la bastide du Jas-de-Bouffan est rachetée en 1859 par le père de Paul Cezanne. L’artiste y vit pendant près de quarante ans et ce lieu devient un véritable laboratoire de création. Elle est par la suite transmise à la Ville en 1994, avant d’être classée au titre des Monument historique en mars 2001.

    Un paysage retrouvé

    La Ville, avec la maîtrise d’œuvre d’Archigem, indiquent que les travaux concernent l’ensemble de l’édifice et son jardin : la bastide, le parc et l’orangerie. Une première phase avait déjà permis la rénovation partielle de la bastide, ainsi que l’installation d’un espace de restauration. Le chantier en cours vise à achever et à affiner ces interventions, ainsi qu’à créer un espace muséographique centré autour de la production de Paul Cezanne et de sa vie à la bastide.

    Parallèlement, l’atelier des Lauves et ses jardins font également l’objet d’un projet paysager tout aussi exigeant, note la municipalité. Situé sur un adret de colline, le site présente une topographie marquée par les restanques, témoignant d’un passé agricole aujourd’hui partiellement effacé. L’enjeu consiste à redonner lisibilité à ce paysage façonné, source d’inspiration pour le peintre lors des dernières années de sa vie.

    La requalification du jardin vise à retrouver un équilibre entre nature spontanée et composition historique. La création d’une oliveraie sur prairie, la définition de cheminements protégés et la reconstitution des bosquets qui ont souffert de la surfréquentation du parc participent à cette mise en récit du site cezannien.

    Ces lieux restaurés offrent une immersion renouvelée dans l’intimité du peintre Paul Cezanne. Une démarche patrimoniale essentielle qui redonne toute sa place à ses lieux importants de l’histoire de l’art.