Category: societe

  • 13 novembre : dix ans après, l’Occitanie se souvient

    13 novembre : dix ans après, l’Occitanie se souvient

    Dix ans se sont écoulés, mais l’émotion demeure intacte. Ce jeudi 13 novembre, à midi, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant l’Hôtel de Ville de Nîmes pour honorer la mémoire des victimes des attentats de Paris et Saint-Denis. Autour du maire Jean-Paul Fournier, des élus et du préfet, une minute de silence a d’abord été observée, « un silence où se mêlent la peine et l’espérance », a-t-il déclaré, rappelant la gravité de ces attentats qui ont « fait vaciller tout un pays », marqué une génération entière et transformé durablement l’approche nationale face au terrorisme. S’en est suivi l’hymne national, en mémoire des 132 morts et des centaines de blessés.

    Le maire a insisté sur la nécessité de transmettre cette mémoire collective : « Dix ans ont passé, mais la France n’oublie pas. Elle se recueille et elle tient debout. Et ici comme ailleurs, nous faisons vivre ce qui a été attaqué : la liberté, la fraternité, la laïcité. » Le préfet Jérôme Bonet, présent à ses côtés, a salué l’engagement des forces de secours mobilisées en 2015 et la responsabilité de chacun dans la défense des valeurs républicaines.

    Se souvenir ensemble

    À Montpellier, un hommage s’est tenu à 14h30 au Monument aux morts, sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle. Élus, habitants et représentants des institutions y ont participé, dans la continuité des commémorations organisées dans tout le pays. Là aussi, la sobriété et le recueillement ont dominé. Le maire Michaël Delafosse a rappelé que « le 13 novembre 2015, le fanatisme islamiste arrache les vies humaines au Bataclan, sur les terrasses ». Pour lui, l’hommage est aussi un engagement : « Notre pays affronte l’épreuve, en se tenant debout pour protéger nos valeurs de liberté et de fraternité. Les victimes sont indéfectiblement dans nos mémoires. Elles nous obligent, Montpellier se souvient. »

    À Nîmes et à Montpellier comme partout dans l’Hexagone, l’émotion était la même : une douleur encore sensible, mais aussi la nécessité de rester vigilant face à la menace et la volonté de rester unis. Dix ans après le 13 novembre, la région a réaffirmé une certitude : la mémoire continue de rassembler.

  • Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Sapins et guirlandes de Noël sont déjà de sortie devant les Galeries Lafayette du centre commercial Cap Sud d’Avignon en ce jeudi 13 novembre, mais pas de foules à l’image de celles vues le 16 octobre dernier pour la première journée de liquidation des Galeries du centre Bourse, à Marseille.

    Dans les allées, sous un éclairage aux lumières blanches et entre les produits de marques plus ou moins connues des férus de mode, une douzaine de clients flânent en regardant parfois un produit qui attire l’œil. Parmi eux, des habitués comme Marcelle et Anita, retraitées avignonnaises du groupe Monoprix, pour qui ce « serait dommage » de voir disparaître « ce genre d’endroit symbolique qui porte un peu de chic dans la ville ». Tout en regrettant « des prix qui ont rendu inaccessibles ces produits à la plupart des gens ». « Franchement, une fermeture ne me ferait absolument rien », rit, après avoir fait les gros yeux devant les étiquettes de prix d’une veste, Nathalie. Venue avec son fils Tom, 17 ans, car ils passaient dans le coin, « c’est la première fois en 15 ans que je viens ». « Il y a presque trop de choses. À l’heure des plateformes de seconde main, je ne comprends pas ce type de magasin. Même si je conçois que ça manquera aux personnes qui ont l’habitude de s’habiller ici », abonde Tom, sac d’une enseigne de prêt-à-porter à bas prix en main.

    « Il n’y a pas de craintes de fermeture », assure Olivier Bernardi, directeur du site. Et ce, car le magasin a été affilié en 2021 par le groupe Retail Avignon, qui est aussi propriétaire des Galeries Lafayette de Béziers et Nîmes. « Les finances sont totalement dissociées. Et tout se passe bien à Avignon. En 2025, nous avons fait entrer plusieurs nouvelles marques, par exemple, et en 2024, on était en progression de 5 points », détaille le responsable.

    Un rachat qui a réorganisé le fonctionnement du magasin et chamboulé certains employés comme Jérôme*, plus de trente ans d’ancienneté et en arrêt maladie depuis plus d’un an. « Suite au rachat, la charge de travail a augmenté et on nous a supprimé nos primes alors qu’on a un salaire minable. Je ne reconnais plus mon magasin. Après tant d’années de joie, je ne peux plus approcher du centre commercial sans ressentir de l’angoisse », soupire-t-il.

    *Prénom modifié à sa demande

  • Du côté du golf d’Avignon, le parcours en voie de modification

    Du côté du golf d’Avignon, le parcours en voie de modification

    Arrivé à la tête du golf d’Avignon Châteaublanc en juillet dernier, Julien Rueda ne pensait pas à devoir gérer si vite le dossier de la mise aux normes de l’aéroport, véritable serpent de mer de son voisin de parcelles. « On m’a dit, t’inquiète pas, de toutes façons c’est un projet qui est dans les tuyaux depuis 25 ans, ça sort pas, et puis finalement ça s’est accéléré et bousculé », parvient à en sourire le directeur. « L’emprise du golf mordait sur une partie des terrains de la Région », détaille Guillaume Desmarets, directeur de l’aéroport. Un emplacement que le golf utilisait pour son trou numéro 6, désormais inaccessible.

    Entre golf et aéroport, au-delà de la proximité géographique, il y a des liens entre propriétaires : le golf est installé sur un domaine appartenant à la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84), elle-même actuelle gestionnaire de l’aéroport. «On a une délégation de service public jusqu’en décembre 2030 », précise Julien Rueda, stipulant qu’à cause des travaux, un allongement de la concession « est en discussions ».

    En attendant, le golf, qui reste ouvert, a du parer au plus pressé. « On a été obligés de prendre une décision rapide pour pouvoir continuer à proposer à nos membres [750 licenciés] un parcours provisoire de 18 trous et accueillir des compétitions », fait valoir le directeur du golf. Concrètement, un nouveau trou a été aménagé autour du trou numéro 1, qui passe d’un par 5 en un par 4.

    En parallèle, un projet est en cours de finalisation pour que « dès janvier, on commence les travaux pour construire un nouveau trou en remplacement du trou n°6, sur un secteur derrière les trous n°7 et 8 », détaille Julien Rueda. Notons que la direction développe une politique de golf pour tous « pour casser les clichés ». Plusieurs initiations gratuites de deux heures sont proposées chaque week-end.

  • La protection de l’enfance exige des moyens à la hauteur des enjeux

    La protection de l’enfance exige des moyens à la hauteur des enjeux

    Les militants du Comptoir des idées sont toujours à pied d’œuvre dans le Port du Levant pour faire vivre la réflexion et le débat. Cette fois c’est au tour de la Ligue des droits de l’Homme de nous faire nous interroger sur la grande faillite qui entoure le secteur de la protection de l’enfance qui, par manque d’ambition politique, n’a plus les moyens d’accomplir correctement ses missions. Avant la grande table ronde de jeudi à l’Hélice qui réunira entre autres dès 18h Virginie Peyré, la fondatrice de l’association « Les ami(e)s de Romy », auteure du livre Chut c’est un secret et le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, nous les retrouvons devant le panneau d’expression libre du boulevard Tessé pour une opération de collage.

    « On est la 5e puissance du monde et on a 160 000 enfants par an qui sont victimes de violences sexuelles et des mineurs isolés mal accompagnés ou pas accompagnés du tout », s’indigne le président de la section Toulon-La Seyne de la LDH Roland Biache. Et de poursuivre sans concession : « Il est clair que la France n’assume pas son rang, n’est pas à la hauteur des enjeux. Et d’ailleurs le taux de mortalité des enfants raugmente ces dernières années. »

    « Un impensé politique »

    Un constat dramatique qu’il est difficile de ne pas rattacher aux baisses de crédits attribués. « Ce n’est pas vrai qu’on fait mieux avec moins », peste le responsable associatif. Il s’appuie d’ailleurs sur le dernier rapport de la députée socialiste Isabelle Santiago rapporteure d’une commission d’enquête et qui dit que « la protection de l’enfance est un impensé des politiques publique ».

    Pour le militant des droits humains il y a urgence à réagir et à faire appliquer les droits, pour commencer ceux de la Convention internationale des droits à l’enfant, dont nous célébrons l’anniversaire ce jeudi. « On se retrouve face a une forme d’autisme du côté des pouvoirs publics, mais on est toujours aussi motivés pour se battre », affirme-t-il. En attendant, « le plus grave c’est qu’on obère l’avenir ». Et là dessus les rapports de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et de la défenseure des droits ont de quoi alarmer.

    Parmi les solutions qui vont être développées au cours de la soirée, celle pour commencer d’amplifier les programmes scolaires pour qu’il y ait une véritable politique éducative. Mais aussi parvenir à avoir une vision plus globale d’une politique de l’enfance aujourd’hui très éparpillée dans différents services. « Il y a des gens compétents dans ces délégations interministérielles mais ils n’ont que très peu de moyens politiques et pâtissent d’un manque d’attention de leurs collègues ministres ou secrétaires d’État », déplore Roland Biache.

    Il ajoute que depuis la loi de 2023 les municipalités ont également des responsabilités mais « les relations financières installées entre l’État et les collectivités locales » n’aident pas vraiment à mettre en place une véritable politique de l’enfance et de la petite enfance.

    La prostitution enfantine, avec là encore des constats alarmants, va également être mise en avant notamment par le journaliste Claude Ardid (Les enfants du purgatoire, L’Observatoire) qui a passé deux mois en immersion totale au sein de la brigade des mineurs de Marseille. Une table ronde qui va accorder un focus tout particulier sur l’Aide sociale à l’enfance. « Ce qui se passe dans certains départements, est dramatique », affirme le militant. La LDH souligne les effets de la décentralisation de l’État vers les départements, avec l’inégalité territoriale de traitement, que cela entraîne, notamment au niveau des mineurs isolés étrangers, qui représentent 20%, même des chiffres des jeunes accueillis.

    Et de conclure : « Dans le Var, en plus, sur les 233 mineurs isolés étrangers reçus l’année dernière, seulement 89 ont été acceptés comme tels. Les fameux test osseux sont un moyen d’évacuer des jeunes dont on n’a pas la place pour les accueillir. C’est le drame. »

  • Galeries Lafayette : une enseigne qui ne provoque plus l’enthousiasme unanime des clients à Toulon

    Galeries Lafayette : une enseigne qui ne provoque plus l’enthousiasme unanime des clients à Toulon

    L’heure n’est pas à l’agitation dans les rayons des Galeries Lafayette de Toulon. Quelques clients semblent flâner sans but précis, et rares sont ceux qui ressortent avec un sac sous le bras. L’établissement, ouvert en 1951 sous pavillon Aux Dames de France, devenu Galeries Lafayette en 1985, et menacé de fermeture à cause de la possible liquidation de l’enseigne, avait finalement été sauvé en mars 2024. Une bonne nouvelle pour les salariés, pas autorisés par leur direction (qui a refusé de nous recevoir) à répondre à nos sollicitations concernant ce maintien. « Mais allez demander aux clients ce qu’ils en pensent », nous glisse malicieusement l’une d’entre elles.

    « Pourquoi sont-elles encore ouvertes ? »

    Parmi ceux-ci, certains, comme Angélique, parlent de « très bonne nouvelle. Je suis une cliente occasionnelle, c’est agréable d’y faire un tour, on est bien reçu, et il y a du choix. Il y a tous types de prix, et les promotions continues sont adaptées au budget des Français ». Pour cette habituée du rayon parfumerie, il est primordial de conserver « cette institution avec des points de vente physiques », et de ne pas avoir cédé à la marque Shein, dont l’installation dans sept magasins a provoqué la fin du partenariat entre Galeries Lafayette et la Société des Grands Magasins (SGM) : « Il fallait préserver l’image et l’honneur français ».

    S’ils reconnaissent l’importance de l’enseigne dans le patrimoine commercial français, les autres clients croisés ne sont pas tout à fait du même avis. Dia, lui aussi intéressé par les parfums, « se ficherait » d’une fermeture. « Il y a d’autres enseignes, j’irai ailleurs », conclut simplement le jeune homme. D’autres, comme Vanessa, se demandent même « pourquoi elles sont encore ouvertes. Il n’y a pas grand intérêt à ce magasin qui coûte cher, et qui n’a pas grand-chose à proposer. J’y vais parfois pour passer le temps, mais je ne trouve rien. Il n’y a que des choses généralistes qui sont chères. Aujourd’hui, ce magasin n’est plus adapté à la population et à notre pouvoir d’achat. » Danielle et Armand, eux, n’y trouvent plus leur compte : « C’est trop classique. On vient par habitude car on allait aux Dames de France avant. Ce serait dommage que ça disparaisse, mais il faudrait que ça se modernise, avec un conglomérat de petites enseignes plutôt que des kilomètres de pull-overs et de chemises classiques. Ça n’a plus aucun sens, il faut du dynamisme », concluent ces deux retraités du commerce de prêt-à-porter.

  • La Carraire-George Sand, à Miramas : nouvelle école, nouveau nom

    La Carraire-George Sand, à Miramas : nouvelle école, nouveau nom

    Le groupe scolaire La Carraire est méconnaissable. « On a gardé, quelques murs, des colonnes, mais sinon on a tout refait », résume le maire Frédéric Vigouroux (DVG). Après deux années de chantier au cours desquelles les 200 élèves ont suivi les cours dans des containers aménagés, l’établissement réhabilité a rouvert ses portes en septembre dernier, sous un nouveau nom : La Carraire-George Sand, pour poursuivre « la volonté qu’a la Ville de dénommer des écoles de personnalités féminines, ce qui nous permet de rattraper ce retard qu’on avait dans la reconnaissance de l’importance des femmes dans le monde littéraire, scientifique et dans la lutte pour l’égalité », explique l’édile.

    Samedi 15 novembre, le nouveau bâtiment, d’un coût de 16 millions d’euros subventionné à hauteur de 60%, a été présenté aux financeurs (l’État et le Département, pour 4 millions d’euros chacun, la Métropole, pour 1,5 million d’euros, et la CAF, pour 76 000 euros).

    Le changement est spectaculaire. L’étage a été rasé. Le groupe scolaire, construit en 1978, accueille désormais les élèves de maternelle et de primaire sur un seul niveau plein pied de 2 700m2. L’extérieur a été repensé sous forme de deux cours qui comprennent des jardins et des potagers, « ce qui pourra donner lieu à des projets pédagogiques », se réjouit Frédéric Vigouroux.

    Des espaces de sport et des lieux de motricité ont été aménagés, ainsi qu’une salle polyvalente, et « la crèche est bientôt terminée », précise le maire, qui assure qu’avec ces changements, les enseignants « se battent » pour y exercer.

    Bâtiment durable

    Mais la rénovation est aussi « exemplaire » d’un point de vue environnemental : l’ensemble a été classé « Bâtiment durable méditerranéen » argent. « Il était le temps qu’on le fasse parce que c’était certes une école qui avait été conçue avec des normes intéressantes et une forme architecturale particulière mais elle était impossible à chauffer et l’été c’était le calvaire, assure Frédéric Vigouroux. Ça nous permet de faire de grosses économies d’énergie et de faire en sorte que le climat à l’intérieur soit propice aux études et au calme. »

    Sur ce point, la commune de Miramas fait office de référence, puisque le dispositif « Éco énergie tertiaire », inscrit dans la loi Elan, impose aux bâtiments du secteur public une réduction progressive de leur consommation d’énergie pour atteindre une baisse de 60% d’ici 2050. « Notre ville, sans faire de bruit, a déjà atteint cet objectif en 2024 », précise le maire, non sans fierté.

  • Les courses camarguaises ont trouvé un nouvel assureur pour l’an prochain

    Les courses camarguaises ont trouvé un nouvel assureur pour l’an prochain

    Le monde de la bouvine a frôlé la catastrophe. Fin octobre, les manadiers des Bouches-du-Rhône, du Gard et de l’Hérault découvraient la lettre de Groupama Méditerranée annonçant la résiliation de leurs contrats d’assurance pour les jeux taurins dès le 31 décembre 2025. En cause : « 5,7 millions d’euros de sinistres sur trois ans », pour un secteur jugé « structurellement déficitaire ». Sans couverture, impossible d’organiser abrivados, bandidos ou encierros : le Code civil rendant les éleveurs pleinement responsables des dommages causés par leurs bêtes. L’annonce faisait planer une menace inédite sur les fêtes votives.

    Mais une réunion en préfecture du Gard début novembre avec les représentants de la Confrérie des gardians et la Nacioun Gardiano a permis de trouver une solution : un nouveau contrat porté par le courtier Dolce Vita Assurances, basé à Eygalières, qui a fédéré plusieurs compagnies françaises et européennes prêtes à couvrir les manadiers et gardians bénévoles. Sous conditions cependant : respect strict des traditions et du bien-être.

    Une vingtaine de manades, une soixantaine de clubs taurins et plus de 200 gardians pourraient en bénéficier dès la saison 2026 qui devrait débuter le premier week-end de mars. « On a trouvé une solution, mais à nous maintenant d’être responsables », a prévenu Frédéric Lescot, président de la Confrérie des gardians. Le monde taurin camarguais avait du suspendre fêtes et abrivados à l’automne, suite à l’épizootie de DNC dans toute la France. Si les troupeaux n’ont pas été touchés dans la région, le principe de précaution a prévalu.

  • À Marseille, un autre avenir se dessine sur l’espace du centre Bourse

    À Marseille, un autre avenir se dessine sur l’espace du centre Bourse

    « Si c’est bien animé, que ça crée des flux et que les Marseillais vont se retrouver dans cet espace, pourquoi pas ? » réagit Guillaume Sicard président de la fédération Marseille Centre, à l’annonce de la reprise du site des Galeries Lafayette au centre Bourse par la Ville fermé définitivement depuis samedi. Benoît Payan (DVG) a annoncé dans notre édition de ce week-end qu’il rachète les 22 000 m2 pour créer « une cité des sciences et de la mer, et une partie de la philharmonie. » En attendant que cela se réalise, il veut faire un tiers-lieu afin que le site ne soit pas en friche. « Il faut vraiment que ce soit un lieu dynamique, où l’on puisse se retrouver de manière régulière », insiste le fondateur de Marseille en vacances, Guillaume Sicard.

    Pour Sophie Camard (GRS) maire du 1/7 arrondissement, le bad buzz créé par la droite autour du centre-ville, se referme « comme un piège car ils n’ont rien à proposer ». « Depuis le début, on a affaire à une fausse polémique alimentée par la droite qui n’a rien à dire sur le centre-ville, et qui a fait croire que c’était de notre faute si les Galeries Lafayette disparaissaient. Et de manière plus insidieuse, que le départ du grand magasin était de la faute des pauvres » analyse la maire de secteur.

    Elle revient sur le référendum en ligne lancé par Martine Vassal (DVD) candidate aux municipales. « Lancer une concertation sur un foncier qui n’appartient pas à la ville, pour moi c’est du grand n’importe quoi ! » lâche-t-elle avant de poursuivre : « Moi, je suis très contente de cette décision qui permet de montrer qu’il peut y avoir différents discours économiques sur le centre-ville. On prend l’optique de rééquiper le premier arrondissement d’un lieu tourné vers les arts et les sciences ». Pour elle, parler d’art et de science n’est pas anodin. « La droite et le RN ne savent pas imaginer que quand on remet des arts et sciences, on tire vers le haut la 2e ville de France. ça va être un modèle de développement économique plus solide et beaucoup plus durable que de simplement parler de l’arrivée d’un magasin suédois. » Mais de souligner que « dans le centre Bourse, il y aura toujours des magasins pour tout le monde. Le centre-ville, c’est de la mixité ».

    Si à ce jour, le projet refusé par la ville reste inconnu, Sophie Camard assure que « c’était bel et bien un magasin de mass market, pour faire du chiffre. Mais pas Shein, on n’a jamais eu ça ». Et rappelle que « le centre Bourse, c’est trois copropriétés dont la ville qui a déjà le Musée d’histoire. On est tout à fait légitime à aller plus loin, à développer cette partie-là ».

    À la question du tiers lieu, Sophie Camard répond « une fois acquis, le temps que le projet définitif soit monté, on fera ce que l’on sait faire avec des occupations transitoires ». En guise de conclusion, la maire confie être aux réunions avec la préfecture depuis le début, et que « le plan social des Galeries a toujours été piloté depuis Paris, même l’État local n’était pas saisi du dossier. Mais jamais, il n’a jamais été question de laisser une friche ». Et de protester « On ne peut pas nous reprocher de prendre des décisions sans concertations, ni de rien proposer ».

    Du côté de la droite, le communiqué de Martine Vassal (DVD) arrive dans la foulée de l’annonce. Cinglant. Ire de la candidate de droite à la mairie de Marseille, qui fustige la décision du maire sortant. « Rien n’est préparé… » « argent du contribuable… » « échec flagrant de la politique menée pour le centre-ville… » « vision low-cost de Benoît Payan ». Enfin quant à la question du tiers lieu, l’interprétation est sans appel : « Cela signifie entre les lignes qu’il y aura des périodes de vacances commerciales, et qu’il n’y a en attendant aucune vision concrète et que le risque de voir les Galeries Lafayette se transformer en un squat géant en plein centre-ville existe bel et bien ».

    Parmi les habitants du quartier, l’avis n’est pas tranché. « Il faut trouver l’argent. Mais oui, je suis soulagée par ce projet. S’inspirer de la philharmonie de Paris, peut-être que ce n’est pas complètement idiot » apprécie Marie propriétaire dans les tours Labourdette depuis 13 ans. « Il faudra des projets en collaboration avec le fonds communal de la Ville, le fond Régional, le Mucem avec des lieux de culture. Théoriquement la philharmonie, c’est un lieu de pratique, de concert et d’expo ». Avant de conclure : « Il faudra surtout arriver à mettre en adéquation le quartier avec ce projet ».

  • Ils marchent pour porter un espoir de paix à Gaza

    Ils marchent pour porter un espoir de paix à Gaza

    Au premier rendez-vous organisé par l’association Shebba, elles étaient une poignée à prendre le départ depuis la gare de la cité du 14e arrondissement dès 8 heures samedi. De Saint-Charles, les marcheuses ont rejoint un autre groupe à Noailles pour arriver à une trentaine sur le Vieux-Port et se diriger sur la Joliette, puis embarquer dans un train en gare Saint-Charles, direction Fos-sur-Mer.

    « L’idée de cette marche qui traverse la France, c’est de sensibiliser au respect du droit international, humanitaire et humain, dans tous les espaces possibles », explique Michel, militant de l’Union pour la Palestine à Marseille, en accueillant de nouveaux arrivants devant le Métro Noailles. « C’est une première étape aujourd’hui qui ira jusqu’à Fos-sur-Mer en passant par Martigues. Dimanche la marche repart de Fos pour aller sur Arles. Et chacun peut la prendre et l’arrêter quand il veut, à son rythme, selon ses possibilités », précise-t-il. À chaque pas, le mouvement prend du poids, avec comme objectif de porter un message de paix en partant à la rencontre d’acteurs de tous les domaines pour aborder, avec eux, la question de la Palestine.

    À Marseille, la marche citoyenne pour « l’égalité, la liberté et la justice » du peuple palestinien, et de tous les autres a pris un démarrage modeste, mais l’important est d’agréger en progressant. « Nous avons organisé ce rendez-vous en à peine dix jours, explique Florence, membre de l’Union juive française pour la paix (UJFP). Mais avec le relais des réseaux sociaux, et si les médias s’en font aussi l’écho, nous devrions arriver à une belle convergence à Paris. » C’est en effet aussi un des défis de cette marche « citoyenne, transpartisane, laïque et non-violente », que de « dénoncer le silence médiatique, de faire cesser la complicité avec la politique menée par l’État d’Israël », complète-t-elle. Considérant, qu’un « dialogue est encore possible… sauf avec le Crif, à partir du moment où l’on se contente de factualiser, de sortir de l’émotion ». Depuis les attentats du 7 octobre 2023, plus de 69 000 personnes sont mortes à Gaza, selon le ministère de la Santé local. Un accord de cessez-le-feu n’est entré en vigueur que le 10 octobre 2025.

    Un espace de dialogue

    Les marcheurs portent pour revendications essentielles : le droit des Palestiniens à « l’autodétermination », « la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid », l’exigence de « sanctions pour Israël » et l’application d’un « cessez-le-feu définitif ». Parmi le groupe qui se dirige vers le Vieux-Port au son du slogan « ce n’est pas une guerre, c’est un génocide ! Libérez la Palestine ! », chacun a également une manière singulière de marcher. Danièle, de Shebba, est là « simplement pour que ça s’arrête ». Régine, du collectif Palestine en Résistance et du Mouvement de la Paix « pour faire taire les armes », en comparant « il y a eu quatre fois plus d’explosifs lancés sur Gaza que sur Hiroshima ». Anaïs, de l’Union pour la Palestine, « parce que je crois en la paix ». Ou Mélina, sans étiquette, « parce que je place beaucoup d’espoir dans ce mouvement citoyen de solidarité entre les peuples ».

    Tarascon, Beaucaire, Avignon, Montélimar, Valence, Saint-Etienne puis Lyon, Vaulx-en-Velin, Melun, constituent les prochaines étapes. Pour une arrivée à la capitale, avec des passages et autres départs dans plusieurs banlieues et villes de la région parisienne, pour finir en une manifestation nationale le 29 novembre.

    Inscriptions : marchepalestine2025@gmail.com@marchepalestineparis
    ou 07.46.40.45.05

  • Et tous les petits santons sortent de leur boîte en carton à Marseille

    Et tous les petits santons sortent de leur boîte en carton à Marseille

    « Dans une boîte en carton, sommeillent les petits santons », fredonnait en 1935 le chanteur et librettiste Alibert, dans Le noël des petits santons. Un titre écrit par la figure de l’opérette marseillaise, René Sarvil, répandu dans les foyers du coin pendant un long moment.

    « Le berger, le rémouleur et l’enfant jésus rédempteur », comme l’énumérait cette chanson popularisée plus tard par Tino Rossi, sont tous bien là, exposés sur les étals d’une vingtaine d’artisans de la 223e Foire aux santons, installée sur le quai du Port jusqu’au 4 janvier, que le maire de Marseille a inauguré dimanche 16 novembre. « On pourrait imaginer que c’est du folklore tanqué dans une forme de nostalgie, que c’est quelque chose de suranné, mais pas du tout. Regardez ici les jeunes qui achètent des santons et qui ont envie de les faire entrer dans leur crèche et leur maison », estime Benoît Payan, avant de confier « bien aimer les petits animaux santon » et surtout « le tambourinaïre, celui qui tape sur le tambour ».

    « Moi, je garde encore la crèche de mon arrière-arrière-grand-mère. C’est quelque chose qui se transmet, qu’on chérit, qu’on enrichit. Et un savoir-faire local, des artisans qui travaillent la terre. C’est unique et il faut le protéger », ajoute l’édile, qui s’arrête à chaque cabane de santonniers, multipliant, non pas les pains, mais les serrages de mains.

    « Les moutons sont serrés au fond »

    « Le ravi qui le vit est toujours ravi. Les moutons, en coton, sont serrés au fond », chantait encore Alibert dans Le noël des petits santons. Plus tôt dans la matinée, Benoît Payan assistait à la messe des santonniers, donnée en provençal, dans l’église voisine de Saint-Ferréol les Augustins. Flanquée de nombreux élus de sa majorité, la présidente de la Métropole ainsi que du Département et candidate de la droite aux élections municipales, Martine Vassal, était également présente, tout comme le prétendant RN à la mairie, Franck Allisio. Autant de personnalités politiques qui entendent instrumentaliser les santons, patrimoine culturel provençal, à des fins identitaires. « À l’heure où certains renient nos traditions, j’en serai toujours la protectrice », s’empresse d’écrire Martine Vassal sur ses réseaux sociaux, juste après sa visite sur le marché aux santons. À l’approche de Noël, la fameuse trêve des confiseurs ? Que nenni, pour beaucoup d’entre eux, qui font leur marché électoral, à défaut de faire celui des santons. Alors, la crèche, une allégorie de la campagne des municipales ? « Je ne me permettrais pas d’attribuer à chacun des candidats un santon en particulier », se mord la langue Benoît Payan. « Un soir, alors, paraît l’étoile d’or. Et tous les santons quittent la boîte en carton ».