Category: societe

  • Une épave de la Seconde Guerre mondiale ravagée : un voilier de luxe dans le viseur

    Une épave de la Seconde Guerre mondiale ravagée : un voilier de luxe dans le viseur

    Vendredi 17 juillet au matin, Patrick Bellantonio, gérant du club de plongée Aquanaut, à Saint-Cyr-Sur-Mer, plonge à 39 m de profondeur en direction de l’épave de l’avion de combat P-38 Lightning, immergé au large des côtes. Sur place, la découverte qu’il fait lui crève le cœur : le morceau d’histoire abattu en août 1944, sur lequel il a l’habitude de plonger avec ses stagiaires à la fin de leur formation, a été complètement ravagée. « Elle a été découverte en 1996 par les anciens gérants du centre de plongée de La Ciotat. Ils l’ont identifiée, ils l’ont désensablée, et depuis, c’était une attraction de la baie, maintenant elle est désintégrée », confie le plongeur.

    Les soupçons de Patrick Bellantonio se portent vers le plus grand voilier de croisières de luxe au monde : « L’Orient Express Corinthian a mouillé au-dessus de l’épave, la veille. » Selon le moniteur, le voilier aurait pu labourer l’avion en remontant son ancre, malgré sa signalisation sur les cartes marines.

    « Avant, c’était un avion, certes très abîmé, mais on reconnaissait sans problème la forme, maintenant, ce n’est plus que de la ferraille broyée, déplore Patrick Bellantonio. Dès le retour de ma plongée, j’ai contacté la mairie de Saint-Cyr-Sur-Mer pour qu’elle se joigne à la mairie de La Ciotat et qu’elles entament des démarches auprès de la préfecture maritime. » Celle-ci a pris un arrêté pour interdire la plongée au-dessus des restes en raison des débris contondants, et également pour éviter que des pillards désireux de récupérer des souvenirs de l’épave ne viennent se servir.

    La DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines) a été contactée et doit inspecter, ce mardi matin, l’épave afin de constater les dégâts.

    Louis Golliot

  • La garde régionale forestière, un nouvel outil de prévention contre les incendies

    La garde régionale forestière, un nouvel outil de prévention contre les incendies

    Chaque jour, Savine et Naoa parcourent plus d’une vingtaine de kilomètres à travers les zones forestières de la presqu’île de Giens. Pas pour faire du tourisme, ni du sport, mais pour prévenir les risques d’incendie qui menacent les massifs varois, sur un territoire qui accueille 900 000 personnes chaque année, jusqu’à 45 000 par jour en été. Ils font en effet partie des 250 gardes régionaux forestiers, une brigade créée par la Région Sud dans le cadre du plan de lutte contre les incendies « Guerre du feu », institué en 2018. Ce dispositif vise à soutenir les forêts, les collectivités et les acteurs de la prévention et de la lutte contre les incendies grâce à des moyens humains et matériels renforcés.

    Prévention et observation

    Employés saisonniers, de mi-juin à fin août, ils sont une centaine pour le seul département du Var, dont 14, depuis cette année, dans le territoire de la métropole TPM, parmi lesquels deux sont déployés à Giens. Deux autres dépendent du Parc national de Port-Cros. Ils travaillent en étroite collaboration avec les autres équipes de surveillance de la zone, à savoir deux éco-gardes permanents, ainsi que des personnels de l’Office national des forêts (ONF), du Parc national de Port-Cros et du Conservatoire du littoral, dotés, contrairement à eux, d’un pouvoir de police. Car leur mission principale est d’être « le premier rempart, de prévenir avant qu’il y ait un drame, explique Naoa. On a à cœur de protéger notre magnifique territoire et de tout faire pour qu’il prospère ».

    Cela passe aussi par « l’observation de la nature », explique Savine, ornithologue de formation. « On a des espèces rares ici, et c’est important de les protéger. Notre rôle, c’est aussi de les suivre, notamment sur le plan de leur reproduction. » Avant d’entrer en fonction, les gardes régionaux forestiers, qui travaillent systématiquement en binômes, bénéficient ainsi de trois jours de formation, notamment sur le volet de la biodiversité et du contact avec les personnes. « Souvent, quand on arrive avec un sourire, ça désamorce le conflit et permet de mettre en confiance », note Savine. Ce qui réussit plutôt bien au binôme, qui n’a eu aucun incident à déplorer en un mois de patrouille.

  • Femmes au travail : la Région Occitanie en première ligne

    Femmes au travail : la Région Occitanie en première ligne

    Douleurs pelviennes, abdominales, nausées, céphalées, troubles hormonaux, mal-être… La liste des effets indésirables liés aux menstruations est malheureusement longue pour de nombreuses femmes. Pourtant, en société, cette douleur est souvent tue. Dans une étude de l’Ifop datant de 2022, 65% des femmes salariées interrogées disent avoir déjà été confrontées à des difficultés liées à leurs règles au travail, 53% confient avoir des règles douloureuses et 35% déclarent que leurs douleurs menstruelles impactent négativement leur travail.

    Suite à l’interpellation, en séance plénière, de Marielle Garonzi, élue d’un groupe d’opposition de droite, sur la capacité de la collectivité à répondre aux besoins des femmes souffrant notamment d’endométriose -dont les règles douloureuses sont le principal symptôme- la Région a décidé de se saisir de la question. Le 4 juin, l’ensemble des groupes politiques -sauf le RN -ont ainsi adopté un vœu visant à « mieux reconnaître les problématiques hormonales impactant la santé des femmes dans l’organisation de l’administration régionale ». Pour ce faire, un groupe de travail transpartisan -à l’exception, là encore, du RN-, impulsé par la présidente de Région PS Carole Delga, a planché sur le sujet, auditionnant durant trois mois les services juridiques de la collectivité, des associations de lutte contre l’endométriose, des professionnels de santé ou encore les syndicats de la Région.

    Un plaidoyer auprès du gouvernement

    « L’endométriose touche aujourd’hui une à deux femmes sur dix. C’est tout sauf un phénomène anodin. Sachant que la dysménorrhée (les règles douloureuses), la périménopause, la ménopause, impactent également lourdement la santé des femmes au travail. Il s’agit donc d’un vrai sujet de société, qui concerne des centaines de milliers de femmes en Occitanie et des centaines de femmes dans l’administration régionale », souligne Pierre Lacaze, vice-président de la Région à l’égalité hommes-femmes et président de ce groupe de travail.

    « Il y a quelques années, plusieurs collectivités avaient mis en place des congés hormonaux sur prescription médicale. On s’est aperçu qu’il n’y avait pas d’abus : une partie des salariées y avait recours, mais en proportion assez faible. Hélas, suite à des consignes nationales, les préfectures ont ensuite cassé toutes ces décisions dans le cadre du contrôle de légalité. Les services juridiques de la Région nous ont assuré que si nous mettions en place un tel congé, il connaîtrait le même sort », explique Pierre Lacaze. La Région a donc décidé de porter un plaidoyer auprès du gouvernement et des parlementaires pour faire évoluer la loi. « Cette évolution est indispensable pour permettre la création d’une Autorisation spéciale d’absence (ASA) liée aux pathologies hormonales féminines », indique l’élu communiste, qui a porté, le 8 juin, ce plaidoyer auprès de la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, à l’occasion d’une rencontre de l’association Régions de France. « Nous attendons un retour pour, nous l’espérons, un rendez-vous à la rentrée avec le gouvernement afin de discuter de la possibilité de légiférer. »

    Dans l’attente, plusieurs dispositifs vont être mis en place au sein de la collectivité, notamment une enquête interne auprès des agentes concernées et le recours ponctuel au télétravail supplémentaire sur prescription médicale. « On va se lancer dans une adaptation, dans tous les services, des conditions de travail pour ces femmes et former l’ensemble des dirigeants de services à cette problématique », promet Pierre Lacaze.

  • L’opposition au retour de la voiture se poursuit à Avignon

    L’opposition au retour de la voiture se poursuit à Avignon

    Sur le square Indochine, à Avignon, ce lundi 20 juillet en début de soirée, une soixantaine de personnes se sont mobilisées contre l’adaptation du plan Faubourgs, mais aussi, dans le même temps, pour la reprise de la végétalisation des cours d’école. Deux combats liés, portés par plusieurs associations qui avaient organisé cet événement auquel le maire et ses adjoints étaient invités. Ces derniers, absents, ont en effet décidé de rouvrir à la circulation automobile plusieurs axes de la ville, tout en réduisant le nombre de projets de végétalisation des cours d’école pour des raisons budgétaires. « Aujourd’hui, on constate qu’il n’a pas tenu une promesse de campagne, qui était de concerter les habitants de chaque quartier », regrette Valérie Villete, présidente de l’association Les Quatre Boulevards.

    Un regret également pour les parents d’élèves de l’école Monclar, à quelques mètres de là. « Ici, c’était devenu un lieu de vie. Là, un retour des voitures sur cinquante mètres ne changera quasiment rien au niveau de la circulation et mettra un peu plus en danger nos enfants », regrette Pauline, maman d’un élève de l’établissement.

    Pas de finances

    Si Valérie Villete prend pour modèle la politique de Singapour, « où il est montré que moins de voitures et plus d’arbres font baisser la température », assure-t-elle, l’adjoint au maire délégué à la circulation, aux mobilités et à la voirie, Nicolas Donadille, ne l’entend pas de cette oreille. Il assure dans sa réponse, que La Marseillaise a pu consulter, que les sujets n’ont « pas de liens directs ». Et que, au sujet de la concertation, « elle a été tranchée par les électeurs en mars dernier ». Il reprend, pour les cours d’école, que « les finances laissées » ne permettent pas de poursuivre le projet.

  • Après le refus d’obtempérer mortel, deux visions politiques s’affrontent

    Après le refus d’obtempérer mortel, deux visions politiques s’affrontent

    Après la mort d’un homme de 29 ans, tué après avoir été touché par deux coups de feu tirés par un policier municipal du Pontet, à la suite d’un refus d’obtempérer, ce mercredi 15 juillet vers 2h30 du matin au niveau du péage d’Avignon-Nord de l’A7, la polémique prend une tournure politique.

    L’agent auteur des tirs a été placé en garde à vue avant d’être mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner par une personne dépositaire de l’autorité publique ». Mais cette mise en examen n’est pas assortie d’une interdiction d’exercer.

    Une situation qui a suscité des réactions contrastées au niveau local. Le maire (RN) du Pontet, Joris Hébrard, apporte « tout son soutien » au policier et estime qu’il pourra reprendre son travail comme avant. Le député de Vaucluse Raphaël Arnault (LFI-NFP) dénonce des propos qui « laissent en effet entendre qu’une décision judiciaire pourrait être anticipée par le pouvoir politique ». Il établit aussi un parallèle avec la proposition de loi sur la présomption de légitime défense des policiers et gendarmes, adoptée le 7 juillet dernier. « Plusieurs autorités indépendantes de la République ont déjà alerté sur les dangers d’un tel texte », rappelle le parlementaire, citant, entre autres, la Défenseure des droits.

    David Pascal, secrétaire départemental du PCF, appelle à une « clarification des missions », en affirmant que « les missions régaliennes de sécurité, d’intervention et de protection des populations relèvent de la police nationale et de la gendarmerie ».

  • [C’est l’été] Métrologie légale, avec la police des poids et mesures

    [C’est l’été] Métrologie légale, avec la police des poids et mesures

    Le fourgon de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) sitôt garé entre les pompes à essence, les agents installent les cônes de signalisation pour en barrer l’accès, le temps de leur intervention. Ce jeudi, c’est un contrôle inopiné que réalise le service de métrologie légale dans la station de service voisine de la Rouvière, dans le 9e arrondissement de Marseille. Avec un objectif simple : vérifier que le volume de carburant payé par les automobilistes correspond bien à ce qu’ils ont versé dans leur réservoir. « L’erreur maximale tolérée est de 0,5%, c’est très fin, précise le responsable du service, Frédéric Schneider. Quand l’utilisateur fait son plein, il doit obtenir 50 litres… plus ou moins une petite brique de jus d’orange ! »

    Au total, ils sont neuf dans la région à opérer ces contrôles pour l’état, de Nice à Briançon, avec une attention particulière pour les établissements stratégiques de l’étang de Berre. « La métrologie, c’est la science de la mesure, explique Frédéric Schneider. Ce que nous faisons – la métrologie légale – ce sont toutes les procédures de contrôle pour s’assurer que les instruments de mesures sont fiables. » Et de préciser : « Nous avons ce rôle de police des instruments, mais nous sommes souvent bien accueillis : les professionnels ont compris que c’est un outil qui les protège de la concurrence déloyale et cela protège aussi les consommateurs. »

    Le champ d’application est immense. Les agents interviennent dès lors qu’il y a une transaction commerciale, un intérêt de santé publique ou de sécurité sur les 37 catégories d’instruments de mesures recensés, des compteurs des taxis aux diverses balances, des radars aux éthylomètres… Et le responsable de sortir une bière (vide) : sur le culot est inscrite la hauteur depuis le goulot que doit atteindre le liquide pour obtenir le volume indiqué. « Les instruments de mesures sont partout, on ne s’en rend pas compte au quotidien », sourit-il.

    90% d’instruments fiables

    Au-delà des évolutions technologiques que rappellent les balances anciennes qui encombrent les étagères de leurs bureaux, le cœur de mission de ces agents a changé au fil des dernières décennies. « La réglementation doit s’adapter aux évolutions juridiques dans un souci d’harmonisation européenne, et nous avons suivi l’évolution avec la délégation au secteur privé », témoigne le responsable. Avec la mise en place du marché commun européen dans les années 1990 se sont imposés les organismes de certification privés agrémentés. Désormais, les agents doivent contrôler leur travail, en plus d’une mission de surveillance du marché. Sur la pompe à essence de la Rouvière figure ainsi cette vignette verte apposée par l’organisme, indiquant que celle-ci est conforme – elle serait rouge le cas échéant – tandis que chaque contrôle est recensé dans le carnet métrologique de l’appareil. Une fois le capot de la pompe démonté, les agents vérifient aussi que les scellements mis en place par l’organisme sont bien intacts, preuve qu’il n’y a pas eu d’autre intervention sur l’appareil.

    Puis vient le contrôle des instruments eux-mêmes. Après un premier remplissage pour les « mouiller », les deux jauges sont remplies. L’une à 20 litres, à pleine pression, pour vérifier si le calculateur numérique de la pompe affiche la bonne valeur. L’autre à 5 litres, avec un petit débit, pour vérifier si les pistons qui injectent le carburant dans le mesureur ne sont pas usés. Le compte précis atteint à l’écran, les agents se penchent sur la fenêtre de lecture, règle à la main. L’écart n’est que de -0,16%. Loin de la marge d’erreur, même si le prochain contrôle technique devra faire passer la différence sous la barre de 0,1%.

    Dans la majorité des cas, les installations restent bien dans les clous. En 2025, sur les 7 000 instruments contrôlés dans 1 600 sites répartis sur toute la région, seuls 10% environs n’étaient pas conformes. « Notre objectif n’est pas de punir, c’est la fiabilité de l’instrument, souligne Frédéric Schneider. Mais si l’on est face à quelqu’un qui ne veut pas régulariser, nous sommes obligés de sévir. » L’année précédente, 65 procédures contentieuses ont ainsi été engagées. La sanction avait même été rendue publique, il y a quelques années, pour un grand aéroport de la région : « Le pèse-bagage était mal positionné, quand on posait notre masse étalonnée, le résultat était aléatoire », raconte le responsable. Avec parfois des surcoûts pour les voyageurs, jusqu’à l’intervention du service de métrologie légale.

    Une loi de 1837

    Après la création du mètre sous la Révolution, c’est la loi du 4 juillet 1837 qui met en place les« vérificateurs des poids et mesures » pour constater les infractions « concernant le système métrique des poids et mesures », jusqu’à leur saisie. Avec des articles toujours en vigueur !

  • [C’est l’été] Jeux, loisirs et spectacles à Carpentras

    [C’est l’été] Jeux, loisirs et spectacles à Carpentras

    Consacré à la découverte de la nature cette semaine, le Village des loisirs est un rendez-vous estival proposé chaque été à Carpentras.

    Observer et apprendre

    en s’amusant

    Petits et grands sont donc attendus au jardin du château de la Roseraie, dès ce mardi et jusqu’à jeudi pour une nouvelle semaine thématique en collaboration avec l’association Les Francas.

    Au programme, des ateliers culturels, scientifiques ou encore artistiques mais aussi des découvertes et expériences en tous genres autour du vivant, de l’eau, des plantes et des petites merveilles que l’on a parfois tendance à oublier. Un moment familial pour respirer, observer, créer et découvrir. Jeudi, la soirée jouera les prolongations avec une projection en plein air. Le tout accessible gratuitement.

  • [C’est l’été] À Saint-Cyr-sur-Mer, grand show acrobatique et bal populaire

    [C’est l’été] À Saint-Cyr-sur-Mer, grand show acrobatique et bal populaire

    C’est une soirée incroyable qui attend les habitants et vacanciers installés à Saint-Cyr-sur-Mer, ce mardi dès 21 heures, sur ce que la municipalité appelle désormais « Les Terrasses des Lecques ». Un lieu marqué par la fermeture de plusieurs établissements et où la Ville a à cœur de remettre de la vie. D’ailleurs, un embellissement immédiat a été réalisé avant d’engager des chantiers et travaux qui dureront sur le long terme.

    Ainsi, face à cette volonté de redynamiser le site qui vient prolonger naturellement la promenade rose et le Vieux-Port avec une programmation estivale à la fois familiale et variée, pensée comme une scène à ciel ouvert en cette période estivale, petits et grands sont attendus pour profiter du spectacle de l’équipe spéciale des sapeurs-pompiers du Rhône et de la Métropole de Lyon.

    Composée d’une trentaine d’athlètes issus des casernes du Rhône, cette association historique du Service départemental-métropolitain d’incendie et de secours (SDMIS), vieille de 90 ans, réunit plus de 50 membres qu’ils soient sapeurs-pompiers professionnels, volontaires ou jeunes sapeurs-pompiers.

    Un spectacle hors du commun pour les familles

    Au programme, un show unique qui mêle acrobaties, humour et effets pyrotechniques dans une volonté de dépassement de soi. Frissons et émotions garanties pour les petits comme pour les grands !

    Après deux heures de spectacle, la soirée se poursuivra avec un grand bal populaire animé par un DJ jusqu’à 1h du matin sans oublier que food-trucks et buvettes seront installés sur place pour vous restaurer.

    Spectacle à partir de 21h et bal
    à partir de 23h. En accès libre.

  • De jeunes Marseillais sont en vacances à Briançon

    De jeunes Marseillais sont en vacances à Briançon

    « Les valises d’abord s’il vous plaît ! » Devant les minibus, boulevard des Dames à Marseille, Florence Léon, co-coordinatrice du séjour, donne le ton. Un à un, les adolescents chargent leurs bagages avant de prendre la route pour cinq jours vers le Puy-Saint-André, près de Briançon.

    Ce départ s’inscrit dans le dispositif municipal « Vacances pour tous ». Depuis 2020, il permet aux enfants de familles modestes de partir en colonie pour un tarif compris entre 1 et 10 euros par jour. « C’est important de transmettre le message que les vacances ne doivent plus être un luxe », rappelle Farida Benaouda, conseillère municipale déléguée aux vacances pour tous. Cet été, 73 séjours permettent à 1 667 enfants de partir en vacances.

    Organisé avec l’association marseillaise Contact Club, le voyage de ce lundi réunit 14 jeunes des 1er, 2e et 3e arrondissements. « L’idée, c’est de les sortir de leur quotidien qui n’est pas toujours simple », explique Kamir Zitouni, animatrice de l’association et co-coordinatrice du séjour. Cette année, collégiens et lycéens partagent le séjour pour « les responsabiliser et apprendre les uns des autres ».

    Pour Lalissa, 13 ans, qui repart pour la deuxième fois, l’impatience prime : « On s’entend tous bien, donc j’ai vraiment hâte de partir. » Même enthousiasme chez Sara et Rouaya, 15 ans. « Ce qu’on attend le plus ? L’ambiance, répondent-elles en chœur. Être avec d’autres jeunes et changer d’air, ça fait du bien. » Sac sur le dos, Rouaya vérifie un dernier détail avant d’embarquer. « T’as bien pris l’enceinte, hein ? », lance-t-elle à l’animatrice Kamir.

    Sur les traces de Vauban

    Derrière la convivialité, le séjour répond à un objectif éducatif. « Le but est d’enrichir leurs connaissances. Cette année, on a choisi le thème “Sur les traces de Vauban” », détaille Kamir Zitouni. Un clin d’œil qui prend tout son sens à Briançon, terre du célèbre ingénieur du XVIIe siècle.

    Autre ambition, développer leur autonomie : « Ils doivent faire le ménage, la vaisselle, la nourriture », détaille Florence Léon. À cela s’ajoute un changement de décor. « On est dans un petit village, sans réseau. On veut qu’ils soient le moins possible sur les écrans. »

    Une précision qui fait sourire les mamans, restées devant les minibus jusqu’au dernier moment. « Pour avoir des nouvelles, il faut m’envoyer un message », leur glisse Kamir. Et de conclure avant que les portes ne se referment : « C’est fait exprès, sinon, ils sont scotchés à leur téléphone. »

  • [Tibune] L’optimisme d’une volonté éclairée par les leçons de l’Histoire

    [Tibune] L’optimisme d’une volonté éclairée par les leçons de l’Histoire

    Nous apprenons aujourd’hui qu’à Paris a été brisée la plaque en hommage à trois Justes parmi les Nations qui sauvèrent un enfant juif. Dégoût… Je tiens à citer leurs noms : Arsène et Angele Richard et leur fille Marcelle.

    Ici, nous avons entendu avec une émotion qui ne peut s’éteindre les noms de la centaine d’enfants juifs déportés du camp des Milles puis assassinés à Auschwitz, uniquement parce qu’ils étaient considérés comme juifs. Et puis, émouvants autrement, les noms des Justes qui ont aidé les victimes au camp des Milles. « L’irréparable » évoqué par Jacques Chirac était commis à l’été 1942 au Vel d’hiv en zone occupée sous autorité allemande, mais aussi en zone non occupée sous l’autorité française de Vichy. Ombres et lumières.

    Seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact aujourd’hui, le camp des Milles est devenu, après 30 ans de lutte pour un Site mémorial, un lieu de mémoire et d’éducation citoyenne à qui, avec nos anciens Denise Toros Marter, Louis Monguilan et mon père Sidney, nous avions donné pour double mission de devenir un lieu témoin qui survivrait aux témoins et un lieu pédagogique innovant qui aide à passer de l’exclamation « Plus jamais ça ! » à « Comment faire pour que plus jamais ça ? » C’est ainsi que, après son ouverture, notre Site-mémorial est devenu un pôle mémoriel, culturel, éducatif et citoyen aujourd’hui reconnu aux niveaux national et international.

    Au cœur de cette reconnaissance se trouve son modèle scientifique et pédagogique inédit qui construit l’articulation entre la mémoire et le présent dans un « volet réflexif et citoyen ».

    S’appuyant sur neuf disciplines scientifiques, cette démarche fournit des clés de compréhension des mécanismes menant aux crimes de masse mais aussi des ressorts pour y résister. C’est sur cette base que fut conçue la muséographie innovante du Volet réflexif du camp des Milles et que sont développées aujourd’hui une Chaire de l’Unesco et notre démarche vers l’inscription du Site au patrimoine mondial de l’humanité. C’est sur ce socle robuste que sont menées nos médiations et formations qui ont touché plus d’1,2 million personnes, de jeunes particulièrement mais aussi d’élus, de magistrats, forces de l’ordre, enseignants, cadres d’entreprises, syndicalistes, associatifs, sportifs, détenus…

    L’analyse de la Shoah, confirmée par celle des autres grands crimes génocidaires du XXe siècle, met ainsi en lumière les étapes et mécanismes humains récurrents qui peuvent mener une société démocratique vers un autoritarisme criminel.

    Je souhaite ici, à la veille de mon retrait de la présidence de la Fondation du Camp des Milles, rappeler ces fortes leçons de l’histoire que notre recherche a fait émerger et qui nous interpellent directement aujourd’hui :

    1. La démocratie commence après l’élection

    Aujourd’hui, presque tous les régimes non démocratiques se sentent obligés d’organiser des élections. Et l’histoire confirme qu’une légitimité démocratique ne repose pas seulement sur le suffrage universel ; elle exige le respect absolu des droits, des libertés, des minorités et des contre-pouvoirs. Sans ces piliers, le vote perd sa légitimité démocratique, comme l’attestent l’histoire du nazisme et du stalinisme. L’accès d’Hitler au pouvoir avec seulement 33,1 % des voix rappelle qu’un régime autoritaire peut s’installer par les urnes, sur un fond de passivité d’une majorité de citoyens et d’alliances opportunistes. Des hommes politiques modérés étaient en effet persuadés de pouvoir canaliser des extrémistes en col blanc. L’histoire leur a donné tort et ils l’ont souvent payé de leur vie.

    2. L’engrenage vers le pire est nourri par tout extrémisme.

    Dans un contexte de perte de repères collectifs conduisant certains citoyens à préférer un ordre autoritaire aux libertés républicaines, le basculement s’est opéré parfois en quelques mois seulement, avec un affaiblissement de l’État de droit démocratique et de l’indépendance des contre-pouvoirs politiques, judiciaires et médiatiques. Avec aussi l’ouverture rapide de premiers camps pour des internements arbitraires.

    Ce processus mortifère repose sur des engrenages psychologiques et sociétaux puissants – comme l’effet de groupe et la soumission aveugle à l’autorité – qui peuvent transformer des citoyens ordinaires en complices voire en bourreaux. Lorsque les discours politiques s’égarent, ils libèrent des passions, des peurs et des haines qui conduisent vite à des violences mal maîtrisables. Alors le nouveau pouvoir se radicalise encore sous l’effet des contestations de ses opposants et des surenchères dans son propre camp, qui s’ajoutent souvent à des promesses fortes non tenues et à des provocations internes ou étrangères.

    3. Une alerte de l’histoire : l’antisémitisme comme symptôme et accélérateur des crises sociétales

    Dans l’histoire européenne, dans l’affaire Dreyfus comme sous le régime de Vichy, l’antisémitisme est un avertisseur et un accélérateur des désordres sociétaux. Aujourd’hui, le retour massif des actes antisémites à l’échelle mondiale comme le développement du racisme et de la xénophobie, révèlent des maux profonds de notre époque : la brutalisation de la société, l’inculture crasse nourrie par les réseaux sociaux, la montée des crispations identitaires, des inégalités, du ressentiment et des jalousies, l’augmentation des peurs. Mais il montre aussi, comme souvent dans l’histoire, une instrumentalisation cynique par des extrémistes sectaires et communautaristes soufflant sur les flammes de l’incendie antisémite. Pour ce faire, et depuis le stalinisme, l’antisionisme masque et aggrave souvent l’antisémitisme.

    N’oublions donc pas que l’histoire nous enseigne que l’antisémitisme et les racismes ont un potentiel explosif exceptionnel, menaçant la démocratie et la paix civile et justifiant une vigilance et une fermeté elles-mêmes exceptionnelles.

    4. Chacun peut résister, chacun à sa manière

    C’est le principal enseignement du courage des Justes que nous honorons aujourd’hui. Face aux persécutions individuelles et aux extrémismes de tous bords qui menacent la paix civile et l’État de droit, chaque citoyen possède le pouvoir d’agir, à son échelle et selon ses moyens. Des actes individuels ou collectifs ont aidé, protégé, sauvé, qu’ils soient héroïques ou en apparence plus anodins : un mot de soutien, un hébergement clandestin, un refus d’obéir… La passivité, plus encore que l’indifférence, est le principal facilitateur des persécutions, tandis que l’engagement éthique individuel est le dernier rempart des libertés lorsque la Justice n’est plus indépendante. Ces sursauts de conscience ont permis des milliers « d’actes justes », connus ou anonymes, qui ont permis de sauver des dizaines de milliers de vies humaines avant même que le rapport de force militaire ne soit inversé.

    C’est en effet la conscience morale qu’il faut alors écouter en chacun de nous. Par-delà les limites des lois parfois illégitimes et même de la raison parfois sans repères, la conscience morale nous rappelle l’humain comme valeur centrale et l’humanisme comme boussole.

    C’est aussi pour favoriser le réveil de cette conscience intime que, au nom de la mémoire des victimes et des Justes, la Fondation du camp des Milles en appelle à un véritable « courage de mémoire », celui d’appliquer dès aujourd’hui les leçons du passé, universelles et universalistes, pour combattre les engrenages enclenchés, le retour des haines, des discriminations et des violences, et pour faire de la mémoire un engagement concret au service de la démocratie, de la dignité et de la fraternité.

    Nous connaissons la phrase de Paul Eluard : SI L’ÉCHO DE LEUR VOIX FAIBLIT NOUS PÉRIRONS

    Qui d’entre nous est prêt à prendre ce risque vital, pour lui-même et les siens ?

    Une fois encore, au pessimisme de l’intelligence je préfère opposer l’optimisme d’une volonté aujourd’hui éclairée par les leçons de l’histoire, mais aussi la confiance en une jeunesse curieuse et sensible aux valeurs qui nous animent.