Category: social

  • Un film pour témoigner de la mise en concurrence du rail à Miramas

    Un film pour témoigner de la mise en concurrence du rail à Miramas

    « C’est un témoignage de gens qui ne parlent pas à un syndicaliste ou une direction, mais à un cinéaste et avec leur cœur », résume Damien constant, responsable CGT du Comité d’activités sociales inter-entreprises (Casi) des cheminots de Miramas.

    Vendredi soir à 18h30 au cinéma Le Comoédia, le Casi organise la diffusion du film documentaire « #Touscheminots, concurrence, entre défiance et méfiance, entretiens et témoignages en région Paca », réalisé par Balkan Tekelioglu sur une idée originale de l’organisation.

    « Le film raconte l’ouverture à la concurrence du rail au travers des témoignages de cheminots qui ont été transférés dans SNCF sud azur », détaille Damien Constant.

    « Un outil de lutte »

    Il y a une originalité dans la façon de faire. « La réalisation a fait ce qu’elle voulait à partir de notre projet, nous n’avons pas donné de consignes indique Damien Constant. Ce sont des gens qui racontent leur vie, leur entrée à la SNCF, comment leur transfert leur a été annoncé et comment ils l’ont vécu ».

    « Ce film est un outil, une arme pour sensibiliser, transmettre les émotions, et dire qu’on ne veut pas que ça se reproduise. Car vivre la privatisation c’est vivre un drame », appuie le syndicaliste CGT. En d’autres termes, « c’est une autre manière de militer, notre but est que sa diffusion ne s’arrête pas au casi. Il y a pour projet de le promouvoir auprès du grand public », développe Damien Constant, la demande de visa d’exploitation étant en cours et sa diffusion envisagée lors de festivals.

    La séance de vendredi 18h30 au Comoédia est gratuite pour les cheminots, le tarif est de 4 euros€pour le public. Un débat et un apéritif sont proposés à l’issue de la projection.

  • Nouvelle convocation pour le postier syndicaliste

    Nouvelle convocation pour le postier syndicaliste

    Non à la répression. Liberté syndicale à la Poste. » Devant les locaux de la Poste à Marseille (1er), une immense banderole a été déroulée et une centaine de personnes se sont réunies pour soutenir Yann Quay-Bizet, postier et syndicaliste à Sud PTT 13, convoqué pour une commission de discipline, ce mercredi. Selon les manifestants, la direction lui reproche des prises de paroles inappropriées, qui désorganiseraient le service.

    Convoqué pour la quatrième reprise devant cette commission, le fonctionnaire y voit une nouvelle répression syndicale. « On me reproche d’user de ma liberté d’expression », s’indigne-t-il. Ce syndicaliste a déjà été mis à pied en 2019 et en 2022, pour des raisons similaires. Mais le conseil des prud’hommes de Marseille avait annulé ces décisions, le 30 juin 2025, estimant qu’elles relevaient de « sanctions [qui] contreviennent à la liberté d’action et d’expression syndicale ». Une procédure est également en cours pour une autre mise à pied datant de 2024.

    Dans le Vaucluse, Nicolas Pages et David Roumanille, agents de la Poste et cégétistes, ont été mis à pied il y a quelques semaines. « Ils essayent de nous limiter dans nos visites sur site. Mais comment, en tant que syndicat, on peut agir pour les agents, si on ne nous laisse pas rencontrer les salariés et diffuser les informations sur leurs droits », soupire Nicolas Pages.

    « Il y a une dimension systémique dans ces sanctions, dénonce Yann Quay-Bizet. Pour réorganiser les services, supprimer des postes et laisser des salaires bas (…), ils doivent éradiquer les syndicats, pour faire accepter cette bombe sociale. » Mais pour Gilles Botella, représentant à Sud PTT 33, présent à Marseille ce mercredi, ces sanctions, bien que difficiles, sont porteuses d’un peu d’espoir. « Plus ils nous sanctionnent, plus ça signifie qu’ils ont peur de nous. ça veut dire qu’on fait bien notre travail », sourit-il.

    Contactée, la Poste confirme la convocation de Yann Quay-Bizet, affirmant que « cette instance consultative paritaire statuera sur la nature de la sanction disciplinaire à proposer ».

  • Le rapport sur le bloc opératoire contesté par la direction à Avignon

    Le rapport sur le bloc opératoire contesté par la direction à Avignon

    Dans les locaux de l’administration du centre hospitalier d’Avignon, une douzaine de membres de la direction et du corps médical de l’établissement se sont présentés à la presse au lendemain de la communication d’un rapport d’un cabinet d’expertise agréé qui mettait en avant des « indicateurs alarmants » sur les conditions de travail. « Il a eu un effet de résurgence plutôt négatif car le travail mis en place a été un peu pris à défaut », regrette le docteur Jean-Pierre Meunier, chirurgien et chef de pôle de chirurgie et du bloc opératoire.

    Certains chiffres présentés dans ce même document comme des éléments inquiétants sont notamment contestés, tels que le taux d’absentéisme de 15,10%, qui serait en réalité de 10,81%, « soit, selon le barème du cabinet, un taux normal », assure Pierre Pinzelli, directeur de l’hôpital. Mais aussi le taux de turnover de 43% chez les infirmiers en soins généraux (IDE), de 25% chez les aides-soignants ou de 11% chez les infirmiers anesthésistes, qui serait en réalité respectivement de 10%, de 13% et de 7,5%. Tout en concédant un taux de 50% chez les encadrants d’unité de soins, « qui peut paraître élevé », mais qui serait « sur trois personnes dont l’une part à la retraite », et qu’il y a « une réelle difficulté à recruter des cadres de proximité dans les hôpitaux », précise le centre hospitalier dans sa présentation.

    Une divergence sur les données que l’hôpital explique en remettant en doute la neutralité du rapport d’expertise, en évoquant notamment l’appartenance de l’expert à la CGT. « Un article du règlement sur la déontologie rappelle que l’indépendance du cabinet doit être totale vis-à-vis de l’employeur mais aussi vis-à-vis des représentants du personnel. On ne peut pas passer au-dessus du sujet de la neutralité. La conduite de l’audit est menée par un monsieur impliqué dans diverses mobilisations sociales. Ce n’est pas une critique de la personne car on a bien travaillé ensemble. Mais sur le point idéologique, permettez-moi de faire part d’une petite interrogation », tout en confiant qu’il « ne balaie pas d’un revers de main » tout ce qui y figure.

    Travail en cours

    En amont, une longue présentation du fonctionnement du bloc opératoire, avec les nombreux changements récents, a été donnée par l’équipe de direction, notamment la mise en place depuis plus d’un an d’un « pilotage médico-soignant » du service. « On sort d’un état de crise, donc c’est sûr que tout n’est pas blanc. Mais il faut avancer dans un climat serein et cette situation ternit l’image du bloc. On souhaite ici insister sur la qualité du bloc opératoire car ce qui est décrit blesse ceux qui y travaillent », avance le docteur Vincent Pestre, président de la commission médicale d’établissement (CME).

    Un plan d’action pour « travailler avec l’ensemble des partenaires sociaux » va être présenté lors de la prochaine formation spécialisée santé, sécurité et conditions de travail (F3SCT), programmée en février. Il comporte sept propositions de la gouvernance du service, dont certaines convergent avec celles du rapport, telles que la poursuite des recrutements, l’engagement « rapide » de l’analyse du travail, ou la mise en œuvre « rapide » d’un suivi des risques psychosociaux par des professionnels rompus à l’exercice et indépendants. « On ne dit pas que tout va bien. On est sur le chemin pour essayer de régler les problèmes. On pense que l’organisation mise en place est un socle pour sortir de la crise. Plusieurs indicateurs nous le font penser. Nous ne sommes pas dans un état de chaos comme il est décrit par la CGT. Nous sommes toujours face à des difficultés et nous essayons de nous en défaire », ajoute le docteur Vincent Pestre.

  • Une nouvelle mobilisation qui sent la poudre à Eurenco

    Une nouvelle mobilisation qui sent la poudre à Eurenco

    Une semaine après le premier rassemblement devant la poudrerie Eurenco de Sorgues, il y avait à nouveau un peu moins de 150 personnes sur le piquet de grève. La CGT et FO demandent depuis plusieurs semaines de meilleures conditions de travail après avoir refusé de signer les négociations annuelles obligatoires avec la direction.

    Ils revendiquent une revalorisation générale des salaires de 130 euros bruts pour chaque employé, la revalorisation de la prime d’ancienneté, une prise en charge plus importante de la mutuelle et de la prévoyance par l’entreprise ainsi que la transformation des contrats d’intérim en CDI. Les discussions sont actuellement au point mort.

    Jouer au dur

    Jérémy Durou, secrétaire général central FO Eurenco, évoque notamment le fait que la direction n’aurait pas du tout l’intention de revenir vers les organisations syndicales pour négocier… Face aux employés mobilisés à Sorgues, il évoque même une « intimidation de salariés grévistes », assurant que le directeur général adjoint de l’opérationnel a « ouvertement dit à un salarié de Bergerac [l’autre site de production du groupe en Dordogne, Ndlr] que s’il n’était pas content, il pouvait aller ramasser des pommes ». Des agissements qui seront portés devant l’inspection du travail par FO et la CGT.

    « On va durcir le mouvement avec des actions plus fortes, par des grèves plus longues ou des actions coup de poing, plus visibles », confie de son côté Jérémy Caillé, secrétaire général central CGT à Eurenco. « Certains se croient supérieurs aux autres. S’ils veulent jouer les durs, on va durcir aussi », ajoute Jérémy Durou.

  • Une grande collecte pour prôner la solidarité et l’intelligence collective à Martigues

    Une grande collecte pour prôner la solidarité et l’intelligence collective à Martigues

    Les piles de cartons prennent de la hauteur. Dans le hall de la Halle de Martigues, les bénévoles s’affairent pour organiser et répartir les denrées alimentaires et les produits d’hygiène récoltés lors de l’opération Martigues solidaire, qui se poursuit jusqu’au concert de Chimène Badi ce vendredi 6 février.

    « Il y a six palettes, pour les six organisations partenaires », pointe Valérie Fernandez-Campazzo, responsable du service de la vie associative : le Secours populaire, la Croix rouge, les Restos du cœur, les « mastodontes », et les Équipes Saint-Vincent, Partage et le Secours catholique. « Cette action, c’est collecter ensemble, mais c’est aussi fonctionner ensemble, et le challenge de la Ville c’est de coordonner tout ça ! »

    La coopération

    L’agente municipale pense que 2026 ne sera pas l’année de tous les records comme 2025, où sept tonnes de dons avaient bénéficié aux associations. Mais pour elle, ce qui compte, c’est aussi la dynamique que l’événement crée. « C’est un énorme collectif de partenariats polymorphes, avec 39 points de collecte répartis entre les grandes, moyennes et petites surfaces de la commune, les lieux associatifs, les collèges, les lycées, les centres sociaux et espaces publics. » Sans compter les entreprises, qui s’y mettent aussi, à l’instar de Petroineos.

    Colette, dite « Coco », des Équipes Saint-Vincent, affirme : « Non seulement les dons récoltés représentent un mois ou deux de fournitures pour accompagner nos 300 familles bénéficiaires, mais en plus ça stimule notre engagement bénévole, notre implication. » Après huit éditions de Martigues solidaire, des amitiés se sont nouées et des coopérations inter-asso se sont engagées. À la fin de chaque opération, les organisations redistribuent les denrées à la hauteur des besoins et des capacités de stockage de chacune. « C’est de l’intelligence collective », glisse Valérie Fernandez-Campazzo.

    Les échanges se poursuivent ensuite tout au long de l’année. « On essaye de se rencontrer pour trouver un consensus et harmoniser nos pratiques de sorte, notamment, à ce que l’été il n’y ait pas de manque pour aider et que les personnes en difficulté ne se retrouvent pas démunies », confie Colette.

  • À l’hôpital d’Aubagne, le dialogue social se fige comme la glace

    À l’hôpital d’Aubagne, le dialogue social se fige comme la glace

    « C’est un plan social », lâche Christel Migliaccio, secrétaire générale de la CFDT à Edmond-Garcin. Après avoir découvert le 19 janvier que la direction de l’hôpital, qui emploie 800 agents, avait signé un « contrat d’efficience » avec l’Agence régionale de santé Paca, les syndicats se sont vus adresser par la direction « un nouveau contrat pour avis ».

    L’intersyndicale (CFDT, Unsa, FAFHP, FO, CGT) y a découvert que l’ARS s’engage à verser 3 millions d’euros d’aides en exploitation par an entre 2026 et 2030. En contrepartie, « l’hôpital doit faire un gain de 11 millions d’euros, dont 70% de dépenses en moins, et 30% de gain d’activité », cite Rachide Hadjali (FO) « Déjà, il est paradoxal d’augmenter l’activité, en faisant des économies sur le personnel », observe Christel Migliaccio. « D’autant plus que pas mal de services sont déjà en souffrance », assure Houria (CFDT). L’intersyndicale n’accepte pas de donner un avis sur un document qui ne détaille pas quelles seront les répercussions concrètes de ces économies à faire « sur les effectifs, les organisations de travail et conditions de travail ». Le rapport avance notamment la suppression de 54 équivalents temps plein. Sollicitée mardi, la direction a répondu : « Ce chiffre ne correspond pas à la réalité. Il est exact qu’un effort est attendu sur les dépenses de personnel, qui représentent plus de 60% des charges de l’établissement. Toutefois, il s’agit d’un objectif financier et non d’un nombre cible de suppressions de postes. Cet effort pourra se traduire par des réorganisations de travail, la limitation de certains remplacements, une meilleure maîtrise des heures supplémentaires, une optimisation des organisations existantes. »

  • Budget : les chantiers d’insertion sur la sellette dans le Gard

    Budget : les chantiers d’insertion sur la sellette dans le Gard

    C’est ce qui s’appelle un sacré coup de rabot. Dans le cadre du projet de loi de finances 2026, le gouvernement prévoit une baisse de 11% du budget alloué aux chantiers d’insertion. Face à ces économies réalisées sur le dos des plus vulnérables, le Département du Gard a réaffirmé « son soutien indéfectible aux Ateliers et chantiers d’insertion (ACI) » par courrier le 22 janvier, et alerté le Premier ministre sur les conséquences à venir.

    « J’ai écrit à l’ensemble des structures pour les informer de la situation, et leur dire qu’on n’était pas en adéquation avec cette décision », confirme Rémi Nicolas, conseiller départemental délégué à l’insertion. Dans le Gard, la perte est estimée à un million d’euros sur une année, l’État fléchant sept millions d’euros vers ces chantiers, contre trois millions pour le Département. Un budget qui finance 1 200 postes par an au total, répartis dans les 37 chantiers d’insertion et les 26 structures (publiques ou privées) présentes dans le département.

    Des structures à flux tendu

    Destinés aux personnes bénéficiaires du RSA les plus éloignées de l’emploi ou en lutte contre les freins à l’emploi, ces chantiers sont considérés « comme un levier stratégique de cohésion sociale », souligne le Département.

    « Nous, nous avons maintenu tous nos financements dédiés à l’insertion », précise encore Rémi Nicolas, qui déplore l’impact néfaste de ce genre de coupes sur un territoire en proie à la précarité. « Ici, 28 000 personnes bénéficient du RSA, et une personne sur cinq vit sous le seuil de pauvreté », ajoute encore l’élu, qui espère que les députés arriveront à faire marche arrière.

    D’autant que la situation financière de ces associations est déjà très fragile. « Beaucoup de nos chantiers sont aujourd’hui à flux tendu. Les financements ne suivent pas l’évolution des charges. Nous avons des inquiétudes vis-à-vis de deux ou trois structures qui pourraient être durement impactées… » Pour l’heure, le courrier au Premier ministre est resté lettre morte.

  • Un rapport confirme le risque grave pour les agents du bloc à Avignon

    Un rapport confirme le risque grave pour les agents du bloc à Avignon

    Un rapport d’expertise d’un cabinet agréé sur les conditions de travail au bloc opératoire de l’hôpital d’Avignon, communiqué ce mardi 27 janvier au personnel, a conclu « à l’existence d’un risque grave, identifié et actuel, pour la santé et la sécurité des agents du bloc opératoire, nécessitant une action urgente et concertée ».

    Une enquête commandée par la formation spécialisée santé, sécurité et conditions de travail (F3SCT), à la suite d’une alerte pour danger grave et imminent déposée en novembre 2024 et du droit de retrait exercé en conséquence par les agents du bloc. Une étude dans laquelle 87 membres du personnel ont été interrogés, dont 19 ont évoqué des « idéations suicidaires en 2024 ». Le tout relaté dans un document de 121 pages que La Marseillaise a pu consulter. Il met en avant des « indicateurs alarmants », parmi lesquels un absentéisme de l’encadrement « critique » de 39,05% et de 15,10% au sein du bloc, soit « deux fois la moyenne de l’établissement ». Ou encore un turn-over de 40% au sein de l’encadrement, soit « un renouvellement complet en trois ans », de 43% chez les infirmiers en soins généraux (IDE) et de 25% chez les aides-soignants. En réponse, la direction organise une conférence de presse dans ses locaux ce mardi 3 février. Il y a deux semaines, suite à une alerte de la CGT, le directeur Pierre Pinzelli s’étonnait de l’engouement autour de l’audit, affirmant que l’enquête avait été lancée à son initiative. Assurant que c’était un « processus très concerté, très travaillé, très préparé », avec « l’objectif de ne pas créer de zones d’affrontements, de conflits ou de frottements, mais de travailler ensemble ». Et demandait « d’arrêter la personnalisation des choses », le bloc opératoire « n’est pas sous la gestion directe de la direction générale », lançait-il. Le tout alors que les équipes travaillent à la venue de la Haute autorité de santé (HAS) afin de tenter de récupérer la certification du centre hospitalier, perdue justement pour des défaillances liées au service.

    Impact financier

    Dans sa synthèse, le cabinet indépendant liste divers points de dysfonctionnement. Il décrit par exemple un « effondrement managérial », expliquant que « seul un cadre supérieur, arrivé en juin 2025, pilote désormais l’ensemble du bloc, assisté de coordinateurs “faisant fonction” qui cumulent missions d’encadrement et gardes opérationnelles ». Une situation qui « génère un vide managérial critique, empêchant toute régulation quotidienne efficace de l’organisation du travail ». Mais aussi des conditions de travail qualifiées d’« insoutenables », citant des agents qui « décrivent une cadence insoutenable avec des dépassements horaires quotidiens et une impossibilité structurelle de poser les congés ». Ainsi que des « risques pour la qualité des soins », évoquant des agents qui témoignent « des risques importants d’erreurs médicamenteuses, d’une vigilance altérée par l’épuisement et d’une hausse suspectée des infections nosocomiales ». Le tout avec un impact financier estimé entre 375 000 et 450 000 euros par an. Des recommandations sont également formulées en fin de document, telles que l’arrêt des réorganisations du service tant que les « problèmes ne sont pas réglés », la création d’un comité de pilotage, des recrutements « en urgence » ou encore l’octroi de moyens matériels supplémentaires.

  • Grève des marins, menacés de perdre pavillon et emplois

    Grève des marins, menacés de perdre pavillon et emplois

    « Nous bloquons toute entrée par la passe nord du port », a confirmé Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT des marins de Marseille lundi matin. Après une grève le 2 décembre, la CGT des compagnies Corsica Linea et La Méridionale avait déposé la semaine dernière un nouveau préavis de 48 heures débutant ce 2 février afin de « sécuriser les emplois ».

    Le syndicat dénonce l’arrivée de compagnies opérant sous pavillon étranger sur les lignes desservant le continent français avec le Maghreb et certaines destinations corses induisant une concurrence déloyale. « Les marins de ces bateaux n’ont pas de contrats français et sont payés entre 650 et 1 200 dollars par mois. Contre ça, on ne peut pas lutter », s’insurge le syndicaliste. Dans un courrier adressé au ministre des Transports, la CGT Marins exige de l’État français qu’il oblige les armateurs qui s’installent en France à respecter la législation française. « Il n’est pas normal que ces compagnies puissent utiliser un pavillon international, dénonce Frédéric Alpozzo, l’État doit supprimer les autorisations de GNV à Sète avec l’Algérie et nous attendons une coopération entre la France et le Maroc avec les ports de Sète et Marseille. » Autre revendication « urgente », précise le secrétaire général, « il faut un programme commun de flottes entre nos deux compagnies avec un programme supplémentaire de coopération à Sète avec l’Algérie, complémentaire au port de Marseille avec Algérie Ferries ».

    Un raz-de-marée low cost

    De sérieuses inquiétudes pèsent sur les compagnies françaises. Pour rappel, en juin dernier, le groupe CMA CGM n’excluait pas la revente de la compagnie La Méridionale, en difficulté. La CGT Marins, dans une lettre du 3 juillet demandait « solennellement » au PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé de conserver La Méridionale, craignant les lourdes conséquences sociales d’une telle vente. Le 24 janvier, confrontée « à une dégradation de sa situation économique, dans un contexte de concurrence internationale très intense », expliquait la direction de La Méridionale justifiant la cession du Kalliste à un chantier turc en vue de sa mise à la casse. « On nous annonce la perte de 50 000 passagers, des résultats qui ne permettront plus de payer les navires neufs, ni la mise aux normes écologiques de la flotte avec une activité réduite au service public entre Marseille et la Corse également menacée par Corsica Ferries sous pavillon italien. » Les marins refusent de désarmer et exigent une stratégie d’avenir.

  • Capgemini, Société générale et Ubisoft : menace sur l’emploi dans l’Hérault

    Capgemini, Société générale et Ubisoft : menace sur l’emploi dans l’Hérault

    Capgemini, la Société générale, Ubisoft. En moins d’une semaine, ces grandes sociétés ont fait part de leur volonté de se séparer de milliers de salariés. Le premier coup est venu de Capgemini, le 20 janvier. Le géant français des services informatiques a annoncé vouloir supprimer 2 400 postes sur les 35 000 que compte l’Hexagone. L’Hérault, où l’entreprise compte deux sites, est concerné. Une décision justifiée, selon la direction, par une mauvaise conjoncture économique et un besoin de restructuration des métiers liés à l’IA. « Mais cette conjoncture n’empêche pas Capgemini de continuer à verser des dividendes, de réaliser près de deux milliards de dollars de bénéfices pour [1,6 milliard d’euros] un chiffre d’affaires à peu près constant autour de 20 milliards de dollars [16,7 MD d’euros] », précise Benjamin Girard, délégué syndical CGT chez Capgemini. Et même si l’activité marque le pas en France – le groupe a perdu 5% de son chiffre d’affaires au cours des neuf premiers mois de 2025 – « cette baisse a déjà compensé car l’an dernier, les effectifs ont été diminués de 5 % », reprend le syndicaliste. Ce plan social déguisé prendrait la forme d’une rupture conventionnelle collective. Sur la trentaine de sites en France, Montpellier ne devrait pas y échapper. « Sauf qu’aujourd’hui, on n’a aucune visibilité sur les postes concernés. Si jamais ils n’arrivent pas à trouver le nombre de volontaires suffisants, on ne sait pas ce qu’il va se passer. Ils nous parlent aussi de mobilité interne, ce qui induit des changements de situation personnelle importants. D’autant que si le salarié refuse, cela peut conduire à un licenciement », dénonce Benjamin Girard. Chez Capgemini, on attend l’ouverture des négociations le 5 février avant de se mobiliser. « Nos revendications sont claires : zéro suppression de postes », prévient Benjamin Girard. Le groupe semble préférer faire ses emplettes avec la milice ICE de Trump.

    10 février, grève chez Ubisoft

    Incertitude aussi pour les salariés d’Ubisoft, qui vient d’annoncer 200 licenciements ainsi qu’un plan d’économie de 200 millions d’euros d’ici les trois prochaines années. Si les 200 emplois concernent le siège social, domicilié au Val-de-Marne, « certaines personnes rattachées au siège travaillent dans d’autres studios, comme ici, à Montpellier. C’est pour eux une énorme inquiétude », se désole Clément Montigny, délégué syndical STJV chez Ubisoft Montpellier. Quant au plan d’économies – qui intervient après un premier plan de 300 millions d’euros depuis 2023- laisse également les salariés dans la panade. Six jeux vidéo ont d’ores et déjà été annulés et la direction veut revenir sur le télétravail, point de crispation qui avait déjà mené à une grève en 2024. « Avec le retour en présentiel, les gens vont payer pour venir travailler. Mais nos salaires n’augmentent pas, on risque de perdre encore plus de gens », craint Clément Montigny. Les syndicats appellent donc à un large mouvement de grève, du 10 au 12 février -un rassemblement est prévu le 10 à Montpellier. « Une grève internationale, des pays étrangers devraient se joindre au mouvement », indique Clément Montigny.

    La rue devrait donc devenir le théâtre de mouvements sociaux auxquels pourraient bien participer les salariés de la Société générale. Leur direction vient d’annoncer 1 800 licenciements d’ici 2027.

    2 204 défaillances d’entreprises dans l’Hérault et le Gard

    Selon la Banque de France, l’Hérault et le Gard connaissent de fortes défaillances d’entreprises [ne plus être en capacité de rembourser ses dettes, Ndlr]. Au 9 janvier, on dénombrait 1 515 défaillances de novembre 2024 à novembre 2025. Le Gard n’est guère mieux loti puisqu’entre octobre 2024 et octobre 2025, on dénombre 689 défaillances d’entreprises.