Category: social

  • « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    La Marseillaise : Vous sortez d’une conférence pour le secteur CGT cheminots Paca avec un changement de secrétaire général. Quelles étaient les grandes lignes des discussions entre syndiqués ?

    François Tejedor : Cette conférence se tenait dans un contexte particulier. Il y a une montée des guerres partout dans le monde mais aussi de montée l’extrême droite, là encore à un niveau international. Côté entreprise, il y a l’ouverture à la concurrence, des réorganisations et des situations dramatiques avec un nombre important de suicides depuis le début de l’année. On a une trajectoire qui est au-delà de celle de France Télécom, un service public qui a subi un éclatement. Et c’est ce qu’on vit depuis 2018 mais on constate une accélération dans ce processus d’éclatement. Cette accélération a comme conséquence ces situations dramatiques pour la famille cheminote.

    Cédric Gimenez : En effet, la question de la montée des idées d’extrême droite a fait l’objet d’un certain nombre de débats dans notre conférence. Ce n’est pas par hasard que nous l’avons tenue dans le Var puisqu’elle est particulièrement présente dans ce territoire. Quelque part, cela fait le lien avec les décisions politiques qui touchent notre entreprise avec son éclatement. Dans la région, on est en avance par rapport à d’autres. Il y avait donc un réel besoin d’analyser le niveau d’attaques, les conséquences et la riposte que cela implique. Comme nous sommes la première région a réellement faire face à l’ouverture à la concurrence, la question de notre réaction se pose. On sort rassurés des débats de cette conférence.

    Rappelons aussi le 10 juin, qui a montré qu’on était toujours en capacité de mobiliser les cheminots. Plus que ça : quels que soient les cheminots et quelle que soit l’entreprise. Dans notre conférence, il y avait d’ailleurs naturellement les camarades de Transdev et ceux de la filiale SNCF Voyageurs Sud Azur (SVSA). Cela montre qu’on est capable de s’unir autour d’un même objectif : l’unification de l’entreprise. Et pour y arriver, il faudra franchir des marches tous ensemble, en s’organisant.

    La lutte contre l’extrême droite est un sujet au cœur de l’histoire des cheminots. Quel lien faites-vous entre sa montée et les politiques libérales que vous pointez ?

    F.T. : Nous avons un Conseil régional, pour notre région Sud, qui est dirigé par la droite et l’extrême droite en réalité. À chaque assemblée où il y avait des votes sur des questions d’ouverture à la concurrence et d’éclatement de l’entreprise, c’est la majorité de droite qui portait ces orientations mais avec un accompagnement et des votes favorables de l’extrême droite pour celles-ci. L’extrême droite a soutenu toutes les propositions qui ont conduit à cette ouverture à la concurrence.

    Plus globalement, le Medef reçoit le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, il banalise ses idées. Et ce n’est pas une coïncidence que Jordan Bardella annonce que l’âge de départ à la retraite n’est pas un totem pour lui dans le même laps de temps. On voit bien qu’il sourit au patronat pour accéder au pouvoir, en attaquant les droits des travailleurs.

    C.G. : La lutte contre l’extrême droite fait partie de notre ADN, elle est inscrite dans nos statuts, c’est non-négociable. Tout ce qui sera possible de faire pour la contrer, on le fera. Ce qu’on doit faire aussi, c’est porter nos revendications qui sont reprises par certaines organisations politiques et progressistes. On doit mettre en avant les idées reprises par des partis proches de nous. On doit donc mener un double combat : combattre ces idées de front tout en portant un projet de société. Il s’agit pour nous de parler du développement du service public ferroviaire. Prenons l’exemple des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises, beaucoup de choses ont été dites mais les premiers concernés, les cheminots, doivent se faire entendre.

    Ce projet de société que vous évoquez va-t-il évoluer entre le précédent mandat et le prochain ?

    C.G. : C’est un mandat qui sera dans la continuité de ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a pas de volonté de rupture, c’est plutôt clair. Il y a aussi une volonté de peser dans le débat public. On s’aperçoit que beaucoup de gens parlent du ferroviaire, mais sans vraiment le connaître. On ne dit pas que les cheminots ont la science infuse, mais nous sommes les premiers concernés. Encore plus car la CGT est la première organisation syndicale. Il y a aussi plusieurs enjeux pour ce mandat. Par exemple, la jeunesse où il y a une attention particulière. On a d’ailleurs un collectif jeunes cheminots Paca établi de longue date. Une des annonces phares de notre conférence était d’ailleurs une « initiative jeune » à la rentrée. Autre élément, il y a les élections professionnelles qui arrivent à la fin de l’année. Et qui dit élections professionnelles, dit positionnement de la CGT vis-à-vis d’autres organisations syndicales parfois complaisantes avec le capital ou la direction. Et je dis cela sans dénigrer ces organisations, puisque quand on est unitaire sur un sujet, on a de bons résultats. Mais sur beaucoup de sujets, la CGT est bien seule. C’est un réel enjeu.

    Vous sortez d’une grosse journée de mobilisation, le 10 juin. Elle est le résultat
    d’une colère face à toutes les problématiques que vous évoquez
     ? Quelle suite ?

    F.T. : Cela fait un moment qu’on sent de la colère. Je pense aux contrôleurs en 2022. L’entreprise a lancé une série de chantiers sur les métiers mais sans aboutir. Dernièrement, dans SNCF Voyageurs, la direction voulait remettre en cause 5 jours de RTT, ce qui est une remise en cause déguisée des 35 heures. Les Négociations annuelles obligatoires [NAO] du début d’année n’ont rien arrangé puisque l’entreprise a peu donné alors qu’on a perdu 12% du pouvoir d’achat en 10 ans ! Cette accumulation a créé une colère qui avait du mal à s’exprimer jusqu’au 10 juin. Finalement, le niveau de mobilisation est historique car de même hauteur que lors de la lutte contre la réforme des retraites. Selon les métiers et les lieux, on avait des 80 % à 90 % de grévistes. Il s’est passé quelque chose lors de ce 10 juin. C’est une alerte qui doit être entendue par la direction. Si ce n’est pas le cas, la colère sera encore plus forte.

    C.G. : Il ne faut pas résumer le 10 juin à la date en elle-même. Il y a eu toute une phase de construction en amont, on a arraché l’unité syndicale malgré des intérêts divergents sur fond d’élections professionnelles. Il y aura certainement des suites, puisque le niveau de mobilisation était aussi fort que lors de la lutte contre la réforme des retraites en 2023. Sans présager de l’avenir, on sent que la direction va devoir agir car elle a reçu une alerte très forte. D’autant qu’une table ronde est prévue, le 23 juin. On ne s’interdit rien à l’issue de celle-ci.

  • [Maj] Pas de grève de Force ouvrière sur le métro marseillais

    [Maj] Pas de grève de Force ouvrière sur le métro marseillais

    Coup de chaud et rififi sur le métro marseillais, ce jeudi. Car le syndicat Force ouvrière de la RTM avait déposé un préavis de grève, qui devait débuter ce vendredi. Un préavis concernant les agents d’exploitation du métro, mais qui n’était pas forcément suivi d’un franc appel à la grève puisque des négociations étaient prévues dans la journée. Et qui portait sur l’organisation du centre de commande. De quoi rappeler le conflit qui avait eu lieu l’année dernière, à la même époque, et qui avait privé la ville de métro pendant plusieurs jours.

    Il n’en fallait pas plus pour que la RTM crie au loup avec un étonnant communiqué de presse, dès le matin, à propos dudit préavis. Et que nos confrères multiplient les articles évoquant, sans conditionnel pour certains, un impact sur les lignes de métro à venir. Après le premier round de discussions de la matinée, FO jugeait les réponses de la RTM non satisfaisantes… Puis est venu le second round de négociations, l’après-midi, durant lequel direction et syndicat ont finalement trouvé un terrain d’entente. « Notre organisation syndicale demandait la formalisation de garanties claires concernant l’organisation du Centre Métro et les conditions de travail des agents. Les réponses apportées permettent aujourd’hui de répondre à plusieurs revendications », justifie le syndicat. Avant de conclure : « Dans ces conditions, Force ouvrière a décidé de lever son préavis de grève. »

    Même retour de la RTM : « Le dialogue engagé ces derniers jours, et plus particulièrement aujourd’hui, a permis de trouver une issue constructive, garantissant la qualité du service public de transport. En conséquence, aucune perturbation n’est à prévoir demain et l’ensemble du réseau fonctionnera normalement. »

  • Benoît Payan met la pression sur Nicolas Isnard

    Benoît Payan met la pression sur Nicolas Isnard

    Sommé par le préfet d’arbitrer lui-même les 53 millions d’euros de coupes dans les dotations métropolitaines aux communes, le président (LR) de l’intercommunalité, Nicolas Isnard, défendait ce mercredi comme méthode « l’écoute et l’intelligence collective ». « Je ne suis que le porte-parole d’un collectif, pas un empereur qui décide pour les autres », justifiait-il face à la presse.

    Mais le « le socle de l’unité des maires » qu’il prône tangue face aux intérêts contraires des communes. Ce jeudi, sur BFMTV, le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, l’a sommé de trancher. « Le président de la Métropole, c’est quelqu’un qui veut être œcuménique. Il se dit que son rôle, c’est de rassembler tout le monde, que tout le monde puisse s’entendre. Mais quand on est un chef, on doit aussi à un moment décider, et il est dans une situation où il doit décider », estimait-il. C’est que si le président de l’intercommunalité voulait prévenir toute discorde, il défendait face aux maires la préconisation de la chambre régionale des comptes, de couper dans la dotation de solidarité communautaire, une option qui pénalise Marseille. « Ça ne peut pas marcher, nous n’irons pas loin collectivement sans la ville centre », lâche Benoît Payan, qui indique avoir proposé ses propres pistes au président de l’intercommunalité, ce jeudi matin. D’emblée, il avertit : « Je ne me laisserai pas marcher dessus, parce que je dois défendre les Marseillais. » Et d’assurer que « sans réforme de structure, la Métropole va mourir ».
    Y.S.

  • Un accord sur l’organisation du travail entre FO et la direction du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Un accord sur l’organisation du travail entre FO et la direction du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    « C’est comme ça qu’il faut faire ! Il faut parler à la direction quand on n’est pas d’accord ! » Jessica Michel, secrétaire générale FO CHITS, lève le poing, devant une foule d’environ 200 salariés massés devant l’hôpital Sainte-Musse, jeudi midi, après l’appel à la grève lancé par le syndicat. Raisons de la colère, « la démolition de l’hôpital public et le mépris des personnels », et « un dialogue social devenu une illusion », malgré des « lits fermés par manque d’effectifs, des services d’urgences saturés, le sous-effectif quotidien, l’épuisement généralisé des équipes et la perte de sens au travail ».

    Une mobilisation qui a porté ses fruits et provoqué un immense soulagement chez les soignants, dont les nombreuses embrassades à l’intention de leurs représentants syndicaux étaient à la hauteur de leur reconnaissance. « Je leur ai dit que c’était eux qu’il fallait remercier, car sans eux, la direction n’aurait pas répondu comme ça », salue Jessica Michel, qui loue aussi l’implication de Josée Massi, maire (SE) de Toulon et présidente du conseil de surveillance de l’hôpital : « Elle nous a entendus et écoutés. Elle connaissait le dossier, la vie des agents lui tient à cœur. »

    Un cycle de négociations va débuter

    Trois des revendications émises par les travailleurs ont été entendues. Tout d’abord, la prise en compte de la pause méridienne dans le temps de travail. Deuxièmement, le passage de 35 à 37h30 de travail hebdomadaires, alors que de nombreuses heures supplémentaires n’étaient ni récupérées, ni payées. « Le passage aux 35 heures au sein de l’hôpital en 2002 s’est fait sans moyen », évoque Gilles Manchon, secrétaire régional Paca-Corse FO Santé. « Les agents hospitaliers ont absorbé la surcharge de travail depuis maintenant 24 ans. Ils doivent avoir leur repos compensateur par rapport à la surcharge de travail qu’ils ont. »

    Un point sur lequel FO CHITS restera particulièrement vigilant, certains agents cumulant « plus de 300 heures non payées, ni récupérées », ajoute Gilles Manchon. Cela, grâce à la troisième avancée obtenue, à savoir l’implication des salariés dans la construction des cycles de travail (gestion des horaires, des temps de repos).

    Mais le secrétaire régional FO Santé tempère : « On a gagné un match contre la direction, mais le championnat est long et d’autres matches s’annoncent. » Car, désormais, place à un cycle de négociations entre les deux parties, qui concernera les cycles de travail, donc, et les moyens matériels et humains accordés aux services.

    Yann le Bras, directeur du CHITS, se place lui aussi dans une logique d’ouverture : « Il faut une méthode pour porter un dialogue social constructif, qui prenne en compte le vécu des agents, mais aussi les réalités de l’établissement. » Dans cette perspective, la question du temps de travail fera l’objet d’une attention particulière : « Il y a parfois des sujets à modifier, notamment quand le rapport à la loi est en jeu, et c’est un des sujets qui est sur la table », promet-il aux 4 000 agents hospitaliers de l’établissement.

  • Pamar : même lutte, nouvelle direction

    Pamar : même lutte, nouvelle direction

    « On a eu des rencontres et ça, c’est le grand changement », reconnaît Kalathoumi Ibouroi. Pourtant, la déléguée syndicale CGT des salariés de Pamar ne désarme pas : « Les Pamar ne refusent jamais le dialogue, mais ces discussions ne nous mènent nulle part. »

    Entourés de nombreux soutiens venus des UL CGT Saint-Lazare, Centre, Quartiers Nord, Martigues, Cheminots, Croix Rouge et Indecosa, les huit salariés sont venus demander, devant la clinique Beauregard-Vert Coteau, leur réintégration dans des conditions de sécurité garanties. Mais, après une victoire au tribunal des prud’hommes de Marseille, puis une autre devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, il y a encore un hic à la reprise : « La cheffe de service à l’origine du conflit, est restée en poste », précise Kalathoumi Ibouroi.

    Pour rappel en 2024, les salariés de la blanchisserie avaient interpellé l’inspection du travail pour alerter de manquements graves à l’hygiène dans le procédé de traitement du linge et d’un management agressif. Quelques jours plus tard, ils déposaient une plainte au commissariat contre la cheffe de service suite à des menaces de mort à l’encontre des salariés.

    Il y a quatre mois le groupe Almaviva, 4e plus important groupe de cliniques privées en France, détenu à 60% par le fonds koweïtien Wren House Infrastructure, a repris le groupement des huit cliniques privées Sainte-Marguerite. Il hérite également du contentieux qui dure depuis plus de deux ans avec les salariés de sa filiale Pamar.

    Dernier point de blocage

    Devant la clinique ce jeudi, le tractage des militants était tout juste en cours. Deux représentants de la direction d’Almaviva et une de la clinique Beauregard-Vert Coteau sont venus à la rencontre des manifestants. La dernière s’est dite « désolée » ne voyant « pas de lien avec Beauregard ». Pour les salariés, le lien est pourtant évident : « C’est grâce à notre travail que votre établissement et tous ceux du groupe peuvent fonctionner. C’est grâce à notre lutte que vous avez obtenu l’assurance que le linge et les tenues de travail des soignants sont impeccablement traîtés parce que des contrôles ont obligé Pamar à respecter le bon process. »

    La direction d’Almaviva précisait : « Il y a des choses que nous proposons de mettre en place, mais ce ne sont pas les solutions qu’ils souhaitent. » Pour les salariés, la reprise ne tient qu’à une condition : « Nous avons accepté de travailler sous la direction de l’ancienne directrice qui, pourtant, n’a rien fait pour protéger ses salariés. Mais il est inacceptable que nous, victimes de ses menaces de mort, reprenions le travail sous le management de cette cheffe de service. » Sonia, salariée, insiste : « Nous voulons retourner travailler, mais il reste ce point de blocage qui est notre principale revendication : sa mutation ! » Or, dans cette déjà trop longue lutte, l’ultime levier semble difficile à actionner. « Sous mandat », en tant que représentante de section syndicale FO, « cette salariée est protégée », souligne la direction. Contacté, le syndicat n’était pas joignable à l’heure où nous écrivions ces lignes. Manu Roux, secrétaire de l’UL CGT Centre, lance en signe de revoyure : « Le temps passe, il y a urgence. Nous serons toujours là pour nos camarades. »

  • Ces professeurs réclament des piscines pour leurs élèves

    Ces professeurs réclament des piscines pour leurs élèves

    Des professeurs de sport serrés dans une piscine gonflable au milieu du Vieux-Port. C’est tout l’objet de la mise en scène organisée, ce jeudi, par le Snep-FSU Aix-Marseille pour attirer l’attention sur le manque d’équipements aquatiques et de piscines dans la ville. Lunettes de plongée et bonnet de bain sur la tête, ils veulent alerter sur cette situation qu’ils jugent préoccupante.

    « À Marseille, seulement 14 piscines sont en activité, ce n’est pas assez. Surtout qu’il y a des piscines qui ont fermé, notamment celles de Luminy et de la Bombardière. La situation ne s’améliore pas, elle a plutôt tendance à se dégrader », affirme Jean Cugier, cosecrétaire académique du Snep-FSU et professeur d’EPS au lycée polyvalent Antonin-Artaud (13e). « Dans la deuxième ville de France, on compte 100 m² de piscine pour 10 000 habitants. C’est deux fois moins qu’à Lyon par exemple. Énormément de professeurs d’EPS sont privés de piscine pour emmener leurs élèves apprendre à nager », déplore Cédric Vassenaix, enseignant à Aix-en-Provence.

    Les professeurs d’EPS alertent surtout sur le nombre important d’enfants qui arrivent au collège sans savoir nager. D’après le syndicat, jusqu’à 85% des élèves entrant en 6e ne maîtrisent pas la nage, dans certains quartiers de Marseille. C’est le cas pour les élèves du collège Henri-Barnier, dans le 16e arrondissement, toujours selon le syndicat. Ce dernier précise qu’une grande partie des élèves ne sachant pas nager sont scolarisés dans les quartiers nord de la ville et ne disposent que de cinq piscines municipales, contre neuf dans le reste de Marseille.

    Face à ce constat, les professeurs d’EPS ont choisi un slogan : « Savoir lire, c’est essentiel. Savoir nager, c’est vital. » L’occasion de mettre en avant les risques liés à l’absence d’apprentissage de la natation, d’autant plus élevés dans une ville bordée par la mer, soulignent-ils.

    Réunion avec la Ville

    Paul Mauranes, qui enseigne depuis deux ans au collège Elsa-Triolet (15e), témoigne : « On a bien 40% d’élèves qui entrent et qui ne savent pas nager. Ça fait presque un enfant sur deux, même si on n’est pas les plus mal lotis car la piscine est à 25 minutes à pied. »

    Cette mobilisation s’inscrit dans une revendication portée à l’échelle nationale. « Notre syndicat réclame la construction de 1 000 piscines sur le territoire et la rénovation des bassins », précise Jean Cugier, qui évoque un enjeu de santé publique : « L’an dernier, il y a eu 50 décès par noyade en France chez les enfants de moins de 12 ans. C’est aussi la première cause de décès par accident domestique chez les moins de 25 ans », ajoute-t-il.

    Prévenue de la mobilisation, la Ville de Marseille a proposé « une rencontre », selon le syndicat, afin d’échanger sur le manque de piscines. Celle-ci devrait se tenir le 10 septembre.

  • Sophie Binet et Carole Delga somment l’État d’agir pour sauver Fibre Excellence

    Sophie Binet et Carole Delga somment l’État d’agir pour sauver Fibre Excellence

    « Nous avons déplacé des montagnes. » Au pied des Pyrénées, dans l’usine de pâte à papier Fibre Excellence à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), Sophie Binet affiche sa satisfaction quant à la récente évolution positive du dossier. « Grâce à la combativité des salariés, nous avons réussi à trouver un investisseur qui souhaite la pérennité des sites », martèle la secrétaire générale de la CGT, aux côtés de Carole Delga (PS), présidente de la Région Occitanie, et des représentants des salariés.

    Une référence à l’arrivée de Matthieu Pigasse, banquier d’affaires, en soutien à l’unique offre de reprise pour sauver l’entreprise en redressement judiciaire (lire nos articles du 18/06). D’où le message emprunt de combativité de Sophie Binet : « Ces victoires nous permettent de déjouer le scénario que les vautours avaient organisé dans notre dos. Le scénario prévu était la liquidation. Maintenant, nous allons pouvoir construire un projet d’avenir pour les trois papeteries », développe-t-elle, citant les sites de Tarascon et de La Chapelle-Darblay (Seine-Maritime).

    Reste toutefois de sérieux points d’interrogation pour que le sauvetage de Fibre Excellence se déroule sans accroc : la position du gouvernement et le rôle de l’État dans le dossier. Car ce sont bien leurs actions qui peuvent, ou pas, « lever des conditions suspensives » dont dépend l’avenir de l’entreprise. Sophie Binet cite plusieurs « enjeux » liés à une intervention étatique et qui sont une question de survie pour l’entreprise. Parmi eux, une « révision du prix de rachat de l’électricité produite sur les sites » ou encore « garantir un approvisionnement en bois » à des prix raisonnables. C’est sur ce dernier point que la secrétaire générale tape du poing sur la table : « Les difficultés sont essentiellement dues à la désorganisation de l’approvisionnement en bois. L’État refuse d’organiser cette filière, nous lui demandons solennellement d’y remettre de l’ordre. »

    « Trois semaines pour corriger le tir »

    Autre demande formulée par Sophie Binet et Carole Delga : « Nous demandons au ministre de l’Industrie une table ronde avec l’investisseur, les porteurs du projet, les élus, l’intersyndicale. » En clair, si Matthieu Pigasse « s’est positionné sur un ticket d’entrée », comme le résume Sophie Binet, « la question reste bien les conditions suspensives ». « Pour faire les investissements, nous avons besoin que le marché du bois ne soit pas déséquilibré comme il est aujourd’hui », prend-elle pour exemple. Avant d’insister : « La balle est dans le camp du gouvernement. Nous avons besoin que l’État soit au rendez-vous. »

    D’autant que cela n’a pas vraiment été le cas depuis le début des difficultés de Fibre Excellence : « À ce stade, le ministre se contente à dire qu’il peut accorder des prêts garantis par l’État. Même quand on a un investisseur, les portes ne s’ouvrent pas en grand… Ça interroge. Si les usines ne sont pas sauvées, il y aura un seul responsable : l’État. Ça se paiera très cher. Il reste trois semaines pour corriger le tir. »

  • Les agents ne veulent pas faire les frais des coupes budgétaires

    Les agents ne veulent pas faire les frais des coupes budgétaires

    Les organisations syndicales de la Métropole Aix-Marseille avaient déjà alerté face à la copie budgétaire présentée par la chambre régionale des comptes, jeudi 11 juin. En adoptant les 91 millions d’euros d’économies dans le fonctionnement de l’intercommunalité préconisées par les magistrats financiers pour arrêter le budget de l’institution sous tutelle depuis le mois d’avril, le préfet de région n’a fait que confirmer leurs craintes.

    « À la fin, nous le savons bien, les seuls qui devront faire des efforts, ce sera nous, constate ainsi, ce jeudi, le syndicat CGT des agents de la Métropole. Leur seule proposition semble être de nous imposer des sacrifices, tel que réduire la médecine de prévention, comme si cela ne posait de problème à personne. » En déplorant qu’en un mois, « aucun élu n’a même évoqué notre existence ». Au total, ce sont pourtant 4,5 millions d’euros d’économies qui ciblent directement les agents, que ce soit en gelant remplacements et recrutements, en réduisant les heures supplémentaires et le complément indemnitaire annuel (CIA) ou en sabrant dans la médecine du travail. « Une ligne rouge à ne surtout pas franchir », déplorait, mercredi, le syndicat FO de la Ville et de la Métropole. « Il n’est pas question de faire des économies sur le dos des agents qui payent déjà cash la facture des choix politiques de l’État ! », dénonce l’organisation, qui rappelle que des grilles salariales commencent sous le Smic. Tandis que les magistrats financiers justifiaient les coupes dans la médecine du travail « au regard de l’exécution moyenne de cet article les trois années précédentes », le syndicat les juge « hors-sol », en particulier après avoir demandé un renforcement des visites de prévention après trois décès prématurés d’agents, qui avaient suscité une vive émotion. « Aucun agent contractuel occupant un emploi permanent ne sera licencié dans le cadre des mesures budgétaires annoncées, aucun acquis social ne sera rogné cette année », veut tempérer la FSU. Tout en reconnaissant que « les interrogations demeurent concernant les recrutements, le remplacement des départs, les moyens des services et l’avenir des missions ».

    Inquiétude sur la gratuité

    Parmi ces missions, la CGT Métropole appelle déjà à « défendre la culture, les sports, les compétences que nous exerçons avec professionnalisme ». Mais le syndicat dénonce aussi le choix du préfet de retirer 53 millions d’euros aux attributions de compensations reversées aux communes pour compenser l’ancienne taxe professionnelle. Rappelant qu’elles sont versées aux territoires qui accueillaient l’industrie « sacrifiant parfois la santé de leur population au nom du développement économique ». À contre-courant de la FSU qui refuse « une Métropole qui renoncerait à son ambition de solidarité territoriale ».

    Enfin, si l’union syndicale des retraités CGT se réjouit de voir la gratuité des transports maintenue, « elle est toujours largement menacée », reconnaît-elle, s’opposant à la refonte des tarifs proposée par la présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali.

  • Investisseur béton pour Fibre Excellence

    Investisseur béton pour Fibre Excellence

    Face aux grandes cheminées de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, dont presque plus aucune fumée ne sort depuis le placement en redressement judiciaire de l’entreprise de pâte à papier, fin avril par le tribunal de commerce de Toulouse, une bonne partie des plus de 300 salariés étaient présents avec le sourire, ce jeudi 18 juin. Et pour cause, ils ont appris l’entrée, ce mercredi, d’un investisseur de taille dans l’unique offre de reprise : Matthieu Pigasse.

    En conséquence, l’audience devant le tribunal de commerce, qui devait statuer sur l’avenir de la structure et était initialement prévue le mercredi 17 juin, a été reportée au 6 juillet, le temps d’étoffer le dossier. L’entreprise risquait notamment la liquidation judiciaire après le retrait de son actionnaire principal indonésien, il y a bientôt deux mois.

    La plupart des salariés ont ainsi suivi en visioconférence la conférence de presse organisée sur l’autre site de l’entreprise, à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, en présence de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et de la présidente du conseil régional d’Occitanie, Carole Delga (PS). Depuis le parking de l’usine, une télévision avait été installée pour l’occasion. Les élus locaux et les représentants syndicaux, quant à eux, ont suivi l’événement depuis le réfectoire de l’entreprise.

    « Il y a 48 heures, on a appris qu’un investisseur français allait essayer de sauver 10 700 emplois directs et indirects. Le ministre avait des réserves avant, car les investisseurs étaient Indonésiens. Maintenant que c’est un Français, il faut y aller. C’est une très bonne chose pour nous, mais le combat n’est pas fini. Si ça se réalise, c’est comme si le père Noël était passé en juin », se réjouit, sous les applaudissements, Laurent Quinto, salarié du site de Tarascon et représentant de la Filpac-CGT. « Il ne faut plus traîner », lance de son côté Florent Bertaud, secrétaire FO du site. Il dénonce le « blocage du gouvernement » qui selon lui « a l’entière responsabilité » de la situation, tout en appelant à « passer par une nationalisation temporaire si nécessaire ». « Ce matin, on a la banane avec cette petite lueur d’espoir », conclut Frédéric Sanchez, représentant de la CFDT, qui donne rendez-vous le 6 juillet. En espérant une bonne nouvelle.

    Table ronde

    L’occasion, également, pour les responsables politiques de réaffirmer leur soutien. Si les Régions Occitanie et Sud ont mis la main à la poche (lire ci-dessous), les différents maires et présidents d’intercommunalités alentour rappellent l’importance de Fibre Excellence pour le territoire. Le maire d’extrême droite de Tarascon, Alexandre Ducouret (RN), n’a pas été convié à la conférence de presse, la CGT rappelant son opposition aux idées de son parti. L’édile aurait menacé de porter plainte avant de publier un communiqué sur les réseaux sociaux de la commune.

    C’est son prédécesseur et vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Lucien Limousin (DVD), qui a pu s’exprimer aux côtés des maires d’Arles et de Maussane-les-Alpilles. « L’intersyndicale réalise quelque chose d’énorme. On espère que l’État va se réveiller », lance-t-il.

    « On ne peut pas claironner haut et fort être en faveur de la réindustrialisation de la France et ne pas s’occuper des sites industriels », abonde l’édile arlésien Patrick de Carolis (Horizons), avec l’approbation de ses voisins. Comme la plupart des acteurs autour de la table, il attend une position claire de l’État sur l’avenir du site, alors que de nombreuses lettres adressées aux ministères sont restées sans réponse jusqu’ici. « Le plus important, c’est le rapport de force que vous avez su créer. C’est vous les experts de l’outil de travail et la suite doit être créée avec vous. C’est pour cela qu’il faut désormais impérativement organiser une table ronde », plaide Camille Di Falco, attaché parlementaire du sénateur communiste des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi, qui n’a pas pu être présent ce jeudi.

    Après ces moments intenses, place au barbecue, avec merguez et saucisses sous le barnum installé à côté du parking à motos. Un moment de répit après des mois de stress. « Une petite heure de décompression qui va faire du bien à tout le monde », lance joyeusement au micro Laurent Quinto.

    Le rôle déterminant des Régions

    Pour sauver Fibre Excellence, Région Occitanie comme Région Sud ont « mouillé le maillot », confie Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Et pour cause : elles appuient à hauteur de 8 millions d’euros (5 pour Occitanie, 3 pour Sud) l’unique offre de reprise présentée par la direction actuelle de Fibre Excellence. « Sa disparition serait la signature de l’arrêt de mort pour nos territoires », a expliqué Cyril Juglaret, représentant du président (Ren.) de Région Sud, Renaud Muselier, ce mercredi. Avant de se réjouir : « On va rentrer au capital, c’est exceptionnel ! ». Quand Carole Delga, présidente (PS) de Région Occitanie, a souligné avoir « remué ciel et terre » dans la recherche d’un investisseur et avoir « pensé à Matthieu Pigasse ». « La France a besoin de cette production, il y a un débouché, un marché pour la pâte à papier », a-t-elle martelé. A.B.

    TÉMOIGNAGES DE SALARIÉS DE FIBRE EXCELLENCE

    Philippe Verdiere, Opérateur service régénération

    « J’ai grandi ici et j’ai toujours connu l’usine. Même si elle a connu des périodes de bien et de moins bien, il y a beaucoup de peur liée à la précarité de la situation. Pas mal d’entre nous étaient au chômage partiel. Ça fait mal au niveau du salaire et, pour certains, c’était dur de joindre les deux bouts. Cette bonne nouvelle nous donne un espoir qu’on était en train de perdre.

    Cette possible issue favorable, c’est un coup de boost. »

    Martine Barbier, Comptable

    « C’est une société importante et on aimerait tous qu’elle reste en vie. Il y a quand même 600 salariés concernés. Il faut que l’État réagisse. Je suis fatiguée après des mois de «ça va fermer» et de «ça ne va pas fermer». Et encore plus avec les collègues mis au chômage partiel. Cela fait très bizarre de se promener dans une si grande entreprise, où nous sommes généralement très nombreux, et qui est désormais quasiment vide. On se sent seuls. »

    Muriel Sanchez, Assistante de direction

    « Je travaille ici depuis 30 ans, depuis l’obtention de mes diplômes. Quasiment toute ma famille y travaille et j’y ai même rencontré mon époux.

    À l’annonce de la mise au chômage partiel, j’ai mis quinze jours à m’en remettre.

    Et là, je ressens enfin une lueur d’espoir et je croise les doigts, car une fermeture ferait énormément de malheureux. Toute cette solidarité que l’on voit permet en tout cas d’y croire. »

    Recueillis par M.S.

  • Pas de grève sur le métro marseillais

    Pas de grève sur le métro marseillais

    Force Ouvrière a décidé de lever son préavis de grève», annonce le syndicat ce jeudi après-midi après une réunion de négociation avec la direction de la RTM. « À l’issue des dernières négociations, Force Ouvrière prend acte des engagements écrits obtenus sur les principaux points à l’origine du conflit. […] Les réponses apportées permettent aujourd’hui de répondre à plusieurs revendications portées par Force Ouvrière », développe l’organisation syndicale.

    Pour rappel, FO avait déposé un préavis de grève qui devait débuter ce vendredi pour le métro marseillais. FO demandait « la formalisation de garanties claires concernant l’organisation du Centre Métro et les conditions de travail des agents ».