Category: politique

  • Femmes au travail : la Région Occitanie en première ligne

    Femmes au travail : la Région Occitanie en première ligne

    Douleurs pelviennes, abdominales, nausées, céphalées, troubles hormonaux, mal-être… La liste des effets indésirables liés aux menstruations est malheureusement longue pour de nombreuses femmes. Pourtant, en société, cette douleur est souvent tue. Dans une étude de l’Ifop datant de 2022, 65% des femmes salariées interrogées disent avoir déjà été confrontées à des difficultés liées à leurs règles au travail, 53% confient avoir des règles douloureuses et 35% déclarent que leurs douleurs menstruelles impactent négativement leur travail.

    Suite à l’interpellation, en séance plénière, de Marielle Garonzi, élue d’un groupe d’opposition de droite, sur la capacité de la collectivité à répondre aux besoins des femmes souffrant notamment d’endométriose -dont les règles douloureuses sont le principal symptôme- la Région a décidé de se saisir de la question. Le 4 juin, l’ensemble des groupes politiques -sauf le RN -ont ainsi adopté un vœu visant à « mieux reconnaître les problématiques hormonales impactant la santé des femmes dans l’organisation de l’administration régionale ». Pour ce faire, un groupe de travail transpartisan -à l’exception, là encore, du RN-, impulsé par la présidente de Région PS Carole Delga, a planché sur le sujet, auditionnant durant trois mois les services juridiques de la collectivité, des associations de lutte contre l’endométriose, des professionnels de santé ou encore les syndicats de la Région.

    Un plaidoyer auprès du gouvernement

    « L’endométriose touche aujourd’hui une à deux femmes sur dix. C’est tout sauf un phénomène anodin. Sachant que la dysménorrhée (les règles douloureuses), la périménopause, la ménopause, impactent également lourdement la santé des femmes au travail. Il s’agit donc d’un vrai sujet de société, qui concerne des centaines de milliers de femmes en Occitanie et des centaines de femmes dans l’administration régionale », souligne Pierre Lacaze, vice-président de la Région à l’égalité hommes-femmes et président de ce groupe de travail.

    « Il y a quelques années, plusieurs collectivités avaient mis en place des congés hormonaux sur prescription médicale. On s’est aperçu qu’il n’y avait pas d’abus : une partie des salariées y avait recours, mais en proportion assez faible. Hélas, suite à des consignes nationales, les préfectures ont ensuite cassé toutes ces décisions dans le cadre du contrôle de légalité. Les services juridiques de la Région nous ont assuré que si nous mettions en place un tel congé, il connaîtrait le même sort », explique Pierre Lacaze. La Région a donc décidé de porter un plaidoyer auprès du gouvernement et des parlementaires pour faire évoluer la loi. « Cette évolution est indispensable pour permettre la création d’une Autorisation spéciale d’absence (ASA) liée aux pathologies hormonales féminines », indique l’élu communiste, qui a porté, le 8 juin, ce plaidoyer auprès de la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, à l’occasion d’une rencontre de l’association Régions de France. « Nous attendons un retour pour, nous l’espérons, un rendez-vous à la rentrée avec le gouvernement afin de discuter de la possibilité de légiférer. »

    Dans l’attente, plusieurs dispositifs vont être mis en place au sein de la collectivité, notamment une enquête interne auprès des agentes concernées et le recours ponctuel au télétravail supplémentaire sur prescription médicale. « On va se lancer dans une adaptation, dans tous les services, des conditions de travail pour ces femmes et former l’ensemble des dirigeants de services à cette problématique », promet Pierre Lacaze.

  • [Loi d’urgence agricole] Un « passage en force » contesté devant l’Assemblée nationale

    [Loi d’urgence agricole] Un « passage en force » contesté devant l’Assemblée nationale

    Alors que la loi d’urgence agricole devait être votée dans la soirée par les députés, avant son passage au Sénat prévu ce mardi, ses détracteurs se sont rassemblés, lundi soir, au pied de l’Assemblée, pour manifester leur opposition. Parmi les structures présentes : Extinction Rébellion, mouvement de lutte contre l’effondrement écologique, Les Soulèvements de la Terre, collectif écologiste radical, mais aussi la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole français.

    Nina Lejeune, éleveuse de volailles dans le Var et représentante de la Confédération paysanne Paca au secrétariat national du syndicat, fait partie de ceux qui ont choisi de venir, sur place, revendiquer leur colère. « Il est fondamental que nous exprimions notre rejet de cette loi, s’est-elle indignée. Des reculs sont en train d’être actés sur la question agricole avec en tête de liste la fin d’une gouvernance partagée. »

    « Retour en arrière »

    Car la loi, en plus de favoriser la construction de dispositifs de stockage d’eau à usage agricole, supprime l’obligation de réunions publiques pour leur autorisation environnementale. « Pour nous, qui défendons un partage équitable de la ressource et une gestion partagée, c’est un retour en arrière à la fois démocratique et environnemental », défend l’éleveuse.

    Autre grand motif de crispation : la réintroduction de deux pesticides, l’acétamipride et le flupyradifurone, interdits en France, mais autorisés dans l’Union européenne. Une idée directement héritée de la loi Duplomb, qui avait l’été dernier suscité une importante opposition citoyenne : la pétition publiée sur le site de l’Assemblée nationale pour s’y opposer avait recueilli plus de 2,1 millions de signatures. L’article sur les pesticides avait finalement été censuré par le Conseil constitutionnel. « Le gouvernement fonce tout droit vers le modèle agroalimentaire défendu par la FNSEA [premier syndicat agricole, Ndlr.]. Mais c’est aussi à la population de choisir ses orientations agricoles. C’est un passage en force », conclut Nina Lejeune.

  • Après le refus d’obtempérer mortel, deux visions politiques s’affrontent

    Après le refus d’obtempérer mortel, deux visions politiques s’affrontent

    Après la mort d’un homme de 29 ans, tué après avoir été touché par deux coups de feu tirés par un policier municipal du Pontet, à la suite d’un refus d’obtempérer, ce mercredi 15 juillet vers 2h30 du matin au niveau du péage d’Avignon-Nord de l’A7, la polémique prend une tournure politique.

    L’agent auteur des tirs a été placé en garde à vue avant d’être mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner par une personne dépositaire de l’autorité publique ». Mais cette mise en examen n’est pas assortie d’une interdiction d’exercer.

    Une situation qui a suscité des réactions contrastées au niveau local. Le maire (RN) du Pontet, Joris Hébrard, apporte « tout son soutien » au policier et estime qu’il pourra reprendre son travail comme avant. Le député de Vaucluse Raphaël Arnault (LFI-NFP) dénonce des propos qui « laissent en effet entendre qu’une décision judiciaire pourrait être anticipée par le pouvoir politique ». Il établit aussi un parallèle avec la proposition de loi sur la présomption de légitime défense des policiers et gendarmes, adoptée le 7 juillet dernier. « Plusieurs autorités indépendantes de la République ont déjà alerté sur les dangers d’un tel texte », rappelle le parlementaire, citant, entre autres, la Défenseure des droits.

    David Pascal, secrétaire départemental du PCF, appelle à une « clarification des missions », en affirmant que « les missions régaliennes de sécurité, d’intervention et de protection des populations relèvent de la police nationale et de la gendarmerie ».

  • Les pesticides polluent la loi agricole

    Les pesticides polluent la loi agricole

    L’équilibre est fragile. Après plusieurs mois de débats, la commission mixte paritaire (CMP) est parvenue, le 16 juillet, à un accord sur le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Présenté par le gouvernement Lecornu comme une réponse au malaise agricole et aux enjeux de souveraineté alimentaire, il vise à donner davantage de moyens de production aux exploitants tout en simplifiant certaines règles. Après son passage lundi devant l’Assemblée, le vote définitif est prévu ce mardi au Sénat.

    Éviter la fracture

    Au cœur de la loi figure la création de labels « projets d’avenir agricole ». Ils visent à soutenir les filières stratégiques pour la souveraineté alimentaire du pays en imposant par exemple aux cantines publiques de se fournir au sein de l’Union européenne. Mais, soutenu du Rassemblement national aux sénateurs centristes en passant par la droite, le texte suscite de vives critiques des organisations environnementales et de l’opposition de gauche. Il fracture même jusqu’au socle gouvernemental sur le sujet de la réintroduction de deux pesticides.

    Car après une première tentative avec la loi Duplomb, retoquée par le Conseil constitutionnel en août 2025, le député (LR), Laurent Duplomb, est revenu à la charge en faisant ajouter un article que la CMP a conservé. Il donne la possibilité d’accorder, pendant trois ans, des dérogations pour l’utilisation du flupyradifurone en enrobage de semences pour les betteraves sucrières et en pulvérisation pour les pommes et les cerises. L’acétamipride, un néonicotinoïde lui aussi dangereux pour les abeilles, interdit en France, mais autorisé en Europe, serait lui autorisé pour les cultures de noisettes…

    Leur réintroduction reste « le principal sujet qui crispe », jugeait samedi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, à La Tribune Dimanche, personnellement opposée au retour de l’acétamipride. « Faire échouer ce texte par idéologie, calcul ou peur, achèverait de désespérer les agriculteurs », répondait de son côté la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, dans le JDD, hebdomadaire du milliardaire d’extrême droite, Vincent Bolloré.

    Matignon a même convoqué une réunion, lundi après-midi, des présidents des groupes de la coalition gouvernementale (LR, Horizons, Renaissance, MoDem) et du groupe centriste Liot. Gabriel Attal, président d’Ensemble pour la République, poussait le gouvernement à déposer un amendement de suppression. Mais il n’a pas été entendu. À l’issue de la réunion, le gouvernement a indiqué ne pas avoir l’intention de supprimer lui-même l’article portant la mesure. « L’interdiction [de l’acétamipride] demeure le principe », a déclaré l’entourage du Premier ministre, qui laisse « au Parlement » le soin de « trancher » ou « faire évoluer » le compromis issu de la CMP.

    Ses opposants dénoncent un recul environnemental et sanitaire avec cette disposition sur l’acétamipride qui intéresse directement certains bassins fruitiers du Vaucluse ou des Alpes-de-Haute-Provence, où les cultures de pommes et de cerises occupent une place importante.

    Doubler le stockage

    des eaux agricoles

    Autre point de crispation, la gestion de l’eau. Face aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, le gouvernement souhaite accélérer la réalisation d’ouvrages de stockage et fixe l’objectif de doubler les capacités de stockage d’eau à usage agricole d’ici à 2035. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, une des régions les plus exposées aux tensions sur la ressource en eau, les filières maraîchères, arboricoles et viticoles pourraient bénéficier des futurs investissements.

    Une mesure saluée par une grande partie des organisations professionnelles agricoles, qui y voient un outil indispensable pour sécuriser les productions quand les associations environnementales dénoncent l’encouragement à des projets jugés trop consommateurs de ressources hydriques. Pour elles, la priorité doit être donnée à l’évolution des pratiques agricoles.

    Le texte comporte aussi plusieurs mesures en faveur de l’élevage, dont une gestion plus souple de la prédation par le loup. Là encore, le sujet oppose éleveurs et défenseurs de la biodiversité. Ceux des Alpes du Sud, confrontés à une forte pression de prédation, suivent de près les mesures relatives au loup.

    Au-delà de ses dispositions techniques, ce projet de loi révèle surtout une fracture profonde dans le débat agricole français : comment produire davantage pour assurer la souveraineté alimentaire du pays tout en préservant la ressource en eau, la biodiversité et les équilibres environnementaux ? Une question qui continuera d’alimenter les débats.

    30,8 millions

    En 2026, la production française de blé est estimée à 30,8 millions de tonnes (-7,6% sur un an), selon le groupe spécialiste des matières premières Argus Media.

    Malgré l’augmentation (+3%) de la surface cultivée, « les difficultés se sont enchaînées », avec une moitié ouest du pays « durement touchée par les excès de précipitations de l’hiver », « un printemps excessivement sec », et un déficit hydrique et des épisodes caniculaires qui ont touché le pays « à des stades critiques du développement des cultures, lors de la floraison puis du remplissage des grains ». Si le temps sec et chaud a favorisé « la qualité » des cultures, le rendement moyen national est évalué à 6,67 tonnes par hectare, en baisse de 6,5% par rapport à la moyenne des dix dernières années.

  • Sillans-la-Cascade : de nouvelles élections en août à cause d’irrégularités sur les bulletins de vote

    Sillans-la-Cascade : de nouvelles élections en août à cause d’irrégularités sur les bulletins de vote

    Situé en lisière du Parc Naturel du Verdon, le village de Sillans-la-Cascade comptant un millier d’habitants est plus habitué à faire parler de lui pour la beauté de sa chute d’eau, qui draine chaque été un flux de près de 100 000 visiteurs parfois difficile à contenir, qu’à défrayer la chronique électorale. Les scrutins des élections municipales ont bien souvent des airs de formalité, avec une seule liste présente. Mais cette année, la liste (SE) « Sillans Ensemble ! » conduite par Christine Apostolo est venue concurrencer celle (également sans étiquette) du maire sortant Christophe Carrière, « Sillans toujours à cœur ».

    Ce dernier, réélu avec 58,79 % des voix, pensait repartir pour un nouveau mandat. Mais un recours, a priori déposé par un électeur de la liste d’opposition devant le Tribunal Administratif de Toulon, a changé la donne. En cause, une irrégularité sur les bulletins de vote de la liste réélue, sur laquelle n’étaient pas précisées les nationalités de deux colistiers ressortissants de l’Union Européenne : Marc Vanden Borre, 3e de liste, de nationalité belge, et Luis Mariano, 9e, de nationalité portugaise.

    Des omissions qui semblent anecdotiques mais qui, à l’arrivée, coûtent cher : le Tribunal Administratif a plaidé en faveur du recours et invalidé l’élection. En conséquence, depuis le 18 juin, c’est une délégation spéciale désignée par la préfecture qui assure provisoirement l’administration de la commune, en attente d’un nouveau scrutin qui se tiendra le 30 août (premier tour), et le 6 septembre en cas de second tour.

    Menace de plainte

    pour diffamation

    De quoi enflammer les débats entre les deux listes, déjà véhéments durant la campagne de mars, et diviser un village qui n’avait jamais connu pareille agitation. Sur les réseaux sociaux, les passes d’armes ont repris de plus belle. Première étincelle : une affiche de soutien d’un collectif citoyen en faveur du maire sortant dénoncée par la liste de Christina Apostolo car réalisée à l’aide de l’IA et présentant une image d’un village… qui n’est manifestement pas Sillans-la-Cascade. « L’opposition joue (encore) aux détectives de pacotille… Quand on n’a aucune proposition concrète pour l’avenir de Sillans-la-Cascade, on s’occupe comme on peut », a rétorqué Christophe Carrière, invoquant des attaques « de tous les côtés, y compris auprès des enfants des candidats ou des jeunes natifs de la commune. C’est bas, c’est méchant, et c’est totalement inacceptable ».

    De quoi susciter l’ire de « Sillans ensemble ! » : « Le comité de soutien à Christophe Carrière met en avant cinq engagements “cardinaux” que même lui ne respecte manifestement pas, en recourant à la calomnie, au dénigrement et à la diffamation. Attention, les propos inventés concernant la soi-disant attaque des enfants et des jeunes de Sillans sont de la diffamation caractérisée, punie par la loi. Contrairement à ce qu’affirme Christophe Carrière, notre programme existe bel et bien, il a convaincu près de 200 électeurs lors des dernières élections. » Le mois d’août promet d’être chaud, et pas seulement sur le thermomètre.

  • Robin Prétot pour la liaison Fos-Salon

    Robin Prétot pour la liaison Fos-Salon

    Alors qu’une nouvelle séquence de concertation concernant la liaison Fos-Salon vient de s’achever, le maire d’Istres, Robin Prétot (LR), considère ce préprojet comme une opportunité et l’a soutenu lors du conseil municipal du 16 juillet. Et ce, malgré le changement des modalités de financement envisagées par la Dreal.

    L’hypothèse d’un financement public à hauteur de 50 % pour cette infrastructure a été écartée pour préférer « l’opportunité offerte par le renouvellement des concessions autoroutières », qui s’étaleront entre 2031 et 2036. Robin Prétot y voit une « hypothèse intéressante » : « Je considère (…) que l’État aurait dû mettre depuis bien longtemps les moyens sur la table pour créer cette deux fois deux voies d’intérêt national qui bénéficie à toute l’économie française voire européenne, mais l’État pas prêt à mettre 566 millions d’euros. (…) Aujourd’hui, on a une possibilité que ça se fasse et que ce soit payé par un privé avec un intérêt intéressant pour Istres. » Il poursuit : « Ça permettrait que le porteur porte tout ça 100 % à sa charge, en échange de quoi il y aurait deux péages : un au-dessus du rond-point de Clesud pour accéder à l’autoroute, qui existe déjà mais serait avancé, l’autre au-dessus de Ventillon à Fos-sur-Mer. (…) L’axe partant vers Parsemain resterait gratuit. On aurait desserte locale gratuite : on ne paierait pas en partant d’Istres pour aller à Fos ou Miramas ».

    Un autre scénario est pourtant envisagé : celui d’un péage complet du nord au sud de cette deux fois deux voies de 25 km, pour un tarif de 9,6 centimes par km pour les véhicules légers et 28,8 centimes pour les poids lourds.

    Haro sur les dépôts sauvages

    Lors de la dernière séance avant la trêve estivale, les élus ont également voté à l’unanimité l’instauration d’une amende administrative pour les dépôts sauvages de déchets à compter du 1er août.

    L’adjoint délégué à l’environnement Luc Brezia précise les tarifs : « De 150 euros à 1 500 euros pour personnes physiques et le double pour personnes morales. Des majorations seront appliquées en cas de récidives ou quand volume de déchet dépasse 1 m3. » Robin Prétot ajoute : « Un second garde champêtre a été recruté pour renforcer la brigade verte qui est habilitée à pouvoir administrer ce genre d’amende élevée ».

    Pour l’élu d’opposition Patrick Grimaldi, toute la politique de gestion des déchets est à revoir. Selon lui, « la décision métropolitaine de demander aux entreprises d’assurer la gestion de leurs déchets avec des prestataires privés » et « les contraintes en nombre de passages dans les déchetteries mises en place pour les administrés » a joué un rôle dans la multiplication des dépôts sauvages.

  • Bernard Cazeneuve voudrait se poser en rassembleur

    Bernard Cazeneuve voudrait se poser en rassembleur

    Une lettre aux Français de 85 pages, des déplacements sur le terrain, des échanges avec la presse mais Bernard Cazeneuve l’assure « je ne suis pas candidat ». Ou du moins, pas encore. Cela dépendra des « circonstances », assure-t-il, disant vouloir « créer les conditions autour des valeurs de la gauche républicaine du rassemblement le plus large possible de tous les Français », fait-il valoir ce samedi matin à Marseille. Et ce, afin de battre le Rassemblement national en 2027.

    Sa candidature, si elle est officialisée, ne sera pas validée par la primaire des Roses à laquelle il ne participera pas. Les dissensions remontent à 2022, lorsque l’ancien Premier ministre fustige l’accord conclut entre le Parti socialiste et la France insoumise pour les élections législatives. Il quitte, dans la foulée, le parti auquel il avait adhéré en 1987 et fonde, un an plus tard, La Convention. Le mouvement réunit socialistes déçus, radicaux de gauche, élus du Modem, des anciens macronistes ou apparentés.

    Soutiens régionaux

    C’est ainsi que sont présents à ses côtés ce samedi le sénateur sortant du Var et ex-socialiste André Guiol, l’ancienne députée varoise macroniste Cécile Muschotti, l’ex-candidat de Génération Écologie pour les départementales de 2021 Christian Monferrini qui est désormais référent local de La Convention. Devant cette réunion de convaincus quai de Rive Neuve, Bernard Cazeneuve fustige les « deux dégagismes d’extrême droite et d’extrême gauche », tel qu’il les nomme, « qui confondent le bruit avec la solution », écrit-il dans sa lettre. Selon lui, se tourner vers l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, candidat le mieux placé à gauche dans les sondages est un « vote inutile ». Pour lui, LFI et le RN « ne s’opposent pas comme on le croit, mais se nourrissent l’un de l’autre ».

    S’il dit ce samedi « préférer gouverner avec la gauche », il ratisse large. Quand le nom d’Édouard Philippe est évoqué, l’ancien chef de gouvernement socialiste ne s’offusque pas. « Je ne dis pas qu’il n’y aura pas de rassemblement (…) un compromis c’est toujours un sacrifice », martèle-t-il. En revanche, il se dit totalement opposé au maire Horizons du Havre sur la réforme des retraites, par exemple. Quand ce dernier veut rallonger l’âge départ à 67 ans, Bernard Cazeneuve pousse pour l’allongement de la durée de cotisation. Pour « permettre à ceux qui ont commencé tôt dans les métiers les plus pénibles de partir à la retraite comme jadis », et, pour « ceux qui le souhaitent », comme lui, avocat de profession, « de travailler beaucoup plus longtemps pour assurer le financement ».

  • Renaud Muselier porte plainte contre Nice Matin pour diffamation

    Renaud Muselier porte plainte contre Nice Matin pour diffamation

    Renaud Muselier, président de la Région Sud, annonce ce samedi porter plainte contre le quotidien Nice Matin. Celle-ci fait suite à l’affaire dite du « chalet ». Pour rappel, le 15 juillet dernier, le journal faisait paraître un article rapportant l’ouverture à Marseille d’une enquête pour prise illégale d’intérêt « concernant l’employé de maison de Renaud Muselier ». L’article fait suite à un précédent, paru le 5 juillet, le quotidien avait déjà révélé « un signalement adressé au procureur de la République de Marseille accuse Renaud Muselier, le président de la Région Sud-Paca d’avoir fait salarier l’employé de son chalet par une agence de communication attributaire d’un marché public ». Des faits que Renaud Muselier a maintes fois contestés. L’affaire, a ensuite été largement reprise par la presse locale et internationale. « J’ai mis en demeure tous les médias qui ont relayé de fausses informations de les retirer, annonce Renaud Muselier par voie de communiqué de presse. J’ai enfin demandé des dommages et intérêts de 2 millions d’euros à Nice Matin pour propagation de fausses informations et 1 million d’euros à tous les médias qui les ont relayées. » Le président de Région indique, dans un second communiqué « prendre l’engagement public que les sommes dont devront s’acquitter les diffamateurs seront intégralement reversées aux associations agissant dans les sports paralympiques. » Dans un autre communiqué, ce jeudi 16 juillet, la Région rappelait « faire de la prévention et de la lutte contre les atteintes à la probité une priorité de son action publique ». « Je réaffirme toute ma confiance dans notre rédaction, son professionnalisme et sa rigueur », a officiellement déclaré de son côté Simon Perrot, directeur général du groupe Nice-Matin. « Nous laissons désormais la justice faire son travail. »

  • À Saint-Hilaire dans le Gard, les plus pauvres dans le viseur

    À Saint-Hilaire dans le Gard, les plus pauvres dans le viseur

    Depuis leur élection en mars, tous les maires d’extrême droite adoptent la même stratégie. D’abord, ils dénoncent la gestion financière de la précédente majorité et affirment que la commune est proche de la ruine. Cette première étape permet ensuite de voter des coupes dans les subventions aux associations et des hausses de certains tarifs. L’objectif est ensuite de libérer un budget pour recruter des policiers municipaux…

    Saint-Hilaire de Brethmas, commune de 4 600 habitants près d’Alès, ne fait pas exception. Le nouveau maire Gaël Mancuso l’a annoncé : il souhaite un policier pour 1 000 habitants. Il vient d’ailleurs de déposer la première offre d’emploi pour le recrutement d’un policier municipal tout en critiquant les finances laissées par la précédente majorité. « On continue à dégager un excédent de fonctionnement. La situation financière de la commune en l’état est bonne. Les choix politiques et les marges qui sont générées permettent en réalité de financer d’autres idées, notamment le recrutement de policiers municipaux, d’un directeur de cabinet et de communicants », s’agace l’élu socialiste d’opposition Nicolas Ferrière.

    Hausse de 90 centimes

    Car lors du dernier conseil municipal du 29 juin, la majorité a voté les changements de tarifs de la cantine, avec des augmentations plus ou moins élevées selon les revenus des foyers. Ainsi, la tranche A, celle des foyers les plus modestes, devra encaisser en septembre une hausse de 90 centimes, le repas passant de 3 à 3,90 euros. Les tranches B et C connaîtront une augmentation de 20 centimes, la tranche D de 30 centimes. « Je ne veux pas que la solidarité soit toujours payée par les mêmes. Pourquoi toujours taxer ceux qui travaillent ? » a alors soutenu le maire qui a précisé que les parents sans emploi, concernés donc par la hausse de 90 centimes, « peuvent récupérer leurs enfants à midi ».

    « C’est de l’argumentaire caricatural pour se défausser et qui sert un objectif politique de droite dure. Il s’inscrit dans tous les poncifs qui sont aujourd’hui ceux d’une droite extrémisée et de l’extrême droite de manière générale. Derrière, il y a des situations personnelles et familiales très variées et des conséquences pour les gens. Il y a aussi eu une baisse de la dotation par élève et il veut virer une association dont le siège n’est pas sur la commune », fustige Nicolas Ferrière.

  • Christophe Bouillon : « Ne pas faire l’impasse sur les petites villes »

    Christophe Bouillon : « Ne pas faire l’impasse sur les petites villes »

    Le maire (DVG) de Barentin (Seine-Maritime) était jeudi soir à Avignon pour une rencontre avec des maires et élus vauclusiens. L’occasion de poser leurs attentes avant la présidentielle.

    La Marseillaise : Quel rôle joue l’APVF et quel est le sens de votre venue à Avignon ?

    Christophe Bouillon : L’association est un réseau qui s’adresse aux communes entre 2 500 et 25 000 habitants. C’est un lieu de ressources qui permet de se nourrir de l’expérience des territoires que l’on représente. On n’est pas simplement du côté des problèmes, on est aussi du côté des solutions. Les solutions, je m’en nourris tous les jours, mais d’abord auprès de mes collègues, ici à Avignon mais aussi demain [vendredi] dans le Gard ou l’Hérault. La force d’un réseau c’est important. Ça permet aussi à des maires de dire « je ne suis pas tout seul ». Je suis élu en Normandie mais heureux de savoir qu’ici, on a quasiment les mêmes sujets, les mêmes centres d’intérêt et sans doute les mêmes solutions.

    Vous avez engagé un tour de France en vue d’interpeller les candidats à la présidentielle. Quelles sont vos priorités ?

    C.B. : La conviction que l’on a, c’est que les défis se jouent dans les petites ou moyennes villes, où vivent 26 millions de Français. On ne peut pas traiter la question du vieillissement de la population, des enjeux d’accès aux soins, de transition écologique et énergétique, de mobilité… si on ne passe pas par les petites villes. C’est même là que se joue le basculement de ce pays : le sentiment d’abandon, de mépris y est très fort et nourrit une certaine forme d’extrême. Si on se destine à devenir président, on ne peut pas faire l’impasse sur les petites villes, il faut être dans les radars des différents candidats à la présidentielle. En ce moment, ils nous font la danse du ventre en disant « parrainez-nous », nous, on a envie de dire « engagez-vous pour les petites villes ». Le but c’est d’ici à octobre de mettre sur la table des premières propositions. S’il y avait une priorité, ce serait d’avoir plus de liberté. Le prochain président devra poser un acte de confiance vis-à-vis des territoires, en disant « on sait qu’un euro dépensé sera un euro utile, on vous donne les marges de manœuvre suffisantes pour adapter le pays ». Il y a besoin de simplifications, aujourd’hui, on crève des procédures trop longues et la multiplication des normes.

    Vous parliez aussi de « situations kafkaïennes » mais aussi qu’être maire était « épanouissant ».
    Ce n’est pas contradictoire
     ?

    C.B. : Maire, c’est l’anagramme d’aimer. Même s’il y a des violences faites aux élus, on reste parmi les élus qui sont les plus appréciés. On ne fait pas ça par hasard, il y a un lien très fort avec le territoire. La plus belle des récompenses, c’est quand on voit que tel ou tel projet a rempli sa fonction. Le côté décourageant, en effet, c’est quand on est confronté à un État tatillon, à des procédures à n’en plus finir. Il y a des risques parfois qui sont réels. Mais quand on fait la balance, ça penche plutôt côté épanouissement que côté découragement.