Category: politique

  • Jean-Pierre Squillari a dévoilé sa vision pour la ville

    Jean-Pierre Squillari a dévoilé sa vision pour la ville

    Au quartier La Tourtelle, le Parc des Trois Diamants n’a pas été choisi par hasard pour l’apéro de rentrée de Jean-Pierre Squillari.

    Alors que le maire (LR) Gérard Gazay « veut céder dans des conditions très spéciales (…)» ce lieu, « pour une fois de plus supprimer un espace de respiration et faire couler le béton » ; « ici même, nous affirmons une autre vision pour notre ville », a amorcé la tête de liste d’Aubagne en commun. Dans le public, pas mal de visages des collectifs de l’Aubagne béton tour, qui, depuis janvier 2024, dénoncent chaque mois les programmes immobiliers qui selon eux défigurent la ville au profit de gens aisés.

    Peu après, et pour la première fois depuis qu’Aubagne en commun est né, il y a six mois, Jean-Pierre Squillari, qui a depuis sillonné les quartiers de la ville à la rencontre de ses habitants ; a lancé : « Réparer, respirer, protéger : voilà le fil rouge de notre programme municipal. Une ville qui s’adapte enfin au changement climatique, qui protège ses habitants des risques climatiques qui nous menacent, une ville dotée d’une véritable police municipale de proximité, une ville où il fait bon vivre grâce à des services publics efficaces, et où chacun, quelle que soit son origine, ou son quartier, peut accéder aux services publics, au sport, à la culture et aux loisirs. » Il a dévoilé quelques mesures phares qui seront, jusqu’en novembre, mises en débat avec la population : par exemple, la création « d’un grand parc urbain au Bras d’Or, reliant le parc de la Botte, avec une piscine de plein air rénovée. Un vrai poumon vert, un lieu de loisirs et de fraîcheur pour toute la ville ». Mais aussi « une halle de vie et de marchés de producteurs, pour redonner vie à notre centre-ville et servir de locomotive au commerce local ». Sans oublier « des écoles publiques où il fait bon apprendre ».

    « La force du collectif »

    L’ex-chef du centre de secours d’Aubagne, lui-même enfant d’Aubagne, a exprimé pourquoi selon lui, « nous avons la responsabilité de transformer l’espoir », né avec Aubagne en commun, « en victoire ». « Nous avons besoin de ce rassemblement pour mettre fin à la longue période de déclin sous Gazay, et pour empêcher le poison de l’extrême droite de s’installer dans notre ville. Car eux ne feraient qu’attiser les divisions, opposer les Aubagnais entre eux, quartier contre quartier. Nous voulons tout l’inverse : une ville qui rassemble, qui protège, qui accompagne », a-t-il revendiqué. Il a également salué les partis politiques qui ont rallié Aubagne en commun : le PS, le PCF, Place Publique, Génération. s, les Écologistes. « Je n’ai jamais adhéré à un parti politique », a reconnu Jean-Pierre Squillari. « Mais je sais, pour le vivre depuis trois ans, la force de l’action collective citoyenne. Je sais qu’à Aubagne, les mobilisations citoyennes ont déjà fait reculer le maire sur ses projets les plus nuisibles. Et je sais que ce rassemblement inédit peut changer l’histoire de notre ville », a-t-il appuyé, avant d’être généreusement applaudi.

  • François Bayrou, seul en scène, s’enferre

    François Bayrou, seul en scène, s’enferre

    Depuis lundi et son annonce surprise et théâtrale d’engager la responsabilité de son gouvernement le lundi 8 septembre devant l’Assemblée nationale pour faire admettre une purge budgétaire XXL (44 milliards d’euros de coupes en 2026), François Bayrou déroule son scénario qu’il nomme volontiers « moi ou le chaos ».

    Pour l’heure, c’est peu dire qu’il ne convainc pas. Ni la majorité des députés (où ses soutiens sont minoritaires), ni les citoyens. Les Français, dans deux sondages, sont seulement 27% à « espérer » que le Premier ministre reste à son poste (Elabe) et 63% réclament une nouvelle dissolution (Ifop), après celle, rocambolesque, décidée en juin 2024 par le président de la République.

    Sur TF1, mercredi soir lors du 20h, François Bayrou a joué une nouvelle scène de son drame en plusieurs actes en exhortant la représentation nationale à partager son constat : « Oui ou non, est-ce que la situation de la France -écrasée sous la dette- mérite qu’on y réponde ? »

    « Entier soutien »

    du président Macron

    Pour le locataire, en sursis, de Matignon, le 8 septembre n’est pas un vote de confiance. « C’est une déclaration de politique générale par laquelle le gouvernement s’adresse à l’Assemblée nationale pour dire voilà notre volonté. C’est sur ce constat de situation qu’ils doivent voter. La question est simple et ma conviction est qu’il est impossible de porter la politique de redressement du pays s’il n’y a pas un minimum d’accord sur ce choix. » S’opposer à son constat reviendrait à être irresponsable, selon lui. Dans cette commedia dell’arte, que le syndicat CGT qualifie de « diversion » pour ne pas répondre à l’urgence de la question sociale, le président Emmanuel Macron épaule son allié centriste depuis 2017. Mercredi matin, lors du conseil des ministres -qui a formellement autorisé François Bayrou a engagé la responsabilité de son gouvernement via l’article 49-1-, le chef de l’État a apporté « son entier soutien à la démarche selon laquelle il faut qu’on se mette d’accord sur la nécessité de retrouver une trajectoire des finances publiques plus conforme avec l’idée que nous nous faisons de notre souveraineté budgétaire », a rapporté la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas. Et de reprendre l’argumentaire de son Premier ministre selon lequel le vote du 8 septembre sera un vote « sur les principes » des économies budgétaires et non sur les mesures détaillées le 15 juillet dont la suppression de deux jours fériés, de 3 000 postes de fonctionnaires, d’une année blanche sur les retraites etc. François Bayrou est prêt à recevoir les chefs de partis et des groupes parlementaires à partir de lundi prochain. Mais « il y a une question a posé avant les négociations : est-ce qu’on est d’accord sur la gravité des choses ? », a-t-il encore martelé. Le patronat lui apporte son soutien. Dans son discours d’ouverture de la 7e Rencontre des entrepreneurs de France (REF) organisée par le Medef, le président de l’organisation patronale Patrick Martin s’est dit « consterné » par « les premières réactions politiques » négatives à l’annonce du Premier ministre. Elles « surajoutent à notre inquiétude et nous éloignent de l’acte offensif indispensable au rétablissement de notre pays », a-t-il lancé. François Bayrou est attendu parmi les patrons cet après-midi. Il y confirmera sans doute sa volonté de ne pas toucher à la politique de cadeaux fiscaux qui depuis 2017 a pourtant mis le pays et les Français dans l’ornière.

  • François Bayrou sur le départ… quelle suite ?

    François Bayrou sur le départ… quelle suite ?

    Huit mois après s’être imposé à la tête d’un gouvernement illégitime comme l’ultime recours pour sortir Emmanuel Macron de l’impasse de la dissolution, François Bayrou a donc ouvert la porte à son départ de Matignon. Confronté au rejet général de son plan d’austérité de 44 milliards et aux appels à bloquer le pays le 10 septembre, le Béarnais a appuyé sur le bouton rouge, en pressant le président de convoquer une session parlementaire extraordinaire pour solliciter la confiance de l’Assemblée sur une déclaration de politique générale.

    Sans surprise, la France insoumise, Les Écologistes, les socialistes, les communistes et le Rassemblement national ont promis de voter contre. Mardi, François Bayrou a fait mine de croire à un revirement. Naïveté ou déconnexion ? Les députés ont « treize jours » pour « dire s’ils se placent du côté du chaos ou du côté de la responsabilité », a-t-il lancé, lors de l’université d’été de la CFDT.

    Se plaçant en garant de l’intégrité financière de la France et sans convaincre, il a tenté de donner des gages : efforts contre l’optimisation fiscale, fin de certaines niches fiscales, gestion des principaux piliers du système de protection sociale par les partenaires sociaux, notamment les assurances chômage et vieillesse… Marylise Léon les a rapidement balayés.

    « Nous laisser gérer c’est bien, mais il faut qu’on puisse décider des règles (…) La règle d’or et d’équilibre annuel, c’est un non-sens », a martelé la secrétaire générale du syndicat réformiste, encore échaudée par la lettre de cadrage sur les conditions d’indemnisation des chômeurs, début août. « Il a pris grand soin de parler de choses qui pouvaient plaire à des responsables CFDT, mais on n’est pas dupe, quand il dit “on va pouvoir négocier sur la flexibilité du travail”, on entend flexibilisation du marché du travail », a réagi Marylise Léon, « il n’y a pas de cohérence politique ».

    « Je ne demande à personne de se renier, mais on peut réfléchir. On a le droit de remettre en question les réflexes spontanés qu’on peut avoir », a insisté quelques minutes plus tard François Bayrou, face à la presse. Seul, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (LR) a mis en garde contre un vote qui serait contraire « aux intérêts de la France », portant notamment le risque « d’une crise financière majeure ». La Bourse de Paris a clôturé en baisse de 1.64% sur les mêmes bases que la veille.

    Gouvernement technique

    Un an plus tard, dans la même situation, les mêmes discours. La ficelle est grosse et la balle brûlante désormais, à nouveau, entre les mains d’Emmanuel Macron. Le 9 septembre, la France se retrouvera à nouveau sans gouvernement. Plusieurs hypothèses sont sur la table. La plus évidente serait que les choses traînent en longueur, sur fond de recherche du candidat à Matignon qui, en bout de course, comme Borne, Attal, Barnier ou Bayrou, continuera de mener une politique similaire. Un gouvernement technique qui amènerait la reconduction du budget 2025. Moins probable, la nomination d’un Premier ministre de gauche. Les partis du Nouveau front populaire s’entendraient-ils ? Rien n’est moins sûr, même si à gauche, PS et Écologistes se sont dits « prêts ».

    Autre option sur la table, une nouvelle dissolution de l’Assemblée. Marine Le Pen a réitéré son souhait d’une dissolution avec l’espoir que le RN parvienne, cette fois, à obtenir une majorité. Des voix s’y préparent dans le camp présidentiel. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, assurait mardi qu’il ne fallait pas écarter la possibilité. « Une hypothèse » admise par Bayrou, selon des sources concordantes à BFM.

    Dernière option, le départ du Président. Emmanuel Macron « doit partir » si François Bayrou n’obtient pas la confiance de l’Assemblée, a répété mardi le leader insoumis, Jean-Luc Mélenchon, annonçant le dépôt à l’Assemblée d’une nouvelle motion de destitution contre le chef de l’État, le 23 septembre.

    « Il faut empêcher M. Macron de nommer pour la troisième fois un Premier ministre qui ferait la même politique. Voilà pourquoi il faut le destituer. Le chaos, c’est Macron », expliquait ce dernier, le matin, sur France inter. « Le sujet, c’est M. Macron, il doit s’en aller et le peuple français doit choisir entre la politique de l’offre de baisse du prix du travail et la politique de la relance écologique et sociale ».

    « Quand il nous dit on va pouvoir négocier sur “la flexibilité du travail”, on entend flexibilisation du marché du travail (…) Il n’y a pas de cohérence politique »

  • Avignon : David Fournier entend incarner l’unité dans la continuité socialiste

    Avignon : David Fournier entend incarner l’unité dans la continuité socialiste

    Un peu moins de deux mois après, on retrouve David Fournier comme on l’a laissé : sûr et certain d’être le profil idoine pour succéder, en mars, à Cécile Helle (PS) à la tête d’Avignon. Début juillet, l’actuel adjoint (PS) à l’administration municipale était le premier des candidats, tous bords confondus, à tenir une réunion publique. Ce lundi, celui qui, en avril, avait été désigné premier des socialistes pour les municipales, a lancé la rentrée politique par un point presse. « On voulait faire part d’un élément structurant de la campagne, le dépôt des statuts de notre association Ensemble et solidaires », expose David Fournier.

    Aux côtés de plusieurs élus actuels de la majorité (Fabrice Tocabens, Amy Mazari Allel, Anne Gagniard, Cyril Beynet ou Lilou Quennesson) ou de personnalités du monde culturel (Raymond Duffaut, longtemps à la tête de l’Opéra d’Avignon, et fils d’Henri Duffaut maire entre 1958 et 1983) ou sportif (Jean-Christophe Magnaud, ex-président du club de foot ACA, nommé mandataire financier de l’association), David Fournier affiche sa sérénité : « D’autres soutiens et partis de gauche nous rejoindront officiellement bientôt, il y aura de belles surprises », promet-il. Qui s’afficheront peut-être début septembre lors de premiers rendez-vous programmatiques dans les quartiers, dont le calendrier reste encore à acter. « Je défends le bilan de Cécile Helle, je suis fier de ce qui a été accompli, certaines choses restent à développer », revendique l’élu socialiste.

    Vers qui se penchera Cécile Helle ?

    Depuis son renoncement à briguer un 3e mandat il y a près de 7 mois, Cécile Helle n’a absolument rien laissé transparaître de ses sentiments quant à sa succession, se concentrant sur la dernière année de mandat à réaliser. Elle pourrait officialiser un soutien en septembre, alors que deux autres membres de sa majorité (lire ci-contre), Joël Peyre (PRG) et, à un degré moindre, Paul-Roger Gontard (La Convention) sont aussi prêts à prendre la relève. « Elle est au PS, je ne l’imagine pas un seul instant faire un autre choix que celui du candidat socialiste », se persuade David Fournier, alors que la rumeur bruisse d’un appui de la maire sortante à Joël Peyre.

    Toujours est-il que le PS entend bien conserver Avignon. « Les instances nationales ont fait de la ville une des 6 érigées en priorité absolue à conserver », insiste Maryline Croyet, secrétaire de la section PS d’Avignon et co-directrice de campagne avec Jean-Luc Bringuier. « On a bon espoir de trouver un accord d’union autour de David, une candidature légitime et d’expérience, on ira jusqu’au bout », prévient-elle. Cette volonté de forcer la main ne pourrait-elle pas braquer les partenaires potentiels ? « Avignon a une histoire socialiste avec les maires Louis Gros, Henri Duffaut, Guy Ravier, la ville est dirigée par une socialiste, il est naturel que les sortants soient privilégiés et que nos alliés soient à nos côtés, comme le PS le ferait par réciprocité dans des villes dirigées par d’autres formations de gauche », estime David Fournier.

    Manière encore d’appeler les partenaires de gauche à la responsabilité. « Face au risque de l’extrême droite [qui n’a pas encore désigné sa tête de liste, Ndlr], les partis qui porteraient la division seraient les responsables de l’échec », met en garde le premier des socialistes. Si une rencontre a eu lieu avec la France insoumise [les chefs de file, Mathilde Louvain et Farid Faryssy, ainsi qu’avec le député Raphaël Arnault] sans perspective d’accord immédiat, le PS espère plus aisément rallier le PCF, Génération. s et l’Après, certains écologistes aujourd’hui dans l’opposition, ou Génération écologie.

  • Budget d’austérité : Bayrou jouera la survie de son gouvernement devant l’Assemblée le 8 septembre

    Budget d’austérité : Bayrou jouera la survie de son gouvernement devant l’Assemblée le 8 septembre

    Ultime tentative de sauvetage ou démission préparée à l’avance ? « J’ai demandé au président de la République, qui l’a accepté, de convoquer le Parlement en session extraordinaire le lundi 8 septembre », annonce le Premier ministre, ce lundi après-midi. « j’engagerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement sur une déclaration de politique générale », affirme-t-il devant ses ministres, dont les jours en fonction semblent comptés.

    François Bayrou invoque donc l’article 49-1 de la Constitution : « si vous avez une majorité, le gouvernement est confirmé. Si vous n’avez pas de majorité, le gouvernement tombe », prévient-il. Avec toutes les conséquences que cela pourra entraîner. Faut-il s’attendre à nouvelle dissolution pourtant écartée par le président de la République lui-même ? Les prochaines semaines seront, une nouvelle fois, déterminantes.

    à ce stade, l’issue de ce vote à venir fait peu de doutes : LFI a déjà annoncé voter contre, de même que le PCF, les écologistes et le RN. Les premières déclarations des troupes socialistes vont également en ce sens. à rappeler que ce vote se fera à la majorité absolue des suffrages exprimés. C’est un François Bayrou acculé, menacé de censure de toutes parts, qui se soumettra à la confiance du Parlement. « Choisir de ne rien faire, c’est une condamnation », justifie-t-il, assumant « prendre des risques » pour « faire comprendre aux Français le risque de la dette ».

    « La dette, c’est chacun d’entre nous »

    Au début de sa prise de parole, le chef du gouvernement a, de longues minutes durant, évoqué le contexte international, les guerres en Ukraine et à Gaza, l’impact des droits de douane américains, l’« indifférence » face au réchauffement climatique. « Un danger immédiat plane sur nous », fait valoir le maire de Pau, avant de dépeindre un tableau très alarmiste de la situation économique de la France : « notre pays est en danger parce que nous sommes au bord du surendettement », a-t-il assuré, avant de poursuivre « sur les deux dernières décennies, la dette s’est accrue de 2 000 milliards d’euros, dont 1 000 milliards entre 2015 et 2025. Depuis 20 ans, chaque heure a augmenté la dette de 12 millions supplémentaires ».

    Dans un ton culpabilisateur, il s’en est pris aux Français. « la dette, ce ne sont pas les gouvernements qui la consomment (…), la dette, c’est chacun d’entre nous », insiste-t-il. « Cette dette colossale a été, année après année, consommée en protection par les citoyens, il suffit de penser au Covid-19 (…), aux retraites (…), aux consommateurs », renchérit-il. Le Premier ministre prépare depuis la mi-juillet les Français à l’austérité.

    L’objectif avancé est 44 milliards d’euros d’économie sur le budget de l’année 2026. Pour cela, il prévoit, entre autres, une année blanche fiscale et la suppression de deux jours fériés : le lundi de Pâques et le 8-Mai, jour de victoire sur le nazisme. Une mesure largement rejetée. Un sondage Odoxa pour Le Parisien publié ce lundi indique que 84% des Français interrogés y sont opposés. « Ne débattre que des mesures, c’est oublier la nécessité du plan d’ensemble. Or, c’est le plan d’ensemble, sa nécessité et son urgence qui est la vraie question », pousse le chef du gouvernement, qui n’a, ce lundi après-midi, donné aucun détail sur ledit « plan ». Il s’exprimera, mardi, à l’événement de rentrée de la CFDT, puis jeudi, à celui du Medef.

    Déjà, la riposte se prépare. La date choisie par le chef du Modem n’est évidemment pas le fruit du hasard, elle précède de 48 heures seulement l’appel à bloquer le pays, le 10 septembre prochain, né sur les réseaux sociaux, soutenu par quelques syndicats et partis de gauche (lire ci-contre). « La France, ce n’est pas ceux qui veulent l’abattre par le désordre, c’est ceux qui veulent la construire par le courage et la générosité », commente-t-il en direct. « Le Parlement aura, le 8 septembre, la décision entre ses mains », concède-t-il.

    « Si vous avez une majorité, le gouvernement est confirmé. Si vous n’avez pas de majorité, le gouvernement tombe. »

  • Aides publiques : 211 milliards d’euros versés chaque année aux entreprises sans réel contrôle

    Aides publiques : 211 milliards d’euros versés chaque année aux entreprises sans réel contrôle

    Alors que François Bayrou prévoit 44 milliards d’euros d’économies dans le prochain budget, les premières pistes n’envisagent pas de réduire les aides publiques aux entreprises. Pourtant, celles-ci s’élèveraient à plus de 211 milliards d’euros en 2023, « un des premiers budgets de l’État », soulignait le sénateur communiste Fabien Gay, le 8 juillet dernier, à l’occasion de la publication du rapport de la commission d’enquête parlementaire dédiée.

    Ce constat est mené à l’issue de six mois de travaux et de 87 heures d’audition d’une trentaine de dirigeants de grandes entreprises, mais aussi d’anciens ou d’actuels responsables politiques, d’économistes, de syndicats et de représentants du patronat. Les sénateurs ont ainsi recensé plus de 2 252 dispositifs divers, qui relèvent de l’État, des organismes de sécurité sociale, des collectivités territoriales ou encore de l’Union européenne.

    Dans un communiqué, la CGT dénonçait « la multiplication par 18 de ces aides depuis 1979, sans ciblage en fonction des besoins, ni suivi, ni contrôle, ni sanction vis-à-vis des entreprises qui les perçoivent puis licencient, délocalisent, tout en versant des dividendes record », eux aussi multipliés par cinq en 15 ans. La centrale syndicale demande la « conditionnalité » de ces aides, l’une des 26 recommandations formulées par les parlementaires qui réclament un « choc de la responsabilisation ». Cela signifie entre autres, d’imposer le remboursement total d’une aide de l’État ou des collectivités territoriales si une entreprise procède à une délocalisation d’un site ou d’une activité. Des pistes pour renflouer les caisses de l’État sans imposer l’austérité et viser les plus précaires.

  • Rapport accablant de la Chambre des comptes sur la gestion des anciens maires de Rognac

    Rapport accablant de la Chambre des comptes sur la gestion des anciens maires de Rognac

    La rentrée politique est explosive et prématurée à Rognac. Ce lundi 25 août, le conseil municipal s’est réuni pour la première fois, après les deux mois d’été, à la faveur du rapport d’observations définitives établi par la Chambre régionale des comptes sur la gestion communale de Stéphane Le Rudulier (LR) et de Sylvie Miceli-Houdais (UDI), de 2019 à 2024. Et les conclusions de la soixantaine de pages sont édifiantes.

    Les magistrats pointent un manque de pilotage, avec un poste de Direction générale des services resté vacant pendant près de deux ans malgré quatre titulaires qui s’y sont succédé, et un cabinet du maire pléthorique comptant jusqu’à dix personnes alors que la loi en impose une pour les communes de moins de 20 000 habitants. Des dépenses de marchés publics explosant les seuils légaux apparaissent également, avec, par exemple, un total des contrats relatifs à l’animation du marché de Noël 2024 de 140 362 euros, bien au-delà des 40 000 euros prévus.

    Treize pages sont dédiées aux frais de mission, avec l’utilisation « dévoyée » d’une carte achat : « Entre avril et octobre 2023, le montant total s’est élevé à plus de 11 000 euros par mois de frais de déplacements, de restauration et de représentation », note la Chambre.

    En campagne

    Sylvie Miceli-Houdais (UDI) dit faire « amende honorable » des douze recommandations formulées par les magistrats, « dont dix sont sur les ressources humaines », mais juge le rapport « sévère envers la gouvernance et notre technostructure ». L’ancienne maire entre 2020 et 2024, battue en novembre dernier par Christophe Gonzalez (RN) lors d’élections anticipées déclenchées par des démissions en pagaille au sein de sa majorité, annonce qu’elle usera de son droit de réponse par écrit, dans les semaines à venir.

    Quoi qu’il en soit, ce rapport ressemble du pain béni pour le nouvel édile d’extrême droite, qui endosse avec plaisir le rôle du bon élève, héraut de la transparence. À chaque recommandation, l’élu oppose une mesure prise par sa nouvelle majorité et ne manque pas d’attaquer les anciens adjoints, au premier rang desquels Willy Nicollet (DVD), son adversaire lors des élections. « Dommage qu’il ne soit pas là aujourd’hui pour nous éclairer sur cette période », lâche-t-il à propos des frais de mission de la Ville ayant « plus que doublé » en 2021.

    Agacés, les conseillers municipaux d’opposition ayant quitté la majorité sous l’ancienne mandature Fabien Nicoletti, Élizabeth Mazet, Frédéric Schacre sont partis de la séance, ce dernier expliquant : « Ça s’appelle de la diffamation. Dans le rapport, on ne nomme pas le conseil municipal, mais seulement deux personnes, les anciens maires. Monsieur Nicollet fait peur, Christophe Gonzalez rentre en campagne. »

  • Municipales à Aubagne : Jean-Pierre Squillari veut rassembler la gauche contre le bétonnage de la ville

    Municipales à Aubagne : Jean-Pierre Squillari veut rassembler la gauche contre le bétonnage de la ville

    La Marseillaise : Vous organisez, ce 27 août, un apéro de rentrée. Ce rendez-vous marque-t-il une accélération dans votre campagne pour les municipales ?

    Jean-Pierre Squillari : Cet apéro convivial, à partir de 17h au Parc des Trois Diamants à La Tourtelle, où chacun amène ce qu’il veut, va marquer la reprise de ce que nous avons entrepris depuis mes vœux. Bien entendu, je vais dire deux mots, peut-être trois en préambule, pour remobiliser les gens après les deux mois de congé, bien que, pendant ces vacances, je n’ai pas été inactif. L’autre réunion importante aura lieu à l’occasion de l’assemblée plénière d’Aubagne en commun, le 9 septembre à 18h au Cercle de l’Harmonie, cours Beaumond. Il est sûr qu’il y aura une accélération, étant donné que nous sommes à huit mois de l’échéance électorale.

    Pouvez-vous rappeler quelles forces politiques ont rejoint Aubagne en commun ?

    J-P S : En dehors de l’équipe citoyenne qui compose 50% de la liste globale, nous avons les écologistes depuis le début, Place publique avec Christophe Albertini, le PCF depuis juillet, le PS, puisqu’Arthur Salone, délégué départemental, nous rejoint dans le projet.

    LFI, par contre, a fait savoir qu’elle n’en serait pas. Un commentaire ?

    J-P S : Chacun est libre de faire ce qu’il veut. Mais il y a des Insoumis à Aubagne en commun. Ils ont été mis de côté de leur parti pour cela.

    Depuis mars, vous sillonnez les quartiers. Où êtes-vous allé ?

    J-P S : J’ai sillonné la campagne aubagnaise et le centre-ville d’Aubagne. Je suis allé dans toutes les écoles élémentaires des quartiers et j’ai rencontré les parents.

    Quelles sont les principales préoccupations des habitants d’Aubagne concernant leur vie quotidienne ?

    J-P S : Dans toutes les écoles, les mamans ou les papas se plaignent de ne pas pouvoir amener leur enfant dans des parcs ou dans des jardins, qui diminuent comme peau de chagrin. Ils sont obligés d’aller à Gémenos, à Carnoux, à La Ciotat ou à Marseille. Le square Henri-Barbusse, par exemple, n’existe plus. On construit des bâtiments à la place… Aux Défensions, il y avait un square, maintenant le tram y passe… Ensuite, les gens se plaignent de la culture, qui est abandonnée. Les festivals ont disparu. Alors, c’est vrai que ces deux derniers mois d’été, juste avant les élections, la municipalité a fait des manifestations tous les vendredis soir. Mais, pendant des années, il y en a eu très peu. Les gens se plaignent aussi beaucoup de la désertification du centre-ville, de la fermeturedes commerces. De la spéculation foncière, du béton. Ils voient leur ville se bétoniser, vendue au privé par le maire (LR) Gérard Gazay, comme le stade Mouren pour faire des stades de padel et des petits bassins de nage. Moi, je dis : on vend les bijoux de famille !

    Vous parle-t-on des problèmes de logement ?

    J-P S : Oui. Parce que les opérations de bétonnage, c’est surtout pour des personnes aisées. Et puis on se rend compte que deux logements sur trois sont achetés ou loués par des non-Aubagnais. J’ai rencontré pas mal de gens qui me disent : « On n’a pas les moyens de se loger ». C’est un problème qu’on doit prendre à bras-le-corps. On s’y attelle.

    Quel a été le déclic pour vous investir dans cette campagne ?

    J-P S : L’amour de ma ville. Avant de construire, il va falloir réparer. Ce qui me meurtrit le plus, c’est que je m’aperçois qu’Aubagne devient une ville-dortoir. On est le 17e arrondissement de Marseille pratiquement, et ça fait mal.

  • Conseil des ministres franco-allemand : Macron et Merz se retrouvent à Toulon pour la défense européenne

    Conseil des ministres franco-allemand : Macron et Merz se retrouvent à Toulon pour la défense européenne

    La Rade vivra un moment d’histoire, vendredi, avec l’organisation du 26e Conseil des ministres franco-allemand. Après une réunion privée avec le chancelier allemand Friedrich Merz, jeudi soir à Brégançon, le Président Emmanuel Macron recevra son hôte, vendredi à la Préfecture maritime, en compagnie de dix ministres de part et d’autre, qui contribueront aux réunions selon les sujets.

    Le point central sera la nécessité de renforcer le couple franco-allemand dans l’optique d’une défense européenne forte. Premier pilier : le besoin de convergence sur les enjeux technologiques, stratégiques et militaires, pour être dans la compétition internationale via l’allègement des contraintes normatives. Second pilier : des projets industriels et politiques coordonnés, pour une Europe plus crédible et efficace. Seront abordés la gestion des frontières et de l’économie, pour que Bruxelles dispose des outils budgétaires nécessaires.

    Les discussions seront organisées en trois sessions plénières, qui aborderont d’abord la stratégie industrielle et la souveraineté sur des sujets liés au numérique et à l’espace notamment (tels que l’IA). La seconde session aura pour but de faire converger les réformes économiques et sociales. Sur les bases de ces échanges, les sujets de sécurité et de défense seront, ensuite, développés, avec, en filigrane, les grands sujets internationaux (Ukraine, Iran et Palestine en tête).

  • À Saint-Raphaël, élus et militants dénoncent une falsification de l’histoire communiste

    À Saint-Raphaël, élus et militants dénoncent une falsification de l’histoire communiste

    « C’est vraiment scandaleux ce que fait le maire. S’il révisait un peu son histoire, il verrait tout l’apport des ministres communistes en France. La Sécurité sociale, ça vient du Parti communiste, entre autres. C’est Ambroise Croizat, ministre communiste du travail. Lors de sa mort, il y a eu plus d’un million de Français qui ont manifesté à Paris… », martèle Gilles Piazzoli, du PCF de Draguignan.

    « La loi SRU, le statut des fonctionnaires, la loi sur les soins médicaux pour le cancer… Tout ça ne peut pas être effacé par une stèle », ajoute Pierre Barbagellata, militant communiste. Il n’est que 17h30 ce samedi et beaucoup de monde se masse sur le parvis de la mairie de Saint-Raphaël pour dénoncer l’inauguration d’une stèle en hommage « aux victimes du communisme ». « On montre un signal fort de rassemblement des communistes et des progressistes pour marquer le coup et empêcher qu’on fasse des amalgames honteux qui sèment la confusion notamment pour les nouvelles générations », précise Pierre Daspre, le secrétaire départemental de la fédération du PCF du Var.

    « Apparemment, le révisionnisme a de beaux jours devant lui », s’indigne le président de l’Institut d’histoire sociale de la CGT, Jean-Pierre Kaspereck, pour qui l’attaque est clairement politique et intervient à quelques mois des municipales. Ce qui semble autoriser certains « à ratisser dans les poubelles », ajoute-t-il.

    Hervé Fecchino, pour Attac Var, a réaffirmé, lui aussi, « que l’histoire du communisme ne peut pas se réduire à ses seules tragédies ». Et rappelle qu’« en France, le mouvement communiste a porté des valeurs de progrès, de justice sociale et a largement contribué à la libération nationale face au nazisme ».

    Tout aussi remonté, le secrétaire de la section du PCF de La Garde-Le Pradet, Yves Pellegrini, fustige « l’opportunisme d’un maire candidat tentant de passer sous le boisseau une gestion calamiteuse de sa commune en draguant sans vergogne l’électorat de l’extrême droite ». Il rappelle d’ailleurs que chez les LR ce n’est pas chose nouvelle, et se souvient de l’organisation en 2004 par Jean-Louis Masson, alors maire de La Garde, d’un colloque à la mémoire des « 100 millions de victimes du communisme ». Yves Pellegrini ajoute : « Vingt ans après, Jean-Louis Masson, président du parti Les Républicains du Var est bien silencieux quant aux propos de son collègue raphaëlois. »

    Pour l’élue d’opposition de Saint-Raphaël, Emmanuelle Cocusse (Les Écologistes), « il s’agit clairement ici d’une instrumentalisation à des fins idéologiques dans cette course à l’échalote avec le Rassemblement national ».

    La vérité contre la falsification

    La tête de liste de Toulon en Commun Magali Brunel (PS) a tenu également à faire le déplacement. « Nous sommes des partis frères, nous nous battons pour les mêmes valeurs. Alors lorsqu’on fait mal à l’un, on fait mal à l’autre et à l’ensemble de la gauche », déclare-t-elle. Et de poursuivre : « Nous sommes furieux que l’on inverse les rôles et qu’on fasse une stèle en hommage aux victimes du communisme là où ce sont eux qui ont été victimes des fascistes. »

    L’expression de l’historien Jean-Marie Guillon, lu par Pierre Daspre, a permis d’avoir un éclairage plus académique mais sans concession, lui non plus. « L’histoire peut porter un regard critique sur le passé, mais elle a d’abord un rapport avec la vérité ; elle n’est pas un jeu de construction ou de démolition que l’on fait et défait au gré des intérêts et des ambitions », a-t-il rappelé.

    Alors que ce rassemblement se tenait dans la colère mais aussi la dignité, le maire de Saint-Raphaël inaugurait la stèle de la honte, au même moment, jardin Beaurivage.

    Pierre Daspre a fait, lui, résonner les mots de l’historien : « J’ai beaucoup de respect pour les femmes et les hommes politiques, j’en ai moins pour les politiciens et politiciennes ; l’une des différences entre les deux, c’est que les premiers ont quelques principes et que les autres, que les scrupules n’étouffent, pas n’en ont qu’un, c’est de faire parler d’eux sous n’importe quel prétexte, y compris les plus fallacieux. » Une conclusion à la mesure de l’affront à l’Histoire.