Category: politique

  • [Entretien] Michèle Bitton : « Gaston Crémieux s’est inscrit dans les luttes pour la République »

    [Entretien] Michèle Bitton : « Gaston Crémieux s’est inscrit dans les luttes pour la République »

    La Marseillaise : Nous allons commémorer dimanche l’anniversaire de l’exécution de Gaston Crémieux. Aujourd’hui, que reste-t-il de sa mémoire
    à Marseille
     ?

    Michèle Bitton : Le premier de ces lieux de mémoire à Marseille, chronologiquement, c’est son caveau au carré israélite du cimetière Saint-Pierre. Il a été enterré tout de suite après son exécution, son corps a été donné immédiatement à la famille, ce qui n’est pas toujours le cas. Mais ce n’est que l’année d’après qu’un monument funéraire a été élevé, qui existe toujours. Il est indiqué dessus : dédié à Gaston Crémieux, par sa femme et les républicains de Marseille, parce qu’ils ne pouvaient pas en dire plus, en 1872… Une plaque a été apposée au pied de ce monument dans les années 1880, par l’Association culturelle des juifs du pape. Et il y a le boulevard Gaston-Crémieux dans les années 1920, sous la mandature du premier maire socialiste de Marseille, Siméon Flaissières. Durant la Seconde Guerre mondiale, le boulevard a été débaptisé, mais ce n’était pas le seul. Et ce n’est qu’en 2021, pour le 150e anniversaire de la Commune, après le changement de municipalité à Marseille, que Benoît Payan a fait apposer une plaque au Pharo. Il y avait eu des tentatives auparavant, par les Amis de la Commune de Paris, de mettre une plaque là-bas, qui avait été arrachée.

    Sur le boulevard Gaston-Crémieux, il est présenté comme un leader de la Commune de Paris, pourquoi celle de Marseille reste dans l’ombre ?

    M.B. : C’est une grosse erreur que j’ai signalée… Mais la Commune de Marseille n’a pas autant d’envergure. La Commune de Paris avait des ambitions que Marseille n’a pas eu le temps d’avoir, elle n’a duré que treize jours, et il n’y a eu durant ces treize jours que des luttes internes, ils n’ont pas eu le temps de promulguer des décrets qui auraient fait sa gloire, comme à Paris.

    Qu’est-ce que le travail d’avocat de Gaston Crémieux reflète des luttes sociales à Marseille à la fin du XIXe ?

    M.B. : C’était l’époque où les premiers socialistes se battaient pour abattre l’Empire. Il s’est inscrit dans ces luttes pour la République. Il n’a jamais été adhérent de l’Association internationale des travailleurs, mais il a beaucoup aidé les syndicats ouvriers à se constituer. À l’époque, c’étaient des associations mutuelles, de prévoyance, professionnelles, pour la transmission du savoir-faire. Il les aidait à rédiger leurs statuts, faisait des conférences populaires pour éclairer le peuple, leur apprendre le fonctionnement des institutions.

    Lesquelles de ses plaidoiries
    vous ont marquée ?

    M.B. : Une femme avait été accusée parce qu’elle avait été agressée par un homme, qui voulait l’épouser. Elle lui avait balancé du vitriol à la figure. Il a gagné le procès, elle n’a pas été condamnée. Et surtout il y a eu le procès très fameux, moins politique, moins féministe, l’affaire des empoisonneuses. C’étaient des femmes qui avaient empoisonné leurs maris, avec l’aide de leurs amants. Elles devaient être condamnées à mort, il a réussi à éviter qu’elles ne soient pas condamnées à mort. On ne lui connaît pas dans sa carrière de défense de grande cause politique, mais il a pris une grande part à la campagne électorale de Gambetta, le premier député socialiste élu à Marseille, en 1869.

    Pourquoi Gaston Crémieux a-t-il été le seul dirigeant politique de la Commune de Marseille à avoir été fusillé ?

    M.B. : Ça, c’est la grande question. Il y a eu trois hommes condamnés à mort dans le même procès, au mois de juin 1871. Étienne et Pélissier ont été graciés, mais pas Gaston Crémieux. L’avocat Roger Vignon, dans son livre, considère que c’est un procès inique, parce que sur la cinquantaine de questions auxquels devaient répondre les juges, pour savoir par exemple s’il avait été coupable « d’embaucher les soldats », la réponse a été non. Et il a été quand même condamné. Et sa condamnation a été maintenue.

    Des lieux de mémoire restent à créer ?

    M.B. : Le comité des Amis de la Commune Gard-Cévennes se bat depuis des années pour faire apposer une plaque sur sa maison natale. Et je suis en train de travailler sur les 26 condamnés à mort fusillés en France. Il y a eu 110 condamnés à mort en France après la Commune, et 26 ont été maintenus après que la commission des grâces ait refusé de leur accorder leur grâce. Dont Gaston Crémieux à Marseille, et deux soldats qui ont refusé de tirer sur les communards, qui ont été fusillés au Pharo. S’il y a une stèle installée, ce sera bien de rappeler ces soldats. Un autre lieu de mémoire qu’on essaie de mettre en place, c’est à la Plaine. Il y avait une grande salle de spectacle, l’Eldorado, au 22, place Jean-Jaurès. Dans cette grande, le 22 mars 1871, Gaston Crémieux a prononcé un discours fameux qui a été à l’origine de la Commune de Marseille. Le lendemain, la préfecture avait appelé à une manifestation en faveur de Versailles, et les Marseillais n’étaient pas d’accord et ont manifesté en solidarité avec la Commune de Paris. L’année dernière, nous avions fait un pochoir à cet endroit. On aimerait bien que ce soit pérenne.

    Rendez-vous ce jeudi à partir de 16h30
    à la brasserie le Terminus, entrée libre
    et gratuite dans la limite des places disponibles. La présentation sera précédée d’un dépôt de gerbe devant la plaque commémorative de Gaston Crémieux.

  • Un chantier pour rendre son éclat au théâtre du Gymnase

    Un chantier pour rendre son éclat au théâtre du Gymnase

    En lieu et place des sièges du parterre, les échafaudages tutoient désormais les balcons. Après deux mois de préparatifs, le chantier de rénovation du théâtre du Gymnase est enfin lancé, quatre ans après la fermeture des lieux. Des travaux chiffrés à 18 millions d’euros et prévus pour durer deux ans. « Un chantier exceptionnel pour un Gymnase exceptionnel », sourit le maire (DVG) Benoît Payan.

    « Ce qui posait problème à l’origine, c’est un problème de sécurité : le balcon s’affaissait parce qu’il y a eu des infiltrations d’eau, mais aussi des travaux dans les années 1980 », rembobine l’architecte Ignacio Tillard, du cabinet Panorama architecture. Et de détailler : « Un certain nombre de poteaux ont disparu pour améliorer la visibilité de la scène depuis les places défavorisées, ce qui a provoqué des problèmes de structure. » À quelques semaines des municipales en 2020, les balcons fragilisés avaient dû être interdits d’accès, avant la fermeture totale, un an plus tard, de ce théâtre à l’italienne ouvert en 1804, classé Monument remarquable.

    Après la dépose du lustre, il reste à démonter les garde-corps de la corbeille pour leur restauration, avant la démolition des balcons. « L’ensemble des moulures va être reproduit grâce à des recherches d’archives, de photos, avec l’ajout de toutes les décorations qui ont disparu après-guerre », explique l’architecte. La reconstruction des balcons sera aussi l’occasion d’en améliorer le confort, avec l’élimination totale des poteaux qui gênaient la vue, « une prouesse technique exceptionnelle », insiste Benoît Payan. Les peintures du plafond seront aussi restaurées, le parterre rendu accessible de plain-pied depuis la rue, les équipements scéniques modernisés, un parquet posé pour améliorer l’acoustique. « Ce sera vraiment un stradivarius », apprécie le directeur du théâtre, Dominique Bluzet. À l’extérieur, les escaliers seront retirés pour redonner toute leur dimension aux portes d’entrée, le hall modernisé. « Ce n’était pas la peine de faire une rénovation au rabais, appuie l’adjoint PCF à la culture, Jean-Marc Coppola. Quand on a un des plus anciens lieux de culture de Marseille, on met d’emblée le paquet. » Un modèle pour la restauration à venir de l’Opéra.

    Plus rapide qu’à Paris

    « Je trouve lamentable qu’on abandonne ainsi la culture, ici sur la Canebière », lâchait pourtant la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, le 3 novembre. « Elle s’attendait à voir des grues devant le théâtre, tance Benoît Payan. Il faudra que quelqu’un se dévoue pour lui expliquer que pour refaire un théâtre, il n’y a pas de grues. » Et de souligner le chemin parcouru, notamment grâce à la gratuité dans les musées : l’exposition Detaille au Musée d’histoire bat déjà des records de fréquentation. « Beaucoup considèrent que la culture n’est pas une priorité dans les temps difficiles, or, elle est notre humanité », appuie l’édile. Quant au délai pour restaurer le théâtre du Gymnase, « nous avons été beaucoup plus rapides que les Parisiens, qui ont mis neuf ans et demi pour rénover le théâtre de la Ville », se réjouit Dominique Bluzet.

  • Bories repart pour un tour sans éluder le Grand Avignon

    Bories repart pour un tour sans éluder le Grand Avignon

    C’était attendu, c’est désormais officiel : Pascale Bories brigue un deuxième mandat. La maire (LR) de Villeneuve-les-Avignon a levé le faux suspense, ce mardi soir devant la presse. « J’ai la passion et l’énergie pour repartir pour un second mandat », annonce-t-elle dans un pub de la commune gardoise, entourée de plusieurs membres de sa majorité. Se sentant « soutenue » par son équipe, celle qui avant d’être maire était première adjointe de 2001 à 2020 ne s’est pas vraiment épanchée sur son bilan et encore moins les projets à venir, remettant cela à la rentrée de janvier. Son équipe souffle toutefois « les pistes cyclables » ou « le nouveau réfectoire ».

    Troisième commune la plus importante du Grand Avignon, Villeneuve a forcément une place prépondérante dans l’agglo. Est-ce que comme son prédécesseur à la mairie, Jean-Marc Roubaud, vise-t-elle aussi la présidence ? « La question n’est pas du tout à l’ordre du jour, ce qui m’importe c’est le projet de territoire mais mon rôle sera de peser sur les projets du mandat », soutient Pascale Bories, élue au 1er tour en 2020 (60% des voix) face à deux listes. La conseillère départementale veut que « le territoire parle d’une même voix », soulignant son travail à la présidence du Scot (schéma de cohérence territoriale) « voté à l’unanimité ». « Il faut cesser d’opposer les Gardois et les Vauclusiens, je l’ai trop entendu sur ce mandat de la part d’élus vauclusiens », déplore-t-elle. Villeneuve avait pourtant donné le bâton pour se faire battre car lors d’une consultation de la population fin 2022, la crainte « d’afflux d’indésirables » [venus d’Avignon] avait suscité l’indignation de la majorité municipale avignonnaise.

  • Yoann Toubhans nommé nouveau sous-préfet de Carpentras

    Yoann Toubhans nommé nouveau sous-préfet de Carpentras

    Âgé de 48 ans, il prendra officiellement ses fonctions le 8 décembre. Le haut fonctionnaire arrive de Corse, où il était sous-préfet de Calvi depuis 2021. Des fonctions précédemment occupées également à Nice-Montagne et Toul en Meurthe-et-Moselle. Initialement fonctionnaire territorial, Yoann Toubhans a commencé sa carrière en qualité
    de chargé d’études à la direction des affaires administratives et juridiques du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, en 2001.

  • Olivier Lutersztejn annonce sa candidature aux municipales à La Valette-du-Var

    Olivier Lutersztejn annonce sa candidature aux municipales à La Valette-du-Var

    Ce n’était pas un secret mais c’est désormais officiel. Déjà candidat en 2020, Olivier Lutersztejn se lance à nouveau dans la bataille des municipales. Leader du groupe d’opposition « La Valette en Action », qui revendique trois représentants au conseil municipal, il mène depuis longtemps une lutte contre la municipalité en place et le maire Thierry Albertini (LR). Un édile contre qui il a déposé deux plaintes pour soupçons de favoritisme, ce qui avait conduit à la perquisition de la mairie, en février. L’opposant l’accuse également de manquements sécuritaires concernant plusieurs bâtiments publics de la commune. « J’ai été témoin de pratiques si douteuses qu’il était de mon devoir d’élu et citoyen d’alerter la justice, qui doit se prononcer et faire éclater la vérité.C’est un enjeu de démocratie essentiel », soutient l’intéressé.

    Mais il ne s’agit pas des seuls griefs exprimés par le chef d’entreprise : « Il y a beaucoup de gaspillage d’argent public, la Ville est mal gérée et très fortement endettée [de 28,4 millions en 2020 à 43,9 millions en 2025, Ndlr]. L’insécurité s’est installée. La ville est ultra-bétonnée et sous tutelle des promoteurs. Les Valettois étouffent sous la circulation et les problèmes de stationnement. »

    En conséquence, Olivier Lutersztejn veut « mettre fin aux dérives financières et engager une baisse des impôts ». Mais aussi donner « plus de moyens à la police municipale », stopper « les projets immobiliers incohérents et téléguidés par les promoteurs » et mener « deux projets de rénovation urbaine menés dans le cœur du centre-ville et de la Coupiane », avec « une liste citoyenne sans étiquette. Je ne suis pas candidat pour une carrière et ne suis lié à aucun parti. Mon parti, c’est La Valette ! », martèle-t-il.

  • Claude Passerel, candidat sans étiquette aux municipales à Saint-Zacharie

    Claude Passerel, candidat sans étiquette aux municipales à Saint-Zacharie

    « J’ai toujours été passionné par ma mairie », avoue d’emblée Claude Passerel. « On est proche de la population, proche des soucis des gens. Cela m’a toujours plu », assure-t-il. De fait, il a passé une grande partie de sa vie professionnelle en tant que comptable à la Ville de Saint-Zacharie, de 1979 à sa retraite en 2020. « J’ai une maîtrise totale de tous les services », ajoute-t-il. Lors des dernières élections municipales, en 2020, alors que le maire élu depuis 1980 ne se représente pas au profit de son fils Jean-Jacques Coulomb, il accepte sur la proposition du maire alors élu, de devenir son conseiller municipal délégué aux finances.

    « La commune avant tout »

    En 2023, il démissionne. « Les adjoints n’étaient pas assez associés aux prises de décisions. Quand je n’étais pas d’accord avec le maire, celui-ci me disait que j’étais contre lui… », relate Claude Passerel, 66 ans.

    Depuis début 2025, « j’ai pris la décision de me lancer en politique », dit-il. Il a déjà constitué sa liste de 31 colistiers, « de tous âges, Zachariens de souche, gens venus d’ailleurs. Je veux que les gens qui vivent à Saint-Zacharie un peu comme dans une cité-dortoir participent à la vie du village. »

    Dans cette cité d’environ 6 000 habitants, au pied de la Sainte-Baume, où pas mal de gens vont travailler sur Aubagne, Aix, Marseille, lui et son équipe se présentent « sans étiquette. Notre seule priorité, c’est servir la commune avant tout. » La deuxième réunion publique (voir page Facebook) « est fixée au dimanche 30 novembre, de 9h30 à 11h30, sous barnum, quartier des Nayes ».

  • Les Centristes aux côtés de Martine Vassal à Marseille

    Les Centristes aux côtés de Martine Vassal à Marseille

    Dans les nouveaux locaux de campagne du cours Pierre-Puget, le chef de file des Centristes, Bruno Genzana, l’affirme très clairement : « Le centre est aujourd’hui clairement engagé au côté de Martine Vassal. Et si ce n’est pas avec Martine Vassal, je ne sais pas avec qui il peut être ! » Au côté du président de son parti Hervé Morin, le conseiller régional déplore l’absence de son camp depuis 2020 dans l’hémicycle municipal pour la première fois, et dénonce une alliance inévitable du Printemps marseillais avec les insoumis pour le second tour. « Malheur à ceux de nos amis qui seraient tentés d’aller dans cette aventure : ils seront les dindons de la farce quand il faudra rayer les noms de la liste, car les insoumis auront un appétit d’ogre ! », lance Bruno Genzana.

    Hervé Morin après lui souscrit pleinement à l’alliance du centre et de la droite. « L’état de décomposition du paysage politique français fait que si nous ne sommes pas rassemblés, on ne peut pas gagner », avertit le président de la Région Normandie. Lui qui connaît la puissance du port du Havre souligne l’importance des liens avec l’économie portuaire : « Quand on n’a pas cette relation, on n’incarne pas la fonction ! »

    Martine Vassal salue le travail réalisé par Bruno Genzana. « Il est arrivé à faire quelque chose de particulier chez les centristes, les mettre tous d’accord », tance-t-elle. Et d’applaudir cette union : « C’est comme un mariage, il faut l’entretenir, l’alimenter, faire des concessions, mais plus ça va, plus on est soudés. » Puis de rabâcher sur « l’état catastrophique » de Marseille : « On est en train de faire du centre-ville crackopolis », attaque celle qui déplorait plus tôt un débat politique « en dessous du caniveau ».

  • Un forum creuset du centre gauche à Marseille

    Un forum creuset du centre gauche à Marseille

    Soirée de lancement ce mercredi à 19h au Square, place Sadi-Carnot du « Forum marseillais ». L’espace de débats, initié par la Convention, le mouvement de l’ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve, rejoint récemment par le Parti radical de gauche, vise à regrouper le centre-gauche en vue des municipales de Marseille.

    Pour cette première date, c’est la question des transports qui a été retenue par les
    organisateurs, Christian Monferrini, référent départemental de la Convention, et Hugo Roche-Poggi qui est à la fois le président départemental du PRG et le chef de file de la Convention pour Marseille.

    Objectif : « Faire émerger une majorité pour combattre les idées extrémistes qui pèsent sur l’avenir de notre ville, nous voulons œuvrer pour l’intérêt général, le vivre ensemble sans aucune exclusion, la valeur travail nécessaire à la liberté individuelle, la tranquillité publique ainsi que pour une politique écologique juste », écrivent-ils dans un communiqué commun.

  • L’escalade guerrière pour tout horizon

    L’escalade guerrière pour tout horizon

    Sur les ondes de RTL ce mardi matin, le discours du président de la République a le mérite d’être éloquent. « Au moment où la guerre s’hybride, il est très important […] que nous raffermissions la Nation », assume Emmanuel Macron, en déplacement au Gabon. Tandis que le chef de l’État bat ses records d’impopularité (16% d’opinions favorables), il doit se rendre ce jeudi à Varces (Isère), auprès de la 27e brigade d’infanterie de montagne, pour annoncer un nouveau service national volontaire. « Il est très clair que nous devons renforcer le pacte armée-Nation », appuie-t-il encore, insistant toujours plus sur la menace russe.

    2 milliards à partir de 2035

    Les grandes lignes de ce nouveau service militaire ont opportunément filtré ce week-end, dans les colonnes de La Tribune dimanche. Payés 900 à 1 000 euros par mois, les volontaires seraient formés pendant dix mois aux métiers d’armes, et pourraient même être déployés sur le territoire dans les patrouilles de la force Sentinelle. Sans être envoyés en opération extérieure, avec l’objectif d’atteindre dès la deuxième année 10 000 volontaires, puis 50 000 à l’horizon 2035. Pour un coût estimé, à terme, à 2 milliards d’euros. Après quatre ans d’un fiasco émaillé de scandales, la page du Service national universel voulu pour les lycéens, avec son coût faramineux de 3,5 à 5 milliards d’euros en 2024, est définitivement tournée.

    « Il faut supprimer l’idée confuse qui consisterait à dire que l’on envoie nos jeunes en Ukraine », a beau jeu d’insister le président de la République. Car, avant lui, le chef d’état-major des Armées avait été envoyé déminer le terrain, assumant, il y a une semaine à l’occasion du congrès des maires de France, qu’il fallait « accepter de perdre ses enfants ». Un propos « sorti de son contexte », répète Emmanuel Macron, qui n’entend pas moins envoyer des soldats français en Ukraine, à l’arrière, « une fois que la paix sera signée ». Un déploiement « comme nous le faisons dans certains pays sur le flanc Est de l’Otan, soit dans les airs, soit sur terre, soit sur mer ».

    Car le chef des Armées assume l’escalade militaire et la confrontation avec la Russie. « Dans les scénarios qui sont étudiés par tous les Européens, une des principales menaces pour nos pays est la Russie », annonce-t-il, en dénonçant « des guerres hybrides sur le sol de l’Union européenne ». Alors, le président de la République menace : « Le jour où vous donnez un signal de faiblesse à la Russie, elle va continuer d’avancer. » Après avoir doublé, depuis le début de son mandat, les crédits militaires à travers deux lois de programmation, il assume la course aux armements : « Si nous voulons nous protéger, nous devons montrer que nous ne sommes pas faibles avec la puissance qui nous menace le plus. »

    Ces élans militaristes, le secrétaire national du PCF les a dénoncés à l’occasion de son meeting, dimanche, à Marseille (notre édition du 24/11). « Depuis trois ans, les discours guerriers se multiplient et alimentent une escalade dangereuse », alerte Fabien Roussel. Défendant des engagements diplomatiques pour la paix et la sécurité « de l’Atlantique à l’Oural », sans rien enlever à une défense nationale souveraine.

    Chantage sur le budget

    Mais, ce lundi, le Premier ministre Sébastien Lecornu, ancien ministre de la Défense, passait un cap supplémentaire en sollicitant auprès de l’Assemblée un débat, le 10 décembre prochain, sur les enjeux militaires afin de mieux faire avaler un budget austéritaire. Sans budget, « la défense perd 6,7 milliards prévus dès 2026 », avertissait le résident de Matignon. Si le gouvernement devait recourir à une loi spéciale pour reconduire le budget actuel, les Armées « seraient les premières victimes », insistait-il. Alors que la Russie, elle, « n’a pas de politique sociale, elle est très loin de tous les débats qu’on a : elle produit des sous-marins, des missiles, des tanks », lâchait ce mardi Emmanuel Macron. Comme s’il fallait suivre l’exemple.

  • L’égalité des droits, priorité cardinale du Printemps de Béziers face à Ménard

    L’égalité des droits, priorité cardinale du Printemps de Béziers face à Ménard

    Ruban blanc à la boutonnière en lien avec la journée internationale contre les violences faites aux femmes, les militants du Printemps de Béziers ont l’intention d’en finir avec l’image archaïque des femmes que la Mairie en place propage depuis 2014. Sur les futures affiches municipales s’ils sont élus, plus de femme attachée sur les rails, dans le Journal du Biterrois plus de poupées fardées façon années 50.

    Que ce soit Lil Margerin (PS), Fabienne Mateu (PCF), ou Chantal Lapuerta (Place Publique), personne sur la liste n’a l’intention d’encourager la culture patriarcale. « Le féminisme n’est pas une option c’est une urgence politique et humaine », dit la première. « Parler égalité à Béziers ce n’est pas symbolique c’est un choix de société », soutient la seconde qui rappelle qu’à Béziers, 52% des enfants vivent dans des familles pauvres. Et Chantal Lapuerta, également présidente de l’association « Les Simone veillent », d’évoquer les 118 femmes tuées par un homme en 2022 – dont les Biterroises Cindy et Claire – et les 142 déjà recensées cette année. Tête de la liste, Thierry Antoine (EELV) ajoute « qu’il n’est pas besoin d’être une femme pour être féministe. Les hommes et les femmes gagneront ensemble ». Cela posé, l’idée est de faire de l’égalité « le fil rouge » des politiques municipales. Un adjoint ou une adjointe dédiée, une action qui impactera toutes les actions de la Ville, un coup de pouce aux associations qui aident les femmes, un rééquilibrage des subventions sportives… Voilà certains des engagements du Printemps de Béziers pour lequel, assurent ses membres, une seule question se posera à chaque « euro dépensé » : « Est-ce que cette action réduit ou aggrave les inégalités ? »

    On pourrait penser que l’égalité est du ressort de l’État. Pour Fabienne Mateu, pas seulement : « Une mairie a un sacré pouvoir », assure-t-elle. La possibilité de mettre un terme par exemple aux primes qui sautent à Béziers pour 5 jours d’absence. Or qui s’absente pour garder les enfants malades en général ?

    Seules 31% des femmes travaillent à Béziers

    Celle d’embaucher, aussi. Évelyne Coulouma (Place publique), qui fut directrice du Centre municipal de santé de Béziers, témoigne : « J’ai participé à beaucoup de commissions d’embauche où l’on se demandait si une telle avait fait son plein d’enfants. » À Béziers, seules 31% des femmes travaillent. Les marchés publics peuvent jouer un rôle si la Ville demande aux entreprises candidates de mettre en place des mesures d’égalité salariale.

    Une mairie peut aussi aider les femmes victimes de violence. Les protéger et les accompagner. L’actuelle Maison des femmes a des horaires de bureau, indique Chantal Lapuerta, qui souhaite un accueil 7 jours/7, 24h/24. Elle évoque aussi les bons de taxi pour l’urgence de la fuite, l’aide au déménagement, le soutien juridique, des espaces de paroles, la formation pour les personnels, plus de crèches… « Ce ne sont pas des dépenses, ce sont des choix politiques et des investissements », note Thierry Antoine.

    Des communes ont des expériences réussies dans ce domaine. Nantes avec un lieu d’accueil ouvert en permanence, Lyon et son budget sensible au genre, Strasbourg avec des plans pluriannuels. « On peut rejoindre ce mouvement », insiste Fabienne Mateu. En sortant de la permanence, Thierry Antoine colle sur la porte une affichette : « Ici demandez Angela. » Comme peuvent le faire les commerces, établissements de nuit ou acteurs culturels signalant ainsi un réseau solidaire pour les femmes agressées ou harcelées dans la rue. « Robert Ménard ne devrait pas attendre les élections pour le mettre en place. »