Category: politique

  • L’escalade guerrière pour tout horizon

    L’escalade guerrière pour tout horizon

    Sur les ondes de RTL ce mardi matin, le discours du président de la République a le mérite d’être éloquent. « Au moment où la guerre s’hybride, il est très important […] que nous raffermissions la Nation », assume Emmanuel Macron, en déplacement au Gabon. Tandis que le chef de l’État bat ses records d’impopularité (16% d’opinions favorables), il doit se rendre ce jeudi à Varces (Isère), auprès de la 27e brigade d’infanterie de montagne, pour annoncer un nouveau service national volontaire. « Il est très clair que nous devons renforcer le pacte armée-Nation », appuie-t-il encore, insistant toujours plus sur la menace russe.

    2 milliards à partir de 2035

    Les grandes lignes de ce nouveau service militaire ont opportunément filtré ce week-end, dans les colonnes de La Tribune dimanche. Payés 900 à 1 000 euros par mois, les volontaires seraient formés pendant dix mois aux métiers d’armes, et pourraient même être déployés sur le territoire dans les patrouilles de la force Sentinelle. Sans être envoyés en opération extérieure, avec l’objectif d’atteindre dès la deuxième année 10 000 volontaires, puis 50 000 à l’horizon 2035. Pour un coût estimé, à terme, à 2 milliards d’euros. Après quatre ans d’un fiasco émaillé de scandales, la page du Service national universel voulu pour les lycéens, avec son coût faramineux de 3,5 à 5 milliards d’euros en 2024, est définitivement tournée.

    « Il faut supprimer l’idée confuse qui consisterait à dire que l’on envoie nos jeunes en Ukraine », a beau jeu d’insister le président de la République. Car, avant lui, le chef d’état-major des Armées avait été envoyé déminer le terrain, assumant, il y a une semaine à l’occasion du congrès des maires de France, qu’il fallait « accepter de perdre ses enfants ». Un propos « sorti de son contexte », répète Emmanuel Macron, qui n’entend pas moins envoyer des soldats français en Ukraine, à l’arrière, « une fois que la paix sera signée ». Un déploiement « comme nous le faisons dans certains pays sur le flanc Est de l’Otan, soit dans les airs, soit sur terre, soit sur mer ».

    Car le chef des Armées assume l’escalade militaire et la confrontation avec la Russie. « Dans les scénarios qui sont étudiés par tous les Européens, une des principales menaces pour nos pays est la Russie », annonce-t-il, en dénonçant « des guerres hybrides sur le sol de l’Union européenne ». Alors, le président de la République menace : « Le jour où vous donnez un signal de faiblesse à la Russie, elle va continuer d’avancer. » Après avoir doublé, depuis le début de son mandat, les crédits militaires à travers deux lois de programmation, il assume la course aux armements : « Si nous voulons nous protéger, nous devons montrer que nous ne sommes pas faibles avec la puissance qui nous menace le plus. »

    Ces élans militaristes, le secrétaire national du PCF les a dénoncés à l’occasion de son meeting, dimanche, à Marseille (notre édition du 24/11). « Depuis trois ans, les discours guerriers se multiplient et alimentent une escalade dangereuse », alerte Fabien Roussel. Défendant des engagements diplomatiques pour la paix et la sécurité « de l’Atlantique à l’Oural », sans rien enlever à une défense nationale souveraine.

    Chantage sur le budget

    Mais, ce lundi, le Premier ministre Sébastien Lecornu, ancien ministre de la Défense, passait un cap supplémentaire en sollicitant auprès de l’Assemblée un débat, le 10 décembre prochain, sur les enjeux militaires afin de mieux faire avaler un budget austéritaire. Sans budget, « la défense perd 6,7 milliards prévus dès 2026 », avertissait le résident de Matignon. Si le gouvernement devait recourir à une loi spéciale pour reconduire le budget actuel, les Armées « seraient les premières victimes », insistait-il. Alors que la Russie, elle, « n’a pas de politique sociale, elle est très loin de tous les débats qu’on a : elle produit des sous-marins, des missiles, des tanks », lâchait ce mardi Emmanuel Macron. Comme s’il fallait suivre l’exemple.

  • L’égalité des droits, priorité cardinale du Printemps de Béziers face à Ménard

    L’égalité des droits, priorité cardinale du Printemps de Béziers face à Ménard

    Ruban blanc à la boutonnière en lien avec la journée internationale contre les violences faites aux femmes, les militants du Printemps de Béziers ont l’intention d’en finir avec l’image archaïque des femmes que la Mairie en place propage depuis 2014. Sur les futures affiches municipales s’ils sont élus, plus de femme attachée sur les rails, dans le Journal du Biterrois plus de poupées fardées façon années 50.

    Que ce soit Lil Margerin (PS), Fabienne Mateu (PCF), ou Chantal Lapuerta (Place Publique), personne sur la liste n’a l’intention d’encourager la culture patriarcale. « Le féminisme n’est pas une option c’est une urgence politique et humaine », dit la première. « Parler égalité à Béziers ce n’est pas symbolique c’est un choix de société », soutient la seconde qui rappelle qu’à Béziers, 52% des enfants vivent dans des familles pauvres. Et Chantal Lapuerta, également présidente de l’association « Les Simone veillent », d’évoquer les 118 femmes tuées par un homme en 2022 – dont les Biterroises Cindy et Claire – et les 142 déjà recensées cette année. Tête de la liste, Thierry Antoine (EELV) ajoute « qu’il n’est pas besoin d’être une femme pour être féministe. Les hommes et les femmes gagneront ensemble ». Cela posé, l’idée est de faire de l’égalité « le fil rouge » des politiques municipales. Un adjoint ou une adjointe dédiée, une action qui impactera toutes les actions de la Ville, un coup de pouce aux associations qui aident les femmes, un rééquilibrage des subventions sportives… Voilà certains des engagements du Printemps de Béziers pour lequel, assurent ses membres, une seule question se posera à chaque « euro dépensé » : « Est-ce que cette action réduit ou aggrave les inégalités ? »

    On pourrait penser que l’égalité est du ressort de l’État. Pour Fabienne Mateu, pas seulement : « Une mairie a un sacré pouvoir », assure-t-elle. La possibilité de mettre un terme par exemple aux primes qui sautent à Béziers pour 5 jours d’absence. Or qui s’absente pour garder les enfants malades en général ?

    Seules 31% des femmes travaillent à Béziers

    Celle d’embaucher, aussi. Évelyne Coulouma (Place publique), qui fut directrice du Centre municipal de santé de Béziers, témoigne : « J’ai participé à beaucoup de commissions d’embauche où l’on se demandait si une telle avait fait son plein d’enfants. » À Béziers, seules 31% des femmes travaillent. Les marchés publics peuvent jouer un rôle si la Ville demande aux entreprises candidates de mettre en place des mesures d’égalité salariale.

    Une mairie peut aussi aider les femmes victimes de violence. Les protéger et les accompagner. L’actuelle Maison des femmes a des horaires de bureau, indique Chantal Lapuerta, qui souhaite un accueil 7 jours/7, 24h/24. Elle évoque aussi les bons de taxi pour l’urgence de la fuite, l’aide au déménagement, le soutien juridique, des espaces de paroles, la formation pour les personnels, plus de crèches… « Ce ne sont pas des dépenses, ce sont des choix politiques et des investissements », note Thierry Antoine.

    Des communes ont des expériences réussies dans ce domaine. Nantes avec un lieu d’accueil ouvert en permanence, Lyon et son budget sensible au genre, Strasbourg avec des plans pluriannuels. « On peut rejoindre ce mouvement », insiste Fabienne Mateu. En sortant de la permanence, Thierry Antoine colle sur la porte une affichette : « Ici demandez Angela. » Comme peuvent le faire les commerces, établissements de nuit ou acteurs culturels signalant ainsi un réseau solidaire pour les femmes agressées ou harcelées dans la rue. « Robert Ménard ne devrait pas attendre les élections pour le mettre en place. »

  • Place publique propose un tunnel pour maintenir la LEO à Avignon

    Place publique propose un tunnel pour maintenir la LEO à Avignon

    Ce n’est « pas un ultimatum », mais Benoît Belvalette avait un message à faire passer, ce lundi matin, à ses possibles alliés à gauche en vue des municipales. En introduction d’un point presse sur les mobilités, thématique qui donnera lieu à une réunion publique ce jeudi (18h30, salle du Rouge-Gorge), le candidat Place publique a exhorté David Fournier (PS), Joël Peyre (PRG) voire Paul-Roger Gontard (La Convention) a parlé programme plutôt que leadership. « Je veux bien qu’on fasse un bout de chemin ensemble, qu’on nous dise qu’on est le petit Poucet mais nous sommes les seuls dans cette campagne à porter des projets et propositions concrètes », plaide Benoît Belvalette.

    Après la sécurité ou la jeunesse, l’ex-directeur de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse) a exposé sa vision des transports. Une compétence qui relève surtout du Grand Avignon, dont selon lui la présidence doit revenir à la ville-centre mais pas au maire. Sur le fond de la thématique, Benoît Belvalette compte enterrer à sa manière le dossier brûlant et lancinant de la liaison Est-Ouest (LEO). « Il faut conserver le même tracé [de la phase 2 à l’arrêt et dont les crédits ont été alloués ailleurs] mais créer un tunnel au lieu d’un pont sur la Durance qui traverse aussi de manière souterraine la ceinture verte », expose Philippe Smith, référent transport de la campagne. Un projet « au coût similaire » d’environ 600 à 800m qui pourrait toutefois être payant selon le modèle de financement.

    Benoît Belvalette est « en phase », en revanche, avec la position de la Ville concernant l’arrêté anti poids lourds sur la Rocade, retoqué par la préfecture. « La santé publique est l’argument numéro un », défend-il, en piquant toutefois la « méthode trop verticale » de la maire Cécile Helle sur le sujet. Sur les sujets structurants, le candidat de Place publique plaide pour développer plutôt les bus à haut niveau de service sur voies réservées plutôt que le tramway, « hormis vers Agroparc ». Quant au plan faubourgs, sans renier la philosophie de cette refonte des sens de circulation insaturée il y a près de 4 ans, « on apportera quelques mesures correctives en lien avec les conseils de quartiers ».

  • Sanction réduite pour Badji sur le terrain du foot

    Sanction réduite pour Badji sur le terrain du foot

    On n’est pas sur un partout, balle au centre, mais Sabah Badji remonte en partie le terrain. En appel devant la Ligue Méditerranée de football, la cheffe de file des Écologistes pour les municipales a vu sa suspension être réduite de trois à cinq ans, et les motifs de corruption et faux et usage de faux disparaître. Des faits qui, rappelons-le, s’inscrivent dans un cadre sportif lié à l’engagement associatif au sein du district de foot du Grand Vaucluse et non sur le terrain judiciaire.

    En septembre, La Marseillaise révélait que Sabah Badji avait été sanctionnée pour avoir appuyé une tentative -avortée- de révocation du comité directeur du district. En employant donc des méthodes hors des clous, comme la falsification de signatures de présidents d’autres clubs. « Aucun élément matériel, aucun témoignage direct, aucune pièce à valeur probante ne vient corroborer une implication de Mme Badji », estime la commission d’appel.

    Pas de décision politique le temps du recours

    En revanche, la commission d’appel ne déjuge pas certains « faits de fraude et tentative de fraude ». Sur la base de 4 présidents prétendant avoir été trompés par Sabah Badji sur la nature du projet de révocation, la Ligue parle d’un « ensemble d’actions coordonnées, répétées et méthodiquement mises en place ». Des « manœuvres frauduleuses » dont « Sabah Badji doit être tenue responsable ». Jointe par La Marseillaise, la cheffe de file conteste toujours avec vigueur l’ensemble des faits et annonce déposer un recours devant le CNOSF (Comité national olympique et sportif français), un nouvel appel qui est suspensif. « Je n’ai rien fait du tout dans l’affaire », continue de plaider Sabah Badji, qui espère être blanchie. « Tout ce qui a été utilisé pour me salir s’est effondré », note-t-elle, tout de même insistant sur le fait que « les accusations les plus graves aient volé en éclat », comme la corruption et l’usage de faux.

    Un dossier qui a des répercussions politiques au sein des Écologistes, tiraillé par de lourds antagonismes locaux à tel point que le parti a été mis sous tutelle du national. Confiance est maintenue à Sabah Badji tant que les recours ne sont pas tous épuisés. « On attend la décision de l’appel et on se positionnera en fonction », expose François Thiollet, membre du bureau national, qui n’a pas prévu « d’audition » de la cheffe de file. Fin octobre, une alliance prioritaire a été actée auprès de David Fournier (PS). « L’enjeu c’est de permettre un large rassemblement autour de lui et que ce ne soit pas des sujets connexes qui pénalisent l’unité de la gauche », assure François Thiollet.

  • Les socialistes entérinent une 3e liste de gauche à La Seyne-sur-Mer

    Les socialistes entérinent une 3e liste de gauche à La Seyne-sur-Mer

    Déçu de ne pas être tête d’affiche de l’union de la gauche, alors que le PS occupe déjà la tête de liste à Toulon, La Garde et Le Pradet, le socialiste Olivier Andrau annonce qu’il va conduire le collectif « La Seyne ville des possibles » pour la bataille des municipales 2026, avec les Écologistes, les régionalistes et Place publique.

    « Notre économie locale doit retrouver un nouveau souffle. Elle doit s’appuyer à la fois sur l’industrie et le tourisme. La Seyne doit avancer sur ses deux jambes » a-t-il développé au cours de la conférence de presse, qui s’est tenue vendredi, au Casino.

    Le candidat déclaré a mis en avant « une équipe équilibrée et représentative de la diversité des habitants ». Avec des actifs, des retraités, des militants et acteurs de la vie associative, économique et publique, « tous engagés dans un même élan face au désordre démocratique et à l’urgence écologique ».

    Et de poursuivre : « Après une majorité municipale divisée qui a promis monts et merveilles pour ne révéler que son immobilisme, avec toujours les mêmes professionnels de la politique qui cumulent les mandats, et dont nombre sont habitués des tribunaux, nous proposons de faire de La Seyne la ville des possibles. »

    Dommage que pour faire « face à ceux qui ne proposent aucune solution tenable et attisent les peurs et les rancœurs », l’ambition de bâtir une Seyne harmonieuse ne se passe pas par le rassemblement avec les autres forces progressistes avec lesquelles le PS s’est réuni de longs mois durant.

    Car en comptant la liste portée par LFI, on en serait désormais à trois listes de gauche pour les municipales. Soit deux de trop !

  • Les progressistes unis pour La Seyne derrière Stéphane Sacco

    Les progressistes unis pour La Seyne derrière Stéphane Sacco

    La liste « Uni.e.s à gauche pour La Seyne » vient officiellement de démarrer sa campagne, avec à sa tête l’ingénieur et président d’association Stéphane Sacco (GRS). Un rassemblement le plus large possible, « fidèle à la vision portée par le Nouveau Front populaire ».

    « Il est désormais temps de présenter le programme ambitieux que nous avons travaillé avec l’ensemble des composantes de gauche de notre liste, l’association La Seyne à Venir et les concitoyens, afin de redonner confiance et espoir aux habitants », explique le coordonnateur régional de la Gauche républicaine et socialiste (GRS). L’objectif étant qu’aucun quartier de la commune soit oublié.

    Et de poursuivre : « Face à la droite, nous devons proposer une alternative crédible et réaliste, forts de nos convictions et de nos valeurs. Et nous dresser fermement contre les projets funestes du Rassemblement national, qui ne pourraient qu’entraîner cette ville vers le fond. »

    Parmi les sujets mis en avant, les services publics, la santé, la sécurité, la mobilité, l’éducation, le logement, l’emploi et la culture. Sans oublier « une véritable transition écologique ». « Il est temps que les projets essentiels, comme le programme de renouvellement urbain du centre-ville et la corniche Tamaris, dont les financements sont disponibles depuis 2019, puissent enfin voir le jour, tout comme la traversée du port, la piscine et le cinéma », ajoute-t-il.

    « L’union a permis

    des avancées sociales »

    à ses côtés, Brigitte Cheinet, pour le PCF, rappelle que les communistes ont travaillé de longs mois à une liste d’union, « conscients du danger que représentent la droite et le RN sur cette ville », et réaffirment cette volonté. « Nous voulons, dans cette liste, œuvrer pour que soit prise en compte la volonté de la population pour vivre dignement et en paix », insiste-t-elle.

    Parmi les priorités : la création d’un centre de santé pour garantir l’accès aux soins à la population, la lutte contre les logements insalubres et les marchands de sommeil, ainsi que les transports. Et de conclure : « Nous sommes conscients du travail qui nous attend, mais il ne pourra se faire qu’avec l’appui de l’ensemble de la population. Une ville unie pour le bien vivre. »

    Même son de cloche pour l’Après, le mouvement de Clémentine Autain. « L’union de la gauche est une nécessité pour transformer notre ville », intervient Isabelle Renier.

    Pour mémoire, elle était l’une des responsables de LFI localement qui a refusé, avec une dizaine de ses camarades, que sa formation fasse cavalier seul dans cette ville qui a, dans son histoire, su porter haut les luttes sociales et les solidarités populaires.

    Et de poursuivre : « La Seyne a toujours été un bastion des combats progressistes. L’union a permis des avancées sociales majeures. » Pour la militante, « fragmenter le Nouveau Front populaire serait un renoncement à cet héritage de luttes et une trahison des attentes populaires ». Étant entendu que face au RN et à « une droite locale qui a déjà largement pactisé avec des figures de l’extrême droite, seule une gauche unie peut barrer la route à ces alliances dangereuses et redonner espoir aux quartiers populaires ».

    Redonner espoir

    à la population

    Un sentiment partagé par Toussaint Codaccioni, ancien adjoint d’une précédente majorité de gauche et secrétaire du Mouvement républicain et citoyen (MRC) dans le département. « Mon expérience me conforte dans le choix qu’a fait mon parti de participer, auprès de Stéphane Sacco, à une liste d’union. Au vu du programme sur lequel nous avons travaillé ensemble, depuis plusieurs mois, je suis persuadé qu’il correspond à un avenir plus heureux pour nos concitoyens », déclare-t-il.

    Le MRC prendra donc toute sa part dans cette campagne municipale en participant à la liste, ajoute-t-il, en saluant l’engagement personnel et les valeurs humanistes et progressistes de Stéphane Sacco, ainsi que « sa détermination à donner à la ville de La Seyne l’avenir qu’elle mérite ».

  • Redistribution de délégations au conseil municipal d’Aubagne

    Redistribution de délégations au conseil municipal d’Aubagne

    Le maire (LR) Gérard Gazay vient tout juste de ceindre l’élue Brigitte Amoros de l’écharpe tricolore. Après délibération, l’adjointe au handicap « hérite » de la charge liée aux quartiers Palissy, les Passons et Aubagne Sud, précédemment assurée par Jeannine Levasseur (DVD).

    Ex-élue de la majorité, aux côtés du maire depuis une quinzaine d’années, la conseillère municipale a annoncé, le 13 novembre dernier, non seulement quitter la majorité, mais aussi se présenter aux municipales de 2026 contre le maire sortant.

    En tout début de conseil municipal, lundi soir, Jeannine Levasseur, qui n’était rattachée à aucun groupe de l’opposition et siégeait donc seule, a lu une déclaration adressée à Gérard Gazay. « Le 2 juillet dernier, lors de notre échange dans votre bureau, vous m’avez indiqué que j’étais pour 90% dans notre réussite politique à Aubagne. Alexandre Dumas disait : “Il est des services si grands qu’ils ne peuvent être rendus que par l’ingratitude” », cite l’élue.

    Conseiller municipal dans l’opposition de gauche, le communiste Yves Perrin-Toinin (RGA) a déclaré : « Par cette délibération, vous nous proposez de pourvoir un poste d’adjoint de quartier en remplacement d’une élue démissionnaire pour la période de quatre mois qui nous sépare des prochaines élections municipales. C’est-à-dire à peine le temps au nouvel adjoint de s’installer dans sa fonction. Nous ne voyons pas l’intérêt que cela peut représenter pour les habitants de ces quartiers. Cette nomination n’est pas une obligation. On pourrait utiliser l’argent économisé sur quatre mois d’indemnités d’un adjoint à chauffer mieux les écoles, en ces temps de grand froid qui arrivent, ou pour abonder le budget des maisons de quartier. »

    Stationnement gratuit

    en décembre

    Un peu plus tard, le conseil municipal a adopté le principe des deux heures de stationnement gratuit par véhicule sur la plage horaire de 10h à 19h, les samedis et dimanches 13, 14, 20, 21 décembre, ainsi que le mercredi 24 décembre, afin de faciliter les achats des habitants dans les commerces d’Aubagne.

    Cette mesure s’appliquera dans les parkings gérés par la Ville : Potiers, centre ancien, Défensions et Beaumond. La Métropole va faire de même au parking du 8 Mai, dont elle a la charge.

  • « Titi c’est toi le boss » en soutien à Martine Vassal

    « Titi c’est toi le boss » en soutien à Martine Vassal

    Jean-Claude Gaudin avait eu éric di Meco comme adjoint. Ce jeudi après-midi, c’est le ralliement du médiatique supporter de l’OM Thierry Mode, plus connu sous le pseudo « Titi c’est toi le boss », que la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, a annoncé. « Rejoindre l’équipe de Martine Vassal était quelque chose de nouveau, explique l’ancien légionnaire installé depuis 2005 à Marseille. Je n’ai jamais milité, mais j’ai trouvé le projet intéressant. »

    S’il n’est pas encore question de places sur la liste, lui qui est engagé dans le secteur associatif et revient d’un « marathon des possibles » promet d’apporter son expertise en matière de sport et d’inclusion. « à Marseille, pour une personne qui se déplace en fauteuil, il y a des kilomètres de trottoirs qui ne sont pas adaptés », déplore-t-il. Alors même que la voirie relève de la Métropole, présidée par Martine Vassal… « Nous avons proposé à la mairie 50 millions pour faire des projets d’aménagements. à part des pistes cyclables, ils n’ont rien proposé », rattrape la candidate, qui veut donner la compétence aux mairies de secteur.

    Alors que le soutien du supporter aux 116 000 abonnés s’accompagne d’injures sur les réseaux, Thierry Mode relativise : « Je m’y attendais, il faut essayer de ne pas y prêter attention. »

    Son ralliement médiatique s’accompagne du soutien apporté par la référente des Jeunes en marche, Djihane Dib. Cette étudiante de 21 ans en licence d’histoire a fait ses premiers pas politiques en adhérent à 18 ans au parti du président de Région, Renaud Muselier. « Je veux mettre la force de ma génération au service de Martine Vassal », assure-t-elle, pointant les problèmes de sécurité ou l’insuffisant accès à la culture pour les jeunes. D’autres ralliements suivront. « Beaucoup de personnes me contactent depuis peu » , sourit Martine Vassal.

  • [Grand entretien] Amal Couvreur : « Ma bataille, c’est l’égalité des territoires »

    [Grand entretien] Amal Couvreur : « Ma bataille, c’est l’égalité des territoires »

    PARCOURS

    La Marseillaise : Votre parcours en quelques mots ?

    Amal Couvreur : Mon engagement fut d’abord professionnel. Pendant vingt-sept ans, j’ai été assistante sociale, notamment auprès des personnes sans domicile fixe, à Nîmes et à la Croix-Rouge. Ensuite, j’ai coordonné un réseau de parentalité, ce qui m’a permis de rencontrer énormément de familles gardoises. En 2015, on est venu me chercher pour être conseillère départementale sur le canton Nîmes-2. J’ai accepté au lendemain des attentats de Charlie, qui m’ont beaucoup marquée et convaincue d’agir. Et depuis dix ans, je suis vice-présidente du Gard en charge des quartiers prioritaires et de la jeunesse, et conseillère régionale pour la solidarité.

    ENGAGEMENT

    LM : On vous qualifie régulièrement de « femme d’action », ça vous correspond ?

    A.C. : Je ne sais pas si c’est le terme exact, mais ce qui me porte, c’est d’améliorer le quotidien des gens, quand je le peux. Je garde toujours en tête que je veux pour les enfants des autres ce que je veux pour les miens. J’ai besoin de répondre aux gens : même si je ne sais pas, je me renseigne. L’écoute active, c’est essentiel. Le problème, c’est que le temps des habitants n’est pas celui de l’administration, ni celui des politiques. Mais je veux que les réponses soient rapides, sincères, et qu’on cherche réellement des solutions. Pour moi, l’action, c’est ça : répondre, accompagner, ne jamais laisser quelqu’un sans retour.

    Comment concilier écoute du terrain et décisions politiques ?

    A.C. : C’est un aller-retour incessant. Certains trouvent étonnant qu’on reçoive autant individuellement, mais c’est ce travail en face-à-face qui permet de construire du collectif. Avec nos permanences cantonales, que nous avions promises dès 2015 avec Christian Bastid, je vois entre dix et douze personnes par séance : plus de 3 000 personnes reçues. Ça donne une vision très précise du quotidien : logement, emploi, formation. Et parfois, quelqu’un me dit : « Vous n’avez rien fait », et ajoute aussitôt : « Mais vous avez écouté, vous avez appelé. » C’est ça ma façon de faire de la politique : partir du réel, comprendre les situations concrètes et ne jamais décider depuis un bureau sans entendre d’abord la parole des habitants. Ces échanges sont modestes mais essentiels pour bâtir une réponse collective. C’était notre seule promesse de mandat, et nous l’avons tenue.

    MUNICIPALES 2026 ET NÎMES EN COMMUN

    LM : Pourquoi être devenue n°2 sur la liste de Vincent Bouget ?

    A.C. : Je n’ai pas une grande culture partisane, je le reconnais, mais je fais partie des gens engagés. Et dans cette ville, il y a des centaines de bénévoles, d’associations, de citoyens qui aiment profondément Nîmes. C’est eux que je veux représenter. Dans le travail mené par Vincent et les équipes, avec le questionnaire citoyen, les réunions publiques et d’appartement, il y a cette idée de rassembler des personnes engagées pour leur ville, pas un « gros mot » de société civile, mais des gens qui agissent vraiment. C’est ce que je veux apporter : une ville où l’engagement individuel est reconnu et valorisé, où chacun peut se sentir légitime à participer, à proposer, à contribuer à l’avenir collectif.

    Vos priorités pour Nîmes en tant que n°2 de la liste ?

    A.C. : D’abord, aller au bout de la consultation : plus de 250 propositions ont été remontées, et tant que les questionnaires ne sont pas totalement analysés, on ne peut pas décréter des priorités. Mais je parle souvent de trois axes. Le premier : les services de proximité, indispensables pour la vie quotidienne et la sécurité globale. La sécurité, c’est être bien chez soi, sur le trottoir, avec un travail commun entre médiateurs, éducateurs, police municipale, et tous ceux qui connaissent vraiment le terrain. Le deuxième axe, ce sont les associations, qu’il faut soutenir et simplifier : trop passent plus de temps à remplir des dossiers qu’à agir, alors qu’elles sont l’un des piliers de la cohésion nîmoise. Le troisième, c’est l’éducation : notre parc scolaire est délabré, et chaque été ou hiver, on repart des mêmes constats. Il faut agir vite, vraiment, et remettre la jeunesse au centre des décisions municipales.

    MANDATS

    LM : Comment articulez-vous vos mandats actuels ?

    A.C. : Mes deux mandats, départemental et régional, sont très complémentaires, et ils me passionnent. Mais si nous sommes élus en 2026 – il paraît que je dois dire « quand nous serons élus » – je devrai choisir entre les deux. Je prendrai le temps nécessaire, car ce choix doit être réfléchi. Ce qui compte, c’est que chaque échelon permet une vision différente et utile : le département pour la proximité, la région pour la cohérence et l’ensemble. L’enjeu, ce sera de mettre ces expériences au service de la commune.

    Avez-vous un mot d’ordre qui relie ces mandats ?

    A.C. : Ma grande bataille, c’est l’égalité des territoires. Le centre-ville de Nîmes est magnifique, personne ne le nie. Mais notre problème, c’est que les enfants ne se rencontrent plus comme avant. Il y a une vraie fracture territoriale. Je veux que le gamin de Vacquerolles ait les mêmes conditions que celui du Mas de Mingue. On ne peut pas avoir une ville où tout se concentre dans un périmètre restreint et où les autres quartiers décrochent. Une ville apaisée, c’est une ville où les habitants se croisent et vivent dans des conditions équitables. Et c’est la même chose pour toutes les échelles où je travaille.

    UN MESSAGE AUX NÎMOIS ?

    A.C. : Je pense sincèrement que la politique n’est pas faite pour commenter les problèmes, mais pour trouver des solutions. Ce qu’on vit à Nîmes en ce moment ne donne pas un bon exemple. Pour moi, la politique est un service public, pas un spectacle. Le seul engagement que je prends, c’est une attention égale pour toutes les Nîmoises et tous les Nîmois, pas seulement pour nos électeurs. Je veux une ville qui protège, qui rassure, qui ne divise pas.

  • L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    Si la présence de Marine Le Pen à la tête du groupe RN à l’Assemblée nationale et les vidéos de Jordan Bardella rassurent ces derniers mois un électorat féminin qui a longtemps été réfractaire à voter à l’extrême droite (30% des femmes ont voté pour Bardella aux dernières élections européennes pour 32 % des hommes), les votes de l’extrême droite au Parlement ne vont pourtant pas dans le sens de la défense des femmes et devraient alerter cet électorat.

    Le dernier exemple en date sur l’inscription de la notion de non-consentement dans la définition pénale du viol fin octobre est particulièrement frappant. Si l’écrasante majorité des groupes a voté unanimement pour ce changement d’approche sur la définition du viol, seuls les groupes du RN et de l’UDR (Ciottiste) ont voté contre. C’est le cas de cinq députés gardois : Yoan Gillet, Pascale Bordes, Pierre Meurin, Sylvie Josserand et Alexandre Allegret-Pilot (UDR). Nicolas Meizonnet et les cinq députés d’extrême droite de l’Hérault ne se sont pas donnés la peine de suivre les débats dans l’Hémicycle.

    « L’actualité locale a pourtant récemment mis en avant l’impérieuse nécessité de déployer de nouveaux moyens pour lutter contre le viol et les agressions sexuelles. Les deux procès de l’affaire Pélicot qui se sont déroulés à Avignon et à Nîmes à quelques mois d’intervalle, ont permis de constater l’ampleur du phénomène et le déni qui y est encore attaché », ont réagi à ces votes des députés d’extrême droite, les Unitaires du Gard, composés de L’Après, Debout! et Génération.s.

    « Fémonationalisme »

    Ce dernier vote n’est que l’ultime acte d’une stratégie d’un RN opposé à légiférer pour réduire les violences sexistes et sexuelles (VSS). En 2018, les députés RN se sont abstenus lors du vote de la loi « renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ». En 2022, ils votent contre la proposition « sur l’outrage sexiste » visant à durcir l’amende pour le harcèlement de rue. L’année suivante, le RN vote contre la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre les VSS. En réalité, pour le Rassemblement National, la lutte contre les VSS ne s’appuie que sur le « femonationalisme », c’est-à-dire l’instrumentalisation du féminisme pour stigmatiser certaines populations, porté notamment par le Collectif Némésis. Jordan Bardella expliquait ainsi en 2024 que l’insécurité « fait régresser la liberté de chaque femme de France de se déplacer dans la rue et dans l’espace public ». Le président du RN oublie ainsi un peu vite que neuf victimes sur dix de viol ou de tentative de viol connaissaient leur agresseur.