Category: politique

  • Bruno Aubry dévoile sa liste et sa feuille de route à Bouc-Bel-Air

    Bruno Aubry dévoile sa liste et sa feuille de route à Bouc-Bel-Air

    Pour Bruno Aubry (DVG), la campagne se précise. Après avoir esquissé son programme dans la presse et mené plusieurs rencontres à vélo-cargo dans les quartiers, le journaliste et candidat aux élections municipales, à la tête d’une liste transpartisane, a présenté treize des trente-trois colistiers qui l’entourent.

    Dans la salle Jean-d’Ormesson figuraient notamment les noms de Geneviève Martin, actuelle élue d’opposition, et de Saïd Achache, conseiller municipal d’opposition sortant. S’y ajoutent ceux de Nacéra Baghdad, policière nationale et ancienne sportive de haut niveau, de Rémy Bœuf, président de l’Amap, ou encore de Yoan Tong, étudiant en deuxième année de licence d’histoire.

    Cinq grands axes

    Des profils et des âges très divers, souligne Bruno Aubry : « Ils sont tous spécialistes, vous allez voir ce que l’on va pouvoir faire. Cette liste est l’alliance de l’expérience et de la jeunesse. » Selon lui, ces colistiers représentent « une chance historique de renouveler les femmes, les hommes, qui gouvernent notre ville au fil de l’eau depuis plusieurs décennies, sans projet, sans ambition, sans vision, et de changer les méthodes et les pratiques d’un autre siècle ».

    Pour Bouc, « cet espace stratégique », cette « terre de défis », l’équipe propose un projet articulé autour de 23 mesures concrètes réparties en cinq axes : « manger mieux » avec le retour de l’agriculture, « apprendre et échanger mieux » incluant la rénovation des écoles ou la création d’un tiers lieu pédagogique, « bouger mieux » avec une révision complète « de notre schéma de transports en commun », « respirer et habiter mieux » en « luttant contre l’anarchie urbaine » et, enfin, l’axe « respirer et habiter mieux » incluant « transparence budgétaire » et la sécurité pour tous. Autant de promesses au cœur d’une campagne désormais pleinement lancée.

  • Martial Alvarez inaugure son local à Port-Saint-Louis

    Martial Alvarez inaugure son local à Port-Saint-Louis

    « On va gagner parce qu’on est les meilleurs », clame Martial Alvarez devant son local de campagne, inauguré pour l’occasion.

    Le maire (SE) de Port-Saint-Louis-du-Rhône, candidat à un nouveau mandat, a donné le ton de sa campagne, estimant qu’« aujourd’hui, on ne joue pas une présidence, ni une législative », dans un message adressé à ses adversaires. Il affirme ne pas apprécier « ces discours qui gâchent la ville et son unité ». Le candidat incite ses supporters à monter dans le train du « Port-Saint-Louis gagnant », son slogan de campagne affiché en devanture, tout en martelant que « rien n’est acquis, tout est fragile ».

    « Porte-parole

    du territoire »

    Martial Alvarez se représente pour un 3e mandat sans étiquette, bien que soutien d’Emmanuel Macron en 2022 et partisan de Martine Vassal (DVD) à la Métropole. L’édile vante « les qualités d’une équipe qui a porté des dossiers et d’un maire qui a tissé des liens avec les partenaires », revendiquant notamment son action sur le dossier de la santé. « C’est parce qu’on a travaillé avec l’Agence régionale de santé et nos partenaires pour restructurer l’hôpital de Martigues que l’ARS a posé les bases nécessaires », affirme le 1er magistrat saint-louisien, en référence aux 60 millions d’euros engagés pour le projet immobilier du centre hospitalier martégal.

    Beau parleur, Martial Alvarez assume : « Vos visages disent ah il parle bien le maire. Oui, car nous avons besoin d’un porte-parole pour le territoire pour relever les défis de la mobilité, du travail, de la jeunesse et ouvrir la maison de retraite ». Et promet le soleil après la pluie du samedi matin.

  • Les jeunes communistes marseillais à bloc contre le RN

    Les jeunes communistes marseillais à bloc contre le RN

    « La jeunesse communiste est prête à organiser la riposte contre la droite et le fascisme représenté par Franck Alisio et sa liste du RN », affirme Romane Massip lors des vœux des jeunesses communistes (JC), samedi soir, à Marseille.

    Devant les jeunes militants réunis dans le local du PCF du 3e arrondissement, la secrétaire départementale du Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF 13), candidate du Printemps marseillais aux élections municipales dans les 1er et 7e arrondissements, inscrit l’organisation dans « le soutien à la liste d’union des forces de gauche qu’est le Printemps marseillais, aux côtés du Parti communiste ». Une liste conduite par le maire sortant Benoît Payan (DVG).

    Romane Massip cite, parmi les actions de la majorité sortante en faveur de la jeunesse, le « soutien aux associations de solidarité, des repas offerts au Crous, l’accès aux soins ainsi que l’accès gratuit à la culture et au sport ». Elle considère que c’est « dans cette alliance que se tiennent les espoirs des jeunesses », aux côtés des jeunes socialistes, écologistes, de Place Publique et de Génération.s.

    « Une vision de classe »

    La jeune dirigeante n’est pas la seule candidate issue du mouvement de jeunesse. Chloé Aurin, doctorante marseillaise en astronomie, est également candidate dans le 11e pour la même liste. « C’est un acte militant, mais je ne serai probablement pas élue, confie-t-elle. Les élections font partie du travail politique, mais le militantisme n’existe pas uniquement pendant les élections ». La militante précise toutefois : « Je me bats pour une politique de gauche, les questions de jeunesse sont à traiter, mais non prioritaires sur l’ensemble de la population. »

    Les sujets sont nombreux. Pour Arthur Patou, militant JC et PCF à Aix, « il y a besoin de logements adaptés pour les jeunes, étudiants, diplômés comme travailleurs ». Il cite en exemple « la préemption des logements du centre-ville à Jouques, , destinée à les rénover et à les proposer à loyer modéré aux jeunes », dans un contexte de « turnover majeur prétexte à la mauvaise qualité » du secteur. Comme sa camarade doctorante, Arthur Pacou « porte une vision de classe pour la jeunesse » qu’il estime exclusive à son mouvement.

    Comme mesure phare, Romane Massip défend aussi « une mutuelle municipale orientée vers la jeunesse et les étudiants, l’offre privée étant inaccessible, car trop chère ». Elle conclut : « Le Printemps marseillais est une solution d’avenir. »

  • À Anduze, Geneviève Blanc l’humain pour fil rouge

    À Anduze, Geneviève Blanc l’humain pour fil rouge

    En 2020, elle a été la toute première femme à devenir maire de la cité cévenole. Militante auprès d’EELV à l’époque, Geneviève Blanc est aussi issue d’une formation d’assistante sociale et d’un parcours dans l’insertion par l’économique. Une sensibilité pour « l’humain » dont elle affirme avoir voulu imprimer son premier mandat.

    « Nous avons créé une vraie politique culturelle sur la commune, avec des festivals de jazz, d’humour et de chansons. Nous avons une programmation de théâtre, beaucoup de résidences d’artiste, du cinéma… La culture pour tous est un axe fort de ce mandat », insiste l’élue cévenole, qui a aussi misé sur les équipements publics, la création d’un city stade en cœur de ville, désimperméabilisé la cour d’école, et aidé à l’installation d’agriculteurs…

    En mars prochain, celle qui a aussi œuvré en qualité de conseillère départementale au côté de Jean-Michel Suau (PCF) affrontera à nouveau Bonifacio Iglesias, son adversaire de 2020, détrôné après deux mandats. Si les deux candidats s’affichent sans étiquette, Geneviève Blanc a toujours assumé son appartenance à une gauche « écologiste et sociale ». « Me représenter, c’était une évidence parce que je ne veux pas qu’on retrouve le style de gestion qu’on avait auparavant. Moi, je travaille pour le lien social et le vivre ensemble », poursuit Geneviève Blanc. À l’occasion d’un deuxième mandat, la candidate et ses colistiers – renouvelés aux deux-tiers – souhaitent poursuivre les projets engagés, dont l’implantation d’un tiers-lieu culturel en centre-ville, la construction d’un habitat inclusif dédié aux personnes âgées, ou le développement du nouveau quartier de la gare…

    « Les gens de ma liste sont issus de toute la gauche, et de la société civile. Avec eux, je suis claire sur les questions identitaires, sur le partage des richesses, sur la notion de bien commun… Une fois qu’on partage tout cela, ça me convient », confie Geneviève Blanc, dont les premiers engagements étaient associatifs, au côté d’Amnesty international, pour la défense des droits de l’Homme.

  • à La Penne-sur-Huveaune, le maire, mis en examen, se porte candidat

    à La Penne-sur-Huveaune, le maire, mis en examen, se porte candidat

    Parce que la continuité est nécessaire pour consolider le travail accompli et parce que l’intérêt collectif doit continuer à primer, j’ai décidé de me présenter aux prochaines élections municipales », écrit, sur Facebook, Nicolas Bazzucchi.

    « Une affaire d’ordre strictement individuel »

    La décision du Pennois de 32 ans, « élu depuis l’âge de 18 ans », intervient près d’un an après sa mise en examen pour « viol sur conjoint ou ex-conjoint au préjudice de deux anciennes compagnes », mais aussi « violences habituelles » et « enregistrement d’images présentant un caractère sexuel sans consentement ».

    Nicolas Bazzucchi, présumé innocent, évoque sur Facebook « une affaire d’ordre strictement individuel ».

    Interpellé à son domicile le 16 décembre 2024, en détention provisoire jusqu’en février 2025, le maire a eu interdiction de paraître sur la commune jusqu’au 8 septembre dernier. La vie de la municipalité en a été fortement perturbée : démission de douze conseillers municipaux, départ d’agents, et, pour finir, la décision du préfet d’augmenter de près de 30% la taxe foncière.

    Dans sa déclaration de candidature, le maire précise que, le 19 janvier dernier, il a fait adopter une « baisse des impôts de 3,2 millions d’euros », de quoi rembourser « de manière intégrale l’effort qui n’aurait jamais dû être demandé aux Pennoises et Pennois ».

  • Les commerçants d’Avignon interpellent les candidats

    Les commerçants d’Avignon interpellent les candidats

    Feuille de route en main, les représentants de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) et de la Fédération des commerçants et artisans d’Avignon ont présenté, ce vendredi 30 janvier, leur « Livre blanc » destiné à « améliorer concrètement l’attractivité de la ville ». Ce document d’une dizaine de pages rassemble 26 propositions visant à « réveiller la belle endormie », glisse Stéphane Gérard, restaurateur et administrateur à l’Umih. Il sera adressé à chaque candidat aux municipales « pour qu’ils s’en inspirent, quelle que soit leur étiquette, car en restauration, il y a de tout », ajoute Richard Hemin, président de la branche restauration.

    « Comme les musées »

    Les organisations souhaitent concentrer leurs recommandations autour de trois axes. Le premier : l’attractivité. « La ville connaît un déficit de fréquentation hors saison, et il faut redonner envie aux gens de venir en centre-ville », explique Stéphane Gérard. Ils proposent la mise en place d’une signalétique et la valorisation des diverses places de la ville, « comme ce qui a été fait pour les musées », note Patrick Mounier, président de l’Umih 84, qui regrette qu’« il existe de nombreux endroits très jolis qui ne sont pas indiqués du tout ». Les représentants appellent aussi à des mesures plus fortes contre les commerces vacants, en encourageant notamment l’usage du droit de préemption commerciale.

    Avant d’aborder un sujet plus épineux : la sécurité. Tout en demandant un renforcement des effectifs de police municipale et une présence accrue des équipes de nuit, les organisations appellent aussi à davantage de fermeté contre « l’occupation abusive de l’espace public », sans préciser les publics visés. Elles souhaitent également la mise en place de campagnes de prévention sur les abus d’alcool, de stupéfiants et sur le harcèlement.

  • L’Église sommée de réagir par rapport à l’extrême droite dans le Var

    L’Église sommée de réagir par rapport à l’extrême droite dans le Var

    À l’approche des élections municipales, nous ressentons le besoin de vous écrire avec gravité et responsabilité », commence le courrier adressé à l’évêque de Toulon-Fréjus, François Touvet, par un groupe de l’Action catholique ouvrière (ACO) du Var.

    Les militants associatifs se disent inquiets de voir progresser des idées portées par l’extrême droite, qui mettraient en péril le vivre-ensemble dans le département, et ce sur leur lieu de travail, dans leur quartier et dans le cadre de leurs engagements.

    Ils s’inquiètent également du « silence assourdissant des évêques de notre pays face à cette montée de discours dangereux », un silence qui tend à laisser croire que tout se vaut et qui « laisse de nombreux chrétiens sans repères clairs, alors même que les tensions sociales s’aggravent ».

    Fidèles à leurs valeurs, ils veulent dénoncer des discours « qui nourrissent la peur, désignent des boucs émissaires, opposent les personnes entre elles et banalisent l’exclusion ».

    Ce qui est clair pour eux, en tout cas, c’est que « l’Évangile n’est pas compatible avec des discours qui stigmatisent ou qui hiérarchisent les vies humaines ».

    Par fidélité à ses valeurs

    Ce groupe varois de l’Action catholique ouvrière attend donc une parole forte de l’Église afin d’« éclairer les consciences », et rappelle que « les idées diffusées par l’extrême droite sont incompatibles avec l’Évangile lorsqu’elles alimentent la division et le rejet ». Son fonds de commerce, quoi.

    Vont-ils être entendus ? Rien de moins sûr. Ce serait pourtant le rôle de l’Église d’affirmer une parole de fraternité, de solidarité et de dignité humaine. Et ce serait une belle manière pour l’évêque de Toulon-Fréjus de marquer une rupture nette avec l’idéologie pas très catholique de son prédécesseur, Dominique Rey, un intégriste proche de l’extrême droite identitaire et désavoué par le pape François, lui-même.

    L’occasion rêvée, ce faisant, de tordre le bras à ceux qui, comme Laure Lavalette (RN), « prêchent le Bon Dieu et crachent le diable », comme on disait jadis chez les anticléricaux.

  • À Istres, Bernardini présente un programme de bâtisseur

    À Istres, Bernardini présente un programme de bâtisseur

    S’il fallait ne retenir qu’un mot des 31 pages du programme de François Bernardini (DVG), ce serait « développement ». Alors que le territoire de l’Ouest des Bouches-du-Rhône est à un tournant de son histoire industrielle, Istres prend sa place dans la transition. À eux seuls, les projets d’Hynaero (production d’hydravions bombardiers d’eau) et de Sabena Technics (maintenance des avions ravitailleurs MRTT) devraient créer 600 emplois directs. « La construction est le corollaire immédiat du développement », affirme le maire (DVG) candidat à sa succession, « autrement on se ferme des portes ».

    Parmi les dossiers structurants, citons la requalification du Prépaou, pensée avec les bailleurs sociaux afin d’aérer le quartier et de rassembler au sein d’un seul et même bâtiment le centre social, les locaux de la mairie annexe, ceux de France Services et une salle polyvalente, ou encore la reconstruction de l’Ehpad les Cardalines dans le secteur du Boisgelin, là où le candidat (LR) Robin Prétot envisage plutôt de créer un parc. « Le permis d’aménager a été accordé et purgé de tous recours, les travaux débuteront au premier semestre 2026 », évacue François Bernardini.

    Animer le centre-ville

    Le maire remet également sur la table le projet du golf de Rassuen et de son écoquartier, mis à l’arrêt pour des raisons environnementales, dont les balbutiements remontent à 2015. « Nous essayons de convaincre l’administration que nous avons un excellent dossier. On est en train de mettre la bride sur un projet qui ne coûterait rien et qui apporterait une sécurité extraordinaire à ce site », une friche industrielle. Le candidat affirme qu’une enquête publique devrait être lancée, sans en préciser la date.

    Côté centre-ville, François Bernardini admet que les résultats des commerces ne sont « pas satisfaisants ». « Ce n’est pas faute d’efforts », assure-t-il, citant la création d’un poste de manager, l’acquisition de fonds de commerce et les nombreuses subventions. L’édile pointe des changements d’habitude de consommation et la topographie de la commune qui n’offre que des espaces réduits en rez-de-chaussée. « Il ne faut pas considérer le commerce comme le seul élément d’animation du centre-ville », affirme-t-il. Pour le prochain mandat, François Bernardini ambitionne de créer une résidence d’artistes dans le centre ancien, ainsi qu’une résidence intergénérationnelle en colocation.

    Toutes les propositions sont à retrouver dans le programme du candidat ou sur son site.

  • [Rue de la République] Renaud Muselier : « Marseille n’est pas et ne sera jamais une ville RN »

    [Rue de la République] Renaud Muselier : « Marseille n’est pas et ne sera jamais une ville RN »

    La campagne

    Didier Gesualdi : Vous êtes président de Région et du comité de soutien de Martine Vassal à Marseille. Vous avez dit lors de vos vœux que la campagne n’avait pas vraiment commencé. Les sondages, c’est une indication quand même…
    Ça donne un parfum d’ambiance, mais ce n’est pas une indication. Je ne suis pas convaincu du tout que les Marseillais soient dès maintenant dans le match des municipales. Chacun prépare sa ligne, organise son dispositif avec ses atouts, ses défauts… On est dans un contexte compliqué au plan national. Les Français veulent savoir où vont aller leurs impôts, comment va évoluer leur pouvoir d’achat, ce que va devenir leur vie quotidienne avec le budget…

    Léo Purguette : Le contexte national motive, selon vous, les intentions de vote actuelles ?
    Ça va être réglé, il va y avoir le 49.3, normalement le gouvernement restera, donc le focus viendra sur les municipales de manière plus importante.

    Didier Gesualdi : Le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano dénonce un manque de démocratie parce que le RN demande à Martine Vassal de se retirer et que Benoît Payan joue le duel avec le RN. Ils ont le droit non ? Vous êtes mauvais joueurs à droite ?
    Non, d’abord, je trouve Romain Simmarano très bon, Martine Vassal a bien fait de le prendre. Il est très compétent, très performant et surtout pas dupe des tactiques des uns et des autres. Il voit le jeu plus ou moins pervers ou malicieux de ses adversaires. Il a parfaitement raison de dire ça. Ils veulent enfermer le match dans un duel entre l’extrême droite et le maire non-élu alors que les sondages disent que c’est une quadrangulaire.

    Léo Purguette : C’est vrai, mais dans cette quadrangulaire, deux sont devant. Est-ce que ça vous a surpris au regard de l’opinion très critique que vous avez du bilan de Benoît Payan ?
    Vous savez les sondages… Il y a eu des pics, des montées, des descentes. Les derniers résultats ne me semblent pas correspondre à ce que je ressens avec mon flair de chien truffier et mon instinct. Je trouve Benoît Payan et Franck Allisio tous les deux très hauts, Delogu trop bas et Martine pas à son niveau réel. Je cite toujours comme exemple ma réélection. Au soir du premier tour, j’avais quatre points de retard, alors que le lundi qui précédait, on m’avait mis 14 points derrière.

    Le RN

    Didier Gesualdi : Ça vous étonne que le RN soit si haut à Marseille, dans une ville de fraternité et d’accueil ?
    Mais ça vous étonne vous ? Vous avez de la mémoire aussi. M. Jean-Marie Le Pen avait été en tête ici à la présidentielle.

    Léo Purguette : Mais c’était un scrutin national.
    Oui, mais qu’est-ce qu’il s’est passé ensuite ? Il a dit « je suis en tête, tiens je veux bien être député, je viens à Marseille ». Il s’est pris une branlée ! Il s’est fait ramasser !

    Didier Gesualdi : C’est ce qui attend Franck Allisio ?
    Je le souhaite. Ma réponse est claire à votre question claire. Je ne tourne pas autour du pot. Aux municipales de 2014, la presse nationale et vous-même aviez annoncé que le RN prendrait une quinzaine de communes dans la région, ils en ont pris deux dont Fréjus, parce que nous, à droite, on s’était divisé. En 2020, les mêmes annonçaient une vingtaine de communes, c’était zéro. Le match national est clair. On a été rincé aux législatives. J’en prends acte. Il faut être vigilant, on ne les combat pas en disant que c’est le diable. Et pourtant, peut-être que c’est le diable. Quand vous allez à Auschwitz comme je l’ai fait cette semaine, avec des jeunes, des membres de la communauté juive, mais aussi le grand recteur de la mosquée de la Capelette et le représentant de l’archevêque, vous voyez qu’Hitler a gagné en démocratie, dans un peuple très intelligent et cultivé. Je ne dis pas que les gens du RN sont comme ça, mais ce sont quand même les héritiers de cette histoire.

    La perte de repères

    Léo Purguette : Vous parlez de mémoire historique, n’y a-t-il pas un brouillage des repères aujourd’hui ? Sur les tracts, Franck Allisio fait figurer le sigle « RPR » et la croix de Lorraine. Ça vous fait quoi à vous, le petit-fils de l’amiral Muselier ?
    Ça me retourne le sang. La croix de Lorraine, c’est mon grand-père qui l’a donnée à la France libre. Je n’avais jamais pensé une seule seconde que mon ancienne famille politique n’ait pas déposé ça. Il a profité du trou pour essayer de perturber le jeu. On a attaqué en justice. La justice est en train de décider. Normalement, il n’a pas le droit de s’en servir, comme de la marque RPR. La croix de Lorraine, c’est le symbole de la France libre, contre la croix nazie. Ça me retourne quand je vois ça et je me bats !

    Didier Gesualdi : À force de parler sécurité, les gens ne préfèrent-ils pas l’original à la copie ?
    Mais qu’est-ce qu’ils ont prouvé eux ? Pourquoi au Parlement européen, quand j’y étais, Marine Le Pen a toujours voté contre les mesures de régulations des visas ? Parce qu’elle mise sur la frayeur de l’étranger pour gagner des voix. Cette ville n’est pas RN, elle ne le sera jamais ! Regardez les propositions quand même, ils veulent réserver les plages aux vieux…

    Léo Purguette : Vous, vous voulez les rendre payantes…
    Mais non, qu’il y ait un partage des plages avec des plages privées, des plages publiques. C’est un partage accessible à tous, pas la fermeture au profit du privé. On ne le fait pas pour interdire à une catégorie d’êtres humains l’accès à la mer par rapport à leur âge ou leur tenue, c’est quand même très différent.

    Le second tour

    Didier Gesualdi : Si le RN était en position de gagner, accepteriez-vous de vous désister ?
    Vous savez très bien que ça ne se passe jamais comme ça. Vous êtes toujours en train de dire « et si, et si »… Avec des « si » on met Paris en tonneau et Bordeaux en bouteille. Ça ne marche pas comme ça la vie politique. Vous avez un combat de premier tour. Aujourd’hui, vous avez des ambiances, on sait qu’on sera en quadrangulaire.

    Léo Purguette : La question se pose, quand même, au regard des seconds tours des deux dernières régionales.
    J’espère qu’au premier tour, on finira premier ou second. La question, posez-la aux autres ! Posez-la au RN ! S’il se retrouve derrière, avec M. Payan qui croit gagner, qu’est-ce qu’il fait par rapport à nous ? Et les autres, qu’est-ce qu’ils font par rapport à M. Delogu avec lequel ils ne sont visiblement pas du tout sur la même ligne ?

    Le syndrome de Stockholm

    Didier Gesualdi : Vous avez déclaré qu’Amine Kessaci était atteint du syndrome de Stockholm parce qu’il soutient Benoît Payan alors que ses deux frères ont été assassinés pendant son mandat. Vous regrettez cette parole ?
    Non, je ne regrette rien du tout. Je suis assez surpris de voir que Mme Rubirola, qui nous expliquait qu’elle était malade, qu’elle ne pouvait plus venir, qu’elle laissait la place à M. Payan, et aujourd’hui elle lui demande s’il veut bien la prendre sur sa liste. C’est pas le syndrome de Stockholm ça ?

    Didier Gesualdi : Mais sur Amine Kessaci ?
    On a eu 4 ou 5 DGS en cinq ans, c’est pas un syndrome de Stockholm pour les fonctionnaires de haut niveau ? Le syndrome de Stockholm, c’est quand vous aimez quelqu’un qui vous martyrise. J’ai l’impression que la ville est martyrisée et je vois M. Payan haut dans les sondages, c’est une forme syndrome de Stockholm. S’agissant de M. Kessaci. Avec dignité, on s’est manifesté auprès de lui et de sa famille après le drame. On n’a aucun état d’âme dans la lutte contre le narcotrafic et au désastre qui le touche. M. Kessaci, dans la démarche qui est la sienne, au profit de la lutte contre le narcotrafic – on doit tous y être – il nous dit « M. Payan est un excellent maire et ça se passe bien avec lui ». Je ne crois pas…

    Léo Purguette : Il a demandé qu’on n’instrumentalise pas cette situation.
    Mais il l’instrumentalise lui-même puisqu’il se sert de sa situation pour être candidat. On ne peut pas avoir un double langage en permanence. Il veut rentrer dans l’arène politique ? Tant mieux. Il veut se battre contre le narcotrafic ? Tant mieux. Mais qu’il ne me dise pas que tout s’est bien passé avec M. Payan. Ça n’est pas sous l’ère de M. Gaudin que s’est passé ce drame épouvantable.

    Léo Purguette : Nicolas Sarkozy a supprimé beaucoup de postes de policiers et beaucoup d’entre eux votent à droite. C’est le syndrome de Stockholm ?
    Ou à l’extrême droite. On pourrait débattre longtemps sur ce que représente le syndrome de Stockholm dans la réalité psychologique ou psychiatrique. On peut rentrer dans les détails : je suis médecin. À mon avis, vous n’allez pas gagner le match. Le syndrome de Stockholm, c’est quoi ? C’est quand on est sous le charme de son tortionnaire.

    Léo Purguette : Il y en a un qui n’est pas dans le syndrome de Stockholm, c’est Lionel Royer-Perreaut. Vous regrettez qu’il ne rejoigne pas la campagne ?
    Lionel, on l’a toujours soutenu. Il a fait une campagne, il a perdu. Après sa défaite, je l’ai vu plusieurs fois, il m’a expliqué qu’il arrêtait, qu’il quittait Marseille, qu’il ne voulait plus faire de politique. Et puis – il y en a d’autres qui l’ont fait d’ailleurs – il dit « finalement je vais peut-être revenir » et puis « je ne reviens pas mais je commente ». Je lui dis « Lionel, tu as été un grand maire de secteur, tu as bien travaillé à l’Assemblée nationale, mais tes électeurs t’ont dit au revoir ». Ça m’est arrivé aussi, mais je n’ai jamais pris la parole quand j’ai pris ma retraite de pénitent pour me refaire. Je demande de la cohérence dans le propos.

    Léo Purguette : Il vous faut convaincre l’électorat modéré qui est tenté de filer vers Benoît Payan. Il y avait une figure identifiée chez Renaissance, votre conseillère régionale Sabrina Agresti-Roubache. Vous avez de ses nouvelles ?
    Elle était au premier rang à mes vœux.

    Léo Purguette : Elle va s’engager dans la campagne ?
    Vous savez, je crois que je suis le représentant de la globalité des gens raisonnables et républicains. Je respecte tout le monde, je ne cherche pas l’agression. J’ai un long passé politique, j’étais le grand chef du RPR ici et je suis capable de rassembler 14 composantes politiques dans ma majorité régionale. Quand je viens à La Marseillaise, ça ne me gêne pas parce que gaullistes et communistes ont fait des grandes choses ensemble.

    Enjeu national

    Léo Purguette : Dans le deuxième volet du sondage La Marseillaise, portant sur « qui ferait un bon maire », Martine Vassal est nettement devant Franck Allisio. Pensez-vous que les ressorts du vote RN sont des considérations nationales et, si oui, comment déjouer ce mécanisme qui semble vous desservir ?
    Sur cette deuxième partie du sondage, M. Payan et Mme Vassal arrivent à touche-touche, très loin devant M. Allisio, ce qui veut bien dire qu’aujourd’hui, on parle plutôt du national alors que nous, on veut parler du local. Mais je constate dans la région, que tous ceux qui sont collés dans le national vont finir plombés par le national. Regardez à Toulon. Mme Lavalette qui était donnée à 48% dans le précédent sondage…

    Léo Purguette : … donc archi-favorite.
    Oui et elle est désormais à 39%, elle perd 10 points ! Et elle est donnée battue au second tour. Je crois que le chaos national va faire que tous ceux qui y participent, tous ceux qui contribuent au rejet de la vie politique nationale par intérêt partisan, auront des surprises désagréables.

    La question des lecteurs

    Lucas Antronico : Est-ce qu’au second tour des élections municipales, vous comptez faire barrage à l’extrême droite ou vous comptez faire comme avec madame Petel que vous avez soutenue et laisser passer l’extrême droite ?
    Je crois qu’avec les élections municipales, on est encore dans un autre schéma que dans les élections législatives. On compare deux modes de scrutins très différents. Le scrutin sur Aix était très spécifique avec des formations politiques là-bas. Là, on est dans un combat des municipales, l’enjeu est local et pas national. Et ce qui se dessine, c’est une quadrangulaire, pas une triangulaire. Il y a plusieurs éléments dans cette quadrangulaire qui entreront dans les paramètres au soir du premier tour. Il y a ceux qui concerneront l’élection à la mairie centrale de Marseille comme pour toutes les communes alentour, il y aura l’enjeu de la Métropole et l’enjeu dans les huit mairies de secteur. Ça complique la réponse à cette question. Je réponds quoi pour être clair ? Il n’y aura pas le RN. Marseille n’est pas et ne sera jamais RN.

  • L’appel à la solidarité de l’ambassadeur de Cuba

    L’appel à la solidarité de l’ambassadeur de Cuba

    Devant les militants communistes des Bouches-du-Rhône, ce vendredi soir, l’ambassadeur de Cuba en France, Otto Vaillant Frías, n’avait pas préparé de discours. « Je veux simplement parler avec le cœur », annonce-t-il, invité aux vœux de la fédération du PCF 13. Parler pour alerter sur les difficultés que traverse l’île, singulièrement depuis l’enlèvement du président vénézuélien, le 3 janvier dernier. « Il y a aujourd’hui des coupures d’électricité de 24 heures à Cuba, de 12 heures dans la capitale », alerte-t-il, alors qu’une part significative du carburant provenait du Venezuela. « Si nous n’avons pas d’électricité, c’est impossible pour l’industrie, pour l’agriculture, pour l’éducation, la santé de fonctionner. Et les États-Unis continuent cette politique pour faire tomber la révolution cubaine, nous mettre à genoux. » La pression est d’autant plus forte que les États-Unis menacent de taxer les importations provenant de pays qui livreraient du pétrole à l’île.

    Ainsi, ce vendredi même, le président états-unien Donald Trump a une fois de plus répété que Cuba « représente une menace contre sa sécurité nationale », relaie l’ambassadeur. « Mon peuple a adressé un message aux États-Unis, lance Otto Vaillant Frías. Nous sommes une nation qui veut vivre en paix, mais nous allons nous défendre. Nous sommes un peuple pacifique, mais qui sait se battre. » Et de rappeler que les 32 gardes cubains de Nicolás Maduro ont tenu pendant deux heures face aux plus de 200 soldats d’élites états-uniens envoyés le capturer. Une résistance qu’ils ont payée de leur vie. « Les Cubains ont besoin de la solidarité internationale », demande l’ambassadeur. Un appel d’autant plus important que c’est l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale qui est menacé par les États-Unis eux-mêmes. « Aujourd’hui, le monde est en grand danger, parce que les États-Unis ne respectent pas le droit international, ne respectent pas la loi. Ils ne respectent rien, aucuns pays n’échappent à leurs ambitions et leur manque de respect », attaque le représentant de l’île. « Les États-Unis ne pardonnent pas que Cuba soit un pays libre, qui décide par lui-même, poursuit-il. Et de promettre : « La liberté a un énorme prix, le peuple cubain l’a payé pendant des décennies. Mais nous ne baisserons jamais les bras. »