Category: politique

  • L’épreuve de vérité de Nîmes Métropole

    L’épreuve de vérité de Nîmes Métropole

    Le 22 mars, Vincent Bouget a fait basculer la ville-centre. Le 14 avril, il peut faire basculer aussi l’agglomération. Ce « troisième tour » se joue au Colisée : 105 élus communautaires, 39 communes, dix-huit nouveaux maires, et un siège de président qui pèse lourd. Sur le papier, la route paraît dégagée : à ce stade, une seule candidature est officiellement déclarée, celle du maire de Nîmes. Mais, dans les couloirs, chacun vient avec ses priorités, ses craintes et ses lignes rouges.

    La force de Bouget, c’est son bloc nîmois : 37 voix (sur les 52 sièges de Nîmes) issues de sa majorité municipale. Pour atteindre la majorité absolue à l’agglo, il lui faut 53 voix : seize à aller chercher hors de Nîmes. Le travail a commencé, à la méthode : réunion collective, puis rendez-vous individuels à l’hôtel de ville avec les maires. Objectif affiché par son entourage : bâtir un fonctionnement « sans logique partisane », où la ville-centre ne dicte pas, mais entraîne.

    Le principal pivot, ce sont les communes regroupées autour d’Intérêt et esprit communautaire (IEC), groupe élargi et recomposé après les municipales. Selon les derniers comptages, 26 élus issus de 23 communes s’inscriraient dans cette dynamique, ce qui, additionné au bloc nîmois, assurerait une majorité confortable. Rémi Nicolas, maire de Marguerittes, revendique une ligne de « territoire » : s’inscrire dans la majorité du président, comme hier avec Franck Proust, tout en promettant d’être « constructif et vigilant ». Le groupe pourrait être présidé par Gaël Dupret (Sernhac), et Rémi Nicolas est pressenti pour un rôle majeur dans l’exécutif.

    En face, la droite des communes s’organise aussi. Eddy Valadier, maire de Saint-Gilles (six sièges), a écarté l’idée de se présenter, plaidant pour un mandat « apaisé » et une intercommunalité « technique » tournée vers les projets structurants. Derrière cette posture constructive, une réalité demeure : beaucoup de maires veulent peser dans la future équipe, notamment via les vice-présidences (quinze au total). C’est l’autre négociation, la plus sensible : qui prend quoi, et avec quelles garanties.

    Les dossiers

    en embuscade

    Car au-delà de l’élection, c’est la liste des dossiers brûlants qui attend le futur président. D’abord, les mobilités : l’agglo tient les transports en commun, les arbitrages sur les lignes, les parkings-relais, les nouvelles stations, et l’équation « service /coût » qui revient à chaque budget. Dans le même bloc, la gestion des déchets et la Teom (Taxe d’enlèvement des ordures ménagères) restent un marqueur politique : baisse de taxe revendiquée ces derniers mois, mais vigilance des communes sur la qualité du service et les investissements.

    Ensuite, le développement économique, où l’agglo joue le rôle de machine à projets : zones d’activités, attractivité, emplois. Sur ce terrain, la zone Magna Porta, sur Manduel, reste le serpent de mer : projet remodelé (160 hectares initiaux, réduit à 54 dont 29 constructibles), débats sur les coûts et la rentabilité, promesses d’entreprises, attentes d’emplois concrets. Un dossier symbolique esquissé dès 2010, qui engage des millions, et qui cristallise la question du cap de l’intercommunalité.

    Autre sujet explosif : l’urbanisme. Le PLUi (Plan local d’urbanisme intercommunal), l’éventuelle montée en puissance institutionnelle, et la peur des petites communes de perdre la main sur leur plan local. Ici, les maires veulent entendre une méthode : consultation, pas de passage en force, et surtout une répartition équilibrée des efforts (logements, équipements, foncier). Enfin, le nerf de la guerre : les fonds de concours. Pour nombre de villages, c’est la condition de projets très concrets (écoles, voirie, équipements) et donc une ligne rouge. À cela s’ajoutent les satellites et syndicats où l’agglo pèse : déchets, SCoT, bassin-versant… des lieux plus discrets, mais stratégiques.

    Dans ce décor, les oppositions nîmoises arriveront en ordre dispersé : le RN dispose d’un groupe conséquent (dix élus nîmois, plus un élu d’opposition à Marguerittes) et entretient le flou sur sa stratégie. La droite nîmoise, elle, se retrouvera fragmentée, avec des élus parfois non inscrits. Si l’élection de Vincent Bouget semble largement acquise, le vrai vote commence après : celui des équilibres. Une présidence fluide entre Nîmes et les 38 autres communes, ou une présidence sous surveillance permanente, à chaque dossier structurant.

  • Cuisante défaite pour le RN à l’Agglo du Gard rhodanien

    Cuisante défaite pour le RN à l’Agglo du Gard rhodanien

    Entre la rupture proposée par la nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze et la continuité proposée par le maire de Saint-Paulet-de-Caisson, les 77 élus de l’Agglomération du Gard rhodanien ont choisi de poursuivre le travail engagé par Jean-Christian Rey. En effet, Christophe Serre, qui est aussi conseiller départemental, a été élu dès le premier tour à la tête de l’intercommunalité avec 44 voix contre 27 pour Pascale Bordes et 3 pour Jérôme Jackel, élu d’opposition (Debout !) à Bagnols.

    Il faut dire qu’hormis Bagnols-sur-Cèze, il y a eu peu de changements dans les 44 communes qui composent l’Agglomération. Et forcément, ces élus n’ont que peu apprécié les vives attaques de la maire d’extrême droite sur la gestion précédente. « Pendant que d’autres territoires avancent, pendant que d’autres territoires se battent pour attirer des entreprises, des familles, des services, des investisseurs, le Gard rhodanien n’a jamais su saisir de telles opportunités. Ce bilan est catastrophique pour notre territoire », a lancé Pascale Bordes, tentant d’imputer ce bilan à Jean-Christian Rey mais en oubliant que beaucoup d’élus ont étroitement travaillé avec le président sortant.

    De son côté, Christophe Serre s’est donc inscrit « dans la continuité du travail mené depuis sa création » en souhaitant « protéger les équilibres territoriaux et refuser toute logique de domination » mais aussi en « investissant là où c’est utile, pas là où c’est visible ». « Je n’ai pas la prétention de vous présenter aujourd’hui un projet de territoire écrit de manière descendante, sans concertation et de faire abstraction du travail engagé ces dernières années. Je vous propose une méthode fondée sur la concertation, l’écoute et la coconstruction », a-t-il ajouté.

    Bordes, toujours battue

    Le vote de la présidence n’a pas été le seul désaveu pour Pascale Bordes. La maire de Bagnols a en effet ensuite tenté d’être élue comme première vice-présidente. Mais là encore elle a été battue par la candidate proposée par Christophe Serre. C’est en effet la maire de Saint-Laurent-des-Arbres, Sylvie Barrieu Vignal, qui a été plébiscitée avec 49 voix (seulement 25 pour Bordes) et aura donc la délégation à l’aménagement du territoire.

    Pour la deuxième vice-présidence en charge de la santé et de l’accès aux soins, c’est le maire de Pont-Saint-Esprit, Valère Ségal, radiologue de formation qui l’a emporté devant Pascale Bordes (46 voix contre 24). Candidate jusqu’à la septième vice-présidente, Pascale Bordes a toujours été battue et a finalement arrêté de se présenter comprenant que la ville centre n’aurait pas de postes clés à l’Agglomération. Les élus du Gard rhodanien ont ainsi prouvé que dans certains territoires, le barrage républicain fonctionne encore.

  • Michaël Delafosse donne les grandes lignes du budget 2026 de la Ville

    Michaël Delafosse donne les grandes lignes du budget 2026 de la Ville

    Un conseil municipal pour le moins particulier. Pour nombre d’élus, il faisait office de baptême du feu, à l’instar de la conseillère de la majorité, Delphine Esselin ou encore de l’opposante Livia Jampy, qui intervenaient pour la première fois dans l’enceinte montpelliéraine au sujet du rapport annuel sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Mais surtout, c’est le débat d’orientation budgétaire (DOB) qui a été au centre des discussions de la nouvelle assemblée.

    Porté par Serge Guiseppin, transfuge du milliardaire et élu d’opposition – néanmoins absent – Mohed Altrad, qui a pris la délégation des finances et des ressources humaines, le document présenté met en avant le maintien des taux de fiscalité et le fort niveau d’investissement. « 157 millions d’euros d’investissement sont programmés en 2026. Ce n’est pas un chiffre mais un choix politique fort. Il va renforcer nos infrastructures et, dans un contexte économique tendu, jouer un rôle d’amortisseur social, en préservant l’activité et en soutenant l’emploi », souligne Serge Guiseppin. Et de citer les grands projets portés par la mairie socialiste cette année : groupes scolaires de la Mosson, construction de la cité de l’alimentation, de l’hôtel des sécurités ou encore le projet du parc Lunaret-Lavelette-Montmaur. La taxe foncière est maintenue à 52,63%. Des résultats permis grâce à la maîtrise de la dette et à la progression de l’épargne brute. « La dette est plutôt maîtrisée. En fin 2024, nous étions à 6,7 années d’endettement. L’en-cours était lui à 1 338 euros par habitant. Dans nos comptes anticipés 2025, les épargnes brutes et nettes s’améliorent. Notre capacité de désendettement sera réduite à 6,2 ans tout en maintenant les dépenses d’équipement à 168 millions d’euros [contre 173 millions en 2024, Ndlr] », détaille Serge Guiseppin. Le tout dans un contexte national tendu – un effort de cinq milliards d’euros a été demandé par le gouvernement Lecornu aux collectivités locales, dont 3,1 millions d’euros pour Montpellier – et des turbulences internationales marquées par la guerre menée par Donald Trump.

    « On nous annonce rien »

    Des orientations qui n’ont pas manqué de faire réagir les oppositions. À gauche notamment, les critiques sont venues du groupe insoumis. « Au prétexte des coupes budgétaires gouvernementales, on ne nous annonce rien. Pas d’investissement pour le social, pas d’investissement pour l’écologie, pas d’investissement pour des budgets participatifs qui permettent aux citoyennes et aux citoyens de s’impliquer dans la vie politique de leur commune », fait valoir Nathalie Oziol, regrettant qu’il n’y ait aucune réponse apportée à la crise du logement que connaît la septième ville de France et à la planification écologique. Un constat partagé par son collègue Antoine Bertrand. Dénonçant « un budget à l’équilibre sur le papier mais en profond déséquilibre face à la réalité sociale que vivent les Montpelliérains », l’élu insoumis pointe « la seule véritable ambition qui est assumée, c’est celle de ne pas augmenter la taxe foncière. Mais posons les choses simplement : combien de personnes à Montpellier paient la taxe foncière ? Alors oui, vous protégez les propriétaires certes, mais qui protège les 70% de Montpelliéraines et de Montpelliérains qui ne le sont pas ? »

    C’est également sur ces mêmes propriétaires que la droite s’est inquiétée. « On parle de taxer les propriétaires. Mais ils tiennent la ville, ils payent des impôts, ce sont les premiers à contribuer et à porter la solidarité. Comptez-vous stabiliser le taux de fiscalité sur l’ensemble du mandat ou sur ce budget-là ? », interroge Salim Jawhari, bras droit de Mohed Altrad. La réponse de la majorité municipale ne s’est pas fait attendre : « Nous ne répondrons pas favorablement à une augmentation du taux de la fiscalité communale, c’est un engagement de stabilité. L’augmenter aurait un impact très lourd sur les ménages », précise le maire PS Michaël Delafosse. Et de continuer : « 157 millions d’euros d’investissement, c’est conséquent. Annoncer un tel niveau d’investissement marque un volontarisme. Pour l’éducation, pour la cité de l’alimentation, pour coordonner nos efforts en termes de protection avec l’hôtel de sécurité. » Avec 8 voix contre du groupe LFI, le DOB a tout de même été voté, laissant présager le même scénario pour les conseils à venir.

  • [Rue de la République] Jean-Marc Coppola : « Les 15e et 16e arrondissements sont l’avenir de Marseille »

    [Rue de la République] Jean-Marc Coppola : « Les 15e et 16e arrondissements sont l’avenir de Marseille »

    la victoire du Printemps marseillais

    Didier Gesualdi : Le Printemps marseillais l’a emporté pour la deuxième fois. Vous aviez été élu en 2020 sur la promesse de réduire la fracture de la ville. Estimez-vous l’avoir fait ?

    Je considère qu’en 6 ans nous avons beaucoup réparé Marseille. En 2020, on ne s’imaginait pas d’ailleurs, l’ampleur des chantiers et des défis qui étaient devant nous. Nous étions une équipe très engagée, 98% de nouveaux élus, tout le monde s’est mis à la tâche dans un travail collectif intelligent. Nous avons beaucoup réparé mais vous le savez, nous sommes la troisième ville pour l’impôt sur la fortune et en même temps, nous connaissons beaucoup de pauvreté. On a fait une partie du chemin et on veut amplifier ce qui a été fait.

    Didier Gesualdi : On a beaucoup entendu les équipes du Printemps marseillais dire « on vient d’arriver, ça prend du temps ». C’est un argument que vous n’aurez plus cette fois.

    C’est vrai que ça a mis un peu de temps au départ. Le temps de l’état des lieux. On n’avait même pas d’inventaire des équipements municipaux… Vous imaginez ?! Il y a eu la crise Covid aussi au milieu mais je crois qu’on s’est mis très vite à la tâche. J’étais de ceux qui disaient « on ne regagne pas sur un bilan » mais le bilan est positif, il y a une reconnaissance. Aujourd’hui le résultat est amplifié par rapport à 2020. C’est un encouragement à continuer.

    Léo Purguette : Quelle interprétation avez-vous du message des urnes. Votre d’adhésion ou rejet de la perspective RN pour Marseille ?

    Il y a les deux. L’adhésion au travail qui a été fait et aux projets qui vont sortir de terre dans les années qui viennent. Et puis, il y a un rejet des divisions, des discriminations, des racismes, même si le score du RN est très préoccupant. Je ne me réfugie pas derrière le fait que c’est un phénomène national voire européen et mondial. Il faut regarder de très près ce que cela signifie. Il y a des gens qui expriment un certain racisme mais aussi une forme de déclassement. On le voit très bien dans la carte de la ville avec deux secteurs au RN. Il y a l’effondrement de la droite qui n’a pas respecté le front républicain. Mais on ne construit pas des politiques publiques sur des divisions, en attisant les haines, le racisme et la xénophobie.

    Didier Gesualdi : Comment faire reculer le RN ? Est-ce possible ?

    Il n’y a aucune fatalité. Il faut redonner du sens à l’action publique. Pendant 25 ans, on a vendu Marseille aux privés. Redonner des services publics, redonner du sens au rassemblement autour des valeurs de la République, Liberté, Égalité, Fraternité, c’est ce qui fait la force de Marseille. Il faut reconnaître les Marseillais dans leurs qualités, leurs compétences. Que chacun trouve sa place.

    LA CULTURE

    Léo Purguette : Durant six ans vous avez été adjoint à la Culture. De quoi êtes-vous le plus fier et qu’est-ce qui vous semble inachevé ?

    Franchement, je pense que c’est la plus belle des délégations. Je ne regrette pas de l’avoir choisi et qu’on me l’ait confiée, à la fois Michèle Rubirola et Benoît Payan. Ça a été éprouvant, il a fallu mouiller la chemise. J’ai rencontré des gens fabuleux. Tout au long du mandat j’ai répété aux acteurs culturels que je n’ai jamais eu la même responsabilité d’un mandat à l’autre. Pourquoi ? Parce que je veux sortir de ma zone de confort, être curieux, travailler. Après la jeunesse, le tourisme, les lycées, à la Région, je voulais voir ce que je pouvais apporter sur la culture. Les plus belles satisfactions, ce sont les projets à l’image de la médiathèque Loubon, la première antenne de la cinémathèque française en province mais aussi d’avoir redonné du sens à la lecture publique, d’avoir atteint un record de fréquentation dans les musées en 2025 et puis l’été marseillais bien sûr ! C’est la culture pour toutes et tous. J’ajoute l’éducation artistique et culturelle. J’y tiens, il va falloir continuer et amplifier l’éveil des sens dès le plus jeune âge, c’est un des fondements de la construction de la personnalité et de la citoyenneté. Beaucoup de choses restent à faire, à commencer par faire connaître ce qui existe. Je pense que c’est aux acteurs culturels d’aller vers les habitants. C’est ce qu’ont a fait dans les 15-16 la cité des arts de la rue, l’Alhambra, la gare franche…

    MAIRE DE SECTEUR DES 15-16

    Léo Purguette : Maire des 15-16, c’est un symbole pour votre famille politique dans un secteur longtemps à direction communiste. Qu’auriez-vous envie de dire à vos camarades qui vous ont précédé et qui ne sont plus là ?

    J’espère être à la hauteur des valeurs et des actions qu’ils ont portées. Ce n’est pas rien. Lors de mon élection j’ai vu que beaucoup de présents ignoraient que François Billoux avait été ministre de la Santé, de l’Économie nationale, de la reconstruction de 1944 à 1947. Pascal Posado, premier maire de secteur dans les 15-16 avait organisé dans les années 1980 des manifestations dans les rues, avec les familles, pour obtenir le tout-à-l’égout dont étaient privés les quartiers nord. C’est le symbole de la pratique politique qui est la mienne. C’est-à-dire : on a des responsabilités, comment on restitue ce pouvoir pour mobiliser les habitantes et les habitants. Et Guy Hermier, bien entendu, député, qui était connu et reconnu pour son action, par toutes les familles politiques d’ailleurs.

    Léo Purguette : Vous avez fait consensus pour devenir maire en recueillant une voix de plus que celle du Printemps marseillais dans un secteur où il y a pourtant eu une très grosse bagarre à gauche. Ça vous a surpris ?

    Oui bien sûr. Je m’attendais à 25 voix sur 33. 26, ça veut dire que je réunis au-delà. Ça veut dire aussi qu’on peut avoir des divergences, qu’il faut exiger d’être respecté et respecter les autres aussi.

    LE CONTEXTE INTERNATIONAL

    Léo Purguette : L’instabilité mondiale pèse sur la vie quotidienne. Quel regard portez-vous sur elle ?

    À travers les guerres et les conflits, il y a des enjeux politiques, économiques phénoménaux. Les guerres dopent les profits. Quand on a compris ça, quand on saisit que Trump et Poutine veulent cette domination de territoires pour aller piller les richesses, les choses s’éclairent. Quand on voit les ultra-riches avoir leur fortune décuplée mais c’est indécent ! C’est insolent ! Surtout quand parallèlement il y a la famine et les inégalités qui explosent. Il faut cesser ces guerres. J’espère que le cessez-le-feu au Moyen-Orient s’appliquera en Iran mais aussi au Liban. Il faut que la paix regagne dans toute la planète. Sinon ce sont les peuples qui payent. La guerre, c’est la destruction de vies civiles, militaires mais plus largement de la planète. Aujourd’hui, tout le monde s’ébahit qu’on puisse faire le tour de la Lune, explorer d’autres planètes mais il faut sauvegarder la nôtre ! Cela commence par la paix.

    LES ENJEUX DANS LES 15-16

    Didier Gesualdi : Les 15-16 ont une population peu favorisée qui se plaint des difficultés qu’elle rencontre notamment pour se déplacer. Avec vous bon espoir que la Métropole nouvelle version puisse répondre à cette attente ?

    On va tout faire pour. D’abord des actions ont été engagées. Le tramway qui va jusqu’à Capitaine Gèze doit maintenant être prolongé vers le lycée Saint-Exupéry et la Bricarde. Pourquoi pas d’ailleurs d’autres modes de transports collectifs ? Le métro, on sait que c’est un projet de longue haleine qui est coûteux mais il ne faut rien exclure. L’essentiel, c’est que les transports collectifs se développent. Vous savez, j’avais obtenu en 2016 de Jean-Claude Gaudin – ce qui était assez unique – qu’un conseil municipal extraordinaire se tienne sur l’emploi. Quand nous avons auditionné une cinquantaine d’acteurs économiques et sociaux, à la question « pour vous, quel est le premier obstacle à l’emploi ? », tous ont répondu « les transports ». Surtout dans nos quartiers où la moitié des familles n’a pas de voiture ou pas le permis, c’est une question essentielle dans ce secteur qui est l’avenir de Marseille.

    Didier Gesualdi : De nombreuses questions se posent autour du narcotrafic. Vous le liez à la désertion des services publics. Quelles réponses à ce problème ?

    Aujourd’hui je suis maire mais cela fait 30 ans que je parcours ce territoire, que je suis de nombreuses batailles pour sauver des entreprises qui fermaient, des services publics, une poste qui fermait… Il faut maintenant redonner des services publics de proximité, on va s’attacher à cela. La mairie centrale va amplifier la rénovation des écoles, la lutte contre les copropriétés dégradées, implanter un commissariat de police municipale dans le 15e et un autre dans le 16e. Nous aurons désormais une Métropole qui doit être au service des communes. Non seulement la Métropole punissait Marseille mais ne respectait pas un certain nombre de ses obligations. On va revenir à la normalité. Et j’espère un contrat Région/Marseille comme nous le faisions avec Michel Vauzelle. Tout cela, avec l’intervention et les responsabilités de l’État, participe à l’action contre le narcotrafic.

    Didier Gesualdi : Qu’attendez-vous de l’État qui ponctionne souvent les collectivités ?

    On l’a bien vu, si on n’était pas allé chercher l’État sur la question des écoles nous n’aurions pas pu avancer. C’est d’ailleurs ce qu’aurait dû faire le prédécesseur de Benoît Payan. Ce n’est pas possible dans une République une et indivisible que la 2e ville de France ne soit pas considérée. On l’a fait pour les écoles, il faut le faire dans d’autres domaines aussi.

    LA RÉGION

    Léo Purguette : Vous avez été élu à la Région, comment réagisez-vous à l’annonce de Renaud Muselier qui s’apprête à laisser son fauteuil de président ?

    C’est son choix. Il veut aller vers d’autres aventures. J’espère seulement que le futur président ou la future présidente, mais il semblerait qu’il s’agisse d’un président, s’intéresse à Marseille. Le fait qu’il soit d’un autre département, il aura peut-être plus d’attention. Marseille, c’est la capitale de la Région. Je sais que ça a toujours fait peur mais soit on a une capitale dynamique qui tire tous les autres territoires vers le haut soit on la marginalise et tout le monde est perdant. Vous avez compris que je choisis la première option.

    Léo Purguette : N’est-ce pas le signe que les régionales seront très rudes pour la droite ? La gauche pourra-t-elle sortir du rôle de spectatrice qu’elle occupe depuis 2015 ?

    À chaque jour suffit sa peine. On a beaucoup de travail. L’année prochaine il y a la présidentielle et les législatives. Viendront ensuite les départementales et les régionales. Qu’une partie de la population ne soit plus représentée depuis 2015 est anormal.

    LE VIVRE ENSEMBLE

    Léo Purguette : La paix, c’est aussi un enjeu de cohésion de la ville avec des tensions entre les communautés qui sont attisées par le contexte international.

    Bien sûr. Je crois qu’il faut beaucoup de dialogue et cesser de diviser les populations autour de tel ou tel enjeu. En Israël, en Palestine, au Liban, en Iran, il y a des tas de femmes et d’hommes qui aspirent à la paix, au dialogue, à sortir de l’obscurantisme. Qu’on mette au rancart la haine. J’ai beaucoup accompagné des lycéens à Auschwitz. Il y avait Ginette Kolinka, survivante du camp d’extermination, qui a aujourd’hui 100 ans. Elle ne leur faisait pas de longs discours mais disait simplement : « Chassez de votre tête le mot haine. » C’est ce qu’il faut inculquer aux jeunes générations.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Habib :

    Bonjour Monsieur le maire, est-ce que vous ne trouvez pas pertinent d’avoir un métro jusqu’aux plages de l’Estaque et connecté à l’hôpital nord en plus du tramway prévu jusqu’à St-Antoine ? Cela permettrait peut-être d’aménager enfin la zone des Riaux pour densifier le 16e arrondissement et permettre à davantage de personnes d’y vivre au vu de la beauté de ce côté du littoral.

    Bonjour. Je veux dire qu’il faut réfléchir de nouveau avec les habitantes et les habitants, les collectifs, les associations, qui sont assez fournies, dynamiques, les CIQ pour trouver les bons modes de transports. Je n’oublie pas qu’on a aussi le train qui passe sur le littoral et à l’Estaque, c’est le cheminot qui parle. Le train est sous-utilisé, il faut que les gares soient connectées aux réseaux de transports collectifs de la RTM. Il serait plus pertinent vers l’Estaque d’avoir le tramway. Sur l’hôpital nord je sais qu’il y a débat entre métro et tramway, le métro étant coûteux et long à mettre en place. Moi je n’exclurai aucune hypothèse. Je pense, au risque de surprendre, qu’il faut réfléchir à toutes les solutions, téléphérique y compris. Il faut regarder ce qui existe dans d’autres villes où les transports fonctionnent bien. Ce qu’on veut ce sont des transports collectifs, rapides, sûrs, gratuits, qui puissent desservir largement le territoire. On a une ville hypersaturée, on a besoin de retenir à l’est et au nord les voitures pour oxygéner la ville. Je m’investirai personnellement pour qu’on avance.

  • [Entretien] Jean-Charles Borghini : « Maire, c’est le plus beau mandat d’élu »

    [Entretien] Jean-Charles Borghini : « Maire, c’est le plus beau mandat d’élu »

    La Marseillaise : Quels sont vos projets pour vos nouveaux mandats à La Brillanne et à la DLVA ?

    Jean-Charles Borghini : Pour la DLVA, on va refaire la délégation de service public, avec des enjeux très importants, notamment la décarbonation. Pour la mairie de La Brillanne, nous sommes dans la continuité de ce qui a été fait précédemment. Si nécessaire, nous allons agrandir notre centre de santé. On continue à emmener les petits à la piscine à Manosque, et on va mettre en place un conseil municipal des jeunes avec un budget dédié. Les petits pourront mener des projets avec une somme allouée. On va travailler sur une étude de faisabilité pour la création d’une résidence senior. Il manque une structure intermédiaire entre l’Ehpad et rester chez soi. Ce serait huit ou dix studios. On va continuer l’aménagement de la traversée du village. On a déjà eu le label village prudent. On va continuer d’accompagner les associations, le CCAS. On travaille sur un jumelage avec un village, potentiellement italien. On va revégétaliser la cour de l’école.

    Quel est selon vous le plus beau mandat ?

    J.-C.B. : Maire, c’est le plus beau mandat d’élu. Vous êtes en prise directe avec les gens, avec la réalité, l’école, les travaux. Dans une mairie, on traite des dossiers de décès, on célèbre des baptêmes républicains, des mariages.

    Que répondez-vous aux critiques sur le cumul des mandats ?

    J.-C.B. : C’est la loi. Dans une mairie, on n’est pas tout seul, on est bien entouré, avec des délégués. Pareil à la DLVA et à la Région, chacun a un domaine de compétence. Après, quand on a un mandat, on doit l’honorer et faire au mieux, être sur le terrain. J’entends ces critiques. Il ne faut pas être déconnecté. Quand est maire, on est sur le terrain, on a ce contact
    direct. Je suis fortement présent
    en mairie.

    Comment avez-vous
    réagi à l’annonce de la candidature de Renaud Muselier aux sénatoriales
     ?

    J.-C.B. : C’est une décision que je respecte. Il m’avait mis dans la confidence, je le sais depuis un petit moment. Je comprends ses arguments. Il m’a expliqué son choix en tête à tête.

  • L’alliance de la honte

    L’alliance de la honte

    Le vernis pseudo social de l’extrême droite s’est encore une fois écaillé, passé au dissolvant de son idéologie réactionnaire où l’antisyndicalisme le dispute à sa haine historique des conquêtes sociales. C’est le cas
    du 1er-Mai, jour où l’extrême droite préfère fleurir la statue de la pauvre Jeanne d’Arc plutôt que les cortèges des travailleurs. Conquête de très hautes et sanglantes luttes pour les droits sociaux, le 1er-Mai est à la fois le seul jour chômé et férié du calendrier et le symbole des combats des travailleurs. Insupportable pour la droite et l’extrême droite.

    Vendredi, la gauche, dans son ensemble, a sauvé l’honneur. Mais elle a échoué car l’alliance de la honte entre droite et extrême droite montre quelle majorité de l’horreur, de l’extrême centre à l’extrême droite, pourrait se dessiner en 2027 si le camp progressiste est dans l’incapacité de s’entendre et, surtout, de convaincre de son utilité. L’extrême droite a depuis longtemps choisi son camp. Ce n’est pas celui des travailleurs et de l’émancipation mais celui du patronat, de la réaction et de la régression.

  • La majorité régionale essaie de se montrer rassemblée

    La majorité régionale essaie de se montrer rassemblée

    Face à la presse ce jeudi midi, le président (Ren.) de Région promettait d’annoncer officiellement, face à son hémicycle, sa volonté d’être candidat aux sénatoriales et de laisser son siège. « J’ai oublié », confessait-il auprès des journalistes présents à l’issue de la séance plénière ce vendredi midi. Estimant avoir assez communiqué pour s’en passer finalement. Les débats face à son opposition d’extrême droite avaient pourtant été l’occasion d’allusions à cette ambition sénatoriale. « Je compte sur le futur jeune sénateur que vous êtes », narguait le député RN Franck Allisio, pour porter ses vœux nationaux. Et l’intéressé de répliquer : « Si je suis au Sénat, comptez sur moi pour corriger vos erreurs et vos bêtises. »

    Mais passée la sidération au sein de la majorité régionale, l’heure est désormais à afficher l’unité dans les rangs. « Il nous revient collectivement de poursuivre et d’accentuer encore les dynamiques engagées, rappelait jeudi Christophe Madrolle (UCE). Nombreux sont les défis qu’il va nous falloir relever pour trouver le juste équilibre entre développement économique, développement humain et préservation de notre patrimoine naturel. » Surtout, les élus centristes se sont empressés de poser pour une photo avant la séance avec le président de Région, son héritier désigné François de Canson (DVD)… et le vice-président LR David Géhant. Si son entourage assure qu’il n’ambitionne pas de prendre la présidence et veut se consacrer à Forcalquier, un élu lui donnait du « bonjour au président de Région » à l’université des maires de Sisteron. « L’important c’est d’être rassemblés », insiste l’intéressé.

    Alors Renaud Muselier assume le contre-feu photographique. « J’ai toujours la crainte de la division, la division c’est mortel : chaque fois qu’on est divisés on perd », explique-t-il, coupant court aux rumeurs sur des ambitions de Christian Estrosi. « J’organise les trucs comme jamais on n’a organisé une transmission, une organisation, des dossiers qui sont ficelés, un avenir pour cette région, des grands projets », défend-il, en répétant : « Tout le monde est ensemble. »

  • Les maires des Alpes-de-Haute-Provence font leur rentrée à l’université

    Les maires des Alpes-de-Haute-Provence font leur rentrée à l’université

    Camille Galtier, maire DVD de Manosque, Julien Di Benedetto (SE) de Digne, Lila Desjardins (DVG) de Peyruis, Benoît Gauvan (Renaissance) d’Oraison… Les maires sont venus en nombre vendredi matin pour assister à la première université des maires depuis les élections municipales. Grâce à cette association, ils pourront assister à des ateliers, par exemple sur les conflits d’intérêts, tout au long de l’année. Vendredi après-midi, ils ont déjà pu en suivre deux : l’un sur les conditions d’exercice de leur mandat, et l’autre sur les pouvoirs de police du maire.

    « Le mandat de maire est sans doute l’un des plus beaux, mais aussi l’un des plus exigeants », a souligné en ouverture de l’université des maires son président, l’ancien maire historique de Sisteron, Daniel Spagnou (DVD). « Dans nos communes rurales, il faut être prêt à une implication totale et un engagement sans faille, à temps complet », a-t-il ajouté. Il a par ailleurs regretté « la baisse du nombre de maires femmes, puisque nous sommes passés de 50 à 44 sur 198 communes du département ».

    La préfète du département, Isabelle Tomatis, présente pour cette première université des maires, a elle aussi déploré cette baisse : « On est encore loin de la parité », souligne-t-elle.

    « Un engagement électoral, ça se respecte »

    La représentante de l’État a par ailleurs regretté les démissions de certains élus « avant même d’avoir commencé » : « Un engagement électoral, ça se respecte », a-t-elle lancé. Ces démissions affaiblissement selon elle la confiance « envers les institutions et envers toute la République ».

    Elle a souhaité féliciter les maires, « non pour avoir gagné, mais pour avoir su convaincre, parce que féliciter d’avoir gagné, ce serait saluer les vainqueurs d’un combat, et nous ne sommes pas dans un combat, dans un monde qui se radicalise, se polarise ».

    « Vous êtes en tant que maire officier de police judiciaire », a tenu à rappeler le procureur Antoine Pesme, ajoutant travailler sur un protocole sur la mise en œuvre du rappel à l’ordre avec la mairie de Manosque.

    La présidente du département, Eliane Barreille, a insisté sur la coopération entre communes et département pour la réalisation de projets, notamment l’aménagement et la sécurisation du réseau routier, « l’un des plus gros budgets de la collectivité ».

    À la fin des différentes interventions officielles, les maires et conseillers municipaux ont pu poser des questions. Stéphanie Mazauric, conseillère municipale de Saint-Maime (village situé entre Forcalquier, Manosque et Oraison), a interrogé sur la cybersécurité, face à laquelle « les petites communes sont démunies ».

    Congrès départemental des maires le 8 octobre à Forcalquier

  • Comment Olivier Galzi prend ses marques et le fait savoir

    Comment Olivier Galzi prend ses marques et le fait savoir

    « On n’arrive pas ici pour faire comme avant », confiait, dans nos colonnes, Olivier Galzi la veille d’être officiellement installé maire (DVD) d’Avignon, le 28 mars. En deux semaines, le « désir de changement » issu des urnes est évidemment encore peu palpable. Mais après avoir mis la barre très haut en termes d’attente, Olivier Galzi doit donner des premiers gages.

    D’emblée, le néo premier magistrat fait part de son intention de mettre les mains dans le cambouis : « Nous n’avons pas de baguette magique, et tout ne se fera pas en un jour, mais le travail, lui, commence ce jour », assure-t-il dans son discours d’installation, qu’il conclut même par « au travail ». Et comme tout travail mérite salaire, les adjoints ont été augmentés de 35% (1 726 euros bruts mensuels), quand l’indemnité de maire a baissé de 14% (5 631 euros bruts, cumulable avec l’indemnité de président du Grand Avignon).

    Les premiers jours du mandat ont beaucoup été consacrés à la préparation du 3e tour, l’élection au Grand Avignon avec de nombreuses rencontres de tous les maires. La défection il y a une semaine du président sortant, Joël Guin, lui a offert un boulevard : Olivier Galzi a été élu mercredi avec 87% des suffrages, dont 100% des voix des élus RN à qui il a confié deux vice-présidences. Un score qu’il brandit comme totem « d’un territoire uni » lui conférant « légitimité » pour parler au nom de toute l’agglomération auprès des partenaires.

    Attendu au tournant sur

    le dossier de la LEO

    À commencer par le dossier de la Liaison Est-Ouest (notre édition de vendredi) qu’Olivier Galzi veut relancer. Un des symboles de son triptyque programmatique sécurité-propreté-circulation. S’enorgueillissant d’être un homme de réseaux, il dit avoir « pris des rendez-vous lundi à Paris » sur cet épineux dossier. À la fois maire et président du Grand Avignon, l’ex-journaliste a les coudées franches pour mener à bien son projet. Il a aussi l’appui bienveillant du Département, sa présidente LR Dominique Santoni saluant « l’incarnation du renouveau », et de la Région. « Mes relations avec Olivier Galzi seront plus faciles qu’avec Cécile Helle, nous confie Renaud Muselier, président (Ren) de la Région. On va travailler sur la LEO, et je le verrai vite, on a déjà échangé dessus. »

    Autre attente programmatique, la sécurité. Dès le surlendemain de son élection, Olivier Galzi a rencontré le préfet avec des échanges en priorité sur ce thème-là, mettant en avant « une coopération renforcée » et « la participation de la mairie au comité de pilotage concernant les épiceries de nuit ». Deux jours plus tard, maire et préfet se sont retrouvés aux côtés d’une patrouille de l’opération sentinelle. Ce mardi, quelques jours après avoir délivré aux agents municipaux sa feuille de route à l’hôtel de ville, c’est auprès des agents de la police municipale que le maire s’est rendu. Il s’est engagé « à investir dans la sécurité et à recruter des policiers ». D’un effectif de 106 aujourd’hui, le candidat Galzi avait promis le recrutement de 60 policiers.

    Des messages que le maire ne manque pas de relayer sur ses réseaux sociaux, là où Cécile Helle en était complètement absente. Manière de soigner sa communication et occuper le terrain numérique dans l’attente de nouvelles mesures. Le prochain conseil municipal, prévu à la fin du mois, devrait être éclairant en ce sens.

  • Toulon maintient à nouveau ses taux d’imposition comme en 2001

    Toulon maintient à nouveau ses taux d’imposition comme en 2001

    Malgré un ordre du jour peu fourni, les échanges ont donné à voir une nouvelle majorité droite dans ses bottes pour poursuivre le cap face à une extrême droite revancharde et pinailleuse, derrière les sourires, reprochant le moindre denier accordé aux classes populaires et faisant de l’allègement fiscal son principal cheval de bataille. Rien de nouveau sous le soleil, hélas. C’est à ce moment-là que l’absence de la gauche dans cette nouvelle assemblée est la plus douloureuse.

    Après les différents votes afin de désigner les représentants de la ville dans les différents conseils d’administration et de surveillance, le premier adjoint Julien Orlandini a pris la parole pour proposer de reconduire à l’identique les taux d’imposition pour l’année 2026.

    Le RN proprement corrigé

    L’occasion de préciser donc que pour la 26e année, il n’y aura pas d’augmentation des taux des impôts directs, à l’exception des bases qui évoluent, elles, selon l’indice des prix à la consommation de 0,80%. Ainsi avec un taux appliqué aux fonciers bâtis de 39,9% « Toulon se positionne au 7e rang des taux les plus bas parmi les 22 villes-centres de métropoles ». Un taux qui demeure également inférieur à la moyenne de la strate qui est 41,51%.

    Prévisible, le conseiller d’opposition RN Amaury Navarranne est donc monté aux créneaux pour dénoncer « l’augmentation prise dans la poche des propriétaires toulonnais » par le biais de la hausse mécanique des bases, qu’il estime à 1,7 million d’euros au total, et 44 euros par contribuable concerné.

    Un calcul au doigt mouillé très vite rectifié par le premier adjoint qui fait état, lui, de 1 million d’euros de recettes supplémentaires seulement pour compenser l’ inflation. La maire sans étiquette de Toulon, et ancienne prof de maths, Josée Massi poursuit la correction en précisant que cela correspondait non pas à 44 mais 25 euros par propriétaire. L’élève Navarranne renvoyé à ses calculs.

    Pour l’extrême droite la seule solution aurait été non pas de maintenir les taux mais de les baisser, en faisant fi de la santé financière de la commune, de ses capacités d’investissement et d’accompagnement du tissu associatif auquel il n’a que très peu d’égard (lire ci-dessous) surtout si cela concerne les quartiers populaires.

    « Vous avez bien fait aussi de signaler que le contexte international incitait aussi à la prudence sur les finances de la collectivité », a ajouté Julien Orlandini.

    La députée Laure Lavalette aurait pu expliquer aussi à son collègue Navarranne que le Rassemblement national, leur propre parti, a obtenu le 14 janvier l’adoption à l’Assemblée nationale d’un amendement réduisant de 4,9 milliards d’euros la dotation globale de fonctionnement (DGF) versée aux collectivités territoriales. C’est le genre de chose qu’il faut avoir en mémoire lorsqu’on prétend défendre Toulon et les Toulonnais. C’est certainement ce que lui aurait rappelé l’ancien conseiller municipal d’opposition de Toulon en Commun André de Ubeda (PCF) pour parfaire l’analyse politique.