Category: France

  • En visite dans le Var, Jean-Pierre Farandou veut créer de l’insertion professionnelle grâce à la Défense

    En visite dans le Var, Jean-Pierre Farandou veut créer de l’insertion professionnelle grâce à la Défense

    Dans le contexte de l’augmentation annoncée du budget de la Défense
    (+ 6,7 milliards d’euros en 2026, soit 57,1 milliards si le projet de loi finance est voté), et au lendemain de l’annonce d’Emmanuel Macron concernant la volonté de porter les dépenses de la loi de programmation militaire 2024-2030 de 413 à 449 milliards d’euros (avec l’objectif d’avancer à 2027 au lieu de 2030 l’objectif d’un budget annuel de défense de 64 milliards d’euros), le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre, Farandou, est déjà sur le pont.

    Ce dernier était dans le Var, vendredi, pour visiter deux entreprises liées à l’industrie de la Défense. Première étape : le site de Naval Group, à Ollioules, spécialisé dans la conception, le développement et l’intégration de systèmes de mission pour les navires. Il a pu y découvrir les dispositifs de surveillance de missions et les outils anti-drones, ainsi que le projet « Synergie », qui consiste en une plateforme souveraine sécurisée au sein de Naval Group pour développer des logiciels embarqués, en s’appuyant, notamment, sur l’IA.

    Une future initiative

    avec France Travail

    L’entreprise compte recruter 1 500 salariés dans le Var et 10 000 en France d’ici 5 ans. Un enjeu d’importance pour lequel l’État « doit aider les entreprises à trouver les compétences et ressources dont elles ont besoin », affirme le ministre, qui annonce la création d’une « organisation particulière au sein de France Travail pour réussir ce défi stratégique pour notre pays. » Il s’agira « d’aider les entreprises à remplir les emplois dont on a besoin, et aider les personnes à trouver du travail. C’est un enjeu de formation, avec un écosystème à mettre en place autour des universités et écoles. France Travail en sera le bras armé, pour coordonner l’ensemble des forces vives », développe-t-il, sans entrer dans les détails, précisant que le projet sera « partagé avec le ministère de la Défense, qui sera le donneur d’ordres. Il faut aussi citer le président de la République, qui a compris que les enjeux de défense étaient absolument clé. »

    Ensuite, direction La Seyne, sur le site de l’entreprise Acti, spécialisée dans la chaudronnerie, engagée dans différents secteurs, dont le naval défense, travaillant à ce titre avec Naval Group. « La défense est un écosystème. Naval Group a besoin d’un réseau de sous-traitants et Acti y participe », souligne l’ancien patron de la SNCF, qui reconnaît toutefois que ces « petites entreprises » peuvent se concurrencer « sur les ressources humaines », argument fondateur pour la mise en place de l’initiative France Travail. Revendiquant 200 salariés, Acti souffre cependant de difficultés de recrutement, la chaudronnerie peinant à attirer malgré des perspectives d’évolutions horizontales et verticales. « Il faut aller chercher les jeunes mais aussi les seniors », milite Jean-Pierre Farandou. « Pour pouvoir se défendre, il faut arriver au plein-emploi. »

    Une jeunesse toutefois bien représentée au sein des ateliers de production, de quoi ravir le ministre : « Ce sont des métiers nobles. Que les jeunes qui cherchent leur voie viennent dans l’industrie. Les dirigeants ici savent repérer les jeunes qui ont de l’envie pour leur apporter des formations. De plus, l’industrie de la défense est majeure sur ce territoire. » Jean-Pierre Farandou sera de retour dans le Var le 23 avril, pour le Toulon Défense Event.

  • Trump plutôt que Bloch, une étrange défaite

    Trump plutôt que Bloch, une étrange défaite

    C’est un singulier lièvre que le sénateur communiste Pierre Ouzoulias a levé mardi lors de la séance des questions au gouvernement. L’entrée au Panthéon de Marc Bloch le 16 juin 2026 a été reportée parce que le président Trump a demandé le report du G7 à Evian afin de pouvoir organiser un combat de boxe à l’occasion de son anniversaire. Et Emmanuel Macron a accepté, devant reporter la panthéonisation prévue le jour anniversaire de l’exécution par les nazis du résistant français.

    « Le cirque de Trump impose donc l’ajournement de la cérémonie en l’honneur de Marc Bloch, l’historien, l’auteur de “L’étrange défaite”, le résistant, le héros mort pour la France », résume Pierre Ouzoulias. Rappelant que « honorer Marc Bloch le jour anniversaire de son exécution le 16 juin aurait été une façon de rappeler l’actualité de la leçon donnée par un homme qui a vécu la débâcle de 1940 et qui en tirait des enseignements d’une cruelle actualité sur la faillite des élites », il interroge : « Entre Trump et Marc Bloch, nous aurions choisi Marc Bloch. Et vous madame la ministre ? »

    Catherine Vautrin, ministre des Armées et des anciens combattants prend le micro d’évidence mal à l’aise. Mais nulle infirmation ne sortira de sa bouche. Ni réelle réponse à la question. Brodant sur le « grand historien », le « grand résistant », le « grand Français exemple pour chacun d’entre nous »… Elle conclut par un « oui bien sûr Marc Bloch sera panthéonisé et bien évidemment ce sera cette année ».

    « Où est la souveraineté de la France quand Emmanuel Macron ne parvient même pas à faire respecter son propre calendrier ? », interroge encore Pierre Ouzoulias. Et le petit-fils du résistant et FTP Albert Ouzoulias de lâcher : « Il n’est de défaite que celle que nous acceptons. »

  • [Entretien] Alain Hayot : « La gauche est la seule alternative »

    [Entretien] Alain Hayot : « La gauche est la seule alternative »

    La Marseillaise : Dans quel contexte se tient cette conférence ?

    Alain Hayot : Les mouvements d’extrême droite, nationalistes, autoritaires, xénophobes se développent encore plus aujourd’hui à l’échelle du monde depuis l’élection de Donald Trump. Cette ascension que certains – ce qui n’est pas mon cas – qualifient d’irréversible, concerne aussi notre pays et notre région. La Marseillaise a publié un sondage sur Marseille qui montre que le Printemps marseillais et le candidat du RN sont au coude à coude, ce qui représente un danger considérable.

    Quels sont ces mouvements et comment se développent-ils ?

    A.H. : À l’échelle de la mondialisation, aujourd’hui, on voit émerger et se développer des mouvements d’extrême droite, nationalistes, qui ne se ressemblent pas tous, mais ont des traits communs. Ils s’appuient sur une histoire récente, celle du XXe siècle et du développement du fascisme avec des caractéristiques nouvelles, contemporaines. Par exemple, le fait qu’ils sont portés par des forces politiques à la fois de droite et d’extrême droite, des mouvements religieux intégristes, des courants culturels réactionnaires. Ils sont dans une logique totalement xénophobe en s’opposant violemment à toutes les immigrations, d’où qu’elles viennent.

    De plus, ils rallient des pans entiers des oligarchies financières, dont l’alliance avec les mouvements d’extrême droite est reconnue par tout le monde. Aussi, ils prônent la démolition de la démocratie, des politiques sociales et publiques, ainsi qu’un autoritarisme exacerbé avec un culte du chef ou de la cheffe d’ailleurs, comme Giorgia Meloni en Italie. Enfin, ils travaillent énormément sur les imaginaires et mènent une véritable guerre culturelle qui valorise un passé complètement mythifié, totalement réactionnaire, qu’ils réécrivent d’ailleurs. Ils développent un imaginaire qui rejette la science, la connaissance, la création et charrient les pires poncifs, racistes, sexistes, populistes. C’est un mouvement que l’on peut qualifier de trumpiste aujourd’hui, parce qu’ils s’incarnent beaucoup dans l’idéologie, la symbolique, les idées portées par Donald Trump.

    Cette bataille culturelle est menée dans les médias ?

    A.H. : Aux États-Unis, c’est Musk qui a mis la main sur les réseaux sociaux. En France, c’est Vincent Bolloré, Bernard Arnault et d’autres milliardaires qui ont mis la main sur les moyens d’information. On a longtemps cru que c’était pour y faire de l’argent. En réalité, c’était pour mener une véritable guerre culturelle destinée à faire en sorte qu’aujourd’hui, on pense qu’il est possible de revenir en arrière. Ils ont développé des imaginaires de la peur qu’ils entretiennent : peur des immigrés, des autres, de l’avenir, du social, du progrès, etc.

    Le capitalisme financiarisé et mondialisé sent très bien qu’il a des adversaires redoutables et qu’il peut se retrouver aujourd’hui mis en cause. Leur riposte a été faite de manière intelligente en considérant que la question politique et culturelle était essentielle. Regardez Philippe De Villiers et Pierre-Édouard Stérin, ces gens-là passent leur temps à nous répéter que c’était mieux avant. C’est un passé qu’ils ont complètement reconfiguré, fantasmé. Le trumpisme à l’échelle mondiale, c’est un peu le baroud d’honneur d’un monde qui veut éviter d’être changé. Ils veulent tout faire pour empêcher ce changement et se battent comme des lions. En face, nous ne sommes pas à la hauteur, mais nous pouvons l’être.

    Vous estimez que cette ascension de l’extrême droite n’est pas « irréversible ». Comment la combattre ?

    A.H. : Rien n’est réglé d’avance. Le bouquin que j’ai écrit s’appelle Le sursaut. Nous avons pu lutter contre les fascismes et nous pouvons lutter contre tous les trumpismes. Aux États-Unis, l’élection de Zohran Mamdani à New York et la série de mouvements qui ont lieu un peu partout contre la politique migratoire de Trump le prouve. En France, le mouvement social est très important. Les sondages attestent que notre imaginaire reste profondément progressiste avec des valeurs de solidarité, écologiste, féministe, antiraciste, démocratique et pacifiste. L’effondrement du macronisme et de la droite classique fait que la gauche est la seule alternative à l’extrême droite. La gauche a les moyens de pouvoir redresser la tête à condition qu’on mène la bataille culturelle, rassemble toutes les forces politiques associatives, sociales, culturelles et qu’on opère le sursaut nécessaire.

     Face aux nouveaux monstres : le sursaut. Pour faire reculer l’extrême droite ». Aux éditions l’Humanité

  • Roussel revendique « le droit au bonheur »

    Roussel revendique « le droit au bonheur »

    « Je voudrais revendiquer le droit au bonheur, le droit à la paix, pour toute cette grande famille humaine et bien sûr pour notre pays et le peuple de France. » C’est par ces mots que Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, lance ses vœux pour 2026. Face à un monde « qui a la crève », tel qu’il le formule, le communiste revendique l’espoir.

    Après avoir rendu un hommage aux victimes de la tragédie de Crans-Montana et à leurs proches, il dédie ce moment à « la jeunesse » et questionne « quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? car la guerre menace partout ». Un terrible constat, plus de 60 pays sont en guerre, c’est du jamais vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. « Jamais nous n’abandonnerons la paix, jamais nous n’abandonnerons nos enfants », martèle le dirigeant communiste depuis le siège historique du parti place Colonel-Fabien.

    Ainsi, il apporte son soutien à la jeunesse iranienne, qui poursuit depuis plus de 15 jours des manifestations contre le régime des mollahs. Une révolte amorcée il y a deux ans déjà par le mouvement « Femme, Vie, Liberté ». Même soutien apporté à la jeunesse du Venezuela et au peuple dans sa globalité, après le kidnapping du dirigeant Nicolás Maduro et de son épouse, ce que Fabien Roussel qualifie d’« acte de guerre extrêmement grave, extrêmement dangereux » des États-Unis. « Que dirions-nous si demain, une puissance étrangère venait à kidnapper Emmanuel Macron et Brigitte Macron ? (…) nous serions les premiers à dénoncer cette ingérence étrangère et à réclamer sa libération », affirme le leader du PCF. « Tout le monde comprend que la question posée n’est pas celle de la nature du régime vénézuélien mais bien celle de la nature de cette agression », pousse-t-il en présence de la représentante de l’ambassade du Venezuela Martha Bolivar Acosta et de l’ambassadeur de Cuba Otto Vaillant Frias, demandant la fin des blocus contre leur État respectif.

    « Nous ne voulons pas vivre dans un monde où la démocratie, les peuples, le climat, nos ressources naturelles, le vivant, seraient sacrifiés sur l’autel des profits des multinationales et des grands pétroliers », insiste Fabien Roussel et enjoint Emmanuel Macron de cesser de se « mettre à genoux » devant « l’ogre Sam » : « un président de la République qui se couche, c’est la honte totale pour notre pays, la honte suprême », clame-t-il. Et appelé dans la même séquence à « la paix en Europe » en mettant fin à la guerre en Ukraine. Aussi, en présence des représentants de l’ambassade de Palestine et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le chef des communistes français a assuré « poursuivre le combat avec eux pour une solution à deux États ».

    « L’État d’urgence industriel »

    Alors que le budget de l’État pour 2026 fait son retour dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale ce mardi, le secrétaire national du PCF est clair sur la consigne donnée à ses troupes : « Nous ne pouvons pas voter un budget qui alimente la guerre », prévient-il. Et porte un « budget qui fait le choix du pouvoir d’achat, d’investir dans les salaires, la production, énergie, formation, innovation et la transition écologique ». Tout en glissant un mot pour les milliers de salariés menacés par des plans sociaux, Fabien Roussel appelle le gouvernement à déclarer « l’État d’urgence industriel ». Enfin, à l’approche des élections municipales, le PCF, fort de 900 chefs de file dans le pays, pour battre « la droite et l’extrême droite », au travers de l’union. « Le rassemblement, il y a ceux qui en parlent et ceux qui le font », tacle le maire de Saint-Amand-les-Eaux.

  • L’avenir politique de Marine Le Pen se joue en appel

    L’avenir politique de Marine Le Pen se joue en appel

    Pour le Rassemblement national, c’est l’élection présidentielle de 2027 qui se joue : Marine Le Pen comparaît mardi en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national [ancien nom du Rassemblement national]. Le procès qui s’ouvre en début d’après-midi au palais de justice de la Cité à Paris est prévu pour durer cinq semaines, jusqu’au 12 février. Pour rappel, la cheffe de l’extrême droite française a été condamnée en première instance le 31 mars 2025 à deux ans de prison ferme, cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate pour détournements de fonds publics et 100 000 euros d’amende.

    Considérée par le tribunal comme étant au cœur du « système », elle encourt la peine maximale, soit dix ans d’emprisonnement et un million d’euros d’amende. « Marine Le Pen s’est inscrite avec autorité et détermination dans le fonctionnement instauré par son père auquel elle participait depuis 2004 », avait estimé la présidente du tribunal correctionnel de Paris Bénédicte de Perthuis, qui a, par la suite été la cible des attaques coordonnées du camp brun.

    Le FN est accusé d’avoir détourné 2,9 millions d’euros durant onze ans au Parlement européen, à travers un véritable système d’emplois fictifs consistant à faire travailler pour le parti des assistants de députés européens. Mardi, Marine Le Pen verra comparaître à ses côtés, onze de ses affidés, comme les ex-eurodéputés Bruno Gollnisch et Nicolas Bay, les anciens assistants parlementaires désormais élus Catherine Griset et Julien Odoul, ainsi que Louis Aliot, l’actuel maire de Perpignan – pour ne citer qu’eux – ont également fait appel de cette condamnation. Tandis que douze autres ont renoncé parmi lesquels Yann Le Pen, l’une des filles du fondateur du FN. Le RN, également condamné en tant que personne morale, avait ainsi dû verser 2 millions d’euros d’amende, dont 1 million avec sursis.

    Une décision rendue d’ici cet été, le RN se prépare

    La décision est attendue à l’été prochain. Si elle est condamnée en appel, Le Pen peut toujours se pourvoir en cassation. « Les juges ne sont pas déconnectés de la réalité. Ils savent bien qu’il y aura une élection présidentielle en 2027, que Marine Le Pen est une candidate évidemment importante et donc que le moment où la décision sera rendue peut avoir une incidence », a indiqué Christophe Soulard, plus haut magistrat du siège de l’ordre judiciaire, lors d’une rencontre avec la presse jeudi, à la veille de l’audience solennelle de rentrée de la Cour de cassation. « Il est de la bonne administration de la justice, si possible, mais je ne sais pas si ça sera possible, que la question soit réglée avant l’élection présidentielle », a-t-il soulevé.

    La triple candidate à l’élection présidentielle (2012, 2017, 2022) pourrait voir ses ambitions élyséennes contrariées. En attendant, le parti à la flamme fait, en apparence, bloc derrière sa championne. Pendant que Jordan Bardella squatte les plateaux de télévisions, fait la Une des titres de presse d’extrême droite et est testé comme grand remplaçant voire titulaire dans les sondages d’intention de vote.

    Et pourtant, ce lundi, lors de ses vœux il a défendu sa patronne : « Il serait profondément inquiétant pour la démocratie que la justice prive les Français d’une candidate à l’élection présidentielle, déjà qualifiée à deux reprises pour le second tour et aujourd’hui donnée comme favorite incontestée du scrutin », veut croire Jordan Bardella. Sans doute faut-il rappeler une nouvelle fois au président du Rassemblement national, à ses troupes et à tous ceux qui attaquent l’État de droit qu’en France la justice est indépendante.

    A Marseille vendredi

    Trois jours seulement après l’ouverture de son procès, la patronne de l’extrême droite française sera à Marseille vendredi, invitée d’honneur de la présentation des vœux de Franck Allisio au parc Chanot. Le député de la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône est le candidat du RN pour la mairie de Marseille. La présence de Marine Le Pen démontre la volonté du parti d’extrême droite de mettre les bouchées doubles pour tenter de ravir la deuxième ville de France lors des élections municipales de mars prochain. Franck Allisio est d’ailleurs au coude à coude dans les intentions de vote avec le maire sortant Benoît Payan (DVG) selon le sondage La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA, paru ce lundi.

  • Avec les reptiles, un pas de plus vers l’origine du sommeil

    Avec les reptiles, un pas de plus vers l’origine du sommeil

    C’est un rythme cérébral qui était connu pendant le sommeil des humains et des souris : toutes les cinquante secondes environ, l’activité électrique des neurones marque un maximum. Mais personne ne l’avait encore observé chez les reptiles. C’est maintenant chose faite. Et pour sept espèces de lézards et un oiseau. Fruit de dix années de travail, ces résultats sont parus dans Nature neuroscience. « C’est intéressant de l’observer chez des reptiles car il s’agit d’espèces génétiquement éloignées des mammifères, souligne Paul-Antoine Libourel, chercheur CNRS au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier et dernier auteur de l’étude. Ce rythme, dit “ultra-lent”, semble donc être une propriété ancestrale et fondamentale partagée par toutes ces espèces. » Une propriété héritée de leur ancêtre commun qui a vécu il y a 300 millions d’années.

    Ces résultats confirment et complètent ce qu’esquissait déjà une étude de 2016 chez une espèce de lézard : le dragon barbu. « Les auteurs interprétaient cette oscillation comme une alternance entre deux états de sommeil ressemblant à du sommeil profond et du sommeil paradoxal, indique Paul-Antoine Libourel. Nous n’étions pas convaincus. Notre étude rapproche plutôt cela du rythme ultra-lent qui commence à être bien documenté chez les mammifères. »

    Cette oscillation de l’activité électrique des neurones pendant le sommeil est dite « ultra-lente » car sa période est plus longue que celle des oscillations les plus lentes déjà connues lors du sommeil profond des mammifères : les ondes « delta », qui atteignent un maximum chaque seconde environ. Chez les mammifères et les pigeons, les oscillations ultra-lentes atteignent un maximum toutes les cinquante secondes environ. Chez les reptiles, c’est toutes les cent secondes.

    Nettoyage ou défense ?

    En parallèle de l’activité électrique des neurones, d’autres paramètres physiologiques ont été enregistrés pendant le sommeil : respiration, rythme cardiaque, mouvements des yeux, activités musculaire et vasculaire-cérébrale. Et surprise : tout oscille en phase, avec cette même période d’environ cent secondes. Même la luminosité de la peau chez le caméléon.

    Pourquoi l’évolution aurait-elle conservé ce rythme chez toutes ces espèces si éloignées. Pour faciliter l’élimination des déchets métaboliques dans le cerveau pendant le sommeil ? C’est une hypothèse. « Cela fonctionnerait comme une pompe », illustre Paul-Antoine Libourel. D’autres pensent que cela permettrait d’assurer un certain niveau d’attention lors du sommeil profond. « Il a été observé que ce rythme était en phase avec des libérations de noradrénaline – un neurotransmetteur lié à la vigilance », précise le chercheur. Comme un mécanisme de défense pour ne pas trop baisser la garde face à d’éventuels prédateurs pendant le sommeil – qui reste une activité risquée. Mais cela est à confirmer.

  • [Entretien] Paul-Antoine Libourel, chercheur CNRS : « Il faut nous décentrer de nous-mêmes pour comprendre le sommeil »

    [Entretien] Paul-Antoine Libourel, chercheur CNRS : « Il faut nous décentrer de nous-mêmes pour comprendre le sommeil »

    La Marseillaise : Vous montrez que reptiles et mammifères partagent un rythme ultra-lent – plusieurs dizaines de secondes de l’activité neuronale pendant qu’ils dorment. Ce rythme est présent pendant le sommeil profond des mammifères – pas pendant le sommeil paradoxal -, mais pendant tout le sommeil des reptiles. Ces derniers n’ont-ils donc pas de sommeil paradoxal ?

    Paul-Antoine Libourel : Nous ne pouvons pas conclure cela car les critères pour définir le sommeil paradoxal ont été établis en étudiant des mammifères – rongeurs et humains. Or ces critères ne peuvent être tous appliqués strictement aux reptiles. La majorité des études sur le sommeil ont été réalisées chez l’humain et les rongeurs. Il faut nous décentrer de nous-mêmes pour comprendre vraiment le sommeil et aller voir ce qu’il se passe chez d’autres espèces.

    Lesquelles ?

    P.-A.L. : Nous avons étudié les squamates – qui regroupent les lézards et les serpents. Mais il faudrait étudier la même chose chez les tortues, les crocodiles, les amphibiens, les poissons ou les invertébrés. Il faudrait remonter vers des groupes plus ancestraux pour voir si ce rythme est conservé et s’il était déjà présent bien plus tôt dans l’histoire de l’évolution.

    Pour remonter aux origines du sommeil… ?

    P.-A.L. : C’est ce qui nous intéresse. D’où viennent le sommeil et ses sous-états ? Pourquoi dort-on ? Pour cela, il faut l’étudier sous toutes ses formes, chez de multiples espèces. Car toutes les espèces enregistrées dorment. C’est fascinant. Mais beaucoup de questions restent en suspens.

  • Le grand JT des territoires du 10 janvier

    Le grand JT des territoires du 10 janvier

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde :

    Les drones, nouveaux piliers des conflits modernes. Pour maîtriser ces technologies toujours plus sophistiquées, les soldats de l’armée de Terre suivent des formations spécifiques au pilotage et à la stratégie. Immersion dans l’entraînement de nos militaires face aux enjeux de demain.

  • L’aide aux élèves handicapés reste précaire

    L’aide aux élèves handicapés reste précaire

    Dans l’hémicycle de la chambre haute du Parlement, le constat est unanime ce mercredi soir : la situation des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) est indigne, leur rôle crucial et leur statut précaire. Et pourtant, la proposition de loi (PPL) socialiste visant à les intégrer dans la fonction publique et à garantir une meilleure inclusion des élèves en situation de handicap et à besoins éducatifs particuliers a été rejetée. La majorité sénatoriale de droite s’est en effet attelée à déposer des amendements de suppression sur chacun des articles composant le texte, avec le soutien de ses alliés centristes et sous l’œil bienveillant du gouvernement.

    Ce texte a été porté par le groupe PS dans le cadre de sa journée réservée et défendu par la sénatrice Marie-Pierre Monier. « Peut-on accepter que l’école inclusive tienne uniquement grâce à des personnes précarisées ? », lance l’élue de la Drôme à la représentation nationale. Et pour cause, l’auteure de la loi estime que le « salaire moyen » de ce qui est « le deuxième métier de l’Éducation nationale » est de 850 euros, donc sous le seuil de pauvreté. Un maintien dans la précarité de ces plus de 140 000 agents sans lesquels l’école inclusive n’existe pas. À noter que près de 50 000 élèves porteurs de handicap étaient encore en attente d’un tel accompagnement à la rentrée 2025.

    La mesure phare de ce texte est la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH afin de « sécuriser leur situation, améliorer leur rémunération et créer des opportunités d’évolution de carrière », veut croire Marie-Pierre Monier. C’est une revendication portée par l’intersyndicale FSU, SE-Unsa, CFDT Éducation formation recherche publiques, CGT Éduc’action, SNALC et SUD éducation, qui avait appelé à la mobilisation le 16 décembre dernier pour réclamer « la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH aussi bien au niveau national qu’au plus près des lieux de travail », résumait le tract officiel. Une pétition* mise en ligne en mai 2025 a, à ce jour, recueilli près de 94 000 signatures.

    Le deuxième métier

    de l’Éducation nationale

    Au Palais du Luxembourg, la gauche a soutenu d’un seul bloc la proposition de loi socialiste. « À nos yeux, cette proposition de loi permet de substituer à la précarité, une reconnaissance, à la gestion comptable, une ambition éducative et à l’improvisation, une vision de long terme », fait valoir la sénatrice réunionnaise Évelyne Corbière Naminzo, siégeant au sein du groupe communiste. « Ce texte apporte une réponse structurelle, cohérente et courageuse », renchérit-elle.

    Mais la droite et le centre s’y opposent, soulevant le coût d’une telle mesure estimée à plus de 4 milliards d’euros. « Comment croire qu’un système qui n’arrive pas à résoudre un problème à 30 millions d’euros, puisse absorber du jour au lendemain 4 milliards d’euros sans effets pervers ? », justifie le sénateur Cédric Vial (SE rattaché au groupe LR), selon lequel « le risque est réel de geler durablement toute augmentation des capacités d’accompagnement, voir, à terme de réduire le nombre des agents et des mesures d’accompagnements existantes ». Pour le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, « le résultat serait objectivement intenable par rapport au reste de la fonction publique », a-t-il estimé. Avant d’évoquer des « tensions structurelles, budgétaires » mais sans pour autant balayer le sujet d’un revers de la main, il a appelé à l’inscrire « dans le cadre général de la Conférence nationale du handicap » qui se réunit tous les trois ans.

    « Dont acte. On va quitter ce soir cet hémicycle et la droite sénatoriale, le gouvernement n’auront pas souhaité que les AESH soient titularisés », déplore la socialiste Colombe Brossel. « Mais demain matin, nous devrons, les uns et les autres, dans nos territoires, dans nos permanences, là où nous allons rencontrer les habitants, les élus dans les cérémonies de vœux, assumer ce vote », martèle-t-elle.

    EN CHIFFRES

    7 587

    enfants en attente d’AESH dans l’académie d’Aix-Marseille sur les 22 568 enfants notifiés, soit un taux de carence de 33% selon les chiffres de la direction générale de l’enseignement scolaire (DGSCO) pour la rentrée scolaire 2025. Les Bouches-du-Rhône sont, avec l’Île-de-France, le département où la situation est la plus tendue.

    48 726

    le nombre d’enfants en attente sur les 352 102 élèves qui y ont droit au niveau national selon ce même rapport du service de l’Éducation nationale transmis aux députés de la commission d’enquête sur les défaillances de prise en charge du handicap et de la santé mentale, Un chiffre qui s’est légèrement réduit à la rentrée des vacances de la Toussaint – 42 000 – mais qui reste très supérieur à celui de la rentrée 2024, où l’on décomptait 36 186 élèves en attente.

    *Pour signer : www.mapetition.org/AESH/

  • « Il y a un avenir pour Brandt et ses salariés »

    « Il y a un avenir pour Brandt et ses salariés »

    La Marseillaise : Pour le ministre de l’Industrie, la reprise de Brandt ne pourra pas se faire avec les 700 salariés. Que répondez-vous à cela ?

    Pascal Sudre : Pour qu’un ministre fasse ce genre de déclaration, c’est que, quelque part, il y a un avenir pour Brandt et pour l’ensemble des salariés, si tenté que le gouvernement et le chef de l’État s’engagent réellement pour la réindustrialisation de la France. Cet avenir comprend les deux usines de production situées près d’Orléans à Saint-Jean-de-la-Ruelle et à Vendôme, dans le Loir-et-Cher. Pour nous, un licenciement est un licenciement de trop, quelle que soit l’industrie ou le site menacé. Quand l’annonce est tombée puis la confirmation par le tribunal de commerce de la fermeture et du plan de licenciement de 700 travailleuses et travailleurs, autant vous dire que notre réaction était à la hauteur du scandale, surtout à quelques jours des fêtes de fin d’année ! On a toujours en tête la situation concrète des salariés concernés, de leurs familles et de leurs enfants. Un emploi supprimé dans l’industrie, c’est trois emplois induits, notamment dans les services.

    Un appel d’offres pour la reprise de Brandt doit être lancé courant janvier. Un projet a été déposé
    par l’industriel Stéphan Français, propriétaire de Thomson Computing prévoyant la reprise de 150
     salariés seulement. Est-ce la seule ? Qu’en pensez-vous ?

    P.S. : Oui et elle a été faite la veille de Noël, en mairie d’Orléans par le maire et les collectivités locales. Ce qu’on peut dire, en étant honnête, c’est que les collectivités, même s’il y a des enjeux politiques, se sont engagées rapidement. L’engagement à hauteur de 15 millions d’euros qui a été fait en quelques jours confirme qu’il y a la volonté locale de faire en sorte de maintenir une activité avec le plus de salariés possible. En revanche, on dit depuis le départ que le compte n’y est pas. Reprendre uniquement 150 salariés sur 700, c’est pas du tout acceptable pour nous. En tout cas, cette proposition industrielle montre qu’il y a un avenir pour Brandt dans toute la France. On va poursuivre la mobilisation dès début janvier.

    Vous avez demandé à la préfète
    de région Centre-Val de Loire l’organisation d’une table ronde avec les différents acteurs concernés. Avez-vous reçu une réponse
     ?

    P.S. : Il n’y a pas d’engagement sur une table ronde avec l’ensemble des acteurs locaux comme il n’y a pas de volonté, en tout cas pour l’instant politique, de rassembler tout le monde. Ce serait un message fort envoyé aux salariés concernés. On a par ailleurs demandé à la préfète de mettre sous cloche les différents sites de production, notamment Saint-Jean-de-la-Ruelle et Saint-Ouen. Car si le liquidateur prenait la décision d’envoyer les outils de production dans un autre pays on se retrouverait uniquement avec les murs, il n’y aurait plus rien à l’intérieur. Autant vous dire que du coup, on ne parlerait même plus de nouveau projet industriel, ce ne serait même plus viable. À ce stade, nous n’avons pas eu de réponse sur ce sujet.

    Vous pointez la responsabilité du conglomérat algérien Cevital qui a repris Brandt en 2014 et aurait touché des aides publiques selon vous…

    P.S. : J’ai fait des demandes pour savoir à quelle hauteur s’élevaient les aides publiques. Je n’ai pas encore eu de retour. Finalement, personne ne parle de ce groupe algérien, Cevital. C’est pourtant lui qui a pris la décision de mettre la clé sous la porte et puis de laisser les 700 salariés. Quand il y a un plan de licenciement et une fermeture d’entreprise, c’est quand même assez rare, qu’on ne parle pas du propriétaire ! Personne n’a demandé des comptes au groupe Cevital sur sa responsabilité concernant le maintien des salaires alors qu’il a construit une énorme usine de production à Sétif. Depuis 2014, il y a très certainement eu des aides publiques, ça, je n’en ai aucun doute. Nous demandons des comptes à ce groupe-là. Ce n’est pas pour nous une surprise de voir que le carnet de commandes est moins rempli. Après tout, c’est leur système qui veut ça. Depuis le départ, les salariés font des sacrifices tandis que les marges des actionnaires ont toujours été garanties. De l’autre côté, ils continuent à toucher des subsides de l’État ainsi que des collectivités locales. Ce n’est plus tenable ni acceptable.

    Comment envisagez-vous
    la reprise de l’entreprise
     ?

    P.S. : Il y a un avenir pour l’industrie en France et pour l’électroménager. Quant à un nouveau projet industriel, plusieurs économistes ont confirmé qu’il fallait une diversification. La concurrence est telle dans ce système capitaliste qu’il est nécessaire de produire du matériel différent pour ne pas être soumis à une seule concurrence au niveau international et faire face à la demande. Finalement, on voit bien que la situation de Brandt, au-delà du made in France et de la marque emblématique qui venait de fêter ses 100 ans, gêne les politiques. Car c’est une fois de plus un fleuron de l’industrie française qu’on laisse partir. Au-delà du drame que ça génère, tout le monde pense qu’il y a un avenir pour Brandt, il y a un attachement fort de la population. Comme ce fut le cas pour Duralex, pour qui on s’est battus. Quand on créé les conditions d’une mobilisation large de l’ensemble de la population, on voit qu’elle répond présente pour défendre à la fois la marque mais surtout les emplois derrière. Les gens ont compris que quand une industrie fermait, c’était aussi une attaque contre le service public. C’est notre slogan à la CGT. Quand on dit qu’il n’y aura pas d’industrie sans service public et pas de service public sans industrie, c’est une réalité.

    On va continuer à se battre. Toute la CGT est mobilisée localement, l’union départementale, la fédération de la métallurgie, la confédération. On travaille ensemble et ça commence à porter ses fruits. Notre rôle de syndicalistes va être de peser à la fois sur toutes les collectivités et au plus haut sommet de l’État pour qu’un projet industriel voit le jour avec la reprise de l’ensemble des salariés et de l’ensemble des sites. Car pour Brandt, l’enjeu est extrêmement politique, comme il l’a été pour Duralex et l’est pour ArcelorMittal. L’enjeu est d’autant plus fort à trois mois des élections municipales. Une nouvelle industrie qui ferme, notamment dans le Loiret, ce sont des fermetures de sites en cascade. C’est 700 multiplié par trois en nombre de pertes d’emploi.