Category: economie

  • L’unité syndicale reste intacte contre l’accord avec le Mercosur

    L’unité syndicale reste intacte contre l’accord avec le Mercosur

    Véritable serpent de mer depuis 20 ans, le traité de libre-échange avec le Mercosur sera-t-il une couleuvre de plus à avaler pour les agriculteurs ? La profession est en tout cas prête à se mobiliser pour s’opposer à la ratification de ce traité.

    Mercredi 3 septembre, la Commission européenne a pourtant validé l’accord commercial négocié depuis plus de 25 ans entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay). Pour entrer en vigueur, cet accord doit désormais être soumis à l’approbation des États membres et du Parlement européen.

    Alors que l’Assemblée nationale s’était déjà prononcée contre cet accord le 30 janvier, le gouvernement –avant de devenir démissionnaire– a salué les changements effectués par la Commission européenne sur cet accord. « Cela va dans le bon sens […] La France va maintenant examiner dans le détail ce qui est proposé, afin de s’assurer de l’efficacité du dispositif », a ainsi réagi Laurent Saint-Martin, le ministre démissionnaire délégué du commerce extérieur. Dans cette nouvelle mouture, plusieurs ajouts ont pour but de défendre la filière agricole française. Une « clause de sauvegarde » a en effet été introduite pour garantir la pérennité d’une filière qui serait mise en difficulté par l’accord. Touché par la hausse des droits de douane aux États-Unis, le patronat pousse depuis plusieurs semaines pour la signature de cet accord qui devrait augmenter les exportations de voitures, machines, vins et spiritueux et favoriser l’importation de viande, sucre, riz, miel et soja.

    Mobilisation

    le 26 septembre

    Immédiatement, la profession a fustigé la décision de la Commission. L’ensemble des syndicats agricoles français ont ainsi fait part de leur colère. « Tous les syndicats sont opposés à cet accord. C’est un problème car cet accord permet de faire rentrer en France des productions qui n’ont pas les mêmes normes soit sanitaires soit sociales. Ça va encore faire baisser le prix des productions dans un moment où l’agriculture va très, très mal », explique Didier Gadéa, le président du Modef de l’Hérault qui ne « croit pas » aux garde-fous ajoutés dans la dernière version. « Il faut savoir que ces accords que l’on signe peuvent être modifiés, notamment concernant les volumes d’importations », ajoute le viticulteur.

    Même constat du côté de la Confédération paysanne : « Depuis plusieurs décennies, nous nous opposons à tout accord de libre-échange et à l’expansion d’un modèle néolibéral. Nous considérons que ces accords vont tirer vers le bas notre modèle agricole, social et humain. C’est de la concurrence déloyale pour nos agriculteurs locaux. On veut nous faire croire que sans cet accord on ne peut plus commercer avec l’Amérique latine, c’est faux ! », rappelle Simon Le Berre, porte-parole de la Conf’ du Gard.

    « Nous restons fermes sur notre opposition pleine et entière à la ratification de l’accord du Mercosur. Depuis des mois, les agriculteurs français et leurs homologues européens expriment leur désaccord : faire la sourde oreille et ignorer la voix des agriculteurs ne feront que raviver la colère », a aussi réagi Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA qui a cosigné un communiqué avec les Jeunes agriculteurs. Les deux organisations appellent d’ailleurs les agriculteurs à manifester le vendredi 26 septembre contre « le Mercosur, les taxes imposées par Donald Trump et le flot des importations internationales qui ne respectent pas les normes qui sont les nôtres ». Une nouvelle mobilisation inflammable qui s’ajoute à un climat social incandescent. Car de leurs côtés, le Modef et la Conf’ appelaient les agriculteurs à faire grandir les cortèges du 18 septembre.

  • Le Medef Sud combat LFI mais « discute » avec le RN

    Le Medef Sud combat LFI mais « discute » avec le RN

    En conférence de presse, ce mercredi à Marseille, le président du Medef Sud, Stéphane Benhamou, a décidé d’envoyer les pieds à l’encontre de différents partis de gauche, sur fond de débat autour du budget et des consultations du Premier ministre, Sébastien Lecornu. « La démagogie, le clientélisme, l’incurie et l’inculture des politiques, notamment LFistes, m’insupportent de plus en plus. Raconter à ce point des bêtises, ce n’est pas possible ! », entame-t-il, visiblement remonté. Il fait notamment référence au passage d’Éric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, sur BFMTV, le 11 septembre dernier, qui s’était pour le moins emmêlé les pinceaux à propos du fonctionnement de la taxe Zucman. « LFI, Mélenchon, Coquerel… Ils surfent sur les angoisses des gens qui ne voient pas de perspectives et qui considèrent que faire payer les riches peut apporter des réponses à leurs difficultés, ce qui est totalement faux », développe Stéphane Benhamou. Il s’attaque également à l’économiste Gabriel Zucman et ses soutiens. « Ce nouvel économiste… Un pikettyste punaise ! [sic, référence à l’économiste classé à gauche Thomas Piketty] Il n’a jamais vu une entreprise. Il ne sait pas faire la différence entre un résultat d’exploitation et le patrimoine virtuel. » En passant, le PS en prend aussi pour son grade puisque l’entrepreneur varois dénonce ses « gesticulations ». « On ne peut pas se revendiquer élu de la république et tenir des propos clientélistes comme ça », tacle-t-il, accusant les socialistes de « surfer à 6 mois des municipales ». En bref, Stéphane Benhamou suit les traces de Patrick Martin, président du Medef, dans sa montée au créneau contre une potentielle reprise de mesures proposées par la gauche par le nouveau Premier ministre.

    « Ils veulent la stabilité fiscale »

    Mais il va bien plus loin dans son raisonnement, dressant un cordon sanitaire à l’encontre de LFI : « Je reconnais le travail des élus locaux et régionaux, de toutes couleurs politiques confondues, à l’exception de LFI. » Par contre, il n’a visiblement aucun problème à tendre l’oreille en direction d’élus d’extrême droite. « Je discute très régulièrement avec des députés du RN, tous me disent qu’ils veulent la stabilité fiscale, qu’ils demandent à ce que les entreprises ne soient pas davantage taxées », explique-t-il sans sourciller. De quoi contraster avec la position de son prédécesseur, Jean-Louis Maurizi, qui pointait un « programme économique vide et [qui] n’a aucun sens » du côté du RN lors des dernières élections européennes. Après l’invitation de Jordan Bardella à l’université d’été de l’organisation patronale, espérons que le grand patronat ne reprenne pas des positions que l’on croyait révolues depuis 1944…

  • Du transport au logement : au cœur de l’activité des lobbys

    Du transport au logement : au cœur de l’activité des lobbys

    Le lobbying se porte bien, merci pour lui. Au 1er juillet, plus de 3 500 représentants d’intérêts s’étaient inscrits au répertoire de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), obligation résultant de la loi Sapin de 2016. Un nombre en hausse de 9% sur un an, rapporte le bilan publié ce lundi par l’institution. Ces actions ciblent majoritairement l’écriture des textes de loi. Mais beaucoup concernent le territoire marseillais.

    Ainsi y retrouve-t-on les demandes locales du patronat, en premier lieu à travers l’activité des chambres consulaires. C’est le cas de la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence (CCI AMP). Sont enregistrées ses interventions pour redynamiser le centre-ville marseillais, réclamer des mesures d’accompagnement face à la zone à faibles émissions, ses participations aux comités de pilotage du plan Marseille en grand comme des grands projets industriels, mais aussi ses protestations face à la fermeture du métro à 21h30. Au total, entre 10 000 et 24 000 euros ont été engagés par la CCI AMP dans ce travail en 2024.

    Certaines entreprises interviennent directement pour défendre leurs intérêts. À commencer par la CMA CGM, qui en 2024 avait un budget de lobbying compris entre 600 000 et 700 000 euros. L’armateur a ainsi organisé des rencontres pour dénoncer les restrictions sur les navires polluants, mais aussi pour s’assurer du soutien de la présidence de la République afin de garantir la délégation de service public de transport vers la Corse. Surtout, elle a multiplié les interpellations, à tous les niveaux, pour défendre la niche fiscale des armateurs qui lui a fait économiser cette année-là quelque 615 millions d’euros.

    Dans ce combat, elle pouvait aussi compter sur l’Union maritime et fluviale Marseille-Fos (entre 50 000 et 75 000 euros de budget de lobbying). Celle-ci a également transmis ses suggestions auprès de l’État « afin d’influencer la rédaction d’une décision publique » pour œuvrer « à une meilleure acceptabilité des activités des armateurs à Marseille » et transmis ses argumentaires aux élus pour y défendre les activités maritimo-portuaires.

    « Accompagner les réflexions »

    Les autres secteurs des transports sont aussi bien représentés, que ce soit l’aéroport Marseille-Provence à travers l’Union des aéroports français (entre 300 000 et 400 000 euros dédiés), la Fédération nationale des transports routiers Provence-Alpes ou la Fédération nationale des transports voyageurs Sud.

    Dans le logement, au-delà de la Fédération française du bâtiment en Paca, CDC Habitat investit lourdement (entre 300 000 et 400 000 euros) pour, par exemple, « accompagner des acteurs locaux de l’habitat dans leurs réflexions d’évolution sur leurs territoires ». La Métropole Aix-Marseille fait partie des publics visés. De manière plus ironique, la Fédération des offices – dont font partie 13 Habitat et HMP – s’est mobilisée pour défendre la loi SRU qui impose 25% de logements sociaux… et contre laquelle s’était mobilisée la Métropole.

    Enfin dans un tout autre domaine, la Mutualité française en Paca s’est battue pour promouvoir le sport santé, réduire les restes à charge des personnes dépendantes, compenser les exonérations de cotisations sociales, réduire la fiscalité sur les mutuelles.

  • La Foire est prête à célébrer son centenaire

    La Foire est prête à célébrer son centenaire

    « Un centenaire à célébrer, un nouvel élan à donner », c’est l’ambition de la Foire internationale de Marseille, organisée au parc Chanot (8e) du 26 septembre au 6 octobre, avec une exceptionnelle avant-première hors les murs, le 20 septembre. De 10h à 18h, trois « combi vintages » seront installées sur le Vieux-Port (1er) et proposeront, le temps d’une journée, un voyage « temporel immersif et participatif » à travers trois époques marquantes de l’histoire marseillaise et de la Foire, dans un « esprit de fierté et de convivialité ». Des places pour la Foire seront également à gagner, pour découvrir les 200 exposants invités cette année.

    L’offre commerciale de la Foire sera organisée en cinq unités. Répartis sur le hall 1,2, 3 et 8 et sur l’esplanade 8 du parc Chanot, les commerçants de l’habitat, de l’ameublement d’intérieur et d’extérieur et de l’électroménager proposeront un large panel de produits pour repenser sa maison du sol au plafond. Le hall 8 sera aussi celui des « petits plaisirs pour prendre soin de soi », où les visiteurs pourront retrouver marques beauté et bien être et création d’artisans locaux. Mais le vrai repère du savoir-faire marseillais se situera dans l’esplanade 1.

    Du local à l’international

    À l’occasion de cette édition anniversaire, la Ville de Marseille mettra à l’honneur les artisans, créateurs et entreprises labellisés « Fabriqués à Marseille », avec une exposition inédite de plus de 100 objets labellisés, des ateliers participatifs et une quinzaine de stands de producteurs prêts à partager « leur passion et produits ». « Marseille est une ville où l’on fabrique. Et il était bon de renouer avec cette tradition industrielle et artisanale, et faire en sorte que ce qui se fabrique à Marseille soit vu, connu et identifié comme tel », rappelle Jean-Pierre Cochet, adjoint au maire en charge du dynamisme économique (PS).

    4 000 m2 seront également consacrés aux productions issues de l’étranger avec au total 50 pays représentés. Parmi eux : l’Arménie, le Vietnam ou encore l’Italie, qui jouiront chacun d’un pavillon spécifique pour faire découvrir artisanat et gastronomie.

    Célébrer Marseille

    « Notre programmation va célébrer la fierté d’être marseillais. C’est le leitmotiv, c’est ce qu’on va retrouver et on espère que c’est ce que le public va ressentir », s’enthousiasme Hélène Caïco, responsable communication de la Foire de Marseille. Le public sera donc invité à célébrer « un siècle de rencontres, de découvertes et de fiertés marseillaises », grâce à la mise en avant de sportifs, humoristes, musiciens, danseurs et créateurs locaux. La grande scène, qui accueillera les performances artistiques de la Foire, mettra à l’honneur le parler marseillais avec la venue du linguiste Médéric Gasquet-Cyrus, le dimanche 28 septembre. La pièce de théâtre Mon accent marseillais sera également jouée le mercredi 1er octobre.

    Toujours pour valoriser le savoir-faire marseillais, une exposition inédite imaginée en partenariat avec Provence Studios plongera les visiteurs dans les secrets de fabrication du 7e art, qui s’est souvent appliqué, « parfois de façon caricaturale », à raconter Marseille.

    Quatre soirées seront organisées sur les onze jours de Foire, dont trois baptisées « soirées gourmandes » et prévues les 27 septembre, 2 et 4 octobre. Le vendredi 3 octobre promet d’être le point d’orgue de cette édition anniversaire avec une soirée célébration « hors-norme » qui se clôturera avec un feu d’artifice.

    Tarif sur place : 8 euros. Site web : foiredemarseille.com

  • L’État étend le contrat initiative emploi à trois nouvelles villes

    L’État étend le contrat initiative emploi à trois nouvelles villes

    Au départ, le contrat initiative emploi (CIE) était un dispositif dédié au territoire marseillais. Le préfet de région Georges-François Leclerc a décidé de l’étendre à d’autres communes du pourtour de l’étang de Berre – Martigues, Vitrolles et Port-de-Bouc – en publiant un arrêté au début du mois de septembre.

    Le principe est simple : l’État apporte une aide financière aux entreprises du secteur marchand souhaitant recruter en CDI ou en CDD de six mois minimum un demandeur ou une demandeuse d’emploi habitant dans un quartier prioritaire de la Ville. Le directeur départemental de France Travail Nicolas Conard développe : « C’est une mesure qu’on additionne à un contrat de travail et qui permet à l’employeur d’avoir accès à une prise en charge de l’ordre de 30% du Smic chargé pendant six mois. » Sur les 1 000 CIE qui sont à pourvoir, 489 ont déjà trouvé preneurs. Pour le reste, « premier arrivé, premier servi », affirme-t-il.

    Selon le fonctionnaire fraîchement arrivé dans les Bouches-du-Rhône, c’est un « coup de pouce non négligeable » qui peut « accélérer le recrutement » dans les entreprises du territoire qui sont « majoritairement des TPE et des PME ».

    « Ce dispositif se concentre sur des quartiers prioritaires de certaines villes où les freins sont plus importants, et qui méritent que les pouvoirs publics mettent plus d’énergie, affirme le sous-préfet d’Istres Christophe Borgus. On essaye de favoriser l’emploi dans des fleurons du territoire tout en aidant les personnes éloignées du monde du travail mais qui ont du talent à mettre un pied à l’étrier. »

    Gagnant-gagnant

    À Martigues, Provence Studios a bénéficié d’un CIE pour le recrutement d’Ange Giovannangeli, un Port-de-Boucain anciennement agent de sécurité dans les concerts et les spectacles qui souhaite se reconvertir dans la chanson. À la tête du complexe dédié à l’industrie du cinéma, Olivier Marchetti explique : « Lorsqu’on a voulu ré-internaliser le service de catering, j’ai directement pensé à lui car c’est un artiste et il a toujours été en contact avec ce monde-là. » Seulement, la conjoncture économique de la filière n’était pas au beau fixe. « Clairement, on n’est pas dans une période euphorique au niveau de l’activité. Le fait de mettre un petit peu d’huile dans les rouages permet de débloquer des situations. On aurait embauché, mais pas maintenant. Alors que c’est dans les périodes où c’est un peu plus complexe qu’on a besoin d’un maximum de moyens humains pour faire repartir la machine. Grâce au CIE, on se développe. »

    Pour Ange Giovannangeli, ce contrat est une vraie opportunité : « Je rencontre des producteurs qui peuvent m’aider dans mon projet artistique personnel. » Un dispositif « gagnant-gagnant », résume Christophe Borgus.

  • Une saison en dents de scie pour les hôteliers

    Une saison en dents de scie pour les hôteliers

    « On a eu très peur », ressasse Jean-Pierre Ghiribelli, président de l’Union des métiers des industries de l’Hôtellerie du Var (UMIH). Après un début d’année positif, l’hôtellerie-restauration « traditionnelle » a connu des difficultés d’avril à juillet, entre remous politiques, inondations et canicule. Qui plus est, la clientèle française, en crise de pouvoir d’achat, « un facteur à prendre en compte à l’avenir » tout comme « les séjours courts », a chuté de 20%, rattrapée par la fréquentation étrangère, et un mois d’août plus dynamique.

    Début de saison compliqué également dans les apparts hôtels et villages vacances. La suite a été meilleure, malgré un creux fin juillet, avec, là encore, un mois d’août salvateur. Les changements d’habitudes de consommation sont un facteur d’explication : « On arrive à faire de la dernière minute sur juillet-août, il a fallu s’adapter, tout en continuant à travailler sur le confort client », analyse Isabelle Lyobard, déléguée régionale à la fédération nationale des résidences de tourisme.

    Enfin, dans les hébergements extérieurs, qui représentent 55% de l’offre hôtelière, on note une progression de 4%, avec un excellent mois d’avril, de bons ponts de mai, et un bon mois de juin (+5%). Juillet fut plus compliqué, avec des séjours plus courts, mais rattrapé là aussi par août. « Les taxes de séjour à 34% et la lenteur des permis de construire vont finir par coûter cher », prévient cependant Michel Nore, président du syndicat d’hôtellerie plein air.

  • Le tourisme des « 4 saisons » en plein essor dans le Var

    Le tourisme des « 4 saisons » en plein essor dans le Var

    « Nous tordons le cou à ceux qui disent que le Var est le deuxième département touristique derrière Paris. C’est faux, on est numéro 1 depuis trois ans ! » Le chauvinisme de Jean-Louis Masson, président (LR) du département, trouve ses raisons dans le bilan des huit premiers mois de l’année, exposé mardi à l’hôtel du département, même si celui-ci est en léger recul après une saison 2024 record, notamment en raison des Jeux olympiques de Paris et du 80e anniversaire du débarquement de Provence.

    Avec 61,9 millions de nuitées touristiques depuis début 2025 (-2% par rapport à 2024, +2% par rapport à 2023), le département reste dans une dynamique positive. Celle-ci peut s’expliquer par l’augmentation du nombre de touristes étrangers (+4% par rapport à 2023), dans la lignée des objectifs gouvernementaux, qui vise les 100 milliards d’euros de recettes touristiques internationales à l’horizon 2030. « Au niveau national, nous sommes à 290 millions de nuitées et 37 milliards d’euros de recettes internationales sur le premier semestre 2025 », détaille Guillaume Decard, vice-président du département et président de Var Tourisme.

    Des touristes représentant 32% de la clientèle totale, qui viennent en majorité d’Allemagne (19%), des Pays-Bas (10%) et du Royaume-Uni (9%), et qui incarnent un axe de progression important pour le secteur : « Nous voulons mettre en avant trois marchés : les États-Unis, avec qui nous allons mettre en place une opération avec Atout France en 2026, la Scandinavie, où on a été reçu cet été à Copenhague par la princesse du Danemark, auprès de qui on veut, par exemple, mettre en valeur la richesse de nos vins, et l’Italie, avec qui nous avons des projets transfrontaliers avec la région Toscane », explique Guillaume Decard.

    Cette clientèle dépense généralement davantage et vient compenser le tassement de la clientèle française (-2% par rapport à 2023), qui s’est recentrée sur l’essentiel (logement, nourriture). Et dont les deux principales régions de provenance (Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes) sont en recul, au détriment de la région Paca, marquant une limitation des déplacements au niveau national, induite par une baisse de pouvoir d’achat. « Nous devons travailler sur la clientèle à l’année et la clientèle de proximité pour avoir un taux d’ouverture encore plus important », insiste Guillaume Decard.

    Autre facteur de développement, justement : le tourisme
    « 4 saisons », à savoir une activité plus uniquement centrée sur juillet et août. Les chiffres en la matière sont éloquents : celle-ci est passée de 44% de touristes hors été en 2011 à 58% en 2024 (de 7 à 13% en hiver, de 22 à 26% au printemps, de 15 à 19% en automne). Un lissage sur l’année qui a pu être particulièrement observé au mois de juin : +8% par rapport à 2023, et +6% par rapport à 2024. Le phénomène est encore plus important en ce qui concerne les touristes étrangers : +14% de nuitées par rapport à 2023, +12% par rapport à 2024. Cela, grâce à la mise en valeur d’autres spécificités du territoire (massifs, histoire, gastronomie…) et des prix plus attractifs hors saison. Et les perspectives sont bonnes pour la fin d’année, avec 85% de professionnels optimistes quant au niveau de réservation de septembre, et 82 pour octobre, novembre et décembre.

    Pour aller plus loin, le département propose la mise en place d’assises du tourisme, réunissant les acteurs du secteur. « Sans la force privée, la force publique ne peut pas avancer, et vice versa. Sans synergies, on ne pourra pas développer un tourisme du mimosa, un tourisme d’hiver… », appuie le président de Var Tourisme.

  • Le coup de pied dans la fourmilière d’Henri Cabanel

    Le coup de pied dans la fourmilière d’Henri Cabanel

    Viticulteur de profession, Henri Cabanel a une certaine légitimité sur le sujet. Quant à la tentation de brosser les électeurs dans le sens du poil, le sénateur héraultais (groupe RDSE) a déjà prévenu qu’il ne se représentera pas.

    Pas adepte de « la langue de bois », c’est un rapport vérité co-rédigé avec deux confrères rapporteurs du Sénat qu’il s’apprête à rendre fin octobre sur l’avenir d’une viticulture en mode survie. Son rapport, qui se veut « constructif et ambitieux » mais sans concession sur l’avenir d’une filière éclatée qu’il n’a pas l’intention de ménager, devrait faire du bruit. Au cours des nombreuses auditions et visites de terrain menées depuis des mois, « j’ai pris des gifles mais j’en ai donné aussi », dit-il de manière imagée. « J’ai mon franc-parler et je suis de la famille. On ne peut pas m’esbroufer. »

    Responsables syndicaux et institutionnels, vignerons indépendants, caves coopératives, élus… Tous ses échanges l’ont amené à un constat implacable : « La situation viticole est très hétérogène en France et même ici, en Occitanie. » Malgré le contexte de crise, certains privés et même des coopératives réussissent quand d’autres coulent. Henri Cabanel en est convaincu. Si les trois problématiques récurrentes (le revenu décent, l’eau et les normes) existent bel et bien (« on fera des propositions dessus »), le sujet central est interne.

    Des vins moins alcoolisés

    « La filière viticole française est divisée. Elle n’a pas de cap ni de stratégie ! Elle n’a même pas défini les enjeux. » Plutôt que « chacun discute son bout de gras sur des postures politiciennes », le sénateur incite interprofession, producteurs, négoce et grande distribution à « prendre leurs responsabilités et tirer dans le même sens ». À l’image de la distillation ou de l’arrachage, trop d’argent public aurait été gaspillé sans aucun résultat. « Il faut des compensations, s’engager à faire quelque chose en contrepartie des aides, sinon rien ne changera », prévient H. Cabanel pour qui « une cave qui va mal, qui fusionne avec une autre en difficulté, ça donne une cave qui va mal ». Il conseille de « s’accorder sur une adaptation au changement climatique et chasser en meute sur le plan commercial, en mutualisant nos efforts à l’export comme les Italiens ou les Espagnols qui vendent plus que nous à l’étranger ! ». Pour cela, l’élu préconise de mieux coller aux nouveaux goûts des consommateurs. « La réglementation a changé et permet des vins partiellement alcoolisés entre 0,5 et 8,5 degrés », illustre-t-il. Une révolution en somme.

  • Le débat global sur l’industrie a ouvert le champ des possibles

    Le débat global sur l’industrie a ouvert le champ des possibles

    Pour la Commission nationale du débat public (CNDP), l’heure est au bilan. Deux mois après la fin de la concertation sur l’avenir industriel de la zone de Fos-sur-Mer et du pourtour de l’étang de Berre, qui s’est tenue du 2 avril au 13 juillet, l’instance publie son compte rendu. Près de 200 pages passant en revue les enseignements de cette démarche inédite.

    Ce débat global coordonné par l’État était une première « par les objets qu’il devait traiter, c’est-à-dire à la fois une vocation proposée pour des territoires et les effets cumulés des nombreux projets », explique Audrey Richard-Ferroudji, présidente de la concertation. Si, au départ, le dossier présentait des fiches sur 35 projets, la carte interactive du site en comprenait 51 à la fin du débat, suite aux demandes du public.

    L’instance n’a pas seulement concentré les informations disponibles, elle en a aussi produit, à l’instar de la tierce expertise sur le projet de ligne très haute tension de 400 000 volts devant relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos, ou de l’analyse des effets cumulés sur l’environnement.

    Des recommandations

    La CNDP note néanmoins certaines limites, comme le regret d’un manque de dialogue et d’une co-construction des décisions au-delà de l’expression et de l’écoute remontées par de nombreux participants. « C’est vrai que le format de réunion publique, de manière générale, est peu propice au dialogue puisqu’il y a beaucoup de personnes qui veulent s’exprimer, concède Audrey Richard-Ferroudji. Mais il y a eu des échanges et des choses qui ont bougé. »

    Étienne Ballan, animateur de la concertation, illustre : « On est entrés dans ce débat avec un projet spécifique de ligne THT, un calendrier précis et beaucoup de défiance de la part du public. Incontestablement on sort du débat avec, plutôt qu’une solution technique, un besoin d’un programme de raccordement électrique pour mettre à niveau un réseau assez défaillant. La focale a changé. Sur la question du délai, l’analyse des besoins a permis de caractériser l’empilement des demandes de raccordement pour l’arrivée des projets. Le débat a aussi ouvert des possibilités avec une proposition faite par un expert d’envisager l’alimentation électrique de manière plus progressive. »

    Le débat global n’a donc pas apporté de solution miracle, mais il a permis de mettre en avant les inquiétudes des habitants du territoire et leurs solutions alternatives. Des dizaines de demandes de précisions ont été formulées par les participants à l’égard de l’État, ainsi que dix recommandations générales de la CNDP aux premiers rangs desquelles la constitution d’un programme d’ensemble de décarbonation et de réindustrialisation, doté d’une vision stratégique unifiée et d’un schéma directeur, qui serait soumis à une évaluation environnementale d’ensemble, et une concertation continue.

  • Les femmes invitées à découvrir les métiers de la transition écologique

    Les femmes invitées à découvrir les métiers de la transition écologique

    « On s’est aperçu qu’il y avait des préjugés autour des métiers liés à la transition écologique, selon lesquels ils seraient des métiers d’hommes », amorce Emeline Mainy. Au sein d’Evolio Pays d’Aubagne et de l’Étoile, incubateur d’innovation sociale et environnementale implanté quartier du Charrel à Aubagne, elle coordonne le projet de remobilisation professionnelle « Décou’Vert ». Celui-ci s’adresse aux demandeurs d’emploi d’Aubagne, Marseille et des environs, âgés de 16 à 70 ans, diplômés ou non.

    Initié en juin 2024, ce projet « Décou’Vert » doit s’achever en décembre 2025. Cofinancé par des fonds européens, il vise à accompagner les demandeurs d’emploi vers, par exemple, « les métiers de l’économie circulaire, collecte et tri des déchets, reconditionnement, upcycling*, reconditionnement informatique (…), écoconstruction ou encore les énergies renouvelables », détaille Emeline Mainy. Chaque participant s’engage pour un à trois mois, période durant laquelle il est aidé à définir son projet professionnel, sensibilisé aux métiers liés à la transition écologique et invité à des ateliers ou visites d’entreprises.

    « Un travail de fourmi »

    Pour démentir l’idée selon laquelle ces métiers seraient réservés aux hommes, « nous invitons à témoigner au petit-déjeuner du vendredi 19 septembre**, par exemple, la directrice opérationnelle de LVD Énergie, structure de La Varappe qui transforme les conteneurs en habitats », poursuit Emeline Mainy.

    Depuis son lancement, le projet « Décou’Vert » a accompagné plus de 50 personnes et organisé 25 visites et ateliers de sensibilisation. « Ce lundi par exemple, nous sommes allés visiter Recyclope, à la Friche Belle de Mai à Marseille. Cette entreprise de recyclage de mégots de cigarettes s’apprête à recruter un chargé de communication et des techniciens de tri et de collecte. Nous effectuons un travail de fourmi pour nous mettre en connexion avec ces structures et comprendre leurs enjeux en termes de recrutement », précise la coordinatrice. Les personnes accompagnées peuvent être en situation d’urgence et orientées vers des chantiers d’insertion, ou bien au RSA, récemment arrivées en France (…).

    * Donner une seconde vie qualitative aux produits usagés.

    ** Lieu et heure du rendez-vous : emeline.mainy@evolio.fr