Category: culture

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Madeleine en extase

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Madeleine en extase

    L’obscurité est grande, on aperçoit sous le bras droit de cette jeune femme le crâne sans âme d’une Vanité. Son extase et ses sensations sont intenses, irrésistiblement proches de la douleur. Sa bouche entrouverte reprend souffle. Cette apparition parmi les parois anonymes d’une grotte au milieu de la nuit, la solitude et les très vives émotions de Marie-Madeleine sont à la fois mystiques et charnelles, scandaleusement sensuelles. Un éclairage de théâtre, la lumière venue du crucifix, discernable à gauche, éclaire fortement son visage, le blanc et le rouge, les drapures et les plis de ses vêtements, son transport hors d’elle-même, un indissoluble mélange du sacré et du profane. Ses cheveux roux sont dénoués, ses mains se crispent. Sa surprise, son vertige et son tourment déclenchent un immense bouleversement. Sa beauté presque blafarde, sa tête, ses épaules et son buste se rejettent vers l’arrière afin de consentir à la violence de la sensation. Cette attitude dictée par l’inconscience du corps, elle l’aurait adoptée pour éprouver pleinement le choc de cette commotion. Après quoi, on peut imaginer qu’elle voudra se souvenir de ce soudain voyage jusqu’à l’extrême bout de la nuit et demander toujours plus.

    Un souffle abrupt et terriblement sacré, un choc clairement physique habitent les mouvements et l’immobilité de cette personne. Douleur et joie, Marie-Madeleine évoque Saint Jean de la Croix, préfigure les sensations complexes de jouissance et d’ignorance qui traversent un sommet de l’art baroque à Rome, le marbre où l’on découvre le sourire et la flèche d’or de l’Archange qui transpercent le sommeil de Thérèse d’Avila, la sculpture du Bernin qui fut commentée par Jacques Lacan. On pense aussi aux dessins d’Ernest Pignon-Ernest réalisés pour les portraits mystiques d’Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne et Madame Guyon.

    Les solides qualités de cette copie du Caravage, signée par le peintre flamand Louis Finson, expliquent les débats qui agitèrent les historiens de l’art. Avant de se rétracter, Roberto Longhi avait longtemps estimé qu’il s’agissait d’une œuvre du Caravage. Cette toile fut souvent sollicitée par les emprunteurs. Entre autres, en 2012 pour l’exposition du musée Fabre de Montpellier consacrée aux Corps et aux Ombres du Caravagisme européen. Récemment, pendant l’hiver 2025, afin de ponctuer l’exposition Georges de La Tour du musée Jacquemart-André.

  • Philippe Katerine : « L’art, un refuge et une arme contre les rageux »

    Philippe Katerine : « L’art, un refuge et une arme contre les rageux »

    La Marseillaise : L’artiste pop par excellence que vous êtes a-t-il été surpris d’être invité dans un festival tel que les Chorégies d’Orange ?

    Philippe Katerine : Etonné ? Bien sûr. C’est un lieu mythique du classique et c’est toujours étonnant de se retrouver dans le Théâtre antique d’Orange plutôt que dans des salles conventionnées SMAC [Scènes de musiques actuelles, Ndlr]. Mais si je suis étonné, je suis également honoré.

    En quoi vos chansons se prêtent-t-elles bien à l’univers symphonique ?

    P.K. : Souvent, ce sont les chansons que j’ai composées au piano qui se prêtent bien à l’exercice. Il y a aussi des chansons comme La Seine qui sont un peu cinématographiques. Souvent, cela va bien avec l’orchestration classique. Après ce n’est pas moi qui les ai arrangées, c’est un certain Lucas Henri qui a fait cela brillamment.

    Même s’il vous est déjà arrivé de le faire, qu’est-ce que cela vous fait de frotter votre répertoire à un orchestre symphonique ?

    P.K. : En général, je n’ai aucune pression. Je ne me sens pas illégitime. Même s’il y a un petit temps d’adaptation pour comprendre les gestes du chef d’orchestre Bastien Stil, à chaque fois que je l’ai fait, je me suis senti relativement à l’aise. Au début, j’avais du mal à comprendre son langage car je ne connais pas la musique et ne l’écris pas.

    Pourquoi avoir appelé ce format symphonique « Aux anges » ?

    P.K. : Il y a quelque chose d’élégiaque dans le fait de jouer avec un orchestre. Je suis aux anges pour mes chansons car elles prennent un tour romanesque. Je suis aussi aux anges de chanter avec un orchestre que je ne connais pas forcément. Quand j’ai entendu ses arrangements, j’ai aussi constaté que c’était très léger. Comme quelque chose qui vole. J’ai parfois du mal avec les orchestres très plombants. Je préfère par exemple Debussy à Wagner. C’est moins martelé.

    Sur « Cinéma », l’ultime titre de votre dernier album studio en date, vous chantez: « On fait du cinéma, comme si la vie suffisait pas ». Une autocritique ou plutôt celle de la société du spectacle ?

    P.K. : Ce n’est pas une critique de la société du spectacle car l’art est, au contraire, ce que l’humanité sait faire de mieux: l’art architectural, la musique, la peinture… C’est ce qu’on a créé de plus beau car c’est ce qu’il y a de plus inutile. C’est beau de voir qu’il y a quelque chose qui nous échappe dans l’art.

    C’est évanescent mais ça reste profondément politique quand même, non ?

    P.K. : Forcément. Ca n’exclut pas le politique. Quand je chante « on fait du cinéma comme si la vie suffisait pas », oui, c’est plutôt une critique envers moi quelque part. Comme la vie m’angoisse un peu, je trouve refuge dans la fabrique et la consommation des arts. Ca se donne la main la plupart du temps.

    Selon vous, ça peut permettre de trouver des lumières en ces temps obscurs ?

    P.K. : Bien sûr. Quand je dis que l’art est inutile, c’est apparemment inutile. Mais c’est pourtant d’une nécessité absolue. Moi, je ne peux pas m’en passer.

    C’est donc l’art qui vous permet de garder la tête hors de l’eau dans votre existence ?

    P.K. : Parfois, je l’utilise comme un refuge et, d’autres fois, comme une arme. Cette arme, elle est destinée aux rageux, à tous ceux qui ont des a priori, qui pensent qu’une personne qui se présente d’une façon ou d’une autre doit forcément être classée dans une catégorie. C’est ce qu’il y a de plus terrifiant. Normalement, tous les domaines artistiques luttent contre cela.

    Vous avez certains « rageux » particulièrement dans le viseur ces derniers temps ?

    P.K. : Non. Et déjà, je n’ai pas de viseur. Je trouve qu’on atteint et provoque les gens sans même le vouloir.

    La polémique attisée par la droite et l’extrême-droite suite à votre prestation lors de la cérémonie des Jeux Olympiques, il y a deux ans, vous a d’ailleurs attiré un torrent de critiques. Quel est le meilleur moyen de lutter contre leur ascension politique et médiatique ?

    P.K. : C’est ce que je vais faire par exemple à Orange au fond: chanter. Et proposer autre chose que ce qui est convenu. C’est ma façon de lutter quelque part.

    Orange, une ville d’ailleurs acquise depuis plus de 30 ans à l’extrême-droite…

    P.K. : J’aime bien l’idée de chanter devant des gens qui sont d’accord avec moi mais aussi qui ne le sont pas. Je me dis que ma place est aussi là. Je me souviens de certains artistes qui disaient vouloir partir de France si le FN accédait au pouvoir. La tentation est grande mais je pense qu’il faut rester pour proposer autre chose surtout.

    Vous feriez quoi si c’était le cas ?

    P.K. : Je n’ai pas tiré de plan sur la comète mais je ne changerai pas mon fusil d’épaule. Je resterai ici et je resterai moi-même. Plutôt que de les refermer, ouvrir les bras me semble la meilleure solution. Et je vois beaucoup de bras refermés sur eux-mêmes en ce moment. Moi, j’essaie de les ouvrir au maximum, mais ça m’arrive aussi de me surprendre les bras croisés.

    Mardi 7 juillet à 21h30 au Théâtre antique d’orange. Entre 31 et 81 euros. www.chorégies.fr

  • Un nouvel espace d’art ouvre ses portes à Sommières

    Un nouvel espace d’art ouvre ses portes à Sommières

    Voilà plus de 40 ans que la maison d’édition Anagraphis, basée dans l’Hérault, près de Montpellier, réalise des sérigraphies d’art originales numérotées et signées par de grands noms de l’art contemporain, du street art et de la BD. Elle accompagne aussi, dans toute la France, des projets culturels.

    Aujourd’hui, elle a décidé, en plus, d’ouvrir un espace dédié à l’art contemporain à Sommières, dans le Gard. « Anagraphis a cette particularité de ne pas seulement valoriser les grandes villes, qui n’en ont pas forcément besoin », souligne Apolline Montfraix, la responsable du lieu. « Il ne s’agit pas d’une galerie d’art classique. On est plutôt en soutien des artistes, pour leur offrir un espace où ils puissent exposer et vendre leurs œuvres, mais ce lieu n’a pas une vocation commerciale », insiste-t-elle.

    Trois expos estivales

    « L’idée est de dynamiser la culture et l’art sur Sommières », en collaboration étroite avec le voisin direct : la galerie Art Fresque Povera, dédiée à l’art contemporain depuis plus de 15 ans. « Ce lieu est le premier, mais l’idée serait d’en ouvrir d’autres un peu partout », confie Apolline Montfraix.

    Tout au long de l’été, trois artistes seront invités à présenter leur travail. La première exposition, dont l’inauguration, le 27 juin de 19h à 21h, coïncidera avec l’ouverture officielle de la galerie Anagraphis, sera consacrée au peintre Jean-Paul Bocaj. Établi à Montpellier depuis 1985, il est devenu une figure incontournable de la scène artistique locale, exposé en France comme à l’international. « Son travail est très reconnaissable, notamment par ses femmes inspirées de la pop culture », commente Apolline Montfraix.

    À partir du 25 juillet, l’artiste plasticienne Claire Dodin prendra le relais. « Son univers est inspiré par la nature, la couleur et la recherche d’harmonie. Son travail comporte beaucoup de feuillages, de fleurs ou de formes organiques. On est dans quelque chose de vivant, poétique, délicat », décrit la responsable de la galerie.

    Enfin le jeune artiste plasticien et sérigraphe franco-guinéen Bella Bah, formé aux arts graphiques et décor au lycée Frédéric-Mistral de Nîmes puis à l’atelier Anagraphis, où il découvre et perfectionne les techniques de l’édition d’art, fermera la marche du 22 août au 20 septembre, de retour de la biennale de Venise où il a été invité pour représenter la Guinée. « Nourri par ses origines guinéennes, son travail se distingue par des portraits vibrants aux couleurs multiples devenues sa signature artistique. En s’affranchissant des représentations conventionnelles de la couleur de peau, il propose une vision universelle de l’humanité dans laquelle chacun peut se reconnaître. »

    Peintures et dessins de chacun des artistes seront proposés à la découverte et à la vente. « L’idée est qu’il y en ait pour tous les budgets. Pour Bocaj, par exemple, j’ai fait une sélection qui va de 100 à 6 000 euros », indique Apolline Montfraix. « Il y aura également, sur place, une partie boutique Anagraphis dans laquelle les visiteurs pourront acheter des sérigraphies originales ». Pour débuter, le lieu accueillera le public trois jours par semaine, les jeudis (15h-19h), vendredis (10h-13h ; 15h-19h) et samedis (10h-13h ; 15h-19h).

    *Espace Daniel Heitz, 244 boulevard Ernest François,

  • Les arts de pêche en Provence se dévoilent

    Les arts de pêche en Provence se dévoilent

    Jusqu’au 30 août, découvrez l’exposition « Arts de pêche en Provence » qui met à l’honneur les traditions maritimes provençales à travers diverses techniques artistiques.

    Traditions provençales
    et imaginaire artistique

    « Nous avons décidé de proposer cette exposition temporaire en regard avec notre exposition permanente pour faire un zoom sur les différentes pratiques de pêche », explique Jean-Louis Conil, président de l’association les Amis du Vieux La Ciotat et directeur du musée Ciotadin. « Le tout à travers des outils et engins de pêche traditionnels mais aussi avec les peintures pleines de vie et de couleurs du peintre figuratif Jean Dubrusk, les faïences de Saint Jean du Désert avec des plats spéciaux destinés à la consommation de poisson et œuvres d’art à part entière. Sans oublier l’art santonnier de Maryse Di Landro avec des bateaux et pêcheurs que l’on retrouve dans la crèche provençale. »

    Ici, peu importe l’engin, sa confection et son utilisation, il est un art. « Filets, nasses, lignes ou encore harpons sont des techniques destinées à prélever du poisson depuis la nuit des temps. Ce sont des pratiques que l’on appelle art de pêche, d’où le nom de l’exposition », ajoute le directeur du musée Ciotadin.

    Une histoire maritime

    Les œuvres exposées aussi diverses soient-elles vous invitent ainsi à plonger dans l’histoire maritime de La Ciotat et de la région. « à travers ces expressions artistiques diverses nous faisons une présentation de la pêche dans son ensemble et de tout ce qu’elle peut évoquer. Par exemple l’artiste Féfé Mangino a réalisé des constructions complètement imaginaires de fonds de mer sous verre avec des poissons naturalisés à l’intérieur », souligne-t-il.

    Exposition gratuite à voir jusqu’au 30 août et à découvrir du mardi au samedi de 14h à 18h.

  • La femme est l’avenir de l’homme… À part peut-être, Mme Thatcher

    La femme est l’avenir de l’homme… À part peut-être, Mme Thatcher

    L’historien et scénariste Jean-Yves Le Naour retourne au cœur des années 1980 aujourd’hui si à la mode pour continuer à en montrer le côté sombre. Cette fois, il s’associe au dessinateur Emilio Van der Zuiden pour rappeler le destin et les méfaits de la première ministre britannique Margareth Thatcher. Fille d’un épicier-pasteur, elle va entre 1979 et 1990 entrer en guerre avec l’État-providence, les syndicats, les républicains irlandais qu’elle laissera mourir de leur grève de la faim, l’Argentine pour les Malouines… Et au nom de sa vision ultralibérale changer le Royaume-Uni mais aussi toute l’Europe avec des conséquences néfastes que l’on subit aujourd’hui. Surnommée « la Dame de fer », elle va écraser y compris dans le sang toute contestation de sa vision de la société, qui est qu’il n’y en a pas et que chacun doit se débrouiller alors que les riches doivent s’enrichir pour faire ensuite « ruisseler ». Une vision anti-anthropologique brutale totalement assumée dont nous ne sommes malheureusement pas sortis aujourd’hui. Deux de ses phrases résument encore tragiquement en ce XXIe siècle : « There is no such thing as society » et « There is no alternative ». À lire pour se rappeler qu’il faut enfin en sortir.

  • Le festival What a trip souffle sa dixième bougie

    Le festival What a trip souffle sa dixième bougie

    Une décennie. C’est l’âge du désormais bien connu festival What a Trip !, qui réunit chaque année musiciens, photographes, réalisateurs et un public fidèle autour du voyage d’aventure. « Un festival qui cultive les différences, parce qu’elles sont le reflet du monde tel qu’il est : multiple, vibrant, profondément humain », comme se plaît à le décrire Romain Tarrusson, fondateur et président de What A Trip !.

    Cette année encore, le festival trouve refuge en terre héraultaise, où il pose ses valises du 20 au 28 juin pour une dixième édition toujours aussi riche. Sur la place royale du Peyrou, le « village du voyage » proposera un espace conférences, des expositions photo et des concerts d’artistes internationaux, avec notamment l’artiste brésilienne Flavia Coelho, David Walters, Guts, Muzanzo ou encore Kimbaya. Les espaces cinéma se déploieront, eux, entre le centre Rabelais, le Gaumont Multiplexe et les projections en plein air au Peyrou.

    C’est au retour d’un voyage en Birmanie que Romain Tarrusson décide de créer un festival pour réunir petits et grands autour de valeurs qui lui sont chères. « Une envie simple et sincère : partager la passion de la découverte, ouvrir des fenêtres sur d’autres cultures et d’autres paysages, favoriser la rencontre, l’échange, le lien. » Dix ans plus tard, cette intuition est devenue un rendez-vous populaire, porté par près de 400 bénévoles pendant la semaine du festival et une trentaine de personnes mobilisées à l’année.

    Des récits de voyage pour voir plus loin

    Parmi les temps forts, le lundi 22 juin à 20h au Gaumont Odysseum, une soirée spéciale sera consacrée au film Gardiens de la forêt – le temps des solutions, en présence du chef papou Mundiya Kepanga et de Marc Dozier. Le documentaire met en lumière des voix autochtones engagées pour la préservation de leurs territoires. Mundiya Kepanga, chef de la tribu des Hulis en Papouasie-Nouvelle-Guinée, viendra partager son parcours, ses luttes et son message autour de la défense des forêts. La programmation réunit des films de voyage et d’aventure dont treize films seront en compétition et départagés par un jury de professionnels. Plusieurs prix seront remis : Grand Prix du festival, Prix de l’Aventure inclusive, Coup de cœur du jury, Prix du public, Prix Ushuaïa TV, Prix de la Mutuelle des Motards, Prix des étudiants, mais aussi Prix du public Off et Prix des scolaires, remis en octobre.

    Pour Carole Delga, présidente de la région Occitanie, What a Trip ! est « plus qu’une invitation au voyage, une incitation à voir plus loin, à penser autrement, à s’ouvrir au monde, à partager des expériences ». Cette dimension populaire, le festival la revendique aussi dans son accès au public : plus de 90% de ses actions sont proposées gratuitement, des conférences aux expositions photo en passant par les ateliers, concerts et projections pédagogiques. Une billetterie solidaire, avec des billets suspendus, doit également favoriser l’accès au cinéma et aux concerts pour celles et ceux qui en sont le plus éloignés.

    15 000 enfants sensibilisés à travers des programmes pédagogiques, près de 280 000 festivaliers accueillis, 9 associations soutenues et plus de 15 000 euros reversés pour accompagner des initiatives locales… Mais au-delà des chiffres, Romain Tarrusson retient surtout « un souffle d’ailleurs, de liberté, de découverte ». Dix ans après sa création, What a Trip ! continue de faire de Montpellier une porte ouverte sur le monde.

  • [Entretien] Mélissa Laveaux : « Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je me tairais politiquement »

    [Entretien] Mélissa Laveaux : « Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je me tairais politiquement »

    La Marseillaise : Comment vous êtes-vous lancée dans la musique ? Est-ce que ça a toujours été une passion pour vous ?

    Mélissa Laveaux : Non. Je voulais être médecin, puis peintre et ballerine. Je me suis mise à faire de la musique pour soutenir des associations pour lesquelles j’étais bénévole, comme des associations féministes d’Ottawa, la ville où j’ai grandi, qui soutiennent les femmes qui sont victimes de violences sexuelles, des associations punk. C’était mes communautés et c’est pour ça que je me suis lancée dans la musique. Tout le monde m’a dit qu’il fallait que je mette ma musique sur Myspace. Cela fait plus de 20 ans que je fais de la musique, donc Spotify n’existait pas encore. Pas mal de gens m’ont découverte sur Myspace, et c’est là où mon ancien label m’a repérée. Maintenant, je suis devenue une artiste indépendante et autoproduite.

    La Marseillaise : Vous chantez en plusieurs langues, mais plus en français. Pour quelle raison ?

    Mélissa Laveaux : Je chantais en français, mais on m’a dit que mon français n’était pas correct, alors que je suis francophone, c’est ma langue maternelle. Du coup, j’ai arrêté de chanter en français en France. Je l’ai vraiment pris comme une insulte personnelle. Je refuse de chanter en français en France. J’ai perdu l’envie. Par contre, je chante en français au Québec. Et je chante en créole parce que physiquement, sensoriellement, c’est hyper délicieux. C’est comme manger un bon dessert. Je compose par rapport au goût.

    La Marseillaise : Quelles sont vos inspirations musicales ?

    Mélissa Laveaux : J’aime beaucoup le groupe écossais Young Fathers. J’ai toujours aimé Nina Simone. Après, il y a une énorme panoplie de chansons qu’on m’a fait écouter quand j’étais plus jeune. J’étais beaucoup inspirée par la Tropicalia brésilienne, par des artistes cubains, des femmes à la guitare. C’est ce qui m’intéresse beaucoup.

    La Marseillaise : Vous vous considérez comme un ovni ?

    Mélissa Laveaux : Oui. J’aimerais beaucoup qu’il y ait d’autres personnes qui fassent de la musique bizarre. Je trouve que je fais de la musique bizarre parce que j’écris pas de chansons d’amour. J’écris des chansons sur la mort, sur la maladie, sur la destruction de la planète. Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je chanterais des chansons d’amour et je me tairais politiquement.

  • À La Seyne, un Effet Mer qui doit continuer

    À La Seyne, un Effet Mer qui doit continuer

    L’idée est d’amener romans, bandes dessinées, mangas, albums, documents régionaux, magazines et quotidiens au plus proche des usagers et des non-usagers. L’objectif étant aussi d’attirer et de conquérir un nouveau public, avec des Seynois qui ne connaissent pas encore la bibliothèque et qui vont s’abonner à l’année, mais aussi bien sûr des touristes de passage. Chaque année, plus de 7 000 ouvrages sont ainsi empruntés.

  • Fête de la musique en Occitanie : morceaux choisis

    Fête de la musique en Occitanie : morceaux choisis

    MONTPELLIER. Le centre-ville en fête

    Du rock aux sons saturés, des chœurs aux mélodies pop, il y en aura pour tous les goûts à Montpellier. L’esplanade du Peyrou prévoit une expérience variée de 18h30 à 00h30. Ouverture du bal avec le binôme Mauvaise Bouche et Dab Rozer, qui proposera un mélange entre chanson française, rap indie et électro. Ce sera ensuite au tour de BülBül Elektro, un sound system balkanique, de proposer une performance psychédélique et hypnotique. S’ensuivra un concert de rap avec Carbonne, la fanfare balkanique Balkan Paradise Orchestra avant de terminer entre les mains de Ryuden et son show de rock industriel.

    BAGNOLS-SUR-CÈZE. Une programmation éclectique

    Des concerts, mais aussi un spectacle de danse et une soirée bodega… Début de soirée avec une représentation de chorales, puis la soirée continuera Place Auguste-Mallet avec le groupe Akèstéko, mêlant chanson française, électro, swing et rock balkanique qui chauffera le public avant l’arrivée du duo de folk américaine The Scenar.

    LUNEL. Un week-end polyrythmique

    À Lunel, le week-end de la fête de la musique sera varié avec du blues, de la soul, du jazz, de la musique des Balkans, des pays de l’Est, des rythmes africains ou brésiliens, du reggae, du chant choral, et plus encore. Laplace de la République et le cours Gabriel Péri centraliseront les artistes principaux.

    NÎMES. La ville voit les choses en grand

    À Nîmes, sur la place de la Maison Carrée, seront présentés les lauréats de la Bourse des jeunes talents, qui laisseront ensuite place à des concerts pop rock, rock et métal avant de terminer la soirée avec le groupe de musiques afro-latines Onda Ya. Au même moment, une scène de musique actuelle animera la place de la Calade : de l’afrobeat avec Muyiwa Kunnuji, du rap avec Leio, de la techno avec Mellanie… Il y aura de la musique pour tous les goûts dans les rues de Nîmes. Toute la programmation sur le site de la ville.

    SÈTE. Un dimanche en fête

    L’espace public sétois proposera un mélange de musique d’ailleurs et de classiques français. En bord de mer, le Praïa proposera une ambiance brésilienne avec le groupe Roda Do Brasil, guidé par Dan’ilê et Felipe Bastos, des airs de carnaval brésilien pour bien commencer la soirée. Devant l’espace Georges Brassens, autre ambiance, une scène ouverte aux artistes amateurs et professionnels, permettra de revisiter les classiques de Georges Brassens. De nombreux concerts auront lieu toute la soirée.

    ALÈS. Du traditionnel et plus encore

    De la place de la mairie à la place de l’Abbaye en passant par celle des martyrs de la Résistance et au Fort Vauban, Alès se met au diapason et proposera des animations et des concerts toute la soirée du 21 juin. Flamenco, comédie musicale, chorale gospel, soirée swing et spectacle de danse, tout le monde y trouvera son compte.