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  • Iran : « Sourena a été tué alors qu’il manifestait pacifiquement. Il avait 18 ans »

    Iran : « Sourena a été tué alors qu’il manifestait pacifiquement. Il avait 18 ans »

    Elle sait qu’elle prend un risque en parlant. Mais face à ce que subit son peuple, se taire n’est plus une option. Enseignante-chercheuse à Montpellier, où elle vit depuis 2022 avec son mari et ses jumeaux, Ensiyeh Raoufi a appris, par les rares contacts qu’elle arrive à avoir avec sa famille, le décès de son cousin Sourena, victime, comme des milliers d’Iraniens, de la répression féroce du régime pour étouffer le plus vaste soulèvement populaire depuis la révolution islamique de 1979.

    « Il a été abattu le 9 janvier par les Gardiens de la révolution islamique alors qu’il manifestait pacifiquement pour défendre les droits fondamentaux du peuple iranien, pour réclamer, tout simplement, la liberté. Il avait 18 ans », témoigne, entre peine et colère, Ensiyeh Raoufi. « Il a été touché par un tir à balles réelles dans le dos. Il est mort sur le coup », poursuit-elle. « Comme les lignes téléphoniques étaient coupées cette nuit-là, ses parents l’ont cherché partout dans les rues, avant de se rendre à l’hôpital, où ils l’ont trouvé mort. C’était leur seul enfant. » La famille étant bien connue dans sa ville de Shahasavar, au nord de l’Iran
    – «
     deux de mes oncles sont morts en martyrs pendant la guerre Iran-Irak » – les forces de sécurité n’ont pu empêcher les funérailles, qui ont rassemblé quelque 2 000 personnes, de se tenir. Mais « elles ont ensuite menacé notre famille. Elles ont ordonné de garder le silence sur ce qu’il s’était passé et de déclarer que Sourena avait été tué par des “terroristes” et non par le Corps des gardiens de la révolution. »

    Aujourd’hui encore, Ensiyeh peine à avoir des nouvelles régulières de ses proches en raison des coupures d’internet qui continuent d’isoler le pays, permettant au régime de « masquer l’ampleur de la répression meurtrière contre les civils », estime l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks.

    « Ce régime doit tomber »

    Il y a bien le téléphone, « mais les appels sont très chers, donc tout le monde ne peut pas se le permettre. Et les lignes téléphoniques sont sur écoute », souligne la jeune femme. « J’ai des amis, ici à Montpellier, qui jusqu’à présent n’ont eu aucune nouvelle de leur famille », livre-t-elle.

    Difficile, dans ces conditions, de connaître le nombre exact de victimes de la répression, tant la moindre image, le moindre témoignage font l’objet d’une surveillance accrue du régime. Mais le bilan est assurément le plus lourd en plus de quatre décennies d’histoire de la République islamique. « Il pourrait y avoir des dizaines de milliers de victimes  », estimait ainsi Mai Sato, rapporteuse des Nations unies (ONU) sur l’Iran, dans un entretien accordé au Monde le 26 janvier. « Ce régime doit tomber  », martèle Ensiyeh, qui participe à toutes les manifestations organisées à Montpellier et était présente à Paris le 18 janvier pour le rassemblement commémoratif en hommage aux victimes de la répression. « Après avoir vu ce peuple manifester à mains nues contre un régime armé et violent, on sait qu’il a besoin d’aide pour rétablir la démocratie. Beaucoup de gens, dont ma famille et mes amis, disent préférer mourir plutôt que de continuer à vivre sous l’ombre d’un régime terroriste. Ils attendent de l’aide des pays du monde libre, notamment des États-Unis qui ont dit qu’ils soutiendraient les manifestants pour mettre fin au régime des mollahs. »

    Un régime qu’Ensiyeh a fui en 2022 avec sa famille pour terminer son doctorat en informatique à Montpellier, où elle est arrivée 15 jours après le début du mouvement Femme-vie-liberté. « Il n’y a pas de liberté en Iran, les vies sont sous surveillance en permanence. Notamment celles des femmes, considérées, dans la charia, comme propriété de leur père ou de leur mari. Elles ont besoin de leur autorisation pour tout : travailler, voyager à l’étranger, étudier… On ne peut pas non plus choisir nos vêtements, on doit porter le hijab. On ne peut pas chanter, ni danser, ni conduire une moto… Même le vélo était interdit aux femmes jusqu’à récemment. Quand je suis arrivée en France, c’était la première fois que je pouvais faire du vélo librement », confie-t-elle. Alors retourner en Iran un jour ? « Oui, pourquoi pas. On est fiers de notre pays, de l’histoire culturelle de l’Iran. Mais on attend un Iran libre. »

  • L’OM recevra Toulouse pour son quart de Coupe

    L’OM recevra Toulouse pour son quart de Coupe

    L’OM affrontera Toulouse en quart de finale de la Coupe de France.

    Vu les clubs encore en lice, les chances de tirer un « petit » étaient impossibles, car, sur les sept rescapés, un seul club, Reims, n’évolue pas en Ligue 1. Et encore, les Champenois y étaient encore la saison dernière. Depuis l’entrée dans le XXIe siècle, c’est la troisième fois que l’on retrouve autant d’équipes du premier niveau du championnat de France encore en lice dans l’épreuve reine du football.

    Les fois précédentes remontent aux éditions 2010 et 2013. Pour celles en cours, seuls cinq ont été éliminés depuis les 32e de finale, et trois par des clubs d’une division inférieure. À savoir Avranches (N2) qui a sorti Brest, alors que Le Havre et Metz ont été éliminés par Amiens et Montpellier, clubs de Ligue 2. Il s’agit du plus faible total des cinquante dernières années.

    Trois ans après

    Côté OM, depuis l’entrée en lice, les hommes de Roberto De Zerbi ont réussi un sans-faute. Avec deux qualifications faciles face à Bourg-en-Bresse (N1) et Bayeux (R1), obtenues en déplacement. Plus une qualification plutôt tranquille aux dépens de Rennes au Vélodrome.

    Au total, les Olympiens ont inscrit 18 buts et n’en ont concédé aucun. Ce qui tranche par rapport aux difficultés qu’ils éprouvent en championnat. Trois ans après, ils sont à nouveau en quart de finale.

    Comme en 2023, les Marseillais auront l’avantage, théorique, de recevoir. Le sort leur a réservé Toulouse. Un adversaire du ventre mou de la Ligue 1. Mais qui, lors de sa venue pour le championnat, était parvenue à faire déjouer les Olympiens, arrachant le nul (2-2) dans le temps additionnel. 2-2, c’était aussi le score final du quart de finale contre Annecy, que les Haut-Savoyards avaient finalement gagné après les tirs au but.

    Cette fois, les Phocéens n’auront pas le droit de décevoir. Car la route vers la finale, et une éventuelle onzième levée, s’est dégagée avec l’élimination du PSG en seizième de finale. Alors que Lyon et Lens, les rivaux les plus dangereux, seront opposés dans un quart de finale qui s’annonce explosif au stade des Lumières.

    Lorient-Nice est le troisième face-à-face entre clubs de Ligue 1. Un duel indécis entre deux équipes qui cherchent à éviter la descente en Ligue 2.

    Ligue 2 dont Reims, dernier représentant, défendra ses chances face au vainqueur de Strasbourg-Monaco, disputé hier soir.

    Quarts de finale

    – Strasbourg/Monaco – Reims (L2)

    – Lorient – Nice

    – OM – Toulouse

    – Lyon – Lens

    Matches entre les 3 et 5 mars.

  • Le Nomad’ va se sédentariser dans le quartier des Crottes

    Le Nomad’ va se sédentariser dans le quartier des Crottes

    Une nouvelle page s’écrit pour le Nomad’. Après avoir été chassé il y a plus de deux ans par les projets d’Euroméditerranée du boulevard de Briançon, à Arenc, où il était implanté depuis 1999, « le premier lieu dédié à la création musique et jeune public retrouvera un lieu fixe en janvier 2027 », annonce Julian Crozat, son chargé de projet. « Nous allons intégrer le futur campus de la Plateforme », indique-t-il pour parler de ce qui est actuellement un chantier de 25 000 m² dans le quartier des Crottes, censé également accueillir une école du numérique ou encore la future antenne de la Cinémathèque française. Créé il y a 25 ans par les frères Haddjeri, le Nomad’ disposera ainsi d’un auditorium de plus de 1 000 places « avec gradin télescopique et balcon, d’un foyer, d’un espace d’accueil ainsi que d’un bar-café dédié à de plus petits événements », se réjouissent ses équipes actuellement hébergées dans la salle de concert du Moulin, à Saint-Just, que la Ville de Marseille a acheté en 2024 et qui doit voir un appel à projet pour sa prochaine gestion, lancé ce mois-ci. Au sein de la Plateforme, « épicentre » de ses activités, le Nomad’ « proposera une programmation jeune public d’ampleur mais aussi une programmation de musiques actuelles ». Il aura aussi à sa disposition « un jardin d’expérimentation » et un second espace de 140 m² où seront déployés « des ateliers d’éveil musical, des spectacles avec petite jauge ». Un « trait d’union » avec le quartier et ses habitants qui sera « ouvert aux crèches, écoles, familles, structures médico-sociales avec des créneaux réservés », précise Julian Crozat.

    La paix

    D’ici là, les équipes du Nomad’ ne chôment pas et se préparent à lancer la 12e édition de Babel Minots. Un festival musical dédié à la jeunesse qui investira une quinzaine de structures culturelles marseillaises. Avec une mouture axée autour de la paix, comme l’illustre son affiche détournant la pochette d’album du groupe U2, War. « À l’heure où il faudrait préparer les enfants à la guerre », explique son programmateur Julien Villatte, Babel Minots leur « apporte des clés d’émancipation et un capital culturel en défendant la création musicale jeune public, toutes esthétiques confondues ». Illustrations avec une trentaine de représentations, parmi lesquelles celles de Zola… pas comme Emile!. Visible gratuitement au Théâtre de l’Odéon, le 11 mars, et incarné par Forbon N’Zakimuena, « le récit autobiographique et rappé d’une personne qui a perdu son nom en arrivant en France », qui va retracer « le parcours administratif pour retrouver son nom d’origine ».

    Programme complet du festival sur www.babelminots.com

  • Plongée dans le chantier de rénovation de la piscine Reyne à Avignon

    Plongée dans le chantier de rénovation de la piscine Reyne à Avignon

    Ce n’est pas tout à fait les ultimes longueurs mais disons que la Ville a achevé 90% d’une course de longue haleine démarrée en septembre 2021 par le lancement du plan Avignon ambition piscines, d’un montant de près de 20 millions d’euros. Une opération visant à rénover puis entretenir les quatre piscines dites de proximité de la Ville. Et ce en dehors du stade nautique, vaisseau amiral des activités aquatiques rouvert en 2019 après 10 ans d’abandon.

    Ainsi, après Jean-Clément à Montfavet à l’été 2023, Chevalier-de-Folard à Nord Rocade au printemps dernier et un lifting à Stuart-Mill à Saint-Jean, la municipalité s’attelle à rénover Peirre-Reyne dans l’intra-muros. Mitoyen de la cité scolaire Mistral, l’équipement a été fermé en avril dernier. Il doit être livré cet été pour une réouverture au public et aux scolaires à la rentrée de septembre. Une visite de chantier y était organisée, ce jeudi. Entre les palettes remplies de matériaux isolants ou les bruits de perceuse, difficile encore d’imaginer qu’une petite extension verra le jour à l’entrée de la piscine, qui se fera désormais en rez-de-chaussée et non plus par un escalier extérieur.

    Un héritage piscine désormais à faire tourner

    « Pour ceux qui connaissent, ce sera la transformation la plus visible », observe la maire Cécile Helle (PS), aux côtés de son adjointe aux sports, Zinèbe Haddaoui. Au rez-de-chaussée, des vestiaires seront aménagés ainsi qu’une nouvelle salle de sport. « Le bassin est en train d’être reconsolidé », expose Nicolas Chicouras, directeur de l’agence Girard, qui supervise le chantier. Renforcement du plafond extérieur avec isolation de la charpente, quelques reprises structurelles des murs, des brise-soleil sur les vitres mais aussi et surtout de lourds travaux sur les installations (chaudière, filtration, pompe à chaleur, ventilation) sont au menu. La rénovation permettra de diviser par quatre les volumes d’eaux consommés et de diminuer de 35% les besoins en chaleur.

    « À la différence des autres piscines, il a fallu dialoguer et négocier avec l’architecte des bâtiments de France car nous sommes en zone classée, d’où les couleurs neutres, blanc cassé et beige, qui rappellent la pierre présente », fait valoir Cécile Helle. Ouverte en 1968, elle avait été partiellement rénovée en 2002, ce qui n’empêche pas la facture de grimper à 2,5 millions d’euros, dont plus de la moitié financée par des subventions du Grand Avignon, du Département et de la Région. Une fois livrée, « nous aurons quatre piscines performantes de proximité et un stade nautique, loin de la situation que nous avons trouvée en 2014 avec des équipements en bout de vie et un stade nautique fermé », dresse, en guise de bilan, Cécile Helle. Et d’adresser un message à « l’équipe qui arrivera, qui j’espère sera dans la même gestion que nous, même si cela nécessitera un haut fonctionnement soutenable ».

  • [Étoile de Bessèges] : Lukas Kubis sur les traces de Sagan

    [Étoile de Bessèges] : Lukas Kubis sur les traces de Sagan

    Il est l’une des attractions de cette 56e édition de l’Étoile de Bessèges. Double champion de Slovaquie sur route en titre, également champion national du contre-la-montre en 2024, Lukas Kubis est le seul coureur à porter un maillot distinctif de son pays sur l’Étoile de Bessèges. Un palmarès qui n’est pas sans rappeler sa légende de compatriote, Peter Sagan, rouleur polyvalent qui a comme lui commencé par le VTT avant de développer tout son potentiel sur route. « C’est impossible de me comparer à lui, car il a été trois fois champion du monde et maillot vert sur le Tour de France, tempère-t-il avec humilité. C’est un des meilleurs cyclistes de l’histoire. Mais c’est bien de représenter le même drapeau que lui, il était mon idole quand j’ai commencé le cyclisme, et en plus c’est un très bon mec. »

    Maillot jaune dans l’escarcelle

    Valeur montante du cyclisme mondial, passé du 236e au 56e rang UCI en l’espace d’une saison, il est porté par ses titres nationaux et de belles performances sur le circuit mondial : plusieurs top 10 sur des classiques flandriennes, 2e du tour de Hollande, victoire sur le Cholet Agglo Tour… Le pensionnaire d’Unibet Rose Rockets dispute sa deuxième Étoile. « C’est une très belle course, avec de superbes paysages. Je suis heureux d’être ici », se réjouit le coureur de 25 ans.

    Déjà annoncé comme un outsider dimanche, sur le GP de Marseille-La Marseillaise, il est l’un des favoris à la victoire finale, après avoir quitté la course prématurément l’an dernier, suite au retrait de son équipe. Un rang confirmé dès la première étape, avec après une 2e place derrière Tom Crabbe : « Ce n’est pas passé loin, on va se battre pour faire mieux dans les prochains jours. » Mais pas question de s’enflammer : « On avance jour après jour. Je suis très fier des efforts de l’équipe mercredi. Bien sûr, la victoire a toujours meilleur goût, mais c’est un très bon début pour l’équipe. »

    Après une nouvelle et frustrante 2e place jeudi, pour son coéquipier Dylan Groenewegen, Lukas Kubis, 8e, récupère le maillot jaune du classement par points. Pas une fin en soi : en ligne de mire, notamment, cette 3e étape autour de Bessèges, « la plus difficile de la semaine », et le contre-la-montre, « très spécifique, avec une grosse montée sur la fin ». Pour récupérer, cette fois, le maillot corail du général.

    3e étape : Bessèges – Bessèges (162,34 km)

    Le terrain devient nettement plus accidenté pour cette 3e étape autour de Bessèges. Après 106 km, les coureurs effectueront un premier passage sur la ligne d’arrivée, puis un second, avant de la franchir définitivement au kilomètre 163. Trois tours du circuit, donc, pour ce final exigeant, avec les montées des cols de Trelis (3,6 km à 5,6%, 1ère catégorie) et des Brousses (2,1 km à 5,2%, 2e catégorie). Un profil pour puncheurs, avec cette dernière difficulté placée à seulement 12 bornes du but.

  • Un réquisitoire sévère en appel pour Rocher Mistral

    Un réquisitoire sévère en appel pour Rocher Mistral

    En première instance, Vianney d’Alençon propriétaire du château de La Barben et sa société ont été condamnés à la suite d’une série d’infractions au Code de l’urbanisme et du patrimoine. Respectivement, à 20 000 et 70 000 euros d’amende avec sursis, et à l’obligation de remettre le château de La Barben en état dans un délai de neuf mois. Le châtelain avait fait appel de cette décision : retour à la barre, ce mercredi 4 février, face à la cour d’appel d’Aix-en-Provence (notre édition du 5 février). Autre volet de ce feuilleton judiciaire : la mise en danger supposée d’une espèce de chauve-souris protégée. Fait pour lequel d’Alençon avait été relaxé en première instance. L’avocat général a requis, ce mercredi soir, la réforme de la relaxe sur ce volet. « L’infraction sur les murins était parfaitement caractérisée », estime Me Mathieu Victoria, pour la FNE13. Pour le reste des infractions, l’avocat général estime que « la remise en état n’enlève pas l’infraction. Mettre en avant un intérêt économique n’autorise pas à s’asseoir sur la loi ». Et demande la condamnation pour l’ensemble des infractions pointées par la Drac et la DDTM, en proposant un ajournement sous supervision de l’autorité judiciaire à six mois. Il demande une peine d’amende identique à ce qui avait été demandé en première instance. La défense, assurée par Me Alexis Chabert plaide, entre autres, la relaxe pour trois des huit infractions et se félicite « que les partis se mettent d’accord sur la méthode pour déposer les dossiers ». Me Bruno Rebstock évoque lui, des injonctions contradictoires dans les échanges avec les administrations, et souligne de nouveau l’urgence qu’avait d’Alençon pour avancer les projets. Délibéré le 8 avril.

  • [Étoile de Bessèges] Kockelmann se surprend lui-même et s’impose

    [Étoile de Bessèges] Kockelmann se surprend lui-même et s’impose

    L’échappée fait grise mine, les sprinteurs sourient. En tout cas, au moins l’un d’entre eux. Les courses de début de saison sont souvent propices à l’éclosion de jeunes talents et l’Étoile de Bessèges le confirme doublement. Seulement 24 heures après la victoire surprise de Tom Crabbe à Bellegarde, Mathieu Kockelmann (Lotto-Intermarché) s’est imposé, jeudi à Domessargues, après un final intense et incertain. Le Luxembourgeois de 22 ans signe son 2e succès pro, après avoir levé les bras l’an passé sur son tour national. La photo-finish a dû être examinée pour connaître le gagnant du jour. Tom Crabbe reste le leader du classement général.

    Après une première étape estampillée « cyclisme vrai », où les coureurs ont produit un spectacle grandiose, le peloton était de retour pour un long trajet de 162 km entre Saint-Gilles et Domessargues. Comme la veille, quatre fuyards se sont extirpés du groupe principal pour former l’échappée. Ce peloton a laissé filer, sans doute soulagé de voir seulement quatre hommes s’en aller. Idéal à gérer, tout au long de l’étape. Trois Français et un Suisse se sont portés à l’avant : Arnaud Tendon (Van Rysel Roubaix), Maël Guegan (CIC Pro Cycling Academy), Samuel Leroux (Total Energies) et Axel Bouquet (St-Michel).

    Rapidement, l’écart est monté au-delà des trois minutes puis s’est stabilisé. Longtemps. Très longtemps. Pendant une bonne moitié de la course, personne ne faisait l’effort, derrière, pour revenir. L’un des échappés allait inévitablement ravir le maillot de meilleur grimpeur à Victor Vercouillie, étant donné le nombre de points en jeu ce jeudi. Classé en 2e catégorie, la côte de Clarensac s’est dressée devant les coureurs, à la sortie du village du même nom. 1,8 km à 4,4% et Maël Guégan est passé en tête au sommet, ses compagnons de route laissant faire. Un passage en première position lui permettant justement d’endosser la tunique verte. Arnaud Tendon et Samuel Leroux ont obtenu les derniers points disponibles.

    L’échappée y a encore cru

    Après une longue chevauchée sur les routes gardoises, les coureurs sont entrés sur un grand circuit autour du village de Domessargues, seulement 750 âmes au compteur. Deux franchissements de la côte de Montagnac (3e catégorie) et deux passages sur la ligne d’arrivée avant d’entamer le final, qui s’annonçait déjà serré. Les prévisions météo recensaient des intempéries à partir de 14h. La pluie n’a accordé qu’un bref répit aux 16 équipes en lice, débarquant cinq minutes après l’heure prévue. Elle ne s’est ensuite plus arrêtée de tomber, plongeant tout le monde dans une après-midi éprouvante, trempés des oreilles jusqu’aux orteils.

    C’est à 45 km du but que le peloton a débuté son accélération pour user les hommes de tête. Détentrice du maillot corail de leader de l’épreuve, la Team Flanders Baloise a montré les couleurs jaune-blanc-bleu de son maillot pour rattraper ce retard. Cette échappée était, comme celle de mercredi, très bien organisée. Les quatre cyclistes alignés se donnant des relais appuyés à chaque coup, idéal pour laisser à distance leurs poursuivants. Le quatuor est devenu trio car le jeune Axel Bouquet, 20 ans, n’arrivait plus à suivre le rythme imprimé par ses collègues de galère.

    à 10 km avant la ligne d’arrivée, l’écart n’était plus que de 30 secondes entre les chassés et les chasseurs, sans toutefois diminuer davantage. C’est alors qu’Arnaud Tendon a décidé de fausser compagnie à Leroux et Guégan. Le Suisse semblait avoir de bonnes jambes et, avec le peloton en arrière-plan, continuait son chemin, à bloc. Le coureur d’Elite Fondations est entré dans le dernier kilomètre avec de l’avance et a vu les équipes de sprinteurs fondre à vive allure sur lui. Malheureusement, ce n’est qu’à un hectomètre de l’arche qu’il s’est fait rattraper. Cruel scénario, à l’image de celui de la première étape. Mathieu Kockelmann a ensuite jailli pour prendre quelques mètres sur Dylan Groenewegen et Matteo Moschetti. L’ordre est resté similaire, même si la photo-finish a départagé les trois hommes. Le Luxembourgeois a devancé d’un demi-vélo le Néerlandais aux 78 victoires pros, les Rockets terminant 2e jeudi, comme la veille avec Lukas Kubis, nouveau leader du classement par points.

    « Je suis très surpris de gagner, car je devais emmener Matys (Grisel) sur cette arrivée. J’ai donné mon maximum jusqu’à la ligne, je n’avis même pas vu qu’il restait un échappé, j’étais très concentré », a soufflé le vainqueur du jour, avant de monter sur le podium. Une victoire surprise, dont le Luxembourgeois est le premier choqué.

  • Une ancienne friche laisse place à une nouvelle résidence pavillonnaire

    Une ancienne friche laisse place à une nouvelle résidence pavillonnaire

    Fini la friche, l’ancienne entreprise de BTP laisse place au logement neuf. Un nouveau lotissement a vu le jour le long de la nationale 569, en face du domaine de la Mériquette. Le Clos des Carabins, porté par Bouygues immobilier, a été inauguré mercredi 4 février par son promoteur, ses partenaires, la Ville et le sous-préfet d’Istres Christophe Borgus.

    La résidence se compose de 28 logements pavillonnaires, dont neuf en location sociale portés par le bailleur Erilia et 19 en location intermédiaire gérés par Inli’Paca. D’après le promoteur Bouygues immobilier, la résidence a été conçue autour de trois enjeux : « contribuer à la réindustrialisation par une offre de logement répondant aux besoins des bassins d’emploi », « réaliser des logements accessibles au plus grand nombre en zone tendue » par le panachage de locatif social et intermédiaire, et insérer le projet sur un site déjà existant.

    Valoriser le foncier sans artificialiser les sols

    Le programme s’insère dans le paysage urbain du nord de Fos-sur-Mer, dans la zone pavillonnaire des Carabins. L’emprise du programme remplace celle d’une ancienne entreprise du BTP. « La résidence a permis une requalification complète du site, transformant une emprise industrielle en un nouveau lieu de vie apaisé, végétalisé et ouvert sur son environnement » illustre le promoteur, qui parle de « valoriser le foncier existant tout en limitant l’artificialisation des sols et en contribuant ainsi à un urbanisme plus durable ».

    Le directeur régional de Bouygues immobilier Olivier Ferroni estime que « cette opération illustre la collaboration entre acteurs privés et publics », constituant « un modèle économique exemplaire permettant de proposer une offre variée de logements en phase avec les besoins des familles ».

    Son supérieur Olivier Durix développe : « Bouygues Immobilier développe des solutions résidentielles indispensables à l’accueil des entreprises et de leurs salariés, en tant qu’acteur des territoires », considérant que « la réussite de la politique nationale de réindustrialisation repose aussi sur le logement » alors que des dizaines de milliers d’emplois nouveaux sont annoncées d’ici à 2030 sur la zone, déjà tendue sur le plan de l’habitat.

  • Aix : à gauche, la sécurité comme cheval de bataille

    Aix : à gauche, la sécurité comme cheval de bataille

    Dans la salle du château de l’Horloge, les drapeaux des composantes de l’union sont dressés, parmi la foule. C’est dans ce quartier dit populaire de la ville que Marc Pena (PS), à la tête d’une union née des forces écologistes et de gauche, a choisi de tenir son premier meeting de campagne. Sur la centaine de sièges, occupés au complet, des invités locaux, incluant Jean-David Ciot (PS), maire du Puy-Sainte-Réparade, ou Paul Sabatino, maire (PCF) du Rove. Avant les discours officiels, les engagements de campagne, une ronde d’applaudissements et une standing ovation pour Amine Kessaci, absent lors du meeting. Ce soir-là, à Aix, le militant acharné dans la lutte contre le narcotrafic, candidat aux côtés de Benoît Payan était venu soutenir la campagne. Avant de quitter les lieux (lire ci-contre). Amine Kessaci aura eu le temps d’étayer les deux raisons de sa venue lors d’une conférence de presse en amont : « la première est que partout le narcotrafic doit être combattu, partout où je pourrais aller porter cette parole, de dire que la réponse face au narcotrafic doit être à 360 degrés, cela doit être une réponse transversale. » Ensuite, « on travaille à la création d’une association nationale des maires. Et si Marc [Pena], est élu, il siégera dans cette association et portera la voix d’Aix », a-t-il lancé aux côtés du candidat.

    Protéger, sous tous angles

    Autre raison de la venue du militant : « J’ai confiance en Marc pour ramener une vague d’espoir, de renouveau, une vague où l’entre-soi, le règne familial n’a pas sa place dans une République ou tout le monde a sa voix à porter. »

    Lors du meeting, au tour des chefs de file, forces de gauche et écologistes, de réitérer leur soutien au candidat, leur vision d’Aix. « Le combat d’Amine est notre combat. C’est celui que nous allons porter ensemble pendant toute la campagne », promet David Tessier (PCF). Marc Pena, annonce ce soir porter une liste qui « protège. Ce n’est pas un slogan, c’est une ligne de conduite », estime le candidat. Protéger socialement, écologiquement, pour une « tranquillité publique ». Promesse donc, de rétablir des brigades anti-stups, un renforcement de coopération entre police nationale, municipale et services de l’état. « Nous allons recruter des médiateurs de rue, nous rétablirons une police de proximité, nous recréerons des points d’accueil, des commissariats décentralisés, visibles, accessibles dans les quartiers… » comme autant d’engagements. « À ceux qui se servent de la sécurité comme un terreau fertile pour leurs idées nauséabondes, je le redis, la sécurité est un sujet de gauche ! », pose-t-il.

    Amine Kessaci, exfiltré par la police

    Venu soutenir la campagne de Marc Pena, venu parler de lutte contre le narcotrafic et de sécurité Amine Kessaci a dû précipitamment quitter les lieux escorté par les forces de l’ordre alors qu’il tenait une conférence de presse… Engagé dans la lutte contre le narcotrafic, cause de la mort d’un premier frère, fondateur de l’association Conscience pour venir en aide aux familles victimes de narchomicide, le jeune militant vit sous haute protection policière depuis l’été 2025, quelques mois après la sortie de son livre Marseille, Essuie tes larmes, et des menaces répétées. Une protection renforcée, depuis l’assassinat de son jeune frère Mehdi Kessaci, 20 ans, abattu le 13 novembre dernier par un commando à moto à Marseille. « Il ne faut pas se taire », réitérait Amine Kessaci, ce jeudi soir.

  • Des solutions financières pour fuir les violences conjugales

    Des solutions financières pour fuir les violences conjugales

    « L’emprise économique est un vrai sujet dans les cas de violences conjugales », rappelle Clara Agnello, coordinatrice de projet chez Une voix pour elles. Face à cette problématique, le Crédit municipal de Marseille a décidé de s’emparer du sujet en rencontrant, ce jeudi à Marseille, de nombreuses associations d’accompagnement d’aide aux victimes de violences conjugales.

    Avec 90% de clients qui sont des clientes, « cette démarche est en cohérence avec notre public, explique Christelle Gerlier, directrice générale déléguée du Crédit municipal de Marseille. Et on sait qu’avec notre structure on peut répondre aux problèmes financiers que connaissent certaines femmes victimes de violences ». En effet, 20% des femmes victimes de violence ayant appelé le 3919 sont en situation de dépendance économique.

    Le Crédit municipal de Marseille, créé il y a plus de 300 ans, permet aux personnes exclues du système bancaire, d’avoir accès aux crédits. Les outils de l’établissement bancaire, comme les microcrédits accompagnés, le prêt sur gages ou encore le placement de petites sommes, peuvent donc être des solutions face à cette violence économique.

    « Une aide dans l’urgence »

    Le prêt sur gage a particulièrement interpellé Nada Baher, directrice adjointe du planning familial 13. Autorisé seulement dans les crédits municipaux en France, ce type de prêt permet à n’importe qui, sous réserve d’avoir une pièce d’identité et un justificatif de domicile, d’échanger un objet contre une somme d’argent. « C’est vrai que beaucoup de personnes peuvent avoir un objet de valeur. C’est donc quelque chose qui peut débloquer de l’argent rapidement et être une aide dans l’urgence. » Pour l’association Les Louves d’accompagnement de victimes, c’est plutôt le microcrédit accompagné qui a intéressé. Ils pourraient couvrir les frais juridiques que ces femmes doivent engager lors de divorce ou de dépôt de plainte.

    Des outils qui restent toutefois à affiner selon les besoins des associations. « Le but, ce n’est pas de réfléchir seuls à des solutions, mais avec les professionnels de terrain pour répondre au mieux aux différentes problématiques de ces femmes », explique Christelle Gerlier. Pour la directrice du centre d’information sur le droit des femmes et de la famille, Marielle Vallon, il reste par exemple « des interrogations sur la façon de sécuriser les demandes de papiers administratifs, pour que le conjoint ne soit pas au courant. Nous avons des choses réciproques à s’apprendre ». Des projets à coconstruire, entre réalité du terrain et moyens du Crédit municipal.