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  • Au conseil municipal d’Istres, les dernières passes d’armes avant les élections

    Au conseil municipal d’Istres, les dernières passes d’armes avant les élections

    Les affaires courantes sont passées au second plan du conseil municipal, qui s’est transformé en tribune politique ce mercredi 3 décembre. À quelques mois des échéances électorales, la dernière séance de l’année aura mis plus d’une heure à démarrer.

    En cause, notamment, la rave party qui a tenté de s’installer sur le parking de l’Usine samedi soir avant d’être délogée par les forces de l’ordre. « Face à eux environ 1000 personnes ayant pénétré par effraction sur le site en ruine (…) au mépris de tous les dangers », relate le maire (DVG) François Bernardini, qui a tenu à remercier les agents de police qui ont subi quelques dégâts matériels et de légères blessures pour neuf d’entre eux suite à des jets de projectiles.

    D’habitude très discret, le conseiller municipal d’opposition Grégory Gabanou en a profité pour sortir du bois, lui qui a rallié la liste RN du Vauclusien parachuté Damien Broc, et attaquer la municipalité sur la prétendue explosion de l’insécurité à Istres. Les chiffres présentés par la compagnie de gendarmerie départementale locale pour 2024 ne vont pourtant pas dans ce sens : ils pointent une hausse de la délinquance concernant les atteintes aux biens à Sausset-les-Pins, Saint-Chamas et Rognac, mais une baisse des violences aux personnes dans la circonscription (-13,4%), des troubles à l’ordre public et de l’insécurité routière.

    Un accord préalable signé avec Hynaéro

    Entre le maire et son principal opposant Robin Prétot, candidat (LR) aux municipales, la passe d’armes s’est faite, sans surprise, autour du développement de la Ville. François Bernardini a annoncé signer dans l’après midi l’accord préalable à la conclusion des baux avec Hynaero qui s’installera sur le pôle aéronautique Jean Sarrail, une étape préalable pour obtenir le permis de construire de cette usine d’assemblage du dernier bombardier d’eau qui devrait créer 700 emplois. « Cela me permet de rappeler le besoin de logements exigés par cette société, a lancé l’édile. Les constructions qui vont remplacer la Bayanne de l’autre côté de la voie rapide répondront à cette exigence. Nous ne construisons pas par plaisir ni par copinage mais par nécessité. »

    Robin Prétot de répondre : « Ça fait 15 ans que vous dites la même chose. À l’époque c’était pour Stratobus qui allait arriver, on n’a pas arrêté de construire des logements, les usines n’ont pas suivies. Je réitère mon regard (…) : il va falloir que l’offre de logements suive l’arrivée des salariés. (…) Il faut aussi penser les industries par le biais de la mobilité, c’est un enjeu d’attractivité pour notre territoire. »

    Olivier Mayor tire sa révérence

    Au-delà des débats politiques, que les candidats aux municipales avaient pourtant refusés dans une forme officielle suite à la proposition de Robin Prétot, cette dernière séance a aussi été l’occasion pour Olivier Mayor de tirer sa révérence. Le conseiller municipal (DVC), ancien adjoint aux finances de la majorité, a annoncé qu’il ne serait « pas candidat ni présent sur une liste ». Le juriste de profession a « servi la ville pendant trois mandats », mais a expliqué ne pas être fait pour « être subordonné ou adjoint ou derrière un politique, c’est presque contre-nature », avant de citer Ayrton Senna : « Je ne suis pas conçu pour être deuxième ou troisième, je suis conçu pour driver, pour gagner. »

    Avant de claquer la porte du conseil municipal, l’élu a affirmé toujours estimer que François Bernardini reste « largement au-dessus du lot », et lui a apporté son soutien, non sans une pointe d’amertume : « S’il n’était pas reparti, j’aurais brigué les suffrages pour devenir maire de notre ville. »

  • Une conférence en mémoire des femmes artistes déportées

    Une conférence en mémoire des femmes artistes déportées

    Juives, militantes, résistantes, espionnes, communistes, tziganes, artistes… Nombreuses sont celles qui sont passées par le tristement célèbre camp de concentration de Ravensbrück. Situé à quelques dizaines de kilomètres au nord de Berlin, dans une région que l’on a longtemps surnommé « la petite Sibérie allemande », le camp a accueilli 150 000 femmes. Plus de 90 000 y ont trouvé la mort. Aujourd’hui, il nous est parvenu des témoignages, des photos, des écrits, mais aussi des revue humoristiques, de mode, des portraits, des croquis, des peintures … Une chronique visuelle foisonnante, teintée de solidarité et de résilience, même au plus fort de l’horreur.

    « Elles ont survécu grâce

    à la solidarité »

    « Cette conférence prend place dans un contexte particulier hier, une bénévole qui faisait une collecte a subi une agression raciste, ce moment nous rappel aussi la dimension salutaire de la mémoire de Ravensbrück ! », se désole Farida Benchaa, secrétaire générale de la fédération du Secours populaire des Bouches-du-Rhône.

    Pour la militante associative, « le lien entre le Secours populaire et ces femmes, c’est qu’elles ont survécu grâce à la solidarité, elles se protégeaient, partageaient la nourriture : c’est précisément cette solidarité que le Secours populaire porte ». De fait, comme l’explique l’historienne : « Il n’était pas rare que des prisonnières prennent des commandes de dessins ou de peinture des nazis et reçoivent de la nourriture en échange, qu’elles échangeait avec leurs camarades. »

    L’historienne se fait la passeuse d’histoires des femmes de Ravensbrück. Au travers des œuvres et des écrits qu’elles ont laissés derrière elles, elle brosse le portrait de plusieurs artistes venues des quatre coins de l’Europe. France Audoul, par exemple, artiste et résistante, déportée à Ravensbrück en 1943. À l’origine d’une quarantaine d’œuvres montrant des scènes de la vie du camp, elle publiera ses œuvres dans l’ouvrage 150 000 femmes en enfer, en 1966.

    De l’art en enfer

    Hors des frontières européennes, les tragédies jalonnent aussi le destin de femmes artistes, comme le souligne Renée Bensoussan, à l’image de Hripsimeh Sarkissian : « Arménienne de Turquie, cette artiste survit au génocide arménien de 1915 ou elle perd son père, ses frères et ses sœurs. Vingt ans plus tard, en 1938, elle échappe au massacre de Dersim, mené par les turques. Ce n’est qu’après 1947 qu’elle peut retourner dans sa ville natale. »

    Comment ne pas conclure sur l’œuvre de Germaine Tillion, grande ethnologue et résistante française, envoyée à Ravensbrück en 1943, elle y rédigera une opérette un an plus tard. Pour Renée Bensoussan « Le Verfügbar aux Enfers… c’est une œuvre pleine d’humour ! ». Elle poursuit : « Germaine Tillion y combine des textes qui raconte la dure réalité de la détention avec des airs issus du répertoire lyrique. Mais l’œuvre va mettre plus de 60 ans à être portée à la scène, en 2007, lors d’une première représentation au théâtre du Châtelet. » Preuve que malgré leur valeur historique, les œuvres de femmes déportées mettent encore trop longtemps à atteindre le grand public.

  • La santé des habitants au menu de l’Après M

    La santé des habitants au menu de l’Après M

    « Quand José Bové démolissait les fast foods, j’étais contente. » Si Michèle Rubirola, première adjointe au maire de Marseille et en charge de la santé, rappelle son combat contre les chaînes de restauration rapide, elle ne cache pas non plus son attachement à l’Après M.

    « Un lieu emblématique de lutte, de résistance et de solidarité », comme elle le qualifie, et qui a accueilli toute une journée sur les thèmes de la « santé et de l’alimentation » avec une série d’animations et d’ateliers. Paradoxal pour un fast food, ancien McDonald du quartier de Sainte-Marthe (14e arrondissement), repris par ses anciens salariés au terme d’une longue et âpre lutte ? « Justement, avec la volonté de l’Après M de prendre soin de la population, on travaille avec son équipe pour proposer aux habitants du quartier une réflexion sur ce qu’est une bonne alimentation pour la santé, et la santé globale », développe l’adjointe et médecin de profession. Par « santé globale » entendez par-là qu’elle développe une « approche transversale ». « On parle d’équilibre alimentaire, mais si on mange des fruits et légumes bourrés de pesticides… Il faut donc travailler sur quels aliments on peut prendre : l’assiette dépend du champ ! », poursuit Michèle Rubirola. Elle prend des exemples concrets du travail de la Ville sur le sujet : « Tout autour de l’Après M, il y a des expériences pour des produits sains : on a installé des agriculteurs, il y a des jardins partagés. » Et le lien est tout trouvé avec l’événement du jour au fast food solidaire : on y retrouve la compagnie de théâtre-forum Force Nez pour des animations qui mettent à contribution les clients. Plusieurs professionnels du centre de santé Mareposa et de la Maison de l’infirmière sont également présents pour aiguiller le public.

    Combat pour

    la « fastronomie »

    « C’est essentiel pour notre territoire d’avoir des initiatives comme ça. On a la volonté de transformer la normalité des fast-foods en ce qu’on appelle la fastronomie, avec des produits de qualité », se félicite Abderrahmane Mesbahi, responsable de l’ingénierie sociale à l’Après M.

    Il rappelle le burger étendard de cette politique, « L’ovni » élaboré avec le restaurateur étoilé Gérald Passedat. Et de développer : « Pour la viande, on va voir le boucher d’à côté et on compresse les prix. Sur le bio, il faut qu’on sorte de la périphérie de notre restaurant pour aller chercher des produits frais. Et pour sortir du fast-food classique, on a lancé une gamme de pâtes et de riz et de crêpes maison. » En bref, de la parole aux actes pour les équipes du fast food.

  • Des actions pour sortir les jeunes des réseaux dans le Var

    Des actions pour sortir les jeunes des réseaux dans le Var

    La loi narcotrafic du 13 juin 2025 confère de nouveaux ressorts aux préfets : les injonctions d’expulsion des bénéficiaires de logements sociaux impliqués dans le trafic, la fermeture de commerces, et les interdictions de paraître. Un arsenal déjà usité par le préfet du Var, à six reprises dans le premier cas, cinq pour le deuxième, et 22 pour le troisième. Ces mesures administratives complètent un cadre législatif qui a permis la saisine 1,3 million d’euros et de 2,06 millions d’euros de biens immobiliers dans le cadre d’enquêtes judiciaires. Mais aussi de 713 kg de cannabis, 474 de cocaïne, et de près de 17 millions d’euros d’avoirs criminels, notamment.

    Prévention puis sanction

    « Il faut assécher par la base, les consommateurs, par le haut, les avoirs, et par les prestations sociales. En somme, par l’argent », affirme Raphaël Balland, procureur de la République de Toulon. C’est le sens de la convention signée ce mercredi entre les institutions judiciaires et la CAF du Var. Cette dernière pourra prendre en compte les revenus et patrimoines illicites, et recalculer les prestations, repérer d’éventuels trop-perçus, et établir des sanctions, voire des poursuites. « Cela concerne l’ensemble du foyer, donc aussi les fraudes des mineurs », précise Julien Orlandini, directeur de la CAF du Var.

    Des mineurs qui bénéficient de dispositifs de prévention, notion « qu’il ne faut pas opposer à la répression. Elles fonctionnent ensemble », prône Nicolas Prisse, directeur de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). De nombreuses actions de sensibilisation ont été mises en place, ainsi que deux projets d’accompagnement de jeunes sujets aux addictions et à l’exclusion sociale, institués en 2024 en Provence Verdon et dans les quartiers prioritaires toulonnais. Pour compléter, un dispositif expérimental vient d’être engagé par le Parquet de Toulon, la mairie et la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). À l’intention des jeunes de 13 à 16 ans, il consiste en un accompagnement de six mois, à l’issue duquel la procédure pénale est classée sans suite si le concerné ne récidive pas. Mais dans le cas contraire, le mineur sera, cette fois, poursuivi devant le juge des enfants.

  • D’abord une question de budget

    D’abord une question de budget

    La lutte contre le narcotrafic sera l’objet d’un débat à l’Assemblée nationale dans 10 jours, Sébastien Lecornu ayant accédé à la demande du groupe socialiste. Tant mieux, l’ampleur du problème mérite que la représentation nationale en prenne la pleine mesure. Mais pour toutes celles et ceux qui en subissent les conséquences partout en France et singulièrement à Marseille, l’heure n’est plus au débat. Elle est à l’action.

    C’est une des questions prioritaires qui devraient structurer la discussion sur le budget de l’État pour lui permettre de faire face à cette lame de fond.

    Les habitants des quartiers que le narcotrafic a rendu invivables et à qui il a pris des enfants, n’ont pas besoin de déclarations, ils veulent des résultats. Pour en obtenir, il faut un État fort de ses services publics : plus de policiers, mieux formés, plus de douaniers, plus de magistrats, plus de présence humaine, plus de prévention, plus d’accompagnement à la sortie des addictions…

    Répondre aux besoins

    Cela suppose de tourner le dos au dogme de l’austérité qui depuis trop d’années a affaibli l’État en le privant de ses moyens d’actions. C’est à une logique de réponse aux besoins qu’il faut passer. Beaucoup d’argent existe dans notre pays, il doit être mis à contribution pour servir l’intérêt général en reprenant le dessus sur la pègre.

    Oui, le nouveau préfet de région a raison, il faut une « férocité républicaine » face aux criminels assoiffés d’argent pour qui la vie humaine n’a aucune valeur. Cette ambition exige des moyens à la hauteur du défi. Les parlementaires qui se prétendent du camp de l’autorité devraient y songer avec sérieux en remisant leurs obsessions libérales.

  • La Ville préempte la maison de retraite du Roy d’Espagne

    La Ville préempte la maison de retraite du Roy d’Espagne

    Un projet municipal se dessine pour sauver de la démolition la résidence senior du Roy d’Espagne fermée il y a un an et demi après le départ contraint des derniers résidents. La Ville de Marseille a officialisé, mercredi, sa décision de préempter l’emprise foncière en shuntant le promoteur Sifer qui attaque le refus de permis.

    « La Ville de Marseille souhaite porter un projet de résidence autonomie de nouvelle génération, s’inscrivant pleinement dans l’évolution des politiques de prévention et d’accompagnement du vieillissement », annonce dans un communiqué la municipalité qui entend ainsi « préserver une offre de résidence à destination des seniors, particulièrement ancrée dans ce quartier ». L’opérateur sera son centre communal d’action sociale (CCAS). L’école voisine devant être rénovée, la mairie souhaite l’intégrer au projet pour faire « émerger un pôle intergénérationnel en lien avec la communauté scolaire ». Pour ce projet ambitieux, elle espère la collaboration du Département, « seule autorité compétente pour attribuer les agréments de résidence autonomie ».

    C’est un immense soulagement pour le Collectif Roy d’Espagne très mobilisé. « C’est la solution idéale qui était dans nos rêves. On échappe à un projet immobilier dévastateur », réagit Perrine Seghier. « Je suis extrêmement satisfaite. C’est un positionnement fort et volontariste de la Ville pour préserver les services publics et prendre soin de ce quartier », déclare Olivia Fortin, la maire des 6-8 qui invite à se rappeler que « ces bâtiments rénovés avec de l’argent public et évacués de leurs résidents devaient être démolis sur des principes financiers au bénéfice d’un projet immobilier de standing qui avait soulevé l’indignation des habitants du quartier ». Elle est confiante pour la suite. « On va tout faire pour que les choses avancent et mettre en place un service public qui maintient les équilibres de ce quartier. Nous allons construire avec le CCAS un projet intergénérationnel avec l’école voisine. »

    Sifer Promotion avait conclu il y a deux ans une promesse de vente pour démolir et construire 125 logements de standing. Pour sécuriser l’opération, il avait avancer 3 millions d’euros à l’Entraide en grande difficulté. Le refus de délivrance opposé par le service de l’urbanisme le 23 avril dernier d’un permis a tout fait capoter. Sifer a fait une nouvelle offre à L’Entraide qui l’a acceptée d’où la déclaration d’intention d’aliéner transmise le 1er septembre en mairie. La Ville de Marseille a saisi cette opportunité pour préempter pour un montant qui n’est pas encore précisé. Dans un récent entretien accordé à La Marseillaise, Hervé Cilia, le président du groupe Entraide en redressement judiciaire estimait à 12 millions d’euros la valeur de la parcelle de 12 720m² qui comprend six bâtiments d’habitation et un centre médical.

    Déféré préfectoral

    La voie est-elle aussi dégagée pour la Ville ? L’avenir le dira. Car avant de partir, le préfet de région Georges-François Leclerc a laissé une surprise dans un tiroir : un déféré préfectoral. Estimant que le permis déposé par le promoteur respecte parfaitement la réglementation et le PLUi, il a saisi le 15 octobre le tribunal administratif d’une requête en annulation du refus de permis, ses services estimant le projet de 125 logements bien intégré à son environnement. Un soutien de poids pour Cyril Simon, le directeur général de Sifer Promotion, qui confirme à La Marseillaise « avoir effectivement contesté le refus de permis de construire ». Que se passera-t-il si le juge administratif venait à annuler le refus de permis ? Peut-être rien si la Ville réussit à finaliser sa préemption.

    « C’est un positionnement fort et volontariste
    de la Ville »

  • A Marseille, Hervé Menchon quitte le groupe des écologistes

    A Marseille, Hervé Menchon quitte le groupe des écologistes

    Moi j’aime la mer, mais je n’aime pas le brouillard en mer », image Hervé Menchon. Ce mercredi, l’adjoint (EELV) à la Mer a annoncé dans un communiqué son départ du groupe Écologistes et pluriel-s, invitant les autres élus « à clarifier rapidement leur position ».

    « Ce n’est pas une question d’inimité ou de frustration, mais dernièrement des signaux ont été envoyés par des membres du groupe qui sont contraires aux orientations prises par mon parti », justifie-t-il. Alors que les Écologistes se sont prononcés à près de 90% pour l’alliance avec le Printemps marseillais (notre édition du 15/10), il cible ainsi l’alliance du collectif Vaï, mené par l’adjoint Sébastien Barles, avec les insoumis, mais aussi l’implication du président (EELV) du groupe Fabien Perez dans le think tank Écologie des solutions, au côté du conseiller régional (UCE) Christophe Madrolle. « Chacun a le droit de défendre les valeurs auxquelles il croit, mais il faut de la cohérence », plaide Hervé Menchon. « Je prends acte qu’il quitte le groupe, mais je ne comprends pas la raison », répond de son côté Fabien Perez, répétant que « ce groupe reste partie prenante de la majorité, il n’y a pas d’ambiguïté ». Quant au président du groupe Printemps marseillais Pierre Huguet (G.s), il indique qu’il « est bien sûr le bienvenu ». Rappelant que le prochain conseil municipal est le dernier avant les municipales.

  • Plaintes après des tags sur une église à Marseille

    Plaintes après des tags sur une église à Marseille

    C’est par un communiqué ce mercredi matin que le diocèse de Marseille a exprimé « sa grande tristesse » face aux tags réalisés dans la nuit de dimanche à lundi sur les murs de l’église des Chartreux (4e), « avec des phrases insultantes et incitant à la violence ». « S’en prendre à une église, c’est toucher en plein cœur la communauté catholique », déplore le diocèse, indiquant que la paroisse a déposé plainte.

    Le maire (DVG) de Marseille lui-même annonçait la veille que la municipalité comptait également déposer plainte et que ces services allaient nettoyer les inscriptions indiquant que « la seule église qui illumine est celle qui brûle », et que « si Dieu existe il faut le butter ». « Voilà le résultat d’années de laisser-faire », dénonçait la candidate de la droite et du centre évoquant un tag « christianophobe », alors que le sénateur d’extrême droite Stéphane Ravier s’était filmé devant les lieux plus tôt dans la journée. L’ex-maire (Hor.) des 4-5 Bruno Gilles assurait de son côté que la Ville était alertée « depuis plusieurs jours ».

  • Occitanie : Patrick Malavieille, « La commune reste un îlot de confiance »

    Occitanie : Patrick Malavieille, « La commune reste un îlot de confiance »

    La Marseillaise : Que représentent pour vous, dans le contexte actuel de tensions nationales et internationales, les scrutins municipaux des 15 et 22 mars prochain ?

    Patrick Malavieille : Ces élections municipales de 2026 sont le premier rendez-vous démocratique majeur après une période institutionnelle agitée et dont nous ne sommes pas encore sortis, et la dernière étape avant l’élection présidentielle de 2027. C’est une séquence politique décisive pour la vie des gens.

    Au moment où l’État asphyxie financièrement les collectivités et notamment les communes, c’est l’occasion pour la population de refuser la casse des services publics et de réclamer, haut et fort, la libre administration de nos villes et de nos villages.

    Dans le Gard, mais la question se pose également pour l’Hérault et plus largement l’Occitanie, est-ce que ce scrutin peut réconcilier les citoyens avec la politique ?

    P.M. : Je le crois. Les habitants de nos communes sont profondément attachés à la vie locale, à la proximité. On le voit au travers du mouvement associatif qui reste fort, avec des engagements puissants. On le voit aussi avec des mobilisations locales, pour l’emploi, pour l’école, pour l’hôpital…

    Et en dépit des restrictions budgétaires, il y a beaucoup d’énergie locale, avec des citoyens pragmatiques et ambitieux pour le coin où ils vivent. Je crois que cette énergie pourrait être le levier de la reconstruction du lien civique.

    Pour la gauche, l’enjeu est de conforter des majorités municipales mais aussi de conquérir de nouvelles communes. Je pense notamment à Nîmes. Votre analyse ?

    P.M. : L’enjeu est immense. Reconduire partout des majorités sortantes de gauche, travailler partout pour rassembler autour de projets territoriaux ancrés dans l’intérêt général, voilà à mon sens ce que devrait être notre ligne de conduite.

    Dans les majorités sortantes, les élus communistes travaillent beaucoup et sont reconnus pour leur travail. Il faut l’amplifier. Pas question pour nous, comme l’a rappelé Fabien Roussel à Marseille, de présenter des listes face à des maires sortants, PS, LFI, Verts ou se réclamant de la gauche. Ailleurs, il faut travailler au rassemblement de toute la gauche, pour que nos communes, petites et grandes, soient des points d’appui pour la population. Un rassemblement sur la base d’un projet collectif construit avec les citoyens. C’est la démarche engagée notamment à Nîmes avec Vincent Bouget et Amal Couvreur.

    Face aux défis sociaux, démocratiques et écologiques, nous devons être force de propositions, dans une réflexion renouvelée qui place la commune comme le socle institutionnel majeur en lien avec les intercommunalités, les Départements et les Régions.

    Vous avez été député, maire de la Grand-Combe, vous êtes conseiller départemental. Au regard de vos actions et de votre expérience la question d’une décentralisation réelle se pose-t-elle ?

    P.M. : Cela fait longtemps que l’on en parle. Il y a longtemps qu’elle est promise mais jamais vraiment réalisée. C’est même l’inverse qui se produit depuis quelques années. Il faut redonner aux maires davantage de pouvoir de décision et, j’insiste, d’expérimentation. Les maires sont fatigués de la complexité que nous impose l’État dans de nombreux domaines. L’intransigeance, la tutelle de l’administration centrale sont insupportables. Souvent des décisions prises à Paris sont loin, très loin des réalités du territoire. Exemple : la carte de la politique de la ville… Et parfois, on arrive à des situations ubuesques où l’État en Région, préfets et sous-préfets qui sont souvent à l’écoute des élus locaux, se battent presque contre leurs propres services ! Mais que l’on ne se méprenne pas, les communes ont besoin de l’État, notamment avec des dotations à la hauteur des charges qui leur ont été transférées mais aussi pour accompagner les territoires où l’industrie s’est effondrée. En un mot, ce n’est pas d’un État en moins dont nous avons besoin mais d’un État en mieux.

    Alors que sur le plan national c’est la confusion, les municipales peuvent-elles être un moment de clarification ?

    P.M. : La défiance envers les institutions nationales, Président de la République, Gouvernement, Parlement, atteint des sommets, du jamais vu ! Et dans le même temps, un ancrage demeure encore solide, c’est le lien des Français avec leur commune. Alors que beaucoup de nos concitoyens sont dégoûtés, il faut bien le dire par l’actuelle séquence politique, un récent sondage montre que 70% des Français se déclarent intéressés par les prochaines élections municipales. Cela se vérifie sur le terrain où les élus locaux sont perçus de manière différente. Il me semble que la commune reste un îlot de confiance dans une mer de défiance et notamment ceux qui ont le plus de difficultés peuvent y jeter l’ancre !

    Santé, logements, transports, écoles, services publics, etc. Les priorités sont nombreuses. Comment montrer que l’on peut répondre à ces besoins et tordre le cou à la résignation ?

    P.M. : Il faut partir des réalités locales et des besoins de la population. Et à chaque fois, en faire des batailles publiques en s’appuyant sur les forces vives des localités. L’austérité imposée par l’État aux collectivités locales menace directement nos services publics. L’enjeu de mars 2026 sera de répondre aux besoins de la population par le développement de ces services. Il nous faudra en faire une mobilisation populaire et une question politique majeure par l’intervention des usagers et des travailleurs. Je propose que l’on réfléchisse à la structuration d’une commission locale des services publics par commune en y impliquant les usagers, les agents, cela pour ouvrir un débouché aux luttes locales et contribuer à des avancées immédiates et concrètes. N’attendons pas le grand soir mais travaillons pied à pied pour des jours plus heureux.

    L’extrême droite mène une véritable guerre culturelle et idéologique. Résister est nécessaire mais est-ce suffisant ? Ne faut-il pas aussi la combattre par des projets ?

    P.M. : Le RN et les idées qu’il véhicule, sont un poison pour le pays. Il faut rappeler que ce parti s’est construit sur les vestiges du régime de Vichy, régime contre lequel s’est érigée la République. Cela pour montrer que les attaques continuelles contre les contrepouvoirs, qu’ils soient institutionnels ou médiatiques, ont bien pour objectifs l’affaiblissement du débat public et la ruine de la démocratie. Mais cela ne suffit pas ! Il faut être ambitieux et novateur dans la manière de construire au niveau local les solidarités humaines. Logements, emploi, transports, santé, culture, sport, éducation, sécurité. À chaque fois, prenons bien la mesure de notre capacité à y répondre. Parlons à l’intelligence de nos concitoyens en les requestionnant sur le concept du vivre ensemble. Abordons la question du racisme, de l’antisémitisme, de l’homophobie, des violences faites aux femmes, de la paix, de l’avenir de la planète…

    Mettons en garde aussi contre les vieux refrains réactionnaires, nationalistes, patriarcaux, virilistes. Contre aussi les chansons tristes de déni climatique et du complotisme. Les élections municipales vont nous servir aussi à tout cela.

    Et si, il y a une chose à réarmer en France, c’est bien les consciences. Nous allons nous y employer.

  • Occitanie : la gauche présente, le RN embusqué à St-Gilles

    Occitanie : la gauche présente, le RN embusqué à St-Gilles

    Où est passé le Rassemblement national à Saint-Gilles ? Comme souvent lorsqu’il siège dans l’opposition, le RN est complètement absent des débats. Sa tête de liste en 2020, Christophe Lefèvre, qui a depuis cédé aux sirènes de Reconquête !, est absent de la commune et les deux autres élus de sa liste au conseil municipal font acte de présence lors des séances mais ne prennent jamais la parole. Aujourd’hui, rien ne garantit que le RN soit en capacité de former une liste. Un fait étonnant dans une ville qui a pourtant donné la majorité à Jordan Bardella aux Européennes (51%) et à Nicolas Meizonnet aux législatives (56%).

    Le maire sortant, Eddy Valadier (LR) semble donc avoir le terrain dégagé pour décrocher un troisième mandat dans la ville de 14 400 habitants. Il n’a pour l’heure pas encore annoncé sa candidature. Il devra tout de même affronter un ancien allié, à savoir Christophe Sévilla, ex-membre de l’UDI qui a reconnu avoir entamé des discussions avec le RN sans qu’elles aient abouti.

    La gauche veut progresser

    Inconnu en 2020, le socialiste Paul Gabriel avait à peine dépassé les 10%. Suffisant tout de même pour siéger au conseil municipal et se faire connaître de la population. S’il ne rejette pas tout le bilan d’Eddy Valadier, notamment dans « l’embellissement de la ville », l’élu d’opposition a déjà annoncé sa candidature pour apporter une vision différente sur la démocratie participative : « Nous voulons associer les habitants aux décisions qui peuvent être prises. Il faudrait créer des comités de quartier qui pourraient avoir un petit budget pour mettre en place une action qui leur tient à cœur. Nous voulons aussi créer une maison de la vie associative pour aider les associations dans les dépôts de subventions. Il y a aussi un problème de desserte, au niveau des transports en commun, avec une partie de la ville qui n’est pas desservie. »

    Paul Gabriel mènera ainsi une liste d’union de la gauche avec les communistes. « Nous voulons mener une démarche progressiste et écologiste. Le but c’est de faire mieux qu’en 2020 », confirme Alain Nunez, secrétaire de la section Camargue Vidourle du PCF qui sera présent sur cette liste.