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  • [Entretien] Nicolas Cadène : « La neutralité ne s’impose qu’à l’administration et non aux citoyens »

    [Entretien] Nicolas Cadène : « La neutralité ne s’impose qu’à l’administration et non aux citoyens »

    La Marseillaise : Au fil des années, cette loi a été modifiée et le principe de laïcité dévoyé ?

    Nicolas Cadène : Les dernières propositions de sénateurs ou de députés LR sont, en la matière, totalement contraires au principe même de la laïcité. Elles s’opposent à ses fondements puisqu’elles ne ciblent qu’une catégorie de la population, qu’une catégorie de croyants, en demandant en l’espèce l’interdiction de certaines pratiques cultuelles d’une seule religion : l’islam. Cela rompt avec le principe d’égalité que pose la laïcité. Cela rompt aussi avec le principe de liberté en restreignant la liberté de religion sans motif objectif. Enfin, rappelons que la neutralité ne s’impose qu’à l’administration publique et non aux citoyens. Ainsi, lorsque ces parlementaires veulent interdire le port du foulard ou du voile dans la rue, ils s’opposent au principe de laïcité.

    Pour des raisons électoralistes ?

    N.C. : Il semblerait, car ils surfent sur les peurs et les émotions pour attirer un électorat. Cela est favorisé par une information insuffisamment plurielle, qui fausse le débat public. Quand ces peurs sont diffusées très largement, en particulier par des médias mainstream et même du service public, les idées les plus sombres et les logiques de division de la population, ciblant pour l’essentiel les Français de confession musulmane, infusent dans l’opinion. Et ce d’autant plus qu’elles sont justifiées, à tort, par une laïcité dévoyée. Loin de chercher à élever le débat, à dénoncer ces instrumentalisations, ces clichés, beaucoup de responsables politiques préfèrent aller dans le sens de l’opinion facile.

    Avec le risque d’exclure une catégorie de la population et de provoquer un repli communautaire…

    N.C. : Évidemment. Ces propositions sont totalement contre-productives puisqu’elles ne font que stigmatiser davantage cette population, ce qui ne peut qu’aboutir à son repli encore plus net. Si on exclut une partie de la population du cadre commun, celle-ci va évidemment se replier sur une communauté de solidarité. De plus, le fait de poser des interdits sans justification objective réelle rend possible, demain, de poser des interdits à l’encontre de toute opinion qui ne serait pas considérée comme majoritaire, et qui serait considérée comme à bannir par le camp au pouvoir. C’est très dangereux et cela bafoue nos principes fondamentaux. Pourtant, c’est un discours que l’on entend régulièrement et qui n’interroge plus. C’est sans doute le plus inquiétant : ça ne choque plus grand monde.

    Comment se battre contre toutes ces dérives et réaffirmer
    ce principe de laïcité
     ?

    N.C. : Si vraiment on veut se battre pour la laïcité et si ces responsables politiques étaient véritablement fidèles à la laïcité, ils s’assureraient par exemple qu’il y ait des offres publiques laïques partout sur le territoire. Ils s’engageraient pour un soutien massif à l’enseignement public pour éviter le séparatisme scolaire, pour éviter qu’il n’y ait plus de mixité sociale dans les écoles, ce qui conduit évidemment à des replis communautaires. Pourtant, alors qu’ils ne soutiennent pas ces offres, ils s’étonnent ensuite que, dans certains quartiers ségrégués, il y ait des replis communautaires ! C’est trop facile. Ils se disent laïques mais ils dissocient question laïque et question sociale. Pour revenir à la polémique sur le voile et les jeunes filles, s’ils veulent vraiment protéger ces dernières, pourquoi refusent-ils de donner plus de moyens aux services sociaux et à l’aide sociale à l’enfance, qui peut sanctionner tout abus de la part des parents ?

    Pour réaffirmer le principe de laïcité, des contrats d’engagements républicains ont été mis en place à destination des associations. Une bonne chose ?

    N.C. : Cela émane de la loi dite « Séparatisme » de 2021. Le fait que les engagements républicains soient respectés n’est pas un problème. Le problème c’est la définition que l’on donne à ces engagements. Par exemple, le septième engagement n’est pas très clair et parle de « respecter les symboles de la République ». L’interprétation peut être très large. Si dans un festival, quelqu’un joue une chanson qui se moque de La Marseillaise – comme l’ont fait beaucoup de chanteurs – est-ce que l’association organisatrice sera sanctionnée ? Heureusement, à ce stade, les juges qui ont eu à se prononcer sur certaines interprétations trop larges par certains préfets, ont cassé les sanctions. Mais il faut être très vigilant pour ne pas tomber dans une sorte de suspicion généralisée et finalement dans la mise à mal du tissu associatif qui pourtant fait énormément pour l’intérêt général. C’est un partenaire majeur qu’il faut renforcer plutôt que suspecter.

  • À Avignon, le préfet en train de « clôturer » la LEO

    À Avignon, le préfet en train de « clôturer » la LEO

    Alors que les candidats aux municipales rivalisent d’imagination actuellement pour poursuivre le projet de liaison Est-Ouest (LEO), le préfet douche les derniers minces espoirs de voir réaliser la phase 2 du contournement routier sud d’Avignon.

    Ainsi, « un porté à connaissance de clôture du dossier » a été enclenché, indique Thierry Suquet, ce jeudi 4 décembre, lors d’un point presse.

    Il y a un mois déjà, le ministre des Transports avait confirmé que les crédits initialement prévus étaient alloués à d’autres projets dans la région, faute d’accord politique sur le tracé initialement prévu, récusé par la maire d’Avignon Cécile Helle (PS) et le président du Grand Avignon, Joël Guin (SE).

    Le préfet glisse tout de même que les travaux de compensation prévus (arasement dans la Durance) seront réalisés. Tandis que certains réclament le prolongement de la DUP (déclaration d’utilité publique) qui arrive à terme en 2027, le préfet balaye l’éventualité : « On n’est pas dans ce schéma-là ». Idem, toute modification du projet ou inversion de tranche [phase 3 vers le Gard d’abord] nécessite de « tout recommencer sur le plan juridique ».

    Quant au barreau de Rognonas (1 km entre la fin actuelle de la LEO et le pont de Rognonas), rien ne sera engagé. « Le préfet de Région a été clair : je ne le réalise pas si c’est pour, derrière, ne pas enclencher la 2ᵉ phase », redit Thierry Suquet.

  • Ces cépages interdits aujourd’hui, en voie de légalisation

    Ces cépages interdits aujourd’hui, en voie de légalisation

    Il y a quelques rares bonnes nouvelles pour la viticulture française. La décision du Parlement européen d’autoriser les cépages Isabelle, Clinton, Noah, Jacquez, Othello et Herbemont, aujourd’hui interdits, en fait partie. Cette proposition portée par le député européen socialiste Éric Sargiacomo était en effet très attendue par les viticulteurs gardois dont la culture de ces cépages dans les Cévennes ne s’est jamais arrêtée et a même été transmise par plusieurs générations de vignerons.

    Ce savoir a d’ailleurs permis de s’appuyer sur un certain nombre de données pour démonter les arguments qui avaient justement poussé à leur interdiction. « Nous avons réalisé des analyses sur une quinzaine de vins réalisés avec des vinifications de cépages interdits. Il y avait des pétillants, des cidres et trois vins rouges et nous avons montré que nous étions au même niveau de méthanol. Nous sommes aux alentours des 200 mg par litre pour les rouges alors que la norme est de 400. Nous sommes donc comme un Bordeaux ou un Bourgogne. Cet argument peut donc être balayé d’un revers de la main », explique Christel Guiraud, président de l’IGP Cévennes et propriétaire du Domaine des Loubatières.

    Celui qui a créé l’observatoire des cépages en 2022 s’est rendu au Parlement européen à Strasbourg accompagné de cinq vignerons du secteur mi-octobre. Ils ont eu l’occasion d’avancer un certain nombre d’arguments que les députés ont entendus. « Je ne pense pas sauver la viticulture avec ces cépages mais l’idée, c’est qu’ils peuvent apporter une identité cévenole, un côté patrimonial et un côté œnotouristique. Avec ces anciens cépages demain autorisés, nous allons pouvoir créer de nouveaux mélanges de Noah, d’Isabelle et de Clinton parce que le reste, on en a un peu moins sur notre secteur. La demande actuelle, ce sont des vins plus légers, plus faciles à boire et ces vins-là répondent à cette demande. Ce sont des vins légers tout en étant sur le fruit. Ces cépages résistent aussi mieux aux coups de chaleur », ajoute le vigneron.

    Chloé Ridel interpelle la ministre de l’Agriculture

    Désormais, chaque pays doit se prononcer pour ou contre cette réintroduction. C’est dans ce cadre que la députée européenne socialiste basée à Nîmes, Chloé Ridel, a écrit à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (LR) pour « connaître clairement la position du Gouvernement français sur cette question essentielle pour l’avenir de notre viticulture ».

    « Ces variétés se trouvent dans une véritable zone grise réglementaire : d’un côté, depuis 2021, l’obligation de les arracher a été levée, mais de l’autre, leurs producteurs n’ont toujours pas le droit d’appeler « vin » la boisson qu’ils élaborent, alors même qu’ils sont soumis à la même fiscalité. Cette situation paradoxale illustre la nécessité de clarifier et d’harmoniser le cadre juridique, afin de donner de la lisibilité et de la stabilité aux producteurs concernés. De plus, leur réhabilitation apparaît pleinement cohérente avec les défis auxquels la viticulture française est confrontée », précise celle qui est depuis juin en charge de la refondation du projet du Parti socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2027.

    Pour l’heure, la ministre de l’Agriculture, confrontée à une crise sans précédent de la viticulture, n’a toujours pas rendu son avis sur ces cépages. « Elle est à l’écoute », rassure tout de même Christel Guiraud qui espère une légalisation de ces cépages pour 2027 : « Il faut que cela soit décidé dans le paquet vin de la PAC 2027. »

  • L’Occitanie en bonne position sur le numérique

    L’Occitanie en bonne position sur le numérique

    On n’ira pas jusqu’à dire que l’Occitanie est la Silicon Valley française mais une chose est sûre. En dépit d’un léger essoufflement de l’emploi observé depuis 2022 en raison de « la hausse des taux d’intérêt, de la baisse de certains investissements et de l’incertitude », l’économie numérique se porte à merveille dans notre région, révèle une étude de l’Insee (avec la Dreets).

    Forte de 131 000 emplois numériques (dont 116 000 salariés), l’Occitanie est, hors Île-de-France, la seconde région la mieux dotée derrière Auvergne-Rhône-Alpes, le secteur pesant 7,3% des emplois marchands (5,9% en moyenne en France). En 2022, 8,1 milliards d’euros de richesse étaient ainsi générés.

    Les activités sont centrées pour les trois-quarts sur les technologies de l’information et de la communication (programmation, conseil, télécommunications, édition de logiciels…), 13% autour de la publicité et du design ; 8% sur les contenus et supports (cinéma, TV, musique, livres, journaux…), 5% pour les autres technologies (équipements scientifiques, aide à la navigation…).

    À elles seules, Toulouse et Montpellier pèsent les trois-quarts des emplois numériques. Avec des sociétés de conseil en systèmes et logiciels informatiques (Capgemini, Sopra Steria, Thales…), Toulouse abrite 74 000 emplois, soit 56% du secteur. Montpellier en compte 28 000 (21%) avec les géants Dell, Orange, Horiba, Computacenter, Septeo, Capgemini ou encore Ubisoft. Hors métropoles, l’activité est plutôt tournée vers la pub et la com’, un secteur en difficulté.

    Les métiers du numérique, souvent occupés par des hauts diplômés, sont plus rémunérateurs à Toulouse et Montpellier. Le salaire annuel net moyen s’élève à 29 000 nets par an, soit 41% de plus que pour l’ensemble de la sphère marchande régionale. Les cadres sont surreprésentés (72% contre 17% dans toute l’économie régionale) avec une forte présence de CDI. Les femmes sont peu nombreuses (24%) et gagnent 13% de moins que les hommes, un écart salarial conséquent mais moindre que dans le reste de l’économie. À noter que l’Occitanie emploie aussi 4 000 contrats d’alternance.

    La croissance du secteur numérique s’est accélérée depuis 2020 et la crise Covid en raison de plusieurs éléments : « Le développement massif du télétravail et des outils de visioconférence ainsi que le recours accru au commerce en ligne », détaille l’Insee. Depuis 2022, l’arrivée des premiers logiciels d’intelligence artificielle (IA) maintient la technologie premier plan. En Occitanie, le marché de l’IA pèse déjà 300 entreprises, qui emploient 5 000 personnes fin 2024 pour un chiffre d’affaires qui s’élevait déjà à 540 millions d’euros en 2023. Leur valeur ajoutée « repose majoritairement sur des briques d’IA qu’elles développent en interne », précise l’Insee. Plus d’un milliard d’euros ont été levés sur divers marchés dont la santé, l’aérospatial, l’industrie, l’environnement, la sécurité, défense, logistique, la ville intelligente ou l’agriculture de précision.

  • Du stade vers l’emploi, Busserade sert de vecteur

    Du stade vers l’emploi, Busserade sert de vecteur

    Une parenthèse ensoleillée illumine les abords de la caserne du Muy.

    Comme si elle avait voulu saluer l’initiative de la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes), la météo a dégagé le ciel de la Busserade, pour permettre aux ateliers de l’opération « stade vers l’emploi » de se dérouler au sec.

    Parmi les 85 personnes ayant répondu à l’invitation de la Drajes, France travail, l’Agence nationale du sport, les Entreprises s’engagent et de la Ligue Région Sud d’athlétisme, Axelle et Lila ont montré une belle application dans chacun des exercices proposés.

    « C’est une très bonne initiative, qui nous permet d’aborder de manière différente un entretien d’embauche. C’est cool de l’aborder comme ça », remarque Axelle, après s’être initiée au lancer et au sprint. Pour sa pote Lila, « le contexte est moins stressant qu’un entretien classique. Avec ces exercices, on entrevoit le travail en équipe et apprend à mieux se connaître ».

    La demi-journée de la Busserade a été possible aussi parce que la SCO Sainte-Marguerite a répondu à l’appel, en mettant à disposition des éducateurs et son matériel pour les ateliers d’une initiative « destinée à briser les barrières. Car durant les exercices, personne ne sait qui est qui », explique Philippe Lamblin, précurseur du programme et venu encourager les initiatives dans le Sud.

    Si personne ne sait qui est qui, c’est parce que, mêlés aux demandeurs d’emploi, se retrouvent des employeurs. « Chacun apprend à travailler en équipe autour d’un but sportif commun, sans savoir son rôle. L’employeur peut avoir ainsi une idée concrète des compétences des personnes à ses côtés », détaille Frédéric Caillol.

    Suivi en aval

    Le directeur de l’antenne marseillaise de France Travail indique que « des personnes qui sont sur le stade ce matin peuvent trouver un travail dès la fin de la journée. Et il y aura un suivi en aval, dans les jours et semaines qui suivent ».

    En 2025, 600 rendez-vous de ce type ont été proposés. La Région Sud en a organisé 47 et l’objectif est de passer, dès 2026, à 900 sur l’ensemble de l’hexagone, dont 70 dans le Sud. À chaque manifestation, un club partenaire est associé, qui bénéficie d’une dotation financière. Mardi, c’était la SCO Sainte Marguerite, avec le soutien de la Ligue d’athlétisme.

    « Nous avons ciblé des demandeurs d’emploi des 2e et 3e arrondissements de Marseille, dans un lieu symbolique de leur quartier. Cette dernière journée était l’occasion de donner un éclairage sur la manifestation qui, tout au long de l’année, a été possible grâce au concours de douze fédérations sportives. Et pour nous, c’est un budget de 23 000 euros qui a été consacré », explique-t-on à la Drajes.

    Après les efforts collectifs, les employeurs potentiels ont tombé le masque. Et les participants ont pu passer des échanges sportifs à des discussions plus axées sur les attentes des demandeurs d’emploi et les besoins des chercheurs.

    « Ces initiatives démontrent qu’il y a des capacités à proposer de belles manifestations et à mettre en route une dynamique », confie Isabelle Epaillard. Pour la préfète à l’égalité des chances, venue saluer les participants, « ces initiatives permettent de lever les préjugés, surmonter les timidités. À travers le sport, on se lâche et l’on se révèle dans un univers où le collectif est la force qui compte et permet d’atteindre des objectifs ».

    Depuis son lancement, « stade vers l’emploi a fait ses preuves. Permettant de changer les codes du recrutement. Près de 60% des participants ont trouvé un emploi à l’issue de ces journées », souligne Philippe Lamblin.

  • La chanson francophone dans toute sa diversité à Marseille

    La chanson francophone dans toute sa diversité à Marseille

    « Avec le temps, va, tout s’en va. On oublie le visage et l’on oublie la voix », chantait en 1972 Léo Ferré. Tout s’en va, peut-être, si ce n’est la vitalité de la chanson française dans tous les styles dont elle recèle. « On a fait le pari d’une grosse programmation, avec des artistes confirmés, patrimoniaux et émergents, à l’image de la scène musicale francophone actuelle », pose d’emblée Josselin Britschgi, parmi les membres du comité de programmation du festival Avec le temps dont la 28e édition se déploie sur plusieurs scènes marseillaises du 5 au 14 mars. Parmi les symboles d’un tel credo, la date du 7 mars à l’Espace Julien, qui accueillera le taulier du rap français Oxmo Puccino, conteur d’histoires hors pair ayant récemment sorti son ultime album, La hauteur de la lune (voir son entretien dans La Marseillaise de ce week-end). La première partie de la soirée sera quant à elle assurée par le trio marseillo-martiniquais Tifol, aux croisements de la chanson française et créole.

    « Le festival est plus ambitieux que jamais avec un programme élargi, beaucoup de têtes d’affiches et de la diversité artistique : de la chanson à la pop en passant par le rap ou la folk », résume Olivier Jacquet, directeur de la coopérative musicale Grand bonheur qui est aux manettes d’Avec le temps.

    Esthétiques diverses

    Du côté des artistes plus chevronnés, on retrouvera notamment « l’incontournable de la pop francophone » Bertrand Belin à l’Espace Julien, Suzanne, la chanteuse avignonnaise et électro récompensée d’une Victoire de la musique il y a 4 ans, ou encore l’instrumentiste iconoclaste Sébastien Tellier « qui viendra présenter son prochain album Kill the beast au Silo ». Sans oublier la chanteuse et pianiste québécoise Cœur de pirate, dont la pop, surgie en 2009 aux oreilles de l’hexagone avec son tube Comme des enfants, continue de tracer son sillon mélancolique.

    Mais Avec le temps, c’est aussi un festival propice aux découvertes. Au menu notamment, la guitariste franco-malgache Juliette Magnevasoa, le concert dessiné Nuit noire qui raconte « l’odyssée d’un navigateur, entre road trip océanique et récit écologique » qui prendra ses quartiers au Théâtre de l’Œuvre. Mais également le quatuor marseillais de rock garage La flemme, ou encore une soirée où des groupes comme Basstong, Ciac Boum et Le mange bal établissent des « ponts entre musiques traditionnelles et techno ». Charge enfin, au groupe de pop emblématique des années 1980, Les innocents, de clore le festival, mais cette fois à Vitrolles, salle Guy Obino.

    Programme complet sur www.festival-avecletemps.com

  • Vers le retour du train à Villeneuve et Roquemaure

    Vers le retour du train à Villeneuve et Roquemaure

    L’heure du retour du train à voyageurs approche à grands pas dans les communes gardoises du Grand Avignon, Villeneuve-lès-Avignon et Roquemaure. Depuis le lundi 24 novembre, une consultation publique sur le volet environnemental du projet de réouverture de la ligne de la « rive droite du Rhône » Nîmes-Le Teil (Ardèche), passant par les deux communes, a été lancée par l’État.

    À ce propos, une réunion publique s’est tenue ce lundi 1er décembre à Villeneuve afin d’expliquer aux habitants du territoire les enjeux de ce projet, mais aussi les raisons de cette consultation. Car les voies de train existent déjà, mais les locomotives qui relient Nîmes à Pont-Saint-Esprit ne s’y arrêtent pas. La gare est également toujours debout malgré sa fermeture aux voyageurs en 1973. Une ouverture était initialement prévue en 2026, mais l’État a imposé une étude environnementale, ce qui a retardé l’échéance. « Tout ce projet a été figé lorsque nous avons appris que cette étude allait avoir lieu. Nous avions eu de nombreuses réunions depuis des années. Nous aurions sinon entrepris les travaux dès cette année 2025 », confie ainsi Pascale Bories, maire (LR) de la commune gardoise en fin d’assemblée. Comme d’autres gares sur le trajet, une transformation en pôle multimodal est programmée à l’issue de la consultation. « La rive droite du Rhône est la porte d’entrée de l’Occitanie. Cela a donc un attrait particulier avec un territoire industrialisé. Ce projet est un générateur de travail et de tourisme », plaide de son côté Pascal Rousson, président de l’Association des Usagers de la ligne TER SNCF Rive Droite du Rhône.

    Sur place, tout semble presque prêt à accueillir les voyageurs qui souhaiteront se rendre en capitale gardoise ou en Ardèche. Derrière les portes du bâtiment aux stores à demi baissés, une lumière invite à entrer. Et à l’intérieur, aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a un accueil physique par une employée, avec la possibilité d’acheter billets et abonnements, malgré l’absence pour l’heure d’arrêts. D’autant plus surprenant quand la CGT des cheminots dénonce la disparition de guichets dans des gares qui, elles, accueillent bien des usagers. L’ouverture de l’ensemble de la ligne est prévue pour 2030.

    Espèces protégées

    Une demande de consultation publique et d’étude environnementale qui a surpris au sein des différentes collectivités. Outre le passage de fret, les voies servent déjà aux voyageurs utilisant la ligne Pont-Saint-Esprit-Nîmes, rouverte en août 2022. Plusieurs points ont en réalité été à nouveau étudiés, car les normes diffèrent selon le nombre de voyageurs qui circulent chaque jour sur les rames. Au niveau environnemental, plusieurs ajustements sont prévus, comme par exemple à Roquemaure, où une espèce protégée de fleur, qui sert de lieu de reproduction aux papillons, se trouve sur la zone de travaux prévue. Les services de l’État recommandent donc de déplacer ces végétaux à l’abri. Des contrôles sur les nuisances sonores ou de risques d’inondations ont aussi été effectués, sans blocage particulier.

    Détail de la consultation du public et des documents sur https://www.registre-numerique.fr/reouverture-rive-droite-du-rhone

  • À gauche, Annick Dubois veut refermer la parenthèse RN à Morières

    À gauche, Annick Dubois veut refermer la parenthèse RN à Morières

    Il y presque 6 ans, Morières était la seconde commune du Grand Avignon à basculer à l’extrême droite. Grégoire Souque (RN) devenait maire avec 55,41% des voix face à Annick Dubois (PS). « Il est arrivé par défaut », rappelle la cheffe de file de l’opposition, qui a officialisé sa candidature, ce mercredi, pour les municipales de mars. En 2020, le maire Joël Granier (DVG) s’était finalement porté candidat, se retirant au second tour sans donner de consigne de vote alors que la gauche était théoriquement majoritaire en voix.

    A priori, dans un peu plus de trois mois, l’élection devrait se jouer au premier tour avec le maire sortant Grégoire Souque et donc Annick Dubois, à la tête de « Engagés et solidaires pour Morières », une liste d’union à gauche (PS et PCF principalement) avec 18 colistiers sur 31 non encartés. Mais celle qui est aussi conseillère départementale est loin d’être animée par un esprit de revanche. « On ne part pas en croisade contre Grégoire Souque », glisse un des soutiens. « On veut redonner une âme à Morières, aux habitants qui se sentent tristes et déconsidérés », expose Annick Dubois, qui sent « un élan, les gens viennent d’eux mêmes nous parler ».

    Une gestion autarcique critiquée

    Outre des décisions fortes (fin des repas de substitution à la cantine, départ contraint de la compagnie de théâtre Okkio qui s’était positionnée contre l’extrême droite lors des législatives), marqueurs d’une politique d’extrême droite « qui fracture », Annick Dubois insiste aussi sur « l’absence de concertation, aucune réunion publique n’a eu lieu avec la population ». Une liste de griefs est aussi listée par une anaphore « si nous avions été élus en 2020, nous aurions… ». Parmi les points soulevés, les atermoiements autour de la construction du groupe scolaire (livré pour la rentrée prochaine) qui a changé de lieu et a vu sa facture flamber à 12 millions d’euros, ou la mise à l’écart de l’association gérant la bibliothèque municipale. « Notre première décision sera de lancer un audit sur les finances », annonce la candidate, investie dans la vie locale depuis 40 ans.

    Si le programme sera dévoilé en janvier, car « en 2020 nous l’avions sorti trop tôt et Grégoire Souque s’en était inspiré », Annick Dubois entend « redonner de l’élan culturel, associatif et économique et développer la solidarité ». Une thématique qu’elle connaît pour avoir été durant deux précédents mandats adjointe aux affaires sociales. De quoi mettre en avant son expérience et bilan passé, comme « la structuration du CCAS, la mise en place de la maison de la petite enfance ou d’une mutuelle communale », appuie Annick Dubois, par ailleurs « seule femme vice-présidente du Grand Avignon ».

  • Stéphane Sacco s’engage à bâtir rapidement un groupe scolaire à La Seyne

    Stéphane Sacco s’engage à bâtir rapidement un groupe scolaire à La Seyne

    Samedi dernier dans nos colonnes, le collectif « Élémentaire Verne et Maternelle Mabily » interpellait les candidats à la mairie de La Seyne pour leur demander de se positionner sur la construction d’un groupe scolaire pour remplacer des établissements vétustes voire dangereux, en tout cas inadaptés à recevoir les élèves en sécurité et dans de bonnes conditions d’apprentissage. Le premier à dégainer est le chef de file des progressistes Stéphane Sacco (GRS).

    « Sans hésitation, je ferai en sorte que ce projet voit enfin le jour », répond-il, en reconnaissant que « la situation actuelle des écoles Verne et Mabily n’est plus tenable ». L’occasion de rappeler pour le candidat de la gauche que « l’éducation est un droit fondamental et que donc la responsabilité d’un élu doit être de garantir à chaque enfant des conditions de travail et d’accueil dignes et sécurisées ».

    Pas question pour lui, une fois aux manettes, d’accepter de faire perdurer plus longtemps cette situation qui fait recevoir des enfants dans des locaux délabrés dans lesquels la présence d’amiante est avérée, les salles de classe et les cours sont trop petites, sans compter le manque d’isolation, d’espaces partagés et de sanitaires.

    Une priorité absolue

    « Ce ne sont pas de simples défauts mais des obstacles au bien-être des enfants et au travail des personnels de l’Éducation nationale et des agents communaux », insiste-t-il. Un manque d’investissement public qui n’a que trop duré, dénonce la tête de liste de « Uni.e.s à gauche pour La Seyne ». Et de poursuivre : « Pour nous, l’école publique doit être une priorité absolue du budget municipal, au même titre que la santé, le logement ou les services de proximité. » Cela fait partie des valeurs avec lesquelles les progressistes ne transigent pas. Étant bien entendu qu’« investir dans un groupe scolaire moderne, fonctionnel et écologique, ce n’est pas une dépense mais bien un choix politique en faveur de l’avenir et de l’égalité ».

    C’est pourquoi, dit-il, il s’engage clairement à lancer la construction, sur un même site, d’un nouveau groupe scolaire équipée d’une restauration scolaire permettant de réduire les déplacements, les pertes de temps et la fatigue des enfants. Des bâtiments conçus avec des matériaux durables, dans une logique écologique pourvus bien entendu d’espaces pédagogiques, spacieux, lumineux et bien isolés mais aussi d’une salle d’éducation sportive et physique et de sanitaires t en nombre suffisant.

    Bref, des écoles répondant tout simplement aux besoins des enfants et des personnels. Un projet qui, assure Stéphane Sacco, sera réfléchi avec les enseignants dans « une approche fondée sur la concertation, réunions publiques et ateliers », pour « un véritable service public de proximité, digne des familles du quartier et de la ville ». Sur le délai pour donner corps à cette promesse électorale, le candidat s’engage à mettre en branle le chantier dès le début du mandat dans la transparence.

  • Un planeur sous-marin pour explorer les grands fonds

    Un planeur sous-marin pour explorer les grands fonds

    Le plan d’investissement France 2030, doté de 54 milliards d’euros sur 5 ans et dévoilé en 2021, « doit permettre de rattraper le retard industriel français, d’investir massivement dans les technologies innovantes ou encore de soutenir la transition écologique », indique le ministère de l’Économie. Il se base sur dix objectifs, parmi lesquels la relance du nucléaire, devenir le leader de l’hydrogène vert et des énergies renouvelables, réduire de 35% les émissions carbone industrielles, ou encore investir dans le champ des grands fonds marins.

    C’est à ce titre qu’Ifremer, centre de recherche océanographique basé à la Seyne-sur-Mer (Var), a confié à Alseamar, entreprise roussetaine leader mondial dans la production de matériaux de flottabilité pour véhicules sous-marin, reconnue pour ses planeurs autonomes et véhicules sous-marins pour les forces spéciales, la conception d’un planeur sous-marin grands fonds, capable d’explorer l’océan jusqu’à 3 500m de profondeur. Un projet financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR), et auxquels s’associent le Centre national de recherche scientifique (CNRS) et le Service national d’hydrographie et d’océanographie (SHOM). Objectif : collecter des données au large de Mayotte pour renforcer la connaissance des aléas et risques géologiques et sismiques liés au volcan sous-marin Fani Maoré, découvert en 2019.

    Déploiement en 2031

    La conception d’un tel engin constitue un défi de taille pour Alseamar, qui n’a jusqu’ici jamais dépassé 1 250m de profondeur sur ses planeurs Seaexplorer, utilisés dans la même optique depuis septembre 2021. Les données acquises lors du déploiement de ces prototypes pourront compléter celles déjà recueillies, à la demande d’Ifremer, dans le cadre du Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA). « Il y a déjà eu 1 400 jours et plus de 200 millions de points de mesure dans la zone », précise Laurent Beguery, directeur du Département des services et études scientifiques d’Alseamar. « Il y a un besoin de rassurer la population », détaille Christian Tamburini, délégué scientifique CNRS-INSU. « Le programme REVOSIMA émet des bulletins quotidiens et mensuels. Le flanc de Mayotte présente de nombreuses structures volcaniques, ainsi qu’une caldera volcanique appelée “Fer à Cheval”. Le planeur permet l’identification d’émanations de gaz (CO2, méthane), qui peuvent être un indicateur d’activité volcanique, et d’analyser des paramètres physiques et chimiques de la colonne d’eau afin d’identifier des anomalies et anticiper un changement dans le système pour évaluer les risques potentiels. »

    La conception du planeur devrait être achevée en mars 2028, et la production de trois prototypes, ainsi qu’une phase de tests en Méditerranée d’ici décembre 2029. À l’issue de celle-ci, deux nouveaux prototypes seront conçus et déployés à Mayotte en novembre 2031, pour une année de mission.