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  • [Grand entretien] Cœur de pirate : « L’anxiété est très stigmatisée »

    [Grand entretien] Cœur de pirate : « L’anxiété est très stigmatisée »

    La Marseillaise : Vous êtes de retour avec votre album Cavale sorti en 2025, il signe la fin de 3 ans d’absence. était-ce un besoin pour vous de remonter sur scène ?

    Cœur de Pirate : C’est toujours un besoin. J’ai une belle histoire avec le public en France depuis maintenant 19 ans, ce qui n’est pas négligeable. Donc je suis toujours heureuse de repartir en tournée et de les retrouver.

    Justement 19 ans de carrière en France, aux États-Unis mais aussi au Québec, c’est quoi
    le secret de cette longévité selon vous
     ?

    Cœur de Pirate : Je pense que je suis arrivée dans le milieu à un moment où les gens achetaient encore des disques, en 2008, donc l’impact que l’on avait en sortant de la musique était fou. J’ai eu la chance d’avoir un grand succès dès le début de ma carrière, ce dont beaucoup se souviennent. Il y en a qui me suivent depuis le début donc je pense que quand ils viennent me voir en spectacle c’est pour l’ensemble de ma carrière et pas juste les nouvelles chansons. Bien sûr qu’au passage ils peuvent découvrir une nouvelle chanson qui leur parle mais je ne pourrai pas dire exactement ce qui fait que ça marche encore (rires) !

    C’est un album très intime où vous avez écrit la grande majorité des textes ainsi que la musique. Que raconte cet album ?

    Cœur de Pirate : Le sujet principal de l’album c’est l’anxiété. Je pense que pendant longtemps j’ai voulu éviter ce genre de sujet en me demandant si ce n’était pas trop personnel ou si les gens allaient se retrouver dans ce que j’avais à dire. Finalement j’ai réalisé que l’anxiété est un sujet qui est universel sans compter qu’en ce moment c’est un truc de fou, les gens sont vraiment très stressés… Donc j’ai décidé de l’aborder car même si c’est très personnel c’est très général à la fois. Il y a beaucoup de stigmatisations sur les diverses formes que peut prendre l’anxiété.

    C’était important pour vous de vous raconter et de dire aux personnes qui vivent la même chose que vous qu’ils ne sont pas seuls ?

    Cœur de Pirate : Absolument. Je pense que je l’ai toujours fait dans mes albums même si je parlais d’amour autour de thématiques complexes comme les relations toxiques, certaines violences, etc. Là je ne voulais pas parler d’amour relationnel parce que je l’avais beaucoup exploré. En ce qui concerne le fait de libérer la parole je pense qu’on le fait tous un peu quand on est musicien parce que faire de l’art ça reste être engagé et être politique. Parler d’anxiété alors que c’est quelque chose qui a encore le dos large, que les gens ont tendance à rabaisser énormément ou alors de déresponsabiliser les personnes qui en souffrent… Et je ne parle pas que d’anxiété je parle de santé mentale en général. C’est important pour moi que les gens puissent se reconnaître, se retrouver dans mes chansons.

    Peut-on dire que « Cavale » est une introspection sur fond de journal intime que vous partagez avec le public ?

    Cœur de Pirate : C’est aussi une forme de thérapie. Quand j’écris une chanson ça me permet de comprendre aussi ce qui m’est arrivé c’est pour cela que je me sens très chanceuse d’avoir ce médium pour pouvoir parler de certaines choses mais c’est encore mieux si ça peut aider les gens.

    C’est un album mélancolique mais qui n’en est pas pour autant triste. Le fil rouge de « Cavale » est-il aussi celui de votre vie ?

    Je fais une musique en règle générale où il y a une dichotomie entre la musique en elle-même et les paroles de la chanson. C’est d’ailleurs ce qui me plaît parce que je pars du principe que l’on ne peut pas traverser les épreuves difficiles de la vie si on ne ressent que de la joie tout le temps. Je pense qu’il faut vivre une certaine tristesse pour progresser en tant qu’être humain. Selon moi c’est important de vivre ces émotions-là et de ne pas être dans le déni.

    Vous participez au Festival Avec le Temps, un événement engagé en faveur de l’inclusion notamment. C’est important pour vous de participer à un festival qui a du sens au-delà de l’aspect culturel ?

    Cœur de Pirate : Faire de l’art c’est politique et prendre position en tant qu’artiste via les plateformes c’est politique donc j’ai beaucoup de respect pour les festivals qui non seulement programment des gens qui sont ouverts et ont une parole libérée sur certains sujets et le line-up est très bon. Sans compter que j’adore Marseille, c’est ma ville de cœur puisque j’y passe tous mes étés et j’ai hâte de retrouver le public marseillais.

  • Premiers pas pour le gymnase inclusif de Saint-Chamand à Avignon

    Premiers pas pour le gymnase inclusif de Saint-Chamand à Avignon

    En avril dernier, la date du 2 avait été retenue pour la visite de chantier du futur gymnase inclusif, sortant de terre à Saint-Chamand, juste à côté du château. Une date faisant écho à la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. Dix mois plus tard, ce mercredi 11 février, le calendrier résonne encore d’un symbole pour l’inauguration de la structure, en ce jour de la loi de 2005, censée œuvrer à l’égalité des droits des personnes en situation de handicap. Un lieu qui va connaître ses premières activités ce samedi par un atelier de sensibilisation à l’autisme.

    Autant dire que l’émotion était forte dans les discours, à commencer par Sarah Hirsch, directrice de l’association Le Pas (Loisirs éducatifs et physiques adaptés sports), à l’origine de ce gymnase baptisé Jules-Maillet, du nom d’un ancien adhérent actif décédé il y a un peu plus de deux ans, à 27 ans. « Tu nous manques et tu es dans nos cœurs », adresse la directrice, en regardant Marc, le papa de Jules, qui a très fortement contribué financièrement à la création de ce gymnase. « Ton geste d’une immense générosité a permis de boucler ce projet à un moment où on était sans solution », salue Sarah Hirsch, remerciant aussi « la centaine de contributeurs » et son équipe désormais de 8 salariés.

    Un lieu ouvert à d’autres clubs

    Le projet d’un coût de 780 000 euros a été financé à hauteur de 30% par des fonds publics (Ville, Département, Région, CAF, MSA, Agence nationale du sport) ou privés comme la fondation Orange. « On n’a pas lâché l’affaire sur ce projet au long cours », résume la maire Cécile Helle (PS), rappelant que le sujet est en route depuis 7 ans. « On a été interpellé à raison sur la nécessité de rendre plus inclusive la pratique du sport et réaliser un tel gymnase », note l’édile, là où la municipalité a cédé le terrain pour un bail à construire. Le Pas espère aussi percevoir une subvention de fonctionnement, à ce stade bien indécise selon l’issue des urnes municipales. « À quelques semaines du renouvellement des conseils municipaux, j’adresse un message clair aux candidats, intégrez ces enjeux dans vos projets, l’égalité des chances doit être un pilier et pas un supplément d’âme », appuie Étienne Ferracci, président de la CAF de Vaucluse.

    D’une surface de 240m2, le bâtiment dispose d’un espace gymnase de 80m2 et devrait accueillir quelque 90 personnes régulièrement, dès l’âge de 3 ans et jusqu’à l’âge adulte. « Il a été conçu en suivant les recommandations de la haute autorité de santé et nos expériences de terrain », détaille Sarah Hirsch. Les fenêtres ne sont volontairement pas à hauteur des yeux, plusieurs notes de luminosité existent et le matériel est insonorisé. Mais le site se veut ouvert à tous, des partenariats avec des clubs sportifs classiques sont prévus.

  • L’horizon s’obscurcit pour les salariés d’Alinea

    L’horizon s’obscurcit pour les salariés d’Alinea

    « On sera là pour manifester notre colère, sans débordement, sans invectives », déclare, vendredi, Sébastien Laisne de la Couronne, délégué syndical central (CFDT) à Néomarché, maison-mère d’Alinea.

    À l’appel de l’intersyndicale CFDT, CFTC, FO, CFE-CGC (Sega ou Syndicat national des entreprises du groupe Auchan), les salariés feront un débrayage de 10h à 12h samedi devant le magasin Alinea, Zone des Paluds. Samedi dernier, ils étaient déjà une trentaine à s’être mobilisés, mais alors sans l’appui des syndicats.

    Depuis, les 249 salariés du magasin Alinea Aubagne et du siège social de l’enseigne dans la ville ont appris que le principal repreneur roumain d’Alinea, la SDC Holding, qui envisageait de reprendre 575 des 1 172 salariés de l’enseigne au niveau national, avait retiré son offre… L’enseigne a été placée en redressement judiciaire depuis le 20 novembre dernier par le tribunal des activités économiques de Marseille.

    Offres inacceptables

    Si tout n’est pas perdu, la menace de la liquidation judiciaire de cette enseigne créée en 1988 à Avignon prend de plus en plus corps… « Le juge ne s’est cependant pas encore prononcé. Il le fera d’ici mi mars. Car tous les repreneurs qui ont fait des offres de reprise auprès du tribunal jusqu’au 26 janvier dernier, ont jusqu’au 2 mars pour présenter des offres bonifiées », explique le cédétiste.

    Selon une salariée du magasin Alinea à Aubagne, syndiquée au CGC- CFE- SEGA, « les négociations des syndicats au sujet du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) sont au point mort. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a un appel à mobilisation samedi ». Sébastien Laisne précise : « On n’est pas du tout d’accord avec ce que nous proposent les actionnaires de l’association familiale Mulliez (AFM). Si on se place dans la situation la plus défavorable, c’est-à-dire la liquidation judiciaire, la prime de PSE passerait de 5 000 euros par salarié licencié à environ 2 500 euros. Les salariés ne peuvent pas accepter d’être traités comme ça ! » Dans le tract diffusé par la CFDT, on peut lire : « Les salariés subissent aujourd’hui les conséquences de décisions prises par un actionnaire qui en 2020 avait déjà procédé à un redressement judiciaire afin d’écraser les dettes dans son propre intérêt. » Aujourd’hui encore, « ce sont des centaines d’hommes et de femmes qui s’apprêtent à perdre leur emploi. L’actionnaire reste sourd à l’appel des salariés », poursuit le tract. « La galaxie Mulliez pèse des milliards, mais les salariés sont licenciés à moindre coût… »

    Vendredi matin, le candidat aux municipales Jean-Pierre Squillari (liste Aubagne en commun, gauche, écologistes et citoyens) a publié un communiqué. « Je veux assurer les salariés de ma solidarité pleine et entière. Avec mes amis, nous nous tenons à leur disposition », écrit le candidat. « Le secteur du commerce évolue, c’est un fait. Mais ce n’était pas la première alerte pour Alinea. L’anticipation n’a pas été au rendez-vous. Quand un groupe verse des dividendes massifs et qu’une filiale s’effondre, la question des priorités est posée », commente-t-il.

  • La Région en butte aux coupes budgétaires de l’État

    La Région en butte aux coupes budgétaires de l’État

    Jamais une séance plénière du conseil régional n’aura été aussi rapide. En moins de deux heures ce vendredi matin, l’entièreté de l’ordre du jour était balayée. Et pour cause, il n’y figurait, en dehors des questions orales et motions, que deux points à l’ordre du jour. Dont un passage obligé : le débat d’orientations budgétaires, préalable à l’adoption du budget prévue au mois d’avril.

    En guise d’introduction, le vice-président (Centriste) délégué aux finances Jean-Pierre Colin alerte sur « un amoncellement inquiétant de nuages ». L’addition des coupes budgétaires certes est moins sévère que ce qui était initialement prévu. Mais aux 60 millions d’euros déjà retirés en 2025 s’ajoutent de nouveau 60 millions d’euros en moins pour les finances régionales. La collectivité se rattrape grâce aux hausses des taxes sur les cartes grises et la mise en place du versement de mobilité régionale, dont le taux a été rapidement divisé par deux face à la fronde patronale. « La Région se donne des moyens pour poursuivre les priorités de la mandature sans renoncement », promet l’élu seynois. À savoir la rénovation des lycées, les infrastructures routières et ferroviaires, la transition écologique et surtout l’accueil des Jeux d’hiver 2030.

    « Le problème n’est pas d’investir », tente dans l’opposition d’extrême droite Coline Houssays (RN). Mais malgré cela elle réclame « une ligne rouge financière explicite ». Et s’oppose au nom de son groupe à la trajectoire financière régionale en déplorant « une région hyperactive ». « À quoi servirait un budget équilibré face à une région qui stagne ? À rien ! » l’interpelle le président du groupe majoritaire Pierre-Paul Leonelli face à la tentation austéritaire de l’extrême droite. « En ce qui concerne notre hyperactivité, tant mieux, ironise à sa suite Renaud Muselier. Mais je ne suis pas un canard sans tête qui court partout : nous nous sommes fixé un cap, et dans la région, ça fonctionne plutôt bien. » Il assume les coupes réalisées – « nous ne sommes pas le tiroir-caisse des autres collectivités » – et la priorité donnée aux Jeux « pour accélérer l’aménagement de notre territoire et avoir des arbitrages positifs sur l’ensemble de nos dossiers ». Et d’énumérer toutes les avancées récentes, du rail à l’industrie.

  • Au conseil régional, l’extrême droite veut la peau du Ceser

    Au conseil régional, l’extrême droite veut la peau du Ceser

    Dès l’ouverture de la plénière du conseil régional, ce vendredi matin, le président du Comité économique, social et environnemental régional (Ceser) Marc Pouzet avait donné le ton. « La démocratie a un coût, mais elle le vaut bien, elle ne peut être à géométrie variable », assénait-il. L’adoption en commission mixte paritaire, le 20 janvier dernier, du projet de loi de « simplification de la vie économique » prévoit en effet de rendre en effet facultative dans chaque région l’existence de cette instance consultative qui réunit représentants du patronat, des organisations syndicales et du monde associatif. « Le Ceser est utile, nécessaire et légitime, insiste Marc Pouzet. Une région qui s’appuie sur la diversité des points de vue est plus forte, plus résiliente. Nous devons continuer à débattre, à vous apporter ce dialogue indispensable entre la société civile organisée et représentative, et l’exécutif, quel qu’il soit. »

    Déjà au mois de mars 2025, un amendement adopté en commission qui prévoyait de supprimer purement et simplement le Ceser avait suscité une levée de boucliers. Le débat à l’Assemblée national l’avait finalement expurgé. Mais face à cette nouvelle attaque, l’instance a adopté une motion lors de sa réunion mercredi, dénonçant « une remise en cause majeure de la démocratie représentative, de l’équilibre républicain ». « Les Ceser sont des outils indispensables à la mise en œuvre de politiques publiques pour qu’elles répondent aux besoins de la population. Aussi, les attaquer constitue clairement un basculement dans le fonctionnement de notre République », complétait le secrétaire du comité régional de la CGT, Patrice Kantarjian.

    Dans l’hémicycle régional, c’est la vice-présidente Jacqueline Bouyac (Hor.) qui reprend la motion. « Rendre facultative l’existence même de ces assemblées affaiblit structurellement la place de la société civile organisée dans les territoires, et transforme un pilier démocratique en simple option politique », déplore-t-elle. Et d’assurer que les avis rendus pour l’instance restent utiles pour orienter les politiques du conseil régional, citant les travaux réalisés sur l’accueil des Jeux d’hiver 2030, sur l’agriculture méditerranéenne, sur les violences faites aux femmes… « Au moment où la démocratie est mise à l’épreuve, elle doit puiser dans ses institutions la force de se réinventer pour rassembler la société, poursuit l’élue. Les Ceser sont une partie de la solution, car ils sont un espace de dialogue, d’anticipation et de co-construction entre les forces vives des régions. »

    « La vraie vie »

    À l’autre bout de l’hémicycle, l’extrême droite demande le retrait de la motion. En prenant la parole, l’élue RN Laure Chevalier réduit l’assemblée qui regroupe 62 organisations patronales, syndicales et associatives à « des réunions d’entre soi d’auto-congratulation ». Et de considérer cette instance de consultation démocratique comme une simple dépense superfétatoire : « À l’heure où l’État semble devoir réduire notre budget, nous ne pouvons plus nous permettre ce luxe, il faut réduire la dépense publique. Supprimer les Ceser, c’est une option peu délétère qui fait économiser plusieurs millions d’euros. »

    « Sur le volet entre-soi, je ne crois que vous n’avez pas très bien compris ce qu’est le Ceser », ironise le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. Rappelant que les membres de l’assemblée consultative « ne nous donnent pas toujours raison, loin s’en faut ». Et pour cause, l’avis rendu sur les orientations budgétaires de la Région interpelle l’exécutif sur l’absence d’évaluation de l’ouverture à la concurrence, sur la baisse du versement mobilité régionale, sur les coupes pour la formation professionnelle. Mais malgré cela, le président de la collectivité rappelle l’importance de ces corps intermédiaires, qui arrivent à débattre pour produire « une synthèse de gens qui sont dans la vraie vie ».

    Hommage à Josy Chambon

    En ouverture du conseil régional, le président (Ren.) Renaud Muselier a rendu hommage à l’élue varoise présidente de la commission santé de la Région Josy Chambon, disparue le 30 janvier dernier. «Notre Josy s’est tue, et son silence fait un bruit immense», partageait-il. Et de saluer : «Elle ne dissociait jamais l’engagement humain de l’engagement public, un problème amenait une réponse, pas un commentaire.» Il s’engage à ce que l’institut de formation public varois des professions de santé à La Garde, qu’elle dirigeait depuis 1992, prenne son nom.

  • Une exposition à Marseille sur le retour du transbordeur

    Une exposition à Marseille sur le retour du transbordeur

    Une étonnante exposition sur un éventuel retour du transborder, infrastructure permettant de transporter des véhicules d’un quai du Vieux-Port à un autre, s’ouvre ce samedi à la Consigne sanitaire, 3 quai du port (2e). En place jusqu’au 27 février, elle présente l’historique du pont, en place à Marseille pendant 40 ans avant d’être détruit par l’armée allemande en 1944. Mais aussi le projet de sa réhabilitation envisagé au niveau de son ancienne localisation, à l’entrée du port.

    Portée par l’association Les transbordés de Marseille et l’architecte Paul Poirier, l’idée est affichée comme aboutie, prête clés en main pour les collectivités, avec des financeurs privés décidés à investir. Car le coût d’un ouvrage de cette ampleur est colossal : 100 millions d’euros selon les chiffres communiqués par l’association. De quoi justifier l’appel à des firmes internationales pour aménager la ville selon l’architecte.

    Balade payante

    « On sait que Marseille, en tant que tel, n’a pas les moyens de financer un tel projet. On a donc imaginé un objet qui s’autofinance avec les entrées », détaille Paul Poirier sans révéler le nom des entreprises motivées pour régler la note. Une passerelle financée par des privés donc, à laquelle le public accéderait par des ascenseurs payants. à ce sujet, Paul Poirier imagine un tarif différencié pour les Marseillais et les touristes, même si cet aspect reste flou. « Les Marseillais ne devront pas payer le prix de ceux qui viennent de l’extérieur. On pourrait imaginer que ça soit inclus dans le pass RTM », suggère l’architecte nantais. Pour les autres, il table sur un ticket à 10 euros. En plus des promeneurs clients, la passerelle, hissée à 60 mètres de haut, accueillerait des commerces : restaurants, rooftop et hôtel de 60 à 80 chambres. Les locaux aériens sont tout de même imaginés « en transparence » pour ne pas « barrer la vue », précise Paul Poirier. Une nacelle suspendue au pont par câbles permettrait par ailleurs de faire passer des véhicules d’un quai à l’autre.

    Le projet n’est pas neuf

    Né dans les années 2010 en même temps que l’association Les transbordés de Marseille, le projet s’était déjà vu rejeté en 2017 par Jean-Claude Gaudin (LR), alors maire de la ville. Dans un entretien accordé à Made in Marseille , il assurait à l’époque : « Le conseil municipal est contre et seul Renaud Muselier (LR) continue à parler de ce sujet. » Encore aujourd’hui vif soutien du projet, l’actuel président (Ren.) de Région publiait vendredi, sur X, un message incitant les Marseillais à visiter la nouvelle exposition, évoquant un « pont qui fera de Marseille une ville-monde ». Dans une interview elle aussi publiée par Made in Marseille, Martine Vassal (DVD), candidate à la mairie, assure à propos du transborder qu’il n’y « aura pas les moyens de tout faire » et qu’il faut « faire les choses dans l’ordre ». De quoi, peut-être, se laisser le temps, et l’argent, de s’occuper du reste des modes de transports marseillais. Aucun autre candidat ne s’est engagé à défendre ce projet.

  • Un État au « rendez-vous » sur la sécurité à Marseille

    Un État au « rendez-vous » sur la sécurité à Marseille

    Visite au pas de charge, ce vendredi 13 février, pour le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et celui de la Ville, Vincent JeanBrun. « J’avais promis, en tant que chef de file du plan “Marseille en grand”, de faire venir le gouvernement très régulièrement à Marseille et là, tous les mois depuis trois mois, nous sommes au rendez-vous », explique ce dernier. Le but : « Montrer la détermination de l’État à faire en sorte que les Marseillais soient en sécurité », insiste-t-il.

    Avec, pour commencer, une séquence prévention, de bon matin sur la scène internationale du Zef, au Merlan (14e). La préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, joue les maîtres de cérémonies, présentant aux ministres les jeunes du centre social Saint-Barthélémy qui ont créé leur compagnie, Héritage, et monté une pièce, « Discrimination ».

    « En 2021, il y avait beaucoup de tension avec la police, des échanges musclés », raconte Saïd, coordinateur jeunesse, parti avec les jeunes sur l’idée d’un travail sur les « droits et les obligations ». Suivi d’audiences en comparution immédiate ou rencontre avec le défenseur des droits ont étayé le propos. « On s’est inspiré des témoignages des victimes pour écrire nos textes, raconte Doria. J’ai grandi en tant que citoyen alors que j’aurai pu divaguer, fréquenter des [mauvaises] personnes », témoigne Nassim, sous le regard admiratif des représentants de l’État.

    Sur le terrain, on demande des moyens

    Les acteurs de terrain racontent aussi les difficultés à mener des actions pourtant efficaces. « Pour maintenir ces équipements, il nous faut du soutien, pas forcément financier, mais des contrats aidés qui se raréfient. Nous avons besoin de moyens, nous les demandons », pose Valérie Samai, directrice du centre social Saint-Gabriel.

    Il faudra attendre la fin de la séquence « balade » dans le parc de la Porte d’Aix et son jardin partagé, animé par l’association « les minots de Saint Charles », pour tenter d’avoir une réponse ministérielle. Pas de précision sur un éventuel renforcement du budget alloué à la prévention, mais la certitude qu’il faut « un continuum » martèle Vincent Jeanbrun.

    Seule mesure évoquée ce jour-là pour « faire en sorte qu’on ne laisse pas la rue aux voyous », la mise en place de groupement interbailleur de sécurité, comme à Paris ou Montpellier. Concrètement ni des policiers, ni des médiateurs, ni des vigiles, mais des agents de sécurité privée qui, pour maintenir la tranquillité la nuit, font des rondes, nous apprennent sur son site internet l’Institut Paris Région, ex-Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région parisienne. « “Marseille en grand”, c’est un volet sécurité important, mais la lutte contre les trafics passe aussi par la prévention », plussoie Laurent Nuñez, qui veut « donner un signe fort » avant de repartir pour l’Évêché. Bref, en matière de moyens, on repassera…

    Renouer avec l’Algérie

    Laurent Nunez se rendra en Algérie, ce lundi, pour deux jours de réunions de travail avec son homologue. Après des « échanges techniques, on passe à la phase politique », a-t-il expliqué, « pour discuter les questions de sécurité. Cela concerne le trafic de stupéfiants, l’immigration illégale… »

    Une « autre approche », a estimé le ministre de l’Intérieur, dans un contexte diplomatique tendu.

  • Olivier Faure en soutien des « combattants » progressistes en Vaucluse

    Olivier Faure en soutien des « combattants » progressistes en Vaucluse

    Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure se présentait face à la presse vauclusienne, ce vendredi 13 février, pour apporter son soutien aux candidats aux municipales investis ou soutenus par le parti à la rose dans le Département. Première étape avant de se rendre à Aix, Toulon et Nice dans les prochains jours.

    Des « combattants et combattantes », comme il les qualifie, qui se présentent dans un peu plus d’un mois, notamment à Avignon et Morières-lès-Avignon, avec respectivement David Fournier et Annick Dubois, tous deux aux côtés du député de Seine-et-Marne. Mais aussi à Pernes-les-Fontaines, Cavaillon, Malaucène, Mérindol et Vaison-la-Romaine, liste-t-il, légèrement aidé par le sénateur socialiste de Vaucluse Lucien Stanzione, qui se tient juste à côté.

    Mais des « combattants » impliquent donc un combat et un adversaire. Celui-ci a déjà été évoqué la veille lors de la réunion publique du prétendant à la mairie de la Cité des Papes : l’extrême droite. « Il y a des territoires plus difficiles avec des maires d’extrême droite sortants. Je serai partout où il y a besoin d’encourager les socialistes qui se battent. C’est là à la fois mon devoir et une façon aussi de donner du courage à celles et ceux qui parfois ont baissé les bras, considérant que désormais il y avait une forme de ville ouverte pour l’extrême droite. Ce qui n’est absolument pas le cas », assure-t-il sous les acquiescements de la candidate moriéroise, qui sera opposée au maire sortant du RN, Grégoire Souque, le 15 mars.

    Quid des insoumis

    Alors qu’à Avignon, un rapprochement avec LFI n’a pas été totalement écarté au second tour, la question d’une consigne venant de plus haut se pose. Le premier secrétaire « observe que le plus souvent, leur objectif n’est pas de faire gagner la gauche mais de la faire perdre » et « ne leur pardonnerait pas de faire le jeu de l’extrême droite au second tour », sans insister plus que ça. Mais il confie son « ras-le-bol de voir, d’un seul coup, des gens tout mélanger, à dessein, pour mieux réintégrer le RN dans l’arc républicain et en sortir une partie de la gauche », pointant notamment la présence de certains LR dans des listes d’extrême droite…

  • Les belles valeurs d’un solide Toulonnais engagé

    Les belles valeurs d’un solide Toulonnais engagé

    Derrière la carrure imposante de cet ancien pilier du RCT qu’il ne faut pas trop chatouiller se cache un être plein de générosité, à l’écoute des autres et complètement engagé pour sa ville, son parti et pour la défense des travailleurs de l’Arsenal. Une boîte qu’il intègre à l’âge de 15 ans et demi après avoir réussi le concours des apprentis et où il apprend son métier d’électromécanicien sur les sous-marins. Et dans laquelle il assume aujourd’hui le rôle de secrétaire général de la CGT. Un syndicat qui va jouer complètement son rôle émancipateur d’école de la vie le confrontant aux rudes luttes sociales qui se mènent à la Sorbe. Autant dire qu’il vaut mieux éviter de lui en promettre ou d’user de la langue de bois pour l’embrouiller.

    « Ça t’apprend à travailler avec des gens qui ne sont pas du même syndicat que toi, qui n’ont pas complètement les mêmes idées que toi. Ça t’apprend aussi qu’on n’a pas tous la vérité mais que si on reste sur les valeurs, on peut trouver un terrain d’entente », explique-t-il sobrement. Un sens du dialogue et de l’écoute également très apprécié de Toulon en Commun où il fait l’unanimité.

    Des attentions qui vont pour lui de soi : « Il y a neuf partis différents, alors forcément on ne pense pas toujours la même chose sur tout. Mais par contre, on a un objectif commun. Et on a des valeurs communes qui nous rassemblent. Et c’est ce qui fait qu’au-delà de l’aventure humaine qui m’intéresse aussi, parce que je place les hommes et les femmes avec qui je m’engage en premier, on trouve un chemin commun. »

    Son entrée en politique se fait avec la même force d’engagement, sans faire semblant. Cela se concrétise en 2020-2021, juste après le Covid. Il sera candidat aux élections départementales avec l’étiquette du Parti communiste.

    « Quand je décide d’adhérer à une démarche j’ai du mal à rester spectateur. J’aime bien m’investir, apporter ma pierre à l’édifice et essayer de faire changer les choses qui ne me plaisent pas, mais dans les règles de la structure où je suis en essayant de la faire évoluer en discutant, en parlant pour faire avancer les idées. »

    Ce que nous ne connaissions pas en revanche c’est son implication avec tout autant d’enthousiasme dans le milieu associatif. Et comme le gaillard préfère parler des autres que de lui-même, l’info est venue de son entourage politique. Interrogé, il acquiesce sobrement : « Oui, quand mes deux filles ont pris leur envol définitif, ça m’a libéré du temps. Alors, en accord avec mon épouse… »

    L’asso qui s’appelle « Étoile d’une nuit » maraude sur Toulon et vient en aide aux personnes démunies, sans-abri ou qui parfois ont un boulot mais avec un salaire qui ne leur permet pas de boucler les fins de mois. « Surtout les 30 derniers jours, comme dirait Coluche », ironise-t-il. Et d’expliquer : « Quand on a une vie meilleure que les autres, on ne construit pas des murs, mais on agrandit la table. Donc j’essaie de mettre en action ce credo en amenant un repas chaud, des vêtements chauds, un moment de partage, une discussion, une plaisanterie avec des gens. Tous les jeudis soir on est à la Porte d’Italie. »

    Dans tous ses combats on retrouve la même philosophie, le même humanisme… Mais il insiste, comme pour minimiser : « J’ai la chance de n’avoir jamais eu de soucis professionnels, j’ai toujours eu un salaire, je n’ai jamais eu de problèmes de santé graves. Alors, pourquoi ne pas donner un peu ? »

    Et de dire sa fierté du programme de Toulon en Commun qui porte « une vision pour la ville à court, moyen et long termes avec des propositions pour améliorer la vie des gens au quotidien mais aussi pour anticiper les effets du changement climatique ».

    Bref, un valeureux Toulonnais de 59 ans qui a vaillamment porté le maillot rouge et noir du RCT et qui est encore prêt à tout donner pour faire gagner son équipe, les valeurs de la gauche et de l’écologie.

  • À Septèmes, André Molino réunit une liste fraternelle

    À Septèmes, André Molino réunit une liste fraternelle

    « Une ville de solidarité, de fraternité, de progrès social, du vivre ensemble », a réaffirmé le maire sortant, André Molino. En poste depuis 1999, à 78 ans, dans la salle Fernad-Ros, l’édile a rassemblé autour de lui la nouvelle équipe municipale, solide, expérimentée et forte dix nouvelles volontés prêtes à continuer à construire « un avenir au service de l’intérêt général » dans une « ville à taille humaine, où on se connaît ».

    Divers, complémentaires

    Sur la liste présentée au public par Audrey Cermolacce, on retrouve des élus bien connus des Séptèmois pour leur engagement au service de tous. La première adjointe Sophie Celton, pour sa lutte contre l’habitat insalubre, qui veut « mettre en place le permis de louer », Patrick Magro, médecin retraité, Sophie Laurent qui a œuvré à l’ouverture de la médiathèque, Djeloul Ouaret, directeur de centre social, Hervé Vaquer-Torlinos, éducateur spécialisé, Ludovic Di Méo, technico commercial, Deni Cani, retraité de la réparation navale ou Gégard Escoffier, officier de gendarmerie à la retraite.

    Tous prêts à resigner pour continuer à se battre pour offrir des services publics et une qualité de vie aux habitants de ce grand village en dépit « du désengagement progressif de l’État », a souligné le maire.

    Leur bilan parle pour eux : développement des transports, école de qualité, renforcement de l’offre de santé avec l’acquisition de biens immobiliers pour une maison et un centre de soins, dynamisme associatif, urbanisme maîtrisé dans le respect de l’environnement. La large diversité de compétences de l’équipe municipale vient s’étoffer de nouveaux candidats. Hadrien Machet, 18 ans, travailleur social en formation, Léa Le Deist, enseignante et bénévole au Secours populaire, Corentin Boissié, élève ingénieur, Bruno Faure, Rémy Favaloro, Hervé Vaquier-Tolinos, éducateur spécialisé depuis 25 ans, Laetitia Abel-Tiberini, Lionel Ortiz, Ghylaine Coutelle, cadre de santé retraitée, et Shéhérazade Hassad, habitante de la Gavotte-Peyret, s’engagent à relever le défi de cette construction collective de l’avenir.