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  • Un réseau international de trafic de cocaïne et de blanchiment démantelé à Marseille

    Un réseau international de trafic de cocaïne et de blanchiment démantelé à Marseille

    Trois ans d’enquête auront été nécessaires, impliquant une équipe commune à la France, l’Italie, la Belgique et la Suisse avec aussi le soutien d’Europol, pour venir à bout d’un réseau de blanchiment et de trafic de cocaïne au profit de la Camorra et de la ‘Ndrangheta, indique le Parquet de Marseille, ce jeudi 26 février. Jusqu’à cette opération coordonnée dans les quatre pays, le 23 février.

    En France, une soixantaine de gendarmes de la section de recherche de Marseille ont notamment été mobilisés et ont interpellé quatre personnes. Plusieurs véhicules de luxe ont été saisis, mais aussi des biens estimés à 5 millions d’euros, de la cryptomonnaie pour 60 000 euros et 26 000 euros en numéraire. Trois autres personnes ont été arrêtées côté italien.

    Des millions d’euros blanchis

    Les enquêteurs ont remonté la piste de l’argent, explique Europol dans un communiqué. « Ce qui a commencé par des mouvements financiers suspects a révélé un système de blanchiment sophistiqué au service de membres de la Camorra et de la ‘Ndrangheta. Derrière des sociétés écrans, de fausses factures et des investissements de luxe, des millions d’euros provenant du trafic de cocaïne étaient blanchis et réinvestis à travers l’Europe », précise l’agence européenne de police criminelle.

    Menée en France par la section de recherche de la gendarmerie des Bouches-du-Rhône, sous la houlette de la JIRS (Juridictions inter-régionales spécialisées) de Marseille, l’enquête permet d’identifier un ressortissant monténégrin, à la tête de plusieurs sociétés en lien avec des sociétés italiennes, qui fera partie des interpellés. Installé dans la région de Cannes avec sa compagne, il vit avec son gendre italien, connu des autorités italiennes pour blanchiment d’argent, fraude et infractions liées aux armes, poursuit Europol.

    Un réseau de blanchiment est mis au jour, lié à un trafic de cocaïne à grande échelle importée d’Amérique du Sud vers l’Europe. Le groupe criminel étant soupçonné d’avoir coordonné des expéditions maritimes de grandes quantités de drogue. « Très structuré », le réseau mis en place s’appuyait sur « d’importantes ressources financières, des crypto-actifs, des déplacements transfrontaliers hebdomadaires en véhicules de luxe équipés de » caches « sophistiquées » et des entreprises « s’étendant sur plusieurs juridictions ».

  • Debout face au péril RN : à Avignon, une défense active des services publics

    Debout face au péril RN : à Avignon, une défense active des services publics

    « Les élections municipales sont un moment important de la vie démocratique. L’extrême droite et la droite extrême portent des orientations racistes, antisémites, homophobes, sexistes et violentes », lance Serge Andreozzi, du bureau de la CGT des retraités, ce jeudi 26 février, devant l’Hôtel de Ville d’Avignon.

    À quelques semaines du scrutin, une trentaine de militants vauclusiens ont ainsi souhaité porter leurs revendications et rappeler que les politiques portées par les partis les plus à droite de l’échiquier ne répondent pas aux besoins de la population du Vaucluse, cinquième département le plus pauvre de France.

    Tout en ciblant, également, le clan macroniste. « On a un personnel politique qui, pendant des années, est entré dans le macronisme actuel. C’est-à-dire une société tournée vers la consommation plutôt que vers la création, ce qui accentue la précarité », regrette Gilles Fournel, également membre du bureau CGT retraités. Il plaide pour un développement industriel au détriment de nouvelles surfaces commerciales. « On était, il n’y a pas si longtemps, le département au plus fort ratio entre la taille et les mètres carrés de centres commerciaux en France. On voit où ça mène », regrette-t-il.

    Contre « la précarité »

    Aux côtés des organisations CGT de retraités des autres départements, les militants vauclusiens mettent particulièrement l’accent sur la défense et le développement des services publics. Ainsi, ils souhaitent la création, à Avignon, d’un Ehpad public « à des conditions de tarifs et d’accès qui permettent à chacun de pouvoir y accéder », précise Serge Andreozzi, pour qui l’absence d’une telle structure ajoute « de la précarité » aux difficultés déjà présentes dans la population. Ou encore la création de centres de santé publics. « L’espérance de vie en bonne santé a arrêté d’augmenter du fait de la difficulté d’accès aux soins », confie Cécile David, également membre du bureau.

  • À Digne-les-Bains, la gauche est absente du scrutin

    À Digne-les-Bains, la gauche est absente du scrutin

    « Électoralement, on avait un boulevard, puisqu’on aurait été la seule liste de gauche face à cinq listes de droite et du centre, avec le RN sur le point de sortir du bois », mais « le nombre de colistiers a pêché », regrette Alexandre Georges, porte-parole du Printemps dignois, dans les Alpes-de-Haute-Provence. La liste avortée, qui voulait rassembler plusieurs forces de gauche, comme le Parti communiste, le Parti socialiste et le PRG (Parti Radical de Gauche), avait regroupé « une vingtaine de citoyens ». « On pensait que les partis allaient pouvoir fournir le reste pour qu’on atteigne les 33. Je suis un peu tombé de ma chaise à ce moment-là, parce que je me suis dit qu’il fallait absolument que les gens reviennent dans les partis et l’engagement politique », lance Alexandre Georges.

    « Il faut impérativement que les gens se réinvestissent dans l’engagement partisan. Voir des partis qui, à eux tous, ne peuvent pas compléter le reste de la liste, ça m’a fait un peu de peine. J’ai connu un PS et un PC forts dans le département quand j’étais petit », déplore le porte-parole du Printemps dignois. « J’ai l’impression que l’engagement partisan s’est essoufflé dans le département. Si on ne peut plus présenter de listes de gauche, la gauche disparaît », affirme-t-il.

    Ayant grandi dans le département, dans un environnement militant, ancré à gauche, le porte-parole du Printemps dignois admet « avoir peut-être surestimé les forces militantes à gauche ». « Pour la première fois, Digne-les-Bains n’a pas de liste de gauche. Je suis inquiet pour les élections », avoue-t-il.

    Un « sursaut de la gauche » nécessaire

    Le Printemps dignois portait un projet écologique et social, de soutien aux organisations syndicales, aux associations, aux services publics, de lutte contre les discriminations, d’augmentation de l’impôt foncier, de gratuité des transports en commun et de revitalisation du centre-ville. Les partisans du Printemps dignois ne baissent pas pour autant les bras et veulent continuer à militer.

    « Il va vraiment falloir un sursaut de la gauche. On a un an pour le faire, on va y travailler. On a acté, pour ne pas se retrouver démunis aux prochaines échéances électorales, que le Printemps dignois allait continuer à exister, à mener des actions et rester dans la bataille avec les gens qu’on a rassemblés », affirme Alexandre Georges. Les militants comptent notamment s’investir contre la loi Duplomb et les suppressions de postes à l’hôpital de Digne-les-Bains, en appui des syndicats. Le Printemps dignois prévoit, par ailleurs, de fonder une association de soutien.

    Quatre élus socialistes ont quitté, mi-février, la liste de Francis Kuhn, candidat de la majorité sortante et actuel premier adjoint au maire de Digne-les-Bains, après le ralliement de deux colistiers LR. « Francis Kuhn a imposé sans concertation préalable l’arrivée de deux responsables de la droite locale », avaient-ils alors déploré dans un communiqué. La secrétaire de la section du PS de Digne avait annoncé saisir les instances nationales, affirmant qu’ils savaient « à quoi s’attendre » en rejoignant cette liste.

  • À Morières, Annick Dubois veut remettre le RN à la porte

    À Morières, Annick Dubois veut remettre le RN à la porte

    Le déficit de notoriété ? Annick Dubois ne connaît pas. « On se rend compte à chaque fois que c’est quelqu’un de très connue et appréciée », commentent de concert Salima Ouannai et Carinne Serrat. Ce mercredi en fin de journée, les deux colistières accompagnent Annick Dubois dans une séquence de porte-à-porte. La candidate (PS), qui mène une large liste d’union de la gauche, est loin d’être étrangère. Installée à Morières depuis plus de 40 ans, l’actuelle élue d’opposition a longtemps été impliquée dans la vie associative avant d’être élue dans l’ex-majorité en 2001 puis 2008, en charge des affaires sociales puis des festivités.

    Autour de la résidence de la Bastide des Cépages, Annick Dubois connaît bon nombre d’habitants derrière les portes ou portails. « Pas besoin ici, il est déjà avec nous », glisse-t-elle régulièrement, prenant le soin aussi d’éviter la demeure de l’ancien maire Joël Granier (DVG), qui s’était présenté contre elle en 2020, contribuant notamment à voir le RN de Grégoire Souque accéder à la mairie. « Il a gagné par défaut », aime à rappeler Annick Dubois. Sa liste, Engagés et solidaires pour Morières, compte bien faire mentir le maire sortant qui lors de son lancement de campagne s’imaginait déjà réélu avec 70% des voix. « On ne le voit pas ou peu sur le terrain, par contre, il nous attaque fort sur les réseaux sociaux, nous accusant d’être de la gauche qui tue », déplore Salima Ouannai. « C’est un signe de fébrilité, veut croire Annick Dubois. On a beaucoup de retours de déçus qui ont essayé Souque et qui s’aperçoivent bien que la ville ne s’est pas améliorée même sur la sécurité. »

    Un tract sur les promesses non tenues

    C’est donc par le terrain que celle qui est aussi conseillère départementale entend reconquérir la mairie. « Il n’y a que deux listes, donc il n’y aura qu’un tour », prévient-elle à l’adresse d’une dame âgée que la candidate… reconnaît. « Ne vous trompez pas [de vote] », « Ah ben ça, non ! », réplique l’habitante, inquiète le soir face à l’absence d’éclairage public. « C’est prévu dans notre programme de le remettre, le maire le dit aussi alors que c’est lui qui l’a coupé », ironise Annick Dubois. La petite délégation fait face à plusieurs portes closes ou résidents grincheux qui rejettent tous les politiques.

    « On nous parle beaucoup du manque de festivités et d’animations dans le centre-ville », note Carinne Serat qui, si elle est élue, sera en charge de ce volet qui vise à remettre « du lien social », un des fils rouges du programme. L’équipe d’Annick Dubois prévoit la diffusion prochaine d’un tract sur les promesses non tenues du maire RN. « Il sera épais ! », prévient-on déjà.

  • Debout face au péril RN : à Marseille, les retraités CGT réclament du progrès social

    Debout face au péril RN : à Marseille, les retraités CGT réclament du progrès social

    « Les retraités sont porteurs d’une mémoire des luttes sociales. Ils connaissent le recul des libertés que pourrait amener la montée de l’extrême droite au pouvoir. » Sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Marseille, Jean Pugens, membre du bureau de l’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône (USR CGT 13), martèle que « les prochaines échéances électorales doivent s’inscrire dans le progrès social ». Et pour cela, l’organisation, « forte de ses 4 600 syndiqués retraités dans le département », mène une opération coordonnée avec des points presse dans toute la région. « Nous tenons à informer la population sur ce que vote l’extrême droite en France. Elle semble vouloir faire le bonheur du peuple, on sait que c’est faux », développe le syndicaliste retraité. Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca, appuie la démarche : « L’extrême droite cible la région pour se développer, avec cette action coordonnée de l’USR, cela montre que la CGT intervient dans le débat public. »

    En clair, le syndicat espère « convaincre le maximum de retraités de ne pas basculer à l’extrême droite », comme le résume Claude Mas, secrétaire générale de l’USR CGT 13. « Les retraités prennent leurs responsabilités comme citoyens, au-delà d’appeler à voter pour les forces progressistes, on a aussi des retraités qui s’engagent dans des listes », développe-t-elle. De quoi faire le lien avec la position de l’Union départementale CGT 13 (UD CGT13) rappelée par le secrétaire de l’organisation, François Canu : « La CGT est indépendante des partis politiques, mais n’est pas neutre, elle a toujours pris ses responsabilités. »

    La marina d’Allisio ne passe pas

    Les syndicalistes prennent des exemples concrets de « l’imposture sociale du RN ». « L’extrême droite vote contre la hausse du Smic à l’Assemblée, elle vote la réduction de 4,9 milliards les dotations pour les collectivités », explique François Canu. Et de prendre un exemple local : « Quand Franck Allisio [candidat RN à la mairie de Marseille, Ndlr.] propose de faire une marina sur le port de Marseille, alors que l’industrie dans le département est déjà en difficulté. C’est la preuve qu’ils ne sont pas dans le camp des travailleurs. » L’UD CGT 13 a justement développé cette position dans un communiqué de presse dans la journée et dénonce : « La transformation des Bassins portuaires de Marseille en marina de la Joliette à la tour CMA révèle une vision fondée sur la spéculation immobilière et des marinas de prestige. » Et pointe une « menace directe sur l’équilibre industrialo-portuaire de la ville et les 17 000 familles qui vivent de cette activité ». Claude Mas conclut : « ça aura un impact négatif sur l’emploi industriel et donc sur les pensions de retraite. L’économie du tout-tourisme ne fait pas vivre. »

  • « Toulon, mon parti » présente sa feuille de match

    « Toulon, mon parti » présente sa feuille de match

    « Cette liste reflète la méthode, et la manière dont on va pouvoir gérer la ville », commence la maire sortante SE Josée Massi. Une méthode qu’elle résume par : écouter, concerter, et essayer.

    Une équipe renouvelée à 85% dans laquelle se retrouve mêlées les compétences de chacun complétée par l’expérience des élus sortants, avec une moyenne d’âge de 54 ans. Et de poursuivre : « Je n’ai pas cherché à faire un casting ni à recruter forcément des noms connus mais des personnes capables de décider, diriger et puis gérer. »

    La première magistrate sortante a rappelé ensuite les trois piliers sur lequel s’appuie son projet qui sont : la sécurité, la proximité et l’attractivité économique et écologique.

    Pour ce qui concerne la sécurité la liste accueille des magistrats, dont l’ancien procureur de la République d’Ajaccio Thomas Pison, des avocats (Me Lhotellier et Me Khalfaoui) mais aussi des acteurs de la protection sociale, comme l’actuel directeur de la CAF Julien Orlandini.

    « La sécurité relève d’une politique globale : il faut à la fois de la prévention et de l’accompagnement et de l’autorité », précise-t-elle.

    Sur la proximité, on retrouve deux anciens présidents de Comités d’intérêts locaux (CIL) avec Romain Turpin et Claudie Defianas. Mais aussi des médecins comme Halim Dalla Garbi « qui a son cabinet en plein cœur de Toulon ».

    Pour l’attractivité économique, est positionné entre autres le chef d’entreprise Boris Touaty des cafés Maurice. Et pour piloter les grands dossiers ayant trait à la mer et la Défense, Josée Massi pourra compter sur l’ancien préfet maritime Laurent Isnard.

    L’occasion est trop belle pour celle qui avait été méprisée et qualifiée de « trop isolée politiquement pour monter une équipe » de répliquer avec tact et humour : « On aurait presque pu monter deux listes, tellement d’hommes et de femmes nous ont sollicités pour s’engager. »

    L’ancienne professeure de math sermonne les impétueux d’un : « Administrer Toulon est une responsabilité lourde. Il ne s’agit pas d’une posture mais de gouverner. »

    Et de reprendre : « Nous abordons cette campagne avec calme, détermination et méthode. Je suis très fière de cette équipe qui reflète parfaitement ce que je veux pour Toulon. »

    Compétences et expériences

    De quoi aborder quelques propositions. Josée Massi a rappelé par exemple la nécessité de « se préparer à l’arrivée du porte-avions nouvelle génération qui va amener 10 000 emplois, en créant des filières universitaires ».

    Mais aussi concernant le projet d’aménagement de la rade, elle lâche : « Qui mieux que l’amiral Laurent Isnard pourra nous aider sur le projet Mayol à Pipady ? »

    Son adjointe sortante Geneviève Lévy a parlé d’« une nouvelle voie qui s’ouvre ». Et d’ajouter : « C’est vraiment une chance extraordinaire de pouvoir se dire qu’en même temps, on peut mettre les compétences qu’on a pu acquérir au fil des années à disposition de la ville, mais aussi les partager avec ceux qui nous rejoignent. On a encore beaucoup de magnifiques choses à faire ensemble. »

    Parmi les parcours des personnalisés de « Toulon, mon parti », celui de l’avocat au barreau de Toulon Ali Khalfaoui mérite d’être mis en avant, et c’est d’ailleurs ce qui a été fait pendant cette présentation par l’intéressé lui-même.

    « Je ne le cache pas, déjà, d’être devant vous, de m’exprimer également devant vous, c’est une chance », commence-t-il, en expliquant qu’il venait de « très loin », socialement parlant, « des quartiers défavorisés ». Et de poursuivre : « J’ai fréquenté un lycée professionnel où j’ai obtenu un BEP et un CAP, et puis je suis rentré à la faculté de droit parce que c’était à côté de mon domicile… »

    Au sujet de son implication aux côtés de Josée Massi, il explique qu’« il y a d’autres quartiers aujourd’hui qui souffrent ».

    Mais, assure-t-il, « tout est prévu dans le programme, pour faire ce qui a été fait dans le centre-ville en matière de réhabilitation ».

    Interrogée un peu plus tard sur les étranges résultats du dernier sondage commandé par le sénateur LR Michel Bonnus, et sur le fait que ce dernier ait pris 15 points en 3 semaines, Josée Massi commence par répondre sobrement que les sondages ne sont pas sa boussole. « Mais comment l’expliquez-vous », insiste alors le journaliste. Réponse : « Il a payé 25 000 euros. »

    La droiture n’empêche pas au bout d’un moment de rendre les coups.

  • L’Union pour Arles se met en selle avec Dan Jacobi

    L’Union pour Arles se met en selle avec Dan Jacobi

    Il est venu en pédalant et est reparti de la même manière. Dan Jacobi (EELV), cycliste et blogueur, est présenté comme le porteur du volet mobilité et cyclisme dans la campagne de l’Union pour Arles, conduite par Nicolas Koukas (PCF), à l’occasion de la conférence de presse dédiée, ce jeudi matin. Le quinquagénaire, parcourant « 12 000 à 17 000 km par an » à vélo selon ses dires, a les idées très claires avec six mesures « raisonnées et chiffrées qu’on peut assumer ».

    En premier lieu, celle de développer un réseau cycliste continu. « Oui, il y a déjà des pistes cyclables car la loi l’oblige lorsqu’on refait les routes. Mais sans continuité ni cohérence », explique le candidat. Il défend « l’intermodalité » pour les trajets au travail. « Nous voulons des pistes qui partent du centre-ville et rayonnent dans tous les quartiers et villages avec des codes couleurs et une signalétique compréhensible par tous », détaille-t-il, avec « des trottoirs séparés », notamment pour « que tout le monde, y compris les femmes et les personnes défavorisées, se sentent autant légitime que les hommes qui fréquentent des clubs », affirme Dan Jacobi.

    Le biclou populaire

    L’expert de l’Union pour Arles insiste sur le volet accessibilité du vélo. « Nous créerons une école du vélo municipale, pour que tout le monde sache passer ces vitesses et lâcher un bras pour indiquer sa direction », particulièrement pour franchir « le pont de Trinquetaille, exemple des peurs et difficultés des gens ». Il n’exclut pas d’organiser des « balades pédagogiques », notamment pour « montrer que la passerelle faite pour les vélos et la transhumance existe », sous le pont de la RN113.

    Mais un vélo, combien ça coûte ? « Pour le vélo-taff ou s’amuser, ce n’est pas cher : il y a l’occasion et l’association Combivici en propose à moins de 60 euros, qui suffisent largement », affirme Dan Jacobi. Tout serait une question d’adaptation selon lui. « La principale barrière est le mal au cul. Oui, les trois premiers jours, c’est un cauchemar, mais une semaine après, tous les vélotaffeurs ont la banane », tranche le cycliste.

    Pour Nicolas Koukas, tête de liste (PCF), « il faut protéger les vélos et pas juste les tolérer ». Le candidat considère que l’écologie « ruisselle dans toutes les délégations », dont celle dévolue à Dan Jacobi, d’ailleurs membre des Écologistes, dont les responsables locaux ont rejoint la liste de Jecilla Regad (LFI). « C’est à l’échelle de la ville qu’on peut changer le plus de choses vite, la liste de Nicolas est le plus large rassemblement à gauche. Il faut savoir s’engager au bon endroit, au bon moment », juge Dan Jacobi.

  • À Marseille, la liste de droite mise sur les fonds européens

    À Marseille, la liste de droite mise sur les fonds européens

    Jusqu’à 7 milliards d’euros. C’est la somme que Marseille et ses acteurs locaux seraient en mesure d’obtenir grâce à une « captation systématique des fonds européens », selon Romain Simmarano, porte-parole de la candidate Martine Vassal (DVD). « Marseille n’a jamais réussi à véritablement se servir de l’Europe comme elle aurait pu, assure-t-il. Nous avons une situation dans laquelle, de façon chronique, la Ville se passe de gisements de crédits qui permettraient de financer la totalité ou presque des projets municipaux. »

    L’idée est donc d’aller chercher, dans tous les domaines d’action de la municipalité, les financements européens. Ceux-ci peuvent être obtenus soit directement par la Ville, soit par les acteurs locaux en capacité de répondre aux appels à projets lancés par l’institution bruxelloise. « Nous évaluons à 20 millions d’euros par an le montant que la mairie de Marseille peut obtenir dans ses propres caisses, pour ses propres projets, détaille le porte-parole. On estime que 7 milliards d’euros, sur l’ensemble de la prochaine mandature, sont récupérables pour l’ensemble des acteurs du territoire. »

    Trois piliers

    Romain Simmanaro promet qu’il s’agit là d’un objectif rationnel, prenant en compte la possibilité d’échouer face à d’autres villes dans la tentative d’obtention de certains financements. « On ne commencera pas à financer un seul dossier tant qu’on n’aura pas cherché à le financer par des fonds européens. » C’est là l’un des trois piliers de la stratégie de captation de fonds que souhaitent mettre en place les alliés de Martine Vassal, selon Sandra Blanchard, colistière de l’actuelle présidente de la Métropole. Figure aussi : la création d’une mission locale pour encourager « les acteurs associatifs, les entreprises, les opérateurs de ce territoire institutionnel, à déposer des dossiers ». De quoi favoriser un « service d’intérêt général d’initiative privée », s’enorgueillit Sandra Blanchard. La mission locale aura aussi son pendant à Bruxelles, promet-elle. « Deux permanents qu’on recrutera seront placés à Bruxelles pour représenter Marseille au niveau de la scène européenne, se projette Romain Simmarano. L’idée est de permettre d’identifier tous les appels à projets, mais aussi de défendre notre territoire. »

    Les fonds européens sont aussi envisagés comme une ressource financière capable de compenser le « choc fiscal » que Martine Vassal s’est engagé à mettre en place.

  • Intérêts populaires

    Intérêts populaires

    Un peu partout dans nos départements, des syndicalistes, mais aussi des responsables associatifs, sonnent l’alarme : oui, l’extrême droite peut emporter un nombre significatif de municipalités parmi lesquelles Marseille, Nice et Toulon, les trois plus grandes villes de notre région.

    Dans une France en perte de repères, anesthésiée par les médias de l’empire Bolloré, où la banalisation des idées haineuses atteint des sommets, leur démarche est salutaire.

    D’abord parce qu’elle est porteuse d’une mémoire indispensable. Face à celles et ceux qui pensent qu’« on ne les a jamais essayés », ces militants syndicaux et associatifs rappellent que si, l’extrême droite a été expérimentée dans notre pays il y a plus de 80 ans, mais aussi, plus récemment dans des communes où les victoires de l’extrême droite ont précédé des catastrophes, sociales, budgétaires et démocratiques.

    Une question simple devenue floue

    Ensuite, ces responsables syndicaux et associatifs rappellent, par leur prise de position, l’enjeu des élections municipales. C’est une question simple et pourtant devenue floue : comment faire prévaloir les intérêts populaires ?

    Ce ne sont pas les représentants de l’extrême droite qui pourront répondre aux aspirations du monde du travail. Celles et ceux qui en doutent n’ont qu’à regarder les votes de leurs représentants à l’Assemblée nationale : pas une voix pour le progrès social, mais un vote clair pour priver les collectivités de 5 milliards de dotations. En mars, il faudra voter selon sa conscience, mais aussi selon son intérêt.

  • Evincée du Printemps marseillais, Christine Juste dépose sa liste

    Evincée du Printemps marseillais, Christine Juste dépose sa liste

    Le travail s’est poursuivi jusqu’à 3h du matin pour compiler tous les formulaires. Mais, ce jeudi après-midi, après d’ultimes corrections, l’adjointe sortante Christine Juste, suspendue des écologistes, a bien déposé une liste de 111 noms, étiquetée divers écologistes, pour la mairie de Marseille, après avoir déposé celle pour la mairie des 6e et 8e arrondissements, dans la matinée.

    Deux jours plus tôt, elle avait découvert son éviction du Printemps marseillais. « J’ai eu quelques heures de stupéfaction, reconnaît-elle. J’avais le choix soit de reprendre, soit d’arrêter. Mais on ne peut pas passer d’un engagement 24h sur 24 à du jardinage. » Elle estime avoir payé pour la lettre adressée par des élus écologistes marseillais à la direction de son parti, qui accusait Benoît Payan d’avoir « volé la victoire » de Michèle Rubirola. « Juin 2025 se paye en mars 2026 », souffle-t-elle. Mais il lui est aussi reproché d’avoir apostrophé le directeur de cabinet en maire des 6-8, Gwenaël Richerolle, en disant que « s’il avait été là pendant la guerre, il aurait vendu des juifs aux Allemands ». « Je regrette ces propos, mais il faut avoir l’historique », se défend-elle.

    La constitution express de la liste a été rendue possible par un rapprochement avec le conseiller métropolitain délégué à la propreté (DVD) Jean-Yves Sayag (4e sur la liste), qui n’avait pas été retenu sur la liste de Martine Vassal, et surtout l’adjoint (GRS) aux taxis Sami Benfers (110e), qui s’est lancé depuis septembre dans les 13-14 avec sa propre liste et a apporté le gros des troupes grâce à son collectif Ambition citoyennes. S’ajoute aussi l’élue écologiste Zoubida Meguenni (3e). « Nous avons une vision en symbiose pour Marseille, nous irons jusqu’au bout », promet Jean-Yves Sayag, après les nombreuses pressions pour empêcher la création de la liste. « Étant donné les coups de fil que nous recevons, nous devons inquiéter un peu », rit Christine Juste.

    « Soviet suprême »

    « Nous sommes des gens de rassemblement, pas des gens de l’entre-soi », affirme pour sa part Sami Benfers, qui estime que « le Printemps marseillais gagnerait à s’élargir beaucoup plus ». Si certains ont cet esprit d’union, « il y en a d’autres qui fonctionnent comme au Soviet suprême », attaque-t-il. « Face au risque de voir gagner le RN dans la 2e ville de France, cette initiative solitaire de division est irresponsable, réagissent les écologistes. Nous appelons au rassemblement derrière le Printemps marseillais. Aucune voix ne doit manquer. » Christine Juste, elle, promet : « Peut-être on fera le castor » pour faire barrage au second tour.