Category: accueil-third

  • La laïcité face à de grands dangers

    La laïcité face à de grands dangers

    La loi concernant le principe de séparation des Églises et de l’État est promulguée le 9 décembre 1905. Cette loi d’initiative parlementaire, est, à l’époque soutenue par un grand mouvement populaire, libres-penseurs, associations laïques et partis de gauche. Elle inscrit noir sur blanc, dans la loi, la liberté de conscience, l’égalité de droit des croyants et des non-croyants, la neutralité de l’État et de ses agents. Un an plus tôt, dans un contexte politique tendu, Jean Jaurès, l’un des rédacteurs de ce texte fondateur de notre République, estimait que la « laïcité et démocratie sont deux termes identiques. La démocratie doit fonder en dehors de tout système religieux toutes ses institutions, tout son droit politique et social, famille, nation, propriété, souveraineté », déclare-t-il lors d’un discours, le 30 juillet 1904, dans sa ville natale à Castres. Cent vingt ans plus tard, comme à l’époque, la laïcité reste menacée par des forces réactionnaires.

    « La principale menace émane de l’extrême droite et des droites qui développent l’idée d’une laïcité identitaire contre, disons essentiellement, les musulmans », accuse l’historien Jean-Paul Scot. Et cite des partis de Reconquête à LR, en passant par le RN, dont les postures sont relayées médiatiquement par des milliardaires comme Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin, catholiques ultra-conservateurs d’extrême droite. Il développe : « Cette laïcité qui marquerait le caractère propre de l’identité de la France est une imposture, il n’y a pas d’autre mot. C’est une façon astucieuse de masquer la xénophobie et surtout l’hostilité à l’islam et à tous les ressortissants de culture arabo-musulmane vivants en France, en particulier les femmes », fustige-t-il.

    En ce sens, le député LR Laurent Wauquiez a déposé, le 24 novembre, une proposition de loi pour interdire le port du voile par des mineures dans l’espace public. « Ces propositions sont totalement contre-productives puisqu’elles ne font que stigmatiser davantage cette population, ce qui ne peut qu’aboutir à son repli encore plus net », estime Nicolas Cadène, ancien rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité et cofondateur de Vigie-Laïcité (lire La Marseillaise – Hebdomadaire d’Occitanie du 5 décembre). « Si ces responsables politiques étaient véritablement fidèles à la laïcité, ils s’assureraient par exemple qu’il y ait des offres publiques laïques partout sur le territoire », rétorque-t-il.

    Un deux poids, deux mesures

    Ainsi, tous deux fustigent la loi confortant le respect des principes de la République, dite loi séparatisme, portée par Gérald Darmanin en 2021, alors qu’il logeait encore place Beauvau. Ce texte renforce la police des cultes et confère aux préfets le pouvoir de décerner des « labels républicains » à des organisations religieuses, rappelle Jean-Paul Scot : « Il n’y a pas eu de modification plus importante de la loi de 1905 depuis l’époque de Vichy ! », s’emporte-t-il, estimant qu’il s’agit là « d’un retour de fait au gallicanisme concordataire et autoritaire d’avant 1789 ! ». Ce dernier dénonce, par ailleurs, « une laïcité à géométrie variable » au plus haut de l’État, faisant référence ici à la célébration de la fête juive de Hanoukka à l’Élysée, en décembre 2023. « C’est intolérable », juge-t-il, estimant que le président de la République a ainsi « violé la neutralité de l’État ».

    Jean-Paul Scot vise aussi la gauche, en particulier LFI et ses « accointances », selon lui avec « un certain nombre de groupes qui peuvent faire aussi bien de la surenchère au niveau de la laïcité que du laxisme à l’égard de ceux qui pourraient effectivement avoir des vues contraires à la laïcité », estime l’auteur de L’État chez lui, l’Église chez elle.

    Les rendez-vous

    Marseille

    La deuxième édition du Prix départemental de la laïcité décernera ses prix à partir de 17h30 au siège de l’institution à Saint-Just (4e).

    Martigues

    Le hall de l’hôtel de ville de Martigues accueille jusqu’au 15 décembre une exposition à l’occasion des 120 ans de la laïcité.

    Toulon

    L’Union des familles laïques (Ufal) de Toulon donne rendez-vous à 12h30 au square du Champ de Mars pour une cérémonie au pied de l’arbre de la laïcité, en présence de la maire SE de la ville Josée Massi.

    Carpentras

    Un arbre de la laïcité sera planté à 10h à l’école élémentaire des Garrigues, par le maire de Carpentras, Serge Andrieu (DVG).

  • République laïque

    République laïque

    Pas d’adjectif. Pas de qualificatif. Pas de restriction. La célébration des 120 ans de cette loi si particulière à la France de séparation entre les Églises et l’État est l’occasion de rappeler son importance et sa force, telle quelle. De répéter que depuis 1905, en France, l’État n’a plus de religion, que la France, est une « République laïque ». Ces rappels sont d’autant plus importants que les tentations sont grandes de vouloir la « préciser », la réécrire. Mais derrière le prétexte de la mettre « au goût du jour », c’est de manipulation dont il s’agit, d’amalgame avec les menaces de l’islamisme instrumentalisées par des forces politiques qui parfois n’ont rien à envier en matière de radicalité religieuse. Le tout prétendument justifié par un retour du religieux dans nos sociétés, qui s’appuierait sur l’explosion d’interventions sur les réseaux sociaux et d’une augmentation du nombre de baptêmes. Alors même que la majorité des Français se dit sans religion et que le nombre d’athées dans l’hexagone n’a cessé d’augmenter pour passer le cap symbolique des 50% ces dernières années.

    Garantie pour tous les citoyens

    Pour cet anniversaire, martelons donc que la neutralité de l’État est une garantie d’égalité pour tous les citoyens, quels que soient leurs origines, leurs genres, leurs orientations sexuelles, leurs croyances et convictions intimes. Que cela garantit que la religion n’impose rien dans nos vies, n’ait pas son mot à dire sur qui peut se marier avec qui, sur l’IVG, sur le mariage entre homosexuels, sur la place des femmes dans la société… Que cela protège la liberté de conscience et d’expression. Et qu’à l’heure de la poussée de l’extrême droite et de l’autoritarisme, cette loi reste la meilleure des protections.

  • Ligue des Champions : les supporters de l’OM sous étroite surveillance en Belgique

    Ligue des Champions : les supporters de l’OM sous étroite surveillance en Belgique

    Les services de police du Bourgmestre de la commune de Forest ont pris une ordonnance visant à encadrer le déplacement des supporters de l’OM pour les matchs entre l’Union SG et l’OM.

    Ainsi, la rencontre de Youth League, entre les U19 des deux formations, est interdite aux supporters marseillais. Les abords du stade Joseph-Marien et le stade en lui-même leurs seront impossibles.

    Les supporters souhaitant assister à la rencontre de Ligue des Champions devront se plier à des conditions de voyage drastiques. Seuls ceux arrivant en bus depuis la France pourront accéder au Parc Astrid. Ceux venant en véhicule individuel, en train ou en avion, ne pourront pas accéder au stade, sauf s’ils rejoignent le point de rencontre, en France, au poste frontière de Hensies, d’où partira le convoi des bus, mardi après-midi.

    Jusqu’au mercredi 8 décembre, 10 heures, la présence de supporters marseillais, sans billet, est interdite dans la ville de Bruxelles. Les services de police sont autorisés à procéder à des contrôles et placer en détention les personnes ne respectant pas ces contraintes.

  • Municipales : les communistes de Montpellier « dans la dynamique » avec des propositions sociales fortes

    Municipales : les communistes de Montpellier « dans la dynamique » avec des propositions sociales fortes

    C’est Place Albert 1er, alors que le tramway de la nouvelle ligne 5 fait ses essais « à blanc» (sans passagers) avant sa mise en service, le 20 décembre, que les communistes de Montpellier ont rendu publiques ce lundi 8 décembre leurs propositions pour les élections municipales de mars 2026.

    « Les élections municipales se déroulent dans un contexte national très compliqué et particulier avec la contradiction des 211 milliards d’aides aux entreprises sans aucun contrôle ni social et écologique et dans le même temps des collectivités à qui on va demander encore 8 milliards d’économies», introduit Clara Gimenez, conseillère municipale déléguée à la vie étudiante et vice-présidente de la Métropole Montpellier Méditerranée. Cela posé, la détermination reste de mise et Hervé Martin, adjoint aux sports, souligne la qualité du bilan municipal de la majorité du maire Mickaël Delafosse (PS) à laquelle les communistes participent. « On coche toutes les cases du projet que l’on avait proposé aux Montpelliérains en 2020.» résume Hervé Martin. « D’abord, des gros investissements avec la ligne 5 de tramway, la prolongation de la ligne 1, la gratuité des transports. Tout le bouclier social qui avait été promis aux Montpelliérains, au-delà des gros investissements, a été réalisé », appuie l’adjoint aux sports. Hervé Martin rappelle que pour une famille, la gratuité des transports représente l’équivalent d’un 13e mois de salaire. Le bilan « c’est aussi la mutuelle communale, les premiers m3 d’eau gratuits, le coup de pouce pour inscrire un enfant dans un club de sport ou une association culturelle. C’est l’encadrement des loyers…»

    Pour poursuivre cette dynamique, les communistes de Montpellier ont des propositions nouvelles à mettre en débat pour construire le projet municipal de la prochaine mandature. La première est plus que symbolique : « Nous faisons la proposition qu’il y ait quelque part à Montpellier sur une place, dans un lieu emblématique un monument pour la paix», quelle que soit sa forme : «une statue, une grande fresque. On fera appel à des artistes pour réfléchir à ce sujet pour nous absolument fondamental», insiste Hervé Martin.

    la deuxième grande proposition est la création d’une agence municipale du logement. « C’est un vrai sujet, particulièrement à Montpellier avec des ménages qui peinent de plus en plus à se loger avec un secteur privé qui spécule», explique Clara Gimenez. Après l’encadrement des loyers, le permis de louer «on a besoin de passer un nouveau cap et c’est dans ce contexte que l’on propose la création de cette agence municipale du logement qui permette de regrouper tous les dispositifs existants et de nouveaux. Que les gens aient un lieu unique pour poser leurs questions, connaître leurs droits».

    La troisième grande proposition des communistes montpelliérains est l’accès aux vacances. «Pas un enfant ne doit entrer en classe de 6e sans souvenirs de vacances» annonce Hervé Martin. « On propose que la ville de Montpellier achète un centre de vacances, que cela soit à la mer, à la montagne, peu importe, de façon à pouvoir accueillir tous les enfants de Montpellier qui ne peuvent pas partir en vacances. C’est absolument fondamental».

    Alors que le maire sortant Mickaël Delafosse n’a pas encore déclaré sa candidature pour un deuxième mandat (il prendra sa décision en début d’année), les communistes de Montpellier précise : « Pour nous, les discussions commencent de parti à parti pour s’entendre sur les contenus. Il est bien évident que si l’équipe a bien fonctionné pendant six ans, c’est aussi parce qu’elle avait un capitaine qui savait faire fonctionner l’équipe. Bien entendu nous souhaitons pouvoir continuer à travailler dans cette équipe élargie avec le même capitaine», précise Hervé Martin.

  • Les journalistes provençaux exigent la libération de Christophe Gleizes

    Les journalistes provençaux exigent la libération de Christophe Gleizes

    Liberté pour Christophe Gleizes », peut-on lire sur des dizaines de pancartes, ce lundi matin, sur le Vieux-Port. à l’appel de la section de Provence de l’Union des journalistes sportifs en France (UJSF), une quarantaine de journalistes sont venus apporter leur soutien à Christophe Gleizes, incarcéré depuis un an et demi en Algérie,

    Le journaliste sportif a été arrêté dans le nord du pays le 28 mai 2024, alors qu’il réalisait un reportage sur le club de football Jeunesse sportive de Kabylie. Il est condamné, en juin 2025, à 7 ans de prison pour « apologie du terrorisme ». La justice algérienne lui reproche de s’être entretenu avec le président du club de foot qui est également responsable du mouvement de l’autodétermination de la Kabylie (MAK), considéré comme terroriste par l’Algérie depuis 2021. La cour d’appel de Tizi-Ouzou a reconfirmé sa condamnation mercredi dernier.

    Face à cette nouvelle décision judiciaire, l’UJSF a appelé à une mobilisation nationale en soutien à Christophe Gleizes. Un appel auquel a répondu la section de Provence. « Cette action est symbolique pour marquer notre désapprobation, car cet emprisonnement est en contradiction avec la liberté de la presse », explique Gérard Poncié, président de la section Provence de l’UJSF.

    Défendre le métier

    Un rassemblement qui ne se limite pas aux journalistes sportifs, mais qui a mobilisé toute la profession. Eric Miguet, journaliste au service podcast de La Provence tenait à être présent : « En tant que journaliste, c’est important de prendre part à cette mobilisation pour témoigner notre soutien à un confrère, emprisonné pour avoir fait son travail. »

    Une entrave à la liberté de la presse qui, d’après Dine Gazoul, journaliste franco-algérien présent au Vieux-Port, n’est plus si rare en Algérie. « Il y a d’autres journalistes qui sont incarcérés simplement pour avoir dit qu’ils n’étaient pas d’accord avec le gouvernement, explique le journaliste. Il faut que les instances internationales et françaises bougent pour exiger que la liberté d’expression soit garantie. »

    Le 27 novembre dernier, un journaliste algérien, Saâd Bouakba, a été condamné à 3 ans de prison pour « insulte et diffamation des symboles de la Révolution », après une émission accusant d’anciens membres du FLN (Front de libération nationale) d’avoir pris le contrôle d’une partie du « trésor du FLN ».

    Noa Thevenin, photojournaliste en formation, est aussi venu pour protéger son futur métier. « L’incarcération de Christophe Gleizes ne fait que confirmer que c’est de pire en pire pour la liberté de la presse, en Algérie, mais aussi partout dans le monde, se désole-t-il. Il faut se mobiliser maintenant pour défendre le métier. »

  • Carte postale : l’OM au pays des fontaines humoristiques

    Carte postale : l’OM au pays des fontaines humoristiques

    Entre le chocolat, les gaufres, les bières et autre stoemp, Bruxelles possède un riche patrimoine culinaire. Mais la capitale belge possède également des trésors qui se découvrent au hasard de pérégrinations urbaines.

    Au voisinage des monuments de la Grand place, entre deux façades illustrées de personnages de bandes dessinées, ces petites perles sont un concentré d’humour et d’ironie belge. Quelques grands noms, à l’image de Jacques Brel, attisent la curiosité. Mais, ce sont quelques fontaines et statues plus discrètes qui font tout le charme de la cité.

    Le plus connu est sans aucun doute le Manneken pis. Il représente l’insolence et la candeur de l’enfant. Et se moque bien du va-et-vient incessant, rue de l’Etuve, qui se moque de son minuscule attribut. A quelques rues, sa petite sœur Jeannekepis l’imite, dans son alcôve de la petite rue des Bouches. Face aux halles Saint Géry, c’est le Zinnekepis qui attire l’œil. Lui, c’est le clébard des rues, celui que l’on chasse à coup de pied, mais qui se moque bien des humains ingrats, puisqu’il lève la patte et se soulage sur la jambe des plus beaux pantalons de la ville. Tandis que dans la rue de l’Amigo, sur la façade du palace de Bruxelles, on comprend ce que fait le « Gros dégueulis ».

    De toutes ces allégories, c’est sans doute celle de la Dame au Chapeau qui est la plus touchante. Lors de la création de la pièce de théâtre dont elle est un des personnages clefs, les auteurs de « Bossemans et Coppenolle » ne pensaient pas qu’un jour, la rivalité footballistique entre l’Union Saint-Gilloise et Moleenbeck aurait droit à un éclairage en Ligue des Champions et rattraperait la longue histoire de l’OM. Située rue des Moineaux, elle mène sa petite vie de statue, impassible au temps qui passe et au retour des Apaches de Saint-Gilles au plus haut niveau du football belge.

  • Un cap pour prendre soin de Gardanne

    Un cap pour prendre soin de Gardanne

    « Je ne suis pas un homme de parti, je porte des valeurs de gauche », a affirmé le candidat DVG aux municipales de 2026. En 2020, c’est une gauche fragmentée qui avait fait virer de bord une commune confiée depuis la Libération aux mains des communistes. PS, PCF, les Écologistes et Place publique, ainsi que des militants associatifs, se rassemblent aujourd’hui autour de l’ancien colistier de Roger Meï, pour porter une vision « collectiviste », face au « modernisme sectariste » d’une mandature LR entachée d’erreurs.

    Derrière le fondateur de l’établissement de soins palliatifs La Maison, c’est une gauche unie qui avance. D’abord pour réparer les plaies, « restaurer la confiance abîmée » par une « politique d’improvisation », a enjoint Jean-Marc La Piana. Après 5 ans aux manettes, Hervé Granier laisse un goût amer dans l’ex-cité minière : « Une gestion de la rénovation des écoles qui impose une délocalisation des élèves dans des modulables pendant trois ans de travaux, un projet de smart city à 40 millions d’euros retoqué pour ses irrégularités », rappelle un militant PCF. « L’abandon du centre de culture scientifique, des services publics dégradés et des agents municipaux en souffrance », ajoute une habitante de la cité Veline.

    Travail de terrain

    Pour balayer ce faux pas, Jean-Louis Guil, Gardannais depuis trois générations, s’est engagé dans le comité de soutien à la liste Ensemble, changeons de cap car, dit-il, « je retrouve dans cette équipe les valeurs de bienveillance et proximité de la ville de mon enfance ». Personnalité de la vie culturelle et sportive gardannaise, Silvia Caramanna a également choisi d’épauler « un homme de confiance, qui connaît nos enjeux, écoute et agit ».

    C’est à la fois en héritier et en bâtisseur d’un avenir « à construire ensemble » que Jean-Marc La Piana veut fédérer. De même que durant 31 ans, il a géré de manière collective La Maison, il invite les Gardannais et Biverrois à participer aux ateliers de travail déjà à l’œuvre « pour une action publique qui s’appuie sur l’écoute, le travail de terrain, car on ne construit pas la politique dans des bureaux ». En s’appuyant sur les atouts de la commune « son industrie, son offre de formation, sa capacité de résistance, de résilience », le candidat de gauche veut voir s’éloigner le spectre d’une ville-dortoir et rendre « leur fierté » à ses habitants. Une ville où « la sécurité ne se prône pas sur la peur mais sur la protection, qui accompagne les plus fragiles, répare les fractures ». Cette liste lance une invitation à prendre « un chemin collectif » avec « pour seule boussole l’intérêt général ».

    Nouvelle séance du conseil lundi soir

    Les élus gardannais se réunissent à nouveau ce lundi soir, à partir de 18h30, en salle du conseil municipal de l’hôtel de ville pour débattre et voter 32 délibérations, dont plusieurs portant sur les finances de la ville. Une décision modificative du budget 2025, les recettes et dépenses du budget 2026, des autorisations de programme et aussi quelques ventes de terrains communaux… Il ne devrait pas en falloir plus pour entrer dans le vif des débats sur la gestion controversée des finances de la ville, à quelques mois des prochaines élections municipales. À noter que les élus auront l’occasion aussi de faire un point sur l’avancée des travaux de rénovation du Cinéma 3 Casino dont « l’inauguration de l’établissement et de son parking est prévue pour novembre 2025 », annonce encore fièrement le site de la Ville… Une dizaine de délibérations portent également sur la gestion du personnel. LM

  • [Quoi de neuf] Hébergement d’urgence : « l’État pris en défaut »

    [Quoi de neuf] Hébergement d’urgence : « l’État pris en défaut »

    À l’heure où la précarité s’accroît en France – impactant notamment les étrangers – les membres de la Ligue des droits de l’Homme de Montpellier, Titouan Cady et Michel-Yves Billotte reviennent sur la question de l’hébergement d’urgence et le droit des étrangers.

    Louis Dupin : 200 000 personnes sont logées dans des centres d’hébergement par l’État. À cela s’ajoute plus de 100 000 personnes vivant dans la rue. Ce chiffre malheureusement progresse…

    Titouan Cady : Je n’ai pas de chiffres exacts sur cette progression, en revanche la pauvreté augmente, elle était environ à 14,3% de la population il y a 3 ans, elle est maintenant à 15,8%. La France est un des seuls pays d’Europe où la pauvreté augmente et ça s’accompagne forcément d’une précarité accrue et donc plus de personnes à la rue. On se rappelle tous les propos de Macron en 2017 où il disait à la fin du quinquennat il n’y aura plus personne dans la rue. C’est clairement un échec. Ce qu’on remarque et ce qui est troublant, c’est un désengagement de l’État, en tout cas de ses missions, parce que l’État assume de ne pas donner plus pour l’hébergement d’urgence alors que normalement l’hébergement est inconditionnel.

    L.D. : L’État est hors la loi ?

    T.C. : C’est compliqué. Il y a une différence en droit entre ce qu’on appelle l’obligation de résultat – quand on oblige une personne à atteindre un résultat – et l’obligation de moyens – quand on l’oblige à prendre les moyens nécessaires pour atteindre un hypothétique résultat. Sur la question de l’hébergement d’urgence, on est sur une obligation de moyens. Théoriquement, on ne peut pas dire que le fait qu’il y ait des personnes dans la rue, en tant que tel, met l’État dans une situation d’inégalité. En revanche, il y a des décisions de justice qui sont intéressantes, qui ont notamment été poussés par des municipalités qui montrent que l’État ne met pas les moyens suffisants pour héberger toutes les personnes qui sont là.

    Olivier Nottale : Et on l’a vu avec deux cas récents à Bordeaux et à Grenoble…

    T.C. : Oui c’est intéressant pour les municipalités parce que c’est une boîte à outils juridiques. Plusieurs municipalités – dont Grenoble et Bordeaux – ont lancé des contentieux devant le tribunal administratif en attaquant l’État. En fait, ces communes ont hébergé des personnes qui étaient à la rue alors que c’est à l’État théoriquement de le faire. Après les avoir hébergées, elles ont demandé à l’État de les indemniser pour avoir exercé la compétence à la place. C’est une forme d’innovation juridique parce qu’on n’avait pas eu ce format de contentieux avant. Les juges administratifs ont donné raison aux municipalités et ont obligé l’État à rembourser une partie des frais.

    L.D. : Est-on condamné à s’en remettre aux associations ou aux collectivités locales ?

    Michel-Yves Billotte : Oui effectivement, à partir du moment où l’État se désengage, il reste les collectivités et les citoyens, la solidarité entre citoyens. Mais du côté des collectivités locales, il faut quand même bien reconnaître qu’elles sont elles-mêmes en difficulté financière, elles sont obligées de faire des choix budgétaires drastiques pour arriver à tenir leur budget et qu’une partie des compétences qui ont été dévolues aux collectivités n’ont pas été compensées en termes financiers depuis des années. Donc c’est un peu la quadrature du cercle de ce côté-là.

    L.D. : Dans un autre registre, on voit qu’il y a eu 117 textes sur l’immigration depuis 1945, avec une accélération ces dernières années…

    T.C. : Il y a des obstacles de plus en plus importants pour la régularisation des personnes sans papiers. Ce qui est dû à l’origine à une forme d’impossibilité politique. Les responsables politiques n’arrivent jamais à faire ce qu’ils promettent, à massifier les expulsions. En réalité, ça ne fonctionne pas. Quel que soit le caractère autoritaire des ministères de l’Intérieur, il n’y a pas d’augmentation du taux d’exécution des OQTF. Ce taux n’a jamais dépassé les 20%. Les politiques ne peuvent pas le changer parce qu’il y a des centaines de milliers d’OQTF rédigées chaque année. À partir du moment où on fait ça, il n’y a pas de suivi administratif possible pour permettre l’expulsion de toutes ces personnes. Donc en fait, on précarise des gens. Ils savent très bien qu’ils n’y arriveront pas, donc ils pourrissent la vie de ces personnes, avec l’idée que ça va les faire partir. Ce qui est très faux.

    O.N. : On observe un durcissement des conditions de régularisation, notamment le niveau de français…

    T.C. : La logique des ministères de l’intérieur successifs est de renforcer l’intégration par l’apprentissage du français, c’est une condition pour l’obtention de la nationalité et de titres de séjour. Pour un titre de séjour pluriannuel c’est niveau B1 et pour la nationalité, niveau B2. Il y a aussi des QCM de connaissances de la République française avec des questions sur l’épouse de Napoléon III. Je pense qu’il y a pas mal de français qui ne seraient pas en mesure d’y répondre de manière aisée et pourtant ce sont des questions qu’on pose aux personnes qui sont en chemin pour acquérir la nationalité française.

  • Tribunal pour enfants : le SOS du bâtonnier d’Alès

    Tribunal pour enfants : le SOS du bâtonnier d’Alès

    « Voilà 7 ou 8 ans déjà qu’on réclame la création d’un tribunal pour enfants à Alès, sans succès. Aujourd’hui malheureusement, avec cette explosion de la criminalité, nous payons les pots cassés de cette inertie. Quand on voit la dégradation de la situation sur notre ressort, il y a urgence. C’est pour ça que j’ai lancé ce SOS sur les réseaux sociaux », confie Guillaume Garcia. Le 24 novembre en effet, le bâtonnier d’Alès publiait sur sa page Facebook « un appel de détresse » à l’attention du garde des Sceaux afin de réclamer des moyens ciblés permettant de créer un tribunal pour enfants à Alès. « Il suffirait d’un décret de Gérald Darmanin », écrit-il. « C’est seulement deux magistrats, un juge des enfants et un substitut pour la partie “mineur” du parquet. »

    « Une explosion de la délinquance des mineurs »

    S’il y a urgence, c’est qu’aujourd’hui « la délinquance et la criminalité explosent » dans la capitale des Cévennes, assure le bâtonnier. « On a eu une série d’affaires médiatiques : au moins 8 homicides depuis le printemps, à chaque fois plus sordides, entre le meurtre barbare à la mosquée de la Grand-Combe en avril et une exécution par gros calibre sur le parking d’un restaurant de restauration rapide sur la rocade d’Alès il y a peu, en passant par un lynchage sur un point de deal ; sans oublier la malheureuse victime accrochée à un arbre, tuée et brûlée, le tout filmé et diffusé sur les réseaux sociaux », énumère Guillaume Garcia. « Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg », assure-t-il. « En tant qu’avocats, on assiste les mineurs dans toutes les mesures pénales qui les concernent dans le ressort judiciaire d’Alès (qui englobe 200 000 personnes). Entre 2022 et les trois premiers trimestres de 2025, on est sur une hausse de 128%. Et nous avons déjà dépassé, sur ces trois premiers trimestres de 2025, le nombre de mesures d’audition et de gardes à vue de 2024. On a donc une explosion de la délinquance des mineurs », insiste le bâtonnier. « Or il y a une anomalie au niveau du tribunal judiciaire d’Alès : nous n’avons pas de tribunal pour enfants, les mineurs dépendent de Nîmes », déplore-t-il.

    « On va nous dire qu’un juge des enfants ne réglera pas ce qu’on appelle les “narchomicides”. Certes. Mais le but est de prendre le problème à la racine, avec un juge des enfants qui puisse mettre les premières mesures éducatives. Aujourd’hui, l’éloignement avec Nîmes (il faut entre 1h15 et 1h30 pour se rendre du commissariat d’Alès à Nîmes) fait que dans un certain nombre de petits faits délictuels ou contraventionnels commis par des mineurs, il n’y a pas de réponse pénale. Hélas ensuite ces jeunes basculent rapidement dans des faits de plus en plus graves. Ils vont notamment sur les points de deal », explique Guillaume Garcia.

  • Grand Avignon : l’ex-chef des services livre sa vision de l’audit sur la gestion des transports

    Grand Avignon : l’ex-chef des services livre sa vision de l’audit sur la gestion des transports

    Comme déjà tracé dans notre édition de vendredi, révélant le contenu de l’audit sur la société publique locale (SPL) Tecelys – en charge de la gestion des transports en commun du Grand Avignon -, l’homme par qui l’affaire a éclaté n’en reste pas là. L’ancien directeur général des services (DGS) du Grand Avignon, qui pour solde de tout compte avait alerté sur des irrégularités au sein d’une « SPL en roue libre », est loin de se contenter des résultats de l’audit qui évoque seulement « des dysfonctionnements ».

    Dans une analyse détaillée, Alain Cluzet plaide pour « la dissolution de cette SPL qui coûte très cher aux contribuables pour un bilan quasi nul et des pratiques toxiques ». En fonction désormais loin d’Avignon, il n’a pu lui-même être audité, face au refus du Grand Avignon que « l’entretien se réalise en visio », lit-on dans l’audit. L’ex-DGS critique aussi bien la forme que le fond de l’enquête. Il moque un « auto audit », sans « aucun contradicteur potentiel entendu » et « présenté comme un mémoire en défense face “aux accusations portées par l’ancien DGS” et non comme une analyse à 360 degrés des finances et de la gestion de Tecelys comme il se doit pour tout audit ».

    Sur le fond, il apporte ses contradictions à 10 points soulevés, qui « omettent ou travestissent de nombreux éléments », maintenant ses accusations. « Le but de cet audit bidon est uniquement de déminer à la suite des accusations que j’ai proférées, conclut le cadre administratif. Celles-ci ne sont pas que miennes. De nombreux anciens et actuels cadres du Grand Avignon comme de Tecelys témoigneront dès lors qu’ils ne seront plus menacés de perdre leur travail. Mais pendant ce temps, le gaspillage de millions d’euros d’argent public continue ». Alain Cluzet compte sur la chambre régionale des comptes, qui a lancé un contrôle, pour valider ses dires.