Category: accueil-third

  • Bonnieu ou l’écologie du vivre-ensemble

    Bonnieu ou l’écologie du vivre-ensemble

    Entre terre et mer. Le sentier pédestre de la boucle botanique de la plaine de Carro offre une combinaison de paysages naturels remarquables, où les tapis d’arbustes de la plaine de Bonnieu contrastent avec l’anse d’Arnette et le reste du front de mer balayé par les vagues, reliés par une unité minérale particulière à la garrigue.

    En ce jour de Noël 2025, nombreux ont fait le choix de parcourir ces terres, sous un ciel nuageux mais bienveillant teinté de bleu. Quelques rayons de soleil ajoutent à ces contrastes naturels quoique compensés par le filtre d’un après-midi d’hiver.

    L’endroit est idéal pour les familles, coureurs et cyclistes, nombreux à se croiser sur le chemin du littoral, partis de l’anse de Bonnieu ou du parking des Arnettes, au choix. D’autres préfèrent l’arrière-pays immédiat, toujours sur le sentier de la boucle botanique. Là où l’odeur épicée des pins exalte Vanille, jeune chienne Cane corso d’un an et demi promenée par sa maîtresse Murielle Clément.

    « J’ai tendance à préférer les chemins isolés car elle est trop sociable et saute sur les gens », explique-t-elle, ramenant sa compagnonne de balade en laisse au pied. Cette Martégale depuis 30 ans remarque que « depuis qu’il y a la route du littoral, il y a plus de gens » à profiter du tracé.

    « Un hotspot

    de biodiversité »

    Cette hausse de fréquentation ne va pas sans questionnements. « Vu que tout a déjà brûlé, il faut protéger ces espaces », selon Murielle Clément. Cette promeneuse ne croit pas si bien dire, alors que près des deux tiers de la boucle botanique sont protégés par un arrêté préfectoral de protection du biotope (APPB) sur sept hectares depuis 2018, étendu à plus de 32 hectares à l’automne dernier.

    « La plaine de Bonnieu constitue une relique de l’ancien delta du Rhône unique en France et abrite une richesse floristique exceptionnelle », peut-on lire sur l’arrêté originel. En l’occurrence, il s’agit de permettre le « maintien et la reproduction des espèces protégées » que sont par exemple l’ail petit moly, la chicorée scabre, les ophrys de Provence et de Bertoloni ou encore le très rare mérandére à feuilles filiformes qui ne pousse qu’à Martigues. Toutes ces petites plantes contribuent à faire de Martigues un « hotspot de biodiversité locale » à forte valeur patrimoniale, selon les mots de l’élu Jean-François Mauffrey l’année dernière.

    Il n’y a pas que des plantes à protéger. Dans les buissons, des petits passereaux traversent les sentiers en planant bas, parfois au ras du sol. À droite, à gauche, des pépiements émanent des fourrés. Logique, la fauvette pitchou est une habituée du secteur, observable toute l’année et quasi menacée selon l’union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le gravelot à collier interrompu est également présent d’avril à août, classé vulnérable en France et en danger dans certaines régions.

    La protection du biotope repose sur l’interdiction de construire, de franchir la zone en véhicules, par l’installation de barrières de protection délimitant les zones de parking, pour protéger notamment des deux-roues. Si l’arrêté n’a pas de « vocation touristique » selon l’adjointe du quartier Odile Teyssier-Vaïsse (ap. PCF), « la Ville a toujours eu envie de faire connaître sa richesse faune et floristique aux habitants ».

    Les nombreux panneaux renseignant sur les différentes espèces présentes sur le terrain témoignent de cette cohabitation des usages.

  • Coup de jeune pour la Mosquée Missiri

    Coup de jeune pour la Mosquée Missiri

    Elle détonne dans une commune aux mains du RN depuis 2014. Construite par les tirailleurs sénégalais – dans le but de vaincre le mal du pays – entre 1928 et 1930 au camp militaire de Caïs, qui accueillait des troupes coloniales africaines, en périphérie de Fréjus, la Mosquée Missiri est une réplique de la Grande Mosquée de Djenné, au Mali. Elle est l’une des premières construites sur le sol français par les soldats africains venus libérer la France des nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, demeurant non seulement un témoignage de la participation décisive de ces derniers, mais aussi une preuve de fraternité entre les peuples et du respect de la pratique de la foi. « La Missiri n’était pas à proprement parler un lieu de prière, mais un lieu de vie, pensé pour accompagner ces soldats dans une période de transition. C’est un lieu singulier, à la croisée des cultures et des mémoires. Sa valeur tient autant à son architecture qu’au récit humain qu’elle porte », souligne ainsi Pierre Excoffon, directeur de l’archéologie et du patrimoine de la ville.

    Classée monument historique en 1987

    Basé sur un niveau, de plan carré, l’édifice de 22 000 m² est recouvert d’ocre rouge. Les tours d’angle sont ornées de pointes en béton armé – pour résister au climat européen –, rappels des poutres en bois renforçant la construction, en terre, du modèle africain. Le toit est garni d’une terrasse, et l’intérieur de peintures murales inachevées.

    Inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1987, elle a été cédée par le ministère de la Défense à la ville de Fréjus en 2019. Elle connaît actuellement une cure de jouvence, alors qu’elle était fermée au public depuis 2020. Une première phase de travaux a débuté en novembre. Elle porte sur la stabilisation de l’édifice : reprise des fondations, restauration des façades, traitement du plancher haut et gestion des eaux pluviales. Aux abords, les premières interventions concernent les cases, totems, termitières et le square sacré. Une seconde phase, prévue fin 2026, portera sur la restitution des décors et l’aménagement des abords en vue d’une ouverture au public en 2027. L’ensemble comprendra aussi un parcours paysager et des dispositifs didactiques. Au total, les travaux auront coûté 1,8 million d’euros, financés par la Ville, la Région et le ministère de la Culture.

  • Les musées marseillais accueillent les tout-petits

    Les musées marseillais accueillent les tout-petits

    Le Muséum d’histoire naturelle de Marseille a proposé une animation gratuite de fabrication de photophores mercredi 24 décembre pour les enfants âgés de 3 à 6 ans. L’atelier « La fabrique de dame nature » affiche complet, les enfants accompagnés de leurs parents et grands-parents ont été accueillis par Yzabela, chargée d’animation petite enfance. Elle introduit l’atelier : « Vous allez faire un vœu pour dire aux animaux de faire attention. »

    Les enfants s’attroupent autour d’une table, disposée derrière un épais rideau noir au sous-sol du musée. Yzabela, reine des lucioles installe ses invités, des tabliers sont alors distribués, confectionnés à l’aide de morceaux de récupération de fond de vitrine. « Allez ! On y va et j’y vais aussi », lance Yzabela. Ici, tout est permis, les doigts deviennent des outils à la manière des pinceaux.

    Le musée est bien équipé : petits pots en verre, peinture à base de plantes et pompons « magique » en guise de pinceaux. « Les matériaux proviennent à la fois de bons de commande et de récupération, c’est une contribution collective » indique Joëlle Ballester, cheffe de projet au Muséum.

    Une initiative collective

    Yzabela conclut l’atelier par « le serment des gardiens de la nature : je promets de protéger la nature du feu », dit-elle, les enfants lèvent la main droite, puis le répètent. Les petites lucioles sont invitées à adresser un mot ou un dessin pour exprimer leur ressenti, une étape importante pour Yzabela : « Ces mots seront mis dans le cahier d’or et transmis au conseil municipal, notre rôle, c’est de protéger et transmettre. »

    La plateforme en ligne POEM (plateforme des offres éducatives de Marseille) lancé en 2024 propose une sélection d’offres en matière de médiation à destination des enseignants, des éducateurs et animateurs. Ces ateliers tendent à se pérenniser, la Ville de Marseille souhaite développer l’offre culturelle en direction du jeune public, « c’est aussi une demande des visiteurs d’avoir des temps d’accueil dédiés au moins de 6 ans », indique Joëlle Ballester.

    La Ville de Marseille propose deux autres activités avant la fin de l’année, le mardi 30 décembre au Musée des beaux-arts et les 30 et 31 décembre aux Archives municipales.

  • Le Mont-Ventoux fait face au changement climatique

    Le Mont-Ventoux fait face au changement climatique

    Si nombre de suiveurs du Tour de France ont toujours en tête la victoire du Français Valentin Paret-Peintre au sommet du mont Ventoux en juillet dernier, le Géant de Provence est avant tout un écosystème à part et fragile. Menacé par le changement climatique, le Parc naturel régional (PNR) du mont Ventoux a commandé au Groupe régional d’experts sur le climat en Provence-Alpes-Côte d’Azur (GREC-SUD) un cahier territorial faisant état de la situation ainsi que des pistes à explorer pour sa préservation.

    Une menace avérée

    En ouverture du document, Jacqueline Bouyac, présidente du PNR, assure que le site « aspire à devenir un site pilote dans la lutte contre le changement climatique » et que « cette ambition se concrétise par des actions dans divers domaines ».

    Car quelques degrés en plus, et c’est tout l’écosystème qui est menacé. Avec un réchauffement estimé à 0,4 degré Celsius par an, le climat du Parc naturel régional « ressemblera probablement à celui de Séville », peut-on lire. « La sapinière du mont Ventoux est, par exemple, particulièrement exposée et menacée. Elle disparaîtra quasiment si le réchauffement global n’est pas contenu à +2 °C », précise le GREC-SUD par la suite. L’agriculture locale serait également mise à rude épreuve. L’augmentation des températures signifierait des « besoins en irrigation renforcés, une perte de rendement, une modification des profils aromatiques ou encore une plus forte pression des ravageurs ».

    Les cultures « emblématiques », telles que la cerise ou la vigne, seraient alors en danger. Le GREC-SUD estime qu’une perte économique de 30 à 50% est « possible » dans ces filières.

    Des actions concrètes

    L’organisme liste ensuite des pistes et une stratégie pour s’y adapter, notamment à travers le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), le schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, ou encore la charte du PNR. Plus concrètement, sont évoqués pour le maintien de la biodiversité le respect des aires protégées ou des solutions « fondées sur la nature », telles que l’agroécologie, le pastoralisme ou la conservation des milieux ouverts.

    Pour la forêt, « identifier les peuplements les plus vulnérables par des modélisations prospectives permet de renforcer leur surveillance et d’anticiper les modifications », tout en évoquant la possibilité de l’« exclusion de certaines espèces déjà fragilisées ». Et côté pratiques agricoles, la « diversification des systèmes agricoles est une étape clé pour maintenir et développer l’agriculture locale et faire face à l’évolution des aléas climatiques », assure le GREC-SUD, tout en alertant sur la nécessité d’optimiser le rendement des réseaux d’eau. Mais aussi des actions autour du tourisme ou encore l’urbanisme.

    Document a lire en intégralité
    sur parcduventoux.fr

  • L’agence régionale de santé appelle à ne pas engorger les urgences

    L’agence régionale de santé appelle à ne pas engorger les urgences

    Pendant les fêtes, si vous avez besoin d’un médecin, suivez le bon chemin. » Une manière polie de l’Agence régionale de santé (ARS) d’inciter la population à ne pas engorger les urgences, en cette période d’épidémie de grippe.

    « Les services des urgences en France et dans notre région voient chaque année leur nombre de patients augmenter de manière continue, en particulier à l’approche des fêtes, période durant laquelle les épidémies hivernales cohabitent », indique l’ARS dans un communiqué. Et d’insister : les urgences « doivent être prioritairement réservées aux situations les plus graves ».

    Pour assurer la continuité des soins, un dispositif est mis en place précise-t-elle avec la mobilisation des médecins généralistes en ville, l’ouverture des maisons médicales de garde, le renforcement des moyens de l’aide médicale urgente et une coordination assurée par le Centre 15.

    La bronchiolite stable

    La semaine dernière, l’activité pour grippe aux urgences a continué à augmenter, avec plus de 2 000 passages enregistrés dans la région, conduisant à près de 450 hospitalisations. La vaccination associée aux gestes barrières, demeurant l’une des armes les plus efficaces de protection rappelle l’ARS. Côté bronchiolite, qui touche particulièrement les enfants, la région est en phase épidémique depuis quatre semaines et l’activité des urgences concernant les enfants de moins d’un an se stabilise, à un niveau inférieur à celui observé à la même période l’an dernier.

  • Laurent Lamy : « La radioastronomie prend de l’ampleur en France, y compris à Marseille »

    Laurent Lamy : « La radioastronomie prend de l’ampleur en France, y compris à Marseille »

    La Marseillaise : La première détection d’une éruption stellaire hors de notre système solaire a été faite grâce à la radioastronomie. Est-ce une forme commune d’astronomie ?

    Laurent Lamy : Oui, elle étudie le spectre radio des ondes lumineuses et est composée de deux familles, en fonction des fréquences observées. Les basses fréquences – qui ont permis cette première détection  sont étudiées en France depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, avec le développement des radars et des télécommunications. Les rayonnements radio à basse fréquence du soleil et des planètes sont étudiés depuis les années 1950. Cette thématique prend de l’ampleur aujourd’hui en France, y compris à Marseille.

    Pourquoi ?

    L.L. : Car la France est partenaire de l’Observatoire Square Kilometer Array (SKAO) : un radiotélescope ultime en construction. Il observera dans une large bande de fréquences : entre 50 mégahertz (MHz) et plusieurs gigahertz. La partie basse fréquence – de 50 à 350 MHz – réalisera des relevés très sensibles pour détecter plus d’étoiles et faire de la physique comparée avec un grand nombre d’objets. Les travaux que nous menons aujourd’hui préparent l’arrivée de SKAO.

    Que signifie radiotélescope « ultime » ?

    L.L. : SKAO sera un radiotélescope géant de taille inégalée. Il est peu probable que nous arrivions à faire mieux. Depuis des décennies, nous progressons vers des radiotélescopes de plus en plus sensibles et nous découvrons à chaque fois de nouvelles choses. Mais faire mieux que SKAO sera technologiquement difficile et trop coûteux.

  • Une nouvelle page se tourne au tournoi Maurice-Revello

    Une nouvelle page se tourne au tournoi Maurice-Revello

    Après avoir organisé la 50e édition du tournoi qui porte de nos jours le nom de son père, Alain Revello était décidé à passer le flambeau. L’ex-tournoi de Toulon, qui a déménagé principalement dans les Bouches-du-Rhône en 2017, a été racheté la semaine dernière par le Varois Stéphane Abreu (53 ans), président de la société MOVE To Meet, une société toulonnaise reconnue pour son expertise dans l’organisation d’événements en France et à l’international.

    Cette transition marque « la volonté de pérenniser et renforcer l’un des rendez-vous internationaux les plus prestigieux du football de jeunes » et symbolise également « l’alliance stratégique entre une compétition sportive mondialement reconnue et un savoir-faire événementiel de premier plan ».

    La Sud Ladies Cup passe

    à la trappe en 2026

    Stéphane Abreu ne débarque pas dans l’affaire comme un cheveu sur la soupe. Sa société MOVE To Meet était un partenaire privilégié du tournoi Maurice-Revello depuis 18 ans. L’agence assurait notamment la gestion logistique et l’hébergement des délégations participantes. « Le tournoi Maurice-Revello m’accompagne depuis de nombreuses années. J’y ai d’abord été spectateur, puis partenaire hôtelier, avant de devenir prestataire du tournoi avec MOVE To Meet dès 2008. J’y ai découvert un événement d’envergure internationale, porté par des équipes engagées et particulièrement professionnelles. Reprendre aujourd’hui le flambeau est un honneur », souligne celui qui prépare activement l’édition 2026 avec ses équipes.

    Certains changements accompagnent l’arrivée de la nouvelle direction : la compétition débutera un dimanche et se terminera un samedi, pour être « en adéquation avec les attentes des sélections et des diffuseurs », comme l’a expliqué Stéphane Abreu à La Provence.

    Le Toulonnais souhaite également rendre l’événement « plus attractif », en améliorant plusieurs éléments parties prenantes de l’aspect événementiel, son fonds de commerce principal, comme « l’expérience des équipes, les hospitalités » et l’expérience des spectateurs.

    Si le tournoi masculin va revenir à une formule à deux poules de cinq où les deux premiers de chaque groupe s’affronteront en finale, le pendant féminin – la Sud Ladies Cup, créée en 2018 et organisée ces dernières années dans le Vaucluse – ne verra pas le jour en 2026, suite à des pertes économiques qui mettaient en danger l’un de deux plus importants tournois internationaux de la planète.

    Hormis la France, grande habituée de la compétition et tenante en titre, d’autres grandes nations comme l’Espagne ou le Brésil seraient attendues pour cette 52e édition du tournoi Maurice-Revello, qui se tiendra du 31 mai au 13 juin 2026, sur « deux à trois départements », selon Stéphane Abreu.

  • Lucien Molino. Les postiers marseillais en première ligne

    Lucien Molino. Les postiers marseillais en première ligne

    Le phénomène fut national mais toucha les Bouches-du-Rhône. Il atteignit la plus grande ampleur à la mi-mai. La majorité confédérale fut surprise par cette explosion revendicative passée sous silence. Notre réaction fut quelque peu différente. Nous avions tiré les enseignements des événements nationaux et à la fin mai 1945, l’UD des Bouches-du-Rhône prit directement en charge le mouvement et appela les travailleurs à 24 heures de grève, premier mouvement d’une telle ampleur depuis la Libération. Les modalités permettaient de ne pas entraver l’effort productif indispensable au relèvement de notre pays mais cette attitude se distinguait nettement de celle de la confédération et traduisait le souci de répondre à l’attente des travailleurs.

    Un an plus tard, le 30 juillet 1946, les postiers arrêtèrent le travail. Leur mécontentent n’était pas nouveau et rejoignait celui de l’ensemble des fonctionnaires. Il était dû au niveau insuffisant des rémunérations et au décalage scandaleux qui existait entre les salaires des PTT et ceux des non-fonctionnaires. Ils demandaient des indemnités complémentaires de fonction ou spéciales, déjà allouées aux fonctionnaires d’autres administrations telles les régies financières et les Ponts et chaussées ou l’échelle des traitements prévue pour le personnel d’Électricité et Gaz de France. À cela s’ajoutaient les mauvaises conditions de travail dénoncées par Line Cecaldi, secrétaire administrative de la Fédération postale et secrétaire de l’Union départementale des Bouches-du-Rhône : les locaux étaient insalubres, l’hygiène déplorable, les facteurs n’avaient touché aucun vêtement depuis 5 ans et, de plus en plus, le taux d’absence pour maladie frappait cette corporation. Sans compter que plusieurs centaines de postiers étaient auxiliaires et connaissaient de grandes difficultés. Depuis la Libération, ils prenaient leur place dans l’œuvre de reconstruction et lors de leur congrès régional de juillet 1945 invitaient, dans une résolution, à redoubler d’ardeur pour améliorer malgré tout le fonctionnement de différents services. La journée d’action des travailleurs des PTT, le 11 juillet 1946, se traduisit dans toute la France par des manifestations et dépôts de motions, avec le souci de ne pas gêner la vie nationale. Les revendications portaient sur le réajustement des primes, les indemnités et salaires, en particulier l’application de la loi Croizat sur le paiement à des taux majorés des heures supplémentaires et application du statut des auxiliaires. À Marseille, une manifestation eut lieu : près de 2 000 personnes portèrent une motion à la Préfecture après un meeting sur les terrains vagues, de derrière la Bourse, où aux côtés de Tancrede de la fédération des PTT se trouvaient les dirigeants de l’Union départementale. Ne voyant rien venir, la Fédération postale décida d’appeler à une grève pour le 30 juillet de 4 heures à 14 heures.

    à suivre la semaine prochaine…

  • Michelin va rembourserl’État de 4,3 millions d’euros

    Michelin va rembourserl’État de 4,3 millions d’euros

    Le groupe Michelin et son PCG Florent Menegaux ont décidé de sortir le chéquier pour faire « don » à l’État de 4,3 millions d’euros, d’après le journal officiel en date du 26 décembre.

    Cette somme correspond « à une somme perçue par le fabricant de pneus au titre d’un crédit d’impôt » pour moderniser son usine sur le site de La Roche-sur-Yon, usine qui a fermé ses portes en 2020. « Un remboursement strictement volontaire et responsable », précise le groupe au quotidien Le Monde.

    Rapport et contrôles

    La question des aides d’État perçues par les entreprises a été remise sur la table, lorsque le sénateur communiste Fabien Gay avait rendu les travaux de la commission portant sur ce thème et assuré que ces aides avait un coût de « 211 milliards d’euros » avec des contreparties infimes voire nulles. Et de pointer notamment du doigt les grands groupes français et internationaux qui profitaient des crédits d’impôt notamment pour augmenter uniquement leurs bénéfices et les dividendes versés à leurs actionnaires, plutôt que de réellement moderniser leurs moyens de production et créer de l’emploi. « Le paysage des aides publiques aux entreprises semble aujourd’hui éclaté et échapper à toute réflexion d’ensemble », constatait le sénateur communiste. La commission formulait notamment en conclusion de son rapport plusieurs propositions, et en premier lieu « un choc de transparence », « un choc de responsabilisation » et « un choc de rationalisation ». Bref, remettre un peu d’ordre dans les largesses accordées aux entreprises avec, par exemple, des contrôles effectifs sur l’utilisation des fonds…

  • Une ténébreuse affaire

    Une ténébreuse affaire

    C’est, pour pasticher le titre d’un célèbre roman de Balzac, celle que nous narre aujourd’hui Hervé Jubert. Outre aux thrillers sanguinolents, la mode revient aujourd’hui aux romans historiques. Si la plupart des auteurs montrent quelque compétence dans la recherche documentaire, il leur manque trop souvent l’essentiel, sa digestion et on a l’impression d’ingurgiter des pavés démonstratifs bourrés d’invraisemblances psychologiques et d’anachronismes de style. Aussi convient-il de saluer cette Affaire Balzac et son auteur, auquel on n’adressera qu’un reproche, ne pas avoir fourni une bibliographie en fin de volume.

    Tout commence en 1818 par la rencontre inopinée entre un jeune Balzac encore inconnu et un narrateur anonyme qui ne va pas tarder à devenir son serviteur. Et, aussitôt, à se laisser entraîner dans une enquête surprenante qui va réserver des mésaventures qui ne le seront pas moins. Car les deux hommes, à pied, en diligence ou à dos de mule, vont traverser la France pour gagner la région d’Albi où se prépare l’exécution de Louis Balssa, dit Le Prince, qui n’est autre qu’un oncle du futur écrivain. C’est à partir de ces données authentiques, d’un travail de recherche important et du postulat de l’innocence de l’oncle que Jubert a donné une reconstitution possible des faits.

    Balzac mène l’enquête

    La grande habileté de l’auteur c’est de rendre vraisemblable la possibilité d’une telle aventure. Après tout, on sait que Balzac a bien connu Vidocq, que la troisième partie de Splendeurs et Misères des courtisanes est une authentique enquête et que ses débuts se plaçaient sous l’influence du roman noir gothique anglo-saxon. Néanmoins, le principal mérite de Jubert est d’avoir parfaitement saisi les conditions historiques de l’époque, la psychologie d’une région et de ses habitants, qu’il décrit avec infiniment de poésie et d’humour. Son Balzac avant Balzac, ses saillies, ses foucades, son caractère tantôt grave et angoissé tantôt léger et primesautier, raconté par un narrateur pittoresque qui est bien plus qu’un faire-valoir, tout au long d’une quête à rebondissements, est aussi un véritable régal tant le style, les tournures, le vocabulaire, ne versant jamais dans l’anachronisme, font mouche. Un roman original et passionnant dont on se délectera.

    L’Affaire Balzac La Manufacture de livres
    225 p. 19€90