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  • L’extrême droite peut-elle l’emporter dans la deuxième ville de France ?

    L’extrême droite peut-elle l’emporter dans la deuxième ville de France ?

    L’enquête d’opinion La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA donne le candidat du RN, Franck Allisio à 30%, à égalité avec la liste du Printemps marseillais conduite par Benoît Payan. Un score très important pour un candidat d’extrême droite, député depuis 2022 de la circonscription de Marignane-Vitrolles qui souffre d’un déficit de notoriété dans la cité phocéenne.

    Mais, sûr de son influence, le RN a placé Marseille depuis de longs mois dans la liste de ses objectifs prioritaire pour les municipales de mars. Signe de l’enjeu : Marine Le Pen tiendra meeting ce vendredi au Parc Chanot, au côté de son candidat à la mairie de Marseille. Et ce, trois jours seulement après l’ouverture de son procès en appel à Paris, ce mardi, dans l’affaire des assistants parlementaires du RN qui lui a valu cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate en première instance.

    En 2024, la liste Bardella réalise 30,14%

    Il faut se souvenir que les bons résultats du FN puis du RN ne datent pas d’hier mais ils étaient plutôt circonscrits aux scrutins nationaux. Ainsi, pour mémoire, lors de l’élection présidentielle de 2002 Jean-Marie Le Pen est en tête au premier tour puis réalise près de 27% au second tour face à Jacques Chirac. Vingt ans plus tard, en 2022, sa fille récolte 20,1% au premier tour mais parvient à capitaliser 40,16% au second, face à Emmanuel Macron.

    En 2024, la liste de Jordan Bardella figure nettement en tête avec 30,14%. Un étiage sur lequel Franck Allisio semble pouvoir toujours compter d’après les résultats du sondage La Marseillaise/Ipsos-BVA. D’autant qu’il a négocié la non-candidature de Stéphane Ravier ancien du RN, passé par Reconquête qui aurait pu handicaper son score. La « marque » RN avec un candidat flanqué de Marine Le Pen et de Jordan Bardella sur ses affiches, bénéficie de la situation politique nationale avec un bloc de droite et du centre empêtré dans les conséquences de la dissolution désastreuse décidée par le chef de l’État. Le changement de mode de scrutin qui municipalise une élection autrefois morcelée par secteur semble aussi bénéficier au RN car il pâtissait jusque-là de sa faible implantation face à une droite qui cultivait depuis longtemps son réseau de notabilités avec l’appui de ses élus de proximité. Dans ces conditions, le RN peut-il emporter la deuxième ville de France ? Il est évidemment trop tôt pour l’affirmer mais il n’a probablement jamais été si près du but.

  • La bataille de Marseille sera féroce

    La bataille de Marseille sera féroce

    Les résultats de l’enquête d’opinion exclusive La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA, marque un tournant dans la bataille de Marseille. Pour la première fois, ils révèlent le risque d’une victoire RN dans un contexte politique national qui lui est particulièrement favorable.

    Les gauches, unies dans le Printemps marseillais, continuent d’être en mesure de l’emporter avec un niveau d’intention de vote à 30%, équivalent à celui du RN, avec un total gauche qui progresse sur celui de 2020, et cela avant l’entrée en campagne de Benoît Payan puisque l’enquête a été réalisée
    du 2 au 8 janvier. Néanmoins, comme dans la totalité des villes ou une majorité de gauche est sortante, la présence d’une liste LFI pourrait handicaper la capacité des progressistes à avoir le dessus.

    Rien n’est joué

    La droite et le centre-droit ont, quant à eux, l’obligation de se ressaisir s’ils ne veulent pas finir siphonnés par l’extrême droite. Un des enseignements de ce sondage, comme de la période, est que la porosité entre ces deux courants politiques se fait systématiquement en faveur du RN. Il y a donc urgence à recréer des digues et à rappeler les enseignements de l’histoire mais aussi de l’actualité mondiale : il n’y a pas une différence de degré mais de nature entre la droite républicaine et l’extrême droite.

    Rien n’est joué.
    La présentation des programmes, la composition des listes et le déroulement de la campagne pèseront sans nul doute dans le résultat final des urnes.

    La bataille de Marseille sera féroce. Elle ne fait que commencer.

  • [Sondage exclusif] Élections municipales : Benoît Payan au coude à coude avec le RN

    [Sondage exclusif] Élections municipales : Benoît Payan au coude à coude avec le RN

    C’est un coup de semonce dans le champ politique marseillais : d’après les résultats du sondage exclusif La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA réalisé du 2 au 8 janvier sur un échantillon représentatif de 801 personnes, le candidat RN Franck Allisio ferait jeu égal à 30% avec la liste de la majorité sortante emmenée par Benoît Payan (DVG) tandis que Martine Vassal (DVD) est créditée de 23%.

    Début décembre, le sondage La Provence/Ifop-Fiducial donnait déjà le maire actuel à 30% et Franck Allisio, en progression à 27%,devançant pour la première fois Martine Vassal (DVD) donnée quant à elle à 26%. L’écart semble donc se creuser entre la présidente de la Métropole et du Département et le candidat d’extrême droite, alors que celui qui le séparait du Printemps marseillais se réduit à la portion congrue. Partie tôt en campagne, la candidate du bloc central semble pâtir de la situation politique nationale qui s’enlise de plus en plus avec un gouvernement sans budget, confronté à de nombreuses colères.

    Dans le même temps, Sébastien Delogu pour la France insoumise est stable à 14%. Le précédent sondage l’ayant donné à 15% début décembre. Le député des 15-16 élu dans les quartiers Nord depuis 2022 dans le cadre de la Nupes puis réélu dans celui du Nouveau front populaire se situe plus bas que la liste de Manon Aubry aux européennes de 2024 (21,5%) et il est mesuré à la moitié du score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2022 (31,1%) où celui-ci faisait la course en tête au premier tour à Marseille.

    Un élément qui confirme la volatilité des électorats de gauche en fonction des enjeux et des scrutins qui a été constatée depuis la recomposition politique induite par la première élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République.

    Réalisé avant l’entrée en campagne de Benoît Payan

    La liste conduite par Erwan Davoux, secondé par Nora Preziosi est stable également à 2%, même score obtenu il y a un mois. Ouvertement hostiles à Martine Vassal, le premier est un ancien fonctionnaire du Département en procès avec elle, la seconde a été révoquée de sa présidence de 13 Habitat et entend prendre sa revanche dans cette élection.

    Testé pour la première fois depuis sa déclaration de candidature, le candidat trotskiste de Lutte ouvrière Rémy Bazzali est donné à 1% par notre enquête. L’ouvrier dans l’aéronautique conduit une liste à l’échelle municipale qui sera appuyée par seulement trois listes de secteurs, les 2-3, 13-14 et 15-16.

    Réalisé avant l’entrée officielle en campagne de Benoît Payan samedi, le sondage La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA témoigne de la dynamique dont bénéficie le RN à l’échelle nationale (lire par ailleurs).

    Difficile de savoir si la mobilisation simultanée des militants de l’arc de forces qui composent le Printemps marseillais : PS, PCF, Écologistes, Génération.s, Mad Mars, Radicaux de gauche, Gauche républicaine et socialiste, Debout!, Place publique ou encore les amis de Samia Ghali regroupés dans Marseille avant tout, a déjà fait évoluer ce rapport de force.

    Rendez-vous dans sur lamarseillaise.fr et dans La Marseillaise de ce mardi pour la publication des réactions à ces résultats mais aussi pour la suite de notre enquête avec notamment la réponse à la question « qui ferait un bon maire ? » et la perception des conséquences pour Marseille en fonction de la victoire potentielle de chaque candidat.

    Rappel des résultats 2020

    Michèle Rubirola PM…….. 23,44 %

    Martine Vassal LR…………..22,32 %

    Stéphane Ravier RN ……..19,45 %

    Bruno Gilles DVD…………….10,65 %

    Sébastien Barles EELV…….8,10 %

    Yvon Berland LREM……….. 7,88 %

    Samia Ghali DVG………………. 6,41 % 

    Fiche technique

    Institut

    Ipsos / BVA

    Échantillon

    801 habitants de Marseille, constituant un échantillon représentatif de la population marseillaise âgée de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales à Marseille.

    Date de l’enquête

    Du 2 au 8 janvier 2026

    Méthodologie

    Échantillon interrogé par téléphone sur système CATI (Computer assisted téléphone interviews). Représentativité assurée par la méthode des quotas selon le sexe, l’âge, la profession, l’arrondissement de résidence.

    La notice de cette enquête est consultable sur le site de la Commission des sondages.

  • Un tram du Nord au Sud, la « révolution » sur les rails

    Un tram du Nord au Sud, la « révolution » sur les rails

    Rapide, pratique, écologique, sécurisé, ergonomique, économique… », ne tarit pas Catherine Pila. La présidente de la RTM estimant un passage à « 93 000 passagers d’ici 2030 contre 38 000 aujourd’hui sur cette ligne ». Sur l’estrade montée devant le parc du 26e Centenaire, Martine Vassal, présidente de la Métropole, et Philippe Tabarot s’accordaient pour voir dans les 6,2 km supplémentaires de rails une « révolution ».

    La présidente DVD de la Métropole se félicite d’un moment « historique », tenant en trois dates : « 1977, pour l’inauguration du métro avec Gaston Defferre, 2007 pour le tramway avec Renaud Muselier et Jean-Claude Gaudin. Et nous ! » C’est pourtant sous l’impulsion de Defferre que le tram disparaissait pour laisser place au trolley puis au bus. La municipalité Gaudin avait quant à elle creusé la fracture Nord-Sud. Alors, en effet, combler enfin le retard marseillais avec un « T3 qui permet de rapprocher l’ensemble des quartiers », précise Martine Vassal, c’est une révolution dans la vision des déplacements collectifs. Même s’il reste beaucoup à faire pour remailler ce territoire.

    Qui se plaindrait d’une nouvelle ligne, avec des fréquences et une amplitude horaire dignes d’une métropole ? Certainement pas ceux qui vont enfin en bénéficier. Comme Alain, aide-soignant, qui pourra « l’utiliser au quotidien pour se rendre à l’hôpital Sainte-Marguerite, parce que même si j’ai le métro, c’est plus sympa le tram ». Ou Carole, qui se déplace à vélo sur les nouvelles pistes « sauf les jours de pluie » et laissera « plus sereinement » son fils « aller à l’école en tram qu’en bus ou métro ».

    Armes et caméras piétons

    Moins d’enthousiasme pour Marie, retraitée qui habite la Gaye : « Ce n’était pas une priorité. Il y a le 47, le 46 et le B1 qui passe toutes les 7 minutes. L’argent pouvait être investi pour désengorger les Goudes ou ailleurs. » Il est vrai que le T3 fait plus le plein côté Nord que côté Sud et double en partie la ligne de métro. « C’est évident que si un service existe, les gens l’utilisent », considère Tania, serveuse, qui peut « lâcher la voiture pour utiliser la ligne de Gèze pour aller bosser, car contrairement au métro, il ne s’arrête pas à 21h30 ». C’est le cas depuis 2023, « pour les essais techniques », a justifié Martine Vassal, avançant une probable réouverture « jusqu’à 1h du matin… en mai ».

    Si à la création de la Métropole « le premier sujet était la mobilité », sa présidente fait de la sécurité une nouvelle priorité, en portant « de 42 à une centaine » les agents de sécurité. L’État, qui a abondé « d’un milliard d’euros dans le plan Marseille en grand », a rappelé le ministre, continue à soutenir le territoire métropolitain pour « la création de plusieurs lignes BHNS, de pôles de report modal et la nouvelle ligne ferroviaire ». La loi Tabarot « permettra aux contrôleurs de la RTM d’être équipés de caméras-piétons et les agents du Groupe d’assistance et de protection (GAP) seront dotés d’armes non létales ». Des mesures seront aussi annoncées pour prévenir les accidents.

  • Benoît Payan reprend la promesse du Printemps marseillais

    Benoît Payan reprend la promesse du Printemps marseillais

    Sur les murs du local de campagne du 41, la Canebière, les affiches aux couleurs vives proclament encore que « le Rassemblement c’est le Printemps », avec la même charte graphique que lors des précédentes municipales. Ce samedi matin face à la presse, le maire sortant (DVG) de Marseille a finalement officialisé son entrée en campagne pour le prochain scrutin municipal, pour la première fois sur son propre nom après s’être rangé derrière Michèle Rubirola en 2020. « Le moment était venu de dire que je suis candidat », confirme-t-il, seul face aux micros tendus pendant que élus et militants distribuent sa lettre aux Marseillais.

    « Nous avons eu à cœur pendant les six ans qui viennent de se passer de rassembler cette ville, de la recoudre », répète-t-il une nouvelle fois, passant rapidement sur son bilan pour se projeter vers l’avenir. « Je n’ai pas d’autre ambition que de me battre pour ma ville, que de rassembler ses habitants, qu’elle redevienne la grande capitale de la Méditerranée, cette place qu’elle n’aurait jamais dû perdre », promet-il. Et d’endosser le costume de l’édile protecteur face à un contexte national et international incertain, alors que l’insécurité s’affiche dans les grandes priorités des habitants, jusque dans la consultation menée par les militants du Printemps marseillais. « Je veux que les Marseillais se sentent protégés dans leur quotidien avec de la police de proximité, de la police municipale, avec des services publics très forts », réaffirme-t-il. De son programme, il ne distille ainsi que sa volonté de doubler une nouvelle fois les effectifs de la police municipale avec la création d’une police de la propreté, d’étendre la gratuité de la cantine pour toucher 15 000 écoliers, d’étoffer les kits scolaires distribués à une valeur de 150 euros.

    « Emporter la Métropole »

    De premières mesures métropolitaines sont aussi posées sur la table. Le maire sortant veut doubler les effectifs de la propreté à Marseille, créer un gendarme du logement. La Métropole Aix-Marseille est en effet dans le viseur de la gauche marseillaise, qui si elle l’emporte espère profiter de l’avantage numérique offert par la réforme du mode de scrutin pour s’assurer d’une majorité plus en phase avec ses demandes. « Est-ce que vous croyez que je vais laisser la Métropole pendant les six années qui viennent continuer à faire ce qu’elle a fait dans cette ville ? », interpelle le maire sortant, alors que propreté et transports s’imposent dans les principales préoccupations recueillies lors des porte-à-porte de l’automne. « En votant pour nos listes, nous pourrons emporter avec nous la Métropole », assure-t-il.

    Mais tandis que se dessinent quatre blocs, au moins pour le premier tour du scrutin, il assume avoir pour principal adversaire l’extrême droite. « Ces faiseurs de haine, ces cracheurs de feu, ce sont en réalité celles et ceux qui risquent de diviser Marseille comme elle ne l’a jamais été » avertit-il. L’édile en prend pour exemple les délibérations votées en conseil municipal. « À chaque fois ils ont voté contre les subventions de solidarité, contre l’aide aux personnes les plus précaires, contre tout ce qui unifie la vie. » Il a beau être seul face à la presse, il promet de renouveler la promesse du Printemps marseillais, « ce rêve que cette ville doit changer ». En commençant par le renouvellement de ses élus. Aucune liste n’est constituée, aucun nom n’est donné pour l’instant. Il promet de repartir « avec celles et ceux qui en ont envie et qui ont bien travaillé ». Mais il esquisse aussi un renouvellement avec sur les 111 noms de la liste municipale, des candidats « qui n’ont pour la plupart jamais fait de politique mais qui sont ancrées dans la ville », qu’ils viennent du monde médical, associatif, culturel, entrepreneurial. En espérant l’emporter sans le soutien des insoumis. « Quand on porte la responsabilité de la division on l’assume jusqu’au bout », balaie-t-il.

    « Les faiseurs de haine risquent
    de diviser Marseille comme elle ne l’a jamais été. »

  • Le PCF lance son prochain congrès

    Le PCF lance son prochain congrès

    Programme chargé pour le conseil national du PCF ce samedi. En plus des préparatifs du 40e congrès : vote d’une résolution sur la situation au Venezuela, discussion sur les enjeux des municipales, débat sur le projet communiste et le concept de socialisme ou encore adoption d’un cahier thématique sur l’économie sociale et solidaire…

    Durant une matinée d’échanges, ouverte par le rapport du secrétaire national, Fabien Roussel, il a été question de l’organisation du prochain congrès du PCF. Temps fort démocratique de l’organisation, il aura lieu sur les terres du secrétaire national, du 4 au 6 juillet, à Lille, ville qui, cent ans plus tôt avait déjà accueilli un congrès du Parti communiste.

    « Rendre lisible

    notre ambition »

    Objectif : « Rendre lisible par le peuple tout entier, notre ambition pour la France, la République, pour le monde du travail et pour la paix », indique Fabien Roussel pour qui, il y a urgence à « s’engager vers une société démocratique mettant l’être humain et la planète au cœur de ses priorités ». Il souhaite que le PCF incarne « une double alternative : à l’extrême droite et au capitalisme ». « Nous ne sommes ni un super-syndicat, ni les porteurs d’eau d’autres forces politiques », affirme-t-il, appelant à construire dans les 15 à 20 ans à venir, une « union du peuple de France pour former une majorité transformatrice ».

    Dans la discussion, Denis Durand estime que si, dans la dernière période, le PCF a « gagné la bataille contre son effacement, il faut maintenant gagner celle contre l’effacement des idées communistes ». Au nom de la fédération de l’Yonne, Marie-France Ghersi a exprimé « des doutes » sur le calendrier serré du congrès, juste après les municipales. Igor Zamichiei a constaté que « l’effort politique à produire pour ouvrir un espace de transformation sociale est un problème commun à toutes les forces dans le monde qui s’opposent au capitalisme néoféodal, impérialiste ». Quant à Assan Lakehoul, il considère que « les communistes doivent pouvoir s’adresser aux Français, à chaque fois qu’ils en ont l’occasion, dans les luttes et dans les urnes », alors que la question de l’élection présidentielle sera posée.

    Pour préparer le projet de base commune de discussion, une commission de vingt membres, présidée par Léon Deffontaines a été élue par 76 voix pour, 1 voix contre et 12 abstentions. Le texte qu’elle produira sera soumis au vote du conseil national puis des adhérents aux côtés d’éventuels textes alternatifs.

    Pour s’assurer du bon déroulement du processus de congrès, une commission chargée de la transparence des débats, composée de six membres et présidée par Marie-Jeanne Gobert a également été élue par 79 voix pour et 3 abstentions. Un site permettant de contribuer sera mis à disposition dès ce lundi.

    Dans l’après-midi, une nouvelle salve de chefs de file pour les municipales a été désignée par 81 pour, 1 contre et 8 abstentions. L’occasion d’un échange sur les accords à géométrie variables passés en Seine-Saint-Denis mais aussi d’évoquer des difficultés dans quelques villes, Pierre Lacaze, responsable aux élections, soulignant « une dynamique de rassemblement de la gauche » hors LFI, assez générale dans le pays.

    Dans notre région, la situation très mouvante à Avignon, a poussé le conseil national à reporter sa décision.

  • [Entretien] « Une mise en lumière des émotions des cheminots »

    [Entretien] « Une mise en lumière des émotions des cheminots »

    La Marseillaise : D’où vient ce film et pourquoi l’avoir fait ?

    Sébastien Gronnier : Ce film est la fin d’un processus débuté en 2021 en trois étapes. Le premier volet a été la sortie des trois BD Les Seigneurs du Rail, le second avec le livre #TousCheminots. Et enfin le film, pour mettre en lumière la manière dont les cheminots ont vécu l’arrivée de la concurrence dans la région, ce qu’elle a provoqué dans leur vie. Souvent ils sont vus comme un corps social particulier, indépendant ou corporatiste. Et nous voulions montrer qu’au contraire, ce sont des salariés comme les autres, des citoyens avec des vies personnelles. Avec ce film, on voulait donner corps au phénomène de concurrence, qui est un terme répété tant de fois que parfois on ne sait pas ce qu’il y a derrière. C’est quelque chose qui n’est pas palpable : on en entend parler mais tant qu’on ne l’a pas vécu, qu’on ne sait pas ce que ça amène, on ne se rend pas compte des réalités. Et avec le cheminot en tant qu’humain au cœur de ça. C’est une mise en lumière de vécus de citoyens sur leur condition de salariés dans une grande entreprise qui se fragmente. Il y a une forme de réhumanisation des cheminots et on l’a conçu comme une photographie historique de ce moment pour le corps social de la SNCF.

    Dans le livre, il y avait un rapport au réel et à l’émotion, est-ce que c’est ce qui ressort principalement dans l’adaptation ?

    S.G. : Au Casi, nous sommes des syndicalistes. Donc, les cheminots ne nous disent pas les mêmes choses que s’ils parlaient à quelqu’un d’autre de leur métier. Ils parlent en nous identifiant à une organisation syndicale dans une optique d’en faire une remontée à la direction. L’idée du livre, puis du film, était de mettre le cheminot dans une situation où il parle du même sujet mais autrement. On rentre dans l’intime, de comment ils ont ressenti les modifications dans l’entreprise. Pas de le mettre à nu mais qu’il parle à cœur ouvert. Et cela donne corps à notre parole de syndicaliste. Quand on alerte sur les conséquences de l’ouverture à la concurrence, en matière de risques psychosociaux, d’attachement à l’entreprise, de départ des cheminots… Tout cela prend forme avec les témoignages. On a, par exemple, un cheminot qui témoigne dans le film et qui explique avoir choisi de quitter la SNCF pour ne pas subir l’arrivée de la concurrence. Au final, ce n’est pas qu’une mise en lumière du livre.

    Comment s’est déroulé le tournage et le cheminement du projet ?

    S.G. : On n’a pas donné de cahier des charges au réalisateur, Balkan Tekelioglu. On lui a juste donné le livre, en lui demandant si c’était possible d’en faire un film. Après il y a eu des allers-retours entre lui et nous, des choix de témoignages. Et le tournage a été relativement rapide. Mais on voulait avoir son regard extérieur et sans l’influencer. Car justement, quand on fait travailler des personnes extérieures à la SNCF dans nos projets, on veut qu’ils gardent leur sensibilité. Et donc qu’ils gardent leur regard sur le corps social au sein de la SNCF. In fine, on ne gêne pas le processus créatif. Et lui-même avait un regard relativement neutre avant de lire le livre, puis a pris conscience de ce que pouvait provoquer cette ouverture à la concurrence. On ne souhaitait juste pas que les cheminots parlent seulement de risques psychosociaux ou de conditions de travail. Mais plutôt de comment ils ont perçu ce moment de l’histoire.

    Le format documentaire s’est imposé naturellement ?

    S.G. : Le format documentaire était une évidence. Si l’on commence à romancer, à en faire une fiction, ça implique un script, un scénario. Et donc avec l’idée de dénoncer volontairement des choses. Et là, ce n’était pas le but. L’idée c’était de dire : « voilà ce que pensent les cheminots, voilà ce qu’ils nous disent et voilà ce qu’ils vont dire à la caméra ». Et ça n’a donc rien à avoir avec une idéologie ou une organisation syndicale. Le tout, avec une diversité de profils justement. On ne voulait pas imposer le fait que cette ouverture est bien ou mal. C’est donc un documentaire sociologique, intemporel. Et c’est aussi une alerte : le processus qui est décrit dans le film va se reproduire à chaque fois qu’il y aura une ouverture à la concurrence, des appels d’offres. Le processus légal est le même, donc les cheminots d’autres régions vivront les mêmes choses d’année en année.

    Il n’y a pas besoin d’avoir lu le livre pour apprécier le film, ni d’être cheminot ?

    S.G. : C’est accessible au grand public, il a été réalisé par quelqu’un qui n’est pas cheminot d’ailleurs. Il faut juste venir avec un regard curieux et être prêt à déconstruire toutes les idées reçues qu’on peut avoir sur les cheminots. Pas besoin non plus d’habiter la région. On va le présenter dans des festivals et le diffuser au-delà de Paca. Du reste, l’autrice du livre a d’ailleurs été interviewée par le réalisateur dans le cadre du film. Les deux productions se recoupent et sont complémentaires. Et même si vous avez lu le livre, il y a un vrai intérêt à voir le film. Et ça marche aussi si vous ne l’avez pas lu.

    Les projections dans la région

    Le documentaire #TousCheminots va être projeté dans toute la région. Début à Marseille, le 16 janvier, au cinéma du Gyptis. Ensuite, une projection à Six-Fours le 28 janvier au Six n’étoiles. Deux jours plus tard dans le Vaucluse à Avignon, le 30 janvier, au théâtre de la Rotonde. Puis direction les Alpes-Maritimes avec une diffusion, à Nice, le 12 février, au théâtre de la Cité. Enfin, une autre diffusion est prévue le vendredi 13 février à 17h30, aux Rotatives de La Marseillaise (gratuit).

    Réservation possible pour les autres diffusions sur le site billetweb.fr

  • [Monde du travail] Chronique des invisibles : en 2026, faire reculer un peu la nuit

    [Monde du travail] Chronique des invisibles : en 2026, faire reculer un peu la nuit

    Les mêmes choses, d’une année sur l’autre : la paix, la santé, un peu de bonheur, et que le monde, tel qu’on le connaît, existe encore jusqu’au Printemps.

    Nous les enverrons par cartes (tant que La Poste perdure toujours, le Danemark vient de la fermer définitivement), par courriels, par SMS, par messages pressés entre deux courses au supermarché. « Bonne année, bonne santé ! ».

    Et pourtant, malgré leur apparente banalité, ces mots conservent une force intacte : ils témoignent qu’au cœur des épreuves, du labeur quotidien, de ce climat anxiogène où la haine l’emporte sur l’empathie, l’espérance persiste.

    Je me surprends à penser, en écrivant mes vœux, que nous sommes pareils à ces jardiniers d’hiver. Ils retournent la terre gelée, convaincus que quelque chose finira bien par pousser.

    Nous savons que la saison est rude. Nous savons aussi que le simple fait d’écrire « bonne année » est déjà un acte de résistance contre la détresse généralisée du monde. Il n’existe pas de geste inutile lorsqu’il s’agit de dire aux autres qu’ils comptent, ne serait-ce qu’un instant.

    C’est l’idée même de cette série de portraits de jeunes travailleurs de « La Marseillaise » et au-delà de cette nouvelle chronique où seront abordés les gens humbles, ceux par lesquels la vie est réellement influencée, écrite, bouleversée, magnifiée. La mondialisation n’écrase pas seulement les hommes, elle digère les valeurs humaines fondatrices. Elle transforme la solidarité en opportunité commerciale, la culture en produit dérivé et la dignité en slogan publicitaire. Sous ses apparences d’universalité, elle uniformise les consciences. Notre rêve collectif ne doit jamais devenir un flux de données. Dans ce grand mouvement sans visage, sans âme, l’humanité se dissout lentement dans une logique capitaliste dépourvue de morale.

    Alors souhaitons, maladroitement, imparfaitement, sans garantie, avec force, détermination « une bonne année 2026 » mais souhaitons-le tout de même.

    Car les vœux, comme les mots, parfois, ont le pouvoir de faire reculer un peu la nuit, ces ténèbres vers lesquelles nos ennemis veulent nous entraîner.

    Sébastien Gehan

    Né en 1973, il est écrivain, auteur de polars, contes et nouvelles plusieurs fois primées. Deux fois papa, il vit à Istres. Douanier, ancien responsable syndical, il dédie cette chronique à celles et ceux qui font le monde du travail d’aujourd’hui.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Philipon s’amuse, Guizot s’ennuie

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Philipon s’amuse, Guizot s’ennuie

    Au premier étage du musée des Beaux-Arts, une longue vitrine avec un étage médian les rassemble. On en dénombre 36. Conformément à la funeste idéologie de cette époque, ce sont des « Célébrités du Juste Milieu ». Pour la plupart, ces figures burlesques et quelquefois sinistres, ce sont des portraits-charges de parlementaires. À côté des bustes des députés, voici des ministres, des avocats et des magistrats.

    Ces bronzes de modeste taille – Philipon est à 16 centimètres de hauteur, Guizot culmine à 22 centimètres – ont été réalisés au XXe siècle à partir des terres crues polychromes imaginées par Honoré Daumier entre 1832 et 1835. Leurs noms ne s’inventent pas : souvent ridicules, ils sont dignes d’une liste dressée par Valère Novarina. Ils peuvent s’appeler Docteur Prunelle, Jean-Charles Persil, Chevalier de Valdrome ou bien Jean Vatout.

    Censure et répression, révolte et rébellion jamais éteintes chez des intraitables comme Daumier, ces années 1832-1835 sont les premières années de la monarchie de Louis-Philippe. Le jeune caricaturiste -né à Marseille en 1808, il publiait ses premiers dessins en 1829- fut lourdement sanctionné. Pour avoir dessiné un portrait du roi à la ressemblance d’une poire et d’un Gargantua, la justice l’avait condamné à six mois de prison.

    Aux origines de ce séjour chez Sainte-Pélagie on retrouve Charles Philipon, l’unique personnage point du tout féroce et calamiteux parmi ces 36 grotesques effigies. Au niveau inférieur de ces guignols, à gauche, c’est la quatrième apparition. Daumier éprouvait clairement ce qu’il devait à la complicité du directeur de Charivari : « Si Philipon n’avait pas été derrière moi, jamais je n’aurais rien fait ! » Il faut bien que quelquefois l’arroseur soit arrosé, Philipon a sa place parmi les trognes de ces « ventrigoulus », ces fantoches et ces bouffons.

    Farces et attrapes, Philipon tire les ficelles de ce capharnaüm. Il en avait fait la commande à Daumier qui pour autant ne l’épargne pas. On découvre sa bouche édentée, son nez retroussé plutôt moche, ses sourcils en accent circonflexe et sa masse de cheveux. Il se marre doucement. En revanche, premier en haut à gauche dans cette réunion, tête penchée, le ministre Guizot est un sommet d’ennui. Victor Hugo ne s’y trompait pas : ce brillant manœuvrier, ce faux jeton du libéralisme faisait l’effet d’« une femme honnête qui tiendrait un bordel ».

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Mai-juin 1946 : le basculement

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Mai-juin 1946 : le basculement

    Appuyée sur la confiance de la classe ouvrière, notre contre-offensive ne manqua pas de vigueur et contesta les arrière-pensées de ces nouveaux défenseurs de l’indépendance syndicale, d’autant que nous avions un bilan : contournement du blocage des salaires, mise en place de la Sécurité sociale, comités d’entreprise, réquisition des entreprises dont les patrons avaient collaboré. Nous jouissions d’une audience particulièrement forte et jusqu’au printemps 1946 l’optimisme régnait.

    Au Congrès fédéral d’avril 1946, c’était la joie. Nous enregistrions 5 500 000 syndiqués. Il est vrai que gagner la jeunesse nous a été possible par la grande bataille de la CGT sur les vacances plus longues pour ceux qui avaient subi des privations imposées par la guerre et l’occupation. Et dans ce domaine nous avons eu des succès.

    Représentation proportionnelle

    Je fus délégué à ce congrès où nous avons obtenu 8 000 mandats contre 2 000 aux minoritaires. À Marseille, nous représentions 92% des mandats grâce à notre bilan. Sur le plan national, la modification des statuts autorisa le cumul des mandats politiques et syndicaux. Au sein de la confédération fut instaurée une représentation proportionnelle des syndicats, les fédérations précédant les décisions du congrès confédéral.

    Au référendum du 5 mai 1946, l’échec du projet constitutionnel progressiste modifia les perspectives. Les élections du 2 juin 1946 à la seconde constituante conduisirent logiquement à des réorganisations d’envergure. En effet, les scrutins de mai et de juin bloquaient les espoirs mis dans une bataille de la production impliquant des sacrifices « relatifs », les revendications n’étant pas oubliées. La classe ouvrière était en droit d’attendre que sa place dans la société et ses légitimes ambitions à la gestion de celle-ci soient reconnues.

    La poussée de droite du printemps 1946 consacra la remise en selle des classes dirigeantes après la période d’incertitude ouverte par la Libération. Elle ne saurait s’expliquer sans référence à une conjoncture qui dépasse les limites de l’Hexagone.

    Tuteur américain

    C’est au cours du premier trimestre 1946 que s’effectuèrent les premiers choix officiels décisifs qui amarraient la France au tuteur américain. Les accords de Washington, signés du côté français par Léon Blum (accords Blum-Byrnes du 28 mai 1946), engageaient le pays, sur le plan commercial notamment, de façon si contraignante que toutes les perspectives de reconstitution indépendante des forces productives étaient désormais raisonnablement exclues.

    à suivre la semaine prochaine…