Category: accueil-third

  • 558 dames au départ du GP féminin Paprec

    558 dames au départ du GP féminin Paprec

    On ne court pas contre les records », martèle Maryan Barthelemy, le directeur des événements du journal La Marseillaise. Toutefois, quand ils tombent, on peut bomber le torse ! Quand Dorothée Seriat-Gautier a validé son engagement, et avec son dossard 186, les organisateurs et investisseurs de ce Grand Prix féminin Paprec La Marseillaise pouvaient pavoiser.

    Le record de participation, établi l’an dernier, n’aura pas fait de vieux os, passant en une année de vie à trépas. Il est vrai que la pétanque chez les féminines connaît un bel essor. Il est loin le temps où, sous l’impulsion de trois dames, feu Patricia Jeanjean, Lucette Coste et Sylvette Innocenti, cette épreuve fut portée sur les fonts baptismaux.

    Si aujourd’hui, alors qu’il fête son quart de siècle, le bébé a pris du poids, pour sa prise de fonction, le nouveau directeur de l’épreuve, Maryan Barthelemy, n’a pas oublié de revenir sur ce passé. Ainsi, en ouverture de cette compétition, ce matin à 8h30, une plaque au cœur du village sera dévoilée en hommage à Patricia Jeanjean. Au terme de la finale, c’est Sylvette Innocenti, vainqueure de la première édition, qui remettra un trophée à son nom, à la meilleure joueuse de la finale.

    Dran face aux championnes de France

    Une fois encore, le tirage va nous permettre d’entrer rapidement dans le bain. Dans la poule 46, avec seulement trois locataires, il va falloir, comme dans la pub, que Lolita Ducros se décarcasse, d’abord face à la formation des championnes de France d’Anna Maillard et Sandrine Poinsot – victorieuses ici l’an passé –, accompagnées cette fois d’Angélique Colombet. Puis face à Raymonde Dran, associée à Virginie Onorrus et Flavie Montagne.

    Avant d’en arriver là, dans la poule 1, Sophie Garcia peut croiser Claire Gaudillière. La poule 3 nous offre une entame entre les Monégasques de Laura Vierjon et la formation d’Elodie Estève. Dans la poule 18, enfin, cohabitent Fara et Rubio.

    Un fort beau programme, pour une belle journée de pétanque au parc Borély.

  • Le Mondial explose les compteurs

    Le Mondial explose les compteurs

    Pour la deuxième année consécutive, le record de participation est battu. Un signe fort d’une compétition qui grandit, évolue et continue d’attirer aussi bien les joueurs du dimanche venus en famille que les amateurs chevronnés et les champions confirmés, tous réunis au rendez-vous marseillais pour quatre jours d’intense compétition, dans les allées du parc Borély.

    Cette année, les 95 départements métropolitains sont représentés, ainsi que 30 pays venus des quatre coins du monde. Des équipes arrivent de très loin, avec des triplettes du Japon, du Mexique, du Togo, des États-Unis, de Finlande ou encore de Slovaquie, sans oublier les délégations ultramarines de La Réunion, de Guyane ou de Saint-Barthélemy.

    Un an après le sacre de Madagascar, La Marseillaise porte plus que jamais son nom de Mondial. À l’image de la pétanque, elle-même, l’événement s’est profondément internationalisé, avec l’émergence de nouvelles nations comme l’Allemagne, championne d’Europe en 2025, l’Italie, championne du monde en 2024, ou encore plusieurs pays africains tels que le Sénégal et le Bénin, en progression constante. Malgré cette concurrence accrue, la France demeure le principal vivier de champions, et la quasi-totalité des meilleurs joueurs en font un objectif majeur. Anciens vainqueurs désireux de revivre leur sacre ou nouveaux prétendants rêvant d’inscrire leur nom au palmarès : tous poursuivent la même ambition, s’imposer sur l’épreuve phare phocéenne.

    Les femmes et les jeunes ne sont pas en reste

    Autre indicateur d’une dynamique solide : les compétitions associées battent, elles aussi, leurs records de participation. Le Trophée Crédit Mutuel Mondial des jeunes et le Grand Prix féminin Paprec dépassent à leur tour les chiffres de l’an dernier. Au total, 186 triplettes sont engagées dans le concours féminin, tandis que 195 équipes participent au Mondial des jeunes, réparties en trois catégories : juniors (79 équipes), cadets (72) et benjamins-minimes (44).

    Des petits prodiges au palmarès déjà bien garni, comme Tylan Kapfer, Loni Szczotkowski ou Gianni Seignouret, tenteront de s’imposer une nouvelle fois sur la scène marseillaise. Déjà habitués au succès dans les catégories jeunes, ces talents incarnent une relève en pleine affirmation au sein de la discipline.

    Au-delà du prestige sportif, le Mondial reste avant tout un rendez-vous humain, où les générations se croisent et où la passion du jeu efface les frontières. Une singularité qui contribue, année après année, à renforcer son statut d’événement incontournable de l’été marseillais. Alors, avec ou sans boules en main, seul, avec des amis ou en famille, vous êtes chez vous à La Marseillaise.

    Rocher, Doerr et Feltain présents

    Interpellés mardi dans le Var et en Gironde, les internationaux français Dylan Rocher, Ligan Doerr et Jean Feltain, soupçonnés d’avoir manipulé une partie des Masters de pétanque 2025 à des fins de paris truqués, seront bien présents à La Marseillaise. Si Rocher et Feltain devraient évoluer avec leurs équipes prévues, Doerr jouera aux côtés de Nelson Ziegler et Ludovic Montoro, remplaçant de luxe de dernière minute de Michel Hatchadourian, blessé dans un accident de travail.

  • [Mondial La Marseillaise] Le tirage au sort de la première partie est à 14h à Borely

    [Mondial La Marseillaise] Le tirage au sort de la première partie est à 14h à Borely

    Un problème électrique indépendant de notre volonté, au siège du journal La Marseillaise, ne nous a pas permis d’effectuer le tirage au sort de la première partie dans un laps de temps nous accordant de délivrer les 4 832 cartons de jeu.

    Les joueurs pourront donc se présenter au bureau des jeux, à l’entrée du parc Borély, suivant les horaires suivants :

    vendredi 3 juillet (14h-18h) – samedi 4 juillet (10h-12h et 14h-18h) et dimanche 5 juillet (7h-8h30).

    Plus aucun carton ne sera distribué ensuite.

    Le programme 2026

    Vendredi 3 juillet

    (Parc Borély)

    9h : Grand Prix Féminin Paprec

    14h : Trophée Crédit Mutuel des Jeunes

    Samedi 4 juillet

    (Parc Borély)

    8h30 : Grand Prix Féminin Paprec

    9h : Trophée Crédit Mutuel des Jeunes

    9h : Mondial IDELIA des CSE

    9h30 : Mondial des Centres sociaux

    19h : Finale du Mondial IDELIA des CSE

    20h30 : Mondial des célébrités

    Dimanche 5 juillet

    (Parc Borély et 15 sites à Marseille)

    9h : 1ères parties du Mondial La Marseillaise

    10h30 : Finale du GP Féminin Paprec

    10h30 : Finale du Trophée Crédit Mutuel Minimes et Benjamins

    15h30 : Finale du Trophée Crédit Mutuel Junior et Cadet

    18h : Finale des concours de pétanque nationaux des CCAS et IEG

    Lundi 6 juillet

    (Parc Borély)

    8h30 : 4e parties puis cadrage du Mondial

    10h-18h : Initiation à la pétanque

    14h : 5e et 6e parties du Mondial

    18h30-19h30 : Démonstration de tirde précision

    Mardi 7 juillet

    (Parc Borély)

    8h30 : 32e puis 16e de finale du Mondial

    9h : Challenge des entreprises PROMAN

    9h : Challenge COLAS

    10h-18h : Initiation à la pétanque

    14h : 8e puis quarts de finale du Mondial

    Mercredi 8 juillet

    (Parc Borély)

    8h30 : Handi Mondial

    9h : 1ère puis 2e demi-finale du Mondial

    9h : Trophée des Médias

    13h45 : Demi-finales du Handi Mondial

    14h : Finale Maisons du Bel Age

    15h : Finale Handi Mondial

    17h : Finale du 65e Mondial

  • Dorothée Sériat-Gautier, la cavalière aux pieds tanqués

    Dorothée Sériat-Gautier, la cavalière aux pieds tanqués

    C’est à Cabriès, son village natal, qu’un soir d’été 2021, Dorothée est sollicitée par un ami de son frère, pour compléter une triplette. L’ami s’appelle Michel Adam. « Je suis arrivée en jupette à fleurs et chemisier blanc pour suivre des parties. Je n’imaginais pas qu’un nouvel horizon allait s’ouvrir. » Avec sa triplette achetée chez Décathlon, « des 72-700, que je ne sortais que l’été, entre amis avant l’apéro », bien conseillée par son capitaine, elle fait le maximum et remporte le concours. Le « déclic » pour cette ancienne cavalière professionnelle.

    « Jusqu’à mes 30 ans, j’ai consacré toute mon énergie à l’équitation. Cette quête d’excellence a forgé mon caractère, renforcé ma discipline et continue de m’inspirer », explique Dorothée qui a participé aux plus grandes compétitions internationales. C’est la perte de sa jument, après une blessure et une grave complication, qui l’amène à arrêter le sport de haut niveau. Elle devient coach sportif et goûte à tout : gymnastique artistique, tennis, golf, judo, escrime, boxe et aujourd’hui padel et pétanque.

    Responsable de projets immobiliers, elle adapte sa carrière et se licencie à Cabriès. Elle dispute son premier championnat mixte avec Michel Adam. Un cadrage. Mais l’aventure est lancée. Dans son club, elle bénéficie de précieux conseils des bons joueurs qu’elle côtoie. Son apprentissage s’accélère. Avec sa belle-mère, Sylvia Adam, elle écume les concours féminins, gagne en expérience et remporte son premier officiel à Manosque. « Matthieu, mon conjoint, a joué un rôle essentiel », ajoute-t-elle.

    Ses modèles ? Michel Adam, bien sûr. Mais aussi Stéphane Robineau et Dylan Rocher, glisse celle qui ne cache pas « sa préférence pour les joueurs discrets, respectueux et élégants dans leur manière d’être comme de jouer ». Chez les féminines, Cindy Peyrot, tireuse comme elle, ou Anna Maillard et Manon Debard, pour leur état d’esprit et le jeu. En 2023, elle joue un quart de finale à l’Europétanque puis échoue en 8e du National d’Ajaccio. Après deux années de doutes avec moins de résultats, 2026 débute plutôt bien avec notamment une demie aux départementaux individuels. Mais aux ligues, un arrachement des ligaments l’oblige à évoluer avec une botte d’immobilisation. Ce vendredi, pour son 3e Mondial, elle sera sur pied avec sur le dos le dossard record 186 du GP féminin et ces Géologic D72 P700 à la main, associée à Isabelle Mercier et Marina Fiumara, deux joueuses à son image.

  • Une proposition de loi inquiétante

    Une proposition de loi inquiétante

    Par Swane Mas (SAF Marseille)

    Le 7 juillet prochain, l’Assemblée nationale examinera une proposition de loi instaurant une « présomption de légitime défense » pour les forces de l’ordre. En 2024, 66 personnes sont mortes à la suite d’une intervention des forces de l’ordre, un funeste record. Les décès liés à l’usage d’armes à feu ont fortement augmenté depuis la loi dite Castaner de 2017, qui a élargi les conditions de recours aux armes par les policiers et les gendarmes. Dans ce contexte, le cadre juridique actuel est déjà largement critiqué, notamment par le Comité contre la torture des Nations unies.

    Aujourd’hui, lorsqu’un policier ou un gendarme fait usage de son arme, les autorités judiciaires doivent vérifier que les conditions prévues à l’article L. 435-1 du Code de la sécurité intérieure sont réunies, en particulier que le tir était strictement nécessaire et proportionné. Il appartient donc à l’État de démontrer que le recours à la force létale était légal.

    La proposition de loi entend renverser cette logique. En instaurant une présomption de légitime défense, elle conduirait à présumer légal tout tir effectué par un policier ou un gendarme, sans qu’il soit nécessaire d’établir d’emblée que les conditions prévues par la loi étaient réunies.

    En pratique, cette réforme déplacerait la charge de la preuve : ce seraient les victimes ou leurs proches qui devraient démontrer que le tir n’était pas justifié. Une telle évolution paraît difficilement conciliable avec la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, qui impose à l’État de démontrer que le recours à la force létale était absolument nécessaire lorsqu’une personne meurt aux mains de ses agents.

    Cette réforme intervient alors que les obstacles à la manifestation de la vérité sont déjà nombreux et qu’un déséquilibre persiste entre le crédit accordé à la parole des plaignants et celui accordé aux forces de l’ordre. Si le tir est présumé légitime, le policier ne sera plus automatiquement considéré comme suspect. La garde à vue immédiate deviendra moins fréquente, rendant plus difficile la collecte des preuves, notamment l’exploitation des vidéosurveillances, les saisies de téléphones ou d’autres actes d’enquête pourtant essentiels. Le résultat est prévisible : davantage de classements sans suite et de non-lieux, moins de procès et, pour les familles, un accès encore plus limité à un recours effectif.

    Cette réforme enverrait enfin un signal préoccupant aux forces de l’ordre. En laissant entendre que l’usage des armes bénéficie d’une présomption de légalité, elle risque d’être perçue comme un assouplissement du cadre juridique et d’encourager le recours à la force létale, avec des conséquences qui touchent déjà de manière disproportionnée les populations racisées.

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail avocats@lamarseillaise.fr

  • La colère ne faiblit pas contre « l’accord de la honte » entre l’Université de Montpellier et Total

    La colère ne faiblit pas contre « l’accord de la honte » entre l’Université de Montpellier et Total

    Ils étaient une petite cinquantaine, ce mardi 30 juin après-midi, à s’être réunis malgré la canicule devant le bâtiment administratif de la faculté des sciences de Montpellier. Mobilisés depuis déjà presque un mois, collectifs et étudiants réclament l’annulation d’un partenariat signé le 11 juin 2026 entre l’Université de Montpellier (UM) et la multinationale TotalEnergies.

    Une collaboration visant, selon l’UM, à « renforcer les liens entre le monde universitaire et le monde de l’entreprise, au bénéfice des étudiants du master mention énergie de la faculté des sciences. » À l’intérieur du bâtiment, la commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU) était réunie, avec à l’ordre du jour une motion déposée par le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum) demandant la résiliation du partenariat. Après de longs débats, la motion a finalement été rejetée à 18 voix « contre », et 9 voix « pour ».

    Des étudiants déterminés

    Aurélien Trannoy est membre du Scum, élu au Conseil d’administration de l’UM. Il raconte : « Nous avons appris l’existence du partenariat via un communiqué de presse de l’Université sur son site internet. Or TotalEnergies est une entreprise écocidaire, responsable du dérèglement climatique, et qui a été condamnée en octobre 2025 par le tribunal judiciaire de Paris pour greenwashing. L’Université de Montpellier se vante pourtant de son côté d’être classée au 14e rang mondial du classement de Shanghai pour l’écologie. C’est inacceptable. » Malo, étudiant en master écologie à l’UM, est venu soutenir la mobilisation parce qu’il se dit choqué à l’idée qu’une entreprise multinationale entre dans le système universitaire : « Le risque c’est qu’une entreprise polluante définisse la manière dont les savoirs sont créés autour de l’énergie et du développement durable. » À ses côtés, Floriane, membre de l’organisation le Poing Levé, ajoute : « C’est d’autant plus scandaleux que certains cours seront délivrés par des employés de TotalEnergies, ce qui revient à ce que Total délivre des diplômes à des étudiants qui s’intéressent à l’écologie. C’est ridicule. » Au cours de la réunion, la présidence a rappelé que l’instance décisionnaire restait le Conseil d’administration, qui se réunira le 6 juillet. « Nous ne manquerons donc pas de nous mobiliser une nouvelle fois à cette occasion », assure Aurélien Trannoy.

  • [Entretien] Luc Cervellin, Shift Project : « On vit l’été le plus frais du reste de notre vie »

    [Entretien] Luc Cervellin, Shift Project : « On vit l’été le plus frais du reste de notre vie »

    La Marseillaise : En quoi cette vague de chaleur révèle-t-elle l’impréparation des gouvernements successifs alors que nous avions déjà connu une canicule dévastatrice en 2003 ?

    Luc Cervellin : On constate que le rythme de l’adaptation ne suit clairement pas le rythme de l’accélération du dérèglement climatique. Les deux tiers des vagues de chaleur qu’on a connues depuis 1947 se sont déroulées après les années 2000. Si on suit les prévisions des scientifiques, qui ont été assez fiables jusqu’ici, leur nombre va être multiplié par cinq d’ici 2050. On vit donc l’été le plus frais du reste de notre vie. Ensuite, on remarque qu’en comparaison à 2003, on a structuré la réponse d’urgence, donc la vigilance, les points d’eau, les EHPAD climatisés, etc. Mais les causes structurelles, comme le bâtiment ou l’organisation du fonctionnement de la société, ne sont pas traitées. La climatologue Valérie Masson-Delmotte explique que notre société a été conçue pour un climat qui n’existe plus.

    La semaine dernière, le président de la République Emmanuel Macron a fait une sortie pour expliquer qu’on ne pouvait pas s’adapter à un pic aussi inédit. Pour nous, Shifters, c’est incompréhensible du point de vue même du principe de l’adaptation, parce que l’adaptation consiste justement à se préparer à des scénarios qui ont de fortes chances de se produire et on sait que des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et de plus en plus importantes ont de plus en plus de chances de se produire.

    Pourquoi faut-il toujours lancer des mesures d’atténuation du réchauffement climatique ?

    L.C. : Il faut bien comprendre que réduire les émissions reste la seule façon de limiter l’ampleur du problème. Et chaque dixième de degré compte. Pour moi, pour mes enfants et pour tout le monde, il vaut mieux vivre dans un monde à plus de 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle qu’un monde à plus de 4 ou 5 degrés, qui est la tendance actuelle. L’atténuation et l’adaptation fonctionnent ensemble parce qu’on aura beaucoup plus de mal à s’adapter à un monde à plus 4 ou 5 degrés. Et au Shift Project, on réaffirme qu’une trajectoire de neutralité carbone reste possible d’ici 2050 si on la planifie dès maintenant dans tous les secteurs.

    Le débat a beaucoup tourné autour de la climatisation ces derniers jours, quelle est la position du Shift Project sur le sujet ?

    L.C. : La climatisation est une toute petite partie de la réponse parce que beaucoup d’infrastructures, comme les rails, les ponts, les chantiers, les forêts ou les champs de blé par exemple ne se climatisent pas. Évidemment, généraliser la climatisation créerait un effet rebond c’est-à-dire que ça aggrave la cause du problème qu’elle prétend résoudre. Pour nous la bonne question c’est « comment le bâtiment est-il capable d’évacuer la chaleur qu’il accueille ? » Pour cela, il faut prioriser les solutions passives qui sont très efficaces, comme la ventilation nocturne, les protections solaires ou la végétalisation. La climatisation est vraiment le dernier maillon de cette réflexion. Dans certains cas particuliers, climatiser reste nécessaire dans les lieux publics, les EHPAD, les hôpitaux ou les écoles, et avec sobriété. Mais présenter la généralisation de la clim dans les logements individuels comme la solution d’adaptation à la canicule revient à repousser et accentuer le problème, parce que cela entraînera une hausse de la consommation électrique, un réchauffement de l’air extérieur des villes et des impacts sur la facture d’électricité des ménages.

    Quelles sont les autres propositions du Shift Project pour s’adapter à ces températures ?

    L.C. : Pour nous, il faut avant tout planifier plutôt que réagir. L’anticipation via des diagnostics de vulnérabilité est beaucoup plus efficace à long terme que de gérer chaque épisode dans l’urgence. Dans cette planification, il y a la nécessité de rénover massivement le bâti en intégrant le confort d’été comme une priorité avec des protections solaires, des brasseurs d’air, la végétalisation. Donc pas seulement l’isolation hivernale comme on le fait en ce moment. Il y a aussi des transformations de l’emploi à gérer, parce que certains métiers vont disparaître, d’autres vont émerger et ça appelle des discussions par branche, par territoire, pour s’adapter.

    L’Espagne a mis en place un congé climatique pour ces travailleurs, est-ce une bonne idée ?

    L.C. : C’est un signal politique utile, parce qu’il reconnaît que travailler dehors par 40 degrés n’est pas faisable. Mais ce n’est pas une solution structurelle. Cela traite la conséquence plutôt que la cause. Au Shift, on met vraiment l’accent sur l’adaptation organisationnelle en amont. Pour nous, il faut travailler sur les horaires décalés, le télétravail quand c’est possible et la réduction de l’activité physique aux heures les plus chaudes. Toute mesure politique doit cibler en priorité ces métiers qui ne peuvent pas télétravailler comme l’agriculture ou les métiers du soin par exemple, sous peine de voir se créer une nouvelle inégalité entre les emplois protégés et non protégés, comme on a pu le voir pendant le Covid. Aujourd’hui la loi qui impose des dispositions de rafraîchissement pour les travailleurs est appliquée de manière plus ou moins juste, plus ou moins forte suivant les entreprises, suivant les endroits, mais elle garantit pourtant aux salariés des conditions d’hydratation, d’accès à l’eau et éventuellement des douches.

    En quoi ces vagues de chaleur touchent-elles en priorité les plus précaires ?

    L.C. : Le logement est vraiment le premier facteur d’inégalité. Près de 48% des logements ont un confort d’été insuffisant. Ceux qui sont les plus vulnérables, ce sont les quartiers populaires, parce que les logements sont plus petits, suroccupés, mal isolés, avec peu d’îlots de fraîcheur à proximité, peu de parcs, etc. Pour eux, il y a le double effet ciseaux, c’est-à-dire que ceux qui souffrent de la chaleur ont aussi le moins de moyens pour s’en protéger. Quand vous vivez dans des barres d’immeubles, vous n’avez pas forcément les moyens de faire installer la clim quand ça devient vraiment insupportable. Et ce sont aussi souvent les personnes qui ont les emplois les plus exposés. C’est pourquoi nous pensons que les moyens doivent être ciblés en priorité sur les publics et les lieux les plus vulnérables plutôt que dispersés dans une généralisation de la clim individuelle.

  • Grosses chaleurs : comment se prémunir ?

    Grosses chaleurs : comment se prémunir ?

    Au vu du manque de réaction au niveau mondial pour freiner le réchauffement climatique, il va falloir s’y faire. Dans les années à venir, les étés seront de plus en plus chauds. Responsable chez Shift Project, Luc Cervellin, prévient même qu’aussi étouffant qu’il puisse être, ce début d’été 2026 sera probablement l’un des moins suffocants qu’il nous reste à affronter (lire p.5).

    La raison est simple. Si la prise de conscience de la réalité du changement climatique a bien eu lieu, excepté chez certains complotistes ou climatosceptiques d’extrême droite, elle n’a pas été suivie de suffisamment de réalisations concrètes. Certes l’été 2003 et ses 15 000 morts ont agi comme un détonateur. Au fil des ans, des Ehpads ont été climatisés pour protéger la santé fragile de nos aînés. Des hôpitaux aussi, même si plusieurs services de CHU à l’instar de celui de Montpellier restent en surchauffe. Plus récemment, nombre de Villes (Montpellier, Grabels, désormais Nîmes…)
    – les majorités municipales de gauche donnant le ton – ont lancé de vastes opérations de désimperméabilisation des cours d’école, peu à peu végétalisées.

    Mais l’ampleur de la tâche est telle que bien souvent, ce genre initiatives, qui porteront leurs fruits à moyen terme, ne suffisent pas à parer l’urgence des canicules. De plus en plus fréquentes et de plus en plus difficiles à supporter pour les organismes. C’est le cas depuis deux étés consécutifs de beaucoup d’enfants, qui vivent un véritable enfer lors du dernier mois d’école. Dans de vieux bâtiments pensés pour une époque révolue, dans des salles rarement climatisées et pas assez rafraîchies, élèves et enseignants suffoquent de Béziers à Alès en passant par Sète ou Nîmes.

    Quid du droit du travail ?

    S’il est évident qu’à terme la généralisation de la climatisation ne fait qu’aggraver le problème du climat, son recours a minima dans les lieux des services publics ne pourra peut-être pas rester tabou longtemps… Plutôt que de s’entêter à prétendre, comme Emmanuel Macron, « qu’on ne pouvait pas savoir », l’État doit prendre urgemment ses responsabilités. Car pour l’heure trop peu d’investissements de grande ampleur ont été réalisés pour adapter nos constructions à la nouvelle réalité climatique. Si bien que plus de 20 ans après l’alerte de 2003, un logement français sur deux, le plus souvent occupé par une personne à faibles revenus, est inadapté. Et que dire des sans-abri ? Mardi 30 juin à Montpellier, un collectif a alerté la préfecture sur la vulnérabilité des SDF et réclamé la mise en place de mesures de protection (lire p 7).

    Il est grand temps aussi que les parlementaires se saisissent des questions relatives au droit du travail. Comme nous le rappelle une avocate spécialisée, il n’existe pas en France de seuil de température maximal au-delà duquel un travailleur peut stopper son activité (extérieure ou intérieure) en toute légalité. Certes le droit de retrait existe, l’employeur se doit de protéger ses salariés (eau à disposition voire douches, ventilation…) et les syndicats peuvent toujours mettre un coup de pression, mais trop souvent des personnes se mettent elles-mêmes en danger par forte chaleur. Soit par volonté de mener à bien leur travail, soit par obligation de ne pas tronquer leur revenu, comme le rappelle la CGT lunelloise (lire p 6), soit par méconnaissance de leurs droits.

    Pour l’heure, les autorités attendent d’être au pied du mur pour agir au cas par cas. La semaine passée (23 au 29 juin), la préfecture du Gard avait déjà pris un arrêté pour permettre à certains travailleurs d’exercer leur activité sur une plage horaire étendue. Pour travailler davantage à la fraîche, les chantiers peuvent se dérouler de 6h à 21h30. Le 30 juin et jusqu’au 15 septembre, la préfecture de l’Hérault lui a emboîté le pas pour les entreprises du paysage, du bâtiment et travaux publics en cas de vigilance rouge (du lundi au vendredi, travaux autorisés de 6h à 12h et interdits de 12h à 21h) ou orange (travaux autorisés de 6h à 21h).

    Dès le 26 juin, la préfecture de l’Hérault rappelait aussi aux propriétaires d’animaux domestiques, d’élevage ou de compagnie les bons comportements à adopter pour ne pas mettre leur animal en situation de souffrance. Notamment en ne les laissant jamais quelques minutes dans un véhicule en journée. Enfin, dans les prochaines semaines, les organisateurs de manifestations taurines sont invités à déplacer leurs festivités (abrivado, encierro, bandido…) au-delà de 20h.

  • [Entretien] Jean-Marie Battini, NPA : « Jean-Luc Mélenchon est un réformiste radical »

    [Entretien] Jean-Marie Battini, NPA : « Jean-Luc Mélenchon est un réformiste radical »

    La Marseillaise : La conférence nationale du NPA a décidé samedi de ne pas présenter de candidat à la présidentielle et de soutenir Jean-Luc Mélenchon. Comment accueillez-vous cette décision ?

    Jean-Marie Battini : Relativement mal. Je ne suis pas du tout d’accord avec cela, nous avons été 20% dans le parti et 50% dans les Bouches-du-Rhône à voter pour une plateforme demandant que le NPA ait une candidature. Nous ne pouvons pas nous rallier à quelqu’un avec qui on sait très bien qu’on ne sera pas d’accord sur certains points. On peut nous dire qu’il faut défendre les candidatures antilibérales, mais je ne me considère pas comment antilibéral, je suis simplement anticapitaliste ! Nous avons un discours à tenir, des propositions à faire que ne fera pas Jean-Luc Mélenchon.

    À quoi aurait servi une candidature ?

    J.-M.B. : Malheureusement, dans le cadre des institutions de la Ve République, on sait que l’élection présidentielle est l’échéance centrale, celle qui mobilise le plus le débat politique. Nous avons réussi à nous faire entendre ces dernières années parce qu’on a présenté Olivier Besancenot puis Philippe Poutou. On ne va pas nous entendre si on est un soutien à Jean-Luc Mélenchon ! Je peux comprendre qu’il y a un risque d’extrême droite. Pourquoi pas une candidature unitaire, mais qui nous dit que celle de Mélenchon serait la meilleure ? On aurait aussi très bien pu présenter une candidature, aller à la recherche des parrainages, et si les sondages montrent que le RN risque d’être élu, se retirer. Mais là, pour moi, c’est une erreur, nous n’aurons aucun poids dans cette campagne. C’est une capitulation en rase campagne.

    Vous en tirez quelles conclusions ?

    J.-M.B. : Pour l’instant je me mets en retrait. Je ne ferai pas cette campagne. Je continuerai à défendre les idées du NPA mais je sais très bien qu’au niveau des grands médias on n’intéressera plus personne. Et je ne vois pas pourquoi on soutiendrait plus Jean-Luc Mélenchon que les autres candidats de la vraie gauche, les organisations que l’on rencontre dans les luttes : j’y vois la France insoumise, mais aussi le PCF, Lutte ouvrière. Le PS n’y est pas. Pourquoi spécialement Jean-Luc Mélenchon ? Pour moi ce n’est pas suffisant. C’est un réformiste radical, mais ce qu’il faut c’est un discours plus révolutionnaire et nettement anticapitaliste. Je reste dans mon parti, je verrai bien à l’issue de l’élection. Il y aura un congrès, on en tirera le bilan. Mais pour le moment je ne me sens pas légitime pour être porte-parole du parti.

  • [Tribune] Mesdames et Messieurs les députés, ne faites pas de la Fédération française de foot une holding de spectacle…

    [Tribune] Mesdames et Messieurs les députés, ne faites pas de la Fédération française de foot une holding de spectacle…

    Alors que le Mondial de football bat son plein et que la voie royale semble s’ouvrir aux Bleus, une autre partie se joue loin des terrains. À la suite du Sénat, les députés s’apprêtent à se prononcer sur la réforme de la gouvernance du football professionnel (1). Leur décision dépasse une simple question d’organisation : elle engage l’avenir du modèle français foot et même du sport.

    Depuis plus d’un siècle, la Fédération française de football n’est pas une entreprise. Association investie par l’État d’une délégation de service public, elle exerce, en vertu de l’article L.131-14 du Code du sport, une mission d’intérêt général : éduquer la jeunesse, organiser les compétitions, développer la pratique, former les éducateurs et les arbitres, soutenir les clubs et garantir l’équité sportive.

    Cette délégation ne fait pas de la FFF la propriétaire du football français, seulement le dépositaire d’une mission confiée et contrôlée par l’État. Les ligues professionnelles, régies par les articles L.132-1 et suivants du Code du sport, constituent leur outil, des structures créées pour organiser les compétitions professionnelles dans le cadre de cette délégation.

    Le texte issu des travaux sénatoriaux entend répondre à la crise née de l’effondrement des droits audiovisuels. Il renforce la gouvernance, le contrôle financier exercé par la DNCG (2), le cadre des sociétés commerciales gravitant autour des ligues et la lutte contre le piratage. Chacune de ces mesures peut se justifier. Mais leur accumulation traduit une évolution périlleuse : le football tend à être appréhendé d’abord comme un secteur économique.

    La mutation est ancienne. Le budget prévisionnel 2025-2026 de la FFF avoisine 300 millions d’euros, financés à 58% par les partenariats commerciaux, les droits audiovisuels et les licences. Ce modèle permet de financer les missions fédérales et le football amateur, mais il accroît aussi la dépendance à des recettes de marché.

    Le partenariat conclu avec la société de jeux en ligne Betclic, évalué à 30 millions d’euros, illustre cette tension. La logique commerciale d’un opérateur de paris sportifs entre en porte-à-faux avec la mission de protection de la jeunesse notamment contre les risques d’addiction. Un grave problème constaté et dénoncé par Kylian Mbappé lui-même, le conduisant à refuser que son image soit associée à cette marque partenaire de la FFF.

    L’autre symbole de cette évolution demeure l’entrée de CVC Capital Partners au capital de LFP Media filiale de la LFP (3) qui dispose d’une délégation de la FFF. En apportant 1,5 milliard d’euros contre environ 13% du capital dans le cadre d’un accord conclu pour 99 ans, CVC a contribué à stabiliser le football professionnel. Mais cette opération introduit durablement une logique de rendement actuellement fixée à 13% de toutes les recettes. CVC peut ainsi être perçu comme le « cheval de Troie » d’une transformation où la valorisation des droits audiovisuels et des actifs devient un critère majeur de gouvernance.

    Le rapport sénatorial « Football-business : stop ou encore ? » met en garde contre cette financiarisation symbolisée aussi par l’entrée en jeu d’un mastodonte comme LVMH de Bernard Arnault devenu propriétaire du Paris FC. Il rappelle la nécessité de préserver les missions d’intérêt général du football. En l’état la loi proposée par les sénateurs y répond-elle ? Rien n’est moins sûr, les tendances persistent, les dangers demeurent. Au-delà du football, cette réforme pose une question de principe : jusqu’où une mission de service public peut-elle être gouvernée selon les critères de la rentabilité ?

    Le football professionnel crée de la richesse. Le football amateur crée du lien social. Le premier a besoin du second. L’inverse n’est pas vrai. Les députés remettre ce projet de loi sur le métier. Ils devraient réaffirmer la primauté de la mission de service public confiée à la FFF, renforcer les garanties accordées au football amateur et rappeler qu’une fédération délégataire n’a pas vocation à maximiser la valeur d’un portefeuille d’actifs mais à préserver un patrimoine sportif, éducatif et social.

    Une fédération n’est pas une holding. Son premier dividende ne devrait jamais être la valeur de ses contrats commerciaux. Il devrait rester celui que l’on ne cote sur aucune place financière : des millions de pratiquants, des milliers de bénévoles, des éducateurs engagés, des clubs vivants et une jeunesse qui trouve, sur tous les terrains de France, bien plus qu’un spectacle : une école de la République.

    1) Proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel.

    2) DNCG : Direction nationale de contrôle de gestion.

    3) LFP : Ligue de football professionnel créée par la FFF est son outil commercial.