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  • Mars Bleu : Nîmes mobilisée contre le cancer colorectal

    Mars Bleu : Nîmes mobilisée contre le cancer colorectal

    Chaque année en France, plus de 43 000 personnes sont touchées par un cancer colorectal, responsable de plus de 17 000 décès. Pourtant, détecté suffisamment tôt, il peut être guéri dans neuf cas sur dix. C’est tout l’enjeu de Mars Bleu, mois national consacré à la prévention et au dépistage, auquel Nîmes participe activement avec de nombreuses actions destinées au grand public.

    Au CHU de Nîmes, cette mobilisation prend une dimension particulière. L’établissement met en avant dix années d’engagement dans la prise en charge des cancers et rappelle l’importance d’un dépistage précoce. « Il faut lever le tabou sur ce test, moins désagréable qu’une chimio ! », insiste le docteur Caillo, gastro-entérologue.

    Un dépistage encore

    trop faible dans le Gard

    Le dépistage organisé concerne les femmes et les hommes âgés de 50 à 74 ans, sans symptôme particulier. Il repose sur un test immunologique simple et gratuit, réalisable à domicile tous les deux ans. En cas de résultat positif, une coloscopie permet d’identifier l’origine du saignement et, dans de nombreux cas, de retirer les polypes avant qu’ils ne deviennent cancéreux.

    Dans le département, la participation reste inférieure aux moyennes nationale et régionale. En 2025, le taux de dépistage atteignait 24,8% à Nîmes, alors que plus de 259 000 habitants du Gard sont concernés par ce test. « Malheureusement, le dépistage stagne. Il est largement inférieur à ce qu’il faudrait », regrette le docteur André Mathieu, de la Ligue contre le cancer.

    Pour tenter d’inverser la tendance, les acteurs locaux se mobilisent tout au long du mois. Les « Mardis Bleus » proposent des stands d’information au CHU Carémeau pour répondre aux questions du public et expliquer le test. Des réunions sont aussi organisées avec les professionnels de santé, tandis que des actions de sensibilisation se déploient dans les entreprises et les pharmacies.

    La mobilisation passe également par des initiatives symboliques et populaires : la Maison Carrée illuminée en bleu du 10 au 17 mars, ou encore une randonnée à vélo entre les CHU de Nîmes et Montpellier jusqu’à Sommières, destinée à promouvoir la prévention. Au-delà de l’information, l’objectif est clair : encourager chacun à franchir le pas. Car face à ce cancer fréquent mais largement évitable, le dépistage reste l’arme la plus efficace.

    Ligne dédiée dépistage cancer colorectal : 04.66.68.51.51. ou depistage.ccr@chu-nimes.fr

  • La CGT d’Alès alerte sur la situation de l’emploi

    La CGT d’Alès alerte sur la situation de l’emploi

    Alors que les débats sur l’international ou sur les élections municipales occupent une bonne partie de l’actualité, la CGT d’Alès a souhaité fin février sonner l’alarme face à une situation de l’emploi qui s’aggrave. Sur la ville d’Alès, le chômage atteint en effet 15,6% de la population active, soit le double du niveau national. « Nous estimons que 5 000 postes ont été supprimés en 25 ans, sans compter les emplois induits. Nous craignons qu’avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, de nombreux emplois ne soient encore perdus », s’inquiète Martine Sagit, la secrétaire de l’union locale CGT d’Alès.

    Pour la CGT, plusieurs facteurs expliquent ces chiffres inquiétants : fracture numérique, désindustrialisation ou encore casse des services publics : « On nous avait promis qu’avec la fermeture des mines, des industries allaient arriver sur le bassin alésien, sauf que toutes les entreprises qui sont venues ferment petit à petit. Des postes sont supprimés dans le service public. À la Sécurité sociale, on est désormais accueilli par un agent de sécurité, il n’y a plus de guichet. Nous pensons qu’il faut remettre de l’humain partout. »

    Soutien aux chômeurs

    Mais le syndicat souhaitait aussi alerter sur la situation de travailleurs pour qui le travail ne permet pas de vivre décemment : « À la CGT, nous recevons entre 100 et 120 personnes par mois. Ils sont dans des situations de pauvreté d’un autre temps. Nous avons un rôle pour accompagner ces personnes pour leur condition de travail mais aussi en dehors. Il y a une détresse morale très importante. »

    Dernier point soulevé par Martine Sagit, la « stigmatisation des chômeurs » : « On dit tout le temps que les chômeurs sont des feignants, qu’ils ne cherchent pas de travail et que les gens au RSA volent nos cotisations sociales. On stigmatise le chômeur mais jamais celui qui ne paie pas ses impôts comme les 13 000 millionnaires qui ne paient pas d’impôt. Sur le bassin alésien, il y a 169 000 habitants dont 69 000 qui travaillent. 16 000 sont demandeurs d’emplois. Sur ces 16 000, seulement 7 300 perçoivent une indemnité, le reste ne perçoit rien. Seulement 22% des gens qui peuvent toucher le RSA le touchent réellement. » Des chiffres que la CGT tente de marteler pour changer le regard sur les chômeurs.

  • Lambesc, les rapaces nocturnes à l’honneur

    Lambesc, les rapaces nocturnes à l’honneur

    Découvrir les hiboux et chouettes de Lambesc, ça vous tente ? Alors rendez-vous ce samedi à partir de 14h et jusqu’à 21h salle Georges-Brassens et dans la campagne environnante pour en apprendre davantage sur ces rapaces nocturnes, aux côtés de différents partenaires, dont la Ligue de protection des oiseaux de la région (LPO Paca).

    Un moment de partage, d’observation et d’échanges autour de ces magnifiques oiseaux aux caractéristiques fascinantes, accessible aux petits comme aux grands.

    Une journée immersive pleine de découvertes

    Cette journée s’inscrit dans le cadre de l’Atlas de la biodiversité communale et accompagne le lancement d’une enquête citoyenne et participative qui se déroulera jusqu’au mois de décembre, sur la même thématique.

    L’objectif : recenser les hiboux et chouettes présents sur la commune, grâce à la participation du plus grand nombre, afin de mieux connaître et cartographier la présence de ces espèces essentielles à l’écosystème. Les données collectées à la fin de l’année permettront ainsi de participer à l’orientation des actions de protection, de gestion, mais aussi de restauration de leurs habitats.

    Le programme s’annonce riche, entre science, découverte et balade. La journée débutera par un atelier destiné aux plus jeunes, pour découvrir ce que mangent les chouettes à travers l’analyse de leurs pelotes de réjection.

    Photographies
    et observations diverses

    Suivra une conférence intitulée « Ma vie de rapace nocturne », pour mieux comprendre l’écologie et les besoins de ces animaux. Enfin, une balade de 4 km, à la nuit tombée et dans la campagne, sera proposée pour écouter les chants et cris des chouettes et des hiboux. De quoi vous donner toutes les clés pour participer en famille à l’enquête publique à laquelle vous convie la Ville. Et pour couronner le tout et en parallèle de ces deux événements, un concours photos, lancé au début du mois de mars et qui se terminera au mois d’août, vous propose de photographier le patrimoine naturel de la ville. Le tout toujours dans le cadre de l’Atlas de la biodiversité communale, à Lambesc.

    Pour participer à l’ensemble de ces rendez-vous, rendez-vous sur le site internet de la ville : vous pourrez remplir un formulaire en ligne pour l’enquête et consulter différentes fiches mises à disposition pour vous aider à identifier les espèces observées.

    Renseignements au 04.42.57.61.15.

    Journée thématique à partir de 7 ans. Tous les événements sont gratuits. Plus d’infos sur le site lambesc.fr

  • [Chronique Corse] La République libre du Macchione

    [Chronique Corse] La République libre du Macchione

    Guitariste et compositeur du siècle dernier, il a marqué de son talent la vie musicale bastiaise. On lui doit notamment la célèbre Barcarolle bastiaise qu’un autre insulaire, mais ajaccien celui-là, Tino Rossi, devait immortaliser avec la chanson devenue célèbre : « Quandu a luna splende sopra Bastia. »

    Vincent Orsini fut également le créateur des Macchiaghioli, groupe folklorique renommé à l’époque. Leur répertoire, inspiré des traditions musicales corses, portait haut les couleurs de l’île. Le groupe se produisit avec un succès jamais démenti en Corse bien sûr, mais aussi sur le Continent et même à l’étranger, contribuant à faire connaître la richesse de notre patrimoine musical.

    Cet homme élégant, toujours aimable et profondément attaché à sa ville, reste pour moi, et pour quelques-uns d’entre nous, l’animateur inoubliable des soirées de la République libre du Macchione.

    Immortelle
    Barcarolle bastiaise

    Sur les hauteurs de Bastia, dans ce quartier alors encore empreint de simplicité et convivialité, se réunissaient alors musiciens, chanteurs et amis, jusqu’à une heure avancée de la nuit. Les guitares passaient de main en main, les voix s’élevaient dans l’air doux du soir, et les mélodies corses trouvaient là un terrain privilégié pour s’épanouir.

    Ces rencontres étaient bien plus que de simples veillées musicales. C’étaient des moments de création et de partage où la qualité des voix et des mélodies se conjuguait au mieux, sous la conduite éclairée de Vincent Orsini.

    Aujourd’hui, alors qu’il nous a quittés depuis bien longtemps, Vincent Orsini continue par le souvenir de veiller sur Bastia, et ce quartier du Macchione qui a si profondément changé.

    Mais certaines choses demeurent.

    Car reste, immortelle, la Barcarolle bastiaise…

  • [Travailleur de demain] Alexis Aubert, spécialiste de l’impression 3D

    [Travailleur de demain] Alexis Aubert, spécialiste de l’impression 3D

    Apprenti et passionné d’impression 3D, Alexis Aubert façonne le plastique dans le service Outillage d’Airbus Helicopters. Son métier : la fabrication additive, autrement dit la fabrication de pièces par ajout de matière. Alexis détaille : «D’habitude, dans l’industrie, on part d’un bloc, on enlève la matière et ça fait une pièce. Pour l’impression 3D, c’est l’inverse. On ajoute des couches successives de matières pour en faire une pièce. C’est ma “spécialité.” » Au quotidien il réalise des prototypages de pièces avec un logiciel, jusqu’à leur production à l’imprimante 3D plastique. Des « outils » conçus pour guider d’autres services dans la construction de pièces pour l’hélicoptère. « Imaginez qu’il faille faire un trou sur une porte d’hélicoptère, mais où y prendre les mesures est compliqué. Nous, on va faire un guide de perçage qui s’adapte bien. Et notre collègue est sûr qu’il ne se trompe jamais. C’est une aide pour eux. On appelle ça les améliorations de travail », explicite l’apprenti. Sur une semaine en entreprise, Alexis traite en moyenne dix sujets pour différents services d’Airbus Helicopters. Dix pièces qui viendront aider ses collègues : « Des bouchons, des échappements, des guides de perçage, des guides de traçage, des supports », énumère-t-il.

    « Ce que j’aime, c’est répondre à un problème rapidement sans avoir besoin d’heures de fabrication. C’est la rapidité de pouvoir aider et concevoir ce que je veux : les pièces, les formes… On modélise, on l’imprime et c’est bon ! », partage le passionné. L’utilisation de l’impression 3D n’est que récente dans l’industrie, « maintenant, c’est devenu limite indispensable », rapporte Alexis, ajoutant avoir fait comme « un pari sur l’avenir »… un pari gagnant.

    Alexis Aubert oscille entre la pratique au centre d’Airbus à Marignane et ses cours au lycée Jean-Perrin à Marseille. D’un parcours scolaire tourné vers les sciences de l’ingénierie, le jeune homme débute un premier BUT Génie mécanique et productif. Lassé de cette formation, il change de cursus à la fin de cette première année post-bac. Pour se tourner vers son BTS actuel, sur la conception de produits industriels. Avec de grands gestes, Alexis s’enthousiasme : « C’est là où tout a explosé parce que j’ai découvert l’impression 3D. Je me suis épanoui. » Quand il a découvert les possibilités délivrées par l’impression 3D, il s’en ai procuré une. Au quotidien, son imprimante 3D, d’une valeur de 200 euros, règle les problèmes techniques à la maison. Dernièrement : la tringle de ses rideaux. « Ça m’a pris même pas 30 minutes. C’est pratique », résume-t-il, se rappelant : « Au début, pour rigoler, j’avais essayé de faire un pistolet Nerf de A à Z. Je débutais dans la conception. Ce n’était pas fameux, mais c’était ma première création. » Après l’avoir ramené à l’école, son professeur est impressionné par sa création. Ce dernier, ayant déjà accompagné l’actuel vice-champion du monde au World Skills, lui propose alors de participer aux concours.

    Depuis, Alexis Aubert montre une reconnaissance profonde à ses référents et son entourage, notamment pour les World Skills. L’apprenti conclut : « Travailler, ça paye. Ma mère n’avait pas tort… Alors, je me suis donné à fond. »

  • [Lecture] Il était une fois une octogénaire qui…

    [Lecture] Il était une fois une octogénaire qui…

    Il advient que Flammarion publie Grand prince, l’un des meilleurs livres du premier trimestre de l’an 2026. Normal, il est signé Alexia Stresi. Dans son premier roman, il y était déjà question d’une aïeule, née au début du XXe siècle, dans une petite ferme d’Italie, mais qui s’en sortira grâce au talent qu’elle avait pour la vie. Simone Guillou, notre présente grand-mère, veuve et âgée de quatre-vingt-cinq ans, vit le jour dans un village de Loire-Atlantique. Elle n’est pas taillée dans l’étoffe de celles qui se plaignent, sauf lorsque la crise d’arthrose se fait un peu trop aiguë, ou si elle se réveille un matin et voit que son crapaud en ciment n’est plus sur son socle. Ce qui nous permettra, dès les premières pages, de lire le rapport du gendarme, qui restera dans la mémoire des lecteurs comme un morceau d’anthologie.

    Cartes postales

    N’oublions pas que nous sommes dans un roman, et que la fiction, contrairement à la banale et morne réalité, a le don surnaturel d’opérer des miracles. Aussi ne soyez point surpris, même si notre protagoniste le fut, lorsque vous lirez la première carte postale envoyée à Simone par son crapaud. À vous de découvrir dans quel pays il se trouve, et pourquoi il retraverse la frontière afin de séjourner à Sète. Pour une vieille dame qui pensait qu’à son âge plus rien ne pouvait lui arriver, vous avouerez qu’elle a de quoi combler ses journées. Autres morceaux d’anthologie, celui d’un neurologue qui a l’humilité de reconnaître la foutue complexité du cerveau, et celui d’une bibliothécaire, institutrice à la retraite, qui stresse lorsque Momone entre. Une remarquable mise en scène digne d’une virtuose réalisatrice.

    Flammarion, 21 euros

  • [Chroniques méditerranéennes] L’Église en proie à des questionnements politiques

    [Chroniques méditerranéennes] L’Église en proie à des questionnements politiques

    S’il est un pays où l’Église a fortement laissé son empreinte, au fil des siècles dans la société c’est bien l’Espagne. Un pays profondément marqué dans son histoire par une Église soutien du régime dictatorial de Franco. Mais aussi par les périodes historiques aux épisodes sanglants comme l’inquisition à la fin du XVe siècle qui avait pour but de combattre l’hérésie et de maintenir l’orthodoxie catholique. Puis aussi, la période où les conquistadors colonisateurs, ont imposé la foi chrétienne par la violence et la coercition, afin de piller les richesses de vastes territoires en Amérique. Au siècle dernier, la rébellion militaire contre la République, pour la hiérarchie catholique, avait été providentielle et la guerre « un plébiscite armé » comme l’explique l’historienne Maria Encarna Nicolas, dans son livre Brève histoire de l’Espagne de Franco citant la « lettre collective de l’Épiscopat espagnol aux évêques du monde entier » signée par 48 évêques le 1er juillet 1937. Un an plus tôt, le cardinal Pla y Deniel avait qualifié la guerre de « croisade pour la religion, pour la Patrie et la civilisation ». Une étroite collaboration avec le franquisme s’établit ensuite pendant toute la dictature, explique encore l’historienne. Le phénomène est connu sous le nom de « national-catholicisme ».

    Aujourd’hui, les années noires avec leur cortège de tortures et d’assassinats, sont encore dans les mémoires et pourtant la foi religieuse catholique est fortement ancrée dans le pays. L’Église a su opérer sa transition de l’après franquisme même si l’Opus Dei institution de l’Église catholique fondée le 2 octobre 1928 par un prêtre espagnol, Jose Maria Escrivá de Balaguer a été un soutien de la dictature, veille toujours au grain avec ses ramifications dans les partis de droite et d’extrême droite.

    Depuis quelque temps, des polémiques prennent de l’ampleur, notamment depuis que le gouvernement de gauche a mis en place un plan de régularisation d’un demi-million d’immigrés. Rien ne va plus entre l’extrême droite et l’Église. Santiago Abascal, le leader de Vox fustige celle-ci suite aux positions prises pour l’accueil des migrants en situation irrégulière jugées trop sociales par le disciple de Franco. La Conférence épiscopale de Catalogne a estimé qu’il s’agit « de traiter avec dignité les catégories défavorisées et les migrants ». L’évêque de Tarragone Joan Planellas, connu pour son franc-parler, est allé jusqu’à dire en faisant référence au dirigeant de Vox « un xénophobe ne peut être un vrai chrétien » ce qui a fait sortir de ses gonds Santiago Abascal qui a rétorqué : « Ce qu’on demande aux prélats c’est de dire la messe… » fermez le ban. Le ton monte entre l’institution et l’extrême droite partisane d’un traditionalisme religieux pur et dur hérité du franquisme toujours présent au sein de la hiérarchie catholique. Tout le monde n’est pas sur les mêmes positions au sein de la Conférence épiscopale espagnole, de plus en plus divisée, comme le président Luis Argüello qui s’était prononcé il y a quelques mois pour des élections générales anticipées la première fois dans l’histoire de la récente démocratie, que des représentants de l’Église demandent de manière très claire un changement de gouvernement et une alternance en faveur de la droite.

    Le pape, qui doit effectuer une visite en Espagne en juin, a réagi aux soubresauts qui agitent la Conférence épiscopale et alerté les évêques, sur sa préoccupation sur l’activité de l’ultra droite qui cherche à manipuler l’Église. Une Église tiraillée entre ses vieux démons et l’humanité qu’elle est censée prôner. La messe n’est pas dite.

    Journaliste,

    président
    de l’Association
    pour le Souvenir

    de l’exil républicain espagnol

    (Aseref)

  • Uni.e.s pour Draguignan présente sa liste

    Uni.e.s pour Draguignan présente sa liste

    La tête de liste Christophe Terras (LE) y a d’abord prononcé son discours de politique générale, avant que ses colistiers ne présentent, au fil de la soirée, les grandes thématiques du programme : écologie, logement, crise sociale, démocratie. Pierre Daspre, secrétaire départemental du PCF, et Catherine Jouanneau, représentante départementale LFI, sont également intervenues. Plusieurs personnalités nationales ont également porté des messages de soutien à distance comme Ian Brossat (PCF), Manuel Bompard (LFI), Cyrielle Chatelain (LE) et François Ruffin (Debout !). La soirée s’est conclue par la présentation des 43 colistiers.

  • [Entretien] « Nous voulons observer d’autres flambées d’étoiles dans l’Univers jeune »

    [Entretien] « Nous voulons observer d’autres flambées d’étoiles dans l’Univers jeune »

    La Marseillaise : Vous avez détecté une concentration de galaxies poussiéreuses formant énormément d’étoiles dans l’Univers jeune – un milliard d’années. C’est inhabituel. Comment l’expliquer ?

    Guilaine Lagache : Nous pensons que c’est lié à l’environnement. La matière noire structure l’Univers et des galaxies se forment à l’intersection des filaments de matière noire. Nous pensons que beaucoup de gaz arrive sur les galaxies par ces filaments, créant un emballement qui forme beaucoup d’étoiles. Pour l’instant, nous ne voyons que les galaxies. Nous aimerions voir le gaz froid qui circule dans les filaments.

    Quelle est la prochaine étape ?

    G.L. : Nous voulons observer d’autres concentrations de galaxies formant beaucoup d’étoiles dans l’Univers jeune pour nous assurer que ce que nous avons vu n’est pas un cas isolé. La caméra Nika2 a observé un autre endroit : le champ Cosmos. Parce qu’il est plus grand, nous n’avons pas atteint la même sensibilité ultime que sur le champ GOODS-North. Mais peu importe : nous avons besoin de champs de différentes tailles observés avec des sensibilités différentes.

    Pourrait-on remonter dans l’Univers encore
    plus jeune ?

    G.L. : C’est difficile avec la caméra Nika2 et le télescope de 30 mètres de l’Iram car nous avons atteint la limite ultime de sensibilité. Pour la dépasser et observer des émissions millimétriques encore plus faibles –car plus elles viennent de l’Univers jeune, plus elles viennent de loin–, il faudrait utiliser des interféromètres. Or, ils ne sont pas adaptés à ce type d’observation.

  • [Astronomie] Feux d’artifice étoilés à 12 milliards d’années-lumière

    [Astronomie] Feux d’artifice étoilés à 12 milliards d’années-lumière

    Il faut savoir que ce sont des galaxies : sur l’image très pixélisée, quelques points blancs sur un fond bleu. A priori, rien d’impressionnant. Et pourtant : « Ce sont des galaxies déjà très massives dans un Univers très jeune –un milliard d’années– et dans lesquelles nous observons une flambée de formation d’étoiles », commente Guilaine Lagache, astronome au Laboratoire d’astrophysique de Marseille. Les étoiles s’y forment à un rythme mille fois plus élevé que dans notre galaxie. Tellement vite qu’en quelques dizaines de millions d’années –un claquement de doigts à l’échelle des 13,7 milliards d’années de l’Univers-, elles n’auraient plus de quoi former des étoiles et deviendraient des galaxies en fin de vie. « C’est vertigineux », insiste la première autrice d’un des deux articles parus dans Astronomy & Astrophysics sur ces travaux. « Nous n’avions jamais rien observé de tel. Nous pensions que ces galaxies massives apparaissaient plus tard. Nous les observons là dans l’Univers jeune. Ce n’était pas prévu par les modèles. »

    Ces huit galaxies ont été observées à 12 milliards d’années-lumière, dans une zone peu contaminée, ni par la lumière et la poussière de notre galaxie, ni par notre système solaire.

    Origine de la poussière

    « C’est dans ces zones très sombres que nous cherchons des galaxies lointaines de l’Univers jeune », explique Guilaine Lagache. Cet endroit, le « champ profond GOODS-North », est étudié depuis les années 1990. « Mais c’est la première fois que nous l’observons avec des ondes millimétriques à la limite de confusion », poursuit-elle. Une limite ultime de sensibilité atteinte grâce à la caméra Nika2 installée sur un télescope de l’Institut de radioastronomie millimétrique (Iram) en Espagne.

    Cette précision ultime dans les ondes millimétriques renseigne sur le taux de formation d’étoiles de ces galaxies. En temps normal, celui-ci est déduit grâce à la lumière émise dans les longueurs d’onde du visible et celle émise par la poussière chauffée de la galaxie qui rayonne dans des longueurs d’onde millimétriques. Or ces huit galaxies ont la particularité d’être très poussiéreuses : « Dans le visible, on ne les voit pas, assure Guilaine Lagache. Elles sont complètement dominées par le rayonnement émis par la poussière. »

    La présence d’autant de poussière dans un Univers si jeune étonne. « Nous ne savons pas trop quand la poussière est apparue », admet Guilaine Lagache. Car il en faut pour former efficacement des étoiles. Mais elle se forme essentiellement par l’explosion d’étoiles en fin de vie. « Les premières générations d’étoiles seraient donc parvenues à se former sans poussière », avance la chercheuse. Puis elles auraient fourni celle nécessaire pour former les suivantes. « C’est encore une question ouverte », admet-elle. Et c’est pour y répondre que les astronomes scrutent l’Univers le plus jeune possible.