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  • Les derniers tests de Didier Deschamps avant le Mondial

    Les derniers tests de Didier Deschamps avant le Mondial

    C’est un avant-goût de Mondial qui attendra les Bleus durant la prochaine trêve internationale.

    Pendant que les derniers billets pour la phase finale seront distribués à l’occasion des barrages, l’équipe de France sera déjà aux États-Unis pour y disputer deux rencontres amicales, contre le Brésil, puis face à la Colombie. Deux confrontations de prestige qui vont permettre à Didier Deschamps d’effectuer ses derniers tests, avant de dévoiler la liste définitive, le 13 mai.

    Mbappé retrouve sa place

    Kylian Mbappé, qui a refait son apparition sur une pelouse mardi, en Ligue des champions, avec le Real Madrid en entrant en fin de match face à Manchester City (2-1) est présent.

    L’absence de Bradley Barcola, indisponible plusieurs semaines pour une entorse de la cheville, profite elle à Randal Kolo Muani, buteur avec Tottenham en 8e de finale retour de Ligue des champions. Le Monégasque Maghnes Akliouche, déjà présent en novembre, est également appelé.

    En défense, Deschamps a pallié le forfait de Jules Koundé sur le côté droit en convoquant le joueur de la Juventus Turin Pierre Kalulu, qui a connu son unique sélection face à l’Espagne en demi-finales de la Ligue des nations en 2025 (défaite 5-4).

    Côté gardiens de but, Lucas Chevalier, malgré la perte de son statut de titulaire avec le PSG, accompagnera Mike Maignan et le Rennais Brice Samba.

    Le groupe

    Gardiens : Lucas Chevalier (PSG), Mike Maignan (AC Milan), Brice Samba (Rennes).

    Défenseurs : Lucas Digne (Aston Villa), Malo Gusto (Chelsea), Lucas Hernandez (PSG), Théo Hernandez (Al-Hilal), Pierre Kalulu (Juventus), Ibrahima Konaté (Liverpool), William Saliba (Arsenal), Dayot Upamecano (Bayern Munich).

    Milieux de terrain : Eduardo Camavinga (Real Madrid), N’Golo Kanté (Fenerbahçe), Manu Koné (AS Rome), Adrien Rabiot (AC Milan), Aurélien Tchouameni (Real Madrid), Warren Zaïre-Emery (PSG)

    Attaquants : Maghnes Akliouche (Monaco), Rayan Cherki (Manchester City), Ousmane Dembélé (PSG), Désiré Doué (PSG), Hugo Ekitike (Liverpool), Randal Kolo Muani (Tottenham), Kylian Mbappé (Real Madrid), Michael Olise (Bayern Munich), Marcus Thuram (Inter Milan).

  • [Entretien] Rebecca Roger Cruz : « Mon album est un voyage de métamorphoses »

    [Entretien] Rebecca Roger Cruz : « Mon album est un voyage de métamorphoses »

    La Marseillaise : Quelle est la signification de « Rio Abajo » ?

    Rebecca Roger Cruz : Ça veut dire en aval de la rivière. C’est une phrase qui revient souvent dans la poésie latino-américaine, où il y a toujours ce contact avec la force de la nature. On peut le voir comme une métamorphose. Comme si on entrait par une porte en étant une personne, et comme si on sortait par une autre en étant changé par ce voyage.

    Tout au long de l’album, votre voix se met au diapason de cette image en se métamorphosant elle aussi…

    R.R.C. : J’aime beaucoup m’amuser avec ma voix, l’utiliser avec plusieurs techniques. Moi qui suis née au Venezuela, je suis influencée par la musique de mon pays, et latino-américaine en général, mais aussi par les musiques classique, baroque ou encore la pop expérimentale. Tout ce mélange se traduit dans ma voix.

    Du premier titre « Abreme la puerta Juana », qui convoque les éléments du vivant, au dernier, « Esteros » qui symbolise votre identité aux carrefours de plusieurs cultures, votre album commence en larve pour finir sa course en papillon…

    R.R.C. : Je n’y avais pas pensé en faisant l’album mais c’est une image qui me parle. Le premier morceau, je l’avais pensé comme une cérémonie. Abreme la puerta Juana, c’est le chant traditionnel qui ouvre en juin la fête de Saint-Jean-Baptiste. Il y a quelque chose en rapport avec la transe, les racines. Et à partir de ça, je dévoile ce voyage de métamorphoses petit à petit.

    Votre opus transcende beaucoup de styles et époques, du flamenco au baroque en passant par le rock et le répertoire traditionnel vénézuélien. Est-ce que vous voulez aussi transcender les âmes ?

    R.R.C. : Oui, vraiment. Cet album est un outil de guérison pour moi. Je trouve qu’en ce moment, on a besoin de se reconnecter avec quelque chose de plus profond et spirituel, et pas forcément de religieux. Ce qui me donne cette force, c’est la nature et la musique. J’ai voulu retranscrire cela dans l’album à travers toutes mes influences : pas forcément en passant d’un style à l’autre, mais en brisant des ponts qu’on peut retrouver entre la musique dite classique, le flamenco, la musique traditionnelle et la pop. au contraire. C’est en fait une rencontre, un espace où on se pose moins la question des étiquettes.

    Vous avez quitté le Venezuela pour la France il y a plus de 10 ans. L’album est aussi traversé par la question de l’exil avec le titre « Alcaravan », du nom d’un oiseau migrateur de votre pays natal…

    R.R.C. : On trouve cet oiseau migrateur dans la plaine vénézuélienne mais aussi colombienne. C’est un oiseau très présent dans la poésie et musique du Venezuela, surtout dans la région de la plaine. Tout le monde le connaît, et pourtant, on le voit peu. On entend que son cri, qui annonce le moment où il faut partir. Cette chanson, je l’ai écrite pour mon pays. En tant que membre de la diaspora, cela me tenait à cœur de parler de cet exil, de ce que je ressens ici. La diaspora vénézuélienne est énorme et compte presque 9 millions de personnes. Cela représente un tiers du pays et l’une des diasporas les plus grandes au monde. Plus je chante cette chanson, plus je me rends compte qu’elle est aussi d’actualité pour beaucoup d’autres peuples et pays. C’est aussi un moyen de renvoyer un message de paix.

    Lors de l’enlèvement de Maduro par les États-Unis début 2026, beaucoup de membres de la diaspora ne voulaient pas choisir entre la main de fer du régime actuel et l’impérialisme américain. Qu’avez-vous ressenti à ce moment ?

    R.R.C. : C’était un moment bouleversant. Pour nous qui vivons les choses de loin, c’est très angoissant car nous pensons aux gens sur place. Je ne vais pas vous mentir : le Venezuela est un régime dictatorial. Mais c’est quelque chose que beaucoup de gens au pays ne peuvent pas exprimer car on assiste à un contrôle des médias, des téléphones… Et en effet, il y a un sentiment de dualité : d’un côté, il y a la joie et le soulagement qu’on peut ressentir quand on se dit qu’on arrive peut-être au bout de ce régime dictatorial, et que cette personne mérite réellement d’être en prison. Et de l’autre côté, personne n’aime que son pays soit bombardé, qu’il soit envahi et contrôlé par les États-Unis, surtout au regard du rapport colonial que ce pays entretient avec l’Amérique latine. C’est un rapport perpétué par beaucoup d’actions infantilisantes, comme si on avait besoin de leur aide alors que ce n’est pas le cas.

    La France a été un refuge pour vous il y a plus de dix ans. Une terre d’accueil de plus en plus menacée par l’arrivée de l’extrême droite à différents endroits du pouvoir. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    R.R.C. : Il y a la peur que les contrôles migratoires se durcissent, mais aussi l’invisibilisation d’autres cultures qui peut arriver. Avec l’extrême droite au pouvoir, on pourrait arriver à une sélection de certaines choses sur les scènes musicales et culturelles en général. C’est quelque chose d’angoissant pour toutes les personnes étrangères dans le pays, mais aussi pour les Français. Pourtant, la France est un pays multiculturel qui tient sa force et sa beauté de son mélange.

  • Grève maintenue à la cuisine centrale d’Avignon malgré des discussions

    Grève maintenue à la cuisine centrale d’Avignon malgré des discussions

    « Ça a chauffé », glisse Etienne Raoul, secrétaire départemental Force ouvrière, en sortant d’une réunion avec des représentants des services de la mairie d’Avignon, des représentants syndicaux et des employés de la cuisine centrale ce jeudi 19 mars. Celle-ci traitait de l’enquête administrative sur une affaire de soupçons de vol de plusieurs centaines de kilos de viande de bœuf au sein même du service par certains employés.

    Et « on reste en grève », confirme un salarié. Un préavis a été déposé jusqu’au 31 mars par les syndicats, à savoir la CGT et FO. Cette enquête a été lancée, d’après plusieurs d’entre eux, en décembre dernier, après un premier signalement en novembre. Des entretiens ont été mis en place avec chaque salarié, à la production comme pour les chauffeurs-livreurs qui amènent les repas dans les cantines des écoles ou encore du CCAS d’Avignon. « Chacun d’entre eux devait en théorie répondre à 17 questions identiques. Mais on s’est rendu compte que c’était faux, avec notamment des questions à charge sur les lanceurs d’alerte et très peu sur le vol en lui-même », explique en sortie de réunion Nicolas Garcia, secrétaire général FO des territoriaux d’Avignon.

    Il ajoute aussi, ce que confirme également Dalida Djoudi, secrétaire CGT des territoriaux avignonnais, qu’il n’a pas été écouté par ceux qui menaient cette enquête. Et ce, alors que tous deux assurent avoir « reçu des aveux écrits » des supposés coupables. Un dossier aurait été déposé par les responsables syndicaux auprès de la procureure d’Avignon pour que la justice se saisisse de l’affaire.

    Quelques minutes plus tard, ce sont les lanceurs d’alerte, chauffeurs-livreurs et employés de production, qui sortent. Ceux-ci regrettent que les négociations « ne vont pas dans le bon sens » et en appellent à la mairie d’Avignon, Cécile Helle (PS).

    « Pas dans le bon sens »

    « On a parlé pour ne pas être accusés et c’est l’inverse qui se passe. C’est une question de dignité. Il faut respecter les agents. Quand on sait que c’est de la nourriture destinée aux enfants, c’est un geste absolument répugnant », clame l’un d’eux. Ceux-ci assurent maintenir un service minimum, notamment en livrant toujours le CCAS. Quelques minutes plus tôt, c’étaient les représentants des services municipaux qui sortaient du bâtiment de production, situé au MIN d’Avignon, sans répondre aux questions des quelques journalistes sur place. « Il faut solliciter les services de communication », balaye l’un d’eux. Contactée par La Marseillaise, la municipalité assure dans un communqiué que « cette enquête, portée par l’Administration, de manière objective et impartiale, va s’achever prochainement. Elle donnera lieu à l’audition des organisations syndicales qui le souhaitent » et que « les conclusions définitives seront présentées au prochain maire puis à l’encadrement de la cuisine centrale, aux organisations syndicales et aux agents de la cuisine centrale ».

  • La municipalité ferme la Salle Gueule pour raison de sécurité

    La municipalité ferme la Salle Gueule pour raison de sécurité

    Des pogos et de la bière dans un sous-sol à deux pas de la préfecture de région. Au 8, rue d’Italie, la Salle Gueule est une salle emblématique de la scène punk rock marseillaise depuis près de 14 ans, portée sous forme associative par un collectif largement informel. Mais la municipalité a mis le holà sur les décibels, au moins temporairement, en ordonnant ce vendredi 13 mars sa fermeture, jusqu’à ce que des travaux soient réalisés.

    Accompagnement promis

    En cause, un avis défavorable de la commission communale de sécurité émis ce même vendredi. « L’établissement ne répond pas aux normes de sécurité en vigueur, et présente de ce fait un danger pour la sécurité des personnes », pointe l’arrêté de fermeture. En cause, la présence d’une seule issue de secours et d’un seul escalier pour évacuer l’étroite salle en sous-sol. « La carence en dégagements compromet gravement, en cas de sinistre, l’évacuation du public reçu dans l’établissement », est-il expliqué. S’y ajoutent l’absence complète d’alarme incendie, d’éléments sur le comportement au feu des matériaux utilisés, et l’absence même d’autorisation administrative. Une gestion punk qui n’a pas plus aux services de la Ville, trois mois après le drame de Crans Montana. Ceux-ci déplorent ainsi « la négligence manifeste de l’exploitant qui n’a pris aucune mesure pour réduire les risques identifiés ». Et conditionnent la réouverture des locaux à un dépôt d’un dossier d’autorisations de travaux ainsi qu’une visite de réception des aménagements et la délivrance d’une autorisation municipale. En cas de refus de fermeture, l’exploitant s’expose à une amende de 10 000 euros.

    « Puisqu’il nous est donné la possibilité de nous mettre en conformité avec les normes attendues pour l’accueil du public, nous avons pris la décision d’aller dans cette direction, afin que la Salle Gueule puisse continuer d’exister comme toujours », réagit le collectif dans un communiqué ce lundi, regrettant que « ce qui était ignoré ou toléré jusqu’à présent, semble désormais ne plus l’être ». L’association demande à être reléguée de catégorie d’établissement recevant du public « pour les travaux et la collecte de soutiens à l’intérieur de notre local ». Un appel aux dons est ainsi lancé pour ce chantier, et notamment un appel aux compétences en électricité, plomberie, conformités de sécurité… En remerciant les lieux qui ont accepté d’accueillir les concerts prévus au milieu de la programmation. Avec une promesse : « Nous pensons que la Salle Gueule remplit plus que jamais un besoin, et que celui-ci vaille la peine de s’imposer un nouvel assortiment de contraintes.»

    La municipalité indique de son côté que le président sera contacté dans les prochains jours, « afin d’accompagner au mieux l’association dans son souhait annoncé de régularisation, et de préserver ce lieu historique de la scène musicale alternative à Marseille ». En saluant au passage son « attitude responsable ».

  • Le lycée Jean-Perrin rejoint la mobilisation

    Le lycée Jean-Perrin rejoint la mobilisation

    « Nous voulons que la mobilisation devienne nationale pour les jeunes », revendique Patrick Moreno, professeur d’anglais depuis 2003 et responsable FO au lycée Jean-Perrin (10e). Des professeurs réunis avec les sections syndicales, Snes-FSU, CGT Educ’Action et SNFOLC du lycée qui étaient en grève, jeudi 19 mars.

    Ils ont été prévenus en février de la suppression de 121 heures de la dotation globale horaire (DGH) allouée par le Rectorat de l’académie d’Aix-Marseille pour la rentrée prochaine. Ce jeudi matin, devant les grilles de l’établissement, une quarantaine d’entre eux tractaient et ont pris la parole à destination des élèves. « Cette journée a été mobilisatrice », se satisfait Patrick Moreno. « Les étudiants commencent à s’intéresser à la mobilisation et à avoir les informations », s’enthousiasme une professeure d’anglais.

    « Le ministère n’est pas à l’écoute »

    Teresa et Christell, représentantes des parents d’élèves du Mouvement départemental des parents d’élèves de l’enseignement public des Bouches-du-Rhône (MPE13) s’inquiètent de l’impact de cette baisse de moyens sur leurs enfants, leurs apprentissages et leur futur : « Ce qui en découle, ce sont des classes surchargées ou même des suppressions de classes et de professeurs », soulignent-elles. Alors que chaque année, le lycée accueille une centaine d’élèves en plus. Elles se désolent de voir que « le ministère n’est pas à l’écoute, l’Éducation nationale s’affaiblit » et les « élèves ne sont pas mis au centre de la table ».

    Des enseignants du lycée et les syndicats exigent auprès du Rectorat, le maintien de toutes les heures supprimées, le maintien de toutes les classes, tous les dédoublements et le maintien ou l’augmentation des moyens horaires à hauteur des besoins des élèves.

    Rassemblés en assemblée générale, les syndicats, représentants des parents d’élèves, représentants des lycéens et enseignants grévistes ont voté unanimement pour être reçus par l’administration de l’établissement sur ces suppressions d’heures. Un conseil d’administration du lycée devrait d’ailleurs avoir lieu le 30 mars sur la répartition des moyens pour la rentrée 2026.

    Une demande d’audience auprès des services du Rectorat avait été déposée pour ce jeudi 19 mars, et a été « relayée à trois reprises » selon Patrick Moreno. À l’heure où nous écrivons ces lignes, ils n’ont pas obtenu de retour. Contacté, le Rectorat n’a pas souhaité se prononcer en raison de la période de réserve électorale.

    La suppression de 3 256 postes annoncée, dans le projet de loi de finances 2026, du personnel enseignant de l’Éducation nationale à la rentrée prochaine impacte directement les établissements et les élèves. Jean-Michel, professeur en génie mécanique à la Section d’enseignement professionnel (SEP) et syndicaliste à la CGT Educ’Action, affirme que le retard de vote du budget pour 2026 a « un effet boule de neige » sur les décisions et les moyens alloués.

    « Situation de pourrissement »

    « Solidaire » avec ses collègues, c’est ce que souhaite montrer Bastien, professeur de lettres et histoire en SEP. Même si cette section n’est pas concernée par les baisses, il déplore tout de même « le manque de moyens mis en œuvre » pour répondre aux besoins particuliers des élèves en situation de handicap. « Avec une classe de 30 élèves, nous sommes censés être en demi-groupe, mais nous sommes en classe entière et il y a un manque de matériel pédagogique », explique-t-il.

    « Le budget pour l’économie de guerre augmente, mais les coupes sont drastiques pour les hôpitaux et l’éducation », s’indigne Patrick Moreno. « La jeunesse a raison de se mobiliser, c’est une situation de pourrissement », conclut-il. Il aimerait que les lycéens de Jean-Perrin s’organisent pour faire entendre leur voix dans ce mouvement.

    La mobilisation se poursuit dans le département. L’intersyndicale éducation des Bouches-du-Rhône appelle à la grève le jeudi 26 mars avec un rassemblement à 11h aux Réformés, suivi par une manifestation jusqu’à la Direction des services départementaux de l’éducation nationale des Bouches-du-Rhône (DSDEN) et à 14h une assemblée générale des personnels en lutte à la Bourse du Travail pour décider des suites.

  • Pour son ultime meeting, Agir ensemble pour Gap donne le tempo

    Pour son ultime meeting, Agir ensemble pour Gap donne le tempo

    « Demain je vous demande de nous retrouver, au moment où vous le pourrez, pour nous aider à faire la dernière chose, la plus précieuse… convaincre les dernières Gapençaises et Gapençais à aller voter. » Face aux quelque 400 personnes réunies ce jeudi soir dans la salle, Elie Cordier a sonné une ultime charge, peut-être la plus importante : utiliser la dernière journée de campagne pour mobiliser les abstentionnistes.

    La nouvelle liste Agir ensemble pour Gap, est une alliance de la liste d’union de la gauche d’Elie Cordier, arrivée deuxième au premier tour (26,91%) et de la liste citoyenne de gauche de Charlotte Kuentz (18,68%). Elles espèrent ainsi battre au second tour le maire sortant Roger Didier (DVD) en poste depuis 2007 et en tête au premier tour avec 40,58% des suffrages.

    Une partition à deux voix

    Le but était aussi de montrer concrètement les propositions qui émergent de la fusion des projets des deux listes. « On tenait à montrer qu’il y a une vraie synergie sur notre programme, explique Charlotte Kuentz. On sait que les Gapençais ont beaucoup d’attentes à ce niveau-là, ils veulent voir ce que l’on peut proposer ensemble. Nous avons un projet commun, nos deux équipes ont travaillé et étaient déjà prêtes à gérer la ville, donc ensemble on est d’autant plus préparés. »

    Plusieurs personnalités de la nouvelle liste sont venues dresser les grands objectifs pour la ville. Sophie Delfino a présenté les projets pour soutenir l’action sociale et aider les personnes vulnérables. Axel Berriaux a lui défini les ambitions de la liste pour que les jeunes puissent « étudier, travailler, sortir et vivre pleinement à Gap » et ne pas se sentir contraints de partir une fois adultes. Sylvie Servel a annoncé le projet d’une maison de santé et d’une future mutuelle communale. Charlotte Kuentz a elle dressé les contours d’un office municipal des solidarités destiné à mieux répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables, jeunes, personnes âgées, à mobilité réduite ou femmes victimes de violences. Loup-Maëlle Besançon a elle évoqué le tourisme, aspect vital pour l’économie gapençaise, en promettant le soutien à un tourisme plus durable concentré sur les quatre saisons, et une mise en valeur du patrimoine naturel qui profite aussi aux personnes vivant sur le territoire. Au total, ce sont onze futurs adjoints en cas de victoire qui ont défilé sur la scène.

    Pour conclure la soirée, la tête de liste Élie Cordier a tenu à avoir une pensée pour celles et ceux qui ont « fait le choix de se retirer pour permettre à la nouvelle alliance de voir le jour », des colistiers que la salle a applaudi. En marge du meeting, Elle a aussi loué le travail des équipes « qui ont réussi à mobiliser 400 personnes en 24 heures à peine puisque la soirée a été annoncée la veille ». Pour lui et son équipe, la balle est dans le camp des électeurs : « Maintenant, c’est à eux de se mobiliser, d’aller voter et de convaincre autour d’eux. »

    « Essayer autre chose »

    Dans le public, c’est la volonté de changement après quatre mandats de Roger Didier qui motivait en majorité le soutien à la nouvelle liste. « Je sais que Roger Didier aime sincèrement sa ville mais il est resté trop longtemps, il faut du changement maintenant, plus de social et plus d’écologie. Je connais bien les deux équipes qui ont fusionné, ils travaillent depuis des années sur ces sujets », affirme Michel, retraité venu assister au meeting. Pour Katia, enseignante en collège, c’est surtout le manque de perspective offerte à la jeunesse qui la pousse à vouloir une alternance. « Tous les jeunes de ma tranche d’âge ont quitté la ville et ne sont jamais revenus. Il n’y avait pas d’emploi pour eux une fois diplômés, regrette-t-elle. D’aussi loin que je puisse me souvenir, je n’ai connu que Roger Didier à la tête de la ville, il faut laisser la place à ceux qui veulent faire autrement, il est temps d’essayer autre chose. » Seules les urnes diront si la majorité des Gapençais partagent cet avis.

  • [Entretien] Bertrand Perrin : « La perte de ces municipalités demeure un moment difficile »

    [Entretien] Bertrand Perrin : « La perte de ces municipalités demeure un moment difficile »

    La Marseillaise : Comment vivez-vous les résultats des élections municipales dans les Alpes-de-Haute-Provence ?

    Bertrand Perrin : Les résultats de ces élections municipales sont difficiles pour l’ensemble des forces progressistes dans les Alpes-de-Haute-Provence, particulièrement pour les communistes. Dans plusieurs communes où nous exercions des responsabilités, parfois depuis de nombreuses années, les électeurs ont choisi l’alternance. Durant cette campagne, des femmes et des hommes se sont mobilisés pour défendre une vision commune de la société : celle de la solidarité, de la justice sociale et de la démocratie.

    Que souhaitez-vous dire aux maires sortants de votre famille politique qui n’ont pas été réélus ?

    B.P. : Nous voulons adresser un remerciement particulier aux maires comme à l’ensemble des élus qui quittent aujourd’hui leurs fonctions. Pendant des années, parfois des décennies, ils ont consacré leur énergie et leur vie au service de leurs concitoyens, incarnant une certaine idée de la politique : proche des habitants, et fidèle aux valeurs de la gauche authentique. Leur action, qui a marqué durablement la vie de leur commune, constitue un héritage précieux pour toutes celles et ceux qui continueront à faire vivre ces valeurs dans les années à venir.

    Comment vivez-vous la perte de plusieurs communes communistes ?

    B.P. : La perte de ces municipalités demeure un moment difficile. Ces villes ont longtemps été des lieux cherchant à répondre concrètement aux besoins : défense des services publics, soutien au tissu associatif, solidarité, accès à la culture pour tous, au travers de politiques sociales et démocratiques permettant à chacun de vivre dignement. Les communistes conservent et gagnent néanmoins des élus et des adjoints dans plusieurs communes du département. Leur présence continuera de porter la voix de celles et ceux qui refusent l’état actuel des choses et défendent l’intérêt général. Nous le disons avec force : nous refusons toute résignation.

    Comment analysez-vous plus largement ces résultats ?

    B.P. : Ce résultat s’inscrit dans un contexte politique plus large : celui d’une campagne que nombre d’observateurs, à l’aube de la présidentielle, ont qualifié de « nationalisée ». C’est la situation d’un pays profondément bousculé par les politiques libérales, par la crise sociale, et par la progression inquiétante de la droite extrême et de l’extrême droite. C’est aussi un climat politique national où le refus persistant de certaines forces de travailler ensemble, où les affrontements et les stratégies électoralistes ou populistes de division ont contribué à brouiller l’image même de la gauche à travers le pays, nourrissant la défiance envers l’ensemble des organisations progressistes. Dans ce contexte, la responsabilité des forces de gauche est immense.

    Restez-vous déterminé malgré tout ?

    B.P. : Les communistes continueront à prendre toute leur part dans la bataille qui s’ouvre : celle du rassemblement populaire et de la reconstruction d’une perspective de gauche capable de répondre aux attentes du monde du travail et de la jeunesse, et de montrer qu’une autre voie est possible pour notre pays. Nos idées vivent dans les luttes sociales, les mobilisations citoyennes et l’engagement quotidien de ceux qui font vivre nos communes. Cette période n’est qu’une étape dans la bataille politique : l’histoire des mouvements de transformation sociale est faite de combats longs, parfois de reculs, mais toujours portés par la conviction profonde que la justice sociale, la démocratie et l’écologie constituent des nécessités concrètes.

  • À Avignon, Galzi joue le front anti gauche

    À Avignon, Galzi joue le front anti gauche

    Au premier tour, on choisit, au second on élimine », lâche, un fin observateur de la vie politique locale ce jeudi soir à Avignon. Et ce quelques minutes après la fin du rassemblement organisé par Olivier Galzi. Là où le candidat DVD, dans son propos, fait tout pour éliminer l’alliance de gauche, scellée lundi soir entre les listes de David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI).

    À trois jours du terme de l’élection, l’heure n’est plus à convaincre sur son programme mais à dénigrer les adversaires dont la fusion donne, en théorie, des chances à la gauche de conserver la ville. « Les deux listes ont décidé de mettre leur force en commun pour contrer cet élan populaire », déplore Olivier Galzi, arrivé en tête (27,04%) devant le RN (25,52%) et les listes de gauche à un peu plus de 19% chacune. Si cette fois, le candidat évite de reparler de « sang sur les mains », il garde un ton inquisiteur.

    « David Fournier a vendu notre ville et les idéaux de son parti, ceux de Jaurès et de Blum, qui prônaient l’universalisme, le républicanisme et la laïcité », fustige l’ex-journaliste TV pour qui le PS s’est compromis avec LFI, « un parti qui justifie la violence en politique et en s’alliant avec une candidate extrémiste, soutenue par un député condamné pour violences volontaires en réunion ». En clair, voter David Fournier serait faire entrer le chaos à l’Hôtel de ville. Ce dernier s’est déjà défendu (lire page suivante) : « J’en appelle au sens des responsabilités que ce monsieur se calme un petit peu, parce qu’il va diviser les Avignonnais », réplique David Fournier.

    Alors que LFI en cas de victoire aura un groupe autonome sans délégations, Olivier Galzi prédit que « la moitié de la liste de David Fournier entrerait dès le lendemain en opposition avec lui ». La réalité est plus nuancée car ce groupe ne concernait que les insoumis, soit 9 potentiels élus, les autres étant des partenaires engagés au sein de l’exécutif municipal. Qu’importe, en grossissant le trait et jouant sur les peurs, le candidat DVD espère rallier à sa cause et siphonner une partie de l’électorat RN qui miserait sur un vote utile d’alternance quand bien même Olivier Galzi ne serait pas leur premier choix. « Le prochain maire dont Avignon a besoin, ce n’est pas un maire qui sera la marionnette d’une petite frappe, mais d’un maire qui protège », n’hésite-t-il pas à clamer. Sans fournir de protection aux coups portés à la gauche.

  • [Entretien] Stéphane Sacco : « Nous incarnons seuls l’espoir à La Seyne »

    [Entretien] Stéphane Sacco : « Nous incarnons seuls l’espoir à La Seyne »

    La Marseillaise : Quel est votre sentiment à quelques jours du 2nd tour ?

    Stéphane Sacco : Celui de la responsabilité. L’espoir et la renaissance de notre ville sont plus que jamais entre nos mains. Nous incarnons le rassemblement contre la haine et le repli sur soi. Je rappelle que la numéro 2 de la liste RN a partagé à plusieurs reprises les publications du militant néonazi multicondamné, Boris Le Lay et compare les migrants à des « parasites ». Tandis que le numéro 5 affiche des positions ouvertement anti-IVG et homophobes, qualifiant l’Eurovision de « super gay pride internationale validée par le milieu pervers artistique ». Un très fort sentiment de responsabilité, je le répète. Nous ne pouvons pas abandonner notre ville entre leurs mains.

    Qui appelez-vous à se rassembler derrière votre liste ?

    S.Sa. : Bien entendu le peuple de gauche pour commencer, mais aussi bien au-delà, les républicains de notre ville e tous les abstentionnistes du premier tour, en leur disant : « Dimanche, choisissez l’espoir et le progrès pour notre ville. »

    Mais également l’intégrité politique et de gestion. Ne laissez personne décider à votre place. Nous leur demandons d’ouvrir les yeux sur l’imposture sociale du RN qui, comme le démontrent tous ces votes à l’Assemblée nationale, comme la baisse des dotations aux collectivités et contre le blocage des prix de première nécessité et la revalorisation du Smic et des petites retraites et le gel du prix des loyers.

    La gauche a-t-elle encore une chance de reprendre son ancien fief ?

    S.Sa. : Bien entendu et c’est d’ailleurs dans cet esprit que nous continuons depuis lundi sur le terrain à multiplier les rencontres avec les Seynois pour les convaincre de venir voter pour un projet chiffré et financé qui donne un avenir à notre ville.

    Tout est encore possible. Face à une droite disqualifiée et divisée, notre liste est la seule en mesure de faire efficacement barrage au Rassemblement national arrivé en tête au premier tour.

    Nous avons choisi le combat et la résistance pour ne trahir ni nos électeurs ni nos convictions. Priver la gauche et les démocrates de voix au second tour aurait amplifié la démobilisation et ouvert un boulevard à l’extrême droite.

    Nous ne pouvions pas davantage sacrifier à la droite libérale les attentes de notre population la plus fragile, c’est toujours elle la première victime des renoncements politiques.

    Notre ville va mieux il est temps qu’elle prenne un nouveau départ.

  • [Entretien] Jérôme Knibbe : « Nous votons toujours contre le Rassemblement national »

    [Entretien] Jérôme Knibbe : « Nous votons toujours contre le Rassemblement national »

    La Marseillaise : Quel est le positionnement de la CGT dans ce contexte électoral ?

    Jérôme Knibbe : Nous avons un positionnement syndical, c’est-à-dire que nous n’appelons pas à un vote en particulier. La CGT est apolitique, chacun est libre de voter ce qu’il veut. En revanche, nos exigences sont claires. La politique mise en œuvre doit permettre un renforcement de tout ce qui est relatif à la fonction publique, au service public et au maintien du statut public, pour pouvoir être au service de la population et répondre aux besoins des habitants au quotidien. Et ce, quelle que soit l’étiquette du candidat, hors extrême droite : c’est un positionnement très clair, nous votons toujours contre le Rassemblement national, parce que nous ne reconnaissons pas ce parti comme un parti fédérant et créant une société. Il n’y a aucun débat là-dessus, Madame Mélin ne répondra pas aux besoins de la population. Et pour Monsieur Gazay, nous sommes très critiques du bilan de ses deux mandats.

    Justement, quel bilan faites-vous des deux derniers mandats, et quels changements revendiquez-vous pour le prochain ?

    J.K. : Le bilan de Gérard Gazay a plutôt été de réorienter les dépenses vers des coupes de subvention de structures sociales, associatives, ce qui pour moi ne répond pas du tout aux besoins de la population. Le premier champ, cela a été la culture, avec la suppression des aides à la MJC (Maison des jeunes et de la culture), ce qui est emblématique de la politique menée. Cela a aussi été une purge au niveau des aides et des subventions pour d’autres structures, qui faisaient le tissu associatif aubagnais. Puis il y a eu la question de la cuisine centrale, de l’accès à la cantine, du périscolaire. Ne serait-ce que sur les moyens de la Bourse du travail : ils ont été retirés, alors que nous apportons un service inconditionnel à la population, nous accueillons des travailleurs non-syndiqués pour les informer sur le droit des salariés. Nous sommes donc reconnus, nous avons un rôle d’information au public, avec des difficultés pour les salariés de plus en plus nombreuses. Et pourtant, on nous a retiré les moyens de fonctionner. Donc bien sûr, ce que Gérard Gazay a proposé ne va pas dans le sens de nos revendications.

    Qu’attendez-vous de la future municipalité ? Quelles sont selon vous les priorités pour Aubagne ?

    J.K. : Ce que l’on soutient, c’est que le futur élu mette en œuvre la réponse aux besoins de la population. Au niveau de l’éducation, il faut agir en faveur des écoles maternelles et de l’accueil de la petite enfance. Cela doit être dans le domaine public, avec des agents statutaires, titulaires et formés. Il faut mettre en place les moyens nécessaires pour accueillir les enfants dans de bonnes conditions, ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui à Aubagne. Il y a un besoin immédiat de redonner de l’action au service public, et pas par le biais de délégation, de sous-traitance ou d’autre forme de contournement. Ensuite, il y a la question de l’accès aux soins, avec le nouvel hôpital. Les politiques en ont, pour beaucoup, fait un objet de discussions. Bien sûr, le projet d’un nouvel hôpital peut être très bien, s’il y a les moyens qui sont donnés, s’il y a le personnel nécessaire. Nous, ce qu’on voit surtout c’est que les agents de l’hôpital d’Aubagne sont en souffrance par manque de moyens, qui ne sont pas du tout en adéquation avec les besoins de la population. C’est intenable. Bien sûr nous sommes pour car cela représente de l’emploi et de l’accès aux soins. Mais depuis cinq ans ils disent aux agents qu’il va y avoir un nouvel hôpital et donc n’investissent pas dans les besoins actuels. C’est intolérable.

    Propos recueillis par Joséphine Teillet