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  • Les très lucratives résidences privées pour étudiants se multiplient

    Les très lucratives résidences privées pour étudiants se multiplient

    À l’entrée de la résidence Studéa de la rue du Pasteur-Heuzé, dans le quartier de Saint-Lazare (3e), Anas le reconnaît d’emblée : « Je cherche ailleurs, mais je n’ai encore rien trouvé. Ceux qui ont des studios préfèrent les louer à de jeunes travailleurs ». Arrivé il y a trois ans, l’étudiant en master d’électronique n’a trouvé que cette place dans la résidence du groupe Nexity, avec un loyer de 534 euros par mois pour 15 m². Face aux cafards et nuisances du quartier, il résume : « La résidence n’est pas bonne, mais on n’a pas les sous ».

    Il n’est pas le seul dans ce cas. Selon l’observatoire territorial du logement étudiant, l’offre des résidences étudiantes privées représente plus de 9 400 places sur le territoire de la métropole Aix-Marseille, avec des qualités d’accueil variables : une étude de l’Agam publiée en décembre dernier alerte sur le désengagement des exploitants lorsqu’elles arrivent en fin de bail, jusqu’à dénoncer un « fonds de pension en recherche de rentabilité court terme » pour la résidence Kley, rue de la République (2e). Désormais, un étudiant sur dix vit dans une de ces résidences : en vingt ans, leur nombre a triplé sur le territoire métropolitain. Elles représentent désormais 40% de l’offre en résidence étudiante, contre moins d’un quart il y a deux décennies.

    Marges confortables

    Deux groupes, Réside Études et Naxity, pèsent à eux seuls pour un tiers de cette offre privée avec plus de 3400 places.

    « Nous avons pour vocation d’aller compléter une offre immobilière tendue dans beaucoup de villes étudiantes, nous nous battons contre les phénomènes d’étudiants qui doivent se loger sur Airbnb ou abandonner leurs études », défend Nahuel Pedroso, le directeur de la filiale étudiante du groupe Nemea, troisième acteur du secteur sur le territoire métropolitain. Avec une offre sur mesure : salles de sport, de travail, services et référents sur place… « Nous nous sommes toujours refusés à faire de la promotion immobilière », précise le porte-parole. Le groupe verse des loyers aux propriétaires investisseurs, que ce soit des investisseurs institutionnels ou comme à Aix des particuliers.

    Dès la publication des premiers résultats de Parcoursup, les demandent affluent, et le taux d’occupation frôle les 100%. De quoi rendre le secteur particulièrement lucratif : les groupes Nexity Studéa (11,3 millions de bénéfices nets) et Néméa (3,2 millions) dégagent un taux de rentabilité commerciale avoisinant les 10%. Malgré un plan de sauvegarde lié à ses résidences senior, Réside études de son côté affiche un résultat de 6 millions d’euros. Alors les projets continuent de fleurir. « Nous ambitionnons d’ouvrir une vingtaine de résidences étudiantes en France sur cinq ans », indique Nahuel Pedroso. Selon une étude de CBRE, malgré 380 millions d’euros investis en France chaque année, ce marché « révèle un potentiel encore sous-exploité ». Le groupe de conseil immobilier pointe certes qu’« une grande partie des logements étudiants échappe aux investisseurs professionnels, compte tenu de l’importance historique du parc public ».

    Reste à savoir si les Crous, aux finances précaires, peuvent encore répondre aux besoins des étudiants.

  • Les syndicats préparent une rentrée de mobilisations

    Les syndicats préparent une rentrée de mobilisations

    « C’est scandaleux ». C’est le premier mot qui sort de la bouche de Kadal, militant du syndicat étudiant le Poing levé à Aix Marseille Université (AMU), quand on évoque les préconisations du rapport de l’IGF et de l’Igas. Pour l’étudiant, bien qu’il ne s’agisse pour le moment que d’une préconisation, il y voit « la volonté de la part du gouvernement d’essayer de faire payer la crise aux étudiants ».

    « D’autant plus que sans cette aide, les étudiants vont réduire d’autres dépenses, car on ne peut pas économiser sur le loyer, explique Louis Marjollet, membre du collectif d’étudiants de l’Université d’Avignon. Comme leur frais de santé, ou sur la nourriture ». Un enjeu d’autant plus grand pour les loyers dans les villes d’Aix-en-Provence, Marseille et Avignon ne cessent d’augmenter. « On est dans une situation telle, que certains étudiants commencent la rentrée au camping », insiste Kadal.

    Pour les syndicalistes, c’est une façon détournée de faire de la sélection à l’université. « En faisant en sorte que l’université soit le lieu où seules les personnes les plus aisées peuvent aller étudier », soutient Younes Dufresnes, représentant de l’Union étudiante de AMU.

    Une attaque supplémentaire contre les étudiants dont le coût de la vie aurait augmenté de 35% depuis l’élection d’Emmanuel Macron, d’après un rapport de l’UNEF. Une politique hostile qui s’est d’abord portée contre les étudiants extra-européens, avec l’augmentation des leurs frais d’inscription, puis la suppression de leurs APL en juillet dernier. « Ils ont fait un premier test avec les étrangers. Ils ont vu que ça passait. Et là, ils essayent de généraliser », se désole Kadal.

    Face à ce constat, une grande journée de mobilisation intersyndicale étudiante est donc prévue ce 15 septembre. « Il faut que les étudiants précaires, et les futurs précaires se mobilisent pour défendre les derniers droits qu’il nous reste », argue Younes Dufresnes. Une mobilisation contre la préconisation du rapport mais également contre les frais supplémentaires imposés aux étudiants étrangers. « Il faut que l’on se montre solidaire avec les étudiants étrangers qui sont en train d’être inquiétés par le gouvernement, sinon on va se retrouver dans la même situation quelques mois plus tard », ajoute Kadal.

    Une nouvelle attaque du gouvernement contre des étudiants qui se précarisent et que les syndicats appellent à combattre : « On a plus le choix, car ce ne sera que par la lutte sociale que l’on arrivera à repousser ce genre de préconisation », insiste Louis Marjollet.

  • Ciblé par Stéphane Ravier, Théo Challande réagit

    Ciblé par Stéphane Ravier, Théo Challande réagit

    Dix jours après avoir été pris pour cible par le sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier, l’ancien adjoint (EELV) à la lutte contre les discriminations Théo Challande Névoret indique ce dimanche à La Marseillaise qu’il va porter plainte face aux menaces reçues. En se filmant au volant de son véhicule, le parlementaire l’accuse de « christianophobie » pour avoir organisé dans le bar LGBT le Boum, (6e) une « fête de la v(i)erge » le jour de l’Assomption. « C’est dégueulasse, c’est ignoble » lâche le sénateur qui désigne l’ex-adjoint comme un « artisan assumé de l’islamisation de la ville », tandis qu’en réponse des commentaires appellent à « réorganiser les croisades et les milices » ou estiment que « la peur doit changer de camp ».

    « Quand cela s’est passé, j’étais très en colère, cela nous prend du temps, de la santé mentale, reconnaît Théo Challande Névoret. Mais nous nous sommes rendu compte qu’il valait mieux en rire, retourner la situation en continuant à caricaturer, à être drôles, à dénoncer un utilisant un langage non violent, artistique plutôt que de propager des haines ». Face aux menaces, la publication a été immédiatement signalée sur la plateforme du ministère de l’Intérieur Pharos, et une plainte devrait être déposée cette semaine face aux propos tenus en commentaire. « Nous nous réservons le droit de déposer une plainte si le sénateur à un comportement délictuel à mon encontre », précise l’ancien adjoint. Il dénonce surtout le procédé employé par le parlementaire : « Ce qu’il fait, c’est désigner une cible et sans le dire il ouvre la voie aux violences. L’extrême droite montre de manière franche qu’elle veut nous censurer, que l’on n’a pas le droit d‘avoir une pensée laïque, de caricaturer, que l’on n’a pas le droit à la liberté artistique ».

  • [C’est l’été] Bertrand Mazel, riziculteur « Une lutte permanente »

    [C’est l’été] Bertrand Mazel, riziculteur « Une lutte permanente »

    Bertrand Mazel a 68 ans et, officiellement, il devrait être à la retraite. Officieusement, il n’a pas encore levé le pied de sa riziculture. Entre ses responsabilités d’élu à Arles, où il travaille sur le marketing territorial, et son rôle de vice-président de l’agglomération, il continue surtout de porter la filière du riz de Camargue. Installé entre les Saintes-Maries-de-la-Mer et Arles, il cultive aussi du blé dur et des pommes de terre, mais le riz reste son affaire : « C’est ce que je connais le mieux ».

    Parisien d’origine, fils de négociants en vin, rien ne le destinait à cette vie. Ses parents avaient une propriété dans le Sud. C’est ainsi qu’il découvre la région et s’y installe il y a 30 ans. Son appétence pour le riz est venue en le travaillant. « Je suis tombé amoureux de ma production », résume le riziculteur. Un chemin qui le mène à s’engager dans le syndicalisme pour porter la filière. Il devient président du Syndicat du riz, une structure indépendante couvrant le Gard et les Bouches-du-Rhône, puis s’engage progressivement en politique, « à petite échelle », dit-il.

    Des règles contraignantes mais protectrices

    Dans ses parcelles, Bertrand Mazel cultive sept à huit variétés différentes, du riz à risotto au riz à sushi, jusqu’aux variétés pour les desserts lactés. La filière camarguaise compte aujourd’hui environ 180 producteurs, pour 80 000 tonnes annuelles, soit 20% de la consommation totale française.

    Lui revendique une production « vertueuse ». Pas d’insecticides ni de fongicides, peu de désherbants et un séchage naturel au mistral. À cela s’ajoutent, quatre contrôles par an et un cahier des charges strict. « On est sûrement l’alimentation la plus contrôlée mais au moins on a l’avantage d’avoir une meilleure qualité », reconnaît-il, 17 réglementations qui se superposent sur le territoire. « On est hyper protégé, mais c’est bien. On se rend bien compte qu’on est dans un écrin de nature », affirme-t-il, même s’il insiste sur « cette mondialisation qui nous écrase ». Car face à cette concurrence mondiale, « on essaie d’exister. C’est une lutte permanente », témoigne le producteur.

    Mais derrière tout le discours technique et les contraintes, c’est surtout un attachement particulier à la Camargue qui affleure. « Ce qui me plaît, c’est d’être dans un pays libre. Avec les grands espaces. » Le quotidien, lui, reste exigeant. La culture du riz prend 120 jours, dans l’eau. Il faut quotidiennement surveiller les niveaux, les ragondins… Un investissement de tous les jours, qu’il décrit comme très prenant, dans un environnement « exubérant », peuplé d’oiseaux et de vie. Aujourd’hui, plus question pour lui de quitter ce milieu. « Je suis devenu un rustre personnage », sourit-il. « Maintenant, je ne me sens bien que dans la nature. »

    Un attachement

    à la Camargue

    Reste la question de l’avenir : « C’est une très bonne question, vous faîtes bien de la poser », car ses deux filles ne semblent pas prêtes à reprendre l’exploitation. « Je suis en train de réfléchir à des solutions. » Une inquiétude partagée par toute la profession : « La moitié des agriculteurs va disparaître dans les dix prochaines années ». Et, en filigrane, un appel à soutenir les produits nationaux et une interrogation plus large : « Les Français devraient se demander ce qu’ils vont manger demain ».

    Bertrand Mazel, lui, continue de défendre son riz, convaincu qu’il faudra « parfois le payer un tout petit peu plus cher » pour préserver une production locale. « Sur un repas, la différence est ridicule. Mais nous, ça nous permet de survivre. ».

    Marie Moreau

    Un riz aux multiples facettes

    Le Riz de Camargue IGP se présente sous différentes formes : riz complet, semi-complet, riz blanc, riz étuvé. Selon les variétés cultivées, il existe plusieurs formats de grains (ronds ou longs), des couleurs allant du blanc au brun, et offre des parfums naturels différents. Il est cultivé en pleine nature, là où le sel marin, l’eau du Rhône et le mistral se rencontrent sur une zone plate.

  • Il y a 82 ans… la naissance légale de « La Marseillaise »

    Il y a 82 ans… la naissance légale de « La Marseillaise »

    Après des numéros clandestins diffusés au péril de la vie de nos fondateurs, traqués par l’occupant et ses complices de Vichy, notre journal sort enfin de l’ombre pour jouer pleinement son rôle d’information de la population et d’appel à la mobilisation, afin que notre région et la France tout entière recouvrent leur liberté. Les efforts conjugués de la Résistance et des troupes du débarquement de Provence permettront la libération définitive de Marseille le 27 août 1944.

    Extraits du témoignage d’André Remacle, livré en 1979, résistant et principal artisan de ce numéro

    avec sa femme Rosette.

    La nuit du 23 au 24 août, Marseille est secouée par les bruits du canon. D’incessantes rafales troublent les rues du quartier. Dans l’imprimerie, l’agitation joyeuse bat son plein… Sur le « marbre » s’élaborent unis dans cette première victoire, comme ils l’ont été dans le combat commun, La Marseillaise et Rouge Midi.

    Les « formes » sont serrées, pressées sous la prise d’empreinte, coulées, portées aux rotatives, et bientôt le premier numéro de La Marseillaise dans le papier tendu autour du rouleau jaillit de la rotative, avec sous une bande tricolore ce titre sur huit colonnes : « Marseille est libérée » et des photos du général de Gaulle, de Roosevelt, de Staline et Churchill. Elle dit la ville en armes, la prise de la préfecture racontée par un témoin, la disparition des journaux locaux, l’entrée à Marseille des troupes, un résumé de ce qu’avait été cette longue et dramatique semaine du mois d’août.

    Au petit matin, dans les quartiers libérés, dans ceux qui sont encore au combat comme Endoume, le Roucas Blanc, les quartiers Nord, La Marseillaise et Rouge Midi sont littéralement arrachés dans les mains de ceux qui les vendent.

    La Marseillaise a tenu son rôle… Tout son rôle, c’est une autre histoire ! Les illusions de ces journées où éclatait la liberté n’ont pas été perdues mais parfois rognées.

    Nous roulions il y a quelques jours avec des amis sur les routes de l’Embrunais et un écriteau nous sauta aux yeux sur un de ces rudes chemins au flanc de la montagne : « route non déneigée, chaussée déformée ». Il y a encore devant nous beaucoup de routes non déneigées et de chaussées déformées, beaucoup de travail reste à faire et à refaire pour déblayer une voie qui, nous l’avons appris, n’est pas une voie royale.

    Oui, mais je veux toujours et longtemps encore entendre les vers de Verlaine : « L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable. »

  • Le maire de Saint-Raphaël poursuit sa croisade anticommuniste

    Le maire de Saint-Raphaël poursuit sa croisade anticommuniste

    Inauguré l’été dernier une stèle dédiée aux « cent millions de morts du communisme », le maire De Saint-Raphaël a organisé ce week-end plusieurs événements sur ce thème devenu semble-t-il pour lui obsessionnel. Une focale très politique permettant tout en pointant les dérives de ceux qui se sont accaparés l’idéal d’émancipation pour exercer leur tyrannie, comme les Khmers rouges au Cambodge, de salir les résistants communistes et banaliser les dictatures d’extrême droite. C’est ce que dénonce avec force la section du PCF de Fréjus-Saint-Raphaël « choquée par cette falsification de l’Histoire ».

    « M. Masquelier poursuit sa croisade anticommuniste cette année encore oubliant tous les totalitarismes du XXe siècle à commencer par la barbarie nazie », s’indigne-t-elle.

    Et de conclure : « Les Khmers rouges ont commis un génocide au nom d’un ultranationalisme à l’opposé de l’internationalisme des communistes et de la libération des peuples ».

  • [C’est l’été] Un festival gratuit pour préparer la rentrée à Marseille

    [C’est l’été] Un festival gratuit pour préparer la rentrée à Marseille

    « Régalez les jeunes avant la rentrée. » Saïd Sardi répète inlassablement cette formule pour résumer l’esprit du festival Back to School, dont la troisième édition se tient ce lundi, de 13h à 23h, au Parc Mistral, à l’Estaque (16e).

    Organisé par le créateur de contenu originaire de la Castellane et son association Castelife, en partenariat avec la Ville de Marseille et l’association humanitaire Life Ong, le rendez-vous entend d’abord soulager les familles avant la rentrée. « Le but, c’est d’aider les parents pour la rentrée en leur donnant un gros coup de main avec la distribution gratuite des fournitures scolaires », rappelle Saïd Sardi.

    Au total, 750 kits scolaires complets seront offerts, tandis que stands de coiffure, village aquatique, maquillage, jeux, espace bien-être, rencontres avec des entrepreneurs et restauration gratuite rythmeront l’après-midi. « Ce festival, ce n’est pas que la distribution de fournitures scolaires, c’est une vraie préparation complète à la rentrée pour régaler les jeunes et leurs parents », résume-t-il.

    Favoriser l’insertion professionnelle des jeunes

    Cet événement s’inscrit pleinement dans la mission quotidienne de l’association : « Accompagner la jeunesse des quartiers populaires sur l’insertion professionnelle, précise le fondateur de Castelife. Avec cet événement, on incarne cette mission de faire le pont entre la jeunesse et les structures d’insertion ».

    Après deux éditions à La Castellane, le festival s’installe cette année à l’Estaque. « J’ai reçu tellement de demandes de jeunes d’autres quartiers que je me suis dit que l’Estaque était le lieu adapté car il est au carrefour de plein de quartiers populaires », justifie Saïd Sardi.

    Plusieurs personnalités connues et des créateurs de contenu, dont Bengous, Johan et Racha ou encore Houria Les Yeux Verts, sont attendus. De quoi nourrir les ambitions de Saïd Sardi : « En 2024, 1 000 personnes sont venues, l’année dernière 1 500 et cette année on en attend encore bien plus ! », conclut-il.

    De 13h à 23h. Réservations pour les kits via le lien disponible sur la page Instagram Castelife

  • Une expédition pour montrer la fonte des glaciers dans les Hautes-Alpes

    Une expédition pour montrer la fonte des glaciers dans les Hautes-Alpes

    Parcourir en un mois 1 500 km parcourus dont 45 000m de dénivelé positifs. C’est une aventure aux airs d’épopée dans laquelle s’est lancé le 19 août un petit groupe mêlant Mélanie Corthay, guide de haute montagne, Aurélie Gonin, réalisatrice de documentaire et un couple de cyclistes, Nathalie et Fabien Monnier, qui ont dessiné le parcours à vélo. À leur tête, Loubna Freih, sportive de haute montagne, est à l’initiative de cette « Alpine Quest II », après une première édition effectuée en mars 2025. « Pour le premier jour, on est arrivés au pied du glacier blanc, raconte Loubna Freih depuis le refuge du Pré de Madame Carle. On va traverser tout l’arc alpin jusqu’en Slovénie, à travers la France, l’Italie et la Suisse, en vélo. L’idée est de connecter des glaciers importants pour raconter et documenter ce que vont devenir les Alpes après les glaciers ».

    L’expédition ira à la rencontre d’une dizaine de scientifiques français, suisses et italiens et traversera une quinzaine de glaciers, en passant notamment par celui d’Aletsch, en Suisse, le plus grand d’Europe centrale. « On prélève des eaux à l’embouchure de chaque glacier, pour récupérer l’eau profonde du glacier, pas de la neige en surface. Les prélèvements sont ensuite envoyés au CNRS de Nancy avec l’aide de Cluster Eau, une association basée à Évian », détaille Loubna Freih. On travaille aussi avec un géobiologiste qui nous parle de la flore et des changements dans ce qu’on appelle les marges des glaciers. C’est là où le glacier se retire et c’est une zone très intéressante pour la science pour comprendre ce que laisse le glacier, ce qui disparaît, mais aussi ce qui vient à la place ».

    Agir, que l’on soit sportif ou scientifique

    Alors que la moyenne de la température mondiale a augmenté d’1,5 degré par rapport à l’ère préindustrielle, ce chiffre est multiplié par deux dans les Alpes, où la fonte des glaciers s’accélère. Pour ces athlètes de montagne, aux premières loges du bouleversement, agir est vital. « À Verbier, en Suisse, où je vis, on a eu une première canicule à la fin du printemps, puis une deuxième, une troisième et on vient de finir la quatrième, témoigne Loubna. Je vois les massifs du Grand et du Petit Combin changer sous mes yeux. Je ne peux pas rester sur mon balcon à regarder ». Comme pour la première, le but d’Alpine Quest 2 est de produire un documentaire pour toucher le grand public. « L’idée est d’aller voir avec nos jambes puis d’en faire une narration, de raconter une histoire basée sur la science mais aussi sur ce qu’on vit et ce qu’on voit », conclut Loubna.

  • À Avignon, le plan Faubourgs encore détricoté par l’avenue Monclar

    À Avignon, le plan Faubourgs encore détricoté par l’avenue Monclar

    Il est presque midi vendredi dernier. Au croisement de l’avenue Monclar et des boulevards Monod et Ferry, les automobilistes ralentissent et peinent à savoir s’il faut se fier au stop ou au nouveau feu tricolore encore éteint pour adopter la bonne conduite. Normalement, ce lundi à 9h, le feu fera foi et sera mis en service dans le cadre de la révision du plan Faubourgs, mis en place par la nouvelle majorité. Une nouvelle étape importante de franchie depuis trois mois et le lancement, en grande pompe, du premier ajustement de circulation autour de l’inflammable sujet des mobilités.

    Malgré l’absence de concertation, et trois semaines après la remise en double sens de la porte Saint-Lazare (notre édition du 28 juillet), le maire Olivier Galzi (DVD) continue de détricoter une des mesures phares du mandat précédent de sa prédécesseure, Cécile Helle (PS). Lors du conseil municipal de fin juin, au moins 300 personnes avaient bruyamment manifesté leur hostilité à ce démantèlement sous les fenêtres de l’Hôtel de ville, réclamant un moratoire. Olivier Galzi reste, lui, persuadé d’avoir l’adhésion d’une majorité silencieuse…

    « J’ai peur des risques pour nos enfants »

    Le changement sur l’avenue Monclar est encore perçu comme « une autre modification sans concertation ni étude d’impact » par l’association des 4 boulevards qui invite les riverains à faire remonter « les problématiques nouvelles soulevées par cette décision unilatérale ». L’opposition de gauche, qui avait porté ce dossier, parle d’un « contre sens historique », craignant « une insécurité routière ».

    Principal bouleversement, la réouverture de l’avenue Monclar dans le sens sud/nord (vers les remparts) depuis le croisement des boulevards Monod et Ferry. Les automobilistes pourront à nouveau passer devant l’école Marcel-Perrin, où plus aucune voiture ne circulait depuis plus de deux ans. La Ville assure que la « borne rétractable sera relevée aux heures d’entrée et de sortie » des classes. « J’ai peur qu’il y ait beaucoup plus de bruit et de risques pour nos enfants », redoute une maman d’élève croisée à proximité, anxieuse à une grosse semaine de la rentrée.

    Parmi les ajustements notables, la remise en circulation à double sens des boulevards Ferry et Monod dans ce secteur. La piste cyclable sur Monclar est maintenue en l’état. « Je suis assez partagée », ne sait pas trop quoi encore penser Lise Demeyer. Depuis mars, elle a ouvert le café créatif L’Éklâ, au quasi-croisement Monclar-Monod. « J’ai à la fois peur de perdre en calme avec plus de bruit, des difficultés de stationnement alors que je tiens un lieu de créativité et, d’un autre côté, je vais gagner en visibilité et avoir moins de bouchons pour venir travailler, ce changement pourrait débloquer tout ça », développe-t-elle.

    À quelques mètres de là, le pharmacien est, lui, beaucoup plus tranché. « Je vois clairement ce changement d’un très bon œil même s’il faut être prudent le temps des nouvelles habitudes », se projette Michel Paulet. Installé depuis 20 ans, il estime que les travaux de l’avenue Monclar lui ont fait perdre 100 clients par an depuis deux ans. « On était un peu coupé du reste de la ville, le plan Faubourgs c’est peut-être bien pour ceux qui y vivent, mais c’est catastrophique pour ceux qui y travaillent », juge le pharmacien. D’autres révisions sont encore prévues, mais pas datées officiellement, côté Saint-Ruf ou Sixte Isnard.

  • Les salles de repos du personnel de l’hôpital de Brignoles bientôt toutes réhabilitées

    Les salles de repos du personnel de l’hôpital de Brignoles bientôt toutes réhabilitées

    Ce ne sont pas les agents engagés au quotidien, jour et nuit, sur les nombreux sites du centre hospitalier intercommunal qui vont s’en plaindre. Bien au contraire, même. Puisqu’ils vont pouvoir disposer de lieux fonctionnels pour profiter d’un temps de repos mérité et surtout indispensable pour assurer leur mission en sécurité. Et supporter les conditions de travail très dégradées avec entre autres une hausse constante des charges de travail du fait d’un manque d’effectif chronique.

    C’est d’ailleurs ce que souligne la direction, elle-même, en mettant en avant leur dévouement malgré « un environnement matériel de travail en assez mauvais état », précisant que les personnels assurent une qualité de prise en charge reconnue par tous les usagers.

    Une satisfaction qui ne doit surtout pas faire oublier, poursuit-elle, les difficultés que les personnels rencontrent au quotidien.

    L’occasion de rappeler que le métier de soignant est en effet une des activités professionnelles les plus exposées. Leur engagement les confrontant quotidiennement à des risques infectieux, des blessures et Troubles MusculoSqueletiques (lombalgies, pathologie épaules…) avec les manutentions répétées de charges et de personnes, aux chutes et aux glissades. Mais aussi à de nombreuses sources de stress telles qu’un épuisement induit par les cadences intenses et répétées, la confrontation constante à la maladie, à la fin de vie et à la mort, ainsi qu’aux petites et grandes violences en provenance des patients et de leur entourage.

    Le recours au privé

    qui interroge

    D’où l’importance de pouvoir avoir accès à des salles de pause pour, le temps d’un moment, se mettre à l’abri et recharger ses accus.

    D’autant que la majorité des professionnels travaillent 12 heures consécutives et ne quittent pas ou très peu leur service sur ce temps. Les pauses s’organisent en fonction de l’activité de service avec l’obligation légale d’une, de 20 minutes, toutes les 6 heures, comprenant la restauration.

    L’aménagement de leur environnement de travail devient donc d’autant plus indispensable. D’autant que cela permet aussi, outre l’indispensable repos physique et mental, de se retrouver pour les besoins de l’organisation même du service. Des lieux, pointe la direction, propice à plus de concertation et de coopération entre soignants et de cohésions des équipes, où l’on peut retrouver des informations important aussi. Et peut-être même où l’on peut questionner ensemble le manque de moyens pour exercer ses missions.

    « L’enjeu à proposer aux soignants des salles de pause agréables et fonctionnelles est donc crucial et l’établissement en a fait une priorité dans ses appels à mécénat avec la chance extraordinaire d’avoir été entendu et soutenu immédiatement par le fonds de dotation MGL des entreprises Lauvige », précise l’établissement.

    En tout ce sont 30 salles qui vont être modernisées sur l’ensemble des sites du centre hospitalier pour un coût de 55 000 euros prix en charge en intégralité par le mécénat.

    Le centre hospitalier annonce également lancer en fin d’année via son nouveau fonds de dotation Còrdea, un appel à dons à destination des commerçants et habitants du territoire pour équiper en électroménager et en fauteuil de repos ces salles de pause rénovées.

    Solliciter la « générosité » du privé, pourquoi pas. Mais ça en dit long tout de même sur le sous-investissement de l’État dans l’hôpital public et le service public de santé.