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  • L’Ifremer inquiète des effets des canicules marines sur la biodiversité

    L’Ifremer inquiète des effets des canicules marines sur la biodiversité

    Ils ont beau connaître et s’attendre aux effets néfastes du réchauffement climatique, des chercheurs réunis hier à Sète par l’Ifremer*, se disent « étonnés » par l’ampleur des phénomènes qu’ils observent déjà sur le terrain.

    Si la façade atlantique n’est pas épargnée, la Méditerranée constitue bel et bien un « hotspot du changement climatique et de biodiversité », pose d’emblée Nathaniel Bensoussan. Ce chercheur au Laboratoire d’océanographie physique et spatiale (LOPS) à l’Ifremer, rappelle que la Grande Bleue a gagné 1,5 degré depuis 1982 et qu’elle se réchauffe deux fois et demie plus vite que la moyenne des eaux.

    Ce phénomène dû à l’activité humaine qui produit des gaz à effets de serre, génère des « vagues de chaleur marines ». Lesquelles altèrent durablement le fonctionnement des écosystèmes côtiers et la biodiversité. Ainsi les tissus vivants des gorgones rouges, ces coraux mous qui « jouent le rôle des arbres dans les forêts », sont-ils nécrosés (calcaire blanc). Déjà les scientifiques s’inquiètent d’une « mortalité récurrente » notamment dans les calanques. Dès 2022, une floraison massive de posidonies a été observée. Loin d’être une bonne nouvelle, c’est le signe d’un « risque d’épuisement » de ces plantes aquatiques qui oxygènent l’eau et participent à la stabilité des fonds marins. « C’est un sujet majeur. Si des plantes comme les posidonies sont affectées, la séquestration du carbone est impactée », éclaire Nathaniel Bensoussan.

    Étang de thau en surchauffe

    Les écosystèmes fermés tels que les lagunes ou les lagons ne sont pas épargnés par le réchauffement des eaux. Sur l’étang de Thau, Vincent Ouisse, chercheur en écologie benthique à l’Ifremer, parle même d’un « effet loupe ».

    En raison des faibles profondeurs, les eaux sont déjà à 30-32 degrés et peuvent monter jusqu’à 36°. Les herbiers, plantes marines à fleurs, souffrent elles aussi. De même que les bénitiers et coraux jusque dans les lagons de Polynésie, ajoute Guillaume Mitta, chercheur en biologie des interactions. Du côté de la Bretagne et de la Manche, ce sont les laminaires (algues brunes) qui sont en « forte baisse d’abondance et de densité », constate Martial Laurans, spécialiste en écologie halieutique à l’Ifremer. Dans la baie de Grandville en Normandie, où les eaux se sont réchauffées de 1,5 degré en 40 ans, « les captures de bulots ont chuté de 80% », illustre Hubert du Pontavice, chercheur à l’Ifremer.

    Les moules en péril l’été

    À l’instar de la grande nacre ou des sardines, des poissons et coquillages sont aussi touchés. C’est notamment le cas des huîtres. L’an passé, « la canicule de juin a engendré des pontes précoces d’huîtres de 2 à 4 semaines partout en France », se souvient Franck Lagarde. Ce chercheur en biologie et écologie marines à l’Ifremer précise que les périodes de pontes sont désormais étendues de mi-mai à mi-septembre au lieu de mi-juillet à mi-août auparavant. Avec pour conséquence « des huîtres de meilleure qualité au printemps qu’à l’automne ». Si la Bretagne a vu ses taux de croissance des naissains chuter de 14 à 62% c’est tout l’inverse en Méditerranée avec des taux de croissance culminant à 143% « en raison d’eaux plus chaudes et de pluies plus abondantes qui amènent des sédiments ».

    La dynamique est tout autre pour les moules dont l’avenir est clairement menacé l’été en Méditerranée. « On observe un décrochage quand les eaux atteignent 27-28 degrés. Et à part aller plus au large, je ne vois pas ce qu’on peut y faire », confie Franck Lagarde. Le coordinateur du réseau Ecoscopa à Sète, révèle qu’en Corse la production de moules est déjà abandonnée à partir de juillet en raison d’eaux trop chaudes.

    Or, Nathaniel Bensoussan est catégorique. « On va vers la tropicalisation de la Méditerranée. » Face aux tergiversations des responsables politiques, Hubert du Pontavice presse. « En tant que scientifique, je suis dans une intranquillité. Il y a une urgence à agir face à un empilement d’événements. »

    * Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer.

  • Chez Haribo, des négociations qui ne font pas dans la douceur

    Chez Haribo, des négociations qui ne font pas dans la douceur

    Sifflets, drapeaux… Depuis une bonne semaine, les salariés de l’usine marseillaise Haribo tiennent un piquet de grève et débrayent deux heures par jour. Sur le boulevard Capitaine-Gèze (14e), les klaxons de soutien se multiplient. En cause, des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui ne donnent rien, estime Marc Mansano, délégué syndical CGT, syndicat majoritaire. « Depuis 2 ou 3 ans, nous avons des décisions unilatérales de la direction, dénonce-t-il. Ils nous donnent ce qu’ils veulent nous donner. »

    À ses côtés, Thierry Cambola, délégué syndical FO, ne dit pas autre chose : « On n’a que des miettes. » Alors que l’entreprise est florissante, rappelle Marc Mansano. Selon ses comptes 2024, Haribo affiche une croissance de 4,1% de son chiffre d’affaires établi à 388 millions d’euros, pour un résultat net de 32 millions.

    Alors que le Smic a été revalorisé, la CGT réclame une hausse des salaires de 100 euros bruts par mois, une hausse de la tranche d’ancienneté des 3 ans et une revalorisation de prime. Mais, pour l’instant, après une réunion mardi, « nous sommes au point mort », déplore Marc Mansano, qui espère que la baisse de production, estimée à 100 tonnes par jour en temps normal, va porter ses fruits. À Uzès (Gard), l’autre usine du fabricant de bonbons, les salariés sont aussi mobilisés, ajoute-t-il. Ce que craignent aussi les 160 employés marseillais, c’est de voir leur unité de production disparaître dans le cadre d’un projet d’extension du site gardois. « On va réduire le personnel ici, on a une grosse inquiétude », commente le responsable CGT.

    Le soutien de la fédération CGT de l’agroalimentaire

    Fabien Trujillo, animateur régional pour la fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT, est venu en soutien. « Depuis le début, nous sommes avec eux dans leur lutte pour de meilleurs salaires, mais aussi pour l’avenir du site », explique-t-il. Il rappelle qu’il y a « une dizaine d’années, quand il y avait un projet de construction d’un gros conditionnement en Allemagne, on avait fait la démonstration, avec le syndicat, que la particularité du marché français du bonbon, c’est que c’est le plus gros d’Europe ». Or, aujourd’hui, assure-t-il, « avec le futur site d’Uzès à sa capacité maximum, plus le site de Marseille, on n’arrive pas à couvrir la totalité de ce marché ». Et de promettre, « avec les syndicats, de faire la démonstration que les deux sites sont nécessaires et qu’il faut maintenir les emplois et les savoir-faire sur une spécificité bien française et aussi pour garantir la qualité des produits ».

    Contacté par La Marseillaise, le directeur général de Haribo, Anthony Deleter, assure que « le bien-être et la fidélité des salariés d’Haribo sont une de nos principales valeurs ». Pour le prouver, il sort la calculette : « En moyenne, un ouvrier Haribo perçoit une rémunération annuelle supérieure de 24% à la moyenne nationale des ouvriers. D’autre part, notre politique salariale garantit à chaque ouvrier une augmentation automatique de +30% sur les 30 premières années de carrière, en plus des augmentations générales ou individuelles ».

    Pour ce qui est des NAO, « Haribo France s’est toujours aligné sur l’inflation voire au-delà » avec, sur les cinq dernières années, « des augmentations qui ont dépassé l’inflation cumulée de 1,3 point ». Et « cette année encore, notre proposition est en lien avec l’inflation de l’année précédente », assure le directeur, mais « les demandes des organisations syndicales étant éloignées de cette proposition, les parties n’ont pas pu aboutir à un accord ». Reste que les syndicats ne comptent pas lâcher…

  • Les cent jours de mandat qui ont déjà changé Nîmes

    Les cent jours de mandat qui ont déjà changé Nîmes

    Vincent Bouget réussit-il une entrée en matière quasiment parfaite ? Pour l’heure, ni l’opposition de droite, toujours fracturée par les divisions, ni la démagogie du RN ne sont parvenues à faire tanguer la nouvelle équipe.

    Pourtant, après 25 ans sans alternance, lancer une nouvelle dynamique dans une administration centrale peu habituée à s’adapter était un véritable défi. Mais le nouveau maire de Nîmes s’est attaché en premier lieu à travailler avec les agents de la collectivité. C’est d’ailleurs sur ce point que Vincent Bouget a ouvert sa conférence de presse consacrée aux cent premiers jours de son mandat. « Nous avons réalisé huit réunions, organisé 60 ateliers avec 1 300 agents où la parole a été libre. Il fallait entendre les agents qui portaient des questions personnelles et globales. Ils ont fait 1 600 propositions pour rendre un meilleur service public », a présenté l’édile en précisant qu’un projet d’administration serait réalisé à l’automne.

    Ce dialogue, Vincent Bouget l’a également lancé avec les habitants de la Ville grâce à l’organisation de sept réunions publiques. Une restitution publique de ces discussions se tiendra d’ailleurs le 8 juillet à 18h30 au Parnasse.

    Des avancées concrètes

    Outre la méthode, Vincent Bouget s’est aussi félicité de plusieurs réalisations concrètes malgré « un budget 2026 décidé par l’ancienne équipe ». Parmi elles, le maire note la bonne organisation de la feria avec la mise en place des transports gratuits le week-end, expérience qui sera renouvelée pour la feria des Vendanges.

    « Nous sommes aussi allés plus vite que prévu pour le déblocage de fonds et de moyens humains pour le poste de police de Pissevin », s’est-il félicité. En effet, lors de son déplacement dans la capitale du Gard, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, avait annoncé le déblocage d’une enveloppe de 620 000 euros pour la construction du poste de police dans le quartier populaire nîmois et l’arrivée de 16 policiers au 1er septembre au commissariat de Nîmes. Vincent Bouget a également confirmé que les élus de la majorité avançaient sur « les projets au long cours » comme la végétalisation de la ville et de ses écoles, la création des fameuses places communes, les questions de mobilité et la réhabilitation du stade des Costières.

    S’il n’a pas voulu s’éterniser sur les squelettes laissés dans le placard par l’équipe précédente, il a confirmé qu’en plus du fort endettement de Nîmes Métropole et de la situation du stade des Costières, qui étaient connus, la Ville connaît une « dette grise », c’est-à-dire que nombre d’infrastructures n’ont pas été entretenues ou rénovées. « Deux écoles ont connu une rénovation énergétique, il en reste 81. Ici, au Carré d’art, le toit fuit quand il pleut », a-t-il illustré.

    Gratuité des bibliothèques

    Si Vincent Bouget a tenu à réunir la presse au Carré d’Art, c’est surtout pour annoncer plusieurs nouveautés concernant la culture et l’éducation. Ainsi, les bibliothèques seront gratuites à partir du 1er septembre « comme dans 60% des collectivités de France ». Le coût de la mesure est estimé à 75 000 euros. En parallèle, tous les enfants entrant en CP recevront désormais une carte de bibliothèque. Concernant la jeunesse érigée en « priorité », 10 euros de fournitures scolaires ont aussi été débloqués par élève de primaire, s’ajoutant aux 50 euros de dotation totale par enfant déjà consentis. La mesure coûtera 50 000 euros.

    Vincent Bouget a aussi confirmé la gratuité totale du musée des cultures taurines à la rentrée et l’extension de la gratuité dans les trois autres musées municipaux (musée des beaux-arts, muséum d’histoire naturelle et musée du vieux Nîmes) pour les moins de 26 ans. Toutes ces mesures seront votées lors du conseil municipal du 4 juillet.

    Vincent Bouget a conclu en donnant rendez-vous aux habitants le 13 juillet aux Jardins de la Fontaine pour un nouveau rendez-vous : « À la Table de Marianne ». Le principe est simple, les Jardins seront ouverts jusqu’à minuit pour un « pique-nique géant familial », où le partage autour des valeurs républicaines sera à l’honneur, avec en prime des animations culturelles.

  • Un gros risque de clap de fin pour la librairie Sauramps

    Un gros risque de clap de fin pour la librairie Sauramps

    Après avoir été sauvée, en 2017, d’un premier placement en redressement judiciaire, la librairie historique de Montpellier, en proie depuis plusieurs mois à une lente agonie, pourrait bien, cette fois, ne pas en réchapper.

    Placée en redressement judiciaire le 15 juin à la demande de son propriétaire, l’architecte François Fontès, Sauramps, qui emploie 54 salariés (47 à Montpellier et 7 à Alès), a rendez-vous avec son avenir ce 3 juillet au tribunal de commerce de Montpellier, au terme d’une période d’observation de 3 semaines.

    « L’administrateur n’a pas communiqué grand-chose, mais il confirme que la situation financière est catastrophique. Vu que nous n’avons plus d’actifs, plus de stocks, geler la dette ne suffira pas à relancer l’entreprise s’il n’y a pas de réinvestissement. Comme M.Fontès ne réinjecte pas et que personne, à ma connaissance, ne s’est manifesté de l’extérieur pour investir dans la boîte, on court tout droit à la liquidation », assure un salarié qui a souhaité rester anonyme. « Il y a 95% de chances qu’elle soit demandée à l’audience ce 3 juillet au matin. Si elle est prononcée, ça va être violent dans le timing : le magasin n’ouvrira pas, les salariés seront priés de rentrer chez eux et c’est fini », confie-t-il.

    La Métropole

    et la Région en soutien

    « Dans le projet présenté au tribunal de commerce, François Fontès avait fait une demande de redressement judiciaire en parlant d’un projet de relance avec uniquement 15 employés [sur 54 Ndlr], sur la partie basse du magasin. Mais je crois qu’il est revenu dessus, qu’il ne demandera pas la prolongation de la période de redressement et qu’il prendra acte de la situation », livre le salarié.

    Sauramps disparaîtrait alors bel et bien du paysage du livre à Montpellier comme à Alès. Implantée depuis 1946, cette librairie indépendante, qui fête cette année ses 80 ans, était pourtant devenue un repère, une institution à Montpellier. Elle n’échappe hélas pas à une crise plus large qui frappe le secteur, à l’instar des enseignes les plus illustres de la librairie en France, comme Gibert, Decitre ou Le Furet du Nord, elles aussi placées en redressement judiciaire.

    Il n’est toutefois pas interdit d’espérer encore. D’autant que dès l’annonce du placement en redressement judiciaire, la Métropole de Montpellier comme la Région Occitanie ont fait savoir qu’elles étaient « pleinement engagées » pour la sauvegarde de Sauramps. « Plus que jamais, face aux assauts des populismes et des dogmatismes aveugles, nous avons besoin dans nos villes de ces véritables “commerces des pensées” que sont les librairies indépendantes », déclarent dans un communiqué commun les deux collectivités, qui « travaillent de concert avec l’actionnaire et la direction pour sauvegarder cette librairie et faire émerger un projet viable ». Si seulement…

    Amélie Goursaud

  • Les feux de Rognac et de Lançon sont fixés

    Les feux de Rognac et de Lançon sont fixés

    Le pire a été évité, salue le capitaine Philippe Bodin, chef de secteur sur l’intervention de Lançon. L’attaque massive d’hier soir a permis de préserver les habitations des villages avoisinants et d’éviter une catastrophe à ce niveau-là.” Pendant la nuit, 600 habitants de La-Fare-les-Oliviers, du quartier des Guigues et des Baïsses, ont été évacués vers le centre culturel Jean Bernard avant de pouvoir rejoindre leurs logements ce matin.

    Au total, le feu de Lançon a parcouru 275 ha, mobilisant plus de 250 pompiers et d’importants moyens aériens. Deux soldats du feu ont été évacués après des coups de fumée, sans notion de gravité. Un important dispositif du Service département d’incendie et de secours 13 est toujours sur place pour éviter toute reprise au vu “des conditions météorologiques très défavorables”, souligne le directeur Jean-Luc Beccari. Aujourd’hui, les rafales de vent peuvent aller jusqu’à 90 km/h. La RD113 est toujours fermée à la circulation et ce, jusqu’à 19 heures ce soir afin de permettre aux pompiers de travailler en toute sécurité.

    À Rognac, les flammes ont parcouru 40ha et détruit trois entrepôts, une habitation attenante, une dépendance, trois camions et trois voitures. 140 sapeurs pompiers sont toujours sur place pour surveiller les points chauds qui subsistent.

  • Quatre ans après, un bilan positif pour « Ma Santé, Ma Région »

    Quatre ans après, un bilan positif pour « Ma Santé, Ma Région »

    C’était une promesse de campagne de Carole Delga. Dès juillet 2022, la Région Occitanie mettait en place un service public régional de médecine à travers la création du dispositif « Ma santé, Ma Région », consistant à salarier des professionnels de santé pour lutter contre les déserts médicaux. Depuis, 133 professionnels ont déjà été recrutés (119 médecins et 10 sages-
    femmes), dans 26 centres de santé répartis en Occitanie. 507 500 consultations ont été réalisées et 38 854 patients ont retrouvé un médecin traitant grâce à ce service. « Le 27e centre de la région ouvrira ses portes ce mercredi 24 juin à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, s’est félicitée la présidente de Région Carole Delga mardi 23 juin, lors d’une conférence de presse donnée à Toulouse. L’objectif est d’ouvrir cinq nouveaux centres de santé en 2026. »

    Le tout premier centre de santé du dispositif a ouvert à Sainte-Croix-Volvestre, en Ariège, dès 2022. Le seul médecin de la commune venait de partir à la retraite et n’avait pas trouvé de remplaçant, laissant la zone sans solution de proximité. Le médecin généraliste Béranger Irondelle s’y était alors installé immédiatement grâce au dispositif « Ma santé Ma Région ». Il raconte : « Nous, les médecins salariés du centre, partageons le bâtiment financé par la communauté de communes avec des professionnels libéraux. Il y a une vraie collaboration entre nous et des échanges permanents pour fluidifier le suivi des patients. » L’un des avantages du centre de santé repose dans la prise en charge des tâches administratives par une équipe dédiée, ce qui soulage les médecins. « Je ne regrette pas du tout mon choix car désormais, je me consacre à 100% aux soins, se réjouit Béranger Irondelle. Cela nous permet aussi d’avoir du temps à consacrer aux activités de prévention, qui sont absolument essentielles. » Il ajoute que, comme tous les autres médecins salariés du dispositif, il pratique des visites à domicile.

    Pallier les inégalités

    « Le dispositif Ma santé Ma Région a été pensé dans un esprit d’équité des territoires, avec l’objectif de créer un véritable réseau de centres de santé qui sont en lien entre eux », détaille Vincent Bounes, vice-président en charge de la santé à la Région. Si la priorité a été donnée aux territoires ruraux, les inégalités d’accès aux soins existent aussi dans les territoires urbains, qui bénéficient donc également du dispositif. C’est
    ce dont témoigne Audrey Lacipière, médecin au centre de Cugnaux, proche de Toulouse : « En ville aussi, nous sommes confrontés au manque de médecins. Depuis sa création, le centre de Cugnaux a permis de désengorger les urgences, mais aussi de travailler en lien avec l’aide sociale de proximité, notamment le CCAS et le Cada. »

    Sur le terrain, les habitants semblent ravis. « En Ariège, on m’en parle spontanément, affirme Carole Delga. Il y a une forme de soulagement, pour des personnes qui, parfois, n’avaient pas vu de médecin pendant plusieurs mois, voire années. » Depuis novembre 2024, la Région a aussi mis en place un dispositif ayant permis le déploiement de 20 médecins spécialistes dans les hôpitaux, en partenariat avec l’ARS, la faculté de médecine Montpellier-Nîmes, la faculté de santé de Toulouse et les trois CHU. Six postes supplémentaires de médecins spécialistes seront créés dès novembre 2026, dans les hôpitaux de Castres-Mazamet, Rodez, Albi, Uzès, Clermont-l’Hérault et Narbonne.

  • La ligne stratégique du PCF affinée au congrès de Lille

    La ligne stratégique du PCF affinée au congrès de Lille

    Début juillet, on ne saura pas encore officiellement si Fabien Roussel est candidat à l’élection présidentielle 2027. Mais il sera possible de deviner si cette option tient ou pas la corde.

    Du 3 au 5 juillet, le 40e congrès national du PCF, qui se tient à Lille, va préciser la ligne du parti sur sa place dans la recomposition d’une gauche fracturée et bien sûr sa préférence en vue de l’élection reine d’avril 2027. Si Fabien Roussel a déjà laissé entendre qu’il serait si nécessaire « disponible » pour la présidentielle, ce congrès ne vise pas à désigner directement un candidat communiste mais à élire, via les délégués, le nouveau conseil national du PCF et donc sa direction.

    Si l’on se fie au vote des adhérents des 6-7 juin, la direction actuelle garde une longueur d’avance. Même si le plébiscite est moindre qu’en 2023 (24 608 suffrages contre 29 212) c’est bien le texte d’orientation porté par Fabien Roussel qui est majoritaire avec 61,38% des voix. Cette ligne devance le texte des « communistes à l’offensive » (25,35%) soutenu par Pierre Laurent ou Stéphane Peu, celui de « la lutte des classes comme boussole, le socialisme comme programme » (7,6%) et enfin le courant le plus minoritaire, « Résister et construire, une nouvelle page du communisme » (5,67%).

    C’est donc le texte d’orientation proposé par le conseil national qui sertde base commune de discussion. Reste à savoir dans quelles proportions il sera amendé. Le PCF préparera-t-il sa candidature autonome comme le souhaite l’actuelle direction ou bien laissera-t-il entrouverte l’hypothèse d’une candidature commune à gauche ?

    Dans la foulée du congrès les délégués se réuniront en conférence nationale pour proposer une option qui sera tranchée par le vote des adhérent début septembre.

  • À Montpellier, Sauramps joue son avenir

    À Montpellier, Sauramps joue son avenir

    Gros coup de massue pour le monde du livre à Montpellier. Sauramps, librairie historique de la capitale héraultaise fondée en 1946, a été placée, le 15 juin, en redressement judiciaire à la demande de son propriétaire et actionnaire principal, l’architecte François Fontès. Une issue qui semblait hélas inexorable au regard des grosses difficultés financières – les pertes cumulées s’élèveraient à plus de 3,5 millions d’euros -rencontrées par l’entreprise, qui possède également un magasin à Alès et emploie une cinquantaine de salariés. Sauramps n’échappe pas à la crise d’un secteur où les placements en redressement judiciaire se succèdent parmi les grands noms de la librairie : Gibert*, Decitre ou encore, dernièrement, Furet du Nord.

    Pour la première fois en 40 ans d’existence de la manifestation, la librairie indépendante montpelliéraine n’a pas été en mesure de participer à la Comédie du livre. Ces derniers mois, les rayons du magasin situé à deux pas de la place de la Comédie se sont peu à peu vidés faute de trésorerie pour les réapprovisionner, sous l’œil désolé des clients fidèles et des salariés impuissants. Début juin, ces derniers, rongés par l’incertitude sur le sort de leur entreprise, avaient alerté publiquement sur la situation de Sauramps lors d’une opération de tractage, dénonçant l’absence d’information dans laquelle ils étaient tenus et réclamant « des réponses claires ». Le placement en redressement judiciaire ouvre une nouvelle étape, sans que l’avenir de l’entreprise ne soit forcément condamné : Sauramps a déjà eu une seconde vie en 2017, au terme d’un redressement judiciaire qui avait abouti au rachat de l’entreprise par le groupe Ametis, de François Fontès.

    Dans le cadre de la procédure engagée, une période d’observation de trois semaines a été accordée à l’entreprise par le tribunal de commerce de Montpellier, qui a fixé une audience le 3 juillet. « François Fontès souhaite aboutir à un plan de continuité pour ne pas abandonner Sauramps », assure, dans Midi Libre, David Lafarge, directeur des librairies de Montpellier et Alès. De leur côté, la présidente de Région Carole Delga et le maire et président de la Métropole de Montpellier Michaël Delafosse ont immédiatement réagi dans un communiqué commun, se disant « pleinement engagés » pour sauver ce « patrimoine commun ». « La Région Occitanie et Montpellier Méditerranée Métropole travaillent de concert avec l’actionnaire et la direction pour sauvegarder cette librairie et faire émerger un projet viable », assurent les deux collectivités. « La procédure de redressement judiciaire, avec le travail des administrateurs et des mandataires judiciaires, sera une phase nécessaire pour qu’un rebond soit possible. »

    * La librairie Gibert de Montpellier
    n’est pas concernée.

  • La Marseillaise suscite le débat

    La Marseillaise suscite le débat

    Bernard Fontana PDG d’EDF

    Il confrontera sa vision des défis devant lesquelles se trouve le secteur de l’énergie avec Fabrice Coudour (FNME CGT) et Anthony Juan (Caisse centrale d’activités sociales) au cours d’un débat intitulé « 80 ans des nationalisations et des activités sociales : parlons d’avenir ! ». Retrouvez son compte rendu dans La Marseillaise de ce week-end.

    Sophie Binet Secrétaire générale de la CGT

    Elle croisera son regard sur le thème « 1936-2026 des congés payés au droit aux vacances pour tous » à l’occasion du Mondial des CSE Idélia La Marseillaise avec Virginie Akliouat (FSU), Anthony Juan (CCAS), Arnaud Hennebert (CCGPF) et Doric Curto (Imestia). Retrouvez le compte rendu de l’échange dans La Marseillaise de ce lundi.

    Lire aussi «Des rencontres économiques très politiques» et notre entretien avec Clément Beaune, ex-ministre délégué et actuel Haut-commissaire à la stratégie et au plan.

  • Fadwa Barghouti en campagne pour la libération de son époux Marwan

    Fadwa Barghouti en campagne pour la libération de son époux Marwan

    Le rendez-vous est donné à 14h30 gare Saint-Charles ce jeudi pour accueillir comme il se doit Fadwa Barghouti. Celle-ci sera reçue dans la foulée par le secrétaire fédéral du PCF des Bouches-du-Rhône et sénateur Jérémy Bacchi, au sein de la Maison des communistes, rue de Lyon. Une réception populaire et festive sera tenue en l’honneur de l’avocate et militante palestinienne à 18h30 à l’Espace Mistral de l’Estaque. Cette visite riche en rencontres s’inscrit dans le cadre de la campagne internationale qu’elle a lancée, en 2002, dès le kidnapping, l’arrestation et la détention de son époux, Marwan Barghouti.

    Une cérémonie lui sera consacrée, vendredi matin en mairie des 15/16, suivie par une réception et une conférence de presse avec l’UD CGT 13, à la Bourse du Travail. Puis, elle devrait rencontrer dans la journée des membres de Solidaires 13 et les élus LFI des Bouches-du-Rhône. Fadwa Barghouti sera présente à 19h30 au cinéma le Gyptis pour la diffusion et un débat autour du film Tomorrow’s Freedom, consacré au combat de son mari et sa famille, ainsi qu’aux conditions de détention des prisonniers palestiniens. Un repas préparé par l’association Sawt Palestine sera proposé aux participants.

    Enfin, Fadwa Barghouti est attendue samedi à 14h sous l’ombrière du Vieux-Port où elle participera à l’événement, Palestine United 2, organisé, entre autres, par le collectif Union pour la Palestine Marseille (UPM).