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  • Le bonheur est dans le Parc Borély

    Le bonheur est dans le Parc Borély

    Le raz-de-marée a bien eu lieu avec ce flux permanent de joueurs dans un parc Borély et ses abords en fusion. Les parties ont été réparties en deux sessions le matin. Le concept pouvait effrayer et laisser planer quelques doutes sur sa fiabilité. Ils ont vite été dissipés.

    Le pari est réussi. Certes, c’était une course contre la montre pour les participants, à l’image de la première étape du Tour de France. À la différence près que tout le monde en est sorti gagnant. « Les participants ont joué le jeu et le contentement était quasi général », se réjouit René Brocca, grand habitué de l’épreuve.

    « Le reste est à l’image des dimanches de La Marseillaise, où l’on retrouve des passionnés venus de toutes les régions et de nombreux pays pour assouvir leur envie de participer à cette immense fête de la pétanque. Pour beaucoup, le secret espoir de passer la première journée s’estompe rapidement. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse », ajoute-t-il.

    Une devise qui colle parfaitement à ce Mondial, lequel redonne un peu ses lettres de noblesse à une pétanque populaire aujourd’hui disparue.

    Puis il y a les autres, les champions, ceux pour qui cette première journée peut virer au cauchemar, avec les pièges tendus par des équipes survoltées sous une chaleur accablante. Cette canicule jouera forcément un rôle prépondérant au fil des jours. Ils sont presque tous passés entre les mailles du filet, parfois avec quelques sueurs froides. Marco Foyot et ses partenaires Sissou Cantarell et Jérémy Fernandez sont ainsi passés par le trou de la souris lors de leur première partie.

    « Nous étions sur un terrain extrêmement lisse et trouver la bonne distance n’a pas toujours été facile. Heureusement, nos adversaires n’ont pas su saisir les opportunités qui se présentaient à eux. C’est une victoire arrachée », confie le multiple vainqueur de l’épreuve.

    Coup de théâtre

    Certains favoris n’ont pas eu à se faire de cheveux blancs, à l’image de Dylan Rocher, en mode promenade. En revanche, Maurel, Gayraud, Courtois et Puccinelli ont dû batailler en début d’après-midi pour se défaire d’Albaladejo devant les caméras de France 3.

    Le coup de théâtre est survenu un peu plus tard, lorsque la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre : Suchaud venait de perdre.

    Le quadruple lauréat du Mondial est effectivement tombé avec ses partenaires de dernière minute, Julien Lamour et Damien Hureau. Leurs bourreaux n’étaient pas les premiers venus : Fernand « Ben » Molinas et Yohan Francone. « En huit ans de Marseillaise, c’est la première fois que je tombe sur une grosse partie le dimanche », souligne le champion du monde.

    Une défaite lors de cette journée dominicale constituait également une première. Marcel Gbetable, le champion du monde béninois, est lui aussi sorti par la petite porte. Nous voilà véritablement lancés dans la compétition.

    Le physique devrait désormais peser de plus en plus lourd avec une canicule éprouvante pour les organismes. Aujourd’hui, l’horizon va se dégager pour laisser place à un mardi qui s’annonce grandiose.

  • À Martigues, les habitants co construisent un projet de transition

    À Martigues, les habitants co construisent un projet de transition

    Un chemin serpente derrière les immeubles de Boudème. Là, un QR code attend d’être scanné par les promeneurs. Un clic amène sur une page qui recense la biodiversité communale, entre pins d’Alep, coquelicots et écureuils. C’est l’une des nombreuses actions initiées par Neede, une structure de médiation scientifique qui se donne pour mission d’accompagner les populations méditerranéennes dans leur compréhension des enjeux de la transition environnementale.

    Pourquoi méditerranéennes ? « C’est la zone la plus peuplée au monde qui se réchauffe le plus vite et qui vit, avant toutes les autres, les impacts du dérèglement climatique », explique Cyprien Fonvielle, directeur général de Neede.

    C’est à Martigues que l’organisation s’est lancée dans le tout nouveau dispositif financé par la Métropole Aix-Marseille, « Quartier en transition », qui vise à renforcer le pouvoir d’agir des citoyens et à accélérer les transitions locales grâce à un réseau d’acteurs et une méthode participative.

    Cyprien Fonvielle développe : « L’un des axes d’intervention pour nous est à destination des publics les plus fragiles, notamment les populations des quartiers prioritaires, parce que ce sont ceux qui génèrent le moins d’impact sur l’environnement et ceux qui souffrent le plus des effets induits du réchauffement climatique et de la chute de la biodiversité. (…) On considère que la transition pour être efficace doit être faite territoire par territoire. (…) Il faut arriver à comprendre les actions qu’il faut porter pour que les politiques publiques soient pleinement ancrées dans le réel de ces populations-là. »

    Une feuille de route

    Emma Chatelon et Loren Porée, chargées de projet chez Neede, ont encadré six mois d’ateliers dans les quartiers de Canto-Perdrix/Quatre Vents et de Boudème. Au total, 350 habitants ont participé à 31 rendez-vous. « On a travaillé sur trois axes : la reconnection à la nature, l’ouverture des quartiers et le lien social, puis l’orientation et l’insertion professionnelles », expliquent-elles.

    À Canto, « des habitants nous ont dit qu’il y avait une problématique de moustiques et de chenilles processionnaires, on a donc construit des nichoirs à oiseaux avec eux, qu’on a installés près du centre social », illustre Loren Porée. Neede a aussi proposé un temps sur la gestion des ravageurs et des espèces envahissantes pour les riverains qui ont une parcelle dans les jardins partagés. D’autres sujets n’ont pas pu être traités, à l’instar de la gestion des déchets et des dépôts sauvages. « Dans ce cas, on l’inscrit dans les préconisations qu’on envoie aux pouvoirs publics », précise Emma Chatelon.

    « On travaille avec les services de la Ville et de la Métropole pour définir le pas d’après, souligne Cyprien Fonvielle. L’enjeu, c’est d’essayer de faire un effet boule de neige. (…) On sait aujourd’hui que sur les questions climatiques, un euro investi, c’est cinq euros économisés demain. »

  • Le Festival d’Avignon ouvert sous le signe de la création et des inquiétudes budgétaires

    Le Festival d’Avignon ouvert sous le signe de la création et des inquiétudes budgétaires

    Dans la cité papale, des comédiens des compagnies du Festival Off, en costumes et chapeaux, affiches de leur spectacle sur le dos, déambulaient dans les rues, tractant auprès des premiers spectateurs, tandis que démarraient les premières pièces. « Il y a des spectacles pour tous les goûts », déclare le directeur du Festival Tiago Rodrigues. Selon lui, cette édition se veut une « célébration des arts vivants ».

    En marge de l’ouverture, plusieurs organisations professionnelles se sont inquiétées, dans une lettre à Emmanuel Macron, de voir les dotations prévues pour le second semestre annulées par l’État pour 28 structures du spectacle vivant, dont des opéras, deux théâtres parisiens, quatre orchestres. « Il n’y aura pas d’annulation de crédit. Il ne pourrait y avoir que des reports, a déclaré la ministre de la Culture, Catherine Pégard. Mais pour l’instant, nous nous battons pour que ça n’arrive pas. »

    La ministre était présente, ce week-end, enchaînant les rendez-vous (visite de FabricA, de la micro-école Inspire, de la Maison Jean-Vilar…). En présence d’António Costa, président du Conseil européen, Catherine Pégard a découvert l’installation « Relatum » de Lee Ufan, au Palais des Papes, avant d’assister à la première de Maldoror de Julien Gosselin, à la Cour d’Honneur. Programme qui tranche avec la visite éclair, l’an passé, de Rachida Dati, alors ministre de la Culture.

  • Au 40e congrès du PCF, des engagements pour une Europe de la paix

    Au 40e congrès du PCF, des engagements pour une Europe de la paix

    Tandis qu’au fil des débats du 40e congrès du PCF, à Lille, les délégués des fédérations ont pu débattre du refus des traités libéraux de l’Union européenne, c’est un message de refus du militarisme qu’est venu apporter le président du Parti de la gauche européenne, Walter Baier. « Nous vivons une époque dangereuse, plus de 150 guerres ravagent le monde », alertait-il sur la scène du Grand Palais. Et de dénoncer l’emprise des États-Unis de Donald Trump sur le Vieux continent. « L’Otan veut que l’Union européenne consacre 800 milliards d’euros au réarmement, mais une autre Europe est possible, espérait-il. Un nouveau mouvement contre le militarisme et l’austérité est en train de naître, et nous sommes fiers d’en faire partie. Nous disons stop au réarmement de l’Europe : construisons des écoles et des hôpitaux, pas des chars, ni des missiles ! » Il appelle ainsi à mettre fin à la course aux armements, en particulier à l’armement nucléaire : « La lutte pour la paix est aussi une lutte de classe. »

    Face au génocide à Gaza, il rappelle l’engagement du PGE pour la solution à deux États. Il apporte également au soutien à Cuba face au blocus, mais aussi aux déserteurs des deux camps, en Russie en Ukraine, qui refusent de tuer, au moment où la présidente de la Commission européenne appelle à renvoyer en Ukraine les Ukrainiens en âge de combattre.

    Face à la progression de l’extrême droite sur le continent, il tient à commémorer les 90 ans des Brigades internationales qui sont allées se battre en Espagne contre le général Franco, en particulier les 10 000 volontaires français. Et rappelant la réélection de la maire communiste de Gräz en Autriche, Elke Kahr, il sourit : « Même dans les temps les plus difficiles, le pire n’est jamais certain. »

    Après lui, la vice-présidente française du PGE, Hélène Bidard, souligne qu’avant même la création de cette coalition des partis de la gauche européenne, avant même Maastricht, le PCF avait dénoncé l’Europe telle qu’elle s’était construite. « Elle est aujourd’hui encore plus vassalisée que jamais, avec l’Otan », alerte-t-elle, en dénonçant les centaines de milliards d’euros consacrés à la remilitarisation du continent. Mais elle cible aussi les dumpings sociaux et fiscaux, la concentration de la production agricole jusqu’au brevetage du vivant, sur les semences, la « fuite en avant sécuritaire » de l’Union européenne en matière migratoire, avec une externalisation des expulsions à travers la création de camp dans des pays tiers. Et d’appeler à créer « de nouveaux espaces de démocratie » sur le continent européen.

  • À Aubagne, un second souffle pour le contrat de ville

    À Aubagne, un second souffle pour le contrat de ville

    Un nouveau contrat pour une nouvelle ville. Le maire d’Aubagne récemment élu, Jean-Pierre Squillari (DVG), s’est félicité, ce mardi 30 juin, de la signature du nouveau Contrat de Ville. Il fait suite à un appel à projets pour 2027, où associations et habitants étaient invités à proposer des actions concrètes pour la ville.

    À Aubagne, le quartier prioritaire de Charrel et ceux « poches de précarité », à la Tourtelle et dans le centre-ville, sont placés au cœur des priorités de la mairie. Un tournant dans la politique de la ville, menée durant deux mandats par l’ancien maire LR, Gérard Gazay. À travers ce nouveau Contrat de Ville, le conseil municipal entend réorienter ses engagements et ses projets en faveur des habitants.

    Le Contrat de Ville est un dispositif de l’État, piloté par la préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, la Métropole Aix-Marseille-Provence, le Département et la Ville d’Aubagne.

    Les besoins des habitants au cœur du dispositif

    Dans le programme du contrat, certaines subventions ont été réexaminées. Ainsi, 8 000 euros supplémentaires ont été injectés pour les séjours de vacances proposés par la Ville, dans le cadre du projet « Quartiers d’été ». « Davantage de jeunes pourront ainsi partir à Saint-Vincent-les-Forts (Alpes-de-Haute-Provence). C’est une action très attendue par les jeunes aubagnais pour pouvoir sortir de la ville pendant l’été », explique la mairie.

    Le contrat vise également à « réévaluer les finances pour renforcer les actions de certaines associations, notamment Contact Club ». Des structures qui œuvrent notamment pour l’accès au droit des habitants.

    La Ville d’Aubagne souhaite enfin multiplier les animations de proximité grâce aux fêtes de quartier : « Tous les mois, un quartier est mis à l’honneur lors d’un moment festif, avec un repas partagé. » Ces événements sont principalement organisés par les maisons de quartier. La prochaine fête se tiendra le 11 juillet dans le quartier de Charrel.

  • [Entretien] Julie Bonato Dallet : « Le féminisme, c’est la remise en cause d’un système de dominations »

    [Entretien] Julie Bonato Dallet : « Le féminisme, c’est la remise en cause d’un système de dominations »

    La Marseillaise : À peine élue présidente, l’actualité est marquée par des violences faites aux femmes et aux enfants. Comment l’affrontez-vous ?

    Julie Bonato Dallet : Ces violences trahissent un système de domination. Le patriarcat, qui en découle, crée ces violences dont nous parlons un peu plus depuis #MeToo. Il faut aussi noter que le système juridique n’aide pas les enfants et les mères protectrices. Il y a de quoi être en colère quand Emmanuel Macron parlait de grande cause nationale et qu’en réalité la parole est toujours écrasée. J’espère que nous sommes à un point d’étape de la mobilisation. Avec notre coalition locale, composée d’Osez le féminisme ! et de Femmes souveraines, nous allons passer l’été avant de reprendre de plus belle à la rentrée, avec l’appel à la grève du 7 septembre, dans la lignée des manifestations du lundi au tribunal de Tarascon, et pour préparer l’examen de la loi globale promise par la présidente de l’Assemblée nationale.

    Quel est le rôle de Femmes solidaires dans ce combat ?

    J.B.D. : Nous sommes une association populaire qui inclut la lutte des classes dans sa lutte contre les dominations. L’un ne va pas sans l’autre car, en leur absence, nous resterions dans un système de domination. Je me retrouve dans cette association justement pour ce message politique assez fort. Femmes solidaires est née de l’Union des femmes françaises (UFF), créée dans l’après-guerre par des femmes résistantes, dont certaines étaient communistes. Leur leitmotiv était : plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme. Nous avons d’ailleurs fêté les 80 ans de l’association l’année dernière. Cela me touche d’être dans la lignée de leurs grands combats.

    Il y a pourtant des femmes d’extrême droite qui se revendiquent féministes. Est-ce un combat commun ?

    J.B.D. : Ce sont des impostures ! Ces mêmes femmes d’extrême droite, dont celles de la mouvance tradwife [mouvement prônant le retour d’un rôle de la femme au foyer, Ndlr.], partagent des messages d’enfermement en mettant de côté tous les autres combats. Ce sont souvent des petites bourgeoises d’un bon niveau social, blanches… La femme de Charlie Kirk en est un exemple, à travers ses discours prônant le fait de s’occuper de son mari et de ses enfants. C’est à contre-courant de nos combats. Il y a une bataille culturelle avec les fémonationalistes. Une maman m’a récemment dit qu’elle s’identifiait à Némésis [collectif d’extrême droite qui se revendique féministe, Ndlr.]. Ces mouvements arrivent à faire croire que leur courant de pensée va dans le sens de nos batailles en mettant systématiquement en avant la nationalité d’un violeur, quand il est racisé, au lieu de dénoncer le patriarcat comme système de domination.

    Comment combattre ces idées ?

    J.B.-D. : La loi intégrale que nous voulons comporte ce versant de prévention scolaire. En tant qu’association, nous pouvons sensibiliser les jeunes à la vie affective, au consentement, aux dangers du masculinisme. Expliquer aussi que le masculin ne l’a pas toujours emporté en français. Ça ne semble pas évident, mais c’est aussi une violence sexiste. Ma fille de 10 ans était scandalisée quand on lui a appris : « Et pourquoi, en fait ? » La féminisation des noms de rues et des métiers permet aussi aux jeunes filles de s’identifier, d’avoir plus d’ambition, de pouvoir se projeter… Lors d’une conférence, une neurophysicienne nous a expliqué qu’à partir d’études sur la perception des couleurs, on détermine que la perception que l’on a du monde influe sur notre capacité à nous projeter. On peut en déduire que la perception d’un métier comme masculin influe sur la légitimité des filles à le faire. Cela fait partie de nos combats.

    Les réactions des hommes sont très diverses face à votre lutte. Quel est votre message à leur égard ?

    J.B.D. : Le féminisme n’exclut pas les hommes, ils peuvent nous soutenir. La société patriarcale impacte les femmes, les hommes, et ils sont aussi parfois victimes de cette société quelque part. Au contraire, on déplore qu’il n’y ait pas plus d’hommes dans nos mobilisations, surtout quand cela concerne aussi les enfants. La déconstruction du patriarcat se fera sur des générations, par l’éducation, la discussion, la sensibilisation. Le combat contre les stéréotypes de genre, qui sont des constructions sociales, est commun.

  • Les hôpitaux d’Avignon et d’Apt en vague de modernisations

    Les hôpitaux d’Avignon et d’Apt en vague de modernisations

    Mercredi dernier, deux événements importants concernant les hôpitaux publics du Vaucluse ont animé l’après-midi : un point d’étape sur le projet de modernisation de l’hôpital d’Avignon, marqué par l’inauguration du service de réanimation, puis la signature d’une convention pour l’établissement d’Apt, labellisé hôpital de proximité.

    À Avignon, rappelons que le centre hospitalier a engagé, il y a trois ans, un vaste plan de réhabilitation de 155 millions d’euros, « parmi les plus importants programmes de modernisation hospitalière actuellement engagés en France », souligne le centre hospitalier Henri-Duffaut. Baptisé Terrah 2030, pour Territoire d’Avignon – Hôpital 2030, le projet vient de livrer un nouveau service de réanimation (notre édition du 1er juin), qui a gagné 10 lits de plus (de 20 à 30). Une première phase inaugurée donc ce mercredi, devant quelque 100 personnes parmi lesquelles le directeur de l’Agence régionale de santé Yann Bubien, le préfet Thierry Suquet, le président de la Région Sud Renaud Muselier (Ren.) ou le maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), récemment élu président du conseil de surveillance de l’hôpital.

    Après la réanimation, le projet Terrah prévoit, d’ici à 2028, la construction d’un bâtiment neuf d’hospitalisation permettant l’extension du centre de dialyse, un service néphrologie et un service infectiologie. Puis, en 2030, la réhabilitation de la tour de chirurgie, en 2032, l’agrandissement des urgences adultes [75 000 passages par an] et, enfin, en 2033, la réhabilitation des tours de médecine, qui abritent un peu plus de 400 lits de médecine et chirurgie de l’adulte.

    À Apt, à bloc derrière l’hôpital

    Dans la foulée de cette inauguration, le préfet et le directeur de l’ARS ont pris la direction d’Apt pour y retrouver notamment le maire (DVD), Jean Aillaud, et la présidente (LR) du Département, Dominique Santoni.

    « Le centre hospitalier du Pays d’Apt a été récemment labellisé “hôpital de proximité”, en reconnaissance de son rôle essentiel dans l’accès aux soins, la coordination des parcours et la réponse aux besoins de santé de la population de son secteur », peut-on lire dans la convention signée par l’ARS, le Département, la Région, la communauté de communes et la Ville d’Apt. Assez savoureux quand on se souvient que l’ARS a validé la fermeture du bloc opératoire et son transfert, en début d’année, à Cavaillon, malgré une immense mobilisation contre ce démantèlement.

    La convention, signée mercredi, était justement une sorte de contrepartie à la fermeture du bloc. La modernisation de l’hôpital prévoit la réhabilitation complète des unités de soins de longue durée, et de soins médicaux et de réadaptation. Le projet comprend également le triplement des lits de soins palliatifs, ainsi que la modernisation et l’extension de l’Ehpad La Madeleine, intégré à l’hôpital. Il sera doté de 14 places supplémentaires, pour une capacité totale de 80 places.

    Il y a un peu plus d’une semaine, en séance plénière, le conseil départemental de Vaucluse a voté une aide de 3 millions d’euros – sur les 6,2 millions du projet – pour l’extension de l’Ehpad et la rénovation de 27 places existantes. De son côté, la Région Sud a mobilisé 250 000 euros pour permettre l’installation d’un IRM et l’acquisition d’un mammographe « de dernière génération pour améliorer l’accès au diagnostic au plus près des habitants ».

  • Après le congrès de Lille, les communistes avancent vers 2027

    Après le congrès de Lille, les communistes avancent vers 2027

    À travers les gradins du Grand Palais de Lille ce dimanche matin, les applaudissements des près de 700 congressistes viennent saluer les résultats des derniers votes. Avec 70,1% des voix, les délégués des fédérations du Parti communiste français ont désigné, au terme de leur 40e congrès, une nouvelle direction plus resserrée, renouvelée pour un tiers, sans qu’aucune autre liste concurrente n’ait été déposée. Avec ce vote, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a ainsi été renouvelé dans ses fonctions, huit ans après le congrès d’Ivry-sur-Seine qui l’avait propulsé à sa tête.

    La veille, au terme de deux jours du débat et quelque 5 834 amendements déposés et débattus depuis les congrès de sections jusqu’au congrès national à Lille, les orientations futures des communistes avaient été approuvées avec 73,7% des voix des congressistes. Parmi celles-ci, le principe d’un processus de transition socialiste vers le communisme, qui avait été abandonné lors du 29e congrès en 1996, débattu lors de la première journée vendredi soir, ou encore les campagnes futures à mener, sur la défense de l’industrie et des services publics, sur la solidarité internationale marquée par le déplacement de 27 délégations de partis socialistes ou communistes de tous les continents à l’occasion de ce congrès, ou encore sur la défense du plan climat présenté par le parti.

    Surtout, les débats, samedi après-midi, ont été l’occasion d’échanger sur la légitimité d’une candidature communiste pour la présidentielle et sur la préparation des législatives, rejetant le principe d’une clause de revoyure au début de l’année 2027, « une épée de Damoclès et deux boulets accrochés à mes pieds », déplorait Fabien Roussel. Après la présentation du bilan financier et l’élection de la nouvelle direction dimanche matin, ce débat s’est concrétisé par la réunion d’une conférence nationale : à 65,5%, et sous les applaudissements des participants, le principe d’une candidature communiste emmenée par Fabien Roussel a été approuvé. Elle doit désormais être approuvée par les militants, lors d’un vote de tous les adhérents, le 6 septembre prochain.

    « Le parti d’une vie meilleure »

    Alors, arborant le maillot à pois rouges, après le lancement du Tour de France, Fabien Roussel souriait largement au moment de clôturer ces trois jours de congrès. « Il y a des cols à monter et tout ce que je nous souhaite, c’est de le porter ce maillot dans les mois qui viennent ! Et parce que le cyclisme est un sport d’équipe, nous allons les monter ensemble ces cols », promettait-il. Espérant contribuer à une victoire de la gauche, en s’adressant en premier lieu aux abstentionnistes.

    Pour cela, il tire à boulets rouges sur la droite lestée d’un bilan de dix ans de macronisme, sur les « oligarques corrompus » à la tête de l’économie. « Une poignée de milliardaires à la tête d’empires exploitent autant les hommes que les moyens de l’état qu’ils détournent, avec la servilité des gouvernements successifs qui se sont transformés en conseil d’administration de leurs propres intérêts », chargeait-il. Alors lui veut « prendre le parti de rendre la vie meilleure », en insistant sur les projets de réindustrialisation écologique du pays, en menant la bataille pour l’augmentation des salaires, en défendant l’égalité des droits. Face aux vociférations de Donald Trump contre la menace communiste, il sourit : « Mon cher Donald, les communistes sont là et candidats à l’élection présidentielle avec le socialisme au programme ! »

    Après les échanges avec les délégations internationales tout au long du congrès, dans la ligne des engagements contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1990, il veut faire un sermen : « De gagner le combat contre le régime d’apartheid imposé par l’extrême droite israélienne, récupérer toutes les terres accaparées par la colonisation, libérer Marwan Barghouti et libérer la Palestine ! »

    Mais pour mener ces batailles, il appelle à renforcer les rangs du PCF, dont l’érosion militante a été ralentie grâce à 7 800 nouvelles adhésions. En fixant comme objectif de ne perdre aucun nouvel adhérent les trois prochaines années.

  • Des bateaux en feu sur le Vieux-Port, le pire évité

    Des bateaux en feu sur le Vieux-Port, le pire évité

    Une catastrophe majeure a été évitée grâce au professionnalisme du bataillon des marins-pompiers (BMPM). Ce dimanche 5 juillet vers 10h30, sur le Vieux-Port, une vedette d’une dizaine de mètres, amarrée en parallèle de la scène de l’Été marseillais, a pris feu, propageant l’incendie au navire voisin, de 20 m de long. Malgré l’intervention rapide des marins-pompiers, des panaches de fumée noirâtre et malodorante se sont élevés dans le ciel, entraînant l’évacuation de plusieurs terrasses de cafés et de restaurants.

    Le périmètre a été bouclé par la police municipale et nationale. Après plus d’une heure et demie d’intervention, mobilisant 150 hommes et 37 engins dont 6 moyens en mer, avec un gros bateau-pompe, le bataillon est venu à bout du sinistre. Les deux bateaux ont coulé. Une quinzaine de blessés légers étaient à déplorer, la plupart pour inhalation des fumées.

    « On a évité le pire grâce à l’héroïsme et au courage du bataillon, de nos policiers municipaux », a commenté dans la foulée le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). L’élu souligne le savoir-faire du BMPM, qui a engagé sans attendre les opérations pour prévenir des risques de pollution.

    La scène expertisée

    La pollution peut être de trois types, nous précise le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du BMPM, liée « au matériau qui brûle avec de gros morceaux de plastique, au combustible qui s’échappe du bateau et également notre produit pour éteindre le feu, dont la pollution est plus visuelle ».

    L’intervention a été technique, obligeant le BMPM à intervenir sur deux fronts, maritime et terrestre, poursuit le vice-amiral : « Nous avions trois objectifs : d’abord la sauvegarde de la vie humaine. Deuxièmement, éviter la propagation aux autres bateaux. Et en troisième lieu, protéger la scène sur l’eau. » Interrogé justement sur la poursuite des festivités, Benoît Payan s’est dit dans l’incapacité de répondre à la question. « On a des ingénieurs, des architectes qui sont sur la scène sur l’eau en train de regarder la structure », assure-t-il, mais « il est très tôt pour dire ce qu’il en est, même si, et je parle au conditionnel, il semblerait que nous ayons réussi à la sauver ».

  • [Entretien] Sophie Binet : « La capitalisation, c’est la triple peine »

    [Entretien] Sophie Binet : « La capitalisation, c’est la triple peine »

    La Marseillaise : L’offre de reprise pour Fibre Excellence portée par Matthieu Pigasse et les salariés est examinée, ce lundi, au tribunal de commerce. Quel est votre état d’esprit ?

    Sophie Binet : On a réussi à trouver un investisseur grâce aux salariés, à la CGT et aux élus locaux, mais pour l’instant l’État n’est pas au rendez-vous. Il fait 2 milliards d’euros de chèque pour STMicroelectronics qui licencie, mais rien pour Fibre Excellence, alors que leurs difficultés sont liées à une désorganisation du marché du bois. Le chauffage à la biomasse s’amplifie, la demande explose, faisant augmenter le prix du bois de 50%. La France devrait mettre en place une directive européenne pour prioriser les usages industriels, chose qu’elle ne fait pas. Le préjudice est évalué par un expert indépendant à 28 millions d’euros par an pour fibre excellence. La réévaluation à minima du prix de revente de l’électricité fait seulement rentrer 8 millions d’euros. Le compte n’y est donc pas du tout, il faut que l’Etat trouve 20 millions supplémentaires pour rééquilibrer l’équation! Sur ce point ce n’est pas Fibre Excellence qui peut répondre, c’est l’État. On a fait une série de propositions techniques au gouvernement, qui fait la sourde oreille et l’autruche. S’il ne répond pas il sera seul responsable de la liquidation et ce serait une honte ! Il faut qu’il se réveille et qu’il réponde à ces exigences.

    Fibre Excellence c’est Saint-Gaudens, Tarascon et Chapelle Darblay. Il faut que le projet de reprise sécurise ces trois sites. On est inquiets pour Tarason, parce qu’on sait que certains au gouvernement, ou ailleurs, parient soit sur la liquidation, soit sur la reprise de seulement Saint-Gaudens. Il n’est pas question de séparer Saint-Gaudens de Tarascon. L’équilibre économique dépend de la complémentarité des deux sites. Pouvoir relancer la papeterie de Chapelle Darblay donne toute la cohérence au projet. Aujourd’hui un quart de nos papiers usagers partent à l’étranger, certains en Allemagne d’autres jusqu’en Asie, pour être recyclés. C’est un non sens environnemental. Avec Chapelle Darblay, on recyclerait le papier jeté en France en France et on sécuriserait une part de marché pour Saint-Gaudens et Tarascon, puisqu’il y a besoin d’une part de papier neuf. On développerait l’économie circulaire, des circuits courts.

    L’optimisme que suscitait au départ le mouvement de décarbonation dans l’ouest des Bouches-du-Rhône laisse place à l’inquiétude : certains projets, comme Carbon, ne verront finalement pas le jour. L’avenir d’industries historiques, comme Arcelor, semble incertain. Comment sauvegarder les emplois existants ?

    S.B. : Il faut investir dans les usines existantes. J’ai échangé avec les camarades d’Arcelor à Fos, qui m’ont dit qu’il y a eu un nouvel accident alors qu’ils relançaient le four dans la nuit de vendredi à samedi. La dernière fois que je les avais vus, au printemps, il y venait juste d’y avoir un accident. À cause de Mittal, qui n’investit plus depuis 20 ans, l’outil industriel est vétuste. C’est dangereux pour les ouvriers et les ouvrières, qui n’arrivent même pas à le relancer. Il y a besoin qu’il y ait des investissements. Ce que prépare Mittal, c’est le départ de la France. Il faut que l’État nationalise Arcelor pour protéger notre sidérurgie. Sinon, à l’image de ce qui se passe à Fos, on va sur la fin des hauts-fourneaux en France.

    La ligne très haute tension entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos-sur-Mer cristallise les oppositions. Comment concilier avenir industriel et écologie ?

    S.B. : Il faut mettre sur la table les problèmes concrets et regarder les solutions pour y répondre. On a besoin de cette ligne haute tension pour pouvoir électrifier notre industrie. Après, il ne faut pas la faire au mépris de l’environnement et donc il faut adapter le cahier des charges. Le problème, aujourd’hui, c’est que l’objectif est de la faire au moindre coût et donc au mépris des contraintes environnementales, qui ne peuvent pas être une variable d’ajustement.

    La Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM) revendique l’obtention d’aides à la distribution de la presse. Pensez-vous que les pouvoirs publics doivent s’intéresser à cette question ?

    S.B. : Oui, c’est un enjeu démocratique. S’il n’y a pas de système équitable de distribution de la presse, ce sont les milliardaires qui vont distribuer leurs propre presse et la presse des travailleurs et travailleuses, comme La Marseillaise, ne sera plus distribuée. Je suis très fière que la CGT ait été au rendez-vous et ait réussi à créer CPMM pour garder un système mutualisé et solidaire de distribution. On a fait la même chose dans la région du Rhône. Mais malgré les montagnes qu’ont déplacées les camarades, on voit bien que le système n’est pas financé, donc il faut construire un nouveau modèle. On a fait des propositions très concrètes, notamment faciliter la diversification pour que en même temps qu’on distribue la presse, qu’on puisse distribuer des médicaments par exemple. Il faut que le gouvernement réponde là-dessus.

    Vous avez débattu avec Patrick Martin, patron du Medef, lors des Rencontres économiques d’Aix. Qu’en est-il ressorti ?

    S.B. : J’ai débattu avec Patrick Martin, le patron du Medef, autour du thème de l’industrie. Sa première proposition a été de développer la capitalisation et l’épargne retraite, de récupérer nos retraites par répartition pour les financiariser. Ils osent expliquer que la difficulté de l’industrie en France, c’est qu’elle n’est pas assez financée. On sait que c’est un énorme mensonge, qu’il n’y a jamais eu autant d’épargne qu’aujourd’hui en France. La question c’est comment utiliser l’épargne actuelle, notamment celle des milliardaires. L’assurance vie représente des milliards d’euros qui ne sont pas investis dans l’économie réelle. On pourrait commencer par mobiliser ces fonds. La capitalisation, c’est la triple peine pour les travailleurs et les travailleuses : ça coûte plus cher que la répartition, c’est nous qui payons ; on n’a aucune assurance de récupérer notre retraite au bout ; et ces fonds financiarisent nos entreprises et dégradent nos conditions de travail. Ambroise Croizat, premier et dernier ministre du Travail ouvrier, avait l’habitude de dire : « Rien n’est jamais acquis, parlez de conqui » Le patronat n’a jamais supporté la création de la sécurité sociale. Là, il y a une offensive en règle contre notre système par répartition organisée par le patronat et l’extrême droite. Leur point commun et la bataille idéologique centrale c’est d’un côté la solidarité, qui est notre choix, et de l’autre le chacun pour soi. Sur la question de la défense de notre système social, il y a besoin que tous les syndicats soient unis. La capitalisation, c’est le loup qui rentre dans la bergerie. Chaque année 250 milliards d’euros de la sécurité sociale échappent à la finance et financent nos retraites et notre santé. C’est ce que le capital ne supporte pas. Le développement de la retraite par capitalisation ferait un seul gagnant : la finance, les assureurs et les banquiers.