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  • [Témoignages] Centrale de Gardanne : les trois premiers salariés de Provex ont signé

    [Témoignages] Centrale de Gardanne : les trois premiers salariés de Provex ont signé

    Bouziane Berraoud

    Avant d’être licencié du site en 2021, Bouziane Berraoud occupait depuis 2012 un poste de garde, employé via un sous-traitant de Gazel Énergie. Avant sa reprise, le 1er décembre, il passe par la case formation, et espère intégrer un poste de « rondier » pour la société Provex.« Je le pense en tout cas ! Le but est d’être un agent qui fait des rondes pour surveiller l’installation et faire remonter l’info à son supérieur, explique Bouziane Berraoud. Avant d’être rembauché, j’ai été au chômage. En parallèle, les camarades travaillaient sur le projet. Il fallait être sur les clous », retrace ce travailleur. Il ajoute : « Cette période a été très très compliquée. Je me suis retrouvé à vivre avec 55% de mon salaire de base, avec un crédit immobilier sur les bras. ça a été un sacré calvaire. »

    CDI en poche, Bouziane Berraoud se dit « satisfait » : « Mais je le serais encore plus quand tous mes camarades auront signé leur contrat. La vraie victoire aurait été de signer tous ensemble, aujourd’hui, pour faire une belle photo. Mais on est obligés de faire comme ça, puisqu’on n’a pas tous été licenciés en même temps. »

    Nicolas Auclaire

    Nicolas Auclaire, arrivé en 2015 à Gardanne, était responsable du démarrage de l’installation de la centrale et de son fonctionnement, avant d’être licencié en 2021. Après avoir perçu son congé de classement (CAS) pendant neuf mois, cet employé de Gazel a ensuite été appelé en Lorraine pour travailler sur le redémarrage d’une centrale. Son CAS a repris à son retour. Sans la signature de ce nouveau contrat, Nicolas Auclaire se serait retrouvé au chômage dès le 30 novembre, date de fin du CAS.

    Avant ce jour, Nicolas Auclaire était actif au sein de l’Association des travailleurs de la Centrale de Gardanne (ACTG), même à distance. « C’est une grande satisfaction de signer ce nouveau contrat. Ces quatre dernières années ont été difficiles pour tous les salariés, qui ont subi ce licenciement, surtout pour les familles aussi. C’est un soulagement, vraiment », rapporte ce salarié, qui attend lui aussi d’entamer une formation avant de connaître le poste qu’il occupera à partir du 1er décembre. « Je suis fier de mes camarades, qui nous ont permis de signer ce contrat », ajoute-t-il.

    Quant à la sensation de faire partie des trois premiers ? « ça fait bizarre, on est en tête de ligne, on attend nos copains qui vont arriver dans quelques jours. »

    Khalil Saidi

    Avant d’être licencié en 2021, Khalil Saidi, dans les mêmes modalités que Bouziane Berraoud, occupait depuis 2012 un poste de garde sur la centrale, via un sous-traitant de Gazel Énergie. « Avec Bouziane, on a vécu la même chose », pointe Khalil Saidi. Après plusieurs années de chômage avec un salaire réduit de moitié, ce salarié confie avoir traversé une période « très difficile, très dure », sans s’attarder sur les détails.

    « De mon côté, j’ai toujours eu espoir dans le projet des camarades de la CGT. J’ai gardé la foi. Je pensais même qu’il prendrait un peu plus de temps (à aboutir), que notre situation allait durer », poursuit le salarié. Il souhaite, à l’issue des formations proposées avant la reprise, le 1er décembre prochain, obtenir un poste de « rondier dans la gazéification », lui aussi. « Un nouveau poste, pour une nouvelle vie ! Je suis très satisfait aujourd’hui, même s’il y a une toute petite méfiance. »

    Il indique que, désormais, les modalités du contrat sont équivalentes, « voire meilleures » que lors de son précédent contrat. Le salaire a lui aussi été augmenté dans ce nouveau CDI. « Il y a quand même une petite pression à reprendre le travail, on ne va pas se mentir. Mais, je dirais que c’est une pression de joie », conclut Khalil Saidi.

  • Les Minots disposent d’un complexe flambant neuf

    Les Minots disposent d’un complexe flambant neuf

    Au cœur du quartier Corot, dans le 13e arrondissement de Marseille, se cache désormais un trésor bien gardé. Celui d’un complexe sportif flambant neuf, nommé en hommage à Félix-Weygand, militant syndicaliste et Résistant, qui va profiter à l’association des Minots de Marseille. Cette dernière est née en 2020 de la fusion des clubs du CA Saint-Just et de l’USC Minots du Panier. L’association y dispose de son siège, son bureau administratif et son club-house, permettant d’accueillir chaque semaine ses 610 adhérents pour des rencontres et des entraînements.

    En plus du terrain de football à onze déjà existant, le site s’enrichit d’un nouveau terrain annexe, dédié à la pratique du football à huit, et d’un nouveau terrain de futsal en plein air, unique à Marseille. Il a été co-financé par la Ville de Marseille, la Fondation Treizième Homme de l’Olympique de Marseille représenté par le président Pablo Longoria, la Fondation CMA CGM et la Ligue Méditerranée de Football, représentée par Éric Borghini. Avec la rénovation des vestiaires, de la tribune et des deux terrains synthétiques, la Ville de Marseille a investi près d’1,5 million d’euros pour finaliser le complexe, comptabilisé parmi les 28 équipements sportifs rénovés ou reconstruits depuis 2020.

    « Les éducateurs

    nous comprennent »

    « On est très fiers d’être doté de telles infrastructures », se réjouit Guillaume Boina, président des Minots de Marseille, le club qui compte le plus de licenciés en futsal au sein de la cité phocéenne. « Notre objectif, aujourd’hui, est de pérenniser nos activités, parce qu’on a évolué très vite. Nous mettons un point d’honneur à être un acteur social important dans la vie de notre territoire via des actions que nous réalisons, comme des forums pour l’emploi avec des acteurs du monde sportif », souligne le dirigeant, animé par le désir de permettre aux jeunes des quartiers avoisinants de devenir « de bons citoyens ».

    « Le sport est le meilleur vecteur d’insertion sociale pour nos jeunes, surtout quand on connaît la délinquance présente dans notre ville », martèle Salim, éducateur socio-sportif en charge de la catégorie U9 (moins de 9 ans), conscient que le football a permis à certains de connaître une autre vie et, ainsi, « s’éloigner du mauvais chemin ».

    « Le football, ça commence petit et ça commence dans de la dignité. On y apprend la vie, mais on doit l’apprendre dans de bonnes conditions. Pour nous, les conditions dans lesquelles on apprend le football sont essentielles », développe Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille, fier de « refaire ce qui avait été laissé comme ça, de manière un peu indigne », pour la jeunesse phocéenne.

    « Pendant des années, ce côté social s’est éteint et, aujourd’hui, les clubs de foot arrivent à raviver cette flamme-là. C’est important d’utiliser ce sport populaire et aimé de tous pour pouvoir aider un maximum de jeunes et les tirer vers le haut », ajoute Salim, lucide sur le fait qu’une association comme les Minots de Marseille dépasse les frontières du sport. Le club s’investit au quotidien dans de nombreux projets sociaux comme l’aide aux devoirs, des formations d’encadrement et d’arbitrage, des actions solidaires, ou encore à travers des opérations de sensibilisation pour la lutte contre le harcèlement et la violence dans le sport. « Les éducateurs nous comprennent », insiste Jawad, 13 ans, reconnaissant du travail qu’accomplissent les éducateurs au quotidien. Salim était son entraîneur, il y a quelques années, et a eu un impact dans sa vie. « C’est comme mon grand frère », lance le jeune homme.

  • [Entretien] Aurélie Trouvé : « Pas d’autre alternative que la nationalisation d’Arcelor »

    [Entretien] Aurélie Trouvé : « Pas d’autre alternative que la nationalisation d’Arcelor »

    Ce jeudi, l’ordre du jour de l’Assemblée nationale est consacré à la France insoumise, qui porte huit textes : une résolution sur le Mercosur, l’égalité d’accès au service public postal en Outre-mer, la nationalisation d’ArcelorMittal, la défiscalisation des pensions alimentaires perçues, la gratuité totale des parkings des établissements publics de santé, une résolution pour faire respecter le droit international à Gaza, l’exonération des apprentis de la CSG et enfin l’abrogation de la retraite à 64 ans. Le texte sur ArcelorMittal, soutenu par la CGT, sera particulièrement scruté.

    La Marseillaise : Comment abordez-vous cette niche parlementaire durant laquelle vous défendrez la nationalisation d’ArcelorMittal

    Aurélie Trouvé : De manière combative, optimiste et déterminée. Il y aura 500 travailleurs d’ArcelorMittal devant l’Assemblée, c’est quand même leur outil de production mais aussi notre souveraineté industrielle qui est en jeu. Il n’y a pas d’autre alternative, ce qui fait que cette nationalisation est légale. Personne n’a avancé une autre solution, à part d’espérer peut-être un jour qu’ArcelorMittal accepte d’investir, aucun élément probant permet de le penser. La stratégie de la famille Mittal, depuis qu’elle a récupéré Arcelor en 2008 est d’étouffer la production européenne, le principal concurrent de leur propre production en Inde, au Brésil et aux États-Unis.

    Le PDG d’ArcelorMittal France estime que la nationalisation « ne changera en rien les problèmes structurels ». Que répondez-vous

    A.T. : Cela ne peut pas expliquer tout le désinvestissement parce que les difficultés elles sont partout, pas seulement en Europe. Par ailleurs, il y a des perspectives de demandes importantes. ArcelorMittal a fortement diminué sa dette et augmenté sa trésorerie. La productivité en Europe qui est à peu près équivalente à celle des États-Unis. Il n’y a aucune raison qu’ArcelorMittal sous-investisse à ce point-là en Europe alors qu’il investit bien davantage dans les autres pays.

    Cette nationalisation est estimée à 3 milliards d’euros ?

    A.T. : Ce montant de 3 milliards d’euros n’a pas été démenti en commission des Finances, puisque même M. Ferracci, l’ancien ministre de l’Industrie, a dit qu’il se reposait sur l’Institut de La Boétie qui a chiffré cette nationalisation à 4,4 milliards. Je lui ai répondu qu’effectivement, j’avais participé à ce chiffrage. Sauf qu’ici, évidemment, on est plutôt sur 2/3 de la production qu’on avait chiffrée, puisqu’ArcelorMittal France, c’est 2/3 de la production française. Donc c’est tout à fait cohérent avec les chiffres de La Boétie. Ces trois milliards, ce n’est rien à côté du coût de la suppression de 15 000 emplois directs et 80 000 indirects. Ce n’est rien à côté de la perte d’un actif aussi stratégique que l’acier car tout est fait d’acier quasiment autour de nous. Cette perte signifierait une dépendance énorme à tout risque, à toute rupture d’approvisionnement, à toute envolée des prix des marchés internationaux. C’est une dépendance aux pays tiers qui est inacceptable pour l’économie française, et qui serait catastrophique.

    En commission des Finances, les macronistes et la droite ont voté contre ce texte, l’extrême droite s’est abstenue, ce qui a permis son adoption. Ces stratégies ont changé ?

    A.T. : Pour les macronistes, non. Ils continuent à s’y opposer avec leurs arguments dogmatiques qui ont mené à la situation économique qu’on connaît en France, c’est-à-dire une chute des investissements productifs, de la balance commerciale et une productivité du travail en berne. Que les macronistes continuent dans leur logique mortifère pour la production française, soit. Là, par contre, les masques tombent pour le RN parce qu’ils se sont abstenus en commission des Finances. Comme ils n’osent pas voter contre, ils ont décidé de nous empêcher de voter, tout simplement. Ils ont déposé 285 amendements sur les 335, pour ce qui concerne RN et UDR. C’est une vengeance en jouant avec la vie des salariés d’ArcelorMittal. En réalité, je pense qu’ils sont très gênés par ce texte. Parce qu’il se trouve que, par exemple, Frédéric Weber, qui est député RN, a défendu la nationalisation de Florange il y a 10 ans, alors qu’il était à la CFDT d’ArcelorMittal. La question est de savoir s’ils sont définitivement sur la ligne Bardella, qui est « vive les grands patrons, vive la grande finance, quitte à brader notre production française », ou pas. Donc, ils nous empêchent de voter, ce qui est une façon de trancher.

    Quels autres textes pourraient obtenir une majorité ?

    A.T. : La résolution sur le Mercosur peut être adoptée car c’est une manière de s’opposer fermement à la position actuelle du président de la République, qui est en train de trahir le monde agricole et l’économie française. Le président de la FNSEA a lui-même parlé d’une rupture du contrat avec l’agriculture française. Le texte sur les colis aux Outre-mer, pourrait trouver une majorité car c’est une anomalie hallucinante. C’est-à-dire que nos concitoyens d’Outre-mer payent des colis à des prix faramineux, la mission de service public postal ne s’y applique pas, c’est une discrimination honteuse. Et cela risque d’empirer vu que le gouvernement a décidé de couper encore dans les budgets de La Poste.

  • Les dessous viciés du départ de la procureure d’Avignon

    Les dessous viciés du départ de la procureure d’Avignon

    L’expression « années de labeur », parue chez des confrères pour désigner les presque 4 ans de présence de Florence Galtier comme procureure de la République d’Avignon, a fait rire jaune dans les couloirs du tribunal judiciaire. Nommée avocate générale à la cour d’appel de Montpellier, elle quitte le parquet d’Avignon ce vendredi. Ce qui pourrait s’apparenter à un avancement de carrière ordinaire entre juridictions semble traduire, au contraire, une autre réalité. « C’est lié à sa gestion délétère du parquet », nous indique-t-on sans fard au sein de cette juridiction, qui compte 10 magistrats.

    « Notre boulot, tous les jours, est de lutter contre les gens harcelants et on le subit pourtant », poursuit-on au parquet. Depuis plusieurs mois, un climat de défiance s’était installé entre la procureure* et son équipe, s’estimant trop livrée à elle-même, sans cap ni soutien. Éprouvé par les quatre mois du procès Pelicot fin 2024, ayant monopolisé à temps plein deux magistrats, le parquet lance une première alerte en mars dernier. Dans une note adressée à la psychologue du travail, consultée par La Marseillaise, et co-signée par 8 des 10 membres du parquet, les agents pointent les risques psychosociaux. Preuve ainsi d’un malaise unanimement partagé.

    « Accroissement du

    mal-être et épuisement »

    La missive ne cite pas directement Florence Galtier mais, entre les lignes, c’est bien sa gestion qui est épinglée. « Le parquet du tribunal judiciaire d’Avignon fonctionne en mode particulièrement dégradé depuis plusieurs mois, en ce qu’il est en sous-effectifs notoire », est-il écrit d’entrée. À cela s’ajoutait une « vacance de poste, arrêt maladie puis mi-temps thérapeutique » non compensés.

    « Cette situation a pour conséquence d’entraîner une désorganisation certaine, un accroissement du mal-être et l’épuisement des parquetiers, régulièrement amenés à enchaîner 12 jours de travail consécutifs, dont 7 nuits, sans période de repos ou de récupération lorsque les permanences de week-end et de nuit sont assurés », déplorent les magistrats au bord du burn-out.

    « En dépit d’alertes manifestées verbalement, la situation perdure et ne permet plus de tendre vers une justice sereine et de qualité », conclut la note. À sa lecture, « la proc’ est tombée de sa chaise », confie-t-on chez les parquetiers. Une alerte remontée jusqu’au procureur général de Nîmes, qui a déclenché une inspection. Un contrôle de fonctionnement dans le jargon, qui s’est tenu sur trois jours en avril et où chacun a pu exposer ses griefs en matière de gestion et management. Depuis les relations entre la procureure et son parquet étaient réduites à la portion congrue.

    « On s’organise entre nous », lâche-t-on. Si le parquet n’a pas été avisé des conclusions de l’inspection, beaucoup sont persuadés que « son départ est lié à ça ». Pour preuve, dans les mutations internes où habituellement figurent une trentaine de mouvements, celle actant le départ de Florence Galtier ne contenait que deux noms. Le sien et celui de sa remplaçante, Stéphanie Loreau-Aouine, en provenance du parquet d’Angoulême. Celle-ci ne prendra ses fonctions que le 5 janvier, entraînant un intérim interne pour pallier la vacance de poste d’un mois. Une de plus.

    * Sollicitée à plusieurs reprises, elle n’a pas donné suite.

  • Narcotrafic : les salariés d’Orange pris en étau

    Narcotrafic : les salariés d’Orange pris en étau

    « Ici, c’est pire que la Banque de France. » Sur le parking d’Orange, à Saint-Mauront (3e), les trois gardiens qui assurent la sécurité ne sont pas tranquilles. Leur responsable a pris la décision, ce mardi 25 novembre à midi, de confiner durant une demi-heure tous les salariés, potentiellement 1 200, dans les faits de 400 à 450 en présentiel chaque jour, pour éviter les « dommages collatéraux ».

    Selon lui, une bagarre entre dealers au moyen d’un club de golf qui aurait pu dégénérer : « Une kalach, c’était pareil. » Il a préféré fermer le site « le temps que ça se calme ». Depuis une semaine, toujours selon lui, la venue des ministres de l’Intérieur et de la Justice, suite à l’assassinat de Mehdi Kessaci par un commando à moto, a « mis de l’huile sur le feu ». « C’est un quartier défavorisé, on n’a pas tous les tenants et les aboutissants, mais on pourrait aussi choisir d’éteindre l’incendie », estime-t-il.

    Concrètement, de nouvelles inscriptions sont apparues sur le mur de la sortie du métro National, indiquant que le point de deal voisin, au cœur de la cité de Félix-Pyat, était ouvert H24. Sur les grilles du siège d’Orange, ou sur les immeubles en face, il suffit de suivre les flèches blanches ou rouges pour y arriver. On arrive au pied des barres, avec un petit comité d’accueil où des minots encagoulés essaient de se réchauffer au soleil. Même si dans le quartier, entre mamans qui discutent, minots qui sortent du bus et ouvriers qui rentrent après une journée de travail, la vie s’écoule… paisiblement.

    Laurent, délégué syndical CFE-CGC d’Orange, raconte, lui, les emballages de médicaments jetés par-dessus la clôture, direct dans la pelouse. « On a aussi retrouvé des douilles suite à une fusillade au bar d’en face », ajoute le syndicaliste. Résultat, « les salariés ont peur, ils ont développé des stratégies pour ne pas venir, en recourant au télétravail, en multipliant les missions de terrain ». Il poursuit : « En tant que salarié d’Orange, on n’est pas là pour vivre ça. » Nexity, qui avait son siège juste en face, a aussi « déménagé parce qu’il y avait trop de problèmes », témoigne-t-il, « ils ont vendu ça avec l’espoir de la revitalisation, mais c’est trop tôt, on est un peu des spécimens d’expérience avec eux, ce n’est pas encore un quartier de droit. On vit dans une citadelle assiégée. »

    Une direction

    qui se dit mobilisée

    Il dénonce également le manque de sérieux de sa direction. Pour badger, il faut rentrer dans un sas « un peu sombre », qui « doit faire 30 m2 et dont la porte reste ouverte ». C’est « Riri, Fifi et Loulou qui gèrent la sécurité », ironise-t-il.

    Si un cap a été franchi, le phénomène n’est pas nouveau. « On ne voulait pas venir là et, d’ailleurs, on devait intégrer les bâtiments de Nédélec, à côté de la gare, mais Orange a préféré vendre, en partie à l’Agence régionale de santé », croit savoir le responsable syndical, « et nous rapatrier tous ici il y a deux ans ». CGT, FO, SUD et CFE-CGC s’étaient mobilisés en 2022 contre la fusion et le transfert des salariés de Nédélec, Réattu et la tour La Marseillaise, bref tous les sites marseillais, sur la rue Félix-Pyat. La sécurité du site n’est pas le seul point noir. « On a aussi eu des punaises de lit, avec des fermetures de plateaux entiers pour la fumigation », indique-t-il.

    La direction arguait, elle, de sa volonté de mettre en place un campus à Saint-Mauront pour « maîtriser [son] empreinte immobilière par la restitution d’immeubles à Marseille ». Sur « l’incident » survenu ce mardi, elle indique avoir « constaté un attroupement inhabituel d’une vingtaine d’individus proche de la sortie du métro National, à l’extérieur de l’entrée du site Massalia ». Afin de « préserver la sécurité des salariés et du site, Orange [leur] a demandé de ne pas quitter le site pendant 30 minutes, le temps que cet attroupement extérieur se disperse ». Et la direction d’assurer qu’elle est « en lien avec les forces de l’ordre pour toutes les questions liées à la sécurité de [ses] sites », que « la sécurité de [ses] salariés est une priorité ».

    Côté CFE-CGC, un courrier devait partir, ce mercredi, pour réclamer des mesures et des explications sur les raisons du déménagement à Saint-Mauront.

  • L’OM n’a jamais abdiqué face à Newcastle

    L’OM n’a jamais abdiqué face à Newcastle

    Vingt-et-un ans après leur seule confrontation, l’OM retrouvait Newcastle, ce mardi. Des retrouvailles qui n’avaient pas la même saveur. En 2004, les deux équipes se disputaient un billet pour une finale de coupe UEFA. Alors qu’en ce froid mardi soir de novembre, les Olympiens cherchaient à rester en vie dans la course aux barrages de la Ligue des Champions, tandis que les Anglais espéraient conserver leur place dans le top 8, synonyme de qualification directe pour les 8e de finale.

    Les ingrédients étaient réunis pour une nouvelle soirée légendaire. Et ce fut le cas. Avec comme fil conducteur une entame ratée. Celle de l’OM en première période, qui voyait Harvey Barnes assener un uppercut qui laissait groggy le Vélodrome, après seulement six minutes de jeu.

    Celle de Newcastle, en seconde, était plus spectaculaire. Car elle permettait à Pierre-Emerick Aubameyang de marquer deux fois en quatre minutes. Ce qui lui donnait l’occasion de prendre sa revanche sur une première période durant laquelle il avait échoué à quatre reprises face à Nick Pope.

    Le doute s’effaçait petit à petit. à chaque ballon intercepté. Sur chaque ballon capté par Gerónimo Rulli. Après chaque ballon qui arrivait dans les pieds de Pierre-Emerick Aubameyang, le capital confiance remontait côté phocéen.

    Toutefois, il fallait éviter une certaine euphorie qui aurait pu avoir l’effet contraire de celui recherché par Roberto De Zerbi. En appelant Matt O’Riley à la rescousse, il donnait plus e volume à son entre-jeu. Afin de contenir la réaction des Magpies.

    L’OM s’accrochait à son but d’avance. Utilisait la moindre faiblesse anglaise pour repousser le jeu dans le camp adverse, afin d’éloigner le plus possible le danger du but de Gerónimo Rulli. Le gardien marseillais avait retrouvé sa place, après avoir été laissé au repos à Nice. Et, malgré un coup à l’oreille juste avant le repos, l’Argentin devait conserver la tête froide jusqu’au bout. Ne pas hésiter dans ses sorties. Et s’appliquer dans ses interceptions de ballons.

    Il s’affirmait comme le pendant idéal à Pierre-Emerick Aubameyang. Avec d’un côté le buteur. De l’autre celui qui empêchait l’adversaire d’en marquer. Au fil des minutes, même si Newcastle était plus souvent aux abords de la surface olympienne, le parfum de la victoire devenait de plus en plus prégnant.

    Du côté du Vélodrome, les chœurs poussaient comme un seul homme derrière des Phocéens qui avaient tout donné. Et qui, au bout de cinq minutes d’un temps additionnel interminable, sont allés chercher cette deuxième victoire, la première face à un club anglais après douze échecs consécutifs.

    Si l’OM parvient à accrocher une place en barrages, au soir de son voyage à Bruges, sa prestation contre Newcastle a peut-être été le détonateur d’une belle remontée.

    RÉSULTATS

    OM 2 (0) Newcastle 1 (1)

    5e journée

    Stade Vélodrome (64 521 spectateurs)

    Arbitre : M. Mariani (ITA).

    Buts : Aubameyang (46, 50) pour l’OM, Barnes (5) pour Newcastle.

    Avertissements : Balerdi (3), Bakola (34), Emerson (53), Greenwood (68), Vermeeren (84) à l’OM, Willock (20), Gordon (43), Burn (66) à Newcastle.

    OM : Rulli – Weah, Pavard, Balerdi ( c), Emerson – Höjbjerg, Vermeeren, Bakola (O’Riley, 61) – Greenwood (Gomes, 88), Aubameyang (Vaz, 90+2), Paixão.

    Entraîneur : R. De Zerbi.

    NEWCASTLE : Pope – Livramento (Hall, 60) ,Thiaw, Schär ( Elanga, 60), Burn – Guimarães ( c ), Tonali, Willock (Ramsay, 73) – J. Murphy (Miley,60), Gordon ( Woltemade,73) Barners.

    Entraîneur : E. Howe.

  • Peines maximales pour les locations illégales de meublés touristiques ?

    Peines maximales pour les locations illégales de meublés touristiques ?

    Avec une soixantaine de dossiers au programme, le pôle civil du tribunal judiciaire était plein à craquer lundi après-midi. Une salle comble et quelque part représentative d’une justice surchargée et en manque de moyens, même si c’est surtout pour les quatre « dossiers Airbnb » que la presse était venue en nombre.

    Après s’être présentée devant le tribunal administratif pour réclamer l’exécution de travaux d’office, après avoir poursuivi des marchands de sommeil au tribunal correctionnel, la Ville de Marseille était pour la première fois devant la justice civile pour réclamer réparation auprès de propriétaires et multipropriétaires s’adonnant à des locations illégales de meublés touristiques.

    « Des premiers règlements en 2021 à la création de la brigade spécialisée en 2023, jusqu’au changement d’usage modifié en février 2025, puis la durée de location de résidence principale en juin, la ville travaille sur ces questions depuis des années », rappelle Patrick Amico, adjoint (GRS) chargé du logement. « Ces premiers dossiers sont les plus évidents mais nos services sont sur des dizaines d’immeubles qui amèneront d’autres assignations. »

    « Pas interdit de louer »

    Ce lundi, les quatre affaires concernaient une quarantaine de biens. Sur la base des peines maximales la Ville réclame près de 3 millions d’euros d’amendes et le retour à un usage d’habitation. « Un enjeu de clarté » et « une sévérité » défendue au nom d’un principe d’exemplarité « pédagogique », plaide Me Mendes l’avocat de la municipalité avant de rappeler que 12 937 annonces de location de meublés touristiques à Marseille circulent, dont près de 6 000 illégales.

    Ces « résidences d’investissement » représentant un million de nuitées par an, privent les Marseillais d’autant de logements pérennes, insiste-t-il, martelant qu’« il n’est pas interdit de louer son logement à Marseille » à condition de respecter loi.

    Sur les quatre dossiers présentés à la barre, trois ont finalement été audiencés. Le tribunal rendra son verdict le 2 février. Pour le quatrième, le défendant, Philippe Bonifay, a demandé le dépaysement. Ce juge au tribunal de commerce louait trois appartements et un duplex, rue Sainte-Françoise, deux cabanons à Malmousque et des meublés, rue Consolat…

    À une centaine de mètres de là, la SARL Niche, propriété d’un chirurgien de Périgueux, a transformé sans autorisation les six appartements du 30, rue Thiers, en quatorze studios. Au mois de janvier 2024, l’homme se défendait devant les caméras de Complément d’enquête, en expliquant qu’il n’avait violé personne et ne faisait rien de mal : « On m’a dit c’est Marseille bébé », ironisait-il.

    « Il a juste violé la loi en toute impunité », observe Me Mendes quand son avocat Me Le Beller défend « un projet d’investissement qui déraille un petit peu », et réfute le « portrait robot d’un investisseur sans scrupule » qui vient d’en être fait. Dans ce dossier 175 000 euros sont aussi réclamés à The Butler group qui louait les biens. Un avocat expert de ces contentieux est descendu de Paris pour défendre la bonne foi des deux gérants « deux artisans de la conciergerie »…

    Au 31, rue Barthélémy, deux appartements ont été transformés en neuf meublés en violation du code de la construction et de l’habitation. La ville demande 900 000 euros à cet investisseur parisien. « On achète, on découpe, on casse… le 3e étage est en péril, le 4e étage s’effondre », insiste le conseil de la Ville. Et d’exiger aussi l’amende maximale pour sa conciergerie Lovely Keys, comme pour ce couple marseillais qui dans le dernier dossier, louait des nuitées dans un immeuble en péril. Une « activité à perte en 2023 et 2024 » selon leur avocate… ouf.

  • Le four de la tuilerie Monier et ses 52 emplois vont s’éteindre

    Le four de la tuilerie Monier et ses 52 emplois vont s’éteindre

    Dans cette usine de 60 000 m² fondée en 1875, une cinquantaine de salariés a fabriqué, autour de chaînes aujourd’hui automatisées, jusqu’à 25 millions de tuiles par an. Une production en 3×8, puisque le four à gaz, tunnel de 107 mètres de long, ne doit jamais s’éteindre. Mais un plan social a soufflé sur la flamme de l’activité de la dernière des tuileries marseillaises.

    La célèbre tuile rouge marseillaise poinçonnée d’une abeille a fait le tour du monde. On la retrouve protégeant les toits de plus d’un port, en Méditerranée et au-delà. Pour que les bateaux de fret ne partent pas les cales vides, on les lestait des tuiles de Saint-André, qu’on déchargeait avant d’emmagasiner les produits d’importation. Elles étaient façonnées avec l’argile extraite de la colline, réputée d’une grande qualité. Mais après plusieurs tassements de terrain, notamment l’effondrement du cinéma de Grand Littoral en 1996, l’exploitation des sols a été mise à l’arrêt. D’autres sites ont fourni l’argile, Puyloubier au pied de la Sainte Victoire pour 80% et 20% étant acheminés d’Espagne. L’usine a progressivement perdu en compétitivité et, vieillissante, elle a manqué d’investissements

    « Un crève-cœur »

    « Elle n’est plus rentable », a estimé le groupe BMI. La tuile de Saint-André termine donc sa route dans un plan social (PSE) signé jeudi 20 novembre, après deux jours de grève. La tuile de Marseille coûte « deux fois plus cher à produire qu’à l’usine automatisée de Limoux », reconnaît Farid Samba, délégué CGT du site. Et depuis 2023, les salariés subissent un à deux mois de chômage partiel par an. L’accord arraché par les syndicats par la grève prévoit : des reclassements internes, un budget de formation à hauteur de 13 000 euros par salarié et 2 000 euros supplémentaires pour les personnels âgés ou handicapés. Au-delà des indemnités réglementaires prévues par la convention « tuile et brique », ils ont obtenu des indemnités supralégales. « Mais ça reste un crève-cœur », regrette avec amertume le syndicaliste. La tuilerie de Saint-André était la dernière fabrique de terre cuite du Sud-Est, perpétuant une tradition héritée de l’artisanat du début du XIXe siècle. « La plupart des salariés habitent à l’Estaque ou Saint-André. C’est aussi tout le tissu social, les sociétés et les sous-traitants autour, qui se retrouve impacté. »

    Monier France est la deuxième plus importante filiale d’un groupe mondial expert de la toiture. Après son transfert d’activité dans l’Aude, la tuilerie sera démantelée, a indiqué BMI. Sur l’ancien domaine Château Foresta, avec la fin de l’exploitation des gisements d’argile du bassin de Séon, c’est encore une page de 150 ans d’histoire industrielle qui se tourne. Reste à savoir quel avenir se dessine sous les lettres capitales Marseille.