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  • [Laëtitia R.] Une famille brisée face à un homme décrit comme violent

    [Laëtitia R.] Une famille brisée face à un homme décrit comme violent

    « Depuis qu’il est incarcéré, j’ai avancé dans ma vie, j’ai des projets, j’attends juste qu’il soit condamné. Je me suis rendu compte que j’allais beaucoup mieux depuis qu’il n’était plus là », a témoigné à la barre le fils de Guillaume B., désormais âgé de 17 ans, au deuxième jour du procès. « C’est quelqu’un de violent et d’impulsif, il avait une emprise sur nous, on pouvait rien dire, rien faire. Dire non face à cet homme, c’est impossible », a-t-il témoigné. « J’entendais des cris, des bruits sourds, des pleurs. Ils faisaient en sorte de pas nous alerter parce qu’ils savaient qu’on pouvait parler. On voyait souvent des marques sur le corps de Laëtitia, des bleus. Au fur et à mesure, ça se dégradait, il était de plus en plus dans le contrôle », a précisé l’adolescent.

    Consciente des accès de violence de celui qui était alors son partenaire, Laëtitia R. refusait de le laisser seul avec ses enfants et tentait de les protéger. Même après avoir eu le courage de prendre son propre appartement pour vivre loin de lui, elle revenait le week-end pour veiller sur eux. « Elle était tellement inquiète qu’elle préférait être présente pour nous protéger, même si pour elle, c’était très compliqué de revenir », a expliqué le fils de Guillaume B. L’accusé avait perdu la garde de ses enfants suite à une enquête sociale, lancée suite à plusieurs signalements, dont l’un en raison de la volonté de son fils de « mourir » dès ses 7 ans. Il refusait les soins à ses enfants, dont l’un polyhandicapé, selon l’enquête sociale, ainsi que selon son ex-femme et mère de deux de ses enfants. Cette dernière a décrit à la barre les chantages au suicide, les menaces au fusil de chasse et au couteau qu’elle a subies même enceinte. Elle a expliqué que leur rupture était notamment due au fait qu’il avait voulu « l’offrir à d’autres hommes ».

    Jonathan, ami de Guillaume B., a raconté la manière dont ce dernier avait insisté pour lui faire une « surprise » lors d’une soirée arrosée et avait forcé Laëtitia R. à lui faire une fellation. « Il était très insistant. J’ai honte. J’étais très gêné. Ni elle, ni moi n’en avaient envie », a-t-il avoué. « Je savais qu’il aimait les filles soumises. Il me montrait des vidéos en live où il demandait à une fille de marquer joyeux anniversaire sur son pubis  », a-t-il témoigné. Également voisin du couple, il a dit avoir augmenté le son de sa télévision lorsqu’il entendait les cris de douleurs de Laëtitia R. « Quand on entend des cris de femme de douleur, on augmente la télé, c’est normal ça ? », l’a questionné la présidente. « Beaucoup de personnes n’ont rien dit et on aurait dû le faire, j’ai honte de ça aussi », a regretté l’homme.

    « Si on peut tirer une leçon de cette affaire, c’est qu’on a tous collectivement tendance à fermer les yeux, à se dire, comme ça a été dit par certains témoins : “ça ne me regarde pas”. Peut-être que ça devrait nous alerter et qu’on se dise tous, la prochaine fois, que ça ne coûte pas grand-chose de passer un petit coup de fil à la police pour être sûr et que ces histoires nous regardent tous parce que, si on ne fait rien, on laisse faire des choses qui sont absolument terribles », a réagi l’avocat de Laëtitia R., à la sortie de l’audience. « Tous les gens qui ont eu le malheur d’être à son contact racontent la même histoire : un homme tyrannique, violent, impulsif, et chacun est venu dire à son tour comment il avait, à un moment ou à un autre, vécu une situation d’emprise dans laquelle il a été enfermé par la violence et les menaces de cet homme », a-t-il conclu.

    Des lésions traumatiques

    Une experte gastro-entérologue saisie par le juge d’instruction a ensuite détaillé les lésions subies par Laëtitia R. « Les anomalies sont marquées pour une femme de son âge. Elle a une incontinence sévère quasi complète », a-t-elle expliqué. Les échographies « éliminent l’impact des accouchements de Laëtitia sur ces lésions » et confirment leur origine traumatique, a avancé la médecin. Répondant aux questions de l’avocat de Laëtitia, l’experte a reconnu des « mutilations » et une « infirmité permanente ».

    La défense a tenu à commander et à lire un rapport établi par un autre médecin gynécologue retraité, n’ayant jamais rencontré Laëtitia, et « contestant formellement » les conclusions de l’experte. Selon lui, il est impossible de faire le lien entre les lésions subies par Laëtitia et un potentiel traumatisme ou des violences sexuelles. « Les causes possibles sont multiples », affirme-t-il dans son rapport lu par la présidente, accusant l’experte de « surinterpréter les symptômes » et de « s’orienter vers la validation du récit de la victime sans recherche d’autre cause ». Cette dernière a maintenu sa version, lançant que « les lésions de l’anus sont exceptionnelles dans la sexualité consentie » et que « cette lésion ne peut pas être d’autre origine que traumatique ».

  • Fraude sociale : un patron ne déclarait rien ni personne

    Fraude sociale : un patron ne déclarait rien ni personne

    Un entrepreneur du bâtiment a été condamné, lundi à Marseille, pour avoir dissimulé l’emploi de trois salariés entre juillet 2020 et décembre 2022 sur ses chantiers de maçonnerie générale et de gros œuvre. « C’est un tropisme des procédures de travail dissimulé avec des prévenus absents qui continuent encore et toujours à faire pousser des sociétés ! », a déploré la procureure de la République, Anne-Sophie Larrouy.

    Gravité particulière dans un secteur accidentogène

    Erhan F., patron turc de 34 ans, qui ne s’est pas présenté à l’audience, a écopé lundi de 8 mois d’emprisonnement avec sursis et de 10 ans d’interdiction de gérer, conformément aux réquisitions du parquet. La présidente a qualifié les faits d’une « gravité particulière eu égard à l’activité accidentogène du secteur du bâtiment » et a ordonné la diffusion de la condamnation pendant un an sur le site du ministère du Travail.

    « Pas de déclaration à l’Urssaf. Aucune déclaration salariale. Aucune comptabilité déposée car il n’a aucun document comptable. Il s’est versé 21 510 euros, mais n’a déclaré que 2 000 euros de revenus par an. Convoqué, il a quand même reconnu avoir payé ses salariés en espèces. C’est tellement facile de créer des sociétés sans en avoir les compétences », a observé la présidente de la 6e chambre correctionnelle de Marseille, Stéphanie Donjon.

    « Sa fibre entrepreneuriale est dangereuse »

    La plainte de l’Urssaf déposée en novembre 2023 fait suite l’indifférence du prévenu au contrôle diligenté au vu de la distorsion entre ses revenus déclarés infiniment modestes – 2 000 euros par an – et son chiffre d’affaires que trois agents de l’Urssaf ont dû reconstituer à partir des données bancaires et des versements à des sous-traitants. Il en ressort une masse salariale de 42 000 euros sans déclaration sociale correspondante.

    Atteinte à la solidarité nationale

    « En deux ans, il n’a déclaré que 4 118 euros de salaire. Il s’en moque que tout le monde cotise pour tout le monde. Sa fibre entrepreneuriale est dangereuse », a dit la procureure. Si la société Provence Avenir Étanchéité a été radiée, le prévenu demeure gérant de Sud Sol Chape et apparaît en filigrane de la société Firtina Concept Bâtiment en redressement judiciaire. « Il continue encore et toujours et une situation d’inéquité pour les employeurs qui déclarent. »

    Partie civile, Me Luna Bayoumi rappelle que l’Urssaf défend ici « l’intérêt général en ce qu’elle collecte les ressources de la majorité des organismes de protection sociale qui financent nos prestations de santé, nos retraites ».

    Il ajoute : « Je souligne la gravité des faits qui portent atteinte à l’entièreté du système de solidarité nationale. Pour le prévenu, ce n’est pas grave, d’ailleurs, il n’est pas là aujourd’hui. Il n’a jamais retiré la mise en demeure que nous lui avons adressée, ce qui augmente l’impression qu’il n’a que faire de la Justice. Et en plus, il y a une autre procédure incidente ouverte sur une autre société contrôlée. »

  • Les zostères repeuplent l’étang de Berre

    Les zostères repeuplent l’étang de Berre

    Dans les années 1960, les zostères tapissaient 6 000 hectares du fond de l’étang de Berre. Quarante ans plus tard, il ne restait plus qu’un hectare de ces herbiers. La faute à de multiples dégradations, entre les pollutions industrielles des usines, les rejets des stations d’épuration et l’eau douce apportée par les bassins-versants et la centrale EDF de Saint-Chamas, qui eutrophisent les milieux. « Et puis il y a une petite inversion, raconte Raphaël Grisel, directeur du Gipreb, le syndicat mixte en charge de la réhabilitation de la lagune salée. C’était très lent au début, à tel point qu’on ne s’en est pas immédiatement rendu compte. »

    Depuis 2024, à la suite de la crise écologique d’anoxie de 2018 qui a fait reculer cette progression de moitié, la structure accompagne ce processus de recolonisation en menant des opérations de transplantation d’herbiers de zostères, chaque année.

    Cette espèce protégée, surnommée « ingénieure d’écosystème », est le véritable poumon de la lagune : refuge, lieu de reproduction et zone d’alimentation pour les poissons, elle produit également de l’oxygène, constitue des puits de carbone et est un bouclier contre l’érosion des côtes.

    3 600 plants

    Parmi les six sites retenus autour de la lagune pour recevoir les 3 600 plants figure celui de la pointe de Berre. Localisé juste derrière des installations de stockage de LyondellBasell, classées Seveso, il est quasiment inaccessible au public. Seuls les réacteurs des avions qui décollent de l’aéroport Marseille-Provence rompent le silence. Cette tranquillité était l’un des critères de sélection, mais il n’était pas le seul.

    « Notre volonté est d’accélérer un processus naturel, explique Raphaël Grisel. Les cartographies montrent qu’il y a des secteurs où les zostères ne poussent pas par générations spontanées. C’est dans ces endroits qu’on les met de manière préférentielle pour qu’elles puissent essaimer. Avec l’aide de chercheurs qui ont fait des modélisations, on a trouvé des endroits où les boutures vont pouvoir reprendre. »

    D’un côté de la pointe, les équipes prélèvent des mottes. De l’autre, ils les transplantent en adoptant des formes particulières. « Le triangle fonctionne bien », confie le directeur du Gipreb. Nicolas Mayot, docteur en biologie marine et chargé de mission scientifique au sein du syndicat mixte, développe : « On a une technique qui marche, mais on essaye encore d’optimiser le nombre de mottes que l’on peut mettre pour avoir le meilleur ratio. On va suivre ça avec des survols en drone pour affiner notre méthode. »

    La méthode est d’ores et déjà efficace, puisque les résultats observés « sont les meilleurs d’Europe ». « On en est fiers », assure Nicolas Mayot. En moyenne, la surface transplantée est multipliée par 100. Depuis 2024, 8 m² ont repeuplé plus de 750 m2 (selon les mesures de 2025). « Entre le naturel et ce que l’on a repeuplé, on gagne environ 15 ha par an », précise Raphaël Grisel. La dynamique est bonne, mais l’objectif de 1 500 ha fixé par la directive-cadre sur l’eau est loin d’être atteint.

    Sur cette anse de la pointe de Berre, les équipes du Gipreb ont « quasiment restauré 5 000 m² de zostères » en l’espace de deux ans. Le biologiste pense pouvoir prélever dans les transplantés dès l’an prochain. « C’est un cercle vertueux. »

    Il prévient tout de même : « Il y a une grosse mode sur la transplantation, mais il ne faut pas sauter les étapes. D’abord, on identifie la source de dégradation, puis on la corrige et ensuite on restaure, sinonn c’est vain. »

    « Un des paramètres majeurs pour la pousse des zostères est la transparence de l’eau », souligne le directeur du Gipreb. « Jusque-là, les matières en suspension des apports d’eau douce d’EDF créaient une gêne, mais aussi l’azote et le phosphore apporté par tout le bassin-versant, la centrale Saint-Chamas, mais aussi les stations d’épuration, les rivières etc. qui favorisent le phytoplancton qui empêche la lumière de pénétrer au fond. »

    Le protocole signé en 2023 entre le Gipreb et l’énergéticien pour interdire les rejets durant l’été et l’amélioration du réseau d’assainissement ont « eu un rôle évident » dans la restauration des herbiers, au moins dans les zones de faible profondeur. Désormais, le syndicat mixte aimerait atteindre les 3 mètres. « À cette profondeur, si tout est colonisé, on aurait 1 000 ha de zostères », révèle Raphaël Grisel.

  • Emplois, salaires : la CGT Orange voit rouge

    Emplois, salaires : la CGT Orange voit rouge

    Beaucoup de signaux négatifs et peu d’avancées sociales positives pour les salariés du premier opérateur télécom français.

    Ce mardi, plusieurs dizaines de travailleurs d’Orange se réunissaient sur la place de la Joliette, à Marseille. « En parallèle d’une assemblée générale des actionnaires à Paris, on a décidé de faire un mouvement de grève et d’actions avec des rassemblements partout sur le territoire », campe Olivier Néri, secrétaire général de la CGT FAPT Télécoms 13. L’objectif de la mobilisation est limpide : « On veut mettre la pression sur la direction et les actionnaires sur plusieurs sujets. »

    Guillaume Lamourette, secrétaire départemental de l’organisation, précise : « On veut demander des comptes : encore une fois, on a une année record de bénéfices et des NAO (négociations annuelles obligatoires) qui ne sont pas à la hauteur. On nous a baissé l’intéressement et la participation, par contre, ils augmentent les dividendes aux actionnaires ! » Les syndicalistes ont un exemple parlant : « On est la seule entreprise des télécoms à ne pas avoir de 13e mois alors que ça fait 20 ans qu’on réalise plusieurs milliards de bénéfices chaque année ! » Forcément, ça ne passe pas vraiment quand l’entreprise engrange plus de 3 milliards en 2025 : « Mettre en place un 13e mois couterait 300 millions d’euros pour l’ensemble des salariés du groupe ! »

    D’autant que cette colère sur les salaires s’accompagne d’inquiétudes de plus en plus grandissantes sur la question de l’emploi. Surtout lorsque la vente de SFR, l’un des quatre acteurs des télécoms en France, se profile. « Orange, Free et Bouygues vont mettre plus de 20 milliards sur la table pour racheter SFR. Ils veulent se partager le gâteau : le réseau, les clients, les infrastructures… », explique Guillaume Lamourette. Avant de tonner : « Mais aucun des opérateurs ne parle des salariés de SFR. On revendique que les personnels fassent partie de la reprise par le consortium : il ne faut pas les laisser à la rue ! »

    Un datacenter à Saint-Mauront ?

    Et le deal à venir, ou pas, pour SFR, n’est que la partie émergée de l’iceberg. « Solution 30, une entreprise qui faisait le déploiement de fibre comme sous-traitant, est en redressement judiciaire. On revendique aussi l’intégration de leurs personnels », poursuit Guillaume Lamourette. Il pointe également certaines orientations d’Orange jugées préoccupantes. « Orange, via le nouveau dispositif “Orange Drone Guardian”, se positionne sur les drones de surveillance pour sécuriser des sites ou même des territoires. La cyberdéfense prend une place de plus en plus importante dans l’entreprise. » Et Olivier Neri s’inquiète aussi de la présence accrue de l’intelligence artificielle (IA) dans leur quotidien : « Ils mettent en place une IA pour organiser le planning des techniciens et une autre pour remplacer les téléconseillers des plateformes téléphoniques. » De quoi questionner alors qu’un vaste projet de réorganisation de l’entreprise, nommé « regain », est en cours d’élaboration du côté de leur direction depuis plusieurs mois.

    Une fois que la CGT met tous les éléments bout à bout, le constat est sans appel : « Notre directrice générale [Christel Heydemann, Ndlr.] a dit en commission parlementaire que l’objectif est de passer à 35 000 salariés d’ici 2030, alors qu’on est 68 000 aujourd’hui », assure Guillaume Lamourette.

    Localement, la CGT tient à alerter particulièrement sur la situation du site de Saint-Mauront, dans le 3e arrondissement. « On aimerait avoir la vérité sur ce que veut faire l’entreprise du site de Saint-Mauront », martèle Guillaume Lamourette. Quand Olivier Neri s’inquiète de l’avenir concret du site : « Le directeur, la semaine dernière, nous annonçait que le site est bien toujours à nous et qu’ils vont y faire un datacenter. » Si le conditionnel est de mise, pas de quoi satisfaire le syndicat, qui réclame un retour des salariés sur place et s’oppose à sa fermeture en tant que site majeur d’Orange dans la région.

  • L’usine de panneaux solaires Carbon ne verra pas le jour à Fos-sur-Mer

    L’usine de panneaux solaires Carbon ne verra pas le jour à Fos-sur-Mer

    Nous avons pris la décision d’arrêter le projet. » La promesse de 3 000 emplois directs dans une grande usine de panneaux photovoltaïques à Fos-sur-Mer, faite par la startup Carbon en 2022, s’est officiellement envolée, ce mardi, avec la publication d’un communiqué de l’entreprise sur ses réseaux sociaux, après plusieurs mois de rumeurs persistantes.

    L’entreprise met en cause la politique européenne de libre-échange. « Un projet d’une telle ampleur exige l’existence d’un marché spécifiquement dédié aux acteurs européens et soutenu par les États membres », affirme-t-elle, en référence à son objectif de production de 5 GW de cellules d’ici 2027.

    Made in Europe… en Inde ?

    Plus précisément, Carbon pointe « l’absence de préférence pour une production photovoltaïque européenne malgré l’affirmation d’une volonté de relocaliser la chaîne de valeur dès 2023 ». Une dynamique confirmée par la loi sur l’accélérateur industriel (IAA), voté par la Commission européenne en mars dernier, qui « élargit le périmètre du Made in Europe à l’ensemble des pays disposant d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne, incluant potentiellement la Turquie, le Vietnam ou encore l’Inde », repoussant à 2030 une éventuelle préférence européenne.

    C’est dans ce contexte que Carbon jette l’éponge, arguant de « l’absence de visibilité » et de « divergences persistantes entre les États membres » pour créer un marché protecteur, ainsi que l’impossibilité de sécuriser les financements du projet. 100 millions d’euros d’aides publiques avaient été débloqués par l’État via France 2030, ainsi que 70 millions d’euros supplémentaires par la Région Sud et la Métropole.

  • Bruno Schiavo désigné titulaire pour le bus d’Or

    Bruno Schiavo désigné titulaire pour le bus d’Or

    C’était l’heure de l’affrontement au Centre bus de La Rose. Ce mardi se disputait la finale interne à la RTM afin de désigner le titulaire pour le challenge « bus d’Or » à Paris. Un duel disputé entre la jeunesse d’Aymen Allouache ( 20 ans ) du centre bus d’Arenc, lauréat du concours du meilleur jeune conducteur de France lors des Worldskills 2025, et l’expérience de Bruno Schiavo (49 ans), du centre bus La Rose, vainqueur de la première phase de sélection. Ils ont d’abord passé un exercice de conduite dans la matinée avant d’effectuer une épreuve dite en ligne, sur le terrain, dans l’après-midi. C’est Bruno Schiavo qui a été désigné titulaire pour le bus d’Or.

    Des ambitions de victoire à Paris

    Les deux conducteurs sont donc directement qualifiés pour la finale nationale à Paris. « On a deux très bons candidats avec le meilleur jeune conducteur de France (Aymen Allouache) et Bruno Schiavo qui est très expérimenté avec la double casquette de formateur. On essaye de mettre toutes les chances de notre côté et on ne monte pas à Paris pour être figurant », annonce Nicolas Covarel, directeur d’exploitation de la RTM, en charge d’organiser l’épreuve du jour.

    La finale se déroulera du 9 au 11 juin, à Paris. « Si je peux conduire à Marseille, je pense pouvoir conduire de partout. On n’a pas à rougir, on va monter sans pression dans la capitale », déclare Aymene Allouache. Bruno Schiavo complète : « On va à Paris avec détermination, on veut faire quelque chose de bien. On a une bonne équipe, de bons coaches. »

  • Marseille : la RTM en route pour le « bus d’Or »

    Marseille : la RTM en route pour le « bus d’Or »

    La Régie des Transports Métropolitains (RTM) a organisé, ce mardi 5 mai, sur le site du dépôt de la Rose à Marseille, un challenge interne pour désigner le conducteur qui représentera l’entreprise lors de la prestigieuse compétition nationale du « Bus d’Or 2026 », du 9 au 11 juin à Paris. Une sélection qui a eu lieu en présence de la nouvelle présidente de la RTM, Samia Ghali et du directeur Hervé Beccaria. La première place est revenue à Bruno Schiavo du Centre bus la Rose. Il rencontrera désormais Aymene Allouache, du Centre d’Arenc qui a remporté le concours du meilleur jeune conducteur de France lors des WorldSkills 2025, pour une finale décisive qui désignera le représentant RTM au Bus d’or.

  • [Cadmium] Des tests remboursés mais pas pour tous

    [Cadmium] Des tests remboursés mais pas pour tous

    La bombe sanitaire liée au cadmium est-elle en passe d’exploser ? La pollution de ce métal lourd et sa dangerosité pour la santé (défini comme un cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé depuis 1993) font désormais régulièrement la une des médias. Une récente étude de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) montrait ainsi qu’un Français sur deux avait accumulé trop de cadmium dans son organisme.

    Face à ces résultats, l’Assurance-maladie et les syndicats de biologie médicale ont conclu un accord début avril pour rembourser les tests à partir de cet été. Ce dépistage, qui coûte 27,50 euros, sera pris en charge à 60% par l’Assurance-maladie et à 40% par les complémentaires santé. Mais seuls ceux vivant dans une zone jugée contaminée et les salariés de l’industrie au contact du cadmium seront remboursés.

    Une stratégie critiquée

    Ce choix d’un dépistage géographique, préconisé par la Haute autorité de santé en 2024, a rapidement été fustigé par les médecins. « Dépister selon le lieu de résidence ne tient pas la route », affirme ainsi François Simon, médecin retraité membre de l’association pour la dépollution des anciennes mines de la Vieille Montagne (AdamVM), basée dans les Cévennes gardoises, qui alerte depuis longtemps sur la dangerosité du cadmium. « Selon l’Anses 48% des Français ont des valeurs toxicologiques de référence au-dessus des normes admises, donc ça ne dépend pas uniquement de la zone géographique. On risque d’être contaminé avant tout par son alimentation. Ce n’est donc pas le lieu de résidence qui est important. » En effet l’Anses précise que la première source de contamination vient de l’alimentation, le cadmium étant très présent dans les pommes de terre, le chocolat, les céréales, le riz ou les biscuits…

    Autre problème : pour définir les zones où la pollution serait la plus importante, l’État s’appuie sur une carte réalisée en 2011 par le Groupement d’intérêt scientifique (GIS). « Cette carte n’est pas actualisée. Il y a donc beaucoup de réticence autour de cette carte très ancienne. En plus, la France a une dérogation pour l’épandage des engrais phosphatés avec 90 mg/kg alors que l’Union européenne réclame un maximum de 60 mg/kg et l’Anses, depuis 2019, réclame que ce soit à 20 mg/kg. La pollution des sols français n’a pas cessé ces dernières années donc cette carte est caduque », ajoute François Simon.

    La question se pose aussi de la démarche à suivre si le test est positif, car aucun protocole n’a été arrêté. « Les médecins n’ont pas de formation sur le sujet et ne connaissent pas les pathologies que ça engendre », explique François Simon qui demande avant tout de changer de modèle agricole : « Pendant longtemps, on a regardé ailleurs et maintenant ça nous explose au visage. C’est un problème politique et il faut maintenant de la volonté. Il faut diminuer les engrais phosphatés tout de suite, pas en 2038 comme c’est prévu aujourd’hui. Combien faut-il de cancers pour qu’on prenne des mesures immédiates ? »

  • Alès : les élèves de Gilles Roumieux pensent l’écologie

    Alès : les élèves de Gilles Roumieux pensent l’écologie

    Comme chaque année depuis six ans, Gilles Roumieux va diffuser la prochaine brochure réalisée par ses élèves. Celle-ci s’intitule Touche pas à ma planète et permet de connaître les réflexions d’adolescents alésiens sur la menace du dérèglement climatique. Loin d’être anonyme, le travail réalisé au collège Jean-Racine d’Alès est désormais connu partout en France. Les cinq premières brochures se sont en effet écoulées à plus de 100 000 exemplaires. « C’est environ 20 000 brochures diffusées chaque année grâce au soutien de la Casden [banque coopérative de la fonction publique, Ndlr], qui les distribue dans tous les Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation », précise le professeur d’histoire-géographie. La brochure sur le harcèlement scolaire, qui avait été accompagnée d’une exposition diffusée partout dans le Gard, obtient même régulièrement de nouvelles commandes.

    Après l’école, la démocratie, les écrans et le harcèlement scolaire, Gilles Roumieux s’attaque désormais à l’environnement, un « univers que je connais moins » que les thèmes précédents mais auquel « la sensibilisation des adolescents est essentielle ». Pour cette édition, le professeur a fait appel à la géographe Catherine Bernié-Boissard, qui signe la préface de la brochure. Celle-ci espère ainsi que ces écrits « puissent susciter un élan, rassembler et donner envie d’agir ».

    Les élèves réclament

    de l’instruction

    Si la jeunesse semble plus sensibilisée aux problématiques environnementales, Gilles Roumieux a été surpris par la distance mise par les élèves avec le danger encouru : « Ce n’est qu’un échantillon de 50 élèves, mais je remarque qu’ils sont conscients des dangers sans toutefois que ce soit leur préoccupation essentielle. Comme nous sommes dans une époque d’instantanéité, ils ont du mal à se projeter vers l’avenir, même s’ils constatent des phénomènes météorologiques de plus en plus intenses. Je pense que ce travail a permis une prise de conscience. Seuls quelques élèves ont reconnu en parler en famille par exemple. »

    Si les élèves consentent à faire des efforts, dans le tri des déchets ou dans l’économie de l’eau par exemple, ils restent par contre réfractaires à modifier leur approche du numérique, pourtant très énergivore. Mais comme pour le harcèlement ou les écrans, ils sont demandeurs de plus d’instruction sur le sujet à l’école. « Ils voudraient qu’on en parle en cours de SVT de manière plus approfondie et qu’on les fasse participer à des actions. Ils ont dit qu’ils voudraient être davantage sensibilisés par des acteurs de terrain qui viendraient de l’extérieur. Ils pensent que l’école devrait faire davantage sur ce sujet », confirme Gilles Roumieux.

    Une cérémonie de remise des brochures aux parents sera organisée à la mairie d’Alès le mercredi 10 juin (17h30) et une dédicace des élèves est également prévue.

  • À Montpellier, les acteurs de la scène queer se retirent de la Pride

    À Montpellier, les acteurs de la scène queer se retirent de la Pride

    « Nous alertons sur des dysfonctionnements structurels qui empêchent la Pride de Montpellier d’être véritablement représentative de la communauté queer locale », annonce d’emblée le communiqué unitaire signé par Nuit Brune, Dragnigni, Folle de Rage, La Madrediosa, La Ruche, Support your local Girl Gang, VX Production et Queer Marche.

    Dans ce texte, intitulé « La Pride au peuple », ces acteurs de la scène queer, drag et militante montpelliéraine souhaitent mettre au clair les raisons de leur retrait collectif de la marche des fiertés qui aura lieu les 19 et 20 juin.

    Entre intimidations

    et pression financière

    Ces problèmes ne datent apparemment pas d’hier et leur gravité n’a eu de cesse de se révéler, notamment lors de la Queer Night 2026, le 1er avril dernier. Cet événement organisé par l’association Fierté Montpellier Pride et leur directeur artistique, au cœur des problèmes énoncés, a mis en évidence un fonctionnement déjà bien connu des acteurs en question : « Un système dans lequel une personne non élue par les adhérents peut se retrouver avec un poids déterminant sur des décisions artistiques, financières, relationnelles ou médiatiques qui concernent toute la communauté. »

    « Dans notre communiqué nous avons parlé de pressions, de risques de blacklist, de menaces autour de bookings, de pressions juridiques liées à l’usage du mot “Pride” et de situations où l’argent ou la visibilité deviennent levier de pouvoir », précisent conjointement les structures signataires. Un fonctionnement qui n’est pas inconnu au sein de l’association : « Fierté Montpellier Pride a commandité l’an dernier un audit interne qui révèle, noir sur blanc  : “une gouvernance manquant de clarté”, “une communication et une gestion relationnelle dysfonctionnelles”, “des tensions psychosociales », et une présidence “trop incarnée”. » Si cette prise de parole sonne comme un ras-le-bol des acteurs de la communauté queer, ces derniers rappellent que c’est avant tout une volonté que la Pride « soit construite avec la communauté qui lui donne son sens. »